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Entre Marne et Forêts

  • Ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté

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    La cérémonie du 8 mai a revêtu un caractère quelque peu particulier à Trilport cette année. Nous avons réparé un oubli de plus de 126 ans; le fronton de la Mairie inaugurée en 1890, le bâtiment accueillait alors la "Maison communale" et l'école des garçons", arbore pour la première fois de son histoire les trois valeurs de la devise républicaine.

    Cette réalisation marque la dernière étape d'une rénovation totale de ce bâtiment, qui s’est étalée sur plus de cinq ans, au rythme de nos finances. Petite fierté, elle est entièrement « Made in Trilport », estampillée "circuit court". Le modèle, les gabarits des lettres et le choix de la police de caractères ont été élaborés en interne avec nos communiquants, la réalisation en 3D étant l’oeuvre d’une entreprise Trilportaise spécialisée en tôlerie et la pose assurée par les agents communaux.

    « Liberté, Egalité, Fraternité », trois mots simples et lumineux, qui nous rappellent simplement, d’où nous venons, qui nous sommes et où nous devons aller ! Des valeurs intemporelles prenant encore plus de sens et de résonance aujourd’hui, notamment lors d’une double commémoration comme celle du 8 et du 9 mai.
    Depuis 2010, 10 ème anniversaire de notre jumelage avec Engen, nous célébrons le même jour, la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 et la journée de l’Europe. D
    eux dates intimement liées par les liens du sang versé.
    L’émergence de l’Europe politique est le fruit de la tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale, de la nécessité absolue pour nos différents pays de se réconcilier après la mort de tant de victimes, civiles ou militaires, du souvenir de l’horreur de la Shoah et des exactions de l’idéologie Nazie.

    L’Europe est une réponse d’espoir en l’avenir, face au néant de ces années sombres. Elle ne peut se réduire à un drapeau cerclé de 12 étoiles dorées flottant au vent, qui symbolise la solidarité et l’harmonie entre nos peuples; un cercle ouvert s'il en est, tant nous devons nous ouvrir au monde, ni au magnifique hymne composé par Beethoven, encore moins aux subventions glanées de ci de là, règlementations innombrables, relations commerciales, monnaie commune, bureaucratie qui semble loin de tout … L'Europe est avant tout et surtout un modèle unique de démocratie, de solidarité, de protection sociale, de culture, véritable oasis de paix et de bonheur aux yeux de tous les pays du globe.

    Pourtant aujourd’hui, beaucoup d'européens doutent cruellement, ils n'ont plus foi en l'Europe … Il est temps que cette dernière se mette à la hauteur de tous, qu'elle parle enfin aux citoyens et non plus aux seules élites.

    Le 8 mai, nous rappelle éxonérablement d’où nous partons … La haine, la colère, le ressentiment, le sentiment de vengeance, le repli sur soi, les vagues brunes du nazisme et des égoïsmes nationaux qui déferlaient sur le continent… C’était aussi l’Europe, mais d’avant; celle malheureusement vers laquelle tanguent et tendent aujourd'hui certains pays d'Europe Centrale.

    Les jeunes générations pensent que la paix va de soi, alors qu’elle est si fragile, trop considèrent l’Europe comme superflu, voir inutile … Nous ne devons jamais oublier que derrière les nationalismes exacerbés, les égos hypertrophiés des nains qui se prennent pour des géants, la peur de l’autre, la recherche de boucs émissaires, se profilent les guerres d’hier, celles d’aujourd’hui et peut être de demain …

    Il nous faut, porter un nouveau projet pour l'Europe, qui s'adresse à tous, notamment aux plus humbles, à ceux qui se sentent exclus, l'associer aux idéaux de paix, de solidarité, mais aussi de prospérité, d'avenir commun et partagé, afin que tous ces citoyens qui doutent, aient foi de nouveau en l’avenir, dans un monde en mouvement qui si lEurope n'est pas au rendez vous, nous annihilera…

    Il faut que nos cœurs haïssent la guerre, comme l’a si bien écrit Robert Desnos, poète français et résistant, déporté à Buchenwald, mort du typhus, un mois seulement après la libération de son camp …

    Que nos cœurs haïssent la guerre, mais plus que tout, battent pour la liberté. et je serais tendais de dire pour un avenir commun, partagé et plus souriant ...

    Encore faut il agir pour le construire. Ces commémorations servent aussi à semer des graines d'action.

     

     

     

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  • Mobilités péri urbaines & ligne P de la SNCF : propositions d'actions

     

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    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire de Trilport et Vice-président de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux, je suis devenu au fil des ans, presque malgré moi, quelque peu spécialiste "es mobilités péri urbaines ».
    Si j'ai souffert durant des années, d'un trop plein de solitude sur de tels dossiers ("la solitude de l'élu du fond de l'Ile de France") j'apprécie aujourd'hui de ne plus être un des trop rares élus locaux mobilisés sur le sujet de la ligne P et plus globalement des mobilités de la Grande couronne et du péri urbain. Cette priorité s'impose enfin au plus grand nombre; il était grand temps ...

    Lors des réunions innombrables auxquelles j'ai assisté, j'ai toujours écouté avec beaucoup d'attention rapports d'activités, indicateurs de satisfaction ou de performance, projets d'amélioration égrenés par les responsables et représentants des opérateurs et du STIF.
    Mais devant la dégradation inadmissible des conditions de transport de ces derniers mois et l'absence notable de perspectives, j'avoue ne plus pouvoir rester aussi Zen, devenant adepte de la parabole dite "de la lune et du doigt". Je m'affranchis du doigt tendu par les représentants de la SNCF ou du STIF et tel le "sage" de la maxime je m'évertue à scruter la lune, qui doit être notre objectif commun si nous voulons concrètement améliorer une donne bien mal engagée.
    L'ère du "bricolage" en matière de mobilité est à mes yeux dépassée, il nous faut changer de paradigme au plus vite, sans démagogie mais avec constance, ténacité et surtout détermination.

    Dans cet esprit, j'avais élaboré une note à destination de Claude Bartolone destinée alors à alimenter son programme aux régionales, certaines  propositions ayant d'ailleurs été retenues. J'ai enrichi cette réflexion depuis, de nouveaux éléments tirés notamment du dernier rapport annuel de la Cour des Comptes (traitant cinq après un premier audit, des mobilités en Île-de-France), très explicite, en ai fait une contribution que j'ai décidé de partager avec les élus impliqués concrètement sur cette problématique, toutes tendances politiques confondues; c'est à cet usage que je leur ai envoyé ce travail en février dernier.
    La période qui s'ouvre est effectivement cruciale, les arbitrages qui impacteront les prochaines années seront rendus sans doute avant l'été. J'ai jugé utile, citoyen et transparent de rendre ce document  "Pour des mobilités péri urbaines" accessibles à tous, depuis ce blog (module : "Tribune, textes ...").

    Je vous engage à lire ce texte, notamment si vous êtes usager. Il se veut accessible à tous et surtout informatif; les propositions qui y sont faites ne se limitent pas aux seuls investissements lourds exigés par l’état actuel du réseau, ils sont incontournables et urgents, mais regroupent diverses pistes d'actions liées aux spécificités des territoires péri urbains, notamment seine-et-marnais.
    Je n'ai pas abordé les problématiques de maintenance liées au Centre Technique de la SNCF. Son dimensionnement futur, comme son organisation sont intimement liés aux choix techniques effectués sur le parc roulant;  cependant l'amélioration de son fonctionnement demeure un passage obligé, tant cette infrastructure constitue aujourd'hui un sérieux goulot d'étranglement.

    Une évidence s’impose : il est nécessaire de mettre les bouchées doubles, que ce soit pour rattraper un retard vieux de plus de trente ans mais également et plus que tout pour accompagner la croissance démographique de territoires en plein essor et leur dynamique territoriale... il y a effectivement urgence. 
    Je demeure intimement persuadé que la dimension péri urbaine nécessite également de nouvelles clés de lecture, pro actives, transversales et prospectives afin de répondre aux potentialités comme aux contraintes des territoires de la Grande Couronne.
    Les mobilités péri urbaines vont du transport de masse à un "sur mesure" quasiment individualisé, elles exigent de nouvelles réponses, de la souplesse, de la fluidité, de l'agilité, que ce soit en terme d’infrastructures ou de services à mettre en place.

     

    Le débat est ouvert, bonne lecture ...

     

     Ci joint quelques extraits du rapport de la Cour des Comptes relatifs aux transports ferroviaires en Ile de France depuis 2010, que je vous engage vivement à parcourir également dans son intégralité, il est pour le moins instructif ...

     

     

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  • Sortir de l’histoire pour surgir dans le présent

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    Nous avons célébré la journée du 19 mars 1962, comme chaque année, y compris lorsque cette guerre sans nom n’était considérée alors que comme «un évènement» à commémorer presqu'en catimini. Nous nous sommes rassemblés pour célébrer enfin et officiellement au nom de la nation, la mémoire de tous ceux qui sont tombés, qu'ils soient militaires ou civils et sont restés là bas, sur l’autre rive de la Méditerranée.

    L’essentiel est bien là …

    Toute polémique face aux sacrifices des victimes consentis ou non, est inutile, déplacée, indécente, irrespectueuse ... Laissons les morts en paix et les consciences s’apaisaient au fil des générations qui se succèdent.

    Cette date du 19 mars est légitime, plus que tout autre; rappelons simplement qu’elle correspond au jour du cessez-le-feu en Algérie, au lendemain de la signature des accords d’Evian.
    Certes, la paix n’est pas venue immédiatement, qui le nie ? Mais c’est le 19 mars 1962 qu’a débuté le long et douloureux processus de sortie d’une guerre, considérée alors comme inextricable, interminable, et qui a divisé si longtemps notre pays en deux.

    Est il opportun de réactiver une division qui n’a plus lieu d’être ? Non … Et pour quels motifs impérieux, si ce n'est de la politique à la petite semaine ?

    L’histoire nous l’apprend, les conflits du XXeme siècle, comme ceux d’aujourd’hui, l’illustrent malheureusement, une sortie de guerre, y compris après un cessez le feu, est souvent longue, chaotique, faite d’une succession de violences, empreinte de colère plus ou moins contenue, de haine et de ressenti.

    La guerre d’Algérie n’y échappe pas, loin s'en faut. Plus que tant d’autres elle se double d’une déchirure profonde entre français, véritable fracture béante, mais aussi entre algériens.
    Pour ce qui nous concerne, le sacrifice puis le massacre des harkis, littéralement abandonnés, reste une tache indélébile sur le drapeau national, drame intolérable qui doit nous interpeller encore aujourd’hui.
    La France tout au long de son histoire n’a pas fait que de belles choses, il est bon aussi de s'en souvenir … Il y a les victoires, il y a les défaites, il y a également les faillites morales qui existent dans les défaites comme dans les victoires.

    Commémorer le 19 mars, c’est célébrer toutes les victimes de cette guerre, quelque soit le jour où elles sont tombées.

     

    Je n'oublie pas que cette date a été vécue différemment par les familles,

    A Trilport comme dans la grande majorité des villes françaises, elle a été ressentie comme un véritable soulagement, la promesse d’un retour proche au pays pour plus d’un million d’appelés,

    Elle demeure un véritable traumatisme, pour tant d’autres ... Plus d’un million également, quittant leur terre natale bien malgré eux, déchirure dont ils ne sont jamais remis, exode sans retour … J'ai grandi dans le Var entouré de beaucoup d'amis pieds noirs et mesure toujours avec gravité la douleur qui est la leur, l'ayant quelque peu partagé moi même, issu d'une famille déracinée ...

    La multiplicité des mémoires composent depuis des siècles la richesse de notre histoire et de notre présent et font la grandeur de cette nation. L’identité française est un creuset où d’une «guerre des mémoires» on aboutit à une communauté de destin partagé; les mois qui ont précédé nous ont douloureusement rappelé l'utilité du creuset républicain et citoyen. 

    La question qui nous est posée est à la fois simple, douloureuse et complexe : comment sortir de l’histoire pour construire le présent et préparer un futur plus serein ? Chacun sait que l’on n’écrit pas le présent à l’encre des rancœurs du passé, encore moins un futur serein.

    Il nous faut «sortir de l’histoire» pour surgir dans le présent comme l'écrit Kamel Daoud, sans déni, sans deuil maladif, rendu plus fort par la tragique et douloureuse expérience traversée.

    Plus que tout nous devons faire de la mémoire un souvenir partagé et commun …

     

     Il m'a semblé utile d'aborder aussi le ressenti des algériens, hier encore citoyens français vis à vis de cette histoire douloureuse qui est également la leur. Voici une chronique de Kamel Daoud, écrivain algérien à la plume flamboyante et à la parole toujours libre sur la situation de son pays face à l'histoire ...

     

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  • Maires et solidaires

     

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    J’étais aux cotés de mon ami Claude Jamet au Tribunal de Grande Instance de Fontainebleau, avec d’autres, beaucoup d’autres, tant d'autres : anciens salariés, habitants de Bagneaux sur Loing (la ville dont il est Maire), élus … Nous nous sommes retrouvés prés de 400. Une affluence record pour ce Tribunal, autant dire que la salle d’audience était bien trop petite pour accueillir tous les soutiens présents.

    Claude est jugé pour « entrave à la liberté des enchères ou soumission par violence ou menace », en fait la justice lui reproche d’avoir perturbé la liquidation de la société Prevent Glass, le 20 novembre 2012. Il s’était alors enchainé symboliquement et risque en théorie pour ce geste, une peine de six mois de prison, 22.500 euros d'amende et la perte de ses droits civiques.
    Si lors de l’audience le Procureur a cependant adoucit le trait, demandant pour cette action symbolique, une condamnation symbolique, la partie civile, n’a pas eu cette élégance; le liquidateur réclame 100 000 € de « préjudice matériel » prétendant que Claude lui a fait perdre avec son geste … 5 millions d’euros, sic. De "Maire courage", Claude est devenu du coup "l’homme qui valait 5 millions".

    L’affaire a été mise en délibéré au 11 avril.

     

    Claude fait honneur à son mandat. Un élu ne doit pas être hors sol, pratiquer l’entre soi, ne vivre qu’au travers, par et grâce aux médias, mais au contraire, vibrer et respirer au rythme et à l'unisson du territoire dans lequel il vit et qu’il représente... Agir afin de faire bouger les lignes, de créer des perspectives, agir simplement pour changer la vie de sa ville au quotidien.

    S’il se doit d’être à la fois un homme ou une femme d’écoute, de dossier, l’action importe plus que tout.
    Le geste de Claude Jamet n’est pas celui d’un Don Quichotte se battant inutilement contre les ailes d’un moulin et le vent, mais celui d’un semeur d’espoir qui ne s’avoue pas vaincu et poursuit sa route bravant l'adversité et les obstacles. C’est ainsi que l’on réconcilie les habitants avec les élus et qu’on leur donne l’occasion, bien trop rare par les temps qui courent, d’avoir de nouveau foi en la politique.
    Encore faut il agir avec ses tripes, son cœur et toute son énergie, être connecté à la vie réelle, loin des sunlights médiatiques et des petits calculs des bureaux des états majors parisiens, qui sont loin de tout et surtout des autres.

    Claude par son attitude exemplaire, tout au long d’un conflit social qu’il ressentait au plus profond (le Maire de Bagneaux-sur-Loing a travaillé 43 ans comme verrier sur ce même site, depuis l’âge de 14 ans), a réussit à canaliser la révolte et la colère légitime de travailleurs vivant dans des territoires ou l’emploi se meurt, ou le lien social s’éteint peu à peu, ou les perspectives d’avenir s’effacent au rythme des mauvaises nouvelles et des fermetures d’usines.Des lieux à des années lumière des feux de la rampe médiatique, donc loin du cœur des décideurs.

    S'il s'est enchainé à la porte du poste de garde, il n'a empêché nullement l’accès à l’usine, démontrant que l’on pouvait, à la fois protester et s'indigner contre une décision contestable et respecter les lois et la justice de la république, contrairement à ce que semble indiquer le Procureur et les parties civiles.
    C’est aussi grâce à son action, qu’aucune violence, qu’aucun acte désespéré ou dérapage ne sont à déplorer, cela n'a pas assez été dit ou écrit.

    Paradoxalement l’avocat des parties civiles a très bien décrit lors de sa plaidoirie les tensions qui existent  dans nos territoires, de plus en plus présentes et pesantes entre lois, décisions de justice, mesures de liquidations, licenciements et pays réel …
    Cette France périphérique (qui n'est désormais plus invisible) dans laquelle les extrêmes se développent, surfant sur le sentiment d’abandon ressenti par les habitants de "territoires de relégation et de déclassement" voit proliférer les détresses collectives et individuelles et s'élargir une fracture territoriale de plus en plus palpable, ce qui d'autant vrai dans les terres de Brie, à la fois si loin et si proches des portes de la métropole, de ce Grand Paris si puissant. 

    Certes un élu est un passeur et doit faire respecter le droit et la loi, y compris lorsque celui ci est difficilement applicable faute de moyens financiers ou humains, mais il est aussi un médiateur qui se doit de préserver plus que tout la cohésion sociale.

    Je considère, notamment après cette audience, que Claude Jamet n’a pas outrepassé les limites de son mandat, mais lui a fait honneur; démontrant qu’il avait su gardé et préservé toute sa capacité d’indignation en menant une révolte légitime et plus que tout pacifique. Ce faisant il a fait corps avec ses concitoyens et défendu un territoire si durement touché.
    N’oublions jamais que la détresse sociale est trop souvent d’une violence infinie, même lorsqu'elle est peu visible, et brise littéralement  des femmes et des hommes, aussi solides soient ils ou soient elles … 

    Un élu local authentique n’est pas désincarné, mais solidaire, il est fait de chair, de sang, d'émotions et de passion. Sa mission est également de se faire l’écho de la détresse, de la misère, du sentiment d’abandon du territoire qu'il représente, c'est aussi sa fonction.
    Cette révolte qui l’anime est un véritable moteur qui alimente le débat collectif mais elle constitue également un modérateur pour des concitoyens qui ne se sentent plus abandonnés mais représentés et défendus.

    Ce que la petite histoire de Bagneaux sur Loing retiendra c’est que grâce à l’action entreprise, à l’énergie déployée par Claude, l’ancien site industriel Prévent Glass hier complètement vide, commence à revivre aujourd'hui ; l’usine ayant été racheté par la ville a vu peu à peu revenir des entreprises et des emplois et a rebaptisé ce site Pyrex.

    Il est invraisemblable pour lui, pour notre combat commun et quotidien au service de nos concitoyens mais aussi d’une cohésion sociale de plus en plus ébranlée et fragile, ciment essentiel s'il en est pour "faire société", comme il est dommageable également pour la justice qui ne s’honore pas en cette occasion, que Claude Jamet se soit retrouvé à la barre des accusés.
    Est il admissible que des élus qui pour s’enrichir bafouent en toute impunité les lois depuis des années ne soient pas inquiétés, alors qu’un élu qui ne fait que ce qu’il estime être son devoir, en osant protester symboliquement, vive durant 38 mois à titre personnel un véritable enfer ?

    Ce n'est qu'une illustration de plus des paradoxes d’une société, pour le moins, schizophrène, dans une période troublée ou l’on exige tant des élus, tout en leur ôtant tout moyens d’actions ... 

    Aussi, ce n’est pas une peine minimum, tout juste symbolique que mérite Claude, mais la relaxe pure et simple, ce ne sera que justice…

     

    Les faits ...

     

     

     

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  • Habitat social, où en sommes nous ?

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    L’opération des logements sociaux de FSM inaugurée rue de Montceaux cette semaine, me donne l’occasion de faire un point sur notre situation en ce domaine et le partenariat initié avec ce bailleur.

    Je ne l’apprendrais pas aux lecteurs de ce blog, l'article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, impose à toute commune francilienne de plus de 1500 habitants d’avoir d’ici 2020, 20% de logements sociaux et 25% en 2025 (loi ALUR). Rappelons que si les décrets d’application de la loi SRU ne datent que de 2002, la pénurie de logements en France est une vieille histoire.
    L'état demande aux élus en un ou deux mandats de réparer plus d’un demi siècle d’immobilisme sur une telle question ; or pour appréhender et maitriser les ressorts d'une problématique que chacun s'accorder à reconnaitre comme complexe, il est nécessaire d’acquérir un minimum d’expertise et de savoir faire dans des domaines aussi divers que le foncier, l’habitat ou l’urbanisme. Le but d’une mixité réussie étant d’offrir aux habitants les conditions d’un véritable épanouissement. Ce qui veut signifie que même pour un élu convaincu de l'intérêt de ce texte, comme je le suis, lancé une telle action, véritable politique publique, lexige un minimum de temps, notamment au début.
    J’ai la conviction que s’il faut bien évidemment suivre à la lettre cette loi légitime, notamment répondre aux exigences quantitatives, il est également important d’en respecter l’esprit et de se fixer des priorités qualitatives ; ce qui est techniquement un peu plus compliqué à réaliser … Aussi, j’ai le sentiment d'avoir agit juste en faisant de la qualité de l’habitat, au sens global, une exigence préalable, et de tout avoir mis en œuvre pour y arriver.
    Il est vrai qu'une autre démarche etait possible : préempter un terrain en périphérie de ville, y bâtir en nombre les locatifs sociaux manquants ... Loin des yeux, loin du cœur ... Méthode simple, rapide, apparemment moins couteuse, respectant les objectifs quantitatifs de la loi SRU, mais pour le moins court termiste.
    J’assume de ne pas avoir été sur ce point exemplaire et d’avoir pris le temps de bien faire ; ce qui en son temps m’a valu des échanges pour le moins directs avec les représentants de l’Etat.

     

    Quelques convictions tout d’abord.

    Un Maire n’est pas l’élu d’une ville mais d’un territoire, ensemble complexe composé d’entités urbaines, agricoles et naturelles qui doivent dialoguer ensemble en bonne intelligence. Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, afin qu’ils gardent toute leur potentialité, en prenant prendre le contre pied du modèle urbain dominant, celui de l’étalement urbain, basé sur le développement de la ville «longue distance», consommatrice de foncier, d’énergie, de pierre, de temps et grande dévoreuse d’espaces …

    Depuis 2005 nous avons considérablement renforcé nos moyens d'action, acquis un réel savoir faire, initié un projet de développement durable du territoire (notamment avec l’éco quartier), réuni des partenaires indispensables, dont les services de l’état avec lesquels nous travaillons en toute transparence et l’Etablissement Public Foncier, qui déploie toute son expertise pour nous aider à construire du logement social ; et ce malgré les diverses difficultés rencontrées : foncières, financières, règlementaires, dont une spécifique à Trilport, un zonage absurde, inéquitable, illégitime pénalisant le montage de toute opération de création de logement sociaux. Nous agissons pour :

    • promouvoir un logement social de qualité, notamment en centre ville : afin de rapprocher les habitants des équipements publics, de développer les mobilités douces, afin de faire de Trilport une ville « courte distance ». Les appartements inaugurés sont lumineux, connectés à la fibre optique, dotés d'outils de suivi mobiles individuels ...
    • diminuer les charges des locataires en participant à la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (performances thermiques et isolation très performante), en privilégiant le plus possible les matériaux bio sourcés,
    • privilégier les opérations à taille humaine, l’éco construction, l’accessibilité, la signature architecturale du bâti et son intégration au site.
    • Développer une mixité multi générationnelle et sociale dans toute la ville, afin d’éviter ghettoïsation ou sentiment de déclassement et proposer également des solutions de logement adaptées tant aux séniors, qu’aux jeunes
    • Intégrer dans chaque opération les problématiques du stationnement, afin d’apporter des réponses non doctrinales mais bien concrètes

    Mais au delà du rationnel, du technique, des données statistiques, je voudrais surtout et plus que tout parler d’humain, d’affect, de pathos, de désir. Trop peu d’acteurs s’en préoccupent, c’est pourtant essentiel.

    Une feuille de route s’impose : rendre la ville durable, aimable et désirable, en travaillant sur la qualité des espaces, du bâti, des services de proximité mis en place … Vivre en ville, c’est avant tout habiter sa ville et même si possible être habiter par elle.

    Il est grand temps de faire évoluer dans l’inconscient collectif les représentations liées à la ville, à l’épanouissement personnel, familial et collectif, en améliorant concrètement la qualité de vie, les aménités, l’intensité urbaine et placer l’humain et la préservation de la nature au centre de nos réflexions.

    La ville est un tissu vivant qui doit se régénérer, se reconstruire sur lui même, mais être également en capacité de procurer de l’émotion et d’avoir une dimension évocative. S’il est nécessaire de développer une ville plus intense, elle doit dans le même temps être surtout, paradoxalement, plus humaine ... C’est la vision que nous partageons avec nos partenaires.

     

    Pourquoi avoir choisi FSM, et où en sommes nous vis à vis de la loi SRU ?

     

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  • Pour que le 115 ne soit plus aphone

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    La publication du rapport annuel de la Fondation de l’Abbé Pierre est l’occasion chaque année de faire le point sur la situation du logement dans notre pays. Ce document exhaustif est désormais la référence sur cette problématique essentielle située à la confluence de beaucoup des fléaux qui touchent notre société. Son édition 2016 (21eme du nom) bénéficie des données de l’enquête INSEE sur le logement qui démontrent l’aggravation d’une situation impactant de plus en plus de personnes vulnérables, dont les sans domicile fixes.
    Rappelons que si deux millions de personnes attendent toujours l'attribution d'un logement social, notre pays ne parvient toujours pas à héberger plus de la moitié des sans abris, dont le nombre a quasiment doublé en dix ans pour la seule Ile-de-France (+ de 85 % de 2001 à 2011). Une nouvelle tendance inquiétante se confirme, de plus en plus de familles avec enfants sont concernées et se retrouvent sans logis.

    La question des réfugiés a donné lieu à une mobilisation tout à fait exceptionnelle (cf billet précédent), qui a permis d’explorer et de découvrir de nouvelles pistes, dont certaines tout à fait appropriées à l'accueil des personnes sans domicile fixe.
    La récupération et l'exploitation politique qu’en a fait un parti comme le Front National, que j’ai vécu en direct lors d’un débat en Conseil Communautaire avec une de leurs élues, laisse pantois. Les représentants de ce mouvement idéologique qui ne s'étaient jamais préoccupés jusque là du sort des exclus, bien au contraire, dénoncent désormais, la « concurrence » entre sans-abri français et réfugiés étrangers et « l’abandon » des SDF de souche au profit de clandestins. La ficelle est un peu grosse ...
    Plutôt qu’une récupération politicienne indigne et pour tout dire assez minable, la question des SDF exige des réponses concrètes et urgentes, tant le système actuel apparait totalement à bout de souffle : centres d’appel saturés, lieux d’hébergement débordés, seulement une personne sur deux qui appelle le 115 se voit offrir une solution pour la nuit, mais également des conditions d'hébergement très préoccupantes, voir indignes et sans aucun traitement social de fond à la clé.

    Il faut arrêter le bricolage social, repenser de manière globale notre politique d’accueil, la refonder, tant il est indispensable de donner à ses familles très fragilisées la possibilité de rebondir et leur permettre effectivement et réellement de sortir de ce qui est devenue une spirale infernale, afin de pouvoir s'intégrer dans la société.

    Pour cela un seul impératif, assumer de faire de la question de l'hébergement des sans abris, une véritable priorité, en y apportant des réponses structurelles sur le court, le moyen et le long terme.

     

    C’est ce que ce billet vous propose d’explorer, en commençant par un état des lieux quelque peu décapant, qui n’est que le reflet d’une triste réalité.

     

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  • Pour des mobilités péri urbaines

     

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    Si la dégradation des transports franciliens (retards, suppressions, état de propreté, travaux … ) impacte tous les usagers sans exclusive, elle est encore plus mal ressentie par ceux qui y passent le plus de temps. Depuis l'été, une ligne SNCF apparait particulièrement sinistrée (la ligne P) et illustre les conditions de transports quotidiennes, plus que limites, subies par les usagers en 2016, même si ce cas ne semble pas isolé.

    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire d'une ville seine et marnaise de 5000 habitants dotée d'une gare, et Vice Président d'une Communauté d’Agglomération qui constitue un véritable hub pour plus de 200 000 personnes vivant dans les bassins de vie du Nord Est Seine et Marnais, je suis devenu au fil des ans, et presque malgré moi, quelque peu spécialiste « es mobilités péri urbaines ».

    Ce billet reprend, pour l'essentiel, la trame d'une note élaborée dans le cadre des élections régionales, aux  propositions essentiellement tournées vers le péri urbain, ce que j'assume, tant ces territoires ont trop longtemps été considérés comme de simples variables d'ajustement, alors qu'ils sont avant tout pour nous qui y vivons des terres d'épanouissement, des terres d’avenir.

    Je veux souligner que beaucoup de mesures mises en place sous l'autorité de Jean Paul Huchon, dont le cadencement, ont apporté une incontestable valeur ajoutée sociale et induit de nouveaux usages. Ces mesures ont contribué, incontestablement, à changer la vie au quotidien de milliers d'usagers et ouvrir de nouvelles perspectives à des territoires qui en manquaient cruellement jusque là.
    Paradoxalement, elles font apparaître en creux aujourd’hui, toutes les faiblesses et lacunes d’un réseau sous dimensionné, obsolète, qui souffre de plus de trente ans de sous investissement et d’abandon. Que ce soit au niveau des voies comme du matériel roulant. J'en veux pour preuve la multiplication quotidienne des incidents et dysfonctionnements d'aujourd'hui qui exaspèrent au plus haut point les usagers durement mis à l’épreuve depuis des années.

    Les mobilités en Grande Couronne sont une priorité absolue et urgente, tant ces territoires attirent de plus en plus d’habitants et que le réseau ferré y est plus que thrombosé. Beaucoup craignent que la métropolisation en cours n'amplifie les inégalités territoriales et sociales déjà pourtant très grandes, pour faire simple, que la grande métropole n'aspire l'essentiel des moyens financiers et logistiques.
    Nous savons que si aucun investissement d’envergure n’est lancé dans les prochains mois sur les réseaux sinistrés de la Grande couronne, c’est toute l’Ile de France qui risque de se retrouver paralysée demain. L'inquiétude des élus, au regard des budgets locaux plus que contraints, est que l’essentiel des moyens financiers ne se concentrent sur le seul réseau du Grand Paris Express; d'autant que ce dernier possède de sérieuses zones d’ombre : sous estimation financière des infrastructures souterraines, pas ou peu de prévision sérieuse sur le cout des reports modaux, les charges liées à la multimodalité n’apparaissant dans aucun modèle financier ! Conséquence l’addition pourrait fort être beaucoup plus salée que celle initialement envisagée.

    Mes propositions ne se limitent pas aux seuls investissements lourds, mais intègrent également des actions liées aux spécificités de la dimension péri-urbaine. Je suis persuadé qu'il faut promouvoir une lecture novatrice, pro active, transverse, et prospective des enjeux, potentialités et contraintes présentes sur nos territoires. Nos réponses pour être efficaces et utiles doivent être adaptées et contextualisées, tant y mettre en place des solutions de mobilités s'apparente à de la vraie dentelle urbaine. Les situations que l'on y rencontre vont du transport de masse au "sur mesure" quasiment individualisé. .

    L’urgence, vu la multiplicité des clés d’entrée, est de dégager une problématique lisible, des priorités claires, de concilier également des actions de nature différentes portant sur le court, le moyen et le long terme, tant sur l'investissement que le fonctionnement. Actions toutes liées les unes aux autres, les mobilités péri urbaines étant par nature systémiques.

    Voici quelques propositions,  objectif poursuivi ?

    Améliorer le quotidien des usagers vivant en grande couronne ... 

     

     

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  • Edgar pense global et il a bien raison

     

    « Je pense que le mot métamorphose est plus riche que le mot révolution…

    La métamorphose signifie qu’il n’y a pas rupture totale avec le passé : on utilise au contraire l’acquis culturel de l’histoire passée de l’humanité…

    C’est ce processus de transformation que nous connaissons très bien chez la chenille qui, s’enfermant dans sa chrysalide, commence à s’autodétruire avec des ailes en tant que papillon. La chenille est devenue une autre, à partir d’elle même.

    On sait avec quelle difficulté, quand la chrysalide s’ouvre, le papillon parvient à déployer ses ailes avant de pouvoir s’envoler. Comme un enfantement, la métamorphose s’accomplit dans la douleur.

    Toute l’évolution est donc un processus de création qui crée de la destruction. La formule de Schumpeter la « destruction créatrice » qui est reprise un peu partout est à mon avis fausse : c’est la création qui est destructrice ...

    Nous vivons le commencement d’un commencement. »

     

    Edgar Nahoum, dit Edgar Morin,

    Grand résistant, sociologue et philosophe français.

    Tirée de son dernier ouvrage : "Penser global"

     

    Pour prolonger, un entretien de 2013 au Monde, toujours d'actualité car Edgar Morin garde toujours quelques stations d'avance "Il faut enseigner ce qu'est être humain" ...

     

    Tout un programme non ? Ecce homo ...

     

     

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  • Pour 2016 ? Semer des graines d’avenir

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    La cérémonie des vœux est également l’occasion de parler d’avenir (cf billet précédent), de tracer des perspectives pour l'année qui vient, sinon de monde meilleur (sachons rester à notre place), du moins d’actions et projets... En ce qui concerne 2016, les annonces n’ont pas manqué, tant cette année constitue une année pivot, propice à semer des graines du présent et de l’avenir …

    Depuis le 1er janvier, Trilport a rejoint la famille des villes de 5 000 à 10 000 habitants. Le nouveau Plan Local d’Urbanisme qui sera arrêté d’ici peu accompagne ce développement autour d’une priorité claire : privilégier la reconstruction de la ville sur elle même plutôt que consommer inutilement des espaces agricoles et naturels.
    Autres axes stratégiques : développer la bio diversité dans la ville, agir en faveur des alternatives à la voiture individuelle, anticiper les conséquences des aléas météo extrêmes …
    Si nous avons vécu l’année la plus chaude depuis 1880, sans doute même depuis que l’homme est homme, et que le pôle Nord accuse des températures positives supérieures d’au moins 20 °C aux normales saisonnières, cela ne sera pas sans conséquences sur la violence des phénomènes météorologiques des prochains mois. Nous sommes à des années lumière des effets du bruissement des ailes d'un papillon, l'effet "glaçon fondu" est plus dommageable que l'effet papillon.

    Trilport compte 5 017 habitants au 1er janvier 2016, soyons honnête, nous n’avons rien fait ces dernières années pour accélérer ou précipiter ce développement urbain inéluctable, bien au contraire. Il nous semblait important de préserver identité et équilibre du territoire, sans doute, mais surtout préparer la commune à l’arrivée des nouveaux habitants et éviter tout effet champignon, très déstabilisateur en partant d’un principe simple : pour qu’un arbre grandisse harmonieusement, il est nécessaire de creuser des fondations profondes qui permettent à ses racines de se développer progressivement et leur laissent le temps de faire leur place : projet de ville, efficacité et organisation des services aux habitants, équipements publics comme les écoles …

    L’éducation est par définition une graine d’avenir, c’est aussi pour cela, qu’elle a été, est et sera au cœur de nos priorités. Que ce soit dans l’accompagnement des dynamiques éducatives autour de l’éducation à l’environnement, des usages numériques, que dans les activités périscolaire, ou l’investissement dans les locaux, à créer, rénover ou agrandir !
    Nous avons privilégié cette option, car elle permet d’adapter tous nos groupes scolaires aux besoins d’aujourd’hui et redonne à l’école la plénitude de son rôle de creuset de citoyenneté républicaine et d’intégration. Une ville se construit également autour de ses écoles. Dans le même cadre nous ouvrirons également d'ici quelque jour, un lieu d’accueil et d’écoute pour les parents et les enfants de 0 à 6 ans, afin d’améliorer une relation parentale, malmenée quelquefois, notamment en période de crise.

    Limiter nos émissions de Gaz à Effets de Serre est également préserver l’avenir mais aussi et surtout le présent à l'heure de la COP 21. C'est pour agir en ce sens que  nous rénoverons l’éclairage public dans toute la ville, poursuivrons l’isolation thermique des équipements publics en privilégiant l’emploi de matériaux bio-sourcés locaux (chanvre et bois) et lancerons la mise en place d’un mini réseau de chaleur destiné à alimenter Salle des Fêtes, Groupe scolaire Prévert et futur réfectoire.

    Mais de toutes les annonces de la soirée, celle qui a retenu incontestablement l’attention du plus grand nombre est relative à l’éco quartier de l’Ancre de lune …

    Pourquoi ?

     

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  • En 2016, Rallumons les étoiles, vite ...

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    Ce soir, cérémonie des vœux, tradition républicaine oblige  … Un an, jour pour jour, après l’attaque de Charlie Hebdo, notre vie depuis n'est plus tout à fait la même. J'ai en mémoire, je pense pour toujours, l’ambiance plus que particulière des cérémonies de l’an dernier, toutes placées sous le signe de "Je suis Charlie".
    A la question, pourquoi une cérémonie de vœux ? Plusieurs réponses s'imposent :  passer un moment de convivialité, tant il est agréable de se retrouver un moment entre acteurs du terrain pour échanger, faire un point d'étape sur l’année qui vient de s’écouler histoire d'en tirer des enseignements utiles, apporter également quelques éclairages ou clés de lecture destinées à faciliter le décryptage d’enjeux passés ou à venir, tracer quelques perspectives sinon de monde meilleur, du moins d’actions à accomplir pour l'année qui commence, et surtout remercier de leur énergie et de leur passion, tout ceux qui font une communauté de vie. Qu'est ce qu'une ville ? Sinon toutes ces personnes qui tissent chaque jour des liens ténus, fragiles mais au combien précieux qui donnent contenu et sens au vivre ensemble.

    Rarement une année aura concentré autant d’émotions aussi intenses que 2015, certainement une des plus dramatiques que la France ait connue depuis des décennies, mais aussi paradoxalement, une de celle qui nous aura le plus appris sur nous mêmes.

    De l’attaque de Charlie Hebdo, au Bataclan, que de drames humains et de vies envolées … Ces faits de guerre auront agit comme un révélateur, vague de fond ébranlant le pays et l’impactant au plus profond. Des priorités essentielles, que nous laissions jusque là de coté, comme banales, presque superflues, se sont brusquement rappelées à nous : la fragilité d’une vie, la violence de la guerre, les douleurs qu’elle provoque.

    Nous avions oublié que rien n’est jamais acquis définitivement, surtout l’essentiel.

    En quelques jours, la fragile bulle qui nous préservait des malheurs du monde s’est brusquement et violemment déchirée … Chacun mesure depuis, la saveur de nos modes de vie, l’importance et la portée des valeurs républicaines dans la tourmente.

    Plus rien désormais ne sera comme avant …

    • la formidable vitalité et la force incroyable de ce pays lorsqu’il est menacé se sont révélées, ainsi que sa capacité à faire bloc face à l’adversité. La France n’est pas tombée dans le piège des terroristes cherchant à cliver, diviser, rejeter, exclure, fractionner, pour exploiter ensuite nos détresses, faiblesses ou fêlures.
    • Nous mesurons tout ce que nous devons aux forces de l’ordre, pompiers, secouristes et médecins, comme à l’action de ceux qui, sur le sol national ou au-delà des mers et océans, luttent jour et nuit contre Daech.…
    • C’en est fini de ce « French bashing » injuste et mortifère qui nous a collé à la peau si longtemps… Nous goutons notre chance de vivre dans un pays libre et ouvert, riche d’une qualité de vie que le monde entier nous envie, où il fait si bon se cultiver, aimer qui bon nous semble, étudier, travailler, grandir, vieillir, s’épanouir. Les images du 11 janvier resteront gravées dans la mémoire collective : de la dignité de la foule interminable rassemblée Place de la République, au recueillement des chefs d’état venus de toute la planète rendre hommage à notre pays et ses valeurs universelles de paix, liberté, tolérance …
    • Nous devons cependant garder en tête une réalité brutale, douloureuse et cruelle, c'est bien notre société qui a enfanté les auteurs de ces assassinats …

    La réponse sécuritaire, priorité du moment, doit être complétée de mesures sur le moyen et long terme, pour ne pas nous limiter à traiter des seuls effets et conséquences, mais des causes, multiples. Mission qui nous oblige tous : élus, éducateurs, enseignants, parents …

    Confrontés à un monde en mutation, à une planète qui se délite et se fait la malle, notre société a grand besoin de repères. La citoyenneté constitue une balise clé, puisqu’elle nous aide à savoir qui, et, où nous sommes, individuellement et collectivement.

    Encore faut il réapprendre à produire du commun, retrouver notre capacité collective à faire société, à construire le « vivre ensemble », en bonne intelligence…

     

    Retour sur 2015 ... 

     

     

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  • Que l'année nouvelle soit belle comme une orange bleue

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    Voeux de la Ville de Trilport, Citation : Apollinaire, dessin : Albert, Conception : Concordance(s)

     

    "Il n'y a de rêve que de rêve étoilée"

    Paul Eluard

     

    Que 2016, soit pour chacun d'entre vous, une voie lactée ...


    la terre est bleue comme une orange ...

     

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  • A mis abuelos

    Certificat de réfugié  de mon père

     

     

    Dernier Conseil communautaire de l'Agglomération du Pays de Meaux, intervention de l’élue FN, classique, ses prises de parole ne démontrant jusque là qu’une très grande méconnaissance des dossiers et un désintérêt manifeste et profond pour le quotidien de nos concitoyens (abstentions ou vote contre de quasiment toutes les délibérations, notamment celles destinées à améliorer les conditions de vie ou de transport).

    Mais là, elle franchit une limite, et quelle limite ... Elle demande tout simplement aux Maires présents de lui faire un état sur les migrants accueillis dans leurs communes … Son intervention m'a amené à lui répondre, cash, afin de ne pas banaliser l'inacceptable, une demande "digne" des époques les moins glorieuses du pays ... 

    Migrant, un mot qui résonne singulièrement à mon cœur ...

     

    "Les migrants

    comme vous dites, Madame,

    ont deux jambes, deux mains, une tête, une âme et un cœur,

    Comme vous et moi,

     

    Le sang des migrants

    comme vous dites Madame,

    est rouge,

    Comme le votre, le mien,

     

    Beaucoup l’ont versé ce sang 

    et ont perdu la vie

    pour libérer le pays qui les avaient accueillis,

    le votre, le mien … Madame,

    Je pense aux soldats de la Nueve entrant dans Paris,

    Je pense aux tirailleurs sénégalais venus d’Afrique Noire ou du Maghreb

     

    Je suis fils et petit fils de migrants

    comme vous dites, Madame,

    de réfugiés plus exactement,

    bergers espagnols fuyant le régime de Franco

     

    Je suis fils et petit fils de migrant

    Comme vous dites , Madame,

    Non seulement je l’avoue,

    Mais face à vous, je le revendique,

     

    Je suis fier de mes grands parents et parents

    Ils m’ont appris à aimer la France,

    Votre pays, mais aussi le mien, Madame

    Même si je n’oublie pas d’ou je viens

     

     

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  • Résister, se conjugue au présent

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    Ces derniers jours nous auront marqué à jamais … trop de vies envolées, trop de personnes blessées, trop de familles endeuillées ou meurtries …  Une foule de sentiments de l’ordre de l’intime s'entremêlent dans nos têtes et nos coeurs : émotion, compassion, sidération, incompréhension, indignation, révolte, colère également …

    Cette tragédie aura agit comme un révélateur pour le pays, vague de fond, l’impactant, l’ébranlant même et faisant remonter à la surface certaines réalités, jusque là laissées de coté, qui se rappellent brusquement à nous : la fragilité de notre sécurité individuelle et collective, l’utilité d’un service public efficient ... Chacun a pu mesurer ce que nous devons à l’action déterminante et exemplaire des forces de l’ordre, pompiers, secouristes et médecins lors de ces tragiques évènements. Leur courage et l’efficacité de leurs actions ont permis de sauver beaucoup de vies et de soulager la douleur de centaines de blessés ... comme à chaque fois.

    Face à ce qui constitue un véritable acte de guerre, une seule réponse s’impose : faire bloc et rester unis … L’heure est à l’unité nationale pour ne pas tomber dans le piège tendu par l’Etat Islamique qui cherche à cliver, diviser, rejeter, exclure, fractionner pour mieux rebondir ensuite afin de surfer sur nos détresses, nos faiblesses et plus que tout sur nos fractures …
    C'est pourquoi il est important de défendre, ensemble, face à la barbarie que Daech représente, cohésion nationale et sociale, valeurs républicaines mais aussi nos modes de vie pluriels.

    La petite musique politicienne de certains (ir)responsables a fait plus que désordre, ce mélange assez minable des genres constitue une faute politique majeure, tant le contexte dramatique du moment exige sang froid, discernement, responsabilité et, plus que tout, sens de l’état.
    L'heure est à l'action et aux investigations, pas aux polémiques, c'est le pays qui est attaqué et nos valeurs qui sont menacées.
    L’heure est au soutien au Président qui n’a pas failli et s’est montré à la hauteur de la situation, au gouvernement qui agit vite et fort, et à tous ceux qui, anonymes, nous protègent jour et nuit de l'Etat Islamique, souvent au péril de leur vie, que ce soit sur le sol national ou au-delà des mers et des océans

    C’est parce que la France lutte contre l’obscurantisme et le fanatisme, qu’elle est à la pointe du combat pour la liberté, que son action est déterminante, qu’elle est devenue la cible des terroristes ! Mais c’est aussi pour tout ce qu’elle incarne, plus encore après le 11 janvier, notre pays est devenu de nouveau pour la planète un symbole de liberté que les fanatiques veulent abattre absolument !

    Plutôt que ce complaire dans un France bashing injuste et mortifère, apprécions la chance que nous avons de vivre dans un pays libre et ouvert, riche d’une qualité de vie que le monde entier nous envie, ou il fait bon se cultiver, aimer qui bon nous semble, étudier, travailler, grandir, vieillir, s’épanouirNous le devons aux morts du Bataclan, aux vivants, mais aussi à nos enfants.
    C'est pourquoi il nous faut, y compris si cela semble si difficile aujourd’hui, "enraciner l’espérance dans le terreau du cœur" et y semer des graines de monde meilleur, loin de la peur, de la terreur et de la douleur …

    Nous ne pourrons cependant faire l’économie d’un examen de conscience lucide, sans complaisance aucune, et d’une nécessaire remise en cause ne pouvant se limiter à la seule analyse des conséquences ou de l'analyse de la dualité entre liberté et sécurité (moins de liberté pour plus de sécurité), mais bien nous attaquer aux racines du mal … 
    Au delà des mots, postures ou polémiques nous devons apporter des réponses globales, ajustées, adaptées, et garder en tête une réalité brutale, douloureuse et cruelle, c'est bien notre société qui a enfanté les auteurs des actes de guerre du 13 novembre.

    Recherchons au plus profond de nous mêmes les réponses  qui permettront que « les sanglots longs des violons de l'automne ne blessent de nouveau nos cœurs » au vent mauvais …

     

    Mais qu'elles sont elles ?

     

     

     

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  • Ligne P : fracture consommée ?

     

    train-court.jpg

     

    Dans un billet daté de février dernier, j’évoquais la rencontre organisé par Guillaume Pepy, Président de la SNCF avec les Maires des villes de la ligne P (dont Trilport), entretien qui m’avait laissé entrevoir quelques perspectives d’amélioration dont je m’étais fait l’écho, imprudemment cependant, tant la réalité aujourd'hui est malheureusement toute autre.

    Nous assistons depuis cet été à une dégradation inacceptable des conditions de transport, pourtant loin d’être idéales jusque là : retards, suppressions de trains, propreté, travaux …  Mais plus que tout, c’est la multiplication du recours aux trains courts lors des heures de pointe, avec tout son cortège de conséquences sur les conditions de voyage (dont beaucoup inadmissibles), qui exaspèrent au plus haut point les usagers dont certains passent prés de 2 heures par jour dans ces trains; et cela sans comptabiliser le métro ou le RER !
    Il faut concrètement partager de tels moments pour comprendre tout le ressenti et la colère légitime de voyageurs qui se sentent considérés comme du véritable « bétail » (sic). Aucun sas de décompression, les transports ferrés sont déjà en mode "Metro heure de pointe" dés leur gare de départ !

    J'ai adressé à Guillaume Pepy il y a quelques semaines un courrier pour protester comme élu et usager, de cette situation inacceptable qui n’a que trop duré. Petite note positive cependant depuis septembre, le Pass Navigo à prix unique qui atténue une inégalité territoriale devenue de plus en plus pesante et discriminante au fil du temps.

    Il est dommageable que tous les efforts consentis depuis 2008 par la Région et le STIF soient ainsi remis en cause par ces dysfonctionnements. Les mesures mises en place, telles le cadencement, l’arrivée de nouvelles rames, la rénovation des voies et des quais mais aussi la tarification, induisent de nouveaux usages de mobilités chez nos concitoyens notamment le week end ou en soirée mais elles font apparaître paradoxalement aujourd’hui en creux, toutes les faiblesses et lacunes d’un réseau sous dimensionné et obsolète qui n'arrive pas à suivre cette montée en puissance. L'obsolescence étant, ne l'oublions pas, la cause principale de la multiplication des incidents rencontrés ligne P.
    Cette ligne ferroviaire est représentative des contrastes de l'Île-de-France à l’heure du Grand Paris, elle devrait à ce titre inspirer les candidats aux régionales en les incitant à élargir leur focale jusqu’aux franges les plus lointaines de la région, afin de positionner la problématique des transports de la grande couronne comme une priorité absolue.
    Je n'ose suggérer à Monsieur Pepy de prendre quelques minutes pour gouter aux délices d'un aller simple Trilport / Paris aux heures de pointe dans de telles conditions. Si l'on veut prendre les choses du bon coté, il est vrai que lorsque les usagers après un tel périple arrivent enfin à leur travail  ils se sentent libérés ! Mais est il normal de promouvoir l'émancipation par le travail avec un tel procédé ?

    Rappelons que longue de 252 km, fréquentée chaque jour par 85 000 usagers, nombre en constante progression, la ligne P dessert 36 gares sur 3 départements et s’étire à plus de 90 km de Paris, allant jusqu'à Château-Thierry ou La Ferte-Milon. Imaginons les analyses que pourraient en tirer Emmanuel Vigneron, sociologue rendu célèbre par ses travaux sur les variations de l'espérance de vie au fil du RER B, ou encore Christophe Giulluy, le spécialiste des fractures entre France des métropoles et France périphérique tant elle illustre la discrimination territoriale du pays et bien des problèmes que rencontrent le péri urbain.
    Rajoutons encore une couche, la ligne P est la dernière en Ile de France à avoir des voies encore non électrifiées (Provins / Trilport à La Ferté Milon) ! Anachronisme qui impose des contraintes de gestion de parc, complexes et couteuses, des rames ayant une faible capacité et le recours à des navettes bus de substitution lorsque ces dernières tombent en panne ou en raison du rythme des saisons : été (chaleur, canicule), automne (les feuilles qui tombent à la pelle), hiver (froid, gel et neige), ce doit être également une des raisons pour laquelle les usagers apprécient tellement  le printemps, 

    Question simple mais importante pour le quotidien de milliers d'usagers de la Grande Couronne :  comment améliorer leur quotidien durablement dans une situation qui aujourd’hui est pour le moins compromise ?

    Voici quelques pistes de réflexion dans le cas ou nos décideurs seraient en manque d'inspiration ...

     

     

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  • Etranges étrangers et réfugiés ...

     

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    Photo : R. Maalouf


    "Tout homme a droit à une vie qui lui permette de se construire."

    Albert Jacquard

    Avec Nicole Bricq, Sénatrice de Seine et Marne et Rita Maalouf (Secrétaire Nationale du PS à l'humanitaire et aux droits de l’homme) nous sommes allés à la rencontre des réfugiés syriens et irakiens hébergés au Centre d’Accueil pour demandeurs d’asile de Champagne sur Seine. La logistique mise en place par la Croix Rouge, la proximité nouée avec les familles de réfugiés, dont une dizaine d'enfants, malgré l’obstacle de la langue, permettent à ces familles, dans un endroit préservé, de se réparer peu à peu.
    Ils nous ont raconté, sans en rajouter, une partie de leur périple : les milliers de kilomètres effectués, les pays franchis, la traversée pour le moins rude de la Méditerranée, les exactions et exécutions commises par  DAECH à Alep, comme leur désespoir de voir la Syrie abimé durablement, sans perspectives d’avenir immédiates.

    Elu d’une ville volontaire pour accueillir une famille de réfugiés, cette rencontre me semblait utile, en qualité de Président de l’UDESR de Seine et Marne il était  également important de dialoguer avec le Maire de Champagne sur Seine, l’humanisme de sa médiation ayant contribué à tisser un réseau de solidarités dans toute sa ville.
    Cette visite m’a marqué, la question de l’asile politique est ancrée au plus profond de moi, je n’oublie pas d’où je viens; comme tant de français, descendants de « ritals », « polaks », "hongrois" ou « viets », mes origines sont d’ailleurs, nous mesurons tout ce que nous devons à la France, accueillir aujourd’hui des réfugiés est un devoir d’humanité et de solidarité, mais en ce qui nous concerne, également de mémoire.
    Deux visions de la société s’affrontent sur une telle question. Celle qui assume et revendique cet accueil, au nom des valeurs républicaines, d’humanisme et de solidarités qui font la France, l’autre toute différente, basée sur le repli, l’égoïsme, l’individualisme et le rejet de l’étranger qui le condamne, ses défenseurs comparant la vague migratoire à un « tsunami », ce faisant ils travestissent, une fois de plus, la vérité, tant la réalité des chiffres s’impose : la France, 5 ou 6eme puissance mondiale va accueillir 24 000 réfugiés en deux ans, soir 1000 personnes par mois, ou 10 par département.
    Souvenons nous des 500 000 Espagnols accueillis à la fin de la guerre d’Espagne, des 120 000 boat people de 1979 nous venant du Vietnam, du Cambodge ou du Laos, des 15 000 chiliens de 1973 ! Point commun, toutes ces familles fuyaient la mort pour délit d’opinion !

    Cette crise n’est pas européenne, mais régionale, et concerne en premier lieu les pays du sud. Sur les 5 millions de syriens fuyant leurs pays, 98 % vivent dans les pays limitrophes : prés de 2 millions en Turquie (pays de 75 millions d’habitants) et plus d’un million au Liban (pays de 4 millions), le reste se répartissant entre Jordanie et Irak.

    Nous devons reconnaitre qu'en ce qui concerne l’accueil d’urgence,  la France n’était jusque là guère à la hauteur. Pas de scoop ici, chacun sait que  le pays galère chaque hiver pour proposer un simple toit à nos «réfugiés de l’intérieur», alors comment accueillir ces nouveaux arrivants ?
    Un préalable, crucial, souligné avec raison et gravité par Louis Gallois, Président de la Fedération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS) lors de la réunion du 12 septembre organisé par Bernard Cazeneuve : il ne peut y avoir de « concurrence entre pauvres », pour être clair, ce qui est «donné» aux réfugiés ne peut être pris à ceux qui galèrent. Je suis persuadé, paradoxalement, que tout ce qui est entrepris aujourd’hui, de manière tout à fait exceptionnelle, permettra demain d’apporter des réponses dignes, humaines et surtout plus efficace, à tous ceux qui en France, trop nombreux, ont recours aux services du 115. N’oublions pas que la période d'hiver approche. J’y reviendrais, tant cette crise, laisse entrevoir de nouvelles pistes.

    Le pays a mis la démultipliée ces dernières semaines : mobilisation de l’ensemble des acteurs (associations, bailleurs sociaux, collectivités) permettant de libérer des milliers de places de logements décents (anciens foyers logement désaffectés, anciennes maisons de retraite, bâtiments en attente de démolition, casernes inoccupées … ), délais d’obtention du statut de réfugié raccourcis, afin de permettre à ceux qui l’obtiendront de prétendre à un logement social au plus vite, en laissant la place à d’autres arrivants, le gouvernement assumant enfin une « logique de flux », plutôt que la « logique de stock » qui prévalait jusque là. 

    Bien sur, après reste le plus délicat : l’insertion... Impossible de ne raisonner qu’en terme capacitaire, quantitatif, techno, tant cette problématique doit s’appréhender de manière transversale, qualitative et surtout humaine …
    Réussir une intégration est la résultante d’une longue chaine de solidarités, dans laquelle chaque maillon, aussi infime et fragile soit il, a un rôle essentiel : collectivités, Etat, associations, particuliers …  C’est à ce stade que d’autres acteurs, dont les collectivités interviennent, d’ou l’intérêt de visiter le Centre d’Accueil de Champagne en amont …

    La compassion née d’un cliché, d’un interview, ne dure trop souvent qu’un temps éphémère, c'est ce que rappelait le Maire de Champagne sur Seine, celui de l’émotion …
    Il faut en ce domaine, être efficace, humain, collectif mais plus que tout, tenace, d’autant que cette question des réfugiés risque de devenir une constante des prochaines décennies, et ce pour plusieurs raisons … 

     

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  • Fleurissement, Zéro phyto et qualité de l'eau

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    Nous avons accueilli à Trilport il y a quelques jours le jury régional des villes et villages fleuris, visite traditionnelle depuis 1997, année d’obtention de notre Première fleur (suivie d’une seconde en 2000), dans ce concours qui concerne désormais une commune française sur trois, dont 305 pour la seule Ile de France.

    Autant l’avouer, j’avais de sérieuses réserves sur l'utilité d'un tel label. Privilégier un fleurissement ostentatoire, grand consommateur en logistique, eau et produits phytosanitaires, réservé à certains «spots» stratégiques de la ville, ne me semblait pas revêtir de caractère prioritaire.
    L’évolution sensible des critères de ce prix m’a depuis fait changer d’avis. Le respect de l’environnement et la défense de la bio diversité y sont devenus prépondérants, le jury évaluant fleurissement (répartition dans la ville, adaptation aux contraintes des sites, diversité et qualité des compositions, entretien tout au long de l’année), pratiques environnementales déployées, dimension sociale et citoyenne accompagnant la démarche de la collectivité. En fait, c'est bien de la place du végétal dans la ville dont il est question, et des actions en faveur de l'environnement engagées, jusqu'au projet de développement initié.

    Dans ce cadre, soulignons que Trilport bénéficie d’un patrimoine naturel exceptionnel : bords de Marne, forêt domaniale, écrin de cultures entourant le centre urbain et points de vue sur les coteaux environnants uniques dans la région. Dans le même temps la ville a une configuration urbaine affirmée (présence de zones industrielles, d’une gare et de plusieurs infrastructures routières) et se développe, du fait de la loi SRU. Dualité qui nous a mené à initier un projet de territoire dont l’objectif est de construire une ville durable, qui n’oublie pas cependant d’être aimable à ses habitants.

    Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, en limitant l’étalement urbain, piste privilégiée : « construire la ville sur la ville » (plus facile à dire qu’à faire !) mais nous travaillons dans dans le même temps à y renforcer la présence végétale. Ce dernier objectif est à la base de notre engagement dans le label des villes fleuries.
    Le but n’est pas de décrocher une 3eme fleur à tout prix, mais bien de défendre une conception de l’aménagement urbain représentative des spécificités de ce territoire, en nous appuyant sur la place qu’y occupe déjà le végétal.
    Un nouveau modèle de développement urbain est possible, trouvant ses racines dans les spécificités du terroir local et intégrant très en amont les exigences de l'urgence environnementale en apportant des réponses concrètes et utiles pour faciliter l’adaptation de nos villes aux conséquences de la dérégulation climatique.

    L’importance écologique des arbres et espaces verts n’est plus à démontrer (développement de la bio diversité, captation du CO2, régulation thermique lors des périodes de canicule notamment), mais « le végétal » constitue encore trop souvent la variable d’ajustement des opérations d’aménagement, alors qu'il demeure un élément architectural et urbain essentiel. Il apporte à une ville, un quartier, caractère, identité et supplément d’âme, cadence le rythme des saisons et du temps qui passe, sa présence est indispensable à l’épanouissement des habitants de toutes générations, y compris des plus jeunes … Une école sans végétal ou horizon naturel est une école sans ligne de fuite, sans perspectives pour les yeux d’enfants …

    Une question fait débat aujourd’hui : le « zéro phyto ». Certains de nos concitoyens s'agacent de voir « proliférer » au long des trottoirs ou des routes, les herbes folles, mousses, pousses de pissenlit et autres, qui sont pour eux autant d’illustrations d’une ville mal entretenue. Aussi, ils ne manquent pas d’exprimer leur mécontentement aux élus et agents des espaces verts par des remarques acidulées, sinon acides. Rappelons simplement qu'au 1er janvier 2017 l’utilisation des produits phytosanitaires sera interdit sur les voiries, espaces verts, forêts et promenades ouverts au public.
    Durant des décennies, tout paraissait pourtant si simple ! Un geste, l’application d’un produit miracle et plus de mauvaises herbes ! Rappelons simplement que l’efficacité de tels produits dépend surtout de leur toxicité. Si nos jardiniers ont toujours la main verte, ils ont troqué leurs anciens pulvérisateurs pour des binettes, beaucoup moins efficaces en apparence, et se retrouvent  dans l’obligation de s’adapter à une nouvelle donne qui représente une charge considérable de travail supplémentaire. Autant le dire les différentes techniques alternatives qu'elles soient mécaniques, thermiques ou chimiques nécessitent une appropriation difficile et des niveaux de rendus qui seront moins bons que les précédents.

    Nous vivons un changement d’époque, ce qui vaut également pour le fleurissement. Il est heureux que notre génération ait enfin pris conscience du danger de certaines de ses pratiques quotidiennes, en apparence inoffensives, pour la planète, que l’on ne soupçonnait pas aussi fragile et périssable.

    Comment définir dans un tel cadre, sinon une doctrine en matière de fleurissement, du moins des priorités claires intégrant les contraintes environnementales ?

    Avant d'aborder plus concrètement dans une prochaine note l'action engagée sur Trilport dans ce domaine et les pistes explorées pour adapter au mieux nos villes aux conséquences de la dérégulation climatique, il me semble urgent de revenir sur la délicate problématique du zéro phyto …

     

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  • 14 juillet 2015

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    Célébrer la fête nationale, c’est témoigner de notre attachement aux valeurs qui, au fil du temps et de l’histoire, ont forgé la République, puis se sont propagées, semant des graines de liberté par tous les vents, au delà des océans, sur tous les continents.

    Des valeurs durement mises à l’épreuve lors des tragiques évènements de janvier dernier, qui ont à la fois révélé les fractures profondes de notre société, mais également démontré l’attachement des français à leur république,avec le succès de la manifestation du 11 janvier.
    Ces évènements nous obligent. Ils imposent de nous poser la question essentielle de la transmission de ces valeurs fondatrices aux jeunes générations.  C’est aussi le sens de la cérémonie républicaine qu’est tout 14 juillet.

     

    Le drame de janvier dernier a souligné les interrogations qui traversent le pays. La crise sociale que nous traversons, se double d’une crise identitaire douloureuse, car existentielle, qui concerne de nombreux jeunes et interpelle notre société sur sa capacité même à proposer de réelles perspectives. La question du sens à donner à une vie est absolument essentielle.
    On ne peut réduire le projet de toute une existence à l’amélioration de la compétitivité, de la croissance ou encore à la réduction des déficits. Chacun a besoin d’être en capacité de se projeter dans l’avenir, de s’épanouir dans un projet commun et partagé qui élève, d’avoir un supplément d’âme qui le dépasse …

     

    S’interroger sur la laïcité, bien au delà de la question religieuse, revient à se poser une question simple mais vitale, celle du sens à donner à une société qui en manque cruellement, tant elle  peine « à faire corps ».
    Nous devons, bien évidemment, protéger la liberté de croire ou non, défendre la liberté d’expression, réprimer tout racisme, fixer des repères clairs autour de règles de vie partagées, respectées par tous et toutes les communautés, mais plus que tout, proposer un but, un cap, des perspectives.

    Aujourd’hui beaucoup pensent que l’action collective est inutile et vaine. L’individualisme monte en puissance, il s’étend peu à peu et isole chacun dans une bulle dont il devient prisonnier.
    S’engager, revient à crever l’enveloppe de cette bulle, comme l’on crève un abcès, à quitter l’état de spectateur pour devenir enfin acteur, à se mettre en mouvement, en action, pour porter une dimension supplémentaire, celle de l’intérêt général.
    Il ne peut y avoir d’engagement sans partage, c’est dans une démarche collective que cette valeur prend toute sa force et son sens.

    C’est cette valeur que nous avons tenu à mettre à l’honneur en ce 14 juillet ... 

     

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  • Education : "Toujours en mouvement est l'avenir"

     

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    « Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre ;
    qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre ».
    Pierre Corneille

     

    Le monde est en mouvement, mouvement qui ne s’arrêtera pas de si tôt et devrait même s’accélérer dans les prochaines années. Paradoxalement notre système éducatif donne l’impression d’être comme à l’arrêt, pire en décalage ; si durant des années, il a répondu aux demandes d’un pays en pleine croissance : généralisation de l’accès à l’enseignement secondaire, multiplication du nombre d’étudiants dans le supérieur, diminution du «différentiel d’instruction» entre élèves selon leur origine sociale, ce modèle a vécu.
    Le nombre de jeunes sans qualification et ne trouvant pas d’emploi est considérable, jamais l’école républicaine n’aura été aussi inégalitaire ; l’ascenseur social du pays  est bel et bien en panne. Dans le passé un jeune issu du système scolaire pouvait espérer trouver rapidement un métier pour la vie et progresser dans la même entreprise, autant de perspectives qui ont disparu.
    Plus de 130 000 jeunes sortent sans solution chaque année, et 65% des élèves d’aujourd’hui exerceront demain un métier qui n'existe pas encore ! Encore leur faut-il trouver un emploi !

     Si le système éducatif est le reflet de la société, force est de constater que le miroir est brisé, l’école nous renvoi toujours l’image du monde « monde d’avant ». Ses repères ne correspondent plus à une société ou l’horizontalité a supplanté la verticalité et dont les  fondations reposent de plus en plus sur des « nuages » ! Nous vivons une phase de transition entre deux mondes,  bouleversement qui se répercute sur l’enseignement, qui de masse devient quasi individualisé, privilégiant désormais un modèle plus qualitatif que quantitatif.
    Si auparavant chaque élève devait s’adapter aux enseignements existants, c’est au système éducatif de s’adapter désormais. Pourtant ses structures sont toujours les mêmes !

    L’école ne peut plus se permettre d’être « hors sol », devenu un véritable éco système, elle doit s’ouvrir au monde extérieur auquel elle est connectée, au propre comme au figuré.  La société émergente fait appel à des aptitudes particulières à maitriser que ce soit dans le monde réel ou virtuel d'Internet et des réeaux sociaux. Au cœur de cette mutation qui transforme en profondeur la planète, les qualités relationnelles prennent de plus en plus d’importance.

    C'est un coup de colère froide, suite à une divergence de fond avec des acteurs institutionnels, perdus dans leurs certitudes, éloignées des contingences matérielles du terrain et de la réalité partagée des élèves et des professeurs, qui a déclenché cette réaction et m'a amené à proposer des pistes d'action.
    Chef des travaux en Lycée Professionnel depuis des années, le décalage grandissant entre l’affichage politique, les exigences théoriques de l’institution, la déconnexion de responsables éducatifs et les besoins réels et concrets des élèves notamment des plus défavorisés comme le malaise grandissant de beaucoup trop d’enseignants, m’a conduit à mener une réflexion relative à l’acquisition des habiletés sociales et numériques. Travail qui s’est étoffé en cours de route, notamment autour des exigences et opportunités pédagogiques spécifiques induites par la société numérique.
    Afin que chaque jeune formé (mais en ce domaine la jeunesse a t’elle des limites ?) soit en capacité de s’épanouir dans la société d’aujourd’hui comme de demain. Cette contribution est disponible sur ce blog.

    Soulignons tout de même un paradoxe, et de taille. Si la raison d’être et l'utilité de l’Éducation Nationale est de former les jeunes générations, elle n’assure pas (n'assume pas ?), ou si peu, la formation continue de ses enseignants. Je ne veux pas abordons pas la question de la formation initiale, à priori inutile aux yeux des gouvernements successifs de l’ère Sarkozy.
    Former les enseignants sur le fond, pas seulement sur la forme, est pourtant un passage obligé incontournable pour chaque pays afin qu'il s'adapte aux mutations de la société, de ses exigences, des besoins ressentis sur le terrain et surtout de l’attente légitime des français.
    Faut il rappeler qu’une des missions majeures d’un enseignant est d’être transmetteur de repères, encore faudrait il que les siens puissent être réactualisés ! Aussi personne ne devrait s’étonner que beaucoup d’enseignants s’interrogent aujourd'hui sur le sens à donner à leur métier ?

    Autant il n’est plus possible de s’affranchir de l’évolution de la société et de l’incidence évidente du numérique, d’internet et des réseaux sociaux sur les modes de pensée, autant l’enseignement ne doit pas renoncer à son ambition pédagogique première : former des citoyens éclairés disposant des capacités de discernement, de penser par eux-mêmes, dotés d’un esprit critique.
    Encore devons nous tenir compte du changement de mode de pensée induit par l’émergence d’une société de plus en plus digitale.

    Le numérique intègre des problématiques globales, que ce soit au niveau social, culturel, économique et politique, mais aussi vis à vis de l’éthique et de valeurs plus philosophiques. Il présente également quatre écueils dont nous devons nous méfier, que je tiens à rappeler un peu plus loin ...

    Une grande part de la crise culturelle, intellectuelle, spirituelle et identitaire que notre société traverse, provient de la mutation en cours et des remises en cause successives qu'elle entraine, car comme le dit si bien Yoda  : "Toujours en mouvement est l'avenir"

     

     

     

     

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  • Laicité, redonner du sens à un projet commun

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    Je viens de recevoir le numéro spécial de la revue "Communes, département et Régions de France" consacré à la "Laïcité, une garantie de liberté" ... Plus de 300 pages dédiées à un concept, qui depuis les attentats du 5 janvier dernier, a pris une toute autre importance aux yeux de tous, du moins des miens.

    Suite à une de mes interventions lors d'un Bureau National de la FNESR portant sur cette problématique, on m'a proposé de contribuer à ce travail collectif, ce que j'ai fait avec la tribune : "Donner du sens à un projet commun".

    Dois je l'avouer, le concept de Laïcité m'apparaissait jusque là, quelque peu éthéré, déconnecté de la société et de la vie actuelle, 2015 n'étant plus 2005 loin s'en faut. Une valeur à mes précieuse, certes, d'autant que je suis athée, mais quelque peu vide de sens, du moins de contenu concret et à renouveler absolument pour lui éviter de dépérir ...


    Par le passé pourtant, deux temps forts m'avaient incité à retravailler quelque peu cette problématique fondatrice et fondamentale à bien des égards :

    • les discussions autour du traité européen, dans lesquelles, suite aux pressions françaises toutes références à "l'origine chrétienne de l'Europe" avait été évacué. Une concession que beaucoup de nos compatriotes avaient trouvé mineure, alors que pour nombre de pays européens, elle était en fait majeure. J'ai encore le souvenir du ressenti d'amis allemands et hongrois et des sermons tant du prêtre que du pasteur entendus lors lors d'une messe œcuménique à Engen, en allemagne à cette période. Cet "abandon" constituait à leurs yeux un vrai déchirement.
    • le discours scandaleux de Nicolas Sarkozy à Latran "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance". Nous voilà à des années lumière des valeurs républicaines que ce dernier prétend pourtant aujourd'hui incarner !

    Deux évènements dont l'ampleur ne peut être bien évidemment pas comparer à ceux de janvier dernier, beaucoup plus dramatiques. Ces attentats ont provoqué un réveil citoyen qui démontre combien ces questions demeurent importantes dans l'inconscient collectif national et comptent incontestablement, pour aujourd'hui et pour demain. Encore devons nous redonner à un contenant quelquefois vide, un vrai contenu ...

     

    C'est bien une partie de l'enjeu,  s'émanciper du prisme religieux, pour aller plus loin, à la recherche de valeurs à partager afin de vivre ensemble, riches de nos différences, au service d'un projet commun destiné à construire des lendemains  "qui chantent" plus durables et solidaires.

     

    Conclusion de ma tribune

     

     

     

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  • Elle était "à l’écoute du bien-être des gens" ...

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    Je viens d'apprendre avec tristesse le décès de Françoise Hélène Jourda, elle était non seulement une architecte talentueuse mais une femme d'exception.
    J'ai eu la chance de la rencontrer plusieurs fois dans le cadre de mes activités d'élu. C'est à elle et l'équipe qu'elle animait que nous avons confié, avec l'aménageur l'AFTRP, les destinées de l'écoquartier de Trilport, "l'Ancre de lune".
    Nous avions été séduits par son projet, son implication concrète et reconnue en architecture environnementale, dont elle était une des pionnières européennes les plus reconnues, son souci de la qualité de vie des habitants, ses partis pris environnementaux, la place laissée au végétal et aux arbres notamment. Mais plus que tout, c'est sa passion sincère à vouloir animer notre projet (au sens premier du mot, "donner la vie") qui nous a convaincu.

    J'ai ensuite appris pourquoi notre éco-quartier avait trouvé une certaine résonance au plus profond d'elle, puisqu'elle a déclaré il y a quelques années :

    "Moi mon rêve, c'est de construire un morceau de ville, sur la ville, dans la ville, pour changer la ville pour démontrer aujourd'hui qu'il est possible de transformer les villes existantes que ce soit au niveau environnemental, au niveau social, et apporter du bonheur aux gens"


    Le métier d'architecte urbaniste aux yeux de cette professionnelle, d'une simplicité non affectée, à la renommée pourtant internationale, devait avant tout être «à l’écoute du bien-être des gens», afin de répondre à leurs besoins, aux usages de la vie et de la ville, prendre en compte également l’urgence environnementale comme l'impératif d'économiser l’énergie en choisissant les matériaux et procédés de construction les plus respectueux de la planète, de leur conception à leur recyclage.

    Autant de parties pris qui ont trouvé de l'écho aux oreilles de l'élu engagé que je suis, sur les questions relatives à l'habitat, à l'urbanisme et au Développement Durable.
    Qu'elle sache, que là où elle est ou pas,  nous ferons tout pour que ce projet soit à la hauteur de ce qu'elle voulait pour la ville, qu'elle soit durable, aimable et désirable ...

     

    Quelques éléments de bio

     

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  • #JeSuisRépublicain

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    "Je veux que la République ait deux noms : qu'elle s'appelle Liberté, et qu'elle s'appelle chose publique. "

    Victor Hugo

     

    J'ai représenté Pierre Cohen Président de la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains au point presse organisé au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris. Nous avons pu y exposer les raisons qui nous ont mené à déposer un référé (procédure d'urgence) pour empêcher l'UMP de s'approprier la dénomination « Les républicains » et en faire le nouveau nom de ce parti. Proposition que Nicolas Sarkozy compte soumettre au vote de ses militants les 28 et 29 mai.
    Notre assignation vise l'UMP et l'agence de communication (Aubert Storch Associés Partenaires) qui a déposé le nom «Les Républicains » et les propositions de logos à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) ! Ce refére est déposé au nom d'un collectif composé de la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains (FNESR), du Mouvement Républicain et Citoyen, de la Convention pour la sixième République, de Cap 21, de l'association Génération République, ainsi que de 156 citoyens et personnes physiques, dont la famille Républicain. Une pétition actuellement en ligne a collecté plus de 22 000 signatures pour soutenir notre initiative.

    Le TGI de Paris doit rendre sa décision mardi 26 mai mais une victoire judiciaire de l'UMP ne signerait pas pour autant la fin de la procédure,  les juges devant ensuite examiner ce dossier sur le fond, c'est bien sur ce terrain que nous nous situons. Conséquence, l'UMP pourrait bien voir son nouveau nom invalidé plusieurs semaines après l'avoir fait entériner par ses militants ! Nous demandons dans l’attente de cette décision, et à titre conservatoire, que ce parti ne puisse utiliser une appellation que nous jugeons usurpé dans sa communication.

    Cette controverse peut apparaitre quelque peu suranné, voir surréaliste à certains, surtout si on la compare à la violence et à la gravité de l’actualité quotidienne. Le nouveau nom de l'UMP ne changera pas la face de la terre et n'aura aucune incidence sur le réchauffement climatique, nous le savons bien ! Notre volonté et seulement de défendre une valeur qui pour beaucoup de français est mémorielle.
    Depuis le 5 janvier dernier, les valeurs républicaines résonnent singulièrement dans nos coeurs; c'est aussi pour cela que nous ne pouvons admettre cette initiative, pour le moins malheureuse. La république ne peut se dissoudre dans une démarche purement commerciale ou partisane, elle constitue un patrimoine symbolique qui appartient a tous, quelque soit sa confession, ses opinions politiques ou philosophiques.
    Notre conviction est que la République constitue plus que jamais une valeur fondatrice, fédératrice, identitaire, faisant sens, elle a un contenu et posséde un large périmètre : celui de la citoyenneté. Il n’a que faire des différences de confessions ou d’opinions des uns et des autres; sa nature même est de s’imposer à toute une communauté nationale, pour qui la République doit demeurer un patrimoine commun et surtout et plus que tout partagé.

    « Un parti essaie de s’approprier ce bien commun. Nous sommes tous républicains de par l'article 1er de la Constitution et là, les deux tiers de la population se trouvent exclus", a déclaré justement Christophe Léguevaques, un de nos avocats.

    Nicolas Sarkozy et ses communicants tentent de s’approprier à usage exclusif un mot, et plus que tout un concept qui appartient à tous, évinçant du champ "républicain" tous ceux qui ne sont pas adhérent de ce parti. C'est réduire la République a bien peu !
    Soulignons que l’emploi du mot générique « républicains » avec l’article défini « les » sous entend de fait que l'UMP serait le seul en France à être doté de qualités «républicaines» !!! Une  initiative qui constitue un dénigrement de tous les autres partis politiques. « Aucune partie du peuple français ne peut revendiquer son usage exclusif et l'opposer aux autres Français pour les exclure, même de manière sémantique » rappelle l'assignation. La République n'appartient à personne, et encore moins à Nicolas Sarkozy, mais appartient à tous ... Le sang versé pour la défendre depuis Valmy, n'a qu'une couleur, celle de la douleur partagée ...
    Le problème n'est pas que sémantique. "il faudrait ajouter un adjectif, républicains populaires, de droite..." suggère Me Matthieu Boissavy, un de nos avocats qui "ne voudrait pas que dans trente ans, si quelqu'un dit je suis républicain, cela soit synonyme d'être d'une certaine mouvance de droite."

    Cette opération de marketing politique, il ne s'agit que de cela, lancée par une boite de com', relègue principes, histoire même du parti Gaulliste, qu'aurait pensé ce grand homme d'une telle tentative, et valeurs philosophiques communes au rang de marques commerciales à merchandiser, ce qui pour nous n'est absolument pas acceptable !
    La République ne peut devenir une marque cessible ou donner lieu a une OPA de quiconque, elle appartient à tous les Français, ceux qui sont morts pour elles, ceux qui ont en tant besoin aujourd'hui et ceux de demain. Situation  qui a fait dire à un des plaignants, ancien héros de la France Libre, qu'il assistait à un cambriolage de la démocratie.

    Mais revenons sur le fond de cette affaire.

     

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  • 8 mai 2015 : Une journée particulière

    8-mai-1945.jpgDepuis 2010, à Trilport nous associons la cérémonie du 8 mai 1945 à celle du 9 mai, journée de l’Europe pour commémorer la déclaration fondatrice de Robert Schuman, véritable acte de naissance de l'Union européenne.
    Deux dates intimement liées, tant l’émergence de l’Europe politique est le fruit direct de cette horrible guerre comme de la nécessité absolue pour la France et l'Allemagne de se réconcilier, enfin, pour construire une amitié solide et sincère, unique dans l’histoire humaine.
    Il n'est pas si fréquent que deux nations jusque là ennemies irréductibles, d’un commun accord et en bonne intelligence, décident de sceller une amitié inaltérable car directement issue des liens du sang et de la douleur partagée, afin d'apporter  la paix à leurs habitants et enfants. Cette décision historique nous oblige. C’est pourquoi, à chaque commémoration du 8 mai, nous avons toujours une pensée émue et sincère pour nos amis allemands d’Engen, notre ville jumelée, notre ville de cœur.

    Cette année 2015, cette double commémoration du 8 et 9 mai, a revêtu une signification et symbolique toute particulière et à plus d'un titre …

    Commémorer un 70 eme anniversaire, n’est pas rien. C’est accomplir un devoir de mémoire, toujours plus utile chaque année, afin que que les jeunes générations n’oublient pas toute l’horreur nazie, le racisme, la Shoah, les camps de concentration, ces morts innombrables et qu’ils se souviennent  surtout du mécanisme qui a mis cette machine infernale en route, ayant commencé par des élections démocratiques.
    C'est aussi rendre hommage au courage et au sacrifice de ces femmes et ces hommes partis rejoindre Charles de Gaulle et les forces de l’armée française libre, ou ayant dans l'ombre choisit la résistance, qu’ils soient français de souche, de cœur ou simplement de conviction, comme ceux du réseau Manouchian (l’Affiche rouge) …

    « Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
    Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
    Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
    Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
    Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant »

    Souligner surtout, que quelque soit leur couleur, conviction politique ou religion, ou nationalité pour beaucoup, ils sont morts pour la France et défendre nos valeurs républicaines comme la conception qu'ils avaient de la liberté.

     

     Je le disais cette double commémoration du  cérémonie du 8 et 9 mai 2015 a revêtu une signification toute particulière …
    Il y a tout juste un peu plus de 20 ans, le dernier Président Français ayant connu les horreurs des 2 guerres mondiales, François Mitterrand, prononçait un de ses ultimes discours, comme on peut délivrer un testament politique, consacré, justement, à l’Europe … 20 ans après, chacun de ses mots résonnent toujours avec autant de gravité, d’intensité mais aussi malheureusement d’actualité…

    « II se trouve que les hasards de la vie ont voulu que je naisse pendant la 1ere Guerre mondiale et que je fasse la seconde. J’ai donc vécu mon enfance dans l’ambiance de familles déchirées qui toutes pleuraient des morts et qui entretenaient une rancune et parfois une haine contre l’ennemi de la veille.
    Mais ma génération achève son cours, ce sont ses derniers actes, c’est l’un de mes derniers actes publics.
    II faut donc absolument transmettre.

    Vous êtes vous-mêmes nombreux à garder l’enseignement de vos pères, à avoir éprouvé les blessures de vos pays, à avoir connu le chagrin, la douleur des séparations, la présence de la mort, tout simplement par l’inimitié des hommes d’Europe entre eux.
    II faut transmettre,

     Non pas cette haine, mais au contraire la chance des réconciliations que nous devons, il faut le dire, à ceux qui dès 1944-1945, eux-mêmes ensanglantés, déchirés dans leur vie personnelle le plus souvent, ont eu l’audace de concevoir ce que pourrait être un avenir plus radieux qui serait fondé sur la réconciliation et sur la paix.
    C’est ce que nous avons fait.

     Ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre notre histoire et pourtant si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera : le nationalisme, c’est la guerre !
    La guerre ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir,
    et c’est nous, qui sommes désormais les gardiens de notre paix, de notre sécurité et de cet avenir ! »

     La cérémonie du 8 mai 2015 s'est révélée toute particulière, à son issue nous sommes partis avec une importante délégation de Trilportais fêter le 15 eme anniversaire de notre jumelage avec Engen, ayant choisi cette date en commun pour célébrer cet anniversaire pour toute sa force symbolique et ce qu'elle représentait, tant pour le 8 que le 9 mai.

    Construire l'Europe, c'est avant tout, bâtir l'Europe de l'humain, de la proximité et du concret, celle des citoyens, de la culture et de l'amitié …
    Pour que plus jamais nous n'ayons de nouveau 8 mai à commémorer mais aussi et surtout pour célébrer l'idée européenne ...

     

    Poème de Louis Aragon : "strophes pour se souvenir" (l'affiche rouge)

     

     

     

     

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  • Vie de Maire

    vie de Maire.jpgJ'ai participé à l'émission le "Docu-débat" (LCP-Public Sénat) de Claire Barsacq qui prolongeait la diffusion de l'excellent documentaire : 'Vie de Maire". Outre Pascal Carcanade, son réalisateur, étaient invités Fabienne Keller, sénatrice UMP et ancienne Maire de Strasbourg, Samir MAIZAT, candidat aux municipales d'Aubervilliers, animateur de la liste citoyenne "100% Aubervilliers" et Anne MUXEL, Politologue au centre de recherche de Sciences Po, fil rouge du débat : le quotidien des élus locaux.

    Quelques mots sur ce documentaire sensible, délicat et  plus que tout empreint d'humanité. Le réalisateur a su restituer autour de brefs moments de vie, saisis et croqués sur le vif, toute la diversité de nos 36 000 communes et le rôle de catalyseur sociétal qu'y joue l’élu(e) local. Six trajectoires personnelles, aux contextes radicalement différents, ayant pourtant comme points communs : l'amour du terrain, le gout de l’échange direct et un enracinement local authentique à leur territoire.
    La simplicité et la passion qui les animent sont rafraichissantes, à des années lumière des logiques d'appareils, quelquefois hors sols, des états majors parisiens des partis, dans lesquels ambitions personnelles, rivalités, petites phrases assassines fournissent une matière première facile et commode à des médias complaisants, contribuant à donner une image déplorable du politique.
    Ce film, véritable plaidoyer à l’engagement républicain, souligne le rôle des "petits élus locaux" qui s'activent au quotidien, quelque soit la taille de leur commune, pour "être utile à vivre et à rêver" et préserver coute que coute, le lien social, aujourd'hui si menacé,  indispensable pour faire société.
    Ils sont les symboles d'une valeur essentielle, l’engagement. Valeur qui fait de ce mandat de Maire, particulier à plus d'un titre, le plus attachant de toute la vie politique.
    L'importance qu'il prend dans leur vie, tout ce qu'ils y consacrent (en temps, énergie, passion, compétences, conviction), les sacrifices que ce mandat impose au niveau personnel ou professionnel ne sont pas la seule explication de l'ampleur de  leur détresse un soir de défaite électorale. C’est un véritable déchirement personnel qui est ressenti, ce que j'ai perçu l'an dernier auprès de quelques amis défaits,  curieux mélange ou se mêle injustice, sentiment d'abandon et surtout de profonde solitude.
    Durant ce débat j'ai d'ailleurs pu constaté combien Fabienne Keller, ancienne Maire de Strasbourg, portait encore en elle cette fêlure, une blessure intime et cachée au plus profond, qui ne guérit jamais tout à fait.

    Les élections départementales sont passées depuis, aussi aujourd'hui la réalité apparait quelque peu différente, même s'il ne faut jamais comparé un scrutin à un autre ... La fracture entre élu et citoyen s'est encore aggravée, tant ce scrutin a été marqué par une forte abstention et la poussée du Front National. 

    Comment combattre ces deux tendances mortifères ?
    A mes yeux, point de fatalité, mais de l'action concrète ... Voici quelques pistes de réflexion, qui si elles sont personnelles, sont partagées par quelques acteurs du terrain ...

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  • Tristes topiques

    IMG_0688.jpgLes tristes résultats de ce week end, sont de la même veine que ceux des municipales de l'an dernier, une véritable hécatombe ! Le nombre de duels FN / UMP auxquels nous avons assisté, notamment en Seine et Marne, laisse à tout républicain plus qu'un goût amer dans la bouche et chacun  gardera  de ce dimanche un souvenir douloureux.
    L'enjeu local était en théorie l'objectif central du scrutin, il a  laissé place à un test de popularité national, occasionnant beaucoup de dégâts humains, un gâchis territorial sans nom, et un résultat final en trompe l’œil tant il maximalise les résultats de l'UMP (du fait de la division de la gauche) et ne traduit pas concrètement l'incontestable montée du FN. Cette poussée  n'est ni une fatalité, ni inexorable, encore faut il se donner réellement les moyens concrets de la combattre.

    Ces élections doivent interpeller tous les partis républicains, sans exception aucune, y compris et surtout ceux qui se sont auto englués dans un NiNi irresponsable et coupable. Un résultat qui confirme mon opinion sur le fait  que si un élu ou un politique veut réellement changer la vie des autres, il doit d'abord la partager pour la comprendre tout court ! C'est aussi une leçon de ce scrutin.
    Trop de politiques, qu'ils soient de la gauche du PS, de son centre, ou de sa "dite droite"  pour se limiter à ce seul parti, sont totalement hors sol, ancrés et arc boutés a des priorités qui souvent se trouvent à des années lumière de celles de leurs concitoyens ...  Aussi ne faut il pas s'étonner si, un jour, ces derniers décrochent et se détournent d'un discours qui non seulement ne leur parle pas, ne les respecte pas, tant dans sa formulation que dans ses objectifs ou priorités !

    Alors que faire, aujourd'hui et demain ?

    Pour le PS et ses militants l'équation est on ne peut plus simple : Réagir et rebondir ou mourir ... Trouver la capacité de se rassembler, malgré les soubresauts de ces derniers mois, ou dépenser ce qui nous reste d'énergie à se diviser, s'éparpiller au quatre vents de la discorde et de la polémique, pour in fine, ne plus rien peser dans le débat politique national et n'avoir le sentiment d'exister que par la force des ressentiments ou des ambitions déçues !
    De ma petite fenêtre de petit élu local, une vraie colère, jusque là contenue, monte. Elle m'apparait encore plus légitime après ce triste week end, j'ai le sentiment d'un gâchis incommensurable. Une colère froide, libératoire mais à priori inutile, tant espérer qu'un jour l'effet "bottom up" de la réalité du terrain atteigne des états majors parisiens isolés dans leurs tours d'ivoire (souvent d'ailleurs pour jouer un remake de : "Petits Meurtres entre amis") semble vain.
    Pour être clair, mon propos ne concerne pas spécifiquement ce gouvernement ou un courant particulier du PS, car je pense sincèrement, que là n'est pas le nœud du problème, l'origine du divorce et de la fracture avec le citoyen est non seulement bien plus profonde mais elle s'élargit encore après ce scrutin.
    Aussi j'ai de plus en plus de mal à me retrouver dans ces lignes de partage, souvent factices, que sont les courants du PS, quand le leader remplace l’idée, la réponse formatée (pour ne pas dire l'élément de langage) l'interrogation, la certitude la nécessaire remise en cause et le commentaire au final l'analyse ou la perspective, tous les doutes sont permis.
    Un divorce dont le PS n'a pas l'exclusivité, vu les "scores" réalisés par les autres formations de gauche, qui n'avaient lors de cette campagne, à priori, qu'une seule obsession, éparpiller les voix des électeurs avec les conséquences que l'on connait, pour  "casser du PS"! Reléguant du même coup, l'objectif pourtant central du scrutin : gérer des départements afin de proposer à nos concitoyens une politique plus sociale, solidaire et durable.
    Constatons que ces forces politiques, dites "alternatives", n'ont guère déplacé les foules, bien au contraire ! Vu le résultat des urnes, un constat s'impose, arithmétique. Les Français sont loin de réclamer à corps et à cri une politique plus à gauche; leçon que devrait méditer certains de mes camarades ...

    Voilà pour le constat.

     

    Nous devons collectivement, et au plus vite, nous retrouver et surtout nous ressourcer pour "réallumer les étoiles" comme l'écrivait si joliment Apollinaire. Encore faut il pour apercevoir la voie lactée, éteindre les sunlights médiatiques et parasites qui nous aveuglent et éblouissent tant de petits égos exacerbés les empêchant de ne percevoir autre chose que leur seul reflet, dans des miroirs cathodiques pathétiques tant ils sont egotiques.
    Tels des narcisses du XXIeme siècle, captivés de leur seul reflet, ils recherchent la minute d'éternité médiatique, ou au choix le quart d'heure de célébrité plus que relative, que leur offrent sans retenue et si facilement les chaines de la TNT ...

    Il serait bon que chacun retrouve le minimum d'humilité et d'humanité nécessaire, renoue avec la proximité concrète et j'ose le dire l'esprit de camaraderie, tout en s’imprègnant de la réalité locale vécue au quotidien par leurs concitoyens, en ayant une oreille attentive pour les alertes lancées par les sentinelles de proximité que sont les élus locaux PS en place (dont la valeur provient aussi désormais de leur rareté croissante), avant de vouloir donner des leçons à la planète entière ou de lancer des mesures déconnectées du sol qui entraînent le chaos.

    Ne nous trompons pas de combat, engageons nous au service de nos concitoyens pour concrètement changer leur vie chaque jour : pas après pas, si nécessaire même si cela fait réformiste ou "petit bras" de la révolution.
    Cette démarche, je l'assume, pire même je la revendique, tant j'ai le sentiment, comme Maire, de transformer au final plus la vie de mes concitoyens que bien des orateurs médiatiques, adversaires auto proclamés de la finance et du grand capital, excommuniant à tour de bras, grands donneurs de bons points en "socialisme théorique et réthorique" devant l'éternel, ! Il est vrai qu'avec eux la droite peut dormir tranquille sur ces deux oreilles !

    Encore devons nous admettre, que le monde se transforme de plus en plus vite, que ne pas avancer signifie reculer et prendre le risque, in fine, de ne plus peser sur notre destinée, celle du pays, de l'Europe ou de la planete.
    Encore devons nous rappeler que nous ne sommes rien sans les autres, et plus que tout, être persuadé que la priorité absolue à accorder à l'urgence environnementale n'est non seulement pas négociable, mais doit devenir la matrice d'un projet politique ambitieux pour le XXI eme siècle comme le moteur d'un nouveau type de croissance durable et surtout équitable qu'il nous faut construire au plus vite ...

    Si je peux comprendre aisément la réaction d'amis désabusés et écœurés par les résultats (trop qui n'avaient pas démérité, loin s'en faut, l'ont payé cash !) qui lâchent l'affaire, à titre personnel, je ne m'y résous pas, préférant agir plutôt que de voir mourir ou se déliter les valeurs auxquelles je crois et de plus en plus. Ce second tour FN / UMP me restera longtemps au travers de la gorge et je ne veux surtout pas avoir à choisir en 2017 entre un Sarkozy et une Le Pen !
    Je privilégierais, comme toujours, le mode d'action local, mais ne m'interdirais pas désormais d'intervenir en mode plus global, faisant entendre une voix aussi légitime finalement que celles inondant et encombrant sans retenue l'univers médiatique, une toute petite valeur ajoutée en quelque sorte.

     

     

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  • Avant toute chose : Faire obstacle au FN

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    Dimanche je voterais en mon âme et conscience et sans réserve contre le Front National.

    J'aime trop la république, les valeurs que mes grands parents et parents m'ont inculqué pour me tromper de combat ...

    A ceux qui à droite, pronent le "Ni Ni", je répondrais simplement que l'histoire ne leur a rien appris, que les valeurs de la république ne se négocient pas, qu'ils ne s'honorent pas en prenant ainsi une position à des années lumière de l'idéal gaulliste, entrenant un flou qui ne peut les mener in fine qu'à leur perte.

    Aux électeurs de gauche, qui interloqués et révoltés par le non positionnement honteux de l'UMP, se refusent à choisir entre "peste et choléra", je leur conseille de lire la tribune de Boris Cyrulnik, le père du concept de résilience nous y parle surtout de résistance, son histoire personnelle donne quelque peu de poids à ses propos ...

    Je comprends le désarroi de trop d'électeurs désabusées qui avec le sentiment d'être des oubliés de la république se tournent en désespoir de cause vers les promesses sans lendemain du parti frontiste. Je me refuse à les juger en m'arrêtant aux conséquences, je préfére m'attaquer directement aux causes du mal qui ne sont pas uniquement irrationnelles, mais malheureusement aussi très concrètes.
    Je veux simplement leur rappeler qu'un scrutin local n'est pas un sondage d'impopularité nationale. Dimanche prochain, les électeurs désigneront des élus chargés de gérer, dés le lendemain de l'élection, des départements, dont le mandat est destiné à améliorer le quotidien des habitants, ce que trop souvent aveuglés par une colère que je peux comprendre, certains ont tendance à oublier et en désespoir de cause se tournent vers une photo d'inconnus dont ils ne connaissent rien et un simple logo... perspectives pour le moins réductrices ...

    Le vote de la semaine dernière illustre la fracture croissante entre Politique et citoyen, fracture béante et angoissante, dont les états majors parisiens doivent saisir à la fois la gravité, l'urgence et le risque démocratique.
    La politique plus que jamais doit, non seulement se rapprocher de la vie réelle, mais en être l'incarnation, et ne plus rester la chasse gardée d'un sérail d'élèves de grandes écoles et de collaborateurs de cabinet isolés dans leur bulle médiatique et égotique,  laissant à une technostructure hors sol la maitrise des dossiers.

    Aussi, je n'ose imaginer la situation dans toutes ces villes et villages, notamment les plus pauvres, lorsque les baisses de dotations successives auront ébranlé durement ou détruit les digues de solidarité que les élus locaux s'efforcent de maintenir encore, envers et contre tous, malgré les aléas ou coups du sort que nous réservent certaines décisions en provenance de Paris !!!

    Pour finir sur une note plus poétique, quelques vers de la magnifique poésie de Louis Aragon : "La rose et le réséda", repris hier par Christiane Taubira :

    "Quand les blés sont sous la grêle
    Fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles
    Au coeur du commun combat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas"



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  • 19 mars 2015 : "à Claude Gauthier, avec respect ..."

    dix-neuf.jpgVouloir "effacer" l'histoire est une obsession partagée par tous les obscurantismes et tous les totalitaires, qu'ils soient de l'Etat Islamique ou de métropole, ignorant que le temps est un tamis implacable et que l'homme n'est que sable qui passe.

    Robert Ménard, compagnon de route du Front national, Maire de Béziers, en a fait son combat, dévoilant par la même son vrai visage, comme le peu de considération qu'il a de la république.
    Sa décision de débaptiser la rue du "19-Mars-1962" et de lui attribuer le nom d'un participant au putsch des généraux et de l'OAS, illustre son manque de respect pour la mémoire de ceux dont les noms gravés en lettres d'or ornent nos monuments aux morts et illustre son incommensurable vacuité...  Un élu ne fait que passer et doit quelque soit son ego, prendre en compte cette temporalité, pour le moins éphémère.

    Il ne m'appartient pas de juger du bien fondé de donner le nom d'une rue au "Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc", militaire courageux, ancien résistant, qui après avoir participé au putsch des généraux, a assumé ses actes avec dignité, mais je veux faire part de mon indignation devant une mauvaise action destinée à entretenir une polémique partisane indigne et inutile à des fins uniquement médiatiques.

     La commémoration du 19 mars, ne célèbre ni une "repentance", ni la défaite de quiconque, elle honore simplement la mémoire de nos compatriotes tombés pour la France, de l'autre coté de la Méditerranée, comme celle de "Claude Gauthier", habitant de Trilport, dont j'ignore s'il était de gauche ou de droite, partisan ou non de l'Algérie Française, mais dont je sais qu'il est mort loin des siens, au nom de son pays, le notre, dans cette terre de soleil et d'azur ou tant de rêves et de vies se sont fracassés.

     Nous devons plus que tout, combattre de vieux démons enfouis au plus profond, assumer l'histoire de notre pays avec lucidité, assumer ses  ombres comme ses lumières. En rappelant que les évènements d'Algérie ont été un horrible conflit qui a marqué à vie des générations de français : une guerre de feu, de sang et d'horreur, guerre que nos politiques ont trop longtemps refusé d'admettre officiellement et dont l'Algérie ne s'est jamais réellement, elle, remise (cf le texte de Kamel Daoud).
    Vouloir instrumentaliser cette douleur collective toujours présente, tragédie humaine ayant si longtemps divisé  le pays par le passé, pour en faire une misérable manœuvre politicienne est du niveau de son auteur : minable ... Ce n'est pas non plus le meilleur hommage que l'on peut rendre à Hélie Denoix de Saint-Marc.

     Pour les élus, il s'agit simplement de commémorer pour mieux se souvenir afin d'entretenir ce devoir de mémoire au combien utile, qui nous permet de vivre le présent éclairés des leçons du passé afin de construire un avenir plus serein, dans le respect de la démocratie, deux mots que les obscurantistes ignorent et combattent

     

    A suivre un très beau texte de Kamel Daoud, écrivain algérien : "Ni m'exiler, ni me prosterner"

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  • Etre utile à vivre et à rêver

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    Les élections locales qui donneront leurs verdicts dans quelques jours, risquent d'apporter de fausses réponses nationales, beaucoup d'observateurs craignant un vote défouloir, à de vrais problèmes locaux.
    Il est bon de rappeler que les élus des 22 et 29 mars devront avant tout gérer des départements, ce que trop d'électeurs que je rencontre ont tendance à oublier.
    Depuis le scrutin municipal de l'an dernier, tout semble se brouiller aux yeux de nos concitoyens, ils risquent d'apprendre à leur dépens qu'un vote local n'est pas un sondage d'impopularité mais bien la désignation d'élus qui devront assumer un mandat destiné à améliorer leur quotidien, il y a toujours des lendemains aux soirées électorales.

    Ce problème de représentation politique illustre la fracture croissante entre le Politique et le local dont chacun, surtout nos responsables, doit saisir à la fois la gravité et le risque démocratique. La politique plus que jamais doit, non seulement se rapprocher de la vie réelle, mais en être l'incarnation, et ne plus rester la chasse gardée d'un sérail d'élèves de grandes écoles et de collaborateurs de cabinet laissant à une technostructure hors sol la maitrise des dossiers.

    L'occasion de saluer la disparition d'un élu local, qui toute sa vie n'a jamais oublié le monde du réel et dont le travail au quotidien a permis de réconcilier nombre de nos concitoyens à l'action politique, surtout lorsqu'elle est authentique, légitime, et plus que tout utile,  je veux bien évidemment parler de Claude Dilain.
    Elu exemplaire s'il en est, humain et humaniste, homme simple mais déterminé, il nous manque cruellement tant il a fait honneur à son mandat local en agissant au quotidien et en portant la voix des oubliés de la république.
    Il a démontré que l'humilité, le doute, l'engagement sincère, et plus que tout l'écoute, permettent concrètement de changer la vie au quotidien, y compris et surtout celle des plus humbles, des exclus de la "France invisible" et sont autant de  clés pour ouvrir des perspectives de monde meilleur à partager.
    Il a agit à l'endroit même, ou certains n'avaient fait qu'attiser et semer par des déclarations irresponsables, haine, division, colère et désespérance. Montrant avec sérénité la force du faire et de la vague inlassable et à contrario la faiblesse du dire et de l'écume médiatique ou sémantique éphémère.

    Claude Dilain a représenté plus que quiconque la noblesse de l'action politique lorsqu'elle est au service de tous et non un outil de promotion à usage personnel. Sa meilleure école a été celle de la vie vécue, de celle qui jour après jour nous façonne et nous amène à nous construire concrètement, avant de vouloir prétendre construire pour les autres.
    Trop de nos politiques aujourd'hui sont à des années lumière de cette démarche authentique, prisonniers d'une bulle médiatique ou d'un microcosme clos, véritable chambre d'écho et de réverbération pour les égos de quelques uns et d'exaspération pour les citoyens. Arrivés aux responsabilités, ils se coupent de ces sentinelles de proximité que sont les élus locaux, qui placés en première ligne sont pourtant autant de lanceurs d'alerte vigilants.
    Les digues de solidarité entretenues au quotidien à grand peine par ces "petits élus", malgré tous les aléas et obstacles placés sur leurs routes, permettent de maintenir encore le minimum de lien et de cohésion sociale qui fait république, là où c’est le plus difficile mais certainement le plus utile, là ou les communes sont trop souvent le dernier acteur public présent et actif ("s'il n'en reste qu'un !"), des digues de solidarités qui risquent de lâcher et de laisser en plan des citoyens de plus en plus paumés qui se sentant abandonnés votent alors pour le parti du désespoir.
    La montée du FN n'est pas irrémédiable, ce n'est ni une fatalité, ni un argument de congrès ou une posture de tribune. Il doit exister certainement plusieurs réponses pour l'endiguer ou la combattre, sur lesquelles beaucoup de nos responsables planchent "activement" en y consacrant moult argumentaires théoriques, moi je n'en connais qu'une, simple, urgente, qui devrait interpeller toute la classe politique nationale : "Retour vers le réel" ...

    Ce réel qui habitait Claude Dilain et était au centre de son engagement politique, ce réel qui l'a amené a interpellé durement la classe politique dans une tribune politique célèbre en 2010.

    Je lui dédie ce texte d'Etienne Roda Gil, qui symbolise magnifiquement son action au service des autres, car il a été avant tout UTILE à VIVRE  ET surtout et plus que tout à REVER ...

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  • L'innovation,quête du Graal ou posture?

    decentralisation.jpgMarylise Lebranchu, Ministre de la Décentralisation a confié à Akim Oural, Maire-adjoint de Martine Aubry à Lille, un rapport sur les conditions du développement de l’innovation territoriale avec l’objectif de “sortir de la conceptualisation et concrétiser l’innovation territoriale”, rien de moins …
    Participant à cette étude coordonnée par le Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP) au titre de l’Association des Petites Villes de France,  dont je suis un des référents (au titre du numérique), il me semblait utile d'esquisser quelques pistes de réflexion concernant une thématique qui inspire l'action quotidienne de beaucoup d'élus locaux.

    Il est heureux pour nos concitoyens que les collectivités n’aient pas attendu cette initiative, utile au demeurant, pour innover. Si les communes ne sont pas des acteurs exclusifs des dynamiques territoriales, elles en constituent cependant des acteurs majeurs et reconnus; y compris lorsqu'elles doivent s’adapter à un contexte inédit, en "mode complexe", où se cumulent la perte drastique de ressources financières  pourtant indispensables à leur action quotidienne (moins 1/3 des dotations de l'Etat en 4 ans, excusez du peu)  pénalisant principalement celles qui disposent du moins de ressources, impactant economie et emploi local, l'augmentation des difficultés sociales des habitants, l'abandon des services de l’Etat, la mise en place des rythmes scolaires (prés de 200 euros par enfant) et l'aggravation croissante des fractures territoriales.

    Si l’action territoriale se déroulait jusqu’à ces dernières années dans un contexte régulé, hiérarchisé, structuré, aux repères pérennes et identifiés, cette époque est désormais révolue et a laissé place à un environnement composé d'écosystèmes locaux soumis à des tensions multiples, aux dynamiques parfois divergentes et des contraintes nouvelles à surmonter entrainant de nécessaires régulations permettant d'arriver à de nouveaux équilibres plus ou moins durables ...

    Nos territoires sont confrontés à l’accélération et à la multiplication des mutations en cours, ceci dans un contexte de crise budgétaire qui laisse les plus démunis, exsangues. Il faut malgré tout apporter des réponses concrètes, en temps réel, aux habitants comme à l’Etat.
    Problématique que l'on pourrait résumer on ne peut plus simplement : comment gagner en agilité, réactivité, solidarité et durabilité avec des ressources moindres et des contraintes supplémentaires ?

    Si une des réponses est l’innovation territoriale, chacun sait qu’elle ne pourra tout résoudre, loin s’en faut ! Comment la planifier ou la prévoir, alors que par nature elle est imprévisible rt que c’est le plus souvent en dehors des sentiers battus (« outside the box ») qu’elle apparaît ?
    Il n'est pas possible de la décréter du sommet vers la base (On / Off), tant elle émerge du terrain (logique ascendante, « bottom up ») apportant des réponses concrètes et adaptées à une problématique qui concerne d'abord un bassin de vie.

     

    Voici quelques propositions destinées à la favoriser …

     

     

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  • SNCF : La "P", ligne de fracture

    gare de Trilport.jpgJe me suis rendu à l'invitation de  Guillaume Pepy, Président de la SNCF,  à un repas qui se tenait au siège social de l'entreprise à Saint Denis, avec les élus Seine et marnais des villes abritant des gares de la ligne P conviés dans ce cadre, à un dialogue informel et direct. Il était pour l'occasion entouré de son état major et de Mme Bardy Directrice d'exploitation du STIF. 

    La ligne P est représentative des contrastes portaient par l'Ile de France. Partant de Paris Est, elle dessert 36 gares localisées dans 3 départements, transporte 85 000 voyageurs / jour sur 252 km de ligne et s'étire à plus de 90 km de Paris, allant jusqu'à Provins, Chateau Thierry ou La Ferté Milon; autant dire qu'elle traverse de bout en bout notre Région pour se rendre jusqu'à ses franges les plus lointaines, aux confluences des régions voisines.

    Je ne peux imaginer ce qu'en tirerait le chercheur  Emmanuel Vigneron célèbre pour ses travaux sur les variations de l'espérance de vie le long du RER B ("la ville, la vie, la mort dans Paris et ses banlieues au long du RER B"), une enquête sur cette ligne apporterait certainement des résultats également surprenants, sur les espaces de solidarité, les bassins de vie, les réalités quotidienne du transport en mode urbain, péri urbain ou rural.

    Réalité qui n'a manifestement ni les mêmes contours, ni la même saveur, entre ceux disposant d'un train tous les quart d'heure pour un voyage de 15 minutes pour se rendre au coeur de Paris et les autres. Pour faire simple, sans être caricatural pour autant, plus le voyage est long, plus les conditions de transport sont galères et plus le ticket coute. Grand merci à la région d'avoir enfin décidé un Pass Naviro à prix unique sur l'Ile de France dés septembre prochain. Au moins cette inégalité disparaitra !

    Les difficultés évoquées lors de ce repas sont à l'unisson de ces différences géographiques, plus que des nuances d'appréciation.

    Pour vous en convaincre, poursuivez la lecture de cette note, plongée dans l'Ile de France profonde ...

     

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  • Laïcité, j'écris ton nom

    Charlie-Hebdo-La-laicite-cest-par-où.jpgLes tragiques évènements du mois de janvier ont révélé la gravité des fractures qui fissurent notre société ; si le pays est en guerre, il l’est surtout avec lui même, se proclamant égalitaire malgré les ségrégations multiples qu'il génère depuis des décennies.
    Deux France s’éloignent ostensiblement l’une de l’autre, fracture territoriale et sociale qui se double d’une crise identitaire douloureuse, car existentielle, auprès de ceux qui se sentent rejetés et exclus de la communauté nationale.
    Les images de la fierté et de la joie collective de la France métissée de 98 fêtant la victoire de l’équipe « Black blanc, Beur » qui ont marqué nos jeunesses, sont remplacées depuis dans l’inconscient collectif par celles des émeutes de la France « karchérisée » de 2005. Aujourd’hui les jeunes issus de l'immigration ont toujours autant de difficulté à trouver une place dans la société et à intégrer les valeurs d’une République qui n’est égalitaire qu’en apparence et discriminatoire au quotidien.
    Le non respect de la minute de silence qui a tant fait débattre, condamnable, n’est que la conséquence de cette réalité sociale trop longtemps ignorée.

    La laïcité, hier encore considérée comme ringarde par beaucoup, a pris une toute autre dimension depuis le 7 janvier ; encore faut il ne pas la réduire à un concept fourre tout, vide de contenu, et entretenir une ambigüité qui ne satisfait plus personne : pour certains elle constitue une forteresse nous « protégeant » de l’Islam, pour d’autres transmettre les valeurs républicaines est totalement inutile ! D’autant que la laïcité qui constitue une quasi «anomalie» en Europe, ce mot n’existant ni en anglais, ni en allemand, suscite à l’étranger beaucoup d’incompréhension.

    Comment exiger des enseignants qu’ils soient des "passeurs de valeurs" pour remplir une mission que la société a désertée depuis des lustres, pour laquelle ils n’ont pas été formés et dont les contours changent à chaque nouveau Ministre de l’Education ? Ils sont  pour le moins démunis. Dans une salle des profs, si l’on demande à chacun de définir ce que représente concrètement la laïcité, les copies risquent fort d’être toutes différentes !

    La laïcité n’est pas un talisman immuable, elle s’adapte au fil du temps et de l’évolution de la société dépassant le cadre des manifestations d’appartenance religieuse, trop réducteur, pour poser la question essentielle de la transmission des valeurs communes à partager, problématique qui concerne l’ensemble d’une société en panne d’intégration.

    L’école doit retrouver son rôle de creuset de citoyenneté républicaine autour de la laïcité, véritable  «fabrique à faire du commun», en intégrant que la France de 2015 n’est plus celle de 1905 !

    Car là est bien la difficulté ...

     

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  • Il y a un autre monde, mais il est dans celui ci

    pollution.jpgL'heure au PS est à la préparation du Congrés ... Grande effervescence devant l'éternel s'il en est ... pour certains c'est le moment de se la jouer "tactique", histoire d'influer  "les rapports de force", comme ils l'ont appris dans une vie antérieure, chassez le naturel, il revient au galop ! 
    Nous sommes nombreux à penser qu'un Congrés est  le moment privilégié d'exprimer des idées de fond et de traiter de l'essentiel, et non destiné à se limiter à  l'écume médiatique, à l'accessoire ou à la promotion des plans de carrières de quelques uns.
    Il est grand temps d'ouvrir, non des parenthèses mais bien, les fenêtres pour se confronter à un monde qui mute, à une société qui se délite, une planète qui se fait la malle et se dérègle chaque jour un peu plus, et de proposer de nouvelles perspectives, car là est l'essentiel ... 

    Les repères que nous proposons ne peuvent plus être ceux d'hier, ils sont pour beaucoup, même si on peut le regretter, obsolètes, l'ardente obligations qui nous incombe devant une société en plein bouleversement et de construire les nécessaires balises d'un présent qui conditionne notre avenir proche et la survie même de l'espèce humaine. Nous savons désormais que comme l'a si bien écrit Paul Eluard, s'il y a un autre monde à construire, ses racines sont dans celui ci.

    Le Parti Socialiste doit faire sa mue idéologique autour de la question écologique, tant elle est centrale. Il n’est plus question de sous traiter la problématique environnementale ou de « verdir » un discours de portée « généraliste » bâti sur les idées du XIX eme siècle et la redistribution des richesses d'une croissance productiviste.
    Nous pensons que l’urgence environnementale est la matrice qui s’impose désormais à tout projet politique dont la réelle ambition est de transformer la société aujourd’hui et encore plus demain : que ce soir sur les enjeux (ils sont vitaux pour l’espèce humaine), le périmètre (la planète tout simplement) mais aussi les contraintes à venir (cumulatives et irréversibles) qui toucheront d'abord les plus fragiles ...

    Pour nous, l’urgence environnementale doit être la matrice du socialisme du XXI eme siècle que nous devons collectivement construire en prenant le pouls d'un monde qui avance et se transforme un peu plus chaque jour, c'estle sens de notre motion :

    Agir pour construire une planète plus durable et plus solidaire.

     

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  • L'après Charlie

    charlie-1.jpgLes évènements dramatiques de ces dernières semaines ont frappé de plein fouet notre pays ; des femmes et des hommes ont été assassinés parce qu’ils symbolisaient la liberté d’expression, la défendaient, ou du fait de leur appartenance religieuse, ce qui est intolérable.

    Les français ont su réagir, retrouvant leurs réflexes républicains et le sens des valeurs communes à défendre, quelque soit leurs opinions politiques ou leurs confessions.
    La communauté nationale a fait bloc, elle sort plus forte et unie d’un tel drame, une unité  à mettre au crédit du chef de l’état et du gouvernement qui ont eu les gestes qu’ils fallaient et les mots justes,  ni surenchère, ni effet de manche superflu. Nos concitoyens se sont levés massivement pour dire non à la haine, aux anathèmes, à l’obscurantisme et oui aux libertés.

    Notre responsabilité désormais est d’agir collectivement pour que cette véritable ferveur citoyenne ne retombe comme un soufflet, à l’image de celle de la France réunie fêtant la victoire de l’équipe « Black blanc, Beur » de 1998.

    Chacun cependant mesure que plus rien ne sera désormais comme avant, aussi nous devons absolument apporter des réponses concrètes aux questions de fond que soulèvent cette tragédie : ici et ailleurs …
    La menace extérieure est bien réelle; notre pays est présent au Moyen Orient et en Afrique pour combattre aux racines l’Etat Islamique afin d’éviter une véritable pandémie. Cet objectif impose une nouvelle grille de lecture géo politique (vis à vis de l’Iran, de la Turquie ou de la Russie) tant l’implosion de pays comme la Lybie, l’Irak ou Syrie bouleverse toute la Région, et constitue une véritable poudrière... L’engagement militaire des français participe à la protection de toutes les démocraties notamment européennes,  il serait bon que Bruxelles en tienne compte dans son calcul de notre déficit budgétaire.

    Plus que jamais la vigilance s’impose. L’Etat Islamique reprend à son compte les codes du « Choc des civilisations » (Huntington) et s’en sert pour frapper les opinions publiques occidentales : mises en scène macabre des «exécutions», attentats, crimes et exactions contre tout ce qui près ou de loin symbolise la culture.
    Pour eux abattre les artistes, les intellectuels, c’est aussi abattre la pensée, la création, le libre arbitre, c'est éteindre les lumières de l'esprit par la terreur et l'intimidation pour la remplacer par l'obscurantisme totalitaire.

    Dans quel but ?

     

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  • Douce France

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    « Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s’est couché sur réalisation humaine plus glorieuse. »

     

    Nelson Mandela

     

  • En 2015, défendre notre liberté

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    Nous avons, comme partout en France, rendu hommage aux victimes de Charlie Hebdo et de la Porte de Vincennes.

    Les évènements dramatiques de ces derniers jours dans lesquels 17 de nos compatriotes ont été victimes d’actes terroristes, véritables scènes de guerre, ont provoqué un choc considérable, mélange d’incompréhension, de sidération, de colère, de révolte …

    Soyons vigilant cependant à ne pas faire d’amalgame, pour ne pas tomber dans le piège qui est tendu … Le terrorisme n’est pas la religion, n’est surtout pas l’Islam, c’est une perversion de l’esprit, une folie sans nom, le triomphe de l’obscurantisme. Ces mêmes barbares massacrent chaque jour de l’autre coté de la Méditerranée des milliers de Musulmans, qui sont aussi leurs victimes. Le policier froidement assassiné par un des frère Kouachi était musulman.

    L’objectif poursuivi est simple anéantir la démocratie,  museler la création, la liberté d’expression, le droit au sourire et à la dérision. Ces fanatiques veulent interdire par la terreur et la mort, tout ce qui élève, tout ce qui permet de penser différemment, librement. 

    Ces terroristes se sont attaqués à Charlie Hebdo. Journal irrévérent et insolent qui existe pour que le dessin, la caricature, l’humour, la satire, la dérision et l’opposition à toutes les dictatures et obscurantismes demeurent sacrés au pays de la laïcité et de la liberté.  

     

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  • J'écris ton nom, liberté

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    A Cabu, Wolinski, Charb,

    à toutes les victimes d'où qu'elles soient,

    tombées au champ d'honneur de la liberté d'expression,

    de la liberté, tout court

     

    (Liberté, Paul Eluard, 1945)

     

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