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Entre Marne et Forêts

  • Pour le Péri urbain, "Mobilis in mobili"​, mirage ou objectif ?

     

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    Les "rencontres de la mobilité inclusive" organisées par le laboratoire du même nom*  invitent chaque année les acteurs de la mobilité à une journée d'échange consacrées aux difficultés rencontrées par les publics en situation de fragilité. Cette journée permet également aux jeunes pousses de présenter leurs innovations, une quatrième édition qui illustre l'essor véritable de ce marché des mobilités du fait notamment de l’arrivée de nouveaux acteurs issus du monde du numérique.

    J’étais invité à participer à la table ronde dédiée aux mobilités péri-urbaines. Il est bon que les problématiques spécifiques à l'espace péri urbain soient enfin mis en avant dans ce type de rencontre, tant elles concernent des territoires qui se retrouvent aujourd'hui en situation de grande fragilité.
    J’ai rappelé l'état de délabrement des réseaux ferrés de la grande couronne, où se déplacer demeure non seulement un enjeu, mais trop souvent un véritable défi, ce qui à la longue et au quotidien devient pesant et pour le moins anxiogène pour ceux qui vivent dans ces territoires. Il serait pertinent pour le péri urbain, de parler plutôt de mobilités non inclusives.

    Y répondre nécessite de rattraper plus de 30 ans de désengagement total, que ce soit au niveau du parc roulant, des réseaux ou des gares. Conséquence directe de la priorité donnée au Tout TGV par la SNCF toutes ces années, financé par l’abandon délibéré de nos réseaux ferrés régionaux.
    Rattraper un tel retard est difficile, d'autant qu'il faut adapter dans le même temps les infrastructures à la montée en puissance de territoires en plein essor et à la mutation en profondeur de notre société.
    Cette situation est assez similaire à celle que nous connaissons avec la transition numérique; avant d'aborder la dimension des usages, essentielle, il convient cependant de régler la question des tuyaux ! Accéder à une mobilité réellement inclusive nécessite le préalable de "gagner" la bataille des infrastructures. Vaste gageure ...

    Notre société illustre la célèbre devise du capitaine Nemo, "mobilis in mobili ». Ne pas être en capacité de se déplacer en liberté dans une société de plus en plus mobile, conduit inexorablement à l'exclusion et au déclassement.
    Avec des conséquences  trés concrètes : contraintes quotidiennes, absence de perspective, ressentiment de plus en plus marqué à l’égard des métropoles, élites et ville capitale, comportements électoraux de rupture (abstention ou vote extrémiste)...
    Si ce n’est pas encore la guerre des Gaules, les fractures territoriale, sociale et politique déjà présentes s’élargissent au fil des mois. Gagner la bataille des mobilités péri urbaines constitue désormais un enjeu démocratique de premier ordre et devient une priorité républicaine.

    Il est essentiel de remettre l’équité au coeur de la république des territoires, et de maintenir une cohésion sociale aujourd’hui malmenée qui ne tient plus qu’à un fil dans certains territoires et menace de rompre à tout moment.
    Les mobilités sont au cœur de nos vies, trop souvent même de nos angoisses quotidiennes, tant se déplacer est vital pour accéder à un emploi, mais également droit à la culture, aux loisirs, au lien social, au temps libre et libéré. De manière plus globale, les mobilités sont une condition sine qanun de l'épanouissement et de l'émancipation de chaque citoyen ...

     

    Encore devons-nous adapter l’organisation de nos transports à la réalité du monde actuel et substituer à la logique de silo d'antan, une logique systémique basée sur des éco systèmes locaux de mobilités ...

     

     

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  • 2017, enfin des moyens pour agir !

     

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    La longue farandole des vœux 2017 a débuté cette année à Trilport, suivront les villes voisines de l'agglomération, l’agglo elle même, le STIF, la Région, sans oublier nos partenaires de l’éco quartier (l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, Grand Paris Aménagement) puis quelques autres … Janvier est un mois un peu particulier pour les élus, utile pour le relationnel, beaucoup moins pour le reste. 

    Retour sur les vœux de Trilport …

    2016 a été certainement une des années les plus difficiles depuis que je suis Maire : complexité de la feuille de route, importance des dossiers traités sur le devenir de la commune, aléas rencontrés, nous n'en avons pas manqué, stress induit, contexte politique et social anxiogène … Mais plus encore ce sont les difficultés matérielles pour agir du fait de l’insuffisance des dotations perçues de l’Etat qui à la longue pèsent plus que tout …

    Pour Trilport c’est flagrant, surtout après les baisses successives de dotations de ces dernières années, celles de la commune atteignaient 126 € par habitant (2015), alors que la moyenne nationale oscillait selon les strates de 170 à quasiment 200 € !
    Situation qui nous a conduit toutes ces années à travailler notre « richesse intérieure » et à développer une véritable « résilience budgétaire », qui depuis, a eu tout le temps de se graver au plus profond de notre ADN collectif.
    Notre credo ? Appliquer la maxime de Saint Exupéry « dans la vie, il n'y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent », nous avons donc optimiser au mieux la dépense publique, sommes partis à la chasse aux subventions et à la course à l'innovation, innover, toujours innover ...

    Le mois de Mai 2016 nous a réservé une belle surprise, la commune dépassant le seuil des 5 000 habitants peut bénéficier désormais des dotations dites de « péréquation ». Terme et calcul techno s'il en est, du Bercu pur jus, qui signifie pour faire simple que les villes riches donnent aux plus pauvres (cf le schéma économique développé par l’illustre Robin des Bois), et comme Trilport est trés pauvre ... Seule ombre au tableau, ces dotations sont remises en cause à chaque loi de finances, mieux vaut donc rester vigilant et ne pas se relâcher …
    En ce qui concerne les subventions, la quête a été fructueuse cette année. Dans notre cas c'est vital, tant elles constituent le grain à moudre qui nous permet d’agir au quotidien et de préparer plus sereinement l’avenir. La question financière demeure essentielle pour une collectivité, surtout lorsqu'elle est pauvre, car fonctionner au quotidien, investir pour demain, exige un minimum de moyens.

    Lors de mon intervention, j'ai abordé la problématique des transports qui fera l’objet d’un prochain billet et la situation de la Communauté d’agglomération du Pays de Meaux qui s'agrandit et compte depuis le 1er janvier, 22 communes et 96 000 habitants.
    Chacun mesure aujourd'hui que la dynamique d’un territoire n’est plus une rente de situation qui dépend de l’importance d’un périmètre ou d’une grandeur passée, mais bien le fruit de la vitalité des liens entre toutes les composantes de ce territoire, des perspectives et projets qui y sont partagés, du métissage des cultures et des approches, de la capacité à faire bouger les lignes, à susciter l’innovation, et plus que tout à créer cohésion et envie de construire afin de faire « ensemble ». Une vitalité indispensable dans un  contexte aussi concurrentiel que celui de la Seine et Marne ou de  l’Ile de France.
    Encore faut-il au préalable créer une dynamique commune, challenge collectif à relever au quotidien pour améliorer la vie de nos habitants. Car le monde avance, autant qu’il le fasse sans oublier nos territoires. Nous possédons une vraie marge de progression ...

    Trilport, comme toutes les villes voisines, amorce un nouveau cap de son développement, peu le perçoivent encore sur le terrain, voulant éviter toute poussée intempestive et brutale de type ville champignons, nous préférons creuser des fondations profondes, elles seules permettront à la ville de grandir avec harmonie, en prenant ses marques …  « Le temps te construit des racines. ».

    Nous agissons afin d’anticiper la montée en puissance des services et infrastructures et d’éviter que la gestion du quotidien ne devienne par la suite insoluble et les réponses de la collectivité trop tardives face aux besoins immédiats de ses habitants.

     

    Mais revenons sur le bilan d’une année 2016 chargée et les perspectives qui s’ouvrent pour 2017, n’est-ce pas l’objectif de toute cérémonie de vœux ?

     

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  • Pour 2017, que du bonheur !

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    Voeux de la ville de Trilport, conception Albert & Concordance (s) / Michel Delon

     

    VILLE  (nf) : d'abord vile (v.980) puis ville (v.1200), du latin classique villa (maison). Fabrique de liens humains en tout genre ...

     

    Pour 2017, je vous souhaite avant toute chose du bonheur et beaucoup de liens humains, positifs et heureux ... Ils rendent bien plus fort, 

     

     

    Meilleurs Voeux 2017

     

    « On transforme sa main en la mettant
    dans une autre.*»

     

      

     

    Trilport vu du ciel

     

    *Paul Eluard

     

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  • La fabrique de la ville durable, aimable et désirable

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    J’ai eu le grand plaisir de recevoir des mains de la Ministre du Logement et de l’Habitat durable Emmanuelle Cosse, le label national des Eco quartiers pour l’Ancre de lune; c’est une belle reconnaissance pour ce projet qui arrive enfin à un stade opérationnel. Atteindre un tel niveau n’est pas si banal pour une opération d'aménagement (seulement 19 lauréats pour 2916), d’autant qu'il y a quelques semaines, Trilport a été un des 16 lauréats de l’appel à projet que la Région Ile de France a dédié aux quartiers écologiques et innovants et l'unique Seine et Marnais.

    Il est souvent bon de revenir au point de départ d’un voyage, afin de se ressourcer, ce qui permet ensuite de mieux apprécier les étapes à venir, histoire également de relancer quelque peu la machine pour de nouveau aller de l’avant...
    J'ai encore en mémoire la délégation de riverains venus à ma rencontre, il y a tout juste 10 ans, pétition à la main, pour me demander d'agir et d'intervenir devant les multiples nuisances causées par une friche, devenue un véritable no man’s land laissé à l’abandon par ses propriétaires : squats, occupations illicites successives.

    C'est de là que tout est parti ... Par la concertation, qui est devenu un véritable marqueur de cette aventure, tant auprés des acteurs de terrains, que des habitants.

    Nous avons du également surmonter une réalité omniprésente et prégnante encore aujourd'hui, le manque structurel et cruel de ressources logistiques, humaines, foncières et financières. Trilport est une ville pauvre, confrontée cependant à des défis auxquels il est important de répondre tant pour le présent que le devenir de la commune.

    Pour changer la donne, nous nous sommes lancés dans un pari fou : faire des contraintes rencontrées, nombreuses, de vrais leviers, nous permettant de rebondir et sortir par le haut. Nous sommes partis d'un diagnostic croisé du territoire, de ses difficultés et potentialités, et des acteurs du terrain désirant s’engager autour d'un projet commun, innovant et disruptif, fondé sur des valeurs humaines, sociales et environnementales et le même esprit d'entreprise.
    Notre credo : faire bouger des lignes semblant jusque là inamovibles, quasi immuables, remettre en cause une « fatalité » que nous refusons. Nous nous sommes mis alors en mode « bottom up », au sens premier du terme, une logique qui devrait, me semble t’il un peu plus inspirée les états majors parisiens, mais Paris est si loin, loin de tout, pensez 45 minutes en transport en commun !

    Voici quelques extraits de la préface du référentiel durable de l’Ancre de lune qui a constitué une étape importante de cette aventure collective. Dix ans après, elle n’a pas pris une ride et me semble totalement légitime pour décrire le projet de ville porté par l'Ancre de lune.

     

    « L’ancre de lune avant d’être un projet urbain, est une aventure humaine et collective au service du lien social de proximité qui témoigne d’une prise de conscience collective de la responsabilité particulière de l’homme envers son environnement.

    L’approche initiée, l’implication des élus, la qualité et la diversité des partenariats noués, le niveau d’exigence recherché, l’étendue et la transversalité des thématiques abordées, la volonté de faire de ce futur quartier un véritable espace d’innovation constituent autant d’éléments qui en font déjà, un éco quartier « référence ».
    L’ambition est d’en faire, non un territoire d’exception, mais une terre de diffusion et de partage, ayant la capacité de rétroagir sur la ville, et plus globalement sur le territoire, tel les rhizomes de la « Ville Durable » dont les éco quartiers constituent la première manifestation visible. 

    Si jusqu’à présent en matière environnementale nous pouvions nous contenter de bons sentiments, chacun sait désormais que l’état de la planète nécessite des résultats urgents et surtout tangibles. Plus que jamais, nous devons penser global tout en agissant localement, et nous concentrer sur les priorités liées directement à l’empreinte écologique et à la réduction des émissions des Gaz à Effet de Serre (GES).

    Demeurons vigilants. Limiter la problématique des éco quartiers à une somme de «gestes techniques» est un non-sens, tant le sujet dépasse de loin le filtre réducteur de la seule performance technologique dont beaucoup reviennent aujourd’hui.
    Un éco quartier est autre chose qu'un simple concept « hight tech » répondant aux tendances ou aux effets de mode. Il doit devenir un supplément d’âme, permettant de poser un autre regard sur la vie «de et dans la ville», servir de cadre à une nouvelle gouvernance, plus collaborative, axée sur une vision à long terme intégrant démarche transversale, et «process» continu au service de l’efficience environnementale.

    Dans cette approche globale, on ne peut réduire la performance énergétique aux seules consommations des bâtiments; l’élaboration des matériaux, leur localisation et origine, leur capacité à être recyclé, constituent autant de paramètres environnementaux essentiels, ainsi que bien évidemment l’épanouissement des habitants et usagers du quartier, qu’on ne peut considérer comme une simple variable d’ajustement !
    Le défi énergétique dépasse la seule efficacité du bâti, aborde d’autres champs du possible, dont ceux liés aux mobilités et à la chaine des déplacements, grand pourvoyeur planétaire en GES, sans omettre les problématiques majeures que constituent les usages et modes de vie, trop souvent négligées, et pourtant essentielles !

    Les principaux écueils rencontrés jusque-là, demeurent d’ordre logistique et financier, notamment pour une ville comme Trilport, sans compter un contexte budgétaire de plus en plus difficile.

     

    Alors comment agir ?

     

     

     

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  • De la ligne P au Grand Paris, d’un monde à l’autre

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    La réunion publique de l'Association Aout du 2 décembre

     

    J’ai participé à la réunion publique de l'association Aout, soirée très représentative de la fracture croissante entre deux mondes, celui du Grand Paris de la métropole et les territoires de la grande couronne illustrations concrète de la réalité de la France périphérique, pour ne pas dire invisible.

    C'est pourtant les habitants de ces territoires qui subissent une triple peine face face au Grand Paris : ils acquittent chaque année un impôt pour financer des infrastructures dont ils ne beneficieront pas, infrastructures qui risquent fort d'accaparer l'essentiel de financements publics pourtant indispensables à la rénovation du réseau de banlieue à bout de souffle qu'ils utilisent au quotidien et c'est eux qui en première ligne subiront les conséquences d'un chantier de plus de 30 ans impactant  directement leur qualité de vie et leur environnement du fait de la multiplication des décharges nécessaires au traitement ou au stockage des gravats, déchets plus ou moins inertes et autre et leurs cortèges incessant de camions circulant sur des voies déjà plus qu’encombrées ... Merci du cadeau !

    La réunion de Lizy sur Ourcq s'est déroulée à guichets fermés. Le nombre élevé d’usagers présents, dont beaucoup ayant accompli des dizaines de kilomètres pour simplement témoigner, illustre le degré d'exaspération atteint. Cette exaspération apparaissait en filigramme de chaque intervention, témoignage ou cri de colère qui ont ponctué la soirée et traduit le quotidien de territoires qui cumulent en matière de mobilités handicaps et fractures.
    Rappelons que la ligne P qui passe par Trilport, dessert d'un coté La Ferté Milon, de l'autre Chateau Thierry, et que chacune de ses destinations est pour le moins "malmenées".

    Quelques mots sur l’association AOUT, dont je partage l’action depuis 2004, date à laquelle avec son Président Victor Etienne, nous avons décidé de mener conjointement, chacun à notre place, moi coté élus, lui usagers, des initiatives communes visant à améliorer la situation d'une ligne dans un état critique alors.

    Avec l’arrivée de Jean Paul Huchon à la tête du STIF en 2006, nous avons pu obtenir de vraies avancées : maintien d'une ligne quasiment condamnée, mise en place du cadencement (véritable révolution dans les usages), changement de motrices, rénovation des voies, Passe Navigo tarif unique, car était il normal que ceux qui avaient les pires conditions de Transport payent plus que les autres ?

    Mais depuis quelques années, la situation s'est nettement dégradée au quotidien et la tendance semble s'accélérer ... 

    Si je me suis engagé dans une cause comme celle de la ligne P, c'est tout simplement pour essayer de changer la vie de mes concitoyens au quotidien et l'améliorer. Certes le sujet n'est ni lyrique ni trés porteur à la tribune des congrès, mais il est terriblement concret et ancré dans la vie réelle.
    Quand je lis quelquefois des études très savantes et documentées sur les causes théoriques de la montée des extrémismes, il m’arrive de penser, sans doute schématiquement, on ne se refait pas, que si leurs auteurs partageaient simplement une semaine la vie quotidienne des habitants de la grande périphérie, ils découvriraient sans doute de nouvelles clés de lecture sur le sujet, peut être plus terre à terre.

    J'ai tenu à saluer l'activité inlassable de Victor Etienne, Président de l’association, pour la constance de ce combat.
    Agir, agir encore et toujours, sans se décourager, réunion après réunion, rendez-vous après rendez-vous, année aprés année, agir inlassablement, non comme Don Quichotte face aux ailes des moulins, mais plutôt comme la vague de l'océan qui, à chaque ressac, creuse un peu plus la falaise de l'indifférence avant d'arriver, au bout du bout, à l'effondrer.

    Actions dont ce blog, ouvert en 2005 a régulièrement rendu compte

    La dégradation considérable des conditions de transport ces dernières années du fait de la multiplication des dysfonctionnements de toutes natures, de l'augmentation croissante des habitants de nos territoires (plus 8% par an d'usagers en gare de Trilport !), rend incompréhensible le peu de considération porté à cette ligne délaissée, tant par le STIF que la SNCF.
    Contexte qui rend impératif une nouvelle mobilisation, d'autant que chaque mandat électoral obéit à un cycle qui lui est propre, la Région n’échappe pas à la règle. C’est pourquoi nous devons agir maintenant, nous sommes encore en début de mandature, afin de convaincre l'exécutif régional de consentir les décisions d'investissement nécessaires dans les prochaines années pour une ligne de transport aussi délaissée.
    Malgré la bourde de Valérie Pécresse qui a oublié lors de son intervention au Congrès des Maires de Seine et Marne que la ligne P est composée de plusieurs branches, et qu’en électrifier une, ne signifie nullement les électrifier toutes, je reste persuadé que nous avons été, en partie, écouté, notamment par le STIF et Stéphane Baudet, que les pistes de travail que nous avons suggérées pour certaines (lire « pour des mobilités péri-urbaines ») sont ou seront explorées et que des annonces devraient suivre dés les prochaines semaines.
    À voir le cortège d’élus impliqués et engagés dans notre cause grossir, j'ai tendance à penser que le temps des annonces approche. Nous aurons sans doute, bientôt du grain à moudre.

    Attention cependant, il est indispensable que les réponses soient non seulement à la hauteur, mais adaptées à la réalité des mobilités péri urbaines et à l'évolution de territoires en plein développement. Sinon elles risquent fort de se limiter à colmater provisoirement des fractures qui s’élargiront de nouveau au fil des ans.

     

    Alors qu'elles sont les pistes dignes d'intérêt  ?

     

     

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  • Pourquoi une Maison des familles ?

     

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    L’inauguration du Lieu d’Accueil Enfants Parents (LEAP) du pôle Petite Enfance de la Villa Bia constitue une première illustration concrète de l’éco quartier de l’Ancre de lune. C'est dans le cadre de l’élaboration du volet social de ce beau projet qu'avait ete fléché comme piste de travail la Petite Enfance, domaine dans lequel la commune était jusque là, absente.

    En partenariat avec les services départementaux, de la MSA et de la CAF, un diagnostic territorial a été réalisé. Il a permis, grâce à la concertation engagée (enquêtes, questionnaires, entretiens qualitatifs, rencontre avec tous les acteurs…) d’aborder globalement cette problématique, en partant du contexte local, et de définir une ligne stratégique dont la première étape a été la création du Relais d’Assistantes Maternelles (RAM), préfiguration de la future Maison de la Petite Enfance que nous voulions implanter au cœur du futur éco-quartier.
    Dans l’attente du lancement effectif de ce dernier, la nouvelle structure a été  hébergée provisoirement dans les locaux de la villa Bia, rénovés pour l’occasion. Cette demeure bourgeoise, ancienne propriété de l’usine Kleber, avait été acquise il y a quelques années par la commune du fait de sa localisation centrale, de la beauté de son magnifique parc arboré et du potentiel du site même de la Villa Bia.

    Autre atout, et non des moindres, la qualité de l’animatrice du RAM qui a su, dès son arrivée, habiter les lieux, créer une ambiance positive et bienveillante, ce qui a constitué un élément clé dans l’appropriation du site tant par les familles que par les professionnelles, au point que l’implantation de provisoire est devenue définitive.

    Le RAM a été une étape décisive au regard de son utilité pour les familles désormais soutenues et accompagnées dans leur recherches de modes de garde, leur rôle d'employeur (contrat de travail, démarches administratives ...), et les professionnelles qui ont créé autour de la vie de cette structure une véritable communauté, notamment lors des ateliers proposés et des échanges partagés.
    Parmi les animations proposées, une est devenue emblématique, et ce bien au delà de Trilport, il s'agit de « Parlons d’Enfance ».
    Ce rendez-vous annuel propose sur une semaine des spectacles, conférences, ateliers thématiques, dédiées aux problématiques liées à l’enfance et à la petite enfance (2014 : le rythme de l’enfant ; 2015 : les petits se réveillent et s’éveillent; 2016 : Acquisitions, apprentissages et transmissions) …

    Des remontées du terrain, tant des professionnelles, que des enseignants de maternelles ou de l’animatrice du RAM, confrontée au succès d’un accueil aux familles mis en place dans le cadre de ses activités, ont permis de révéler un besoin croissant d’écoute et de dialogue de parents, pour certains en grande difficulté.
    Cette situation nous a amené à envisager la création d’un Lieu d’accueil Enfants Parents (LAEP), ouvert aux enfants de 0 à 6 ans, allant donc jusqu'aux élèves scolarisés. Un LAEP est un lieu où parents et enfants peuvent se poser, dialoguer en toute confiance pour partager expériences, doutes, angoisses, questionnements ...
    Véritable moment d'intimité et d'échange autour de la parentalité avec des professionnelles formées à l'écoute et faisant de la neutralité, de la confidentialité et de l'anonymat des impératifs absolus.

    Le succès croissant du pôle Petite Enfance, l'harmonie se dégageant d'un site empreint d’une certaine magie, nous ont amené peu à peu à faire évoluer le projet initial, à voir plus grand, plus innovant également, et à travailler à la création du concept de "Maison des familles" :

    • En ayant pour ambition de replacer humanité et bienveillance au centre de la relation d’accueil sur toutes les questions relatives à la famille, au sens large,
    • en regroupant sur un seul site l’ensemble des services dédiés au lien social, pour toutes les générations, du premier au troisième âge.

    La Maison de la Petite Enfance que nous envisagions au lancement de l’éco quartier, a laissé place depuis, à un projet plus global, destiné à favoriser l’inclusion sociale de tous, quel que soit les générations, une Maison au service des familles ...

     

    Pourquoi ? 

     

     

     

     

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  • 11 novembre : Rien n'est jamais acquis

     

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    Photo Damien Douche

     

    Il peut apparaître aux jeunes générations, quelque peu désuet, superflu, inutile, suranné, ringard même, de célébrer tous les 11 novembre, la fin d’une guerre du siècle passé, tant la paix semble aujourd’hui, installée et durable. Chacun la croit immuable, assurée, définitive, perpétuelle la paix …

    Pourtant nous vivons dans une société d’hommes, et depuis la nuit des temps, depuis que l’homme est homme … Rien ne lui ai jamais acquis…

    « ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur,
    et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix,
    et quand il croit serrer son bonheur, il le broie »
    (Aragon).

    Il est important que les nouvelles générations comprennent que l’homme est faillible, que rien n’est immuable, que tout est destructible, y compris et surtout le bonheur, que celui ci peut juste dans une vie constituer un moment de grâce éphémère et fugace, que si l’histoire ne se répète jamais, elle bégaie pourtant souvent …

    C’est pourquoi il est important de mobiliser autour des commémorations comme celles du 11 novembre, afin qu’elles (re)deviennent des moments privilégiés de citoyenneté et de recueillement …

    Merci à tous ceux qui y contribuent, aux musiciens qui apportent l’émotion juste, aux anciens combattants, passeurs et transmetteurs de valeurs dont le rôle devient  combien utile et nécessaire aujourd’hui, aux enseignants qui en participant à ces cérémonies avec leurs élèves font oeuvre utile et contribue à forger la citoyenneté de leurs élèves et leur conscience républicaine.

    Rien n’est jamais acquis, même pas la paix, car la paix n’est pas le cadeau éternel tombé du ciel décrit par certains ...

    Non ...

     

     

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  • Retrouver le fil de l'humanité

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    Si la crise des migrants est emblématique, elle est révèlatrice des fractures profondes que traversent notre société.
    Cette situation doit nous interpeller pour nous amener, au delà des belles déclarations de principe, à mettre en oeuvre des actions concrètes et adaptées, et travailler à élaborer des réponses plus globales.

    Cette crise touche à des valeurs humanistes et républicaines essentielles, avec lesquelles il n’est pas possible de transiger, tant elles sont identitaires. Rappelons que la France, dans son ADN même, est une terre d’accueil dont le droit d’asile constitue un des fondements principaux. Notre pays s’est aussi construit depuis des siècles autour des vagues migratoires successives qui ont traversé son histoire.
    Elle confronte également les élus locaux à la vision qu'ils ont et de leur action et de leur responsabilité. Médiateurs du quotidien et de la proximité, ils contribuent, en première ligne, à tisser les liens qui font société, qui favorisent cohésion sociale et "vivre ensemble"; encore faut il qu’ils soient considérés par l’Etat comme de véritables partenaires et associés à ce titre le plus en amont possible à un dialogue respectueux et constructif sur les meilleures conditions de mise en place d’une politique d’accueil locale.

    S’il faut soutenir sans réserve le plan national d’accueil des refugiés et migrants initié par le gouvernement et la décision courageuse de démanteler la jungle de Calais comme tous les ghettos indignes qui subsistent encore sur notre territoire, un constat s’impose : assurer un traitement juste des conditions d’accueil et des demandes d’asile, nécessite de replacer l’humanité au cœur de notre démarche. Nous en sommes trés éloignés aujourd’hui, confrontés à l’urgence, souvent même à l’improvisation, ce contexte pré conditionne une approche technocratique et quantitative de problématiques complexes qui touchent à l’intime et au collectif.
    Un accueil digne de populations fragilisées, nécessite pourtant sérénité, anticipation, prise en compte des priorités humaines et des réalités locales.

    Nous ne pouvons plus désormais considérer les épisodes migratoires comme de simples accidents géo politiques ou des aléas de l’histoire, mais bien comme un processus continu qui ne s’arrêtera pas de si tôt, au regard de la multiplication des conflits régionaux et des conséquences dramatiques du changement climatique …

    Autant de perspectives qui imposent de définir une stratégie autour de nos politiques d’accueil, un cadre d'action, la mise en place de véritables éco-systèmes, tant nous sommes confrontés avant tout à une problématique éminemment humaine, avec un objectif clair, aboutir à une inclusion sociale et territoriale épanouie.

    Si rien ne change, c’est notre cohésion sociale même qui risque d’être déstabilisée par la moindre poussée migratoire, y compris modeste, tant ce phénomène, somme toute naturel, les migrations font partie de l'histoire de l'humanité, est exploitée sans vergogne, ni scrupule par la droite la plus extrême, utilisant la période d’incertitude collective que nous traversons comme un véritable terreau afin de susciter ou attiser les peurs et les fantasmes les plus éculés, en clivant, divisant, excluant au lieu de fédérer et d’unir.

    C'est bien notre cohésion sociale qui aujourd'hui est en jeu ...

     

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  • L'économie circulaire commence dans l'assiette

     

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    Le self inauguré à Trilport concrétise l’aboutissement d’un processus entamé il y a plus d’un an et marque une nouvelle étape dans notre approche de la restauration scolaire basée sur une vision globale des problématiques liées à l’alimentation et l’agriculture.

    Nous avons, après un audit mené sans concession sur les pratiques en cours, élaboré un cahier des charges ambitieux, allant bien au delà de nos ambitions initiales. La société Elior, retenue, a su être à la hauteur des exigences fixées. Ce marché qui représente 55 000 repas annuel représente pour cette société une première incursion dans des territoires d'où ils étaient jusque là absents et qui ont grand besoin d’innovation en ce domaine.

    Cette inauguration illustre notre engagement contre ce véritable fléau qu’est la malbouffe. Un fléau qui se traduit dans les assiettes (manque de saveur, de créativité et de diversité des menus, cuisine collective vite expédiée…), mais aussi plus en amont : aliments sans origine définie, produit on ne sait comment, sans prise en compte des émissions de gaz à effets de serre, de priorités sanitaires pourtant cruciales, ou encore de la sauvegarde de nos ressources naturelles.

    Les conséquences pour les consommateurs que nous sommes en sont multiples : obésité, maladies, repas de plus en plus insipides, augmentation des déchets alimentaires...
    Selon les conclusions d’un récent rapport du groupement d’experts britanniques "Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition", la malbouffe constitue désormais le risque numéro 1 pour notre santé. 
    En France, le coût social en 2012 de la surcharge pondérale s’est élevé à 20 milliards d’euros, ce qui est comparable à celui de l’alcool (15 milliards d’euros), du tabac (26,6 milliards d’euros) et s’illustre par le développement de graves pathologies: hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol ou maladies cardio-vasculaires.

    L'alimentation est un marché qui reste soumis à la loi d’airain de lobbies puissants et tres actifs, à Paris comme à Bruxelles, et qui agissent pour que surtout rien ne bouge, ne serait ce même qu’au niveau de l’étiquetage nutritionnel, c'est dire !

    Le succès des émissions culinaires télévisées, la demande croissante en produits bio ou en provenance directe de la ferme, le développement de filières courtes ou la multiplication des AMAP illustre cependant une tendance sociétale de fond qui va à l'encontre de ces intérêts mercantiles. 
    Peu à peu une nouvelle économie émerge, enfin circulaire, créatrice d'emplois de proximité, j'ai le sentiment que c'est une véritable vague de fond qui peu à peu dans les pays développées s'imposera contribuant ainsi au mieux vivre et à un meilleur respect de la planète.

    A l'école il est essentiel de « mieux manger pour mieux grandir » mais aussi de « retrouver le plaisir de déguster … ». Le plaisir est un enjeu éminent, notamment en milieu scolaire et ne se limite pas au seul repas : plaisir d’apprendre, d’enseigner, de découvrir … Le plaisir est un formidable moteur pour avancer

    Après les divers scandales alimentaires qui ont émaillé ces dernières années, illustrations concrètes d’une vision court termiste, productiviste, mercantile et irresponsable de l’alimentation, il nous faut désormais promouvoir la qualité, la traçabilité des produits servis dans nos cantines, et contribuer au développement de filières locales responsables et durables respectueuses de notre santé, de la nature et de ses cycles.

    L’action initiée par les collectivités peut contribuer à faire bouger des lignes qui jusque là étaient figées, c’est cette volonté qui nous animé lors de la mise en place de cette réorganisation majeure de la restauration scolaire dans notre commune, avec trois objectifs concrets :

    1. Privilégier la qualité des produits,
    2. Faire du repas un moment de détente, de plaisir, de convivialité et d’autonomie,
    3. Contribuer à l’émergence d’une économie circulaire, afin de faire du déchet alimentaire une véritable ressource

     

    Quelles sont les réponses concrètes  ?

     

     

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  • Apprendre en 2016 (1)

     

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    « On ne connaît que les choses qu’on apprivoise. »
    Antoine de Saint-Exupéry

     

    Cette période de la rentrée est le moment propice pour s’interroger sur le "quoi" et le "comment" apprendre aujourd’hui.
    Ce billet est le premier d'une série, tirées d’une réflexion personnelle portant sur les « habiletés sociales et numériques », visant à explorer quelques pistes de réflexion sur l’éducation.

    Précision utile, je ne suis qu’un de ces modestes et innombrables fantassins voltigeurs qui, en première ligne, confrontés au monde réel, tentent comme l’a écrit joliment Corneille de réveiller « le feu qui semble éteint et dort sous la cendre, car qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre »

    Internet et les réseaux sociaux esquissent les contours d’une nouvelle société, dont les interactions sociales et la donnée (le data), constituent les principaux moteurs. Révolution copernicienne qui se déroule sous nos yeux et fait appel à de nouvelles aptitudes, que ce soit dans le monde du réel ou du virtuel, qu’il devient essentiel désormais de maitriser.

    Edgar Morin désigne cette séquence comme une "métamorphose" qui provoque plus un processus de "création destructeur", que de « destruction créatrice » (Schumpeter), processus dont il convient de mesurer les effets ...

    Au cœur de cette mutation, les qualités relationnelles sont de plus en plus prisées et recherchées. Reconnues depuis des années dans les techniques de management et les sciences des ressources humaines, elles font l’objet d’un véritable renouveau, sous l’appellation anglo-saxonne de « soft skills », (« compétences douces »), opposé aux « hard skills » (compétences « dures » ou techniques). Des aptitudes abordées et enseignées depuis des années au Québec, dés la petite enfance, et désignées dans la Belle Province comme des "habiletés sociales", terminologie qui a toute ma préférence.  

    Les habiletés sociales constituent un véritable bouquet de compétences, toutes liées par nature, et apportent à chacun « la capacité d’entrer en relation avec autrui, de s’entendre, de coopérer et d’interagir», contribuant ainsi à son épanouissement global comme à son inclusion sociale.
    Leur maitrise permet d’appréhender et de maitriser les codes et savoirs qui régissent nos liens avec autrui et la société.

    En France leur approche se cantonnait jusque là à des publics cibles en difficulté d’inclusion social. Elles se révèlent cependant particulièrement adaptées aux défis que notre société doit relever, car directement orientées vers les interactions humaines. Elles font appel à « l’intelligence émotionnelle », déterminante pour la réussite professionnelle ou l’épanouissement personnel de chacun.

    Les besoins en compétences cognitives, verbales et interpersonnelles explosent littéralement aujourd'hui, une situation dont notre système de formation ne tient toujours pas compte concrètement, exception faite des grandes écoles. L’enseignement traditionnel demeure centré sur les compétences techniques, le plus souvent enseigné de manière disciplinaire, en silo, et n’aborde le champ des «habiletés sociales» qu’à la marge.
    Cette situation constitue un véritable paradoxe, tant il est incontestable qu’au niveau professionnel, les habiletés sociales deviennent déterminantes, facilitatrice d'intégration et d’épanouissement, que ce soit au sein de l’entreprise ou dans la vie personnelle.

    Considérés trop souvent comme des «traits de personnalité», les habiletés sociales, relatives au savoir vivre et au savoir être, n’étaient quasiment pas abordées, si ce n’est à l’école maternelle. L’institution considérant implicitement leur acquisition du ressort familial.
    A la base de cette séparation des rôles, une répartition entre la famille chargée de l’éducation des enfants, et l’école, chargée de leur instruction. « L’éducation c’est la famille qui la donne, l’instruction c’est l’Etat qui la doit » (Victor Hugo).
    Aujourd'hui la donne a bien changé, la société devient de plus en plus éclatée, fracturée, la cellule familiale y est malmenée, parfois disloquée, et n'est plus en capacité de transmettre de vrais repères de vie.

    Ce contexte est aggravé par une école républicaine de plus en plus inéquitable ; ce constat brutal répond à une réalité statistique formelle, soulignée depuis plus de dix ans par toutes les études internationales successives.
    Le système éducatif français est devenu un des plus inégalitaires de l’OCDE, certainement un de ceux où l’origine sociale des élèves influe le plus sur ses résultats scolaires et produit proportionnellement le plus grand nombre d’élèves en situation d’échec. Ce que tout défenseur de l’école républicaine ne peut accepter.

    Dans les jeunes générations, les plus pénalisés sont tous ceux qui ne bénéficient pas d’un environnement familial propice et qui se retrouvent dés lors dans l’impossibilité d’acquérir les clés indispensables pour s’épanouir dans le monde d’aujourd’hui. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne portent pas en eux de telles habiletés. Elles font partie du “capital relationnel” dont chacun est doté à sa naissance et ne demandent qu’à être dévoilées et développées.
    Cela devient un impératif, tant leur
     maitrise est devenue un marqueur sociétal qui compte dans l’insertion et la réussite professionnelle comme dans l'épanouissement personnel de chacun. 

    Si la situation est grave, elle n’est pas désespérée, encore faut il agir et vite

     

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  • Le jour où nous n’allumerons plus de bougies

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    Voici la tribune d'Antoine Leiris publiée aujourd'hui dans le Monde, dans lequel avec ses mots choisis il exprime l'essentiel. Aussi c'est ce texte que j'ai tenu à lire lors de l'hommage rendu à midi aux victimes Niçoises. Une minute de silence cela peut sembler dérisoire, mais cela veut dire aussi beaucoup. Le prix que nous accordons  à la vie face à la mort injuste et tragique provoquée avec violence par le fanatisme et l'obscurantisme ...

     

    Je ne supporte plus l’odeur des bougies.

    Elle me donne envie de vomir. À Nice, à Paris, à Orlando, à Istanbul, à Bruxelles, et partout où ils ont semé la mort, ce sont les mêmes scènes. Les mêmes portraits accrochés. Les mêmes fleurs déposées. Les mêmes bougies allumées.Et cette odeur âcre qui me laisse dans la bouche le goût du sang versé.

    Je pensais ne plus avoir assez de larmes.

     Je pensais que le pire était passé. Je pensais m’être habitué. Je me trompais. À chaque nouvelle attaque j’ai pleuré. Ils étaient des hommes, des femmes, des enfants. Ils avaient des envies, des peurs, des désirs, une vie. Ils sont morts. Et nous allumons une bougie.

    Contre un camion lancé à pleine vitesse, contre des Kalachnikovs chargées de rancœur, contre des explosifs prêts à sauter, c’est peu une bougie. Pourtant c’est une arme plus puissante que toutes celles qu’ils pourront utiliser.

    Parce que le jour ou la mort de l’autre nous laissera sans réaction, le jour où nous n’allumerons plus de bougies, nous serons devenus comme eux.

    Parce que le jour ou la mort de l’autre nous laissera sans réaction, le jour où nous n’allumerons plus de bougies, nous serons devenus comme eux.

    Des êtres sans peur face à la mort.

    Mais pour ne pas craindre la mort, il faut trembler de peur devant la vie. Alors craignons la mort et embrassons la vie. Dès le lendemain j’ai allumé une bougie que j’ai posée sur le rebord de ma fenêtre. Elle brûle encore aujourd’hui. Elle me rappelle l’odeur de la peur, de la haine, du renoncement.

    Elle me rappelle l’urgence de la vie.

     

     

    Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène, au Bataclan le 13 novembre dernier, il est l'auteur d'une  tribune publiée sur Facebook qui a fait le tour de la planète, tant son texte est magnifique

     

    "Vous n'aurez pas ma haine" 

     

     

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  • Ce soir, je suis triste

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    " Penser clair, parler vrai, agir juste " 

     

    Ce soir je suis triste, Michel Rocard nous a quitté.

     

    J’ai été, je suis et resterais pour toujours "rocardien". Je n'oublie pas que si je me suis engagé un jour en politique, en adhérant notamment au PS, c’est à lui que je le dois.

    Digne héritier de Mendes France, il avait le sens de la morale et de l’éthique, possédait une rigueur et une honnêteté intellectuelle rare, que je n’ai retrouvé ensuite que chez Lionel Jospin. C’est à ce niveau là, que l’on attend le politique.

    Rocard c’était la primauté donnée aux idées, aux propositions, quelquefois disruptives et iconoclastes : comprendre avant toute chose, imaginer les solutions à apporter plutôt que de nouveaux problèmes, proposer et convaincre toujours, et plus que tout, agir juste, faire, afin de changer la vie quotidienne au concret durablement.
    Toute sa vie, ce grand serviteur de l'Etat s'est consacré à 
    la vague des idées plutôt qu'a l’écume des petites phrases ou des commentaires. Il a su ne jamais sacrifier l'avenir, le long et le moyen terme aux imperatifs court termistes de la mode ou de l'instant présent, étant un des trop rares politiques à privilégier le temps long.

    Michel Rocard avait les mots et le verbe libre, une parole authentique et rafraichissante, il a toujours préfére l’équité à une égalité quelquefois factice et inéquitable, privilégiant l’être au paraître et le collectif à l’individualisme.

    Il a eu la grande sagesse de se retirer de la vie politique avec élégance, sur la pointe des pieds, passant le relais aux jeunes générations pour leur laisser construire un avenir meilleur.

    C'était un homme qui aimait passionnément la vie, l’Europe, la nature sauvage et indomptable avec laquelle il faut composer : le vent, les mers et les océans, les pôles aussi ... L’environnement et le devenir de la planète ont été les combats qui ont animé toutes ses dernières années.

     

    Ce soir, je me sens orphelin, Michel Rocard nous a quitté.

     

      

    « Je rêve d'un pays où l'on se parle à nouveau. Je rêve de villes où les tensions soient moindres. Je rêve d'une politique où l'on soit attentif à ce qui est dit, plutôt qu'à qui le dit.

    Je rêve tout simplement d'un pays ambitieux dont tous les habitants redécouvrent le sens du dialogue, pourquoi pas de la fête, et de la liberté.

    Je suis de ceux qui croient, au plus profond d'eux-mêmes, que la liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement.

    Chérir la liberté de cette manière là,
    c'est, construire un nouvel espoir pour que vivent les Français et pour que vive la France. »

    Michel Rocard - Discours d'investiture 1988

     

    En complément, la tribune qu'il a écrit en 2014, pas assez connue celle ci, sur le sens d'un socialisme pour ce nouveau millénaire afin de "l voir éclore la société des hommes à la place de celle de l'argent". Il avait toujours quelques stations d'avance, Michel.

     

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  • La Halotte, clap de fin : l'inauguration de la caserne du SDIS

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    L’inauguration de la caserne de Trilport marque un point final à la catastrophe de la Halotte et clôture un feuilleton qui n’a que trop duré. Lors de la cérémonie deux souvenirs personnels, directement liés à cette manifestation me sont revenus en mémoire …

    Bien évidemment la nuit du 23 octobre 2002, celle de l’explosion de la Zone d’activités de la Halotte. Ce mini AZF qui à l'époque avait attiré tous les médias nationaux, avait fait tout de même deux victimes et la violence de l’effet de souffle occasionné de très nombreux dégâts aux quartiers d’habitations voisins : plus de 150 maisons touchées ; dommage collatéral , la future caserne du SDIS (les travaux d'aménagement devaient commencer le lendemain même) s'est retrouvée réduite en poussière.
    Sur place dix minutes après l’explosion, j’ai animé une cellule de crise afin de servir de support logistique auxsecours, puis les jours suivants aux habitants et entreprises sinistrés afin de contribuer à une reconstruction rapide de la zone d’activités. J’avais cette nuit là, entre deux explosions de voiture, fait la promesse aux pompiers désespérés de voir partir en fumée leur caserne : «Tout entreprendre pour la faire renaitre de ses cendres ». J’ai le sentiment, 14 ans après, d’avoir tenu mes engagements.

    Puis la visite de Jean Louis Mouton en juin 2004, alors nouveau Président du SDIS d’une Seine et Marne passée à gauche. Il avait à la demande du jeune Maire que j’étais, réservé sa première visite de terrain à Trilport, afin de constater sur place les conditions de travail des Pompiers que je lui avais décrites, tant elles me paraissaient  inacceptables. Nous les hébergions alors à titre gracieux dans une partie des ateliers municipaux, des locaux totalement inadaptés à leurs missions. Suite à cette visite, il a décidé immédiatement d’agir afin de leur permettre d’exercer dans des conditions plus dignes et respectueuses ; c’est ainsi que quelques mois après, ils ont aménagé dans des locaux provisoires plus adaptés dans l’attente de la nouvelle caserne. Toutes ces années, malgré les nombreux aléas subis par ce dossier et le vent mauvais qui a soufflé parfois, de ci de là, il a tenu bon et parole …

     

    Cette inauguration s’est déroulée juste après les inondations qui ont frappé durement la Seine et Marne, aussi les remerciements des autorités aux pompiers n’ont pas manqué, en premier lieu ceux du Préfet, tant ceux ci se sont retrouvés en première ligne durant plusieurs semaines pour protéger et secourir les populations sinistrées.

    C’est peu de dire que j’ai apprécié les discours des élus de la majorité départementale ainsi que celui du Député "républicain" de la circonscription, Jean François Copé, peu enclin, jusque là, à défendre le service public, qu'ils considèrent le plus souvent comme « une charge ». A l’unisson, ils ont souligné, ce dont je me félicite, l’importance pour nos territoires et nos habitants de bénéficier d’infrastructures et de services de secours efficients. Sentiment que je partage totalement même si je n’oublie pas les saignées qui ont précédé l’arrivée de François Hollande, dans les budgets et les effectifs des policiers, magistrats ou enseignants.
    Nos dynamiques territoriales et économiques dépendent également de la qualité de nos infrastructures et de nos services publics qui, s'ils doivent être efficients bien évidemment, le meilleur service au meilleur cout, se doivent d'être surtout existants et présents. C'est souvent lorsqu'il est trop tard et que les catastrophes arrivent que l'on se rend compte de leur importance pour nos vies quotidiennes.

    Je sais également, à qui nous devons la réalisation de cette caserne, ce que j’ai souligné dans mon intervention.

     

    Mais pourquoi un tel équipement  est il aussi important pour notre territoire  ?

     

     

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  • Ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté

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    La cérémonie du 8 mai a revêtu un caractère quelque peu particulier à Trilport cette année. Nous avons réparé un oubli de plus de 126 ans; le fronton de la Mairie inaugurée en 1890, le bâtiment accueillait alors la "Maison communale" et l'école des garçons", arbore pour la première fois de son histoire les trois valeurs de la devise républicaine.

    Cette réalisation marque la dernière étape d'une rénovation totale de ce bâtiment, qui s’est étalée sur plus de cinq ans, au rythme de nos finances. Petite fierté, elle est entièrement « Made in Trilport », estampillée "circuit court". Le modèle, les gabarits des lettres et le choix de la police de caractères ont été élaborés en interne avec nos communiquants, la réalisation en 3D étant l’oeuvre d’une entreprise Trilportaise spécialisée en tôlerie et la pose assurée par les agents communaux.

    « Liberté, Egalité, Fraternité », trois mots simples et lumineux, qui nous rappellent simplement, d’où nous venons, qui nous sommes et où nous devons aller ! Des valeurs intemporelles prenant encore plus de sens et de résonance aujourd’hui, notamment lors d’une double commémoration comme celle du 8 et du 9 mai.
    Depuis 2010, 10 ème anniversaire de notre jumelage avec Engen, nous célébrons le même jour, la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 et la journée de l’Europe. D
    eux dates intimement liées par les liens du sang versé.
    L’émergence de l’Europe politique est le fruit de la tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale, de la nécessité absolue pour nos différents pays de se réconcilier après la mort de tant de victimes, civiles ou militaires, du souvenir de l’horreur de la Shoah et des exactions de l’idéologie Nazie.

    L’Europe est une réponse d’espoir en l’avenir, face au néant de ces années sombres. Elle ne peut se réduire à un drapeau cerclé de 12 étoiles dorées flottant au vent, qui symbolise la solidarité et l’harmonie entre nos peuples; un cercle ouvert s'il en est, tant nous devons nous ouvrir au monde, ni au magnifique hymne composé par Beethoven, encore moins aux subventions glanées de ci de là, règlementations innombrables, relations commerciales, monnaie commune, bureaucratie qui semble loin de tout … L'Europe est avant tout et surtout un modèle unique de démocratie, de solidarité, de protection sociale, de culture, véritable oasis de paix et de bonheur aux yeux de tous les pays du globe.

    Pourtant aujourd’hui, beaucoup d'européens doutent cruellement, ils n'ont plus foi en l'Europe … Il est temps que cette dernière se mette à la hauteur de tous, qu'elle parle enfin aux citoyens et non plus aux seules élites.

    Le 8 mai, nous rappelle éxonérablement d’où nous partons … La haine, la colère, le ressentiment, le sentiment de vengeance, le repli sur soi, les vagues brunes du nazisme et des égoïsmes nationaux qui déferlaient sur le continent… C’était aussi l’Europe, mais d’avant; celle malheureusement vers laquelle tanguent et tendent aujourd'hui certains pays d'Europe Centrale.

    Les jeunes générations pensent que la paix va de soi, alors qu’elle est si fragile, trop considèrent l’Europe comme superflu, voir inutile … Nous ne devons jamais oublier que derrière les nationalismes exacerbés, les égos hypertrophiés des nains qui se prennent pour des géants, la peur de l’autre, la recherche de boucs émissaires, se profilent les guerres d’hier, celles d’aujourd’hui et peut être de demain …

    Il nous faut, porter un nouveau projet pour l'Europe, qui s'adresse à tous, notamment aux plus humbles, à ceux qui se sentent exclus, l'associer aux idéaux de paix, de solidarité, mais aussi de prospérité, d'avenir commun et partagé, afin que tous ces citoyens qui doutent, aient foi de nouveau en l’avenir, dans un monde en mouvement qui si lEurope n'est pas au rendez vous, nous annihilera…

    Il faut que nos cœurs haïssent la guerre, comme l’a si bien écrit Robert Desnos, poète français et résistant, déporté à Buchenwald, mort du typhus, un mois seulement après la libération de son camp …

    Que nos cœurs haïssent la guerre, mais plus que tout, battent pour la liberté. et je serais tendais de dire pour un avenir commun, partagé et plus souriant ...

    Encore faut il agir pour le construire. Ces commémorations servent aussi à semer des graines d'action.

     

     

     

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  • Mobilités péri urbaines & ligne P de la SNCF : propositions d'actions

     

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    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire de Trilport et Vice-président de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux, je suis devenu au fil des ans, presque malgré moi, quelque peu spécialiste "es mobilités péri urbaines ».
    Si j'ai souffert durant des années, d'un trop plein de solitude sur de tels dossiers ("la solitude de l'élu du fond de l'Ile de France") j'apprécie aujourd'hui de ne plus être un des trop rares élus locaux mobilisés sur le sujet de la ligne P et plus globalement des mobilités de la Grande couronne et du péri urbain. Cette priorité s'impose enfin au plus grand nombre; il était grand temps ...

    Lors des réunions innombrables auxquelles j'ai assisté, j'ai toujours écouté avec beaucoup d'attention rapports d'activités, indicateurs de satisfaction ou de performance, projets d'amélioration égrenés par les responsables et représentants des opérateurs et du STIF.
    Mais devant la dégradation inadmissible des conditions de transport de ces derniers mois et l'absence notable de perspectives, j'avoue ne plus pouvoir rester aussi Zen, devenant adepte de la parabole dite "de la lune et du doigt". Je m'affranchis du doigt tendu par les représentants de la SNCF ou du STIF et tel le "sage" de la maxime je m'évertue à scruter la lune, qui doit être notre objectif commun si nous voulons concrètement améliorer une donne bien mal engagée.
    L'ère du "bricolage" en matière de mobilité est à mes yeux dépassée, il nous faut changer de paradigme au plus vite, sans démagogie mais avec constance, ténacité et surtout détermination.

    Dans cet esprit, j'avais élaboré une note à destination de Claude Bartolone destinée alors à alimenter son programme aux régionales, certaines  propositions ayant d'ailleurs été retenues. J'ai enrichi cette réflexion depuis, de nouveaux éléments tirés notamment du dernier rapport annuel de la Cour des Comptes (traitant cinq après un premier audit, des mobilités en Île-de-France), très explicite, en ai fait une contribution que j'ai décidé de partager avec les élus impliqués concrètement sur cette problématique, toutes tendances politiques confondues; c'est à cet usage que je leur ai envoyé ce travail en février dernier.
    La période qui s'ouvre est effectivement cruciale, les arbitrages qui impacteront les prochaines années seront rendus sans doute avant l'été. J'ai jugé utile, citoyen et transparent de rendre ce document  "Pour des mobilités péri urbaines" accessibles à tous, depuis ce blog (module : "Tribune, textes ...").

    Je vous engage à lire ce texte, notamment si vous êtes usager. Il se veut accessible à tous et surtout informatif; les propositions qui y sont faites ne se limitent pas aux seuls investissements lourds exigés par l’état actuel du réseau, ils sont incontournables et urgents, mais regroupent diverses pistes d'actions liées aux spécificités des territoires péri urbains, notamment seine-et-marnais.
    Je n'ai pas abordé les problématiques de maintenance liées au Centre Technique de la SNCF. Son dimensionnement futur, comme son organisation sont intimement liés aux choix techniques effectués sur le parc roulant;  cependant l'amélioration de son fonctionnement demeure un passage obligé, tant cette infrastructure constitue aujourd'hui un sérieux goulot d'étranglement.

    Une évidence s’impose : il est nécessaire de mettre les bouchées doubles, que ce soit pour rattraper un retard vieux de plus de trente ans mais également et plus que tout pour accompagner la croissance démographique de territoires en plein essor et leur dynamique territoriale... il y a effectivement urgence. 
    Je demeure intimement persuadé que la dimension péri urbaine nécessite également de nouvelles clés de lecture, pro actives, transversales et prospectives afin de répondre aux potentialités comme aux contraintes des territoires de la Grande Couronne.
    Les mobilités péri urbaines vont du transport de masse à un "sur mesure" quasiment individualisé, elles exigent de nouvelles réponses, de la souplesse, de la fluidité, de l'agilité, que ce soit en terme d’infrastructures ou de services à mettre en place.

     

    Le débat est ouvert, bonne lecture ...

     

     Ci joint quelques extraits du rapport de la Cour des Comptes relatifs aux transports ferroviaires en Ile de France depuis 2010, que je vous engage vivement à parcourir également dans son intégralité, il est pour le moins instructif ...

     

     

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  • Sortir de l’histoire pour surgir dans le présent

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    Nous avons célébré la journée du 19 mars 1962, comme chaque année, y compris lorsque cette guerre sans nom n’était considérée alors que comme «un évènement» à commémorer presqu'en catimini. Nous nous sommes rassemblés pour célébrer enfin et officiellement au nom de la nation, la mémoire de tous ceux qui sont tombés, qu'ils soient militaires ou civils et sont restés là bas, sur l’autre rive de la Méditerranée.

    L’essentiel est bien là …

    Toute polémique face aux sacrifices des victimes consentis ou non, est inutile, déplacée, indécente, irrespectueuse ... Laissons les morts en paix et les consciences s’apaisaient au fil des générations qui se succèdent.

    Cette date du 19 mars est légitime, plus que tout autre; rappelons simplement qu’elle correspond au jour du cessez-le-feu en Algérie, au lendemain de la signature des accords d’Evian.
    Certes, la paix n’est pas venue immédiatement, qui le nie ? Mais c’est le 19 mars 1962 qu’a débuté le long et douloureux processus de sortie d’une guerre, considérée alors comme inextricable, interminable, et qui a divisé si longtemps notre pays en deux.

    Est il opportun de réactiver une division qui n’a plus lieu d’être ? Non … Et pour quels motifs impérieux, si ce n'est de la politique à la petite semaine ?

    L’histoire nous l’apprend, les conflits du XXeme siècle, comme ceux d’aujourd’hui, l’illustrent malheureusement, une sortie de guerre, y compris après un cessez le feu, est souvent longue, chaotique, faite d’une succession de violences, empreinte de colère plus ou moins contenue, de haine et de ressenti.

    La guerre d’Algérie n’y échappe pas, loin s'en faut. Plus que tant d’autres elle se double d’une déchirure profonde entre français, véritable fracture béante, mais aussi entre algériens.
    Pour ce qui nous concerne, le sacrifice puis le massacre des harkis, littéralement abandonnés, reste une tache indélébile sur le drapeau national, drame intolérable qui doit nous interpeller encore aujourd’hui.
    La France tout au long de son histoire n’a pas fait que de belles choses, il est bon aussi de s'en souvenir … Il y a les victoires, il y a les défaites, il y a également les faillites morales qui existent dans les défaites comme dans les victoires.

    Commémorer le 19 mars, c’est célébrer toutes les victimes de cette guerre, quelque soit le jour où elles sont tombées.

     

    Je n'oublie pas que cette date a été vécue différemment par les familles,

    A Trilport comme dans la grande majorité des villes françaises, elle a été ressentie comme un véritable soulagement, la promesse d’un retour proche au pays pour plus d’un million d’appelés,

    Elle demeure un véritable traumatisme, pour tant d’autres ... Plus d’un million également, quittant leur terre natale bien malgré eux, déchirure dont ils ne sont jamais remis, exode sans retour … J'ai grandi dans le Var entouré de beaucoup d'amis pieds noirs et mesure toujours avec gravité la douleur qui est la leur, l'ayant quelque peu partagé moi même, issu d'une famille déracinée ...

    La multiplicité des mémoires composent depuis des siècles la richesse de notre histoire et de notre présent et font la grandeur de cette nation. L’identité française est un creuset où d’une «guerre des mémoires» on aboutit à une communauté de destin partagé; les mois qui ont précédé nous ont douloureusement rappelé l'utilité du creuset républicain et citoyen. 

    La question qui nous est posée est à la fois simple, douloureuse et complexe : comment sortir de l’histoire pour construire le présent et préparer un futur plus serein ? Chacun sait que l’on n’écrit pas le présent à l’encre des rancœurs du passé, encore moins un futur serein.

    Il nous faut «sortir de l’histoire» pour surgir dans le présent comme l'écrit Kamel Daoud, sans déni, sans deuil maladif, rendu plus fort par la tragique et douloureuse expérience traversée.

    Plus que tout nous devons faire de la mémoire un souvenir partagé et commun …

     

     Il m'a semblé utile d'aborder aussi le ressenti des algériens, hier encore citoyens français vis à vis de cette histoire douloureuse qui est également la leur. Voici une chronique de Kamel Daoud, écrivain algérien à la plume flamboyante et à la parole toujours libre sur la situation de son pays face à l'histoire ...

     

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  • Maires et solidaires

     

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    J’étais aux cotés de mon ami Claude Jamet au Tribunal de Grande Instance de Fontainebleau, avec d’autres, beaucoup d’autres, tant d'autres : anciens salariés, habitants de Bagneaux sur Loing (la ville dont il est Maire), élus … Nous nous sommes retrouvés prés de 400. Une affluence record pour ce Tribunal, autant dire que la salle d’audience était bien trop petite pour accueillir tous les soutiens présents.

    Claude est jugé pour « entrave à la liberté des enchères ou soumission par violence ou menace », en fait la justice lui reproche d’avoir perturbé la liquidation de la société Prevent Glass, le 20 novembre 2012. Il s’était alors enchainé symboliquement et risque en théorie pour ce geste, une peine de six mois de prison, 22.500 euros d'amende et la perte de ses droits civiques.
    Si lors de l’audience le Procureur a cependant adoucit le trait, demandant pour cette action symbolique, une condamnation symbolique, la partie civile, n’a pas eu cette élégance; le liquidateur réclame 100 000 € de « préjudice matériel » prétendant que Claude lui a fait perdre avec son geste … 5 millions d’euros, sic. De "Maire courage", Claude est devenu du coup "l’homme qui valait 5 millions".

    L’affaire a été mise en délibéré au 11 avril.

     

    Claude fait honneur à son mandat. Un élu ne doit pas être hors sol, pratiquer l’entre soi, ne vivre qu’au travers, par et grâce aux médias, mais au contraire, vibrer et respirer au rythme et à l'unisson du territoire dans lequel il vit et qu’il représente... Agir afin de faire bouger les lignes, de créer des perspectives, agir simplement pour changer la vie de sa ville au quotidien.

    S’il se doit d’être à la fois un homme ou une femme d’écoute, de dossier, l’action importe plus que tout.
    Le geste de Claude Jamet n’est pas celui d’un Don Quichotte se battant inutilement contre les ailes d’un moulin et le vent, mais celui d’un semeur d’espoir qui ne s’avoue pas vaincu et poursuit sa route bravant l'adversité et les obstacles. C’est ainsi que l’on réconcilie les habitants avec les élus et qu’on leur donne l’occasion, bien trop rare par les temps qui courent, d’avoir de nouveau foi en la politique.
    Encore faut il agir avec ses tripes, son cœur et toute son énergie, être connecté à la vie réelle, loin des sunlights médiatiques et des petits calculs des bureaux des états majors parisiens, qui sont loin de tout et surtout des autres.

    Claude par son attitude exemplaire, tout au long d’un conflit social qu’il ressentait au plus profond (le Maire de Bagneaux-sur-Loing a travaillé 43 ans comme verrier sur ce même site, depuis l’âge de 14 ans), a réussit à canaliser la révolte et la colère légitime de travailleurs vivant dans des territoires ou l’emploi se meurt, ou le lien social s’éteint peu à peu, ou les perspectives d’avenir s’effacent au rythme des mauvaises nouvelles et des fermetures d’usines.Des lieux à des années lumière des feux de la rampe médiatique, donc loin du cœur des décideurs.

    S'il s'est enchainé à la porte du poste de garde, il n'a empêché nullement l’accès à l’usine, démontrant que l’on pouvait, à la fois protester et s'indigner contre une décision contestable et respecter les lois et la justice de la république, contrairement à ce que semble indiquer le Procureur et les parties civiles.
    C’est aussi grâce à son action, qu’aucune violence, qu’aucun acte désespéré ou dérapage ne sont à déplorer, cela n'a pas assez été dit ou écrit.

    Paradoxalement l’avocat des parties civiles a très bien décrit lors de sa plaidoirie les tensions qui existent  dans nos territoires, de plus en plus présentes et pesantes entre lois, décisions de justice, mesures de liquidations, licenciements et pays réel …
    Cette France périphérique (qui n'est désormais plus invisible) dans laquelle les extrêmes se développent, surfant sur le sentiment d’abandon ressenti par les habitants de "territoires de relégation et de déclassement" voit proliférer les détresses collectives et individuelles et s'élargir une fracture territoriale de plus en plus palpable, ce qui d'autant vrai dans les terres de Brie, à la fois si loin et si proches des portes de la métropole, de ce Grand Paris si puissant. 

    Certes un élu est un passeur et doit faire respecter le droit et la loi, y compris lorsque celui ci est difficilement applicable faute de moyens financiers ou humains, mais il est aussi un médiateur qui se doit de préserver plus que tout la cohésion sociale.

    Je considère, notamment après cette audience, que Claude Jamet n’a pas outrepassé les limites de son mandat, mais lui a fait honneur; démontrant qu’il avait su gardé et préservé toute sa capacité d’indignation en menant une révolte légitime et plus que tout pacifique. Ce faisant il a fait corps avec ses concitoyens et défendu un territoire si durement touché.
    N’oublions jamais que la détresse sociale est trop souvent d’une violence infinie, même lorsqu'elle est peu visible, et brise littéralement  des femmes et des hommes, aussi solides soient ils ou soient elles … 

    Un élu local authentique n’est pas désincarné, mais solidaire, il est fait de chair, de sang, d'émotions et de passion. Sa mission est également de se faire l’écho de la détresse, de la misère, du sentiment d’abandon du territoire qu'il représente, c'est aussi sa fonction.
    Cette révolte qui l’anime est un véritable moteur qui alimente le débat collectif mais elle constitue également un modérateur pour des concitoyens qui ne se sentent plus abandonnés mais représentés et défendus.

    Ce que la petite histoire de Bagneaux sur Loing retiendra c’est que grâce à l’action entreprise, à l’énergie déployée par Claude, l’ancien site industriel Prévent Glass hier complètement vide, commence à revivre aujourd'hui ; l’usine ayant été racheté par la ville a vu peu à peu revenir des entreprises et des emplois et a rebaptisé ce site Pyrex.

    Il est invraisemblable pour lui, pour notre combat commun et quotidien au service de nos concitoyens mais aussi d’une cohésion sociale de plus en plus ébranlée et fragile, ciment essentiel s'il en est pour "faire société", comme il est dommageable également pour la justice qui ne s’honore pas en cette occasion, que Claude Jamet se soit retrouvé à la barre des accusés.
    Est il admissible que des élus qui pour s’enrichir bafouent en toute impunité les lois depuis des années ne soient pas inquiétés, alors qu’un élu qui ne fait que ce qu’il estime être son devoir, en osant protester symboliquement, vive durant 38 mois à titre personnel un véritable enfer ?

    Ce n'est qu'une illustration de plus des paradoxes d’une société, pour le moins, schizophrène, dans une période troublée ou l’on exige tant des élus, tout en leur ôtant tout moyens d’actions ... 

    Aussi, ce n’est pas une peine minimum, tout juste symbolique que mérite Claude, mais la relaxe pure et simple, ce ne sera que justice…

     

    Les faits ...

     

     

     

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  • Habitat social, où en sommes nous ?

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    L’opération des logements sociaux de FSM inaugurée rue de Montceaux cette semaine, me donne l’occasion de faire un point sur notre situation en ce domaine et le partenariat initié avec ce bailleur.

    Je ne l’apprendrais pas aux lecteurs de ce blog, l'article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, impose à toute commune francilienne de plus de 1500 habitants d’avoir d’ici 2020, 20% de logements sociaux et 25% en 2025 (loi ALUR). Rappelons que si les décrets d’application de la loi SRU ne datent que de 2002, la pénurie de logements en France est une vieille histoire.
    L'état demande aux élus en un ou deux mandats de réparer plus d’un demi siècle d’immobilisme sur une telle question ; or pour appréhender et maitriser les ressorts d'une problématique que chacun s'accorder à reconnaitre comme complexe, il est nécessaire d’acquérir un minimum d’expertise et de savoir faire dans des domaines aussi divers que le foncier, l’habitat ou l’urbanisme. Le but d’une mixité réussie étant d’offrir aux habitants les conditions d’un véritable épanouissement. Ce qui veut signifie que même pour un élu convaincu de l'intérêt de ce texte, comme je le suis, lancé une telle action, véritable politique publique, lexige un minimum de temps, notamment au début.
    J’ai la conviction que s’il faut bien évidemment suivre à la lettre cette loi légitime, notamment répondre aux exigences quantitatives, il est également important d’en respecter l’esprit et de se fixer des priorités qualitatives ; ce qui est techniquement un peu plus compliqué à réaliser … Aussi, j’ai le sentiment d'avoir agit juste en faisant de la qualité de l’habitat, au sens global, une exigence préalable, et de tout avoir mis en œuvre pour y arriver.
    Il est vrai qu'une autre démarche etait possible : préempter un terrain en périphérie de ville, y bâtir en nombre les locatifs sociaux manquants ... Loin des yeux, loin du cœur ... Méthode simple, rapide, apparemment moins couteuse, respectant les objectifs quantitatifs de la loi SRU, mais pour le moins court termiste.
    J’assume de ne pas avoir été sur ce point exemplaire et d’avoir pris le temps de bien faire ; ce qui en son temps m’a valu des échanges pour le moins directs avec les représentants de l’Etat.

     

    Quelques convictions tout d’abord.

    Un Maire n’est pas l’élu d’une ville mais d’un territoire, ensemble complexe composé d’entités urbaines, agricoles et naturelles qui doivent dialoguer ensemble en bonne intelligence. Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, afin qu’ils gardent toute leur potentialité, en prenant prendre le contre pied du modèle urbain dominant, celui de l’étalement urbain, basé sur le développement de la ville «longue distance», consommatrice de foncier, d’énergie, de pierre, de temps et grande dévoreuse d’espaces …

    Depuis 2005 nous avons considérablement renforcé nos moyens d'action, acquis un réel savoir faire, initié un projet de développement durable du territoire (notamment avec l’éco quartier), réuni des partenaires indispensables, dont les services de l’état avec lesquels nous travaillons en toute transparence et l’Etablissement Public Foncier, qui déploie toute son expertise pour nous aider à construire du logement social ; et ce malgré les diverses difficultés rencontrées : foncières, financières, règlementaires, dont une spécifique à Trilport, un zonage absurde, inéquitable, illégitime pénalisant le montage de toute opération de création de logement sociaux. Nous agissons pour :

    • promouvoir un logement social de qualité, notamment en centre ville : afin de rapprocher les habitants des équipements publics, de développer les mobilités douces, afin de faire de Trilport une ville « courte distance ». Les appartements inaugurés sont lumineux, connectés à la fibre optique, dotés d'outils de suivi mobiles individuels ...
    • diminuer les charges des locataires en participant à la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (performances thermiques et isolation très performante), en privilégiant le plus possible les matériaux bio sourcés,
    • privilégier les opérations à taille humaine, l’éco construction, l’accessibilité, la signature architecturale du bâti et son intégration au site.
    • Développer une mixité multi générationnelle et sociale dans toute la ville, afin d’éviter ghettoïsation ou sentiment de déclassement et proposer également des solutions de logement adaptées tant aux séniors, qu’aux jeunes
    • Intégrer dans chaque opération les problématiques du stationnement, afin d’apporter des réponses non doctrinales mais bien concrètes

    Mais au delà du rationnel, du technique, des données statistiques, je voudrais surtout et plus que tout parler d’humain, d’affect, de pathos, de désir. Trop peu d’acteurs s’en préoccupent, c’est pourtant essentiel.

    Une feuille de route s’impose : rendre la ville durable, aimable et désirable, en travaillant sur la qualité des espaces, du bâti, des services de proximité mis en place … Vivre en ville, c’est avant tout habiter sa ville et même si possible être habiter par elle.

    Il est grand temps de faire évoluer dans l’inconscient collectif les représentations liées à la ville, à l’épanouissement personnel, familial et collectif, en améliorant concrètement la qualité de vie, les aménités, l’intensité urbaine et placer l’humain et la préservation de la nature au centre de nos réflexions.

    La ville est un tissu vivant qui doit se régénérer, se reconstruire sur lui même, mais être également en capacité de procurer de l’émotion et d’avoir une dimension évocative. S’il est nécessaire de développer une ville plus intense, elle doit dans le même temps être surtout, paradoxalement, plus humaine ... C’est la vision que nous partageons avec nos partenaires.

     

    Pourquoi avoir choisi FSM, et où en sommes nous vis à vis de la loi SRU ?

     

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  • Pour que le 115 ne soit plus aphone

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    La publication du rapport annuel de la Fondation de l’Abbé Pierre est l’occasion chaque année de faire le point sur la situation du logement dans notre pays. Ce document exhaustif est désormais la référence sur cette problématique essentielle située à la confluence de beaucoup des fléaux qui touchent notre société. Son édition 2016 (21eme du nom) bénéficie des données de l’enquête INSEE sur le logement qui démontrent l’aggravation d’une situation impactant de plus en plus de personnes vulnérables, dont les sans domicile fixes.
    Rappelons que si deux millions de personnes attendent toujours l'attribution d'un logement social, notre pays ne parvient toujours pas à héberger plus de la moitié des sans abris, dont le nombre a quasiment doublé en dix ans pour la seule Ile-de-France (+ de 85 % de 2001 à 2011). Une nouvelle tendance inquiétante se confirme, de plus en plus de familles avec enfants sont concernées et se retrouvent sans logis.

    La question des réfugiés a donné lieu à une mobilisation tout à fait exceptionnelle (cf billet précédent), qui a permis d’explorer et de découvrir de nouvelles pistes, dont certaines tout à fait appropriées à l'accueil des personnes sans domicile fixe.
    La récupération et l'exploitation politique qu’en a fait un parti comme le Front National, que j’ai vécu en direct lors d’un débat en Conseil Communautaire avec une de leurs élues, laisse pantois. Les représentants de ce mouvement idéologique qui ne s'étaient jamais préoccupés jusque là du sort des exclus, bien au contraire, dénoncent désormais, la « concurrence » entre sans-abri français et réfugiés étrangers et « l’abandon » des SDF de souche au profit de clandestins. La ficelle est un peu grosse ...
    Plutôt qu’une récupération politicienne indigne et pour tout dire assez minable, la question des SDF exige des réponses concrètes et urgentes, tant le système actuel apparait totalement à bout de souffle : centres d’appel saturés, lieux d’hébergement débordés, seulement une personne sur deux qui appelle le 115 se voit offrir une solution pour la nuit, mais également des conditions d'hébergement très préoccupantes, voir indignes et sans aucun traitement social de fond à la clé.

    Il faut arrêter le bricolage social, repenser de manière globale notre politique d’accueil, la refonder, tant il est indispensable de donner à ses familles très fragilisées la possibilité de rebondir et leur permettre effectivement et réellement de sortir de ce qui est devenue une spirale infernale, afin de pouvoir s'intégrer dans la société.

    Pour cela un seul impératif, assumer de faire de la question de l'hébergement des sans abris, une véritable priorité, en y apportant des réponses structurelles sur le court, le moyen et le long terme.

     

    C’est ce que ce billet vous propose d’explorer, en commençant par un état des lieux quelque peu décapant, qui n’est que le reflet d’une triste réalité.

     

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  • Pour des mobilités péri urbaines

     

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    Si la dégradation des transports franciliens (retards, suppressions, état de propreté, travaux … ) impacte tous les usagers sans exclusive, elle est encore plus mal ressentie par ceux qui y passent le plus de temps. Depuis l'été, une ligne SNCF apparait particulièrement sinistrée (la ligne P) et illustre les conditions de transports quotidiennes, plus que limites, subies par les usagers en 2016, même si ce cas ne semble pas isolé.

    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire d'une ville seine et marnaise de 5000 habitants dotée d'une gare, et Vice Président d'une Communauté d’Agglomération qui constitue un véritable hub pour plus de 200 000 personnes vivant dans les bassins de vie du Nord Est Seine et Marnais, je suis devenu au fil des ans, et presque malgré moi, quelque peu spécialiste « es mobilités péri urbaines ».

    Ce billet reprend, pour l'essentiel, la trame d'une note élaborée dans le cadre des élections régionales, aux  propositions essentiellement tournées vers le péri urbain, ce que j'assume, tant ces territoires ont trop longtemps été considérés comme de simples variables d'ajustement, alors qu'ils sont avant tout pour nous qui y vivons des terres d'épanouissement, des terres d’avenir.

    Je veux souligner que beaucoup de mesures mises en place sous l'autorité de Jean Paul Huchon, dont le cadencement, ont apporté une incontestable valeur ajoutée sociale et induit de nouveaux usages. Ces mesures ont contribué, incontestablement, à changer la vie au quotidien de milliers d'usagers et ouvrir de nouvelles perspectives à des territoires qui en manquaient cruellement jusque là.
    Paradoxalement, elles font apparaître en creux aujourd’hui, toutes les faiblesses et lacunes d’un réseau sous dimensionné, obsolète, qui souffre de plus de trente ans de sous investissement et d’abandon. Que ce soit au niveau des voies comme du matériel roulant. J'en veux pour preuve la multiplication quotidienne des incidents et dysfonctionnements d'aujourd'hui qui exaspèrent au plus haut point les usagers durement mis à l’épreuve depuis des années.

    Les mobilités en Grande Couronne sont une priorité absolue et urgente, tant ces territoires attirent de plus en plus d’habitants et que le réseau ferré y est plus que thrombosé. Beaucoup craignent que la métropolisation en cours n'amplifie les inégalités territoriales et sociales déjà pourtant très grandes, pour faire simple, que la grande métropole n'aspire l'essentiel des moyens financiers et logistiques.
    Nous savons que si aucun investissement d’envergure n’est lancé dans les prochains mois sur les réseaux sinistrés de la Grande couronne, c’est toute l’Ile de France qui risque de se retrouver paralysée demain. L'inquiétude des élus, au regard des budgets locaux plus que contraints, est que l’essentiel des moyens financiers ne se concentrent sur le seul réseau du Grand Paris Express; d'autant que ce dernier possède de sérieuses zones d’ombre : sous estimation financière des infrastructures souterraines, pas ou peu de prévision sérieuse sur le cout des reports modaux, les charges liées à la multimodalité n’apparaissant dans aucun modèle financier ! Conséquence l’addition pourrait fort être beaucoup plus salée que celle initialement envisagée.

    Mes propositions ne se limitent pas aux seuls investissements lourds, mais intègrent également des actions liées aux spécificités de la dimension péri-urbaine. Je suis persuadé qu'il faut promouvoir une lecture novatrice, pro active, transverse, et prospective des enjeux, potentialités et contraintes présentes sur nos territoires. Nos réponses pour être efficaces et utiles doivent être adaptées et contextualisées, tant y mettre en place des solutions de mobilités s'apparente à de la vraie dentelle urbaine. Les situations que l'on y rencontre vont du transport de masse au "sur mesure" quasiment individualisé. .

    L’urgence, vu la multiplicité des clés d’entrée, est de dégager une problématique lisible, des priorités claires, de concilier également des actions de nature différentes portant sur le court, le moyen et le long terme, tant sur l'investissement que le fonctionnement. Actions toutes liées les unes aux autres, les mobilités péri urbaines étant par nature systémiques.

    Voici quelques propositions,  objectif poursuivi ?

    Améliorer le quotidien des usagers vivant en grande couronne ... 

     

     

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  • Edgar pense global et il a bien raison

     

    « Je pense que le mot métamorphose est plus riche que le mot révolution…

    La métamorphose signifie qu’il n’y a pas rupture totale avec le passé : on utilise au contraire l’acquis culturel de l’histoire passée de l’humanité…

    C’est ce processus de transformation que nous connaissons très bien chez la chenille qui, s’enfermant dans sa chrysalide, commence à s’autodétruire avec des ailes en tant que papillon. La chenille est devenue une autre, à partir d’elle même.

    On sait avec quelle difficulté, quand la chrysalide s’ouvre, le papillon parvient à déployer ses ailes avant de pouvoir s’envoler. Comme un enfantement, la métamorphose s’accomplit dans la douleur.

    Toute l’évolution est donc un processus de création qui crée de la destruction. La formule de Schumpeter la « destruction créatrice » qui est reprise un peu partout est à mon avis fausse : c’est la création qui est destructrice ...

    Nous vivons le commencement d’un commencement. »

     

    Edgar Nahoum, dit Edgar Morin,

    Grand résistant, sociologue et philosophe français.

    Tirée de son dernier ouvrage : "Penser global"

     

    Pour prolonger, un entretien de 2013 au Monde, toujours d'actualité car Edgar Morin garde toujours quelques stations d'avance "Il faut enseigner ce qu'est être humain" ...

     

    Tout un programme non ? Ecce homo ...

     

     

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  • Pour 2016 ? Semer des graines d’avenir

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    La cérémonie des vœux est également l’occasion de parler d’avenir (cf billet précédent), de tracer des perspectives pour l'année qui vient, sinon de monde meilleur (sachons rester à notre place), du moins d’actions et projets... En ce qui concerne 2016, les annonces n’ont pas manqué, tant cette année constitue une année pivot, propice à semer des graines du présent et de l’avenir …

    Depuis le 1er janvier, Trilport a rejoint la famille des villes de 5 000 à 10 000 habitants. Le nouveau Plan Local d’Urbanisme qui sera arrêté d’ici peu accompagne ce développement autour d’une priorité claire : privilégier la reconstruction de la ville sur elle même plutôt que consommer inutilement des espaces agricoles et naturels.
    Autres axes stratégiques : développer la bio diversité dans la ville, agir en faveur des alternatives à la voiture individuelle, anticiper les conséquences des aléas météo extrêmes …
    Si nous avons vécu l’année la plus chaude depuis 1880, sans doute même depuis que l’homme est homme, et que le pôle Nord accuse des températures positives supérieures d’au moins 20 °C aux normales saisonnières, cela ne sera pas sans conséquences sur la violence des phénomènes météorologiques des prochains mois. Nous sommes à des années lumière des effets du bruissement des ailes d'un papillon, l'effet "glaçon fondu" est plus dommageable que l'effet papillon.

    Trilport compte 5 017 habitants au 1er janvier 2016, soyons honnête, nous n’avons rien fait ces dernières années pour accélérer ou précipiter ce développement urbain inéluctable, bien au contraire. Il nous semblait important de préserver identité et équilibre du territoire, sans doute, mais surtout préparer la commune à l’arrivée des nouveaux habitants et éviter tout effet champignon, très déstabilisateur en partant d’un principe simple : pour qu’un arbre grandisse harmonieusement, il est nécessaire de creuser des fondations profondes qui permettent à ses racines de se développer progressivement et leur laissent le temps de faire leur place : projet de ville, efficacité et organisation des services aux habitants, équipements publics comme les écoles …

    L’éducation est par définition une graine d’avenir, c’est aussi pour cela, qu’elle a été, est et sera au cœur de nos priorités. Que ce soit dans l’accompagnement des dynamiques éducatives autour de l’éducation à l’environnement, des usages numériques, que dans les activités périscolaire, ou l’investissement dans les locaux, à créer, rénover ou agrandir !
    Nous avons privilégié cette option, car elle permet d’adapter tous nos groupes scolaires aux besoins d’aujourd’hui et redonne à l’école la plénitude de son rôle de creuset de citoyenneté républicaine et d’intégration. Une ville se construit également autour de ses écoles. Dans le même cadre nous ouvrirons également d'ici quelque jour, un lieu d’accueil et d’écoute pour les parents et les enfants de 0 à 6 ans, afin d’améliorer une relation parentale, malmenée quelquefois, notamment en période de crise.

    Limiter nos émissions de Gaz à Effets de Serre est également préserver l’avenir mais aussi et surtout le présent à l'heure de la COP 21. C'est pour agir en ce sens que  nous rénoverons l’éclairage public dans toute la ville, poursuivrons l’isolation thermique des équipements publics en privilégiant l’emploi de matériaux bio-sourcés locaux (chanvre et bois) et lancerons la mise en place d’un mini réseau de chaleur destiné à alimenter Salle des Fêtes, Groupe scolaire Prévert et futur réfectoire.

    Mais de toutes les annonces de la soirée, celle qui a retenu incontestablement l’attention du plus grand nombre est relative à l’éco quartier de l’Ancre de lune …

    Pourquoi ?

     

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  • En 2016, Rallumons les étoiles, vite ...

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    Ce soir, cérémonie des vœux, tradition républicaine oblige  … Un an, jour pour jour, après l’attaque de Charlie Hebdo, notre vie depuis n'est plus tout à fait la même. J'ai en mémoire, je pense pour toujours, l’ambiance plus que particulière des cérémonies de l’an dernier, toutes placées sous le signe de "Je suis Charlie".
    A la question, pourquoi une cérémonie de vœux ? Plusieurs réponses s'imposent :  passer un moment de convivialité, tant il est agréable de se retrouver un moment entre acteurs du terrain pour échanger, faire un point d'étape sur l’année qui vient de s’écouler histoire d'en tirer des enseignements utiles, apporter également quelques éclairages ou clés de lecture destinées à faciliter le décryptage d’enjeux passés ou à venir, tracer quelques perspectives sinon de monde meilleur, du moins d’actions à accomplir pour l'année qui commence, et surtout remercier de leur énergie et de leur passion, tout ceux qui font une communauté de vie. Qu'est ce qu'une ville ? Sinon toutes ces personnes qui tissent chaque jour des liens ténus, fragiles mais au combien précieux qui donnent contenu et sens au vivre ensemble.

    Rarement une année aura concentré autant d’émotions aussi intenses que 2015, certainement une des plus dramatiques que la France ait connue depuis des décennies, mais aussi paradoxalement, une de celle qui nous aura le plus appris sur nous mêmes.

    De l’attaque de Charlie Hebdo, au Bataclan, que de drames humains et de vies envolées … Ces faits de guerre auront agit comme un révélateur, vague de fond ébranlant le pays et l’impactant au plus profond. Des priorités essentielles, que nous laissions jusque là de coté, comme banales, presque superflues, se sont brusquement rappelées à nous : la fragilité d’une vie, la violence de la guerre, les douleurs qu’elle provoque.

    Nous avions oublié que rien n’est jamais acquis définitivement, surtout l’essentiel.

    En quelques jours, la fragile bulle qui nous préservait des malheurs du monde s’est brusquement et violemment déchirée … Chacun mesure depuis, la saveur de nos modes de vie, l’importance et la portée des valeurs républicaines dans la tourmente.

    Plus rien désormais ne sera comme avant …

    • la formidable vitalité et la force incroyable de ce pays lorsqu’il est menacé se sont révélées, ainsi que sa capacité à faire bloc face à l’adversité. La France n’est pas tombée dans le piège des terroristes cherchant à cliver, diviser, rejeter, exclure, fractionner, pour exploiter ensuite nos détresses, faiblesses ou fêlures.
    • Nous mesurons tout ce que nous devons aux forces de l’ordre, pompiers, secouristes et médecins, comme à l’action de ceux qui, sur le sol national ou au-delà des mers et océans, luttent jour et nuit contre Daech.…
    • C’en est fini de ce « French bashing » injuste et mortifère qui nous a collé à la peau si longtemps… Nous goutons notre chance de vivre dans un pays libre et ouvert, riche d’une qualité de vie que le monde entier nous envie, où il fait si bon se cultiver, aimer qui bon nous semble, étudier, travailler, grandir, vieillir, s’épanouir. Les images du 11 janvier resteront gravées dans la mémoire collective : de la dignité de la foule interminable rassemblée Place de la République, au recueillement des chefs d’état venus de toute la planète rendre hommage à notre pays et ses valeurs universelles de paix, liberté, tolérance …
    • Nous devons cependant garder en tête une réalité brutale, douloureuse et cruelle, c'est bien notre société qui a enfanté les auteurs de ces assassinats …

    La réponse sécuritaire, priorité du moment, doit être complétée de mesures sur le moyen et long terme, pour ne pas nous limiter à traiter des seuls effets et conséquences, mais des causes, multiples. Mission qui nous oblige tous : élus, éducateurs, enseignants, parents …

    Confrontés à un monde en mutation, à une planète qui se délite et se fait la malle, notre société a grand besoin de repères. La citoyenneté constitue une balise clé, puisqu’elle nous aide à savoir qui, et, où nous sommes, individuellement et collectivement.

    Encore faut il réapprendre à produire du commun, retrouver notre capacité collective à faire société, à construire le « vivre ensemble », en bonne intelligence…

     

    Retour sur 2015 ... 

     

     

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  • Que l'année nouvelle soit belle comme une orange bleue

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    Voeux de la Ville de Trilport, Citation : Apollinaire, dessin : Albert, Conception : Concordance(s)

     

    "Il n'y a de rêve que de rêve étoilée"

    Paul Eluard

     

    Que 2016, soit pour chacun d'entre vous, une voie lactée ...


    la terre est bleue comme une orange ...

     

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  • A mis abuelos

    Certificat de réfugié  de mon père

     

     

    Dernier Conseil communautaire de l'Agglomération du Pays de Meaux, intervention de l’élue FN, classique, ses prises de parole ne démontrant jusque là qu’une très grande méconnaissance des dossiers et un désintérêt manifeste et profond pour le quotidien de nos concitoyens (abstentions ou vote contre de quasiment toutes les délibérations, notamment celles destinées à améliorer les conditions de vie ou de transport).

    Mais là, elle franchit une limite, et quelle limite ... Elle demande tout simplement aux Maires présents de lui faire un état sur les migrants accueillis dans leurs communes … Son intervention m'a amené à lui répondre, cash, afin de ne pas banaliser l'inacceptable, une demande "digne" des époques les moins glorieuses du pays ... 

    Migrant, un mot qui résonne singulièrement à mon cœur ...

     

    "Les migrants

    comme vous dites, Madame,

    ont deux jambes, deux mains, une tête, une âme et un cœur,

    Comme vous et moi,

     

    Le sang des migrants

    comme vous dites Madame,

    est rouge,

    Comme le votre, le mien,

     

    Beaucoup l’ont versé ce sang 

    et ont perdu la vie

    pour libérer le pays qui les avaient accueillis,

    le votre, le mien … Madame,

    Je pense aux soldats de la Nueve entrant dans Paris,

    Je pense aux tirailleurs sénégalais venus d’Afrique Noire ou du Maghreb

     

    Je suis fils et petit fils de migrants

    comme vous dites, Madame,

    de réfugiés plus exactement,

    bergers espagnols fuyant le régime de Franco

     

    Je suis fils et petit fils de migrant

    Comme vous dites , Madame,

    Non seulement je l’avoue,

    Mais face à vous, je le revendique,

     

    Je suis fier de mes grands parents et parents

    Ils m’ont appris à aimer la France,

    Votre pays, mais aussi le mien, Madame

    Même si je n’oublie pas d’ou je viens

     

     

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  • Résister, se conjugue au présent

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    Ces derniers jours nous auront marqué à jamais … trop de vies envolées, trop de personnes blessées, trop de familles endeuillées ou meurtries …  Une foule de sentiments de l’ordre de l’intime s'entremêlent dans nos têtes et nos coeurs : émotion, compassion, sidération, incompréhension, indignation, révolte, colère également …

    Cette tragédie aura agit comme un révélateur pour le pays, vague de fond, l’impactant, l’ébranlant même et faisant remonter à la surface certaines réalités, jusque là laissées de coté, qui se rappellent brusquement à nous : la fragilité de notre sécurité individuelle et collective, l’utilité d’un service public efficient ... Chacun a pu mesurer ce que nous devons à l’action déterminante et exemplaire des forces de l’ordre, pompiers, secouristes et médecins lors de ces tragiques évènements. Leur courage et l’efficacité de leurs actions ont permis de sauver beaucoup de vies et de soulager la douleur de centaines de blessés ... comme à chaque fois.

    Face à ce qui constitue un véritable acte de guerre, une seule réponse s’impose : faire bloc et rester unis … L’heure est à l’unité nationale pour ne pas tomber dans le piège tendu par l’Etat Islamique qui cherche à cliver, diviser, rejeter, exclure, fractionner pour mieux rebondir ensuite afin de surfer sur nos détresses, nos faiblesses et plus que tout sur nos fractures …
    C'est pourquoi il est important de défendre, ensemble, face à la barbarie que Daech représente, cohésion nationale et sociale, valeurs républicaines mais aussi nos modes de vie pluriels.

    La petite musique politicienne de certains (ir)responsables a fait plus que désordre, ce mélange assez minable des genres constitue une faute politique majeure, tant le contexte dramatique du moment exige sang froid, discernement, responsabilité et, plus que tout, sens de l’état.
    L'heure est à l'action et aux investigations, pas aux polémiques, c'est le pays qui est attaqué et nos valeurs qui sont menacées.
    L’heure est au soutien au Président qui n’a pas failli et s’est montré à la hauteur de la situation, au gouvernement qui agit vite et fort, et à tous ceux qui, anonymes, nous protègent jour et nuit de l'Etat Islamique, souvent au péril de leur vie, que ce soit sur le sol national ou au-delà des mers et des océans

    C’est parce que la France lutte contre l’obscurantisme et le fanatisme, qu’elle est à la pointe du combat pour la liberté, que son action est déterminante, qu’elle est devenue la cible des terroristes ! Mais c’est aussi pour tout ce qu’elle incarne, plus encore après le 11 janvier, notre pays est devenu de nouveau pour la planète un symbole de liberté que les fanatiques veulent abattre absolument !

    Plutôt que ce complaire dans un France bashing injuste et mortifère, apprécions la chance que nous avons de vivre dans un pays libre et ouvert, riche d’une qualité de vie que le monde entier nous envie, ou il fait bon se cultiver, aimer qui bon nous semble, étudier, travailler, grandir, vieillir, s’épanouirNous le devons aux morts du Bataclan, aux vivants, mais aussi à nos enfants.
    C'est pourquoi il nous faut, y compris si cela semble si difficile aujourd’hui, "enraciner l’espérance dans le terreau du cœur" et y semer des graines de monde meilleur, loin de la peur, de la terreur et de la douleur …

    Nous ne pourrons cependant faire l’économie d’un examen de conscience lucide, sans complaisance aucune, et d’une nécessaire remise en cause ne pouvant se limiter à la seule analyse des conséquences ou de l'analyse de la dualité entre liberté et sécurité (moins de liberté pour plus de sécurité), mais bien nous attaquer aux racines du mal … 
    Au delà des mots, postures ou polémiques nous devons apporter des réponses globales, ajustées, adaptées, et garder en tête une réalité brutale, douloureuse et cruelle, c'est bien notre société qui a enfanté les auteurs des actes de guerre du 13 novembre.

    Recherchons au plus profond de nous mêmes les réponses  qui permettront que « les sanglots longs des violons de l'automne ne blessent de nouveau nos cœurs » au vent mauvais …

     

    Mais qu'elles sont elles ?

     

     

     

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  • Ligne P : fracture consommée ?

     

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    Dans un billet daté de février dernier, j’évoquais la rencontre organisé par Guillaume Pepy, Président de la SNCF avec les Maires des villes de la ligne P (dont Trilport), entretien qui m’avait laissé entrevoir quelques perspectives d’amélioration dont je m’étais fait l’écho, imprudemment cependant, tant la réalité aujourd'hui est malheureusement toute autre.

    Nous assistons depuis cet été à une dégradation inacceptable des conditions de transport, pourtant loin d’être idéales jusque là : retards, suppressions de trains, propreté, travaux …  Mais plus que tout, c’est la multiplication du recours aux trains courts lors des heures de pointe, avec tout son cortège de conséquences sur les conditions de voyage (dont beaucoup inadmissibles), qui exaspèrent au plus haut point les usagers dont certains passent prés de 2 heures par jour dans ces trains; et cela sans comptabiliser le métro ou le RER !
    Il faut concrètement partager de tels moments pour comprendre tout le ressenti et la colère légitime de voyageurs qui se sentent considérés comme du véritable « bétail » (sic). Aucun sas de décompression, les transports ferrés sont déjà en mode "Metro heure de pointe" dés leur gare de départ !

    J'ai adressé à Guillaume Pepy il y a quelques semaines un courrier pour protester comme élu et usager, de cette situation inacceptable qui n’a que trop duré. Petite note positive cependant depuis septembre, le Pass Navigo à prix unique qui atténue une inégalité territoriale devenue de plus en plus pesante et discriminante au fil du temps.

    Il est dommageable que tous les efforts consentis depuis 2008 par la Région et le STIF soient ainsi remis en cause par ces dysfonctionnements. Les mesures mises en place, telles le cadencement, l’arrivée de nouvelles rames, la rénovation des voies et des quais mais aussi la tarification, induisent de nouveaux usages de mobilités chez nos concitoyens notamment le week end ou en soirée mais elles font apparaître paradoxalement aujourd’hui en creux, toutes les faiblesses et lacunes d’un réseau sous dimensionné et obsolète qui n'arrive pas à suivre cette montée en puissance. L'obsolescence étant, ne l'oublions pas, la cause principale de la multiplication des incidents rencontrés ligne P.
    Cette ligne ferroviaire est représentative des contrastes de l'Île-de-France à l’heure du Grand Paris, elle devrait à ce titre inspirer les candidats aux régionales en les incitant à élargir leur focale jusqu’aux franges les plus lointaines de la région, afin de positionner la problématique des transports de la grande couronne comme une priorité absolue.
    Je n'ose suggérer à Monsieur Pepy de prendre quelques minutes pour gouter aux délices d'un aller simple Trilport / Paris aux heures de pointe dans de telles conditions. Si l'on veut prendre les choses du bon coté, il est vrai que lorsque les usagers après un tel périple arrivent enfin à leur travail  ils se sentent libérés ! Mais est il normal de promouvoir l'émancipation par le travail avec un tel procédé ?

    Rappelons que longue de 252 km, fréquentée chaque jour par 85 000 usagers, nombre en constante progression, la ligne P dessert 36 gares sur 3 départements et s’étire à plus de 90 km de Paris, allant jusqu'à Château-Thierry ou La Ferte-Milon. Imaginons les analyses que pourraient en tirer Emmanuel Vigneron, sociologue rendu célèbre par ses travaux sur les variations de l'espérance de vie au fil du RER B, ou encore Christophe Giulluy, le spécialiste des fractures entre France des métropoles et France périphérique tant elle illustre la discrimination territoriale du pays et bien des problèmes que rencontrent le péri urbain.
    Rajoutons encore une couche, la ligne P est la dernière en Ile de France à avoir des voies encore non électrifiées (Provins / Trilport à La Ferté Milon) ! Anachronisme qui impose des contraintes de gestion de parc, complexes et couteuses, des rames ayant une faible capacité et le recours à des navettes bus de substitution lorsque ces dernières tombent en panne ou en raison du rythme des saisons : été (chaleur, canicule), automne (les feuilles qui tombent à la pelle), hiver (froid, gel et neige), ce doit être également une des raisons pour laquelle les usagers apprécient tellement  le printemps, 

    Question simple mais importante pour le quotidien de milliers d'usagers de la Grande Couronne :  comment améliorer leur quotidien durablement dans une situation qui aujourd’hui est pour le moins compromise ?

    Voici quelques pistes de réflexion dans le cas ou nos décideurs seraient en manque d'inspiration ...

     

     

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  • Etranges étrangers et réfugiés ...

     

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    Photo : R. Maalouf


    "Tout homme a droit à une vie qui lui permette de se construire."

    Albert Jacquard

    Avec Nicole Bricq, Sénatrice de Seine et Marne et Rita Maalouf (Secrétaire Nationale du PS à l'humanitaire et aux droits de l’homme) nous sommes allés à la rencontre des réfugiés syriens et irakiens hébergés au Centre d’Accueil pour demandeurs d’asile de Champagne sur Seine. La logistique mise en place par la Croix Rouge, la proximité nouée avec les familles de réfugiés, dont une dizaine d'enfants, malgré l’obstacle de la langue, permettent à ces familles, dans un endroit préservé, de se réparer peu à peu.
    Ils nous ont raconté, sans en rajouter, une partie de leur périple : les milliers de kilomètres effectués, les pays franchis, la traversée pour le moins rude de la Méditerranée, les exactions et exécutions commises par  DAECH à Alep, comme leur désespoir de voir la Syrie abimé durablement, sans perspectives d’avenir immédiates.

    Elu d’une ville volontaire pour accueillir une famille de réfugiés, cette rencontre me semblait utile, en qualité de Président de l’UDESR de Seine et Marne il était  également important de dialoguer avec le Maire de Champagne sur Seine, l’humanisme de sa médiation ayant contribué à tisser un réseau de solidarités dans toute sa ville.
    Cette visite m’a marqué, la question de l’asile politique est ancrée au plus profond de moi, je n’oublie pas d’où je viens; comme tant de français, descendants de « ritals », « polaks », "hongrois" ou « viets », mes origines sont d’ailleurs, nous mesurons tout ce que nous devons à la France, accueillir aujourd’hui des réfugiés est un devoir d’humanité et de solidarité, mais en ce qui nous concerne, également de mémoire.
    Deux visions de la société s’affrontent sur une telle question. Celle qui assume et revendique cet accueil, au nom des valeurs républicaines, d’humanisme et de solidarités qui font la France, l’autre toute différente, basée sur le repli, l’égoïsme, l’individualisme et le rejet de l’étranger qui le condamne, ses défenseurs comparant la vague migratoire à un « tsunami », ce faisant ils travestissent, une fois de plus, la vérité, tant la réalité des chiffres s’impose : la France, 5 ou 6eme puissance mondiale va accueillir 24 000 réfugiés en deux ans, soir 1000 personnes par mois, ou 10 par département.
    Souvenons nous des 500 000 Espagnols accueillis à la fin de la guerre d’Espagne, des 120 000 boat people de 1979 nous venant du Vietnam, du Cambodge ou du Laos, des 15 000 chiliens de 1973 ! Point commun, toutes ces familles fuyaient la mort pour délit d’opinion !

    Cette crise n’est pas européenne, mais régionale, et concerne en premier lieu les pays du sud. Sur les 5 millions de syriens fuyant leurs pays, 98 % vivent dans les pays limitrophes : prés de 2 millions en Turquie (pays de 75 millions d’habitants) et plus d’un million au Liban (pays de 4 millions), le reste se répartissant entre Jordanie et Irak.

    Nous devons reconnaitre qu'en ce qui concerne l’accueil d’urgence,  la France n’était jusque là guère à la hauteur. Pas de scoop ici, chacun sait que  le pays galère chaque hiver pour proposer un simple toit à nos «réfugiés de l’intérieur», alors comment accueillir ces nouveaux arrivants ?
    Un préalable, crucial, souligné avec raison et gravité par Louis Gallois, Président de la Fedération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS) lors de la réunion du 12 septembre organisé par Bernard Cazeneuve : il ne peut y avoir de « concurrence entre pauvres », pour être clair, ce qui est «donné» aux réfugiés ne peut être pris à ceux qui galèrent. Je suis persuadé, paradoxalement, que tout ce qui est entrepris aujourd’hui, de manière tout à fait exceptionnelle, permettra demain d’apporter des réponses dignes, humaines et surtout plus efficace, à tous ceux qui en France, trop nombreux, ont recours aux services du 115. N’oublions pas que la période d'hiver approche. J’y reviendrais, tant cette crise, laisse entrevoir de nouvelles pistes.

    Le pays a mis la démultipliée ces dernières semaines : mobilisation de l’ensemble des acteurs (associations, bailleurs sociaux, collectivités) permettant de libérer des milliers de places de logements décents (anciens foyers logement désaffectés, anciennes maisons de retraite, bâtiments en attente de démolition, casernes inoccupées … ), délais d’obtention du statut de réfugié raccourcis, afin de permettre à ceux qui l’obtiendront de prétendre à un logement social au plus vite, en laissant la place à d’autres arrivants, le gouvernement assumant enfin une « logique de flux », plutôt que la « logique de stock » qui prévalait jusque là. 

    Bien sur, après reste le plus délicat : l’insertion... Impossible de ne raisonner qu’en terme capacitaire, quantitatif, techno, tant cette problématique doit s’appréhender de manière transversale, qualitative et surtout humaine …
    Réussir une intégration est la résultante d’une longue chaine de solidarités, dans laquelle chaque maillon, aussi infime et fragile soit il, a un rôle essentiel : collectivités, Etat, associations, particuliers …  C’est à ce stade que d’autres acteurs, dont les collectivités interviennent, d’ou l’intérêt de visiter le Centre d’Accueil de Champagne en amont …

    La compassion née d’un cliché, d’un interview, ne dure trop souvent qu’un temps éphémère, c'est ce que rappelait le Maire de Champagne sur Seine, celui de l’émotion …
    Il faut en ce domaine, être efficace, humain, collectif mais plus que tout, tenace, d’autant que cette question des réfugiés risque de devenir une constante des prochaines décennies, et ce pour plusieurs raisons … 

     

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  • Fleurissement, Zéro phyto et qualité de l'eau

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    Nous avons accueilli à Trilport il y a quelques jours le jury régional des villes et villages fleuris, visite traditionnelle depuis 1997, année d’obtention de notre Première fleur (suivie d’une seconde en 2000), dans ce concours qui concerne désormais une commune française sur trois, dont 305 pour la seule Ile de France.

    Autant l’avouer, j’avais de sérieuses réserves sur l'utilité d'un tel label. Privilégier un fleurissement ostentatoire, grand consommateur en logistique, eau et produits phytosanitaires, réservé à certains «spots» stratégiques de la ville, ne me semblait pas revêtir de caractère prioritaire.
    L’évolution sensible des critères de ce prix m’a depuis fait changer d’avis. Le respect de l’environnement et la défense de la bio diversité y sont devenus prépondérants, le jury évaluant fleurissement (répartition dans la ville, adaptation aux contraintes des sites, diversité et qualité des compositions, entretien tout au long de l’année), pratiques environnementales déployées, dimension sociale et citoyenne accompagnant la démarche de la collectivité. En fait, c'est bien de la place du végétal dans la ville dont il est question, et des actions en faveur de l'environnement engagées, jusqu'au projet de développement initié.

    Dans ce cadre, soulignons que Trilport bénéficie d’un patrimoine naturel exceptionnel : bords de Marne, forêt domaniale, écrin de cultures entourant le centre urbain et points de vue sur les coteaux environnants uniques dans la région. Dans le même temps la ville a une configuration urbaine affirmée (présence de zones industrielles, d’une gare et de plusieurs infrastructures routières) et se développe, du fait de la loi SRU. Dualité qui nous a mené à initier un projet de territoire dont l’objectif est de construire une ville durable, qui n’oublie pas cependant d’être aimable à ses habitants.

    Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, en limitant l’étalement urbain, piste privilégiée : « construire la ville sur la ville » (plus facile à dire qu’à faire !) mais nous travaillons dans dans le même temps à y renforcer la présence végétale. Ce dernier objectif est à la base de notre engagement dans le label des villes fleuries.
    Le but n’est pas de décrocher une 3eme fleur à tout prix, mais bien de défendre une conception de l’aménagement urbain représentative des spécificités de ce territoire, en nous appuyant sur la place qu’y occupe déjà le végétal.
    Un nouveau modèle de développement urbain est possible, trouvant ses racines dans les spécificités du terroir local et intégrant très en amont les exigences de l'urgence environnementale en apportant des réponses concrètes et utiles pour faciliter l’adaptation de nos villes aux conséquences de la dérégulation climatique.

    L’importance écologique des arbres et espaces verts n’est plus à démontrer (développement de la bio diversité, captation du CO2, régulation thermique lors des périodes de canicule notamment), mais « le végétal » constitue encore trop souvent la variable d’ajustement des opérations d’aménagement, alors qu'il demeure un élément architectural et urbain essentiel. Il apporte à une ville, un quartier, caractère, identité et supplément d’âme, cadence le rythme des saisons et du temps qui passe, sa présence est indispensable à l’épanouissement des habitants de toutes générations, y compris des plus jeunes … Une école sans végétal ou horizon naturel est une école sans ligne de fuite, sans perspectives pour les yeux d’enfants …

    Une question fait débat aujourd’hui : le « zéro phyto ». Certains de nos concitoyens s'agacent de voir « proliférer » au long des trottoirs ou des routes, les herbes folles, mousses, pousses de pissenlit et autres, qui sont pour eux autant d’illustrations d’une ville mal entretenue. Aussi, ils ne manquent pas d’exprimer leur mécontentement aux élus et agents des espaces verts par des remarques acidulées, sinon acides. Rappelons simplement qu'au 1er janvier 2017 l’utilisation des produits phytosanitaires sera interdit sur les voiries, espaces verts, forêts et promenades ouverts au public.
    Durant des décennies, tout paraissait pourtant si simple ! Un geste, l’application d’un produit miracle et plus de mauvaises herbes ! Rappelons simplement que l’efficacité de tels produits dépend surtout de leur toxicité. Si nos jardiniers ont toujours la main verte, ils ont troqué leurs anciens pulvérisateurs pour des binettes, beaucoup moins efficaces en apparence, et se retrouvent  dans l’obligation de s’adapter à une nouvelle donne qui représente une charge considérable de travail supplémentaire. Autant le dire les différentes techniques alternatives qu'elles soient mécaniques, thermiques ou chimiques nécessitent une appropriation difficile et des niveaux de rendus qui seront moins bons que les précédents.

    Nous vivons un changement d’époque, ce qui vaut également pour le fleurissement. Il est heureux que notre génération ait enfin pris conscience du danger de certaines de ses pratiques quotidiennes, en apparence inoffensives, pour la planète, que l’on ne soupçonnait pas aussi fragile et périssable.

    Comment définir dans un tel cadre, sinon une doctrine en matière de fleurissement, du moins des priorités claires intégrant les contraintes environnementales ?

    Avant d'aborder plus concrètement dans une prochaine note l'action engagée sur Trilport dans ce domaine et les pistes explorées pour adapter au mieux nos villes aux conséquences de la dérégulation climatique, il me semble urgent de revenir sur la délicate problématique du zéro phyto …

     

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  • 14 juillet 2015

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    Célébrer la fête nationale, c’est témoigner de notre attachement aux valeurs qui, au fil du temps et de l’histoire, ont forgé la République, puis se sont propagées, semant des graines de liberté par tous les vents, au delà des océans, sur tous les continents.

    Des valeurs durement mises à l’épreuve lors des tragiques évènements de janvier dernier, qui ont à la fois révélé les fractures profondes de notre société, mais également démontré l’attachement des français à leur république,avec le succès de la manifestation du 11 janvier.
    Ces évènements nous obligent. Ils imposent de nous poser la question essentielle de la transmission de ces valeurs fondatrices aux jeunes générations.  C’est aussi le sens de la cérémonie républicaine qu’est tout 14 juillet.

     

    Le drame de janvier dernier a souligné les interrogations qui traversent le pays. La crise sociale que nous traversons, se double d’une crise identitaire douloureuse, car existentielle, qui concerne de nombreux jeunes et interpelle notre société sur sa capacité même à proposer de réelles perspectives. La question du sens à donner à une vie est absolument essentielle.
    On ne peut réduire le projet de toute une existence à l’amélioration de la compétitivité, de la croissance ou encore à la réduction des déficits. Chacun a besoin d’être en capacité de se projeter dans l’avenir, de s’épanouir dans un projet commun et partagé qui élève, d’avoir un supplément d’âme qui le dépasse …

     

    S’interroger sur la laïcité, bien au delà de la question religieuse, revient à se poser une question simple mais vitale, celle du sens à donner à une société qui en manque cruellement, tant elle  peine « à faire corps ».
    Nous devons, bien évidemment, protéger la liberté de croire ou non, défendre la liberté d’expression, réprimer tout racisme, fixer des repères clairs autour de règles de vie partagées, respectées par tous et toutes les communautés, mais plus que tout, proposer un but, un cap, des perspectives.

    Aujourd’hui beaucoup pensent que l’action collective est inutile et vaine. L’individualisme monte en puissance, il s’étend peu à peu et isole chacun dans une bulle dont il devient prisonnier.
    S’engager, revient à crever l’enveloppe de cette bulle, comme l’on crève un abcès, à quitter l’état de spectateur pour devenir enfin acteur, à se mettre en mouvement, en action, pour porter une dimension supplémentaire, celle de l’intérêt général.
    Il ne peut y avoir d’engagement sans partage, c’est dans une démarche collective que cette valeur prend toute sa force et son sens.

    C’est cette valeur que nous avons tenu à mettre à l’honneur en ce 14 juillet ... 

     

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  • Education : "Toujours en mouvement est l'avenir"

     

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    « Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre ;
    qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre ».
    Pierre Corneille

     

    Le monde est en mouvement, mouvement qui ne s’arrêtera pas de si tôt et devrait même s’accélérer dans les prochaines années. Paradoxalement notre système éducatif donne l’impression d’être comme à l’arrêt, pire en décalage ; si durant des années, il a répondu aux demandes d’un pays en pleine croissance : généralisation de l’accès à l’enseignement secondaire, multiplication du nombre d’étudiants dans le supérieur, diminution du «différentiel d’instruction» entre élèves selon leur origine sociale, ce modèle a vécu.
    Le nombre de jeunes sans qualification et ne trouvant pas d’emploi est considérable, jamais l’école républicaine n’aura été aussi inégalitaire ; l’ascenseur social du pays  est bel et bien en panne. Dans le passé un jeune issu du système scolaire pouvait espérer trouver rapidement un métier pour la vie et progresser dans la même entreprise, autant de perspectives qui ont disparu.
    Plus de 130 000 jeunes sortent sans solution chaque année, et 65% des élèves d’aujourd’hui exerceront demain un métier qui n'existe pas encore ! Encore leur faut-il trouver un emploi !

     Si le système éducatif est le reflet de la société, force est de constater que le miroir est brisé, l’école nous renvoi toujours l’image du monde « monde d’avant ». Ses repères ne correspondent plus à une société ou l’horizontalité a supplanté la verticalité et dont les  fondations reposent de plus en plus sur des « nuages » ! Nous vivons une phase de transition entre deux mondes,  bouleversement qui se répercute sur l’enseignement, qui de masse devient quasi individualisé, privilégiant désormais un modèle plus qualitatif que quantitatif.
    Si auparavant chaque élève devait s’adapter aux enseignements existants, c’est au système éducatif de s’adapter désormais. Pourtant ses structures sont toujours les mêmes !

    L’école ne peut plus se permettre d’être « hors sol », devenu un véritable éco système, elle doit s’ouvrir au monde extérieur auquel elle est connectée, au propre comme au figuré.  La société émergente fait appel à des aptitudes particulières à maitriser que ce soit dans le monde réel ou virtuel d'Internet et des réeaux sociaux. Au cœur de cette mutation qui transforme en profondeur la planète, les qualités relationnelles prennent de plus en plus d’importance.

    C'est un coup de colère froide, suite à une divergence de fond avec des acteurs institutionnels, perdus dans leurs certitudes, éloignées des contingences matérielles du terrain et de la réalité partagée des élèves et des professeurs, qui a déclenché cette réaction et m'a amené à proposer des pistes d'action.
    Chef des travaux en Lycée Professionnel depuis des années, le décalage grandissant entre l’affichage politique, les exigences théoriques de l’institution, la déconnexion de responsables éducatifs et les besoins réels et concrets des élèves notamment des plus défavorisés comme le malaise grandissant de beaucoup trop d’enseignants, m’a conduit à mener une réflexion relative à l’acquisition des habiletés sociales et numériques. Travail qui s’est étoffé en cours de route, notamment autour des exigences et opportunités pédagogiques spécifiques induites par la société numérique.
    Afin que chaque jeune formé (mais en ce domaine la jeunesse a t’elle des limites ?) soit en capacité de s’épanouir dans la société d’aujourd’hui comme de demain. Cette contribution est disponible sur ce blog.

    Soulignons tout de même un paradoxe, et de taille. Si la raison d’être et l'utilité de l’Éducation Nationale est de former les jeunes générations, elle n’assure pas (n'assume pas ?), ou si peu, la formation continue de ses enseignants. Je ne veux pas abordons pas la question de la formation initiale, à priori inutile aux yeux des gouvernements successifs de l’ère Sarkozy.
    Former les enseignants sur le fond, pas seulement sur la forme, est pourtant un passage obligé incontournable pour chaque pays afin qu'il s'adapte aux mutations de la société, de ses exigences, des besoins ressentis sur le terrain et surtout de l’attente légitime des français.
    Faut il rappeler qu’une des missions majeures d’un enseignant est d’être transmetteur de repères, encore faudrait il que les siens puissent être réactualisés ! Aussi personne ne devrait s’étonner que beaucoup d’enseignants s’interrogent aujourd'hui sur le sens à donner à leur métier ?

    Autant il n’est plus possible de s’affranchir de l’évolution de la société et de l’incidence évidente du numérique, d’internet et des réseaux sociaux sur les modes de pensée, autant l’enseignement ne doit pas renoncer à son ambition pédagogique première : former des citoyens éclairés disposant des capacités de discernement, de penser par eux-mêmes, dotés d’un esprit critique.
    Encore devons nous tenir compte du changement de mode de pensée induit par l’émergence d’une société de plus en plus digitale.

    Le numérique intègre des problématiques globales, que ce soit au niveau social, culturel, économique et politique, mais aussi vis à vis de l’éthique et de valeurs plus philosophiques. Il présente également quatre écueils dont nous devons nous méfier, que je tiens à rappeler un peu plus loin ...

    Une grande part de la crise culturelle, intellectuelle, spirituelle et identitaire que notre société traverse, provient de la mutation en cours et des remises en cause successives qu'elle entraine, car comme le dit si bien Yoda  : "Toujours en mouvement est l'avenir"

     

     

     

     

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  • Laicité, redonner du sens à un projet commun

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    Je viens de recevoir le numéro spécial de la revue "Communes, département et Régions de France" consacré à la "Laïcité, une garantie de liberté" ... Plus de 300 pages dédiées à un concept, qui depuis les attentats du 5 janvier dernier, a pris une toute autre importance aux yeux de tous, du moins des miens.

    Suite à une de mes interventions lors d'un Bureau National de la FNESR portant sur cette problématique, on m'a proposé de contribuer à ce travail collectif, ce que j'ai fait avec la tribune : "Donner du sens à un projet commun".

    Dois je l'avouer, le concept de Laïcité m'apparaissait jusque là, quelque peu éthéré, déconnecté de la société et de la vie actuelle, 2015 n'étant plus 2005 loin s'en faut. Une valeur à mes précieuse, certes, d'autant que je suis athée, mais quelque peu vide de sens, du moins de contenu concret et à renouveler absolument pour lui éviter de dépérir ...


    Par le passé pourtant, deux temps forts m'avaient incité à retravailler quelque peu cette problématique fondatrice et fondamentale à bien des égards :

    • les discussions autour du traité européen, dans lesquelles, suite aux pressions françaises toutes références à "l'origine chrétienne de l'Europe" avait été évacué. Une concession que beaucoup de nos compatriotes avaient trouvé mineure, alors que pour nombre de pays européens, elle était en fait majeure. J'ai encore le souvenir du ressenti d'amis allemands et hongrois et des sermons tant du prêtre que du pasteur entendus lors lors d'une messe œcuménique à Engen, en allemagne à cette période. Cet "abandon" constituait à leurs yeux un vrai déchirement.
    • le discours scandaleux de Nicolas Sarkozy à Latran "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance". Nous voilà à des années lumière des valeurs républicaines que ce dernier prétend pourtant aujourd'hui incarner !

    Deux évènements dont l'ampleur ne peut être bien évidemment pas comparer à ceux de janvier dernier, beaucoup plus dramatiques. Ces attentats ont provoqué un réveil citoyen qui démontre combien ces questions demeurent importantes dans l'inconscient collectif national et comptent incontestablement, pour aujourd'hui et pour demain. Encore devons nous redonner à un contenant quelquefois vide, un vrai contenu ...

     

    C'est bien une partie de l'enjeu,  s'émanciper du prisme religieux, pour aller plus loin, à la recherche de valeurs à partager afin de vivre ensemble, riches de nos différences, au service d'un projet commun destiné à construire des lendemains  "qui chantent" plus durables et solidaires.

     

    Conclusion de ma tribune

     

     

     

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  • Elle était "à l’écoute du bien-être des gens" ...

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    Je viens d'apprendre avec tristesse le décès de Françoise Hélène Jourda, elle était non seulement une architecte talentueuse mais une femme d'exception.
    J'ai eu la chance de la rencontrer plusieurs fois dans le cadre de mes activités d'élu. C'est à elle et l'équipe qu'elle animait que nous avons confié, avec l'aménageur l'AFTRP, les destinées de l'écoquartier de Trilport, "l'Ancre de lune".
    Nous avions été séduits par son projet, son implication concrète et reconnue en architecture environnementale, dont elle était une des pionnières européennes les plus reconnues, son souci de la qualité de vie des habitants, ses partis pris environnementaux, la place laissée au végétal et aux arbres notamment. Mais plus que tout, c'est sa passion sincère à vouloir animer notre projet (au sens premier du mot, "donner la vie") qui nous a convaincu.

    J'ai ensuite appris pourquoi notre éco-quartier avait trouvé une certaine résonance au plus profond d'elle, puisqu'elle a déclaré il y a quelques années :

    "Moi mon rêve, c'est de construire un morceau de ville, sur la ville, dans la ville, pour changer la ville pour démontrer aujourd'hui qu'il est possible de transformer les villes existantes que ce soit au niveau environnemental, au niveau social, et apporter du bonheur aux gens"


    Le métier d'architecte urbaniste aux yeux de cette professionnelle, d'une simplicité non affectée, à la renommée pourtant internationale, devait avant tout être «à l’écoute du bien-être des gens», afin de répondre à leurs besoins, aux usages de la vie et de la ville, prendre en compte également l’urgence environnementale comme l'impératif d'économiser l’énergie en choisissant les matériaux et procédés de construction les plus respectueux de la planète, de leur conception à leur recyclage.

    Autant de parties pris qui ont trouvé de l'écho aux oreilles de l'élu engagé que je suis, sur les questions relatives à l'habitat, à l'urbanisme et au Développement Durable.
    Qu'elle sache, que là où elle est ou pas,  nous ferons tout pour que ce projet soit à la hauteur de ce qu'elle voulait pour la ville, qu'elle soit durable, aimable et désirable ...

     

    Quelques éléments de bio

     

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  • #JeSuisRépublicain

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    "Je veux que la République ait deux noms : qu'elle s'appelle Liberté, et qu'elle s'appelle chose publique. "

    Victor Hugo

     

    J'ai représenté Pierre Cohen Président de la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains au point presse organisé au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris. Nous avons pu y exposer les raisons qui nous ont mené à déposer un référé (procédure d'urgence) pour empêcher l'UMP de s'approprier la dénomination « Les républicains » et en faire le nouveau nom de ce parti. Proposition que Nicolas Sarkozy compte soumettre au vote de ses militants les 28 et 29 mai.
    Notre assignation vise l'UMP et l'agence de communication (Aubert Storch Associés Partenaires) qui a déposé le nom «Les Républicains » et les propositions de logos à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) ! Ce refére est déposé au nom d'un collectif composé de la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains (FNESR), du Mouvement Républicain et Citoyen, de la Convention pour la sixième République, de Cap 21, de l'association Génération République, ainsi que de 156 citoyens et personnes physiques, dont la famille Républicain. Une pétition actuellement en ligne a collecté plus de 22 000 signatures pour soutenir notre initiative.

    Le TGI de Paris doit rendre sa décision mardi 26 mai mais une victoire judiciaire de l'UMP ne signerait pas pour autant la fin de la procédure,  les juges devant ensuite examiner ce dossier sur le fond, c'est bien sur ce terrain que nous nous situons. Conséquence, l'UMP pourrait bien voir son nouveau nom invalidé plusieurs semaines après l'avoir fait entériner par ses militants ! Nous demandons dans l’attente de cette décision, et à titre conservatoire, que ce parti ne puisse utiliser une appellation que nous jugeons usurpé dans sa communication.

    Cette controverse peut apparaitre quelque peu suranné, voir surréaliste à certains, surtout si on la compare à la violence et à la gravité de l’actualité quotidienne. Le nouveau nom de l'UMP ne changera pas la face de la terre et n'aura aucune incidence sur le réchauffement climatique, nous le savons bien ! Notre volonté et seulement de défendre une valeur qui pour beaucoup de français est mémorielle.
    Depuis le 5 janvier dernier, les valeurs républicaines résonnent singulièrement dans nos coeurs; c'est aussi pour cela que nous ne pouvons admettre cette initiative, pour le moins malheureuse. La république ne peut se dissoudre dans une démarche purement commerciale ou partisane, elle constitue un patrimoine symbolique qui appartient a tous, quelque soit sa confession, ses opinions politiques ou philosophiques.
    Notre conviction est que la République constitue plus que jamais une valeur fondatrice, fédératrice, identitaire, faisant sens, elle a un contenu et posséde un large périmètre : celui de la citoyenneté. Il n’a que faire des différences de confessions ou d’opinions des uns et des autres; sa nature même est de s’imposer à toute une communauté nationale, pour qui la République doit demeurer un patrimoine commun et surtout et plus que tout partagé.

    « Un parti essaie de s’approprier ce bien commun. Nous sommes tous républicains de par l'article 1er de la Constitution et là, les deux tiers de la population se trouvent exclus", a déclaré justement Christophe Léguevaques, un de nos avocats.

    Nicolas Sarkozy et ses communicants tentent de s’approprier à usage exclusif un mot, et plus que tout un concept qui appartient à tous, évinçant du champ "républicain" tous ceux qui ne sont pas adhérent de ce parti. C'est réduire la République a bien peu !
    Soulignons que l’emploi du mot générique « républicains » avec l’article défini « les » sous entend de fait que l'UMP serait le seul en France à être doté de qualités «républicaines» !!! Une  initiative qui constitue un dénigrement de tous les autres partis politiques. « Aucune partie du peuple français ne peut revendiquer son usage exclusif et l'opposer aux autres Français pour les exclure, même de manière sémantique » rappelle l'assignation. La République n'appartient à personne, et encore moins à Nicolas Sarkozy, mais appartient à tous ... Le sang versé pour la défendre depuis Valmy, n'a qu'une couleur, celle de la douleur partagée ...
    Le problème n'est pas que sémantique. "il faudrait ajouter un adjectif, républicains populaires, de droite..." suggère Me Matthieu Boissavy, un de nos avocats qui "ne voudrait pas que dans trente ans, si quelqu'un dit je suis républicain, cela soit synonyme d'être d'une certaine mouvance de droite."

    Cette opération de marketing politique, il ne s'agit que de cela, lancée par une boite de com', relègue principes, histoire même du parti Gaulliste, qu'aurait pensé ce grand homme d'une telle tentative, et valeurs philosophiques communes au rang de marques commerciales à merchandiser, ce qui pour nous n'est absolument pas acceptable !
    La République ne peut devenir une marque cessible ou donner lieu a une OPA de quiconque, elle appartient à tous les Français, ceux qui sont morts pour elles, ceux qui ont en tant besoin aujourd'hui et ceux de demain. Situation  qui a fait dire à un des plaignants, ancien héros de la France Libre, qu'il assistait à un cambriolage de la démocratie.

    Mais revenons sur le fond de cette affaire.

     

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  • 8 mai 2015 : Une journée particulière

    8-mai-1945.jpgDepuis 2010, à Trilport nous associons la cérémonie du 8 mai 1945 à celle du 9 mai, journée de l’Europe pour commémorer la déclaration fondatrice de Robert Schuman, véritable acte de naissance de l'Union européenne.
    Deux dates intimement liées, tant l’émergence de l’Europe politique est le fruit direct de cette horrible guerre comme de la nécessité absolue pour la France et l'Allemagne de se réconcilier, enfin, pour construire une amitié solide et sincère, unique dans l’histoire humaine.
    Il n'est pas si fréquent que deux nations jusque là ennemies irréductibles, d’un commun accord et en bonne intelligence, décident de sceller une amitié inaltérable car directement issue des liens du sang et de la douleur partagée, afin d'apporter  la paix à leurs habitants et enfants. Cette décision historique nous oblige. C’est pourquoi, à chaque commémoration du 8 mai, nous avons toujours une pensée émue et sincère pour nos amis allemands d’Engen, notre ville jumelée, notre ville de cœur.

    Cette année 2015, cette double commémoration du 8 et 9 mai, a revêtu une signification et symbolique toute particulière et à plus d'un titre …

    Commémorer un 70 eme anniversaire, n’est pas rien. C’est accomplir un devoir de mémoire, toujours plus utile chaque année, afin que que les jeunes générations n’oublient pas toute l’horreur nazie, le racisme, la Shoah, les camps de concentration, ces morts innombrables et qu’ils se souviennent  surtout du mécanisme qui a mis cette machine infernale en route, ayant commencé par des élections démocratiques.
    C'est aussi rendre hommage au courage et au sacrifice de ces femmes et ces hommes partis rejoindre Charles de Gaulle et les forces de l’armée française libre, ou ayant dans l'ombre choisit la résistance, qu’ils soient français de souche, de cœur ou simplement de conviction, comme ceux du réseau Manouchian (l’Affiche rouge) …

    « Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
    Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
    Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
    Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
    Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant »

    Souligner surtout, que quelque soit leur couleur, conviction politique ou religion, ou nationalité pour beaucoup, ils sont morts pour la France et défendre nos valeurs républicaines comme la conception qu'ils avaient de la liberté.

     

     Je le disais cette double commémoration du  cérémonie du 8 et 9 mai 2015 a revêtu une signification toute particulière …
    Il y a tout juste un peu plus de 20 ans, le dernier Président Français ayant connu les horreurs des 2 guerres mondiales, François Mitterrand, prononçait un de ses ultimes discours, comme on peut délivrer un testament politique, consacré, justement, à l’Europe … 20 ans après, chacun de ses mots résonnent toujours avec autant de gravité, d’intensité mais aussi malheureusement d’actualité…

    « II se trouve que les hasards de la vie ont voulu que je naisse pendant la 1ere Guerre mondiale et que je fasse la seconde. J’ai donc vécu mon enfance dans l’ambiance de familles déchirées qui toutes pleuraient des morts et qui entretenaient une rancune et parfois une haine contre l’ennemi de la veille.
    Mais ma génération achève son cours, ce sont ses derniers actes, c’est l’un de mes derniers actes publics.
    II faut donc absolument transmettre.

    Vous êtes vous-mêmes nombreux à garder l’enseignement de vos pères, à avoir éprouvé les blessures de vos pays, à avoir connu le chagrin, la douleur des séparations, la présence de la mort, tout simplement par l’inimitié des hommes d’Europe entre eux.
    II faut transmettre,

     Non pas cette haine, mais au contraire la chance des réconciliations que nous devons, il faut le dire, à ceux qui dès 1944-1945, eux-mêmes ensanglantés, déchirés dans leur vie personnelle le plus souvent, ont eu l’audace de concevoir ce que pourrait être un avenir plus radieux qui serait fondé sur la réconciliation et sur la paix.
    C’est ce que nous avons fait.

     Ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre notre histoire et pourtant si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera : le nationalisme, c’est la guerre !
    La guerre ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir,
    et c’est nous, qui sommes désormais les gardiens de notre paix, de notre sécurité et de cet avenir ! »

     La cérémonie du 8 mai 2015 s'est révélée toute particulière, à son issue nous sommes partis avec une importante délégation de Trilportais fêter le 15 eme anniversaire de notre jumelage avec Engen, ayant choisi cette date en commun pour célébrer cet anniversaire pour toute sa force symbolique et ce qu'elle représentait, tant pour le 8 que le 9 mai.

    Construire l'Europe, c'est avant tout, bâtir l'Europe de l'humain, de la proximité et du concret, celle des citoyens, de la culture et de l'amitié …
    Pour que plus jamais nous n'ayons de nouveau 8 mai à commémorer mais aussi et surtout pour célébrer l'idée européenne ...

     

    Poème de Louis Aragon : "strophes pour se souvenir" (l'affiche rouge)

     

     

     

     

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