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Rebondir aprés le CPE ...

Les violences urbaines de novembre dernier autant que la crise du CPE ont démontré la nécessité pour notre système éducatif d'évoluer afin de pouvoir répondre aux attentes des jeunes et de tenir compte des évolutions profondes en cours. Si l'école est le miroir de la société, elle en reflète également toutes les contradictions. Parmi les problèmes identifiés comme tels : l’articulation Formation Initiale / Entreprise et le cloisonnement entre les différents acteurs de l'éducation, de la formation et de l'insertion professionnelle.
Partant de ce constat nous avons réuni, au sein même du lycée, divers acteurs de terrain, afin de débattre pour analyser et discerner tendances actuelles, freins existants ou contradictions à lever ...

Lors des trois tables rondes qui se sont succédées chacun des participants a pu ainsi présenter sa vision des choses. La palette d'invités trés large d'acteurs locaux du monde de l'insertion professionnelle et de la Formation, de patrons et d'un Inspecteur de l'Education Nationale permettant d'avoir une vue assez globale de la situation réelle.


Quelques pistes de réflexion ...

Pour beaucoup de patrons, la piste naturelle de la Formation Professionnelle n'est pas l'Enseignement Professionnel Initial, loin s'en faut. Devant la concurrence féroce régnant sur le marché de la Formation entre écoles des chambres de commerce, apprentissage et Lycées Professionnels ou Techniques, force est de constater que le service public de l'Education ne dispose pas de toutes les armes pour se défendre au mieux.
L'apprentissage est en plein développement : le nombre d'apprentis passera, de 350 000 à 500 000 au niveau national (actuellement 380 000) et de 60 000 apprentis franciliens à 100 000 (aujourd'hui 100 000), les établissements scolaires (EPLE) devant ouvrir plus largement leur porte aux apprentis et passer de 1800 places à 2700. Signalons cependant que l'apprentissage n'est pas la panacée décrite par certains, puisque le taux de rupture des contrats atteint 25%.
Autre inquiétude, si feu le CPE n'est plus, certaines mesures d'un autre siècle, comme l’apprentissage dés l'âge de 14 ans ou l'autorisation du travail de nuit pour les enfants de 15 ans sont toujours présentes dans la Loi sur l’égalité des chances, ce qui demeure à mes yeux inacceptable.

Quelques chefs d'entreprise présents ont abordé la question de l'inadaptation des formations aux besoins de l’entreprise; c'est pourtant théoriquement le patronat qui prescrit, en amont, la création ou la transformation d'un diplôme professionnel lors des CPC (Commissions Consultatives Paritaires). L'occasion de rappeler que si un diplome a une durée de vie limitée, certaines formations (de la filière tertiaire en Lycée Professionnel notamment) ont la peau plus que dure, et ne répondent plus depuis des années aux besoins des entreprises et aux attentes des jeunes entrainant du coup démotivation, frustation et in fine chomâge ...

Les difficultés liées à l’accueil des jeunes dans l’entreprise, ne se limitent pas à la seule embauche, la recherche et la demande en stages pose également de sérieux problèmes. Lors d'une réunion organisée par le MEDEF, en février dernier, afin de revenir sur les causes des violences urbaines, nous avions signalé les difficultés de nombre de nos élèves à trouver des stages du fait de leur origine ou de leur couleur de peau.
Autre problème évoqué par les chefs d'entreprise, l'augmentation du nombre de demandes de stages. Selon l'activité de l'entreprise, le niveau de qualification des élèves, l'accueil des stagaires souleve beaucoup de réticences de la part du personnel chargé du suivi, le chef d'entreprise n'assumant que rarement le rôle de tuteur; d'autant que l'évaluation devient de plus en plus exigeante et nécessite un pilotage trés fin. Deux constats cependant : toute entreprise accueillant des stagiaires peut déduire une part de sa taxe professionnelle, le stagiaire peut apporter une force de travail intéressante (certaines entreprises ou commerces utilisant beaucoup cette main d'oeuvre bon marché).

Une des critiques principale émise est le dysfonctionnement de l'information sur les métiers et de l'orientation; avoir aujourd'hui une représentation à peu prés précise d'un métier et des pré requis ressemble trop souvent à la quadrature du cercle pour un jeune !

Savoir faire ou savoir être ?

Pourtant le problème majeur ne se situe pas au niveau des contenus de formation ... Le challenge essentiel aujourd'hui pour le système éducatif est de former des jeunes ayant la capacité et l'envie de s'adapter aux évolutions d'un métier, de différents contextes de travail mais également de devenir acteur de leur vie et de s'impliquer dans la société.
Deux conséquences immédiates :
- la place de l'Enseignement Général demeure plus que jamais la clé de voute essentielle dans la contruction d'un citoyen (à quand la philosophie en Lycée Professionnel ?) et d'un travailleur. Pour nos sociétés il est essentiel que celui ci doit trouve en lui le potentiel de s'adapter, d'évoluer, d'apprendre à apprendre tout au long de sa vie ...
- L'importance du savoir être. S'il était autrefois du ressort des seules familles qui déléguaient à l'Instruction Publique le seul domaine des savoir faire, aujourd'hui, il y a cumul des tâches. L'Education Nationale doit s'impliquer dans les deux domaines, le savoir être devenant un préalable absolue, surtout dans les formations tertaires. Une réalité évidente pour les acteurs de terrain, mais pas assumée officiellement par l'institution (contenus, formation des enseignants ...).
La maîtrise des techniques de recherche d'emploi est à cet égard incontournable. Un enseignement qui tourne autour de la maîtrise des codes régissant la société (vestimentaire, langage, écriture) que doivent maîtriser les élèves. Dominer le « comment je me présente », « que dois je dire ou ne pas dire ? » est une attente et une demande forte des entreprises. Pour trop de nos jeunes la fracture sociale se révèle à ce niveau.

Il est essentiel d'appréhender de manière globale la recherche d'emploi. Le problème économique n'est souvent que la partie visible de l'iceberg menant à la précarité et à l'exclusion (les fameux "outsiders"). Pour les lycéens mais également leurs enseignants connaître le rôle d'une Mission Locale par exemple (mais également des autres acteurs : ANPE, ASSEDIC ...) fait partie qu'on le veuille ou non du Service Aprés Vente et du bagage de survie minimum. La Mission Locale est une des structures qui contribuent à combattre au concret ce que certains économistes appellent 'l'inemployaiité" : freins sociaux (logements pérenne ou d’urgence), l'hygiène et les problèmes sanitaires, la mobilité (qu’elle soit mentale ou physique). Il y a donc complémentarité dans l'action et les missions !

Pour finir sur une note plus optimiste,  les prochaines années devraient être plus clémentes. Le "papy boom" entrainera de fait un renouvellement démographique bienvenu dans les 5 ans . Ce qui ne nous exonère pas d'explorer avec intérêt certaines des pistes évoquées ...

Quelques liens locaux …

ANPE : www.anpe.fr
CEZAM : www.cezam.fr
MEDEF : www.medef.fr
Lycée BAUDELAIRE : www.lpbaudelaire.fr
Servcie Académique de l'Apprentissage (Académie de Créteil) http://saia.forpro-creteil.org/index2.php

Commentaires

  • J'ai pris connaissance avec intérêt de votre blog. Mais pourquoi
    critiquez-vous autant l'information sur les métiers alors que nos fiches sont la référence essentielle actuellement. Croyez- vous que les productions des branches ou fédérations prof. sont d'une meilleure tenue ou plus onformatives ? Avez-vous découvert les "clips" en ligne et gratuits sur www.onisep.fr ?

  • Je ne critique pas ... Je rapporte simplement les propos qui ont été tenu par divers participants à la Table Ronde.
    Ce que j'en pense est un peu différent, car pour moi si l'information sur les métiers, les formations, leurs débouchés est peu satisfaisante c'est la résultante d'une responsabilité collective et partagée par plusieurs acteurs.
    Enseignants, car elle est également l'affaire des Professeurs (les prof. Principaux de 3eme de Collège par exemple) qui doivent s'intéresser au "service après vente" et disposer d'informations fiables sur le contenu des formations, l'Institution qui a des retards certains sur la remise à niveau de certaines filières mais également les branches professionnelles afin de permettre une certaine chasse gardée des formations ... Un manque de synergie évident !

    Quand à l'ONISEP, tout dépend de l'implication, de l'énergie et de l'inventivité de ses représentants ... J'ai eu des expériences très différentes ...

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