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Entre Marne et Forêts

  • Adapter nos mobilités à la société complexe

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    Assises de la mobilité #1

     

    Contribution d'un élu local de la Grande Couronne Francilienne à la réflexion sur les Assises de la mobilité. Une analyse placée sous l’éclairage nécessairement réducteur d’un quotidien partagé par un grand nombre de concitoyens ayant trop souvent le sentiment de vivre dans la pampa, avec une pensée particulière pour la ligne P d’un certain Transilien …

     

    Le droit d’aller et venir constitue une liberté fondamentale, encore faudrait il qu’elle concerne chaque citoyen, ce qui aujourd’hui n’est pas le cas. L’accès à des mobilités dites inclusives est devenu un véritable marqueur social ou/et de lieu de résidence. Un comble pour une république qui se veut égalitaire, d’autant que la question des transports devient absolument centrale :

    • notre société est de plus en plus nomade. En France, chaque habitant parcourt en moyenne 40 km / jour, soit plus de 14 000 km dans l’année, que cette mobilité soit choisie ou subie, ce qui est le plus fréquent,
    • les transports sont responsable du tiers des émissions de Gaz à Effet de Serre, c’est le seul secteur où ces émissions continuent d’augmenter,
    • toute l’organisation sociale d’un territoire et de ses habitants repose sur la qualité de ses réseaux de transports et leur complémentarité.

    Ne pas être en capacité de se déplacer librement aujourd’hui dans une société de plus en plus mobile (mobilis in mobili) conduit inexorablement à l'exclusion et au déclassement, avec pour conséquences directes : des contraintes quotidiennes insupportables, l’aléa professionnel, l’absence de perspective à court, moyen et long terme, un ressentiment de plus en plus marqué à l’égard des métropoles ou des « élites » et in fine, des comportements électoraux de rupture (abstention ou vote extrémiste)...

    L’initiative prise par le gouvernement d’organiser des Assises de la Mobilité, comme sa volonté de privilégier les transports du quotidien, arrive à point nommé … Encore faut il attendre les suites concrètes qui seront données à cette initiative.

     

    Une métropolisation à la française

    Plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui dans une ville, c'est une tendance de fond : en 1900 10 % des habitants étaient citadins, 1960 33%, en 2050 ils seront plus de 60%.

    La France suit le mouvement général, avec cependant une particularité, c’est l’un des pays européens les moins denses. Ce qui s’explique par sa géographie, son histoire, sa culture institutionnelle et la place singulière occupée par la commune. Les petites villes sont effectivement une des composantes d’une métropolisation qui s’est développée en mode « léopard ». Si aujourd’hui 80% des français vivent dans des territoires « urbanisés », ceux ci sont souvent de fait des petites villes péri urbaines ou rurales.

    Ce qui se répercute sur des besoins en mobilités qui sont plus souvent subies que choisies. 61% des citoyens ne résident pas là ou ils travaillent et le nomadisme fait partie intégrante de leur univers quotidien. Ils se déplacent dans une société « d’identités multiples », entre le territoire où ils vivent, celui où ils travaillent et tous les autres… Cette réalité est également un fait social, les classes dites populaires ou moyennes s'éloignant de centres-villes urbain de plus en plus inabordables au niveau foncier et pouvant accéder à la propriété en rejoignant les espaces périurbains ou ruraux.

    La géographie sociale du pays se distend également, la connexion ou non à un réseau ferré efficient prend une importance essentielle d'autant que l'effet TGV a une traduction concrète pour le moins disruptive. La banlieue proche peut se retrouver désormais, en temps de transport, plus éloignée de la « capitale régionale » que la province lointaine. Tendance de fond qu'il faut souligner, contrairement aux idées reçues, l’augmentation de vitesse ne fait pas forcément gagner de temps aux usagers du quotidien, mais se traduit plutôt par une augmentation des distances parcourues.

    En matière de mobilité, le véritable étalon n’est plus la distance, mais le temps de transport, ce paramère influe directement sur les choix résidentiels et la dynamique des territoires.

     

    Répondre aux fractures sociales & territoriales

    Dans les espaces péri urbains et ruraux la dépendance à la voiture particulière est une réalité pour le moins "addictive". En 2015, la voiture a représenté prés de 80% de la mobilité individuelle (voyageurs / kilomètres).

    Les habitants sont face à un dilemme quasi schizophrénique : moins leurs moyens financiers sont importants, plus ils s’éloignent des bassins d’emplois et deviennent dépendants de la voiture au quotidien. Conséquence, la part de leur budget consacré aux mobilités explose, les contraintes se font croissantes (stationnement, stress …), ils sont culpabilisés, considérés comme des pollueurs qui contribuent au réchauffement climatique, un cocktail anxiogène qui renforce leur sentiment d’exclusion et de déclassement.

    Pour être totalement clair les problématiques de relégation et d’exclusion sociale ne se limitent plus aux seuls quartiers de politique de la ville, mais concernent également les espaces péri-urbains ou ruraux qui connaissent une forte croissance démographique. Les habitants de ces territoires ghétoïsés, généralement mal desservies se retrouvent « assignés à résidence » à l’inverse des catégories sociales plus favorisées qui vivant dans les centres urbains peuvent se déplacer sans souci, ni contrainte. Les mobilités ont un effet multiplicateur sur des fractures territoriales et sociales qui ont tendance à s’élargir.

    Il est essentiel de replacer l’équité au cœur de la république, d’agir pour renforcer une cohésion sociale aujourd’hui malmenée ne tenant qu’à un fil qui menace de rompre à tout moment. Le fil des mobilités peut et doit devenir ce lien fédérateur qui permettrait de répondre à l’impératif républicain, en connectant tous les espaces du pays : métropolitains, urbains, péri urbains ou ruraux. Nous en sommes très éloignés aujourd’hui …

    Les mobilités sont plus que jamais au cœur de nos vies, trop souvent de nos angoisses quotidiennes lorsque l’on est assigné à résidence, situation littéralement intolérable en 2017, tant se déplacer est vital pour accéder à l’emploi, la culture, les loisirs. Être mobile est la condition sine quanun de l’épanouissement individuel et collectif, vecteur de liberté et d’émancipation au sens le plus global.

    Encore faut il adapter l’organisation de nos transports aux besoins et contraintes de tous les territoires, sans exclusive.

     

    Comment adapter les mobilités à chaque écosystème local ?

     

     

     

     

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  • « Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. »

     

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    Le 11 novembre est traditionnellement l'occasion de rappeler ce qu'a été la Première Guerre Mondiale. Dans cette terrible période, 1917 apparaît comme une année singulière, marque indéniablement une rupture dont les secousses se font encore sentir aujourd'hui, elle est aussi celle des révoltes face aux conséquences dramatiques et douloureuses d’un conflit qui s’enlise, s’enlise à n’en plus finir, dont nul ne voit alors l’issue et qui devient au fil des années une véritable machine à broyer du désespoir et des vies humaines au quotidien … Plus de 900 morts par jour en vitesse de croisière …

    Les commémorations sont des piqures de rappel utiles, pour nous appeler à la plus grande vigilance concernant l’importance de réalités qui nous semblent immuables, alors qu’elles sont si fragiles pourtant … Il fut un temps, aujourd’hui révolu en France, heureusement, ou une vie ne valait rien ou si peu … C’est encore la cas sur la planète, ne l’oublions jamais.

     

    1917, là ou tout a basculé …

     

    Dans le monde avec,

    • la chute de la maison Russie, ravagée par le désespoir, les famines et les épidémies, ébranlée par le chômage, le rationnement et les défaites. Ce colosse au pied d’argile transformé en véritable poudrière par un tsar totalement déconnecté de ses sujets, explose en plein vol avec les révolutions de février et d’Octobre 17 qui amènent les soviets et Lénine au pouvoir et a demandé l’armistice à l’Allemagne.
    • l’émergence des Etats Unis d’Amérique qui s’engagent dans le conflit du coté des forces alliées. Les USA changent alors de statut pour progressivement devenir la première puissance mondiale, en lieu et place, des pays européens

     

    En France également, tant 1917 illustre tragiquement les propos prémonitoires du poète Guillaume Apollinaire écrivant lors des premiers jours de guerre :


    " Nous comprîmes mon camarade et moi, que la petite auto qui nous menait à la mobilisation, nous conduisait dans une époque nouvelle, et bien qu'étant déjà tous deux des hommes mûrs, Nous venions cependant de naître."


    C’est bien une époque nouvelle qui émerge dans l’horreur et le désespoir le plus absolu.


    Aucun événement n'a suscité autant d'écrits que la Première Guerre mondiale, plus de quatre milliards de lettres échangés entre familles et poilus et combien de poèmes et romans pour témoigner de l'enfer quotidien des soldats. Dans toute cette production, 1917 prend une place  particulière avec l’épisode du Chemin des dames.

    Cette bataille qui devait initialement durer 48 heures s’est prolongée durant plus de six mois, transformant le paisible chemin sillonnant ce plateau calcaire en une véritable route vers l’enfer, un voyage au cœur des ténèbres pour des milliers de soldats ayant gagné un aller simple sans retour. Aucun n’en est revenu indemne, y compris les rares survivants ayant eu la chance de s’en sortir. Roland Dorgelès en parle comme d’une gigantesque sépulture collective

    « Si l’on y creusait une fosse commune, il la faudrait dix fois plus large pour contenir les morts. Ils sont là, trois cent mille, Allemands et Français, mêlés dans une suprême étreinte qu’on ne dénouera plus, trois cent mille sur qui des mamans inquiètes s’étaient penchés quand ils étaient petits … Trois cent mille morts, cela fait combien de larmes ? »


    Des larmes, les habitants de l’ancien village de Craonne en ont versé, versé jusqu’à tarir la source de ces sanglots, des pleurs sans larme ...  Craonne, village martyre, a été totalement détruit par les pluies successives de bombes qui s’y sont abattus : cinq millions d'obus tombés entre le 6 et le 16 avril 1917. Craonne dont le nom a été rendu célèbre par la Chanson entonnée par les mutins, se révoltant après l'offensive meurtrière du général Nivelle, surnommé par ses hommes, « le boucher » ou encore « le niveleur ».


    L’ampleur des pertes, plus de 130 000 hommes tombés en moins de dix jours, l’enfer des tranchées, les manquements sanitaires, l’absence d’écoute et d’humanité d’un état-major totalement coupé du quotidien de soldats risquant leur peau en première ligne considèrés ni plus ni moins que comme de la chair à canon, sont à l’origine des nombreuses mutineries qui se sont multipliées, jusqu’à concerner deux tiers des grandes unités militaires.

    C’est aussi cela 1917.

    Lionel Jospin a été le premier homme d’état à évoquer la mémoire de ces mutins. Ils ne demandaient qu’à être considéré pour ce qu’ils étaient, de simples êtres humains. Nombreux sont ceux qui sont tombés, envoyés à l’abattoir en première ligne ou encore fusillés par leurs propres frères d’arme, des poilus tout comme eux, camarades de tranchée de mort et de combat, soldats souffrant des mêmes maux, du même mépris de généraux considérant la vie de leurs hommes comme une simple variable d’ajustement …

    « Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l'entends, je la subis encore. Et j'ai peur.
    Ce soir est la fin d'un beau jour de juillet. La plaine sous moi est devenue toute rousse. On va couper les blés. L'air, le ciel, la terre sont immobiles et calmes. Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis pas lavé de la guerre. L'horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque.
     La 6ème compagnie était un petit récipient de la 27ème division comme un boisseau à blé. Quand le boisseau était vide d'hommes, enfin quand il n'en restait plus que quelques-uns au fond, comme des grains collés dans les rainures, on le remplissait de nouveau avec des hommes frais. On ainsi rempli la 6ème compagnie cent fois et cent fois d'hommes. Et cent fois on est allé la vider sous la meule. »  a déclaré Jean Giono

     

    La citation de Malraux, si juste, « une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. » semble avoir été écrite pour les mutins de Craonne et d’ailleurs, pour tous ceux qui se sont révoltés, ou bien se révoltent contre l’absurde, l’insensé, l’injustifiable.
    Chaque vie est à protéger, surtout celle des soldats qui défendent notre pays et nos valeurs, ici et partout sur la planète. Chacun doit s’en souvenir et assumer cette responsabilité. C’est pourquoi il est bon d’avoir étendu le sens de la commémoration du 11 novembre à toutes les opérations militaires menées au nom de la république…
    Afin de célébrer dignement et respectueusement chaque vie tombé au champ d’honneur pour qu’elle ne soit pas éteinte pour rien …

     Comme aux chemin des dames.

     

     

    A suivre : paroles de la chanson de Craonne

     

     

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  • Le mauvais procés fait aux emplois aidés

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    Paris, Hotel de Castries, Ministère de la Cohésion des Territoires, 1er septembre

     

    Devant le tollé suscité par l’annonce du gouvernement début août de ne plus renouveler les contrats des emplois aides (qui passent de 459 000 en 2016 à 293 000 en 2017), le Premier Ministre a demandé aux ministres de la Cohésion des Territoires, de l’Éducation Nationale et au Directeur de cabinet de la Ministre du Travail de recevoir en urgence une délégation de Maires à laquelle j’ai participé au titre de l'Association des petites villes de France.
    Cette décision a déclenché une véritable colère dans les collectivités et beaucoup d’associations. Chacun peut être pour ou contre ce dispositif, mais arrêter ces emplois du jour au lendemain fragilise les personnes en place, déjà pour beaucoup en difficulté et en situation précaire, plonge  associations et collectivités qui font tant pour le lien social de proximité dans des situations très délicates. Beaucoup de Maires se retrouvent actuellement face à des dilemmes humains et budgétaires douloureux devant les arbitrages à faire. 


    C’est ce que j’ai expliqué directement aux ministres, en soulignant pourquoi, comme une grande majorité de Maires, je suis oppose à cette mesure, tant sur la forme et la méthode employée que sur le fond. Je ne voudrais surtout pas que mon intervention soit assimilée à celle d'un François Baroin qui oublie aujourd'hui ce qu’il défendait, il y a tout juste quelques mois, en qualité de putatif Premier Ministre de François Fillon dont le programme proposait notamment la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, une saignée de 20 milliards d'euros sur le budget des collectivités sans précédent et l'arrêt du recours aux emplois aidés !

    Il faut reconnaitre que Muriel Penicaud, Ministre du Travail, a eu une mauvaise surprise lorsque ses services lui ont indiqué que plus de 60 % de l’enveloppe 2017 allouée aux emplois aidés était déjà consommée. Si cette enveloppe (2,4 milliards €) était dimensionnée pour financer 280 000 contrats, c'est en fait 450 000 que le gouvernement précédent a au final lancé ! Situation relevée par la Cour des Comptes dans un audit effectué avant l'été, ce programme a été effectivement surconsommé et dans le même temps sous-doté financièrement.


    Pour plus de clarté, rappelons que ces emplois sont renouvelables chaque année, que leur durée maximale comme leur taux de prise en charge varient selon le dispositif duquel ils sont issus. Cependant l'accord moral passé entre Etat, collectivité et demandeur d’emploi est clair, lorsque tout se passe bien, le renouvellement est quasiment automatique, et ce, jusqu’au terme du contrat.

    C'est sur cette base que les communes se sont engagées, contribuant dans une conjoncture budgétaire délicate, à l’effort national contre ce mal endémique qu’est le chômage de masse. L'objectif commun et partagé étant de trouver des solutions, certes ponctuelles, mais concrètes pour tous les seniors ou  jeunes éloignées de l’emploi, afin d'éviter tout déclassement social. Faut il rappeler que l’État avait très vivement encouragé les communes à participer à cette initiative contre le chomage.

    Faire aujourd’hui un procès au gouvernement précédent, est oublié un peu vite qu’après chaque alternance, dans l’ordre normal des choses, une loi de finances rectificative intervient.
    Elle permet d’influer sur l’action gouvernementale afin de mettre en œuvre rapidement les priorités du nouvel exécutif désigné par les urnes. C'est ce que n'a pas voulu faire Emmanuel Macron. Conséquence directe de ce choix, une compression immédiate et brutale des dépenses faute de nouvelles affectations de recettes, avec un cortège de décisions brutales, non négociés et pour le moins discutables, comme la baisse généralisée des APL et l'arrêt des contrats aidés ...
    Constatons également, que ce mandat présidentiel débute sous de bons auspices et des bases économiques solides, les meilleures depuis bien longtemps. Tout compte fait, au final, l’héritage n’est pas aussi mauvais que certains le décrivent aujourd'hui, voilà qui devrait mettre un peu de baume au cœur à certains ministres  !


    Avant de revenir sur la forme, et tout ce qu’elle hypothèque pour l'avenir, en terme de climat de confiance et de relations apaisées entre collectivités et État, abordons le fond et traitons de l’utilité ou de l'inutilité des emplois aidés ...

     

     

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  • La dame de coeur

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    « Impose ta chance,
    serre ton bonheur et va vers ton risque.
    A te regarder,
    ils s’habitueront »
    René Char

     

    Nicole Bricq était une élue comme il en existe peu, attentionnée, disponible, accessible, sincère, autant dire que sa disparition m’a touché, comme elle en a attristé tant et tant ... accessoirement c'était aussi une amie, nos routes s'étaient croisées il y a longtemps déjà et n’ont pratiquement plus divergé depuis.

    Elle avait choisi de s'engager en politique autrement, pour agir et faire, laissant aux amateurs d'écume, commentaires et polémiques politiciennes stériles.
    Désintéressée, animée d'un réel sens de la responsabilité collective, elle ne la jouait jamais solo préférant de loin le jeu d'équipe. J
    e me suis totalement retrouvé dans son positionnement car il était basé sur des fondations profondes, bien charpentées, et des piliers solides : travail, rigueur intellectuelle, éthique. Autant dire qu’elle devait constituer une véritable énigme auprès des spécialistes es courant internes de congrès et manoeuvres en tous genres, d’appareils politiques de plus en plus déconnectés de la réalité quotidienne !


    Passionnée par l’action publique, elle était persuadée que celle ci pouvait et devait améliorer concrètement la vie de nos concitoyens au quotidien et mettait toute son énergie pour contribuer à changer la donne.


    Confrontée directement à la misogynie du monde politique, elle s’était forgée une solide carapace et ne s’en laissait pas compter, soulignant souvent avec malice « qu’on dit toujours d'un homme qu'il a du caractère, mais d'une femme qu'elle a mauvais caractère". Incontestablement, Nicole avait du caractère.
    Des orages, nous en avons bien évidemment connu, mais qui ne s’est jamais accroché avec Nicole ? Il y avait d'abord le tonnerre, l’éclair souvent, la foudre parfois, mais ensuite venait le soleil … C’est une des très rares élus que j’ai connu ayant la capacité de reconnaitre après une prise de tête "carabinée" qu’elle s’était trompée et qui pouvait s’en excuser.


    Son parcours politique est d’autant plus exemplaire qu’il résulte de ses seules compétences, soulignons qu'à l’époque aucun quota de parité n'existait dans ce monde d’hommes qu'était le milieu politique. Pour y arriver, une règle simple, comme en solfège, une femme devait valoir deux hommes, c'est dire.
    Elle a ouvert la voie, première femme à devenir Sénatrice de Seine et Marne et rapporteure général du budget au Parlement, une responsabilité enviée et disputée s’il en est. Aucune manœuvre politicienne derrière ces nominations, mais la reconnaissance par ses pairs de compétences indiscutables, d’une véritable expertise technique doublée d’une honnêteté intellectuelle sans faille, que ce soit sur les questions budgétaires, fiscales ou environnementales dont elle était devenue une grande spécialiste, cheville ouvrière et animatrice du pôle écologiste du PS.


    En ce domaine, elle était avant tout volontaire mais pragmatique,  avec l'ambition de réconcilier écologie, équité sociale et efficacité économique, loin de tout dogme, lobby ou esprit de chapelle. Ses travaux notamment sur la fiscalité écologique lui ont valut d’être nommée Ministre de l’environnement.
    Plus localement, les seine et marnais retiendront que c'est suite à son action énergique que notre département a été durablement protégée de l'exploitation des gaz de schiste. Elle pouvait en ce domaine se montrer inflexible devant les lobbies pétroliers et l’a payé cash en étant démissionné de son poste de Ministre de l'Environnement.

    Parlementaire, elle a refusé tout cumul, consacrant son énergie au seul mandat confié par les électeurs, que ce soit au Sénat ou auprès de nos concitoyens, considérant que préparer et faire la loi, analyser les limites de son application au quotidien et sur le terrain pour l’améliorer, de l’amender si nécessaire était bien une occupation à temps plein.

    Nicole était persuadée qu'il ne fallait surtout pas oublier de toujours réparer, renouer, retisser afin d'éviter fractures et lignes de rupture et que cette volonté imposait d'être toujours sur le terrain, à l'écoute, en veille ...

     

     

    (suite)
     

     

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  • De la société digitale à la société neuronale (2/2)

     

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    Le temps des poupées russes semble révolue ...

     

     

     

    Quelle action publique de proximité dans une société digitale ?

    Cette interrogation digne d’un grand oral de l'ENA est très prégnante pour nos territoires tant elle induit inévitablement des conséquences concrètes pour la vie quotidienne de nos habitants.

    Vouloir y répondre nécessite les préalables d'élargir la focale, prendre un temps nécessaire de décélération et de distanciation, jauger et estimer le cap poursuivi, effectuer un large tour d’horizon du champs des possibles, tout en prenant garde à deux écueils : le sentiment d'urgence du moment présent et les sunligths des effets « tendances et mode », éléments conjoncturels s'il en est mais qui peuvent nuire à la sérénité du pilotage.
    Autre préoccupation, distinguer l’écume de la vague, tant c’est cette dernière qui importe et qui porte au loin, y compris si avant de se transformer en « déferlante", elle n’en est encore qu’au stade embryonnaire du signal faible. 


    L’essentiel des débats concernant l’organisation territoriale se limite aujourd'hui quasi exclusivement à l’unique problématique du mille feuille et du dimensionnement du contenant, le mode XXL étant actuellement très en vogue.
    Ces échanges donnent souvent lieu à un florilège de propositions dignes du concours Lépine. Si l’organisation en place est le fruit d'une alchimie complexe mêlant histoire, cultures métissées, géographie, traditions politiques, elle subit de plein fouet une succession de séismes (mondialisation, réchauffement climatique, multiplication des phénomènes météos extrêmes, explosion démographique, métropolisation croissante, digitalisation …) qui ébranlent et font vaciller tous nos repères. Est ce une histoire de taille, de dimensionnement du contenant ou bien de modèle ?
    Notre société est engagée dans un cycle de « grande transformation » pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Karl Polanyi. Ces séismes constituent autant de révolutions systémiques dont les secousses ont des répercussions majeures et transforment radicalement les matrices traditionnelles d’un monde devenu ancien, qu'elles soient sociétales, relationnelles, politiques, d’autant que tout semble soudain s’accélérer.
    Ce contexte pour le moins mouvant doit nous inciter à revoir les modes d'organisations institutionnels, la conception même des politiques publiques mises en oeuvre, de leur mode de financement ou de gouvernance.
    Si la "metropolisation" devient la règle dominante au niveau planétaire, elle prend selon les latitudes des formes très variées. Ce concept est devenu un mot « valise » au contenu et aux dimensions à géométrie variable. L’exemple de la Métropole du Grand Paris est évocateur, nous sommes confrontés à un prototype unique au monde, et ce bien des égards ! Il n’existe pas de standardisation d'un modèle type de métropole.
    Concernant la France, nous sommes en pleine schizophrénie, tant cohabitent pour reprendre l’analyse du géographe Christophe Giuly, deux France radicalement différentes : celle des Villes Monde (métropole) et leur périphérie proche ou lointaine composée des espaces ruraux et péri urbains.
    Conséquence, si la digitalisation n’est qu’une formalité pour les populations aisées des villes dites « intelligentes » connectées en permanence à la planète, elle constitue un véritable traumatisme pour tous ceux qui assignés à résidence vivent dans les déserts numériques des territoires déclassés et délaissés, de moins en moins irrigués par l’action publique. Cette bi polarisation s’est exprimée dans les urnes lors du second tour des dernières élections présidentielles de manière évidente.
    Il ne m’appartient pas ici de prendre partie pour ou contre l’une des deux faces de notre république janusienne, mais de souligner la cécité du monde politique et le manque d’audace des chercheurs "es institutions".

     

    Pourquoi ?

     

     

     

     

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  • De la société digitale à la société neuronale (1/2)

     

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    De la mue digitale dans les collectivités territoriales de proximité

     

    Cette note est issue en partie d'une intervention que j'ai fait à un colloque organisée par la Fondation Internationale des Finances Publiques (Fondafip) à la Sorbonne, au nom de l'Association des Petites Villes de France, dont je suis référent numérique et dns lequel j'ai eu l'honneur de débattre avec Marcel Gauchet. Si la thématique proposée pouvait sembler pour le moins ésotérique : « l’impact du numérique et de la dématérialisation sur les finances publiques, aujourd’hui et demain … », les débats ont eux porté sur des questions très concrètes. 

     

     

    Vu l’ampleur du tsunami numérique qui nous submerge, chacun mesure que rien ne sera plus jamais comme avant. La vague de fond digitale a rejoint le cercle fermé des rares "singularités » qui ont contribué à changer le cours de l’humanité depuis que l’homme s’est (é)levé pour entamer sa longue marche en avant.


    Nul ne peut pressentir encore l’ampleur de tous les bouleversements à venir. Nous sommes le nez dans le guidon totalement déstabilisés par la "création destructrice », pour reprendre l’expression d’Edgar Morin pour le moins révélatrice de la grande métamorphose en cours.
    L'ampleur du phénomène est telle qu'il serait erroné et réducteur de le considérer comme une simple évolution technologique. Notre société est confrontée de plein fouet à une véritable révolution anthropologique, globale et totale, qui certes discrète bouscule nos repères les plus fondamentaux : sociaux, géographiques, temporels ou identitaires.


    Dans ce maelström, s'interroger sur les finances publiques peut sembler anecdotique.
    Ce point demeure cependant central pour nos communes, tant il détermine leur capacité à agir, au présent comme au futur.
    Faut il insister sur l’état de délabrement de beaucoup de collectivités suite aux baisses successives de dotations ? Soulignons que ces dernières ont pénalisé en premier lieu les communes les plus pauvres, illustration concrète des carences évidentes d'un système de répartition à bout de souffle.


    Ce contexte anxiogène est aggravé par la raréfaction de l’argent public, qui provoque un véritable phénomène de "blood shift » territorial. Les ressources financières disponibles, plus rares, étant dirigés prioritairement vers les territoires considérés "vitaux" (telle les métropoles) au détriment de ceux délaissées de la France dite « périphérique » pour reprendre l’analyse du géographe Christophe Giuly.

    Situation explosive pour la cohésion du pays, qui fait le lit des populismes et alimente les nombreuses fractures qui minent notre société, devenant de fait de véritables lignes de rupture. 

    La numérisation émergente exacerbe les tensions déjà existantes et place nos collectivités déjà en état de stress face à un nouveau défi : réussir leur mue digitale.

    Si les communes se doivent de demeurer des espaces de solidarité accessibles à tous, afin de permettre aux habitants largués de ne pas devenir des exclus et de se reconnecter, tout s’accélère : les cycles d’innovation se raccourcissent, les exigences des habitants « connectés » se font plus pressantes…

    Confrontés aux injonctions paradoxales et contradictoires d’une société émiettée nos communes rencontrent les plus grandes difficultés à intégrer tout le potentiel du dividende numérique, elles subissent une accélération dans l’accélération d’une société en mouvement permanent et en perpétuelle transformation.
    Contexte qui restreint l’horizon du champ des possibles au seul temps présent et limite considérablement les capacités d’adaptation de collectivités à la peine, aux bases fragilisées.

     

    Quelques problématiques se révèlent cependant plus préoccupantes aujourd’hui, lesquelles ?

     

     

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  • Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs

     

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    Tous les 8 mai, nous célébrons à Trilport, durant la même cérémonie, deux évènements majeurs liés par le sang, la douleur, les larmes versées, mais également la foi dans la paix et en un avenir meilleur. Deux évènements qui ont marqué notre passé à jamais, arriment notre présent à des valeurs clés et fondatrices, et constituent les balises éclairant notre route et nous guidant vers un futur plus harmonieux : l’armistice de 1945, évidemment, son lourd héritage qu'il soit politique, humaniste, éthique ou spirituel, et l’Europe ...


    Cette année cette cérémonie a pris une dimension particulière, compte tenu du contexte électoral. Intervenant au lendemain d’une élection décisive pour le pays, second tour présidentiel inédit, dans laquelle nationalisme et projet européen se sont retrouvés au centre du débat public durant des semaines.
    Nos concitoyens ont tranché de manière claire, mais ce vote, contrasté selon les territoires, témoigne cependant d’un profond désarroi, d’une colère latente qu’il serait irresponsable de ne pas prendre au sérieux, tant le climat politique ambiant, quelque peu délétère, peut nous ramener aux heures les plus sombres de notre histoire moderne.

    Ce 8 mai, l’émotion était bien présente, palpable, renforcée par la présence de nombreux citoyens, des anciens combattants, des enfants des écoles chantant Marseillaise et hymne européen, des musiciens de l'harmonie. Autant de visages et de généations qui réunis confèrent à ces cérémonies une intensité rare, et en font des moments importants de la vie républicaine de notre communauté. Emotion rendue plus intense encore par l'hommage à un Trilportais disparu il y a juste quelques mois, héros de la résistance et déporté, Jean Le Roch.

    Si Rimbaud a écrit « on est pas sérieux quand on a 17 ans », la jeunesse de Jean Le Roch a été tout elle, sauf insouciante. Il n’avait pourtant que 16 ans en mai 40 lorsqu'il s’est engagé avec les jeunes Résistants et Patriotes.
    Conscient des risques pour sa famille, il quitte alors son domicile, rompt toute relation avec ses proches, change de nom et de vie … Ses qualités, son courage lui valent d’être nommé Chef de la Région parisienne de tout son réseau qui multiplie ses actions contre l'occupant.
    Suite à une dénonciation, il est arrêté par la Police Française, interné à la Santé, puis envoyé à la forteresse d’EYSSES. Il y participe à une tentative d'évasion collective qui sera la plus importante de la guerre, mutinerie réprimée dans le sang par la division SS DAs Reich (celle d’Oradour sur Glane). Il est alors déporté à Dachau qu’il atteindra dans des conditions atroces, transportés dans ces fameux wagons plombés chantés par Ferrat, subissant pendant prés de deux années interminables l’horreur des camps de concentration et d'extermination. Lorsqu'il est enfin libéré et retrouve sa liberté, le 9 mai 1945, il n’a pas 21 ans !!!


    Louis Aragon, dans son poème « Chanson pour oublier Dachau » a rappelé avec beaucoup de délicatesse et de profondeur, toute la détresse et la douleur intime de ceux qui sont revenus d’un enfer qui les a rendus différents et transformés à jamais …


    "Nul ne réveillera les dormeurs … Homme ou femme, retour d’enfer ... Le cœur étonné de battre ... Derrière leurs yeux ... Cette conscience de l’abîme, Et l’abîme …
    Il y a dans ce monde nouveau, tant de gens, Pour qui, plus jamais ne sera naturelle la douceur,
    Il y a dans ce monde ancien, tant et tant de gens, Pour qui, toute douceur est désormais étrange,
    Il y a dans ce monde ancien et nouveau, tant de gens, Que leurs propres enfants ne pourront pas comprendre ...
    Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs …"

     

    Ces instants solennels, constituent des espaces de respiration privilégiés et rares dans une société ou le temps semble s'emballer. Ils favorisent un passage de relais immémoriel inestimable pour les nouvelles générations et indispensable au pays, tant célébrer la mémoire du passé, n’est pas seulement se souvenir du passé, c’est aussi et surtout, prévenir le futur et protéger les valeurs républicaines l’audace de la liberté, l’exigence de l’égalité, la volonté et la grandeur de la fraternité.


    Au 8 mai, est associée à jamais, le si beau mot de Résistance, comme disait Lucie Aubrac,

    Au 9, journée de l’Europe, nous devons arrimer, celui tout aussi beau, d’Espérance,

     afin que comme l'écrivait si joliment René Char :  « Résistance ne soit qu’Espérance » ...

     

    Résistons, surtout aujourd'hui, afin de mieux espérer en des lendemains qui chantent

     

     

     

    Texte de la poésie de Louis Aragon : " Chanson pour oublier Dachau"

     

     

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  • Lendemains de scrutin ...

     

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    L’élection présidentielle est désormais derrière nous, enfin serais je tenté de dire. Nous avons évité le pire, c’est bien pour le pays, c’est bien pour l’Europe, c'est bien pour notre jeunesse ...
     
    Je suis satisfait de voir le Front National à moins de 35%, ce qui fait tout de même plus de 11 millions de votes, et remercie les électeurs, de gauche, du centre ou de la droite, qui ont privilégié le vote républicain, en disant avant tout non à Marine Le Pen et ses idées, une attitude qui les honore. L’histoire nous a appris, tragiquement parfois, qu’une démocratie est fragile, mieux vaut parfois ne pas l’oublier que jouer la démocratie à la roulette russe du Ni Ni.
     
    Rarement une élection n’aura été aussi incertaine mais également aussi instructive sur l'état de santé du pays réel. Notre paysage politique s’apparente aujourd'hui à un véritable champ de ruines, voir même de mines sur certains territoires. La nécessité de construire une nouvelle offre politique apparaît comme une évidence absolue à nombre de français, tant la défiance envers les partis politiques traditionnels est à un niveau rarement atteint jusque là ! Encore faut il que cette nouvelle offre ne soit pas un enième recyclage, mais un appel d'air frais.
     
    Ce message, Emmanuel Macron semble l'avoir bien compris.
     
     
    Les résultats du scrutin soulignent les tendances exprimées lors du premier tour et témoignent non seulement d'une terrible et cruelle désillusion envers la classe politique, mais egalement d’une véritable peur de l’avenir et des conséquences d'une mondialisation dérégulée qui s’attaque à nos repères, valeurs, identités et menace les fondements d'un modèle social auquel nous sommes attachés.
     
    Un des enjeux auquel Emmanuel Macron devra répondre au plus vite, est de ne pas laisser de coté dans ses priorités et ses actions, les territoires délaissés depuis si longtemps et leurs habitants qui ne sont pas des citoyens de seconde catégorie. Ils composent la France du terrain, la France d'en bas, cette France dite "périphérique" du monde péri urbain et rural, qui constitue désormais le terreau favori de Mme Le Pen et de ses idées. La classe politique doit apprendre à privilégier le Faire au Dire, le concret aux promesses, et plus que tout partager la vie de ceux qui souffrent, telle qu'ils la vivent au quotidien et la ressentent au plus profond d'eux même...
     
    Mon propos n’a rien contre les électeurs qui ont voté Front National. Leur vote exprime avant tout autre chose, un cri de colère, de défiance, de révolte, mais également de douleur, auquel il faut apporter des réponses concrètes. Ces habitants attendent de leurs gouvernants, non du mépris ou de la démagogie, mais simplement du respect, de l'écoute et de l'efficacité !
     
    Je n'ai rien non plus contre tous ceux, qui ayant le sentiment d'avoir "déjà donné" et de s'être "fait avoir" ont voté blanc, ou pire, ne se sont pas déplacés, refusant de choisir entre un "banquier libéral" et l'extrême droite bleu marine. L'ampleur de ce phénomène, inédit jusque là, interpelle tout autant et exige des réponses tout aussi concrètes, y compris dans la bataille des symboles, tant les conséquences peuvent en être funestes pour une démocratie décidemment bien malade, qui ne peut échouer de nouveau devant tant de désespoir, sinon le pire est à craindre.
     
    Les déclarations des apparatchiks, quelque peu has been, et ce n'est pas une question d'âge loin s'en faut, qui ont encore sévi sur les plateaux télés, addicts aux sunligghts médiatiques, a une fois de plus démontré leur totale déconnection avec la réalité de nos territoires. Ils n’ont toujours rien compris à ce qui se passe aujourd'hui dans le pays, ici et là ...
    La vie n'apprend jamais rien à ceux qui considèrent qu'ils ont, et sont, la vérité incarnée, et que « l’enfer c'est d'abord et avant tout les autres" ...
     
    Nul ne peut s'éxonérer d'un examen de conscience, et ne pas oublier au passage, qu'avant de vouloir  "Changer la vie" des autres, encore faut il sinon les aimer, du moins s'intéresser à eux réellement au lieu de ne s'intéresser qu'à soi et à son plan de carrière ...
    Bien connaitre, vivre et partager le quotidien des citoyens, préférer le concret des réalisations, même humbles, aux promesses hypothétiques de lendemains qui chanteront si jamais, grand jamais si ... me semble être le socle d'une action politique de terrain telle que je la conçois personnellement  !

    Pas à dire, il y a du boulot pour la classe politique actuelle et peut être à venir ...

    A titre personnel, le contexte politique actuel, notamment au niveau local, m'interpelle et va sans doute m’amener à m'impliquer différemment sur d'autres champs, en privilégiant une démarche collective. Je ne peux me résoudre à accepter ce qui ne peut être une fatalité pour mon territoire, voir à chaque élection le FN progresser et progresser encore. 

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  • Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat

     

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    J’entends des petites musiques qui me font froid au dos : le second tour des présidentielles ne serait qu’une formalité, pourquoi s’inquiéter, autant partir en week end faire le pont du 8 mai, non ? ou une autre mélodie, beaucoup plus lancinante et inquiétante, voter Le Pen ou Macron c’est du pareil au même, alors autant s’abstenir ... Position qui me rappelle une discussion avec Lucie Aubrac, dont les paroles m'ont marqué à jamais : 

    « Face à la montée du FN Jean Michel ...
    Il faut résister ... Il est essentiel de toujours résister …
    Devant l’extrême droite, un seul mot s'impose : Résistance »

     

     
    La France politique est aujourd’hui un véritable champ de mines, la défiance envers les partis politiques est à un niveau rarement atteint jusque là !
    Comme tant d'autres, 
    je pense qu’il nous faut construire une nouvelle offre politique tenant compte de la réalité du terrain, des enjeux et priorités du monde d'aujourd'hui, non de celles d'appareils ou états majors déconnectés de la vie quotidienne telle qu'elle est partagée par le plus grand nombre.

    Les résultats de ce premier tour sont dramatiques à bien des égards, nous avons pourtant évité le pire, mais jusqu'à quand ? La question est posée et mérite une réponse à la hauteur du traumatisme démocratique que nous traversons. Soyons juste, cette réponse ne concerne pas qu'Emmanuel Macron, même si dans le cas ou il l'emporte le 7 mai il sera de sa responsabilité d'y répondre en priorité tant cet enjeu est crucial pour notre pays comme pour l'Europe.

    Le vote du pays réel semble en avoir surpris beaucoup, il ne représente pas pour moi un scoop, loin s'en faut.
    Comme élu local je connais la détresse de mes concitoyens et leur colère et je l'avais touché du doigt lors des dernières élections qu'elles soient municipales, européennes ou régionales. Concernant cette dernière, le discrédit de l'offre politique proposée à nos concitoyens par les partis « traditionnels » est clairement apparue. Le choix de privilégier des calculs d’arrière boutique ou des stratégies personnelles dans la composition des listes au détriment d’acteurs de terrain représentatifs des territoires les plus délaissés a mené aux résultats que l'on connait.
    Le contexte politique ambiant m'a conduit à prendre mes responsabilités afin de contribuer, simplement, à éviter la catastrophe d'un second tour Fillon / Le Pen. Il se serait doublé d'une abstention record, vu le discrédit de la candidature Fillon.

    A priori ce second tour ne devrait pas poser de problème, en théorie. N'oublions pas que la France a déjà connu un 21 avril, et que certaines figures emblématiques de gauche, après avoir mené une trés belle campagne républicaine, citoyenne et populaire, se discrédite en ne donnant pas de consigne claire pour faire barrage à Marine Le Pen.
    Cette réaction égotique, non dénuée d'arrière pensée (les législatives pointent) me navre car elle touche et atteint ce que j'ai de plus profond, tant la menace sur nos valeurs républicaines les plus essentielles est réelle.

    Autant je peux comprendre la déception de militants battus, abattus, leurs rancœurs même, qui n'en aurait pas ? Autant la position de dirigeants historiques de la gauche faisant croire qu'un second tour Le Pen / Macron, c'est Bonnet blanc et blanc bonnet m’apparaît inconcevable, injustifiable et irresponsable ! 

     

    Pourquoi ? 

     

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  • Pourquoi je soutiens Emmanuel Macron

     

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    Socialiste, élu local de cette France périphérique trop souvent ignorée, très impliqué sur les problématiques liées aux fractures territoriales, aux mobilités et au péri urbain, je soutiens la candidature d’Emmanuel Macron.
    Ce choix peut étonner, il fait suite à l’annonce de François Hollande de ne pas se représenter. Décision que j’ai regretté tant j'estime que son quinquennat a été utile au pays. François Hollande a su préserver notre cohésion nationale dans une période particulièrement troublée et délicate et protéger un modèle social abimé par les années Sarkozy.

    Aussi j’en veux particulièrement aux frondeurs, qui de la première année du mandat à la dernière, allant jusqu’à voter une motion de censure, ont grandement contribué à décrédibiliser l’action gouvernementale engagée et à la rendre incompréhensible aux yeux de nos concitoyens, ils se sont à mes yeux déconsidérés. 


    Rocardien et européen convaincu, j'ai toujours défendu un socialisme de la responsabilité et du réel, un socialisme qui aspire à améliorer concrètement le quotidien de nos concitoyens, à leur proposer des perspectives claires et crédibles autour d’un développement solidaire responsable et d’une société ouverte.

    Au-delà des discours, des envolées lyriques des grands soirs ou des effets de tribune, je rappelle que « changer la vie » nécessite le préalable d'être en capacité réelle de le faire réellement. Vouloir un futur « désirable » est louable, qui peut être contre ? Encore faut-il le bâtir au concret, non avec des mots, des théories, des certitudes ou des slogans, mais dans les faits, pierre après pierre, jour après jour.
    C’est ce que le socialiste « mainstream » que je suis (l’appellation est de Thomas Legrand) s’évertue avec humilité à accomplir dans sa commune. Mon quotidien se situe à des années-lumière des états-majors politiques parisiens et des cabinets (qu’ils soient ministériels ou parlementaires) illustrant ce fameux « tunnel » dénoncé par Michele Delaunay dans une tribune au retentissement mérité.

    C'est aussi pour cela qu'il est si important d'ouvrir les fenêtres, de faire un appel d'air frais, d'avoir du sang neuf, d'attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées, de reconnecter le politique à la vie quotidienne, à la vie réelle.
    Ce pays recèle de tant de potentiels que "changer la vie" ne peut être l'apanage de quelques happy few détenant une vérité de plus en plus sujette à caution, mais bien l'affaire de tous !
    Je ne peux que constater aujourd’hui, avec inquiétude, la fracture grandissante entre le monde politique de ceux qui nous dirigent et les citoyens, notamment ceux qui se sentent déclassés, oubliés, exclus. Un fil s'est brisé qu'il nous faut renouer au plus vite, non avec des théories mais du concret, de l'écoute et surtout du respect.

    Si j’ai un profond respect pour les militants qui suivent Jean Luc Mélenchon, je n'oublie pas qu'ils représentent une gauche protestataire, qui a sa légitimité, mais ne correspond pas à ma sensibilité politique même si nous avons des confluences et une part d'histoire commune.
    D'autant que le pays est confronté à une « grande transformation » (Poliany)  qui nous impose de réfléchir différemment dans tous les domaines :

    • L’impératif écologique constitue désormais la matrice de tout projet politique et ne doit plus être sous-traité ou délégué à d'autres organisations,
    • limiter la révolution digitale au simple domaine technologique est réducteur, tant cette révolution est à la fois globale et totale et qu'elle bouleverse tous nos repères.
    • la fragmentation de la société et les problématiques relatives à l'identitaire, clivantes et destructrices, nous imposent plus que jamais auparavant, de fédérer, nouer, relier et connecter, afin d’être de nouveau, collectivement, en cohérence pour affronter un monde de plus en plus dérégulé, qui rend d'autant plus incontournable la constitution d’une Europe forte et solidaire.


    Toutes ces pistes nous n’avons pas su ou voulu les explorer, ou trop timidement. Faute de réponses elles nous ont rattrapé depuis, et ce propos ne se limite pas au seul domaine politique, loin s’en faut. Nous vivons une période de « métamorphose » (Edgar Morin), qui nous impose de bâtir des perspectives d’avenir avec les repères du monde d’aujourd’hui, et non plus les balises héritées du monde passé, désormais dépassé.
    Ma conviction est que la Social Démocratie se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Confrontée au défi de sa propre transformation, elle doit savoir se renouveler ou risque alors de disparaître de nos radars, ce qui serait tragique.


    Au regard des enjeux, la « tactique politicienne» à mes yeux n’a plus de sens. Trop de socialistes fourbissent leurs armes en se projetant dans la préparation du congrès d’après les présidentielles. L’urgence absolue aujourd’hui est de combattre les idées de Marine Le Pen, tant le FN surfe avec succès sur la détresse de territoires oubliés et de citoyens se sentant ignorées, déclassés et abandonnés. L'adversaire principal c'est elle, pas Emmanuel Macron me semble t'il, mais à priori beaucoup de mes camarades ne partagent pas ce point de vue. J'espère que les résultats de la prochaine présidentielle, notamment dans nos campagnes leur donneront raison, mais permettez moi d'en douter ? A chacun ses combats ... 
    Cette montée des populismes nous oblige, notamment après l’élection de Trump et le vote du Brexit, ces scrutins nous ont rappellé qu'en démocratie tout peut arriver, y compris le pire, les allemands ont déjà donné.
    Ce n’est pas à un choc entre la droite et la gauche auquel nous sommes confrontés, ne nous y trompons pas, mais bien un véritable choix de civilisation qui se présente à nous, entre le repli sur soi identitaire et anxiogène, la peur et la haine de l'autre ou la défense d'une société ouverte,  métissée, positive, dynamique et européenne.


    Nos concitoyens sont dans l’attente, de perspectives bien évidemment, de sens surtout, mais aussi plus paradoxalement de radicalité dans les propositions des politiques, tant ils savent que la terre a tourné, que la conjoncture économique est tendue et que nous ne vivons plus dans le monde d’avant. Il faut leur parler vrai et cash en leur indiquant clairement le cap suivi afin de dissiper tout malentendu et méprise, ce quinquennat l'a démontré.


    La priorité n'est pas pour moi d’élaborer un prototype de monde idéal et théorique basé sur des certitudes (auto)proclamées, et de donner des leçons à n'en plus finir, mais plus humblement de contribuer à adapter notre pays au nouveau monde qui émerge, en préservant nos valeurs et notre modèle social et culturel, quitte à l’adapter, et plus que tout en protégeant les plus fragiles, les accidentés de la crise, ceux qui sont pour l'instant exclus de tout ...


    Nous ne devons plus sacrifier le long terme au court terme et pour ce faire agir sur les 5 E chers à Michel Rocard : Europe, Education, Economie, Ecologie, Etat moderne.

     

    Voilà pourquoi je soutiens Emmanuel Macron.



     

     

     

     

     

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  • Pour le Péri urbain, "Mobilis in mobili"​, mirage ou objectif ?

     

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    Les "rencontres de la mobilité inclusive" organisées par le laboratoire du même nom*  invitent chaque année les acteurs de la mobilité à une journée d'échange consacrées aux difficultés rencontrées par les publics en situation de fragilité. Cette journée permet également aux jeunes pousses de présenter leurs innovations, une quatrième édition qui illustre l'essor véritable de ce marché des mobilités du fait notamment de l’arrivée de nouveaux acteurs issus du monde du numérique.

    J’étais invité à participer à la table ronde dédiée aux mobilités péri-urbaines. Il est bon que les problématiques spécifiques à l'espace péri urbain soient enfin mis en avant dans ce type de rencontre, tant elles concernent des territoires qui se retrouvent aujourd'hui en situation de grande fragilité.
    J’ai rappelé l'état de délabrement des réseaux ferrés de la grande couronne, où se déplacer demeure non seulement un enjeu, mais trop souvent un véritable défi, ce qui à la longue et au quotidien devient pesant et pour le moins anxiogène pour ceux qui vivent dans ces territoires. Il serait pertinent pour le péri urbain, de parler plutôt de mobilités non inclusives.

    Y répondre nécessite de rattraper plus de 30 ans de désengagement total, que ce soit au niveau du parc roulant, des réseaux ou des gares. Conséquence directe de la priorité donnée au Tout TGV par la SNCF toutes ces années, financé par l’abandon délibéré de nos réseaux ferrés régionaux.
    Rattraper un tel retard est difficile, d'autant qu'il faut adapter dans le même temps les infrastructures à la montée en puissance de territoires en plein essor et à la mutation en profondeur de notre société.
    Cette situation est assez similaire à celle que nous connaissons avec la transition numérique; avant d'aborder la dimension des usages, essentielle, il convient cependant de régler la question des tuyaux ! Accéder à une mobilité réellement inclusive nécessite le préalable de "gagner" la bataille des infrastructures. Vaste gageure ...

    Notre société illustre la célèbre devise du capitaine Nemo, "mobilis in mobili ». Ne pas être en capacité de se déplacer en liberté dans une société de plus en plus mobile, conduit inexorablement à l'exclusion et au déclassement.
    Avec des conséquences  trés concrètes : contraintes quotidiennes, absence de perspective, ressentiment de plus en plus marqué à l’égard des métropoles, élites et ville capitale, comportements électoraux de rupture (abstention ou vote extrémiste)...
    Si ce n’est pas encore la guerre des Gaules, les fractures territoriale, sociale et politique déjà présentes s’élargissent au fil des mois. Gagner la bataille des mobilités péri urbaines constitue désormais un enjeu démocratique de premier ordre et devient une priorité républicaine.

    Il est essentiel de remettre l’équité au coeur de la république des territoires, et de maintenir une cohésion sociale aujourd’hui malmenée qui ne tient plus qu’à un fil dans certains territoires et menace de rompre à tout moment.
    Les mobilités sont au cœur de nos vies, trop souvent même de nos angoisses quotidiennes, tant se déplacer est vital pour accéder à un emploi, mais également droit à la culture, aux loisirs, au lien social, au temps libre et libéré. De manière plus globale, les mobilités sont une condition sine qanun de l'épanouissement et de l'émancipation de chaque citoyen ...

     

    Encore devons-nous adapter l’organisation de nos transports à la réalité du monde actuel et substituer à la logique de silo d'antan, une logique systémique basée sur des éco systèmes locaux de mobilités ...

     

     

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  • 2017, enfin des moyens pour agir !

     

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    La longue farandole des vœux 2017 a débuté cette année à Trilport, suivront les villes voisines de l'agglomération, l’agglo elle même, le STIF, la Région, sans oublier nos partenaires de l’éco quartier (l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, Grand Paris Aménagement) puis quelques autres … Janvier est un mois un peu particulier pour les élus, utile pour le relationnel, beaucoup moins pour le reste. 

    Retour sur les vœux de Trilport …

    2016 a été certainement une des années les plus difficiles depuis que je suis Maire : complexité de la feuille de route, importance des dossiers traités sur le devenir de la commune, aléas rencontrés, nous n'en avons pas manqué, stress induit, contexte politique et social anxiogène … Mais plus encore ce sont les difficultés matérielles pour agir du fait de l’insuffisance des dotations perçues de l’Etat qui à la longue pèsent plus que tout …

    Pour Trilport c’est flagrant, surtout après les baisses successives de dotations de ces dernières années, celles de la commune atteignaient 126 € par habitant (2015), alors que la moyenne nationale oscillait selon les strates de 170 à quasiment 200 € !
    Situation qui nous a conduit toutes ces années à travailler notre « richesse intérieure » et à développer une véritable « résilience budgétaire », qui depuis, a eu tout le temps de se graver au plus profond de notre ADN collectif.
    Notre credo ? Appliquer la maxime de Saint Exupéry « dans la vie, il n'y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent », nous avons donc optimiser au mieux la dépense publique, sommes partis à la chasse aux subventions et à la course à l'innovation, innover, toujours innover ...

    Le mois de Mai 2016 nous a réservé une belle surprise, la commune dépassant le seuil des 5 000 habitants peut bénéficier désormais des dotations dites de « péréquation ». Terme et calcul techno s'il en est, du Bercu pur jus, qui signifie pour faire simple que les villes riches donnent aux plus pauvres (cf le schéma économique développé par l’illustre Robin des Bois), et comme Trilport est trés pauvre ... Seule ombre au tableau, ces dotations sont remises en cause à chaque loi de finances, mieux vaut donc rester vigilant et ne pas se relâcher …
    En ce qui concerne les subventions, la quête a été fructueuse cette année. Dans notre cas c'est vital, tant elles constituent le grain à moudre qui nous permet d’agir au quotidien et de préparer plus sereinement l’avenir. La question financière demeure essentielle pour une collectivité, surtout lorsqu'elle est pauvre, car fonctionner au quotidien, investir pour demain, exige un minimum de moyens.

    Lors de mon intervention, j'ai abordé la problématique des transports qui fera l’objet d’un prochain billet et la situation de la Communauté d’agglomération du Pays de Meaux qui s'agrandit et compte depuis le 1er janvier, 22 communes et 96 000 habitants.
    Chacun mesure aujourd'hui que la dynamique d’un territoire n’est plus une rente de situation qui dépend de l’importance d’un périmètre ou d’une grandeur passée, mais bien le fruit de la vitalité des liens entre toutes les composantes de ce territoire, des perspectives et projets qui y sont partagés, du métissage des cultures et des approches, de la capacité à faire bouger les lignes, à susciter l’innovation, et plus que tout à créer cohésion et envie de construire afin de faire « ensemble ». Une vitalité indispensable dans un  contexte aussi concurrentiel que celui de la Seine et Marne ou de  l’Ile de France.
    Encore faut-il au préalable créer une dynamique commune, challenge collectif à relever au quotidien pour améliorer la vie de nos habitants. Car le monde avance, autant qu’il le fasse sans oublier nos territoires. Nous possédons une vraie marge de progression ...

    Trilport, comme toutes les villes voisines, amorce un nouveau cap de son développement, peu le perçoivent encore sur le terrain, voulant éviter toute poussée intempestive et brutale de type ville champignons, nous préférons creuser des fondations profondes, elles seules permettront à la ville de grandir avec harmonie, en prenant ses marques …  « Le temps te construit des racines. ».

    Nous agissons afin d’anticiper la montée en puissance des services et infrastructures et d’éviter que la gestion du quotidien ne devienne par la suite insoluble et les réponses de la collectivité trop tardives face aux besoins immédiats de ses habitants.

     

    Mais revenons sur le bilan d’une année 2016 chargée et les perspectives qui s’ouvrent pour 2017, n’est-ce pas l’objectif de toute cérémonie de vœux ?

     

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  • Pour 2017, que du bonheur !

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    Voeux de la ville de Trilport, conception Albert & Concordance (s) / Michel Delon

     

    VILLE  (nf) : d'abord vile (v.980) puis ville (v.1200), du latin classique villa (maison). Fabrique de liens humains en tout genre ...

     

    Pour 2017, je vous souhaite avant toute chose du bonheur et beaucoup de liens humains, positifs et heureux ... Ils rendent bien plus fort, 

     

     

    Meilleurs Voeux 2017

     

    « On transforme sa main en la mettant
    dans une autre.*»

     

      

     

    Trilport vu du ciel

     

    *Paul Eluard

     

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  • La fabrique de la ville durable, aimable et désirable

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    J’ai eu le grand plaisir de recevoir des mains de la Ministre du Logement et de l’Habitat durable Emmanuelle Cosse, le label national des Eco quartiers pour l’Ancre de lune; c’est une belle reconnaissance pour ce projet qui arrive enfin à un stade opérationnel. Atteindre un tel niveau n’est pas si banal pour une opération d'aménagement (seulement 19 lauréats pour 2916), d’autant qu'il y a quelques semaines, Trilport a été un des 16 lauréats de l’appel à projet que la Région Ile de France a dédié aux quartiers écologiques et innovants et l'unique Seine et Marnais.

    Il est souvent bon de revenir au point de départ d’un voyage, afin de se ressourcer, ce qui permet ensuite de mieux apprécier les étapes à venir, histoire également de relancer quelque peu la machine pour de nouveau aller de l’avant...
    J'ai encore en mémoire la délégation de riverains venus à ma rencontre, il y a tout juste 10 ans, pétition à la main, pour me demander d'agir et d'intervenir devant les multiples nuisances causées par une friche, devenue un véritable no man’s land laissé à l’abandon par ses propriétaires : squats, occupations illicites successives.

    C'est de là que tout est parti ... Par la concertation, qui est devenu un véritable marqueur de cette aventure, tant auprés des acteurs de terrains, que des habitants.

    Nous avons du également surmonter une réalité omniprésente et prégnante encore aujourd'hui, le manque structurel et cruel de ressources logistiques, humaines, foncières et financières. Trilport est une ville pauvre, confrontée cependant à des défis auxquels il est important de répondre tant pour le présent que le devenir de la commune.

    Pour changer la donne, nous nous sommes lancés dans un pari fou : faire des contraintes rencontrées, nombreuses, de vrais leviers, nous permettant de rebondir et sortir par le haut. Nous sommes partis d'un diagnostic croisé du territoire, de ses difficultés et potentialités, et des acteurs du terrain désirant s’engager autour d'un projet commun, innovant et disruptif, fondé sur des valeurs humaines, sociales et environnementales et le même esprit d'entreprise.
    Notre credo : faire bouger des lignes semblant jusque là inamovibles, quasi immuables, remettre en cause une « fatalité » que nous refusons. Nous nous sommes mis alors en mode « bottom up », au sens premier du terme, une logique qui devrait, me semble t’il un peu plus inspirée les états majors parisiens, mais Paris est si loin, loin de tout, pensez 45 minutes en transport en commun !

    Voici quelques extraits de la préface du référentiel durable de l’Ancre de lune qui a constitué une étape importante de cette aventure collective. Dix ans après, elle n’a pas pris une ride et me semble totalement légitime pour décrire le projet de ville porté par l'Ancre de lune.

     

    « L’ancre de lune avant d’être un projet urbain, est une aventure humaine et collective au service du lien social de proximité qui témoigne d’une prise de conscience collective de la responsabilité particulière de l’homme envers son environnement.

    L’approche initiée, l’implication des élus, la qualité et la diversité des partenariats noués, le niveau d’exigence recherché, l’étendue et la transversalité des thématiques abordées, la volonté de faire de ce futur quartier un véritable espace d’innovation constituent autant d’éléments qui en font déjà, un éco quartier « référence ».
    L’ambition est d’en faire, non un territoire d’exception, mais une terre de diffusion et de partage, ayant la capacité de rétroagir sur la ville, et plus globalement sur le territoire, tel les rhizomes de la « Ville Durable » dont les éco quartiers constituent la première manifestation visible. 

    Si jusqu’à présent en matière environnementale nous pouvions nous contenter de bons sentiments, chacun sait désormais que l’état de la planète nécessite des résultats urgents et surtout tangibles. Plus que jamais, nous devons penser global tout en agissant localement, et nous concentrer sur les priorités liées directement à l’empreinte écologique et à la réduction des émissions des Gaz à Effet de Serre (GES).

    Demeurons vigilants. Limiter la problématique des éco quartiers à une somme de «gestes techniques» est un non-sens, tant le sujet dépasse de loin le filtre réducteur de la seule performance technologique dont beaucoup reviennent aujourd’hui.
    Un éco quartier est autre chose qu'un simple concept « hight tech » répondant aux tendances ou aux effets de mode. Il doit devenir un supplément d’âme, permettant de poser un autre regard sur la vie «de et dans la ville», servir de cadre à une nouvelle gouvernance, plus collaborative, axée sur une vision à long terme intégrant démarche transversale, et «process» continu au service de l’efficience environnementale.

    Dans cette approche globale, on ne peut réduire la performance énergétique aux seules consommations des bâtiments; l’élaboration des matériaux, leur localisation et origine, leur capacité à être recyclé, constituent autant de paramètres environnementaux essentiels, ainsi que bien évidemment l’épanouissement des habitants et usagers du quartier, qu’on ne peut considérer comme une simple variable d’ajustement !
    Le défi énergétique dépasse la seule efficacité du bâti, aborde d’autres champs du possible, dont ceux liés aux mobilités et à la chaine des déplacements, grand pourvoyeur planétaire en GES, sans omettre les problématiques majeures que constituent les usages et modes de vie, trop souvent négligées, et pourtant essentielles !

    Les principaux écueils rencontrés jusque-là, demeurent d’ordre logistique et financier, notamment pour une ville comme Trilport, sans compter un contexte budgétaire de plus en plus difficile.

     

    Alors comment agir ?

     

     

     

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  • De la ligne P au Grand Paris, d’un monde à l’autre

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    La réunion publique de l'Association Aout du 2 décembre

     

    J’ai participé à la réunion publique de l'association Aout, soirée très représentative de la fracture croissante entre deux mondes, celui du Grand Paris de la métropole et les territoires de la grande couronne illustrations concrète de la réalité de la France périphérique, pour ne pas dire invisible.

    C'est pourtant les habitants de ces territoires qui subissent une triple peine face face au Grand Paris : ils acquittent chaque année un impôt pour financer des infrastructures dont ils ne beneficieront pas, infrastructures qui risquent fort d'accaparer l'essentiel de financements publics pourtant indispensables à la rénovation du réseau de banlieue à bout de souffle qu'ils utilisent au quotidien et c'est eux qui en première ligne subiront les conséquences d'un chantier de plus de 30 ans impactant  directement leur qualité de vie et leur environnement du fait de la multiplication des décharges nécessaires au traitement ou au stockage des gravats, déchets plus ou moins inertes et autre et leurs cortèges incessant de camions circulant sur des voies déjà plus qu’encombrées ... Merci du cadeau !

    La réunion de Lizy sur Ourcq s'est déroulée à guichets fermés. Le nombre élevé d’usagers présents, dont beaucoup ayant accompli des dizaines de kilomètres pour simplement témoigner, illustre le degré d'exaspération atteint. Cette exaspération apparaissait en filigramme de chaque intervention, témoignage ou cri de colère qui ont ponctué la soirée et traduit le quotidien de territoires qui cumulent en matière de mobilités handicaps et fractures.
    Rappelons que la ligne P qui passe par Trilport, dessert d'un coté La Ferté Milon, de l'autre Chateau Thierry, et que chacune de ses destinations est pour le moins "malmenées".

    Quelques mots sur l’association AOUT, dont je partage l’action depuis 2004, date à laquelle avec son Président Victor Etienne, nous avons décidé de mener conjointement, chacun à notre place, moi coté élus, lui usagers, des initiatives communes visant à améliorer la situation d'une ligne dans un état critique alors.

    Avec l’arrivée de Jean Paul Huchon à la tête du STIF en 2006, nous avons pu obtenir de vraies avancées : maintien d'une ligne quasiment condamnée, mise en place du cadencement (véritable révolution dans les usages), changement de motrices, rénovation des voies, Passe Navigo tarif unique, car était il normal que ceux qui avaient les pires conditions de Transport payent plus que les autres ?

    Mais depuis quelques années, la situation s'est nettement dégradée au quotidien et la tendance semble s'accélérer ... 

    Si je me suis engagé dans une cause comme celle de la ligne P, c'est tout simplement pour essayer de changer la vie de mes concitoyens au quotidien et l'améliorer. Certes le sujet n'est ni lyrique ni trés porteur à la tribune des congrès, mais il est terriblement concret et ancré dans la vie réelle.
    Quand je lis quelquefois des études très savantes et documentées sur les causes théoriques de la montée des extrémismes, il m’arrive de penser, sans doute schématiquement, on ne se refait pas, que si leurs auteurs partageaient simplement une semaine la vie quotidienne des habitants de la grande périphérie, ils découvriraient sans doute de nouvelles clés de lecture sur le sujet, peut être plus terre à terre.

    J'ai tenu à saluer l'activité inlassable de Victor Etienne, Président de l’association, pour la constance de ce combat.
    Agir, agir encore et toujours, sans se décourager, réunion après réunion, rendez-vous après rendez-vous, année aprés année, agir inlassablement, non comme Don Quichotte face aux ailes des moulins, mais plutôt comme la vague de l'océan qui, à chaque ressac, creuse un peu plus la falaise de l'indifférence avant d'arriver, au bout du bout, à l'effondrer.

    Actions dont ce blog, ouvert en 2005 a régulièrement rendu compte

    La dégradation considérable des conditions de transport ces dernières années du fait de la multiplication des dysfonctionnements de toutes natures, de l'augmentation croissante des habitants de nos territoires (plus 8% par an d'usagers en gare de Trilport !), rend incompréhensible le peu de considération porté à cette ligne délaissée, tant par le STIF que la SNCF.
    Contexte qui rend impératif une nouvelle mobilisation, d'autant que chaque mandat électoral obéit à un cycle qui lui est propre, la Région n’échappe pas à la règle. C’est pourquoi nous devons agir maintenant, nous sommes encore en début de mandature, afin de convaincre l'exécutif régional de consentir les décisions d'investissement nécessaires dans les prochaines années pour une ligne de transport aussi délaissée.
    Malgré la bourde de Valérie Pécresse qui a oublié lors de son intervention au Congrès des Maires de Seine et Marne que la ligne P est composée de plusieurs branches, et qu’en électrifier une, ne signifie nullement les électrifier toutes, je reste persuadé que nous avons été, en partie, écouté, notamment par le STIF et Stéphane Baudet, que les pistes de travail que nous avons suggérées pour certaines (lire « pour des mobilités péri-urbaines ») sont ou seront explorées et que des annonces devraient suivre dés les prochaines semaines.
    À voir le cortège d’élus impliqués et engagés dans notre cause grossir, j'ai tendance à penser que le temps des annonces approche. Nous aurons sans doute, bientôt du grain à moudre.

    Attention cependant, il est indispensable que les réponses soient non seulement à la hauteur, mais adaptées à la réalité des mobilités péri urbaines et à l'évolution de territoires en plein développement. Sinon elles risquent fort de se limiter à colmater provisoirement des fractures qui s’élargiront de nouveau au fil des ans.

     

    Alors qu'elles sont les pistes dignes d'intérêt  ?

     

     

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  • Pourquoi une Maison des familles ?

     

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    L’inauguration du Lieu d’Accueil Enfants Parents (LEAP) du pôle Petite Enfance de la Villa Bia constitue une première illustration concrète de l’éco quartier de l’Ancre de lune. C'est dans le cadre de l’élaboration du volet social de ce beau projet qu'avait ete fléché comme piste de travail la Petite Enfance, domaine dans lequel la commune était jusque là, absente.

    En partenariat avec les services départementaux, de la MSA et de la CAF, un diagnostic territorial a été réalisé. Il a permis, grâce à la concertation engagée (enquêtes, questionnaires, entretiens qualitatifs, rencontre avec tous les acteurs…) d’aborder globalement cette problématique, en partant du contexte local, et de définir une ligne stratégique dont la première étape a été la création du Relais d’Assistantes Maternelles (RAM), préfiguration de la future Maison de la Petite Enfance que nous voulions implanter au cœur du futur éco-quartier.
    Dans l’attente du lancement effectif de ce dernier, la nouvelle structure a été  hébergée provisoirement dans les locaux de la villa Bia, rénovés pour l’occasion. Cette demeure bourgeoise, ancienne propriété de l’usine Kleber, avait été acquise il y a quelques années par la commune du fait de sa localisation centrale, de la beauté de son magnifique parc arboré et du potentiel du site même de la Villa Bia.

    Autre atout, et non des moindres, la qualité de l’animatrice du RAM qui a su, dès son arrivée, habiter les lieux, créer une ambiance positive et bienveillante, ce qui a constitué un élément clé dans l’appropriation du site tant par les familles que par les professionnelles, au point que l’implantation de provisoire est devenue définitive.

    Le RAM a été une étape décisive au regard de son utilité pour les familles désormais soutenues et accompagnées dans leur recherches de modes de garde, leur rôle d'employeur (contrat de travail, démarches administratives ...), et les professionnelles qui ont créé autour de la vie de cette structure une véritable communauté, notamment lors des ateliers proposés et des échanges partagés.
    Parmi les animations proposées, une est devenue emblématique, et ce bien au delà de Trilport, il s'agit de « Parlons d’Enfance ».
    Ce rendez-vous annuel propose sur une semaine des spectacles, conférences, ateliers thématiques, dédiées aux problématiques liées à l’enfance et à la petite enfance (2014 : le rythme de l’enfant ; 2015 : les petits se réveillent et s’éveillent; 2016 : Acquisitions, apprentissages et transmissions) …

    Des remontées du terrain, tant des professionnelles, que des enseignants de maternelles ou de l’animatrice du RAM, confrontée au succès d’un accueil aux familles mis en place dans le cadre de ses activités, ont permis de révéler un besoin croissant d’écoute et de dialogue de parents, pour certains en grande difficulté.
    Cette situation nous a amené à envisager la création d’un Lieu d’accueil Enfants Parents (LAEP), ouvert aux enfants de 0 à 6 ans, allant donc jusqu'aux élèves scolarisés. Un LAEP est un lieu où parents et enfants peuvent se poser, dialoguer en toute confiance pour partager expériences, doutes, angoisses, questionnements ...
    Véritable moment d'intimité et d'échange autour de la parentalité avec des professionnelles formées à l'écoute et faisant de la neutralité, de la confidentialité et de l'anonymat des impératifs absolus.

    Le succès croissant du pôle Petite Enfance, l'harmonie se dégageant d'un site empreint d’une certaine magie, nous ont amené peu à peu à faire évoluer le projet initial, à voir plus grand, plus innovant également, et à travailler à la création du concept de "Maison des familles" :

    • En ayant pour ambition de replacer humanité et bienveillance au centre de la relation d’accueil sur toutes les questions relatives à la famille, au sens large,
    • en regroupant sur un seul site l’ensemble des services dédiés au lien social, pour toutes les générations, du premier au troisième âge.

    La Maison de la Petite Enfance que nous envisagions au lancement de l’éco quartier, a laissé place depuis, à un projet plus global, destiné à favoriser l’inclusion sociale de tous, quel que soit les générations, une Maison au service des familles ...

     

    Pourquoi ? 

     

     

     

     

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  • 11 novembre : Rien n'est jamais acquis

     

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    Photo Damien Douche

     

    Il peut apparaître aux jeunes générations, quelque peu désuet, superflu, inutile, suranné, ringard même, de célébrer tous les 11 novembre, la fin d’une guerre du siècle passé, tant la paix semble aujourd’hui, installée et durable. Chacun la croit immuable, assurée, définitive, perpétuelle la paix …

    Pourtant nous vivons dans une société d’hommes, et depuis la nuit des temps, depuis que l’homme est homme … Rien ne lui ai jamais acquis…

    « ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur,
    et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix,
    et quand il croit serrer son bonheur, il le broie »
    (Aragon).

    Il est important que les nouvelles générations comprennent que l’homme est faillible, que rien n’est immuable, que tout est destructible, y compris et surtout le bonheur, que celui ci peut juste dans une vie constituer un moment de grâce éphémère et fugace, que si l’histoire ne se répète jamais, elle bégaie pourtant souvent …

    C’est pourquoi il est important de mobiliser autour des commémorations comme celles du 11 novembre, afin qu’elles (re)deviennent des moments privilégiés de citoyenneté et de recueillement …

    Merci à tous ceux qui y contribuent, aux musiciens qui apportent l’émotion juste, aux anciens combattants, passeurs et transmetteurs de valeurs dont le rôle devient  combien utile et nécessaire aujourd’hui, aux enseignants qui en participant à ces cérémonies avec leurs élèves font oeuvre utile et contribue à forger la citoyenneté de leurs élèves et leur conscience républicaine.

    Rien n’est jamais acquis, même pas la paix, car la paix n’est pas le cadeau éternel tombé du ciel décrit par certains ...

    Non ...

     

     

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  • Retrouver le fil de l'humanité

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    Si la crise des migrants est emblématique, elle est révèlatrice des fractures profondes que traversent notre société.
    Cette situation doit nous interpeller pour nous amener, au delà des belles déclarations de principe, à mettre en oeuvre des actions concrètes et adaptées, et travailler à élaborer des réponses plus globales.

    Cette crise touche à des valeurs humanistes et républicaines essentielles, avec lesquelles il n’est pas possible de transiger, tant elles sont identitaires. Rappelons que la France, dans son ADN même, est une terre d’accueil dont le droit d’asile constitue un des fondements principaux. Notre pays s’est aussi construit depuis des siècles autour des vagues migratoires successives qui ont traversé son histoire.
    Elle confronte également les élus locaux à la vision qu'ils ont et de leur action et de leur responsabilité. Médiateurs du quotidien et de la proximité, ils contribuent, en première ligne, à tisser les liens qui font société, qui favorisent cohésion sociale et "vivre ensemble"; encore faut il qu’ils soient considérés par l’Etat comme de véritables partenaires et associés à ce titre le plus en amont possible à un dialogue respectueux et constructif sur les meilleures conditions de mise en place d’une politique d’accueil locale.

    S’il faut soutenir sans réserve le plan national d’accueil des refugiés et migrants initié par le gouvernement et la décision courageuse de démanteler la jungle de Calais comme tous les ghettos indignes qui subsistent encore sur notre territoire, un constat s’impose : assurer un traitement juste des conditions d’accueil et des demandes d’asile, nécessite de replacer l’humanité au cœur de notre démarche. Nous en sommes trés éloignés aujourd’hui, confrontés à l’urgence, souvent même à l’improvisation, ce contexte pré conditionne une approche technocratique et quantitative de problématiques complexes qui touchent à l’intime et au collectif.
    Un accueil digne de populations fragilisées, nécessite pourtant sérénité, anticipation, prise en compte des priorités humaines et des réalités locales.

    Nous ne pouvons plus désormais considérer les épisodes migratoires comme de simples accidents géo politiques ou des aléas de l’histoire, mais bien comme un processus continu qui ne s’arrêtera pas de si tôt, au regard de la multiplication des conflits régionaux et des conséquences dramatiques du changement climatique …

    Autant de perspectives qui imposent de définir une stratégie autour de nos politiques d’accueil, un cadre d'action, la mise en place de véritables éco-systèmes, tant nous sommes confrontés avant tout à une problématique éminemment humaine, avec un objectif clair, aboutir à une inclusion sociale et territoriale épanouie.

    Si rien ne change, c’est notre cohésion sociale même qui risque d’être déstabilisée par la moindre poussée migratoire, y compris modeste, tant ce phénomène, somme toute naturel, les migrations font partie de l'histoire de l'humanité, est exploitée sans vergogne, ni scrupule par la droite la plus extrême, utilisant la période d’incertitude collective que nous traversons comme un véritable terreau afin de susciter ou attiser les peurs et les fantasmes les plus éculés, en clivant, divisant, excluant au lieu de fédérer et d’unir.

    C'est bien notre cohésion sociale qui aujourd'hui est en jeu ...

     

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  • L'économie circulaire commence dans l'assiette

     

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    Le self inauguré à Trilport concrétise l’aboutissement d’un processus entamé il y a plus d’un an et marque une nouvelle étape dans notre approche de la restauration scolaire basée sur une vision globale des problématiques liées à l’alimentation et l’agriculture.

    Nous avons, après un audit mené sans concession sur les pratiques en cours, élaboré un cahier des charges ambitieux, allant bien au delà de nos ambitions initiales. La société Elior, retenue, a su être à la hauteur des exigences fixées. Ce marché qui représente 55 000 repas annuel représente pour cette société une première incursion dans des territoires d'où ils étaient jusque là absents et qui ont grand besoin d’innovation en ce domaine.

    Cette inauguration illustre notre engagement contre ce véritable fléau qu’est la malbouffe. Un fléau qui se traduit dans les assiettes (manque de saveur, de créativité et de diversité des menus, cuisine collective vite expédiée…), mais aussi plus en amont : aliments sans origine définie, produit on ne sait comment, sans prise en compte des émissions de gaz à effets de serre, de priorités sanitaires pourtant cruciales, ou encore de la sauvegarde de nos ressources naturelles.

    Les conséquences pour les consommateurs que nous sommes en sont multiples : obésité, maladies, repas de plus en plus insipides, augmentation des déchets alimentaires...
    Selon les conclusions d’un récent rapport du groupement d’experts britanniques "Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition", la malbouffe constitue désormais le risque numéro 1 pour notre santé. 
    En France, le coût social en 2012 de la surcharge pondérale s’est élevé à 20 milliards d’euros, ce qui est comparable à celui de l’alcool (15 milliards d’euros), du tabac (26,6 milliards d’euros) et s’illustre par le développement de graves pathologies: hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol ou maladies cardio-vasculaires.

    L'alimentation est un marché qui reste soumis à la loi d’airain de lobbies puissants et tres actifs, à Paris comme à Bruxelles, et qui agissent pour que surtout rien ne bouge, ne serait ce même qu’au niveau de l’étiquetage nutritionnel, c'est dire !

    Le succès des émissions culinaires télévisées, la demande croissante en produits bio ou en provenance directe de la ferme, le développement de filières courtes ou la multiplication des AMAP illustre cependant une tendance sociétale de fond qui va à l'encontre de ces intérêts mercantiles. 
    Peu à peu une nouvelle économie émerge, enfin circulaire, créatrice d'emplois de proximité, j'ai le sentiment que c'est une véritable vague de fond qui peu à peu dans les pays développées s'imposera contribuant ainsi au mieux vivre et à un meilleur respect de la planète.

    A l'école il est essentiel de « mieux manger pour mieux grandir » mais aussi de « retrouver le plaisir de déguster … ». Le plaisir est un enjeu éminent, notamment en milieu scolaire et ne se limite pas au seul repas : plaisir d’apprendre, d’enseigner, de découvrir … Le plaisir est un formidable moteur pour avancer

    Après les divers scandales alimentaires qui ont émaillé ces dernières années, illustrations concrètes d’une vision court termiste, productiviste, mercantile et irresponsable de l’alimentation, il nous faut désormais promouvoir la qualité, la traçabilité des produits servis dans nos cantines, et contribuer au développement de filières locales responsables et durables respectueuses de notre santé, de la nature et de ses cycles.

    L’action initiée par les collectivités peut contribuer à faire bouger des lignes qui jusque là étaient figées, c’est cette volonté qui nous animé lors de la mise en place de cette réorganisation majeure de la restauration scolaire dans notre commune, avec trois objectifs concrets :

    1. Privilégier la qualité des produits,
    2. Faire du repas un moment de détente, de plaisir, de convivialité et d’autonomie,
    3. Contribuer à l’émergence d’une économie circulaire, afin de faire du déchet alimentaire une véritable ressource

     

    Quelles sont les réponses concrètes  ?

     

     

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  • Apprendre en 2016 (1)

     

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    « On ne connaît que les choses qu’on apprivoise. »
    Antoine de Saint-Exupéry

     

    Cette période de la rentrée est le moment propice pour s’interroger sur le "quoi" et le "comment" apprendre aujourd’hui.
    Ce billet est le premier d'une série, tirées d’une réflexion personnelle portant sur les « habiletés sociales et numériques », visant à explorer quelques pistes de réflexion sur l’éducation.

    Précision utile, je ne suis qu’un de ces modestes et innombrables fantassins voltigeurs qui, en première ligne, confrontés au monde réel, tentent comme l’a écrit joliment Corneille de réveiller « le feu qui semble éteint et dort sous la cendre, car qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre »

    Internet et les réseaux sociaux esquissent les contours d’une nouvelle société, dont les interactions sociales et la donnée (le data), constituent les principaux moteurs. Révolution copernicienne qui se déroule sous nos yeux et fait appel à de nouvelles aptitudes, que ce soit dans le monde du réel ou du virtuel, qu’il devient essentiel désormais de maitriser.

    Edgar Morin désigne cette séquence comme une "métamorphose" qui provoque plus un processus de "création destructeur", que de « destruction créatrice » (Schumpeter), processus dont il convient de mesurer les effets ...

    Au cœur de cette mutation, les qualités relationnelles sont de plus en plus prisées et recherchées. Reconnues depuis des années dans les techniques de management et les sciences des ressources humaines, elles font l’objet d’un véritable renouveau, sous l’appellation anglo-saxonne de « soft skills », (« compétences douces »), opposé aux « hard skills » (compétences « dures » ou techniques). Des aptitudes abordées et enseignées depuis des années au Québec, dés la petite enfance, et désignées dans la Belle Province comme des "habiletés sociales", terminologie qui a toute ma préférence.  

    Les habiletés sociales constituent un véritable bouquet de compétences, toutes liées par nature, et apportent à chacun « la capacité d’entrer en relation avec autrui, de s’entendre, de coopérer et d’interagir», contribuant ainsi à son épanouissement global comme à son inclusion sociale.
    Leur maitrise permet d’appréhender et de maitriser les codes et savoirs qui régissent nos liens avec autrui et la société.

    En France leur approche se cantonnait jusque là à des publics cibles en difficulté d’inclusion social. Elles se révèlent cependant particulièrement adaptées aux défis que notre société doit relever, car directement orientées vers les interactions humaines. Elles font appel à « l’intelligence émotionnelle », déterminante pour la réussite professionnelle ou l’épanouissement personnel de chacun.

    Les besoins en compétences cognitives, verbales et interpersonnelles explosent littéralement aujourd'hui, une situation dont notre système de formation ne tient toujours pas compte concrètement, exception faite des grandes écoles. L’enseignement traditionnel demeure centré sur les compétences techniques, le plus souvent enseigné de manière disciplinaire, en silo, et n’aborde le champ des «habiletés sociales» qu’à la marge.
    Cette situation constitue un véritable paradoxe, tant il est incontestable qu’au niveau professionnel, les habiletés sociales deviennent déterminantes, facilitatrice d'intégration et d’épanouissement, que ce soit au sein de l’entreprise ou dans la vie personnelle.

    Considérés trop souvent comme des «traits de personnalité», les habiletés sociales, relatives au savoir vivre et au savoir être, n’étaient quasiment pas abordées, si ce n’est à l’école maternelle. L’institution considérant implicitement leur acquisition du ressort familial.
    A la base de cette séparation des rôles, une répartition entre la famille chargée de l’éducation des enfants, et l’école, chargée de leur instruction. « L’éducation c’est la famille qui la donne, l’instruction c’est l’Etat qui la doit » (Victor Hugo).
    Aujourd'hui la donne a bien changé, la société devient de plus en plus éclatée, fracturée, la cellule familiale y est malmenée, parfois disloquée, et n'est plus en capacité de transmettre de vrais repères de vie.

    Ce contexte est aggravé par une école républicaine de plus en plus inéquitable ; ce constat brutal répond à une réalité statistique formelle, soulignée depuis plus de dix ans par toutes les études internationales successives.
    Le système éducatif français est devenu un des plus inégalitaires de l’OCDE, certainement un de ceux où l’origine sociale des élèves influe le plus sur ses résultats scolaires et produit proportionnellement le plus grand nombre d’élèves en situation d’échec. Ce que tout défenseur de l’école républicaine ne peut accepter.

    Dans les jeunes générations, les plus pénalisés sont tous ceux qui ne bénéficient pas d’un environnement familial propice et qui se retrouvent dés lors dans l’impossibilité d’acquérir les clés indispensables pour s’épanouir dans le monde d’aujourd’hui. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne portent pas en eux de telles habiletés. Elles font partie du “capital relationnel” dont chacun est doté à sa naissance et ne demandent qu’à être dévoilées et développées.
    Cela devient un impératif, tant leur
     maitrise est devenue un marqueur sociétal qui compte dans l’insertion et la réussite professionnelle comme dans l'épanouissement personnel de chacun. 

    Si la situation est grave, elle n’est pas désespérée, encore faut il agir et vite

     

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  • Le jour où nous n’allumerons plus de bougies

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    Voici la tribune d'Antoine Leiris publiée aujourd'hui dans le Monde, dans lequel avec ses mots choisis il exprime l'essentiel. Aussi c'est ce texte que j'ai tenu à lire lors de l'hommage rendu à midi aux victimes Niçoises. Une minute de silence cela peut sembler dérisoire, mais cela veut dire aussi beaucoup. Le prix que nous accordons  à la vie face à la mort injuste et tragique provoquée avec violence par le fanatisme et l'obscurantisme ...

     

    Je ne supporte plus l’odeur des bougies.

    Elle me donne envie de vomir. À Nice, à Paris, à Orlando, à Istanbul, à Bruxelles, et partout où ils ont semé la mort, ce sont les mêmes scènes. Les mêmes portraits accrochés. Les mêmes fleurs déposées. Les mêmes bougies allumées.Et cette odeur âcre qui me laisse dans la bouche le goût du sang versé.

    Je pensais ne plus avoir assez de larmes.

     Je pensais que le pire était passé. Je pensais m’être habitué. Je me trompais. À chaque nouvelle attaque j’ai pleuré. Ils étaient des hommes, des femmes, des enfants. Ils avaient des envies, des peurs, des désirs, une vie. Ils sont morts. Et nous allumons une bougie.

    Contre un camion lancé à pleine vitesse, contre des Kalachnikovs chargées de rancœur, contre des explosifs prêts à sauter, c’est peu une bougie. Pourtant c’est une arme plus puissante que toutes celles qu’ils pourront utiliser.

    Parce que le jour ou la mort de l’autre nous laissera sans réaction, le jour où nous n’allumerons plus de bougies, nous serons devenus comme eux.

    Parce que le jour ou la mort de l’autre nous laissera sans réaction, le jour où nous n’allumerons plus de bougies, nous serons devenus comme eux.

    Des êtres sans peur face à la mort.

    Mais pour ne pas craindre la mort, il faut trembler de peur devant la vie. Alors craignons la mort et embrassons la vie. Dès le lendemain j’ai allumé une bougie que j’ai posée sur le rebord de ma fenêtre. Elle brûle encore aujourd’hui. Elle me rappelle l’odeur de la peur, de la haine, du renoncement.

    Elle me rappelle l’urgence de la vie.

     

     

    Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène, au Bataclan le 13 novembre dernier, il est l'auteur d'une  tribune publiée sur Facebook qui a fait le tour de la planète, tant son texte est magnifique

     

    "Vous n'aurez pas ma haine" 

     

     

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  • Ce soir, je suis triste

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    " Penser clair, parler vrai, agir juste " 

     

    Ce soir je suis triste, Michel Rocard nous a quitté.

     

    J’ai été, je suis et resterais pour toujours "rocardien". Je n'oublie pas que si je me suis engagé un jour en politique, en adhérant notamment au PS, c’est à lui que je le dois.

    Digne héritier de Mendes France, il avait le sens de la morale et de l’éthique, possédait une rigueur et une honnêteté intellectuelle rare, que je n’ai retrouvé ensuite que chez Lionel Jospin. C’est à ce niveau là, que l’on attend le politique.

    Rocard c’était la primauté donnée aux idées, aux propositions, quelquefois disruptives et iconoclastes : comprendre avant toute chose, imaginer les solutions à apporter plutôt que de nouveaux problèmes, proposer et convaincre toujours, et plus que tout, agir juste, faire, afin de changer la vie quotidienne au concret durablement.
    Toute sa vie, ce grand serviteur de l'Etat s'est consacré à 
    la vague des idées plutôt qu'a l’écume des petites phrases ou des commentaires. Il a su ne jamais sacrifier l'avenir, le long et le moyen terme aux imperatifs court termistes de la mode ou de l'instant présent, étant un des trop rares politiques à privilégier le temps long.

    Michel Rocard avait les mots et le verbe libre, une parole authentique et rafraichissante, il a toujours préfére l’équité à une égalité quelquefois factice et inéquitable, privilégiant l’être au paraître et le collectif à l’individualisme.

    Il a eu la grande sagesse de se retirer de la vie politique avec élégance, sur la pointe des pieds, passant le relais aux jeunes générations pour leur laisser construire un avenir meilleur.

    C'était un homme qui aimait passionnément la vie, l’Europe, la nature sauvage et indomptable avec laquelle il faut composer : le vent, les mers et les océans, les pôles aussi ... L’environnement et le devenir de la planète ont été les combats qui ont animé toutes ses dernières années.

     

    Ce soir, je me sens orphelin, Michel Rocard nous a quitté.

     

      

    « Je rêve d'un pays où l'on se parle à nouveau. Je rêve de villes où les tensions soient moindres. Je rêve d'une politique où l'on soit attentif à ce qui est dit, plutôt qu'à qui le dit.

    Je rêve tout simplement d'un pays ambitieux dont tous les habitants redécouvrent le sens du dialogue, pourquoi pas de la fête, et de la liberté.

    Je suis de ceux qui croient, au plus profond d'eux-mêmes, que la liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement.

    Chérir la liberté de cette manière là,
    c'est, construire un nouvel espoir pour que vivent les Français et pour que vive la France. »

    Michel Rocard - Discours d'investiture 1988

     

    En complément, la tribune qu'il a écrit en 2014, pas assez connue celle ci, sur le sens d'un socialisme pour ce nouveau millénaire afin de "l voir éclore la société des hommes à la place de celle de l'argent". Il avait toujours quelques stations d'avance, Michel.

     

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  • La Halotte, clap de fin : l'inauguration de la caserne du SDIS

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    L’inauguration de la caserne de Trilport marque un point final à la catastrophe de la Halotte et clôture un feuilleton qui n’a que trop duré. Lors de la cérémonie deux souvenirs personnels, directement liés à cette manifestation me sont revenus en mémoire …

    Bien évidemment la nuit du 23 octobre 2002, celle de l’explosion de la Zone d’activités de la Halotte. Ce mini AZF qui à l'époque avait attiré tous les médias nationaux, avait fait tout de même deux victimes et la violence de l’effet de souffle occasionné de très nombreux dégâts aux quartiers d’habitations voisins : plus de 150 maisons touchées ; dommage collatéral , la future caserne du SDIS (les travaux d'aménagement devaient commencer le lendemain même) s'est retrouvée réduite en poussière.
    Sur place dix minutes après l’explosion, j’ai animé une cellule de crise afin de servir de support logistique auxsecours, puis les jours suivants aux habitants et entreprises sinistrés afin de contribuer à une reconstruction rapide de la zone d’activités. J’avais cette nuit là, entre deux explosions de voiture, fait la promesse aux pompiers désespérés de voir partir en fumée leur caserne : «Tout entreprendre pour la faire renaitre de ses cendres ». J’ai le sentiment, 14 ans après, d’avoir tenu mes engagements.

    Puis la visite de Jean Louis Mouton en juin 2004, alors nouveau Président du SDIS d’une Seine et Marne passée à gauche. Il avait à la demande du jeune Maire que j’étais, réservé sa première visite de terrain à Trilport, afin de constater sur place les conditions de travail des Pompiers que je lui avais décrites, tant elles me paraissaient  inacceptables. Nous les hébergions alors à titre gracieux dans une partie des ateliers municipaux, des locaux totalement inadaptés à leurs missions. Suite à cette visite, il a décidé immédiatement d’agir afin de leur permettre d’exercer dans des conditions plus dignes et respectueuses ; c’est ainsi que quelques mois après, ils ont aménagé dans des locaux provisoires plus adaptés dans l’attente de la nouvelle caserne. Toutes ces années, malgré les nombreux aléas subis par ce dossier et le vent mauvais qui a soufflé parfois, de ci de là, il a tenu bon et parole …

     

    Cette inauguration s’est déroulée juste après les inondations qui ont frappé durement la Seine et Marne, aussi les remerciements des autorités aux pompiers n’ont pas manqué, en premier lieu ceux du Préfet, tant ceux ci se sont retrouvés en première ligne durant plusieurs semaines pour protéger et secourir les populations sinistrées.

    C’est peu de dire que j’ai apprécié les discours des élus de la majorité départementale ainsi que celui du Député "républicain" de la circonscription, Jean François Copé, peu enclin, jusque là, à défendre le service public, qu'ils considèrent le plus souvent comme « une charge ». A l’unisson, ils ont souligné, ce dont je me félicite, l’importance pour nos territoires et nos habitants de bénéficier d’infrastructures et de services de secours efficients. Sentiment que je partage totalement même si je n’oublie pas les saignées qui ont précédé l’arrivée de François Hollande, dans les budgets et les effectifs des policiers, magistrats ou enseignants.
    Nos dynamiques territoriales et économiques dépendent également de la qualité de nos infrastructures et de nos services publics qui, s'ils doivent être efficients bien évidemment, le meilleur service au meilleur cout, se doivent d'être surtout existants et présents. C'est souvent lorsqu'il est trop tard et que les catastrophes arrivent que l'on se rend compte de leur importance pour nos vies quotidiennes.

    Je sais également, à qui nous devons la réalisation de cette caserne, ce que j’ai souligné dans mon intervention.

     

    Mais pourquoi un tel équipement  est il aussi important pour notre territoire  ?

     

     

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  • Ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté

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    La cérémonie du 8 mai a revêtu un caractère quelque peu particulier à Trilport cette année. Nous avons réparé un oubli de plus de 126 ans; le fronton de la Mairie inaugurée en 1890, le bâtiment accueillait alors la "Maison communale" et l'école des garçons", arbore pour la première fois de son histoire les trois valeurs de la devise républicaine.

    Cette réalisation marque la dernière étape d'une rénovation totale de ce bâtiment, qui s’est étalée sur plus de cinq ans, au rythme de nos finances. Petite fierté, elle est entièrement « Made in Trilport », estampillée "circuit court". Le modèle, les gabarits des lettres et le choix de la police de caractères ont été élaborés en interne avec nos communiquants, la réalisation en 3D étant l’oeuvre d’une entreprise Trilportaise spécialisée en tôlerie et la pose assurée par les agents communaux.

    « Liberté, Egalité, Fraternité », trois mots simples et lumineux, qui nous rappellent simplement, d’où nous venons, qui nous sommes et où nous devons aller ! Des valeurs intemporelles prenant encore plus de sens et de résonance aujourd’hui, notamment lors d’une double commémoration comme celle du 8 et du 9 mai.
    Depuis 2010, 10 ème anniversaire de notre jumelage avec Engen, nous célébrons le même jour, la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 et la journée de l’Europe. D
    eux dates intimement liées par les liens du sang versé.
    L’émergence de l’Europe politique est le fruit de la tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale, de la nécessité absolue pour nos différents pays de se réconcilier après la mort de tant de victimes, civiles ou militaires, du souvenir de l’horreur de la Shoah et des exactions de l’idéologie Nazie.

    L’Europe est une réponse d’espoir en l’avenir, face au néant de ces années sombres. Elle ne peut se réduire à un drapeau cerclé de 12 étoiles dorées flottant au vent, qui symbolise la solidarité et l’harmonie entre nos peuples; un cercle ouvert s'il en est, tant nous devons nous ouvrir au monde, ni au magnifique hymne composé par Beethoven, encore moins aux subventions glanées de ci de là, règlementations innombrables, relations commerciales, monnaie commune, bureaucratie qui semble loin de tout … L'Europe est avant tout et surtout un modèle unique de démocratie, de solidarité, de protection sociale, de culture, véritable oasis de paix et de bonheur aux yeux de tous les pays du globe.

    Pourtant aujourd’hui, beaucoup d'européens doutent cruellement, ils n'ont plus foi en l'Europe … Il est temps que cette dernière se mette à la hauteur de tous, qu'elle parle enfin aux citoyens et non plus aux seules élites.

    Le 8 mai, nous rappelle éxonérablement d’où nous partons … La haine, la colère, le ressentiment, le sentiment de vengeance, le repli sur soi, les vagues brunes du nazisme et des égoïsmes nationaux qui déferlaient sur le continent… C’était aussi l’Europe, mais d’avant; celle malheureusement vers laquelle tanguent et tendent aujourd'hui certains pays d'Europe Centrale.

    Les jeunes générations pensent que la paix va de soi, alors qu’elle est si fragile, trop considèrent l’Europe comme superflu, voir inutile … Nous ne devons jamais oublier que derrière les nationalismes exacerbés, les égos hypertrophiés des nains qui se prennent pour des géants, la peur de l’autre, la recherche de boucs émissaires, se profilent les guerres d’hier, celles d’aujourd’hui et peut être de demain …

    Il nous faut, porter un nouveau projet pour l'Europe, qui s'adresse à tous, notamment aux plus humbles, à ceux qui se sentent exclus, l'associer aux idéaux de paix, de solidarité, mais aussi de prospérité, d'avenir commun et partagé, afin que tous ces citoyens qui doutent, aient foi de nouveau en l’avenir, dans un monde en mouvement qui si lEurope n'est pas au rendez vous, nous annihilera…

    Il faut que nos cœurs haïssent la guerre, comme l’a si bien écrit Robert Desnos, poète français et résistant, déporté à Buchenwald, mort du typhus, un mois seulement après la libération de son camp …

    Que nos cœurs haïssent la guerre, mais plus que tout, battent pour la liberté. et je serais tendais de dire pour un avenir commun, partagé et plus souriant ...

    Encore faut il agir pour le construire. Ces commémorations servent aussi à semer des graines d'action.

     

     

     

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  • Mobilités péri urbaines & ligne P de la SNCF : propositions d'actions

     

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    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire de Trilport et Vice-président de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux, je suis devenu au fil des ans, presque malgré moi, quelque peu spécialiste "es mobilités péri urbaines ».
    Si j'ai souffert durant des années, d'un trop plein de solitude sur de tels dossiers ("la solitude de l'élu du fond de l'Ile de France") j'apprécie aujourd'hui de ne plus être un des trop rares élus locaux mobilisés sur le sujet de la ligne P et plus globalement des mobilités de la Grande couronne et du péri urbain. Cette priorité s'impose enfin au plus grand nombre; il était grand temps ...

    Lors des réunions innombrables auxquelles j'ai assisté, j'ai toujours écouté avec beaucoup d'attention rapports d'activités, indicateurs de satisfaction ou de performance, projets d'amélioration égrenés par les responsables et représentants des opérateurs et du STIF.
    Mais devant la dégradation inadmissible des conditions de transport de ces derniers mois et l'absence notable de perspectives, j'avoue ne plus pouvoir rester aussi Zen, devenant adepte de la parabole dite "de la lune et du doigt". Je m'affranchis du doigt tendu par les représentants de la SNCF ou du STIF et tel le "sage" de la maxime je m'évertue à scruter la lune, qui doit être notre objectif commun si nous voulons concrètement améliorer une donne bien mal engagée.
    L'ère du "bricolage" en matière de mobilité est à mes yeux dépassée, il nous faut changer de paradigme au plus vite, sans démagogie mais avec constance, ténacité et surtout détermination.

    Dans cet esprit, j'avais élaboré une note à destination de Claude Bartolone destinée alors à alimenter son programme aux régionales, certaines  propositions ayant d'ailleurs été retenues. J'ai enrichi cette réflexion depuis, de nouveaux éléments tirés notamment du dernier rapport annuel de la Cour des Comptes (traitant cinq après un premier audit, des mobilités en Île-de-France), très explicite, en ai fait une contribution que j'ai décidé de partager avec les élus impliqués concrètement sur cette problématique, toutes tendances politiques confondues; c'est à cet usage que je leur ai envoyé ce travail en février dernier.
    La période qui s'ouvre est effectivement cruciale, les arbitrages qui impacteront les prochaines années seront rendus sans doute avant l'été. J'ai jugé utile, citoyen et transparent de rendre ce document  "Pour des mobilités péri urbaines" accessibles à tous, depuis ce blog (module : "Tribune, textes ...").

    Je vous engage à lire ce texte, notamment si vous êtes usager. Il se veut accessible à tous et surtout informatif; les propositions qui y sont faites ne se limitent pas aux seuls investissements lourds exigés par l’état actuel du réseau, ils sont incontournables et urgents, mais regroupent diverses pistes d'actions liées aux spécificités des territoires péri urbains, notamment seine-et-marnais.
    Je n'ai pas abordé les problématiques de maintenance liées au Centre Technique de la SNCF. Son dimensionnement futur, comme son organisation sont intimement liés aux choix techniques effectués sur le parc roulant;  cependant l'amélioration de son fonctionnement demeure un passage obligé, tant cette infrastructure constitue aujourd'hui un sérieux goulot d'étranglement.

    Une évidence s’impose : il est nécessaire de mettre les bouchées doubles, que ce soit pour rattraper un retard vieux de plus de trente ans mais également et plus que tout pour accompagner la croissance démographique de territoires en plein essor et leur dynamique territoriale... il y a effectivement urgence. 
    Je demeure intimement persuadé que la dimension péri urbaine nécessite également de nouvelles clés de lecture, pro actives, transversales et prospectives afin de répondre aux potentialités comme aux contraintes des territoires de la Grande Couronne.
    Les mobilités péri urbaines vont du transport de masse à un "sur mesure" quasiment individualisé, elles exigent de nouvelles réponses, de la souplesse, de la fluidité, de l'agilité, que ce soit en terme d’infrastructures ou de services à mettre en place.

     

    Le débat est ouvert, bonne lecture ...

     

     Ci joint quelques extraits du rapport de la Cour des Comptes relatifs aux transports ferroviaires en Ile de France depuis 2010, que je vous engage vivement à parcourir également dans son intégralité, il est pour le moins instructif ...

     

     

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  • Sortir de l’histoire pour surgir dans le présent

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    Nous avons célébré la journée du 19 mars 1962, comme chaque année, y compris lorsque cette guerre sans nom n’était considérée alors que comme «un évènement» à commémorer presqu'en catimini. Nous nous sommes rassemblés pour célébrer enfin et officiellement au nom de la nation, la mémoire de tous ceux qui sont tombés, qu'ils soient militaires ou civils et sont restés là bas, sur l’autre rive de la Méditerranée.

    L’essentiel est bien là …

    Toute polémique face aux sacrifices des victimes consentis ou non, est inutile, déplacée, indécente, irrespectueuse ... Laissons les morts en paix et les consciences s’apaisaient au fil des générations qui se succèdent.

    Cette date du 19 mars est légitime, plus que tout autre; rappelons simplement qu’elle correspond au jour du cessez-le-feu en Algérie, au lendemain de la signature des accords d’Evian.
    Certes, la paix n’est pas venue immédiatement, qui le nie ? Mais c’est le 19 mars 1962 qu’a débuté le long et douloureux processus de sortie d’une guerre, considérée alors comme inextricable, interminable, et qui a divisé si longtemps notre pays en deux.

    Est il opportun de réactiver une division qui n’a plus lieu d’être ? Non … Et pour quels motifs impérieux, si ce n'est de la politique à la petite semaine ?

    L’histoire nous l’apprend, les conflits du XXeme siècle, comme ceux d’aujourd’hui, l’illustrent malheureusement, une sortie de guerre, y compris après un cessez le feu, est souvent longue, chaotique, faite d’une succession de violences, empreinte de colère plus ou moins contenue, de haine et de ressenti.

    La guerre d’Algérie n’y échappe pas, loin s'en faut. Plus que tant d’autres elle se double d’une déchirure profonde entre français, véritable fracture béante, mais aussi entre algériens.
    Pour ce qui nous concerne, le sacrifice puis le massacre des harkis, littéralement abandonnés, reste une tache indélébile sur le drapeau national, drame intolérable qui doit nous interpeller encore aujourd’hui.
    La France tout au long de son histoire n’a pas fait que de belles choses, il est bon aussi de s'en souvenir … Il y a les victoires, il y a les défaites, il y a également les faillites morales qui existent dans les défaites comme dans les victoires.

    Commémorer le 19 mars, c’est célébrer toutes les victimes de cette guerre, quelque soit le jour où elles sont tombées.

     

    Je n'oublie pas que cette date a été vécue différemment par les familles,

    A Trilport comme dans la grande majorité des villes françaises, elle a été ressentie comme un véritable soulagement, la promesse d’un retour proche au pays pour plus d’un million d’appelés,

    Elle demeure un véritable traumatisme, pour tant d’autres ... Plus d’un million également, quittant leur terre natale bien malgré eux, déchirure dont ils ne sont jamais remis, exode sans retour … J'ai grandi dans le Var entouré de beaucoup d'amis pieds noirs et mesure toujours avec gravité la douleur qui est la leur, l'ayant quelque peu partagé moi même, issu d'une famille déracinée ...

    La multiplicité des mémoires composent depuis des siècles la richesse de notre histoire et de notre présent et font la grandeur de cette nation. L’identité française est un creuset où d’une «guerre des mémoires» on aboutit à une communauté de destin partagé; les mois qui ont précédé nous ont douloureusement rappelé l'utilité du creuset républicain et citoyen. 

    La question qui nous est posée est à la fois simple, douloureuse et complexe : comment sortir de l’histoire pour construire le présent et préparer un futur plus serein ? Chacun sait que l’on n’écrit pas le présent à l’encre des rancœurs du passé, encore moins un futur serein.

    Il nous faut «sortir de l’histoire» pour surgir dans le présent comme l'écrit Kamel Daoud, sans déni, sans deuil maladif, rendu plus fort par la tragique et douloureuse expérience traversée.

    Plus que tout nous devons faire de la mémoire un souvenir partagé et commun …

     

     Il m'a semblé utile d'aborder aussi le ressenti des algériens, hier encore citoyens français vis à vis de cette histoire douloureuse qui est également la leur. Voici une chronique de Kamel Daoud, écrivain algérien à la plume flamboyante et à la parole toujours libre sur la situation de son pays face à l'histoire ...

     

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  • Maires et solidaires

     

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    J’étais aux cotés de mon ami Claude Jamet au Tribunal de Grande Instance de Fontainebleau, avec d’autres, beaucoup d’autres, tant d'autres : anciens salariés, habitants de Bagneaux sur Loing (la ville dont il est Maire), élus … Nous nous sommes retrouvés prés de 400. Une affluence record pour ce Tribunal, autant dire que la salle d’audience était bien trop petite pour accueillir tous les soutiens présents.

    Claude est jugé pour « entrave à la liberté des enchères ou soumission par violence ou menace », en fait la justice lui reproche d’avoir perturbé la liquidation de la société Prevent Glass, le 20 novembre 2012. Il s’était alors enchainé symboliquement et risque en théorie pour ce geste, une peine de six mois de prison, 22.500 euros d'amende et la perte de ses droits civiques.
    Si lors de l’audience le Procureur a cependant adoucit le trait, demandant pour cette action symbolique, une condamnation symbolique, la partie civile, n’a pas eu cette élégance; le liquidateur réclame 100 000 € de « préjudice matériel » prétendant que Claude lui a fait perdre avec son geste … 5 millions d’euros, sic. De "Maire courage", Claude est devenu du coup "l’homme qui valait 5 millions".

    L’affaire a été mise en délibéré au 11 avril.

     

    Claude fait honneur à son mandat. Un élu ne doit pas être hors sol, pratiquer l’entre soi, ne vivre qu’au travers, par et grâce aux médias, mais au contraire, vibrer et respirer au rythme et à l'unisson du territoire dans lequel il vit et qu’il représente... Agir afin de faire bouger les lignes, de créer des perspectives, agir simplement pour changer la vie de sa ville au quotidien.

    S’il se doit d’être à la fois un homme ou une femme d’écoute, de dossier, l’action importe plus que tout.
    Le geste de Claude Jamet n’est pas celui d’un Don Quichotte se battant inutilement contre les ailes d’un moulin et le vent, mais celui d’un semeur d’espoir qui ne s’avoue pas vaincu et poursuit sa route bravant l'adversité et les obstacles. C’est ainsi que l’on réconcilie les habitants avec les élus et qu’on leur donne l’occasion, bien trop rare par les temps qui courent, d’avoir de nouveau foi en la politique.
    Encore faut il agir avec ses tripes, son cœur et toute son énergie, être connecté à la vie réelle, loin des sunlights médiatiques et des petits calculs des bureaux des états majors parisiens, qui sont loin de tout et surtout des autres.

    Claude par son attitude exemplaire, tout au long d’un conflit social qu’il ressentait au plus profond (le Maire de Bagneaux-sur-Loing a travaillé 43 ans comme verrier sur ce même site, depuis l’âge de 14 ans), a réussit à canaliser la révolte et la colère légitime de travailleurs vivant dans des territoires ou l’emploi se meurt, ou le lien social s’éteint peu à peu, ou les perspectives d’avenir s’effacent au rythme des mauvaises nouvelles et des fermetures d’usines.Des lieux à des années lumière des feux de la rampe médiatique, donc loin du cœur des décideurs.

    S'il s'est enchainé à la porte du poste de garde, il n'a empêché nullement l’accès à l’usine, démontrant que l’on pouvait, à la fois protester et s'indigner contre une décision contestable et respecter les lois et la justice de la république, contrairement à ce que semble indiquer le Procureur et les parties civiles.
    C’est aussi grâce à son action, qu’aucune violence, qu’aucun acte désespéré ou dérapage ne sont à déplorer, cela n'a pas assez été dit ou écrit.

    Paradoxalement l’avocat des parties civiles a très bien décrit lors de sa plaidoirie les tensions qui existent  dans nos territoires, de plus en plus présentes et pesantes entre lois, décisions de justice, mesures de liquidations, licenciements et pays réel …
    Cette France périphérique (qui n'est désormais plus invisible) dans laquelle les extrêmes se développent, surfant sur le sentiment d’abandon ressenti par les habitants de "territoires de relégation et de déclassement" voit proliférer les détresses collectives et individuelles et s'élargir une fracture territoriale de plus en plus palpable, ce qui d'autant vrai dans les terres de Brie, à la fois si loin et si proches des portes de la métropole, de ce Grand Paris si puissant. 

    Certes un élu est un passeur et doit faire respecter le droit et la loi, y compris lorsque celui ci est difficilement applicable faute de moyens financiers ou humains, mais il est aussi un médiateur qui se doit de préserver plus que tout la cohésion sociale.

    Je considère, notamment après cette audience, que Claude Jamet n’a pas outrepassé les limites de son mandat, mais lui a fait honneur; démontrant qu’il avait su gardé et préservé toute sa capacité d’indignation en menant une révolte légitime et plus que tout pacifique. Ce faisant il a fait corps avec ses concitoyens et défendu un territoire si durement touché.
    N’oublions jamais que la détresse sociale est trop souvent d’une violence infinie, même lorsqu'elle est peu visible, et brise littéralement  des femmes et des hommes, aussi solides soient ils ou soient elles … 

    Un élu local authentique n’est pas désincarné, mais solidaire, il est fait de chair, de sang, d'émotions et de passion. Sa mission est également de se faire l’écho de la détresse, de la misère, du sentiment d’abandon du territoire qu'il représente, c'est aussi sa fonction.
    Cette révolte qui l’anime est un véritable moteur qui alimente le débat collectif mais elle constitue également un modérateur pour des concitoyens qui ne se sentent plus abandonnés mais représentés et défendus.

    Ce que la petite histoire de Bagneaux sur Loing retiendra c’est que grâce à l’action entreprise, à l’énergie déployée par Claude, l’ancien site industriel Prévent Glass hier complètement vide, commence à revivre aujourd'hui ; l’usine ayant été racheté par la ville a vu peu à peu revenir des entreprises et des emplois et a rebaptisé ce site Pyrex.

    Il est invraisemblable pour lui, pour notre combat commun et quotidien au service de nos concitoyens mais aussi d’une cohésion sociale de plus en plus ébranlée et fragile, ciment essentiel s'il en est pour "faire société", comme il est dommageable également pour la justice qui ne s’honore pas en cette occasion, que Claude Jamet se soit retrouvé à la barre des accusés.
    Est il admissible que des élus qui pour s’enrichir bafouent en toute impunité les lois depuis des années ne soient pas inquiétés, alors qu’un élu qui ne fait que ce qu’il estime être son devoir, en osant protester symboliquement, vive durant 38 mois à titre personnel un véritable enfer ?

    Ce n'est qu'une illustration de plus des paradoxes d’une société, pour le moins, schizophrène, dans une période troublée ou l’on exige tant des élus, tout en leur ôtant tout moyens d’actions ... 

    Aussi, ce n’est pas une peine minimum, tout juste symbolique que mérite Claude, mais la relaxe pure et simple, ce ne sera que justice…

     

    Les faits ...

     

     

     

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  • Habitat social, où en sommes nous ?

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    L’opération des logements sociaux de FSM inaugurée rue de Montceaux cette semaine, me donne l’occasion de faire un point sur notre situation en ce domaine et le partenariat initié avec ce bailleur.

    Je ne l’apprendrais pas aux lecteurs de ce blog, l'article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, impose à toute commune francilienne de plus de 1500 habitants d’avoir d’ici 2020, 20% de logements sociaux et 25% en 2025 (loi ALUR). Rappelons que si les décrets d’application de la loi SRU ne datent que de 2002, la pénurie de logements en France est une vieille histoire.
    L'état demande aux élus en un ou deux mandats de réparer plus d’un demi siècle d’immobilisme sur une telle question ; or pour appréhender et maitriser les ressorts d'une problématique que chacun s'accorder à reconnaitre comme complexe, il est nécessaire d’acquérir un minimum d’expertise et de savoir faire dans des domaines aussi divers que le foncier, l’habitat ou l’urbanisme. Le but d’une mixité réussie étant d’offrir aux habitants les conditions d’un véritable épanouissement. Ce qui veut signifie que même pour un élu convaincu de l'intérêt de ce texte, comme je le suis, lancé une telle action, véritable politique publique, lexige un minimum de temps, notamment au début.
    J’ai la conviction que s’il faut bien évidemment suivre à la lettre cette loi légitime, notamment répondre aux exigences quantitatives, il est également important d’en respecter l’esprit et de se fixer des priorités qualitatives ; ce qui est techniquement un peu plus compliqué à réaliser … Aussi, j’ai le sentiment d'avoir agit juste en faisant de la qualité de l’habitat, au sens global, une exigence préalable, et de tout avoir mis en œuvre pour y arriver.
    Il est vrai qu'une autre démarche etait possible : préempter un terrain en périphérie de ville, y bâtir en nombre les locatifs sociaux manquants ... Loin des yeux, loin du cœur ... Méthode simple, rapide, apparemment moins couteuse, respectant les objectifs quantitatifs de la loi SRU, mais pour le moins court termiste.
    J’assume de ne pas avoir été sur ce point exemplaire et d’avoir pris le temps de bien faire ; ce qui en son temps m’a valu des échanges pour le moins directs avec les représentants de l’Etat.

     

    Quelques convictions tout d’abord.

    Un Maire n’est pas l’élu d’une ville mais d’un territoire, ensemble complexe composé d’entités urbaines, agricoles et naturelles qui doivent dialoguer ensemble en bonne intelligence. Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, afin qu’ils gardent toute leur potentialité, en prenant prendre le contre pied du modèle urbain dominant, celui de l’étalement urbain, basé sur le développement de la ville «longue distance», consommatrice de foncier, d’énergie, de pierre, de temps et grande dévoreuse d’espaces …

    Depuis 2005 nous avons considérablement renforcé nos moyens d'action, acquis un réel savoir faire, initié un projet de développement durable du territoire (notamment avec l’éco quartier), réuni des partenaires indispensables, dont les services de l’état avec lesquels nous travaillons en toute transparence et l’Etablissement Public Foncier, qui déploie toute son expertise pour nous aider à construire du logement social ; et ce malgré les diverses difficultés rencontrées : foncières, financières, règlementaires, dont une spécifique à Trilport, un zonage absurde, inéquitable, illégitime pénalisant le montage de toute opération de création de logement sociaux. Nous agissons pour :

    • promouvoir un logement social de qualité, notamment en centre ville : afin de rapprocher les habitants des équipements publics, de développer les mobilités douces, afin de faire de Trilport une ville « courte distance ». Les appartements inaugurés sont lumineux, connectés à la fibre optique, dotés d'outils de suivi mobiles individuels ...
    • diminuer les charges des locataires en participant à la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (performances thermiques et isolation très performante), en privilégiant le plus possible les matériaux bio sourcés,
    • privilégier les opérations à taille humaine, l’éco construction, l’accessibilité, la signature architecturale du bâti et son intégration au site.
    • Développer une mixité multi générationnelle et sociale dans toute la ville, afin d’éviter ghettoïsation ou sentiment de déclassement et proposer également des solutions de logement adaptées tant aux séniors, qu’aux jeunes
    • Intégrer dans chaque opération les problématiques du stationnement, afin d’apporter des réponses non doctrinales mais bien concrètes

    Mais au delà du rationnel, du technique, des données statistiques, je voudrais surtout et plus que tout parler d’humain, d’affect, de pathos, de désir. Trop peu d’acteurs s’en préoccupent, c’est pourtant essentiel.

    Une feuille de route s’impose : rendre la ville durable, aimable et désirable, en travaillant sur la qualité des espaces, du bâti, des services de proximité mis en place … Vivre en ville, c’est avant tout habiter sa ville et même si possible être habiter par elle.

    Il est grand temps de faire évoluer dans l’inconscient collectif les représentations liées à la ville, à l’épanouissement personnel, familial et collectif, en améliorant concrètement la qualité de vie, les aménités, l’intensité urbaine et placer l’humain et la préservation de la nature au centre de nos réflexions.

    La ville est un tissu vivant qui doit se régénérer, se reconstruire sur lui même, mais être également en capacité de procurer de l’émotion et d’avoir une dimension évocative. S’il est nécessaire de développer une ville plus intense, elle doit dans le même temps être surtout, paradoxalement, plus humaine ... C’est la vision que nous partageons avec nos partenaires.

     

    Pourquoi avoir choisi FSM, et où en sommes nous vis à vis de la loi SRU ?

     

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  • Pour que le 115 ne soit plus aphone

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    La publication du rapport annuel de la Fondation de l’Abbé Pierre est l’occasion chaque année de faire le point sur la situation du logement dans notre pays. Ce document exhaustif est désormais la référence sur cette problématique essentielle située à la confluence de beaucoup des fléaux qui touchent notre société. Son édition 2016 (21eme du nom) bénéficie des données de l’enquête INSEE sur le logement qui démontrent l’aggravation d’une situation impactant de plus en plus de personnes vulnérables, dont les sans domicile fixes.
    Rappelons que si deux millions de personnes attendent toujours l'attribution d'un logement social, notre pays ne parvient toujours pas à héberger plus de la moitié des sans abris, dont le nombre a quasiment doublé en dix ans pour la seule Ile-de-France (+ de 85 % de 2001 à 2011). Une nouvelle tendance inquiétante se confirme, de plus en plus de familles avec enfants sont concernées et se retrouvent sans logis.

    La question des réfugiés a donné lieu à une mobilisation tout à fait exceptionnelle (cf billet précédent), qui a permis d’explorer et de découvrir de nouvelles pistes, dont certaines tout à fait appropriées à l'accueil des personnes sans domicile fixe.
    La récupération et l'exploitation politique qu’en a fait un parti comme le Front National, que j’ai vécu en direct lors d’un débat en Conseil Communautaire avec une de leurs élues, laisse pantois. Les représentants de ce mouvement idéologique qui ne s'étaient jamais préoccupés jusque là du sort des exclus, bien au contraire, dénoncent désormais, la « concurrence » entre sans-abri français et réfugiés étrangers et « l’abandon » des SDF de souche au profit de clandestins. La ficelle est un peu grosse ...
    Plutôt qu’une récupération politicienne indigne et pour tout dire assez minable, la question des SDF exige des réponses concrètes et urgentes, tant le système actuel apparait totalement à bout de souffle : centres d’appel saturés, lieux d’hébergement débordés, seulement une personne sur deux qui appelle le 115 se voit offrir une solution pour la nuit, mais également des conditions d'hébergement très préoccupantes, voir indignes et sans aucun traitement social de fond à la clé.

    Il faut arrêter le bricolage social, repenser de manière globale notre politique d’accueil, la refonder, tant il est indispensable de donner à ses familles très fragilisées la possibilité de rebondir et leur permettre effectivement et réellement de sortir de ce qui est devenue une spirale infernale, afin de pouvoir s'intégrer dans la société.

    Pour cela un seul impératif, assumer de faire de la question de l'hébergement des sans abris, une véritable priorité, en y apportant des réponses structurelles sur le court, le moyen et le long terme.

     

    C’est ce que ce billet vous propose d’explorer, en commençant par un état des lieux quelque peu décapant, qui n’est que le reflet d’une triste réalité.

     

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  • Pour des mobilités péri urbaines

     

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    Si la dégradation des transports franciliens (retards, suppressions, état de propreté, travaux … ) impacte tous les usagers sans exclusive, elle est encore plus mal ressentie par ceux qui y passent le plus de temps. Depuis l'été, une ligne SNCF apparait particulièrement sinistrée (la ligne P) et illustre les conditions de transports quotidiennes, plus que limites, subies par les usagers en 2016, même si ce cas ne semble pas isolé.

    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire d'une ville seine et marnaise de 5000 habitants dotée d'une gare, et Vice Président d'une Communauté d’Agglomération qui constitue un véritable hub pour plus de 200 000 personnes vivant dans les bassins de vie du Nord Est Seine et Marnais, je suis devenu au fil des ans, et presque malgré moi, quelque peu spécialiste « es mobilités péri urbaines ».

    Ce billet reprend, pour l'essentiel, la trame d'une note élaborée dans le cadre des élections régionales, aux  propositions essentiellement tournées vers le péri urbain, ce que j'assume, tant ces territoires ont trop longtemps été considérés comme de simples variables d'ajustement, alors qu'ils sont avant tout pour nous qui y vivons des terres d'épanouissement, des terres d’avenir.

    Je veux souligner que beaucoup de mesures mises en place sous l'autorité de Jean Paul Huchon, dont le cadencement, ont apporté une incontestable valeur ajoutée sociale et induit de nouveaux usages. Ces mesures ont contribué, incontestablement, à changer la vie au quotidien de milliers d'usagers et ouvrir de nouvelles perspectives à des territoires qui en manquaient cruellement jusque là.
    Paradoxalement, elles font apparaître en creux aujourd’hui, toutes les faiblesses et lacunes d’un réseau sous dimensionné, obsolète, qui souffre de plus de trente ans de sous investissement et d’abandon. Que ce soit au niveau des voies comme du matériel roulant. J'en veux pour preuve la multiplication quotidienne des incidents et dysfonctionnements d'aujourd'hui qui exaspèrent au plus haut point les usagers durement mis à l’épreuve depuis des années.

    Les mobilités en Grande Couronne sont une priorité absolue et urgente, tant ces territoires attirent de plus en plus d’habitants et que le réseau ferré y est plus que thrombosé. Beaucoup craignent que la métropolisation en cours n'amplifie les inégalités territoriales et sociales déjà pourtant très grandes, pour faire simple, que la grande métropole n'aspire l'essentiel des moyens financiers et logistiques.
    Nous savons que si aucun investissement d’envergure n’est lancé dans les prochains mois sur les réseaux sinistrés de la Grande couronne, c’est toute l’Ile de France qui risque de se retrouver paralysée demain. L'inquiétude des élus, au regard des budgets locaux plus que contraints, est que l’essentiel des moyens financiers ne se concentrent sur le seul réseau du Grand Paris Express; d'autant que ce dernier possède de sérieuses zones d’ombre : sous estimation financière des infrastructures souterraines, pas ou peu de prévision sérieuse sur le cout des reports modaux, les charges liées à la multimodalité n’apparaissant dans aucun modèle financier ! Conséquence l’addition pourrait fort être beaucoup plus salée que celle initialement envisagée.

    Mes propositions ne se limitent pas aux seuls investissements lourds, mais intègrent également des actions liées aux spécificités de la dimension péri-urbaine. Je suis persuadé qu'il faut promouvoir une lecture novatrice, pro active, transverse, et prospective des enjeux, potentialités et contraintes présentes sur nos territoires. Nos réponses pour être efficaces et utiles doivent être adaptées et contextualisées, tant y mettre en place des solutions de mobilités s'apparente à de la vraie dentelle urbaine. Les situations que l'on y rencontre vont du transport de masse au "sur mesure" quasiment individualisé. .

    L’urgence, vu la multiplicité des clés d’entrée, est de dégager une problématique lisible, des priorités claires, de concilier également des actions de nature différentes portant sur le court, le moyen et le long terme, tant sur l'investissement que le fonctionnement. Actions toutes liées les unes aux autres, les mobilités péri urbaines étant par nature systémiques.

    Voici quelques propositions,  objectif poursuivi ?

    Améliorer le quotidien des usagers vivant en grande couronne ... 

     

     

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  • Edgar pense global et il a bien raison

     

    « Je pense que le mot métamorphose est plus riche que le mot révolution…

    La métamorphose signifie qu’il n’y a pas rupture totale avec le passé : on utilise au contraire l’acquis culturel de l’histoire passée de l’humanité…

    C’est ce processus de transformation que nous connaissons très bien chez la chenille qui, s’enfermant dans sa chrysalide, commence à s’autodétruire avec des ailes en tant que papillon. La chenille est devenue une autre, à partir d’elle même.

    On sait avec quelle difficulté, quand la chrysalide s’ouvre, le papillon parvient à déployer ses ailes avant de pouvoir s’envoler. Comme un enfantement, la métamorphose s’accomplit dans la douleur.

    Toute l’évolution est donc un processus de création qui crée de la destruction. La formule de Schumpeter la « destruction créatrice » qui est reprise un peu partout est à mon avis fausse : c’est la création qui est destructrice ...

    Nous vivons le commencement d’un commencement. »

     

    Edgar Nahoum, dit Edgar Morin,

    Grand résistant, sociologue et philosophe français.

    Tirée de son dernier ouvrage : "Penser global"

     

    Pour prolonger, un entretien de 2013 au Monde, toujours d'actualité car Edgar Morin garde toujours quelques stations d'avance "Il faut enseigner ce qu'est être humain" ...

     

    Tout un programme non ? Ecce homo ...

     

     

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  • Pour 2016 ? Semer des graines d’avenir

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    La cérémonie des vœux est également l’occasion de parler d’avenir (cf billet précédent), de tracer des perspectives pour l'année qui vient, sinon de monde meilleur (sachons rester à notre place), du moins d’actions et projets... En ce qui concerne 2016, les annonces n’ont pas manqué, tant cette année constitue une année pivot, propice à semer des graines du présent et de l’avenir …

    Depuis le 1er janvier, Trilport a rejoint la famille des villes de 5 000 à 10 000 habitants. Le nouveau Plan Local d’Urbanisme qui sera arrêté d’ici peu accompagne ce développement autour d’une priorité claire : privilégier la reconstruction de la ville sur elle même plutôt que consommer inutilement des espaces agricoles et naturels.
    Autres axes stratégiques : développer la bio diversité dans la ville, agir en faveur des alternatives à la voiture individuelle, anticiper les conséquences des aléas météo extrêmes …
    Si nous avons vécu l’année la plus chaude depuis 1880, sans doute même depuis que l’homme est homme, et que le pôle Nord accuse des températures positives supérieures d’au moins 20 °C aux normales saisonnières, cela ne sera pas sans conséquences sur la violence des phénomènes météorologiques des prochains mois. Nous sommes à des années lumière des effets du bruissement des ailes d'un papillon, l'effet "glaçon fondu" est plus dommageable que l'effet papillon.

    Trilport compte 5 017 habitants au 1er janvier 2016, soyons honnête, nous n’avons rien fait ces dernières années pour accélérer ou précipiter ce développement urbain inéluctable, bien au contraire. Il nous semblait important de préserver identité et équilibre du territoire, sans doute, mais surtout préparer la commune à l’arrivée des nouveaux habitants et éviter tout effet champignon, très déstabilisateur en partant d’un principe simple : pour qu’un arbre grandisse harmonieusement, il est nécessaire de creuser des fondations profondes qui permettent à ses racines de se développer progressivement et leur laissent le temps de faire leur place : projet de ville, efficacité et organisation des services aux habitants, équipements publics comme les écoles …

    L’éducation est par définition une graine d’avenir, c’est aussi pour cela, qu’elle a été, est et sera au cœur de nos priorités. Que ce soit dans l’accompagnement des dynamiques éducatives autour de l’éducation à l’environnement, des usages numériques, que dans les activités périscolaire, ou l’investissement dans les locaux, à créer, rénover ou agrandir !
    Nous avons privilégié cette option, car elle permet d’adapter tous nos groupes scolaires aux besoins d’aujourd’hui et redonne à l’école la plénitude de son rôle de creuset de citoyenneté républicaine et d’intégration. Une ville se construit également autour de ses écoles. Dans le même cadre nous ouvrirons également d'ici quelque jour, un lieu d’accueil et d’écoute pour les parents et les enfants de 0 à 6 ans, afin d’améliorer une relation parentale, malmenée quelquefois, notamment en période de crise.

    Limiter nos émissions de Gaz à Effets de Serre est également préserver l’avenir mais aussi et surtout le présent à l'heure de la COP 21. C'est pour agir en ce sens que  nous rénoverons l’éclairage public dans toute la ville, poursuivrons l’isolation thermique des équipements publics en privilégiant l’emploi de matériaux bio-sourcés locaux (chanvre et bois) et lancerons la mise en place d’un mini réseau de chaleur destiné à alimenter Salle des Fêtes, Groupe scolaire Prévert et futur réfectoire.

    Mais de toutes les annonces de la soirée, celle qui a retenu incontestablement l’attention du plus grand nombre est relative à l’éco quartier de l’Ancre de lune …

    Pourquoi ?

     

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  • En 2016, Rallumons les étoiles, vite ...

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    Ce soir, cérémonie des vœux, tradition républicaine oblige  … Un an, jour pour jour, après l’attaque de Charlie Hebdo, notre vie depuis n'est plus tout à fait la même. J'ai en mémoire, je pense pour toujours, l’ambiance plus que particulière des cérémonies de l’an dernier, toutes placées sous le signe de "Je suis Charlie".
    A la question, pourquoi une cérémonie de vœux ? Plusieurs réponses s'imposent :  passer un moment de convivialité, tant il est agréable de se retrouver un moment entre acteurs du terrain pour échanger, faire un point d'étape sur l’année qui vient de s’écouler histoire d'en tirer des enseignements utiles, apporter également quelques éclairages ou clés de lecture destinées à faciliter le décryptage d’enjeux passés ou à venir, tracer quelques perspectives sinon de monde meilleur, du moins d’actions à accomplir pour l'année qui commence, et surtout remercier de leur énergie et de leur passion, tout ceux qui font une communauté de vie. Qu'est ce qu'une ville ? Sinon toutes ces personnes qui tissent chaque jour des liens ténus, fragiles mais au combien précieux qui donnent contenu et sens au vivre ensemble.

    Rarement une année aura concentré autant d’émotions aussi intenses que 2015, certainement une des plus dramatiques que la France ait connue depuis des décennies, mais aussi paradoxalement, une de celle qui nous aura le plus appris sur nous mêmes.

    De l’attaque de Charlie Hebdo, au Bataclan, que de drames humains et de vies envolées … Ces faits de guerre auront agit comme un révélateur, vague de fond ébranlant le pays et l’impactant au plus profond. Des priorités essentielles, que nous laissions jusque là de coté, comme banales, presque superflues, se sont brusquement rappelées à nous : la fragilité d’une vie, la violence de la guerre, les douleurs qu’elle provoque.

    Nous avions oublié que rien n’est jamais acquis définitivement, surtout l’essentiel.

    En quelques jours, la fragile bulle qui nous préservait des malheurs du monde s’est brusquement et violemment déchirée … Chacun mesure depuis, la saveur de nos modes de vie, l’importance et la portée des valeurs républicaines dans la tourmente.

    Plus rien désormais ne sera comme avant …

    • la formidable vitalité et la force incroyable de ce pays lorsqu’il est menacé se sont révélées, ainsi que sa capacité à faire bloc face à l’adversité. La France n’est pas tombée dans le piège des terroristes cherchant à cliver, diviser, rejeter, exclure, fractionner, pour exploiter ensuite nos détresses, faiblesses ou fêlures.
    • Nous mesurons tout ce que nous devons aux forces de l’ordre, pompiers, secouristes et médecins, comme à l’action de ceux qui, sur le sol national ou au-delà des mers et océans, luttent jour et nuit contre Daech.…
    • C’en est fini de ce « French bashing » injuste et mortifère qui nous a collé à la peau si longtemps… Nous goutons notre chance de vivre dans un pays libre et ouvert, riche d’une qualité de vie que le monde entier nous envie, où il fait si bon se cultiver, aimer qui bon nous semble, étudier, travailler, grandir, vieillir, s’épanouir. Les images du 11 janvier resteront gravées dans la mémoire collective : de la dignité de la foule interminable rassemblée Place de la République, au recueillement des chefs d’état venus de toute la planète rendre hommage à notre pays et ses valeurs universelles de paix, liberté, tolérance …
    • Nous devons cependant garder en tête une réalité brutale, douloureuse et cruelle, c'est bien notre société qui a enfanté les auteurs de ces assassinats …

    La réponse sécuritaire, priorité du moment, doit être complétée de mesures sur le moyen et long terme, pour ne pas nous limiter à traiter des seuls effets et conséquences, mais des causes, multiples. Mission qui nous oblige tous : élus, éducateurs, enseignants, parents …

    Confrontés à un monde en mutation, à une planète qui se délite et se fait la malle, notre société a grand besoin de repères. La citoyenneté constitue une balise clé, puisqu’elle nous aide à savoir qui, et, où nous sommes, individuellement et collectivement.

    Encore faut il réapprendre à produire du commun, retrouver notre capacité collective à faire société, à construire le « vivre ensemble », en bonne intelligence…

     

    Retour sur 2015 ... 

     

     

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  • Que l'année nouvelle soit belle comme une orange bleue

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    Voeux de la Ville de Trilport, Citation : Apollinaire, dessin : Albert, Conception : Concordance(s)

     

    "Il n'y a de rêve que de rêve étoilée"

    Paul Eluard

     

    Que 2016, soit pour chacun d'entre vous, une voie lactée ...


    la terre est bleue comme une orange ...

     

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  • A mis abuelos

    Certificat de réfugié  de mon père

     

     

    Dernier Conseil communautaire de l'Agglomération du Pays de Meaux, intervention de l’élue FN, classique, ses prises de parole ne démontrant jusque là qu’une très grande méconnaissance des dossiers et un désintérêt manifeste et profond pour le quotidien de nos concitoyens (abstentions ou vote contre de quasiment toutes les délibérations, notamment celles destinées à améliorer les conditions de vie ou de transport).

    Mais là, elle franchit une limite, et quelle limite ... Elle demande tout simplement aux Maires présents de lui faire un état sur les migrants accueillis dans leurs communes … Son intervention m'a amené à lui répondre, cash, afin de ne pas banaliser l'inacceptable, une demande "digne" des époques les moins glorieuses du pays ... 

    Migrant, un mot qui résonne singulièrement à mon cœur ...

     

    "Les migrants

    comme vous dites, Madame,

    ont deux jambes, deux mains, une tête, une âme et un cœur,

    Comme vous et moi,

     

    Le sang des migrants

    comme vous dites Madame,

    est rouge,

    Comme le votre, le mien,

     

    Beaucoup l’ont versé ce sang 

    et ont perdu la vie

    pour libérer le pays qui les avaient accueillis,

    le votre, le mien … Madame,

    Je pense aux soldats de la Nueve entrant dans Paris,

    Je pense aux tirailleurs sénégalais venus d’Afrique Noire ou du Maghreb

     

    Je suis fils et petit fils de migrants

    comme vous dites, Madame,

    de réfugiés plus exactement,

    bergers espagnols fuyant le régime de Franco

     

    Je suis fils et petit fils de migrant

    Comme vous dites , Madame,

    Non seulement je l’avoue,

    Mais face à vous, je le revendique,

     

    Je suis fier de mes grands parents et parents

    Ils m’ont appris à aimer la France,

    Votre pays, mais aussi le mien, Madame

    Même si je n’oublie pas d’ou je viens

     

     

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