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Un chantier exemplaire à plus d'un titre (suite)

medium_deviation_meaux.4.jpgAprés avoir salué le rôle des hommes et femmes qui ont réalisé sur le terrain la déviation Sud Ouest de Meaux (cf note précédente), il n'est que justice de revenir sur le rôle de ceux qui ont permis à ce chantier de voir le jour, je veux bien sur parler ici, des élus, qui ont été nombreux à participer à ce dossier à des degrés divers, chacun à son niveau.

Deux enseignements majeurs sont à retenir :
- Lorsque l'intérêt général est placé au premier plan, en laissant de coté les intérêts particuliers ou partisans, de grandes choses sont possibles, ce chantier en est la parfaite illustration.
- Il est important pour un pays d'avoir une puissance publique qui est la capacité de s'engager et d'investir.

 

Pourquoi ?

 

 

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Du rôle varié des élus 

En 1998, juste aprés leur victoire aux élections, Jean-Paul Huchon et la nouvelle majorité régionale décident d’inscrire au contrat de plan Etat-Région négocié avec le gouvernement Jospin, le contournement de l'agglomération meldoise.
L'engagement financier est considérable puisque la Région prend à sa charge 60% des 160 millions euros du chantier, l'état assumant les 40% restants. Le Département de Seine et Marne, dirigé par M Larcher, se joignant également à cet effort (les contrats de plan liant l'Etat, les Régions et les Départements)  avec la réalisation du contournement Nord et Ouest. Signalons au passage que la toute jeune Communauté d'Agglomération du Pays de Meaux, nouveau venu dans le paysage institutionnel, présidée par Jean François Coppé, participe également à cet ouvrage collectif en co finançant  le barreau nord ( laison ZI de Meaux / Monument Américain).

Le consensus est donc total sur un dossier dont les enjeux transcendent les clivages politiques. Les différentes alternances (Gouvernement et Département), ne changeant rien à la donne. Une constance qui a permis de tenir les délais prévisionnels pourtant trés courts : de la déclaration d'utilité publique en 1999 à l'inauguration de mercredi dernier, moins de sept ans se sont écoulés ! Entre temps, le contournement a pris place progressivement dans l'agglomération, au fil des réalisations : 2001, déviation nord (Penchard et Monument Américain), 2006 rocade entre Villenoy et Penchard et barreau de liaison entre la ZI de Meaux et le Monument Américain.

Si le rôle de tous est à saluer, il faut souligner le grand sens des responsabilités de Jean Paul Huchon et sa totale intégrité sur ce dossier. En s'affranchissant de toute arrière pensée partisane, il a su garder le cap sur un chantier majeur pour notre agglomération et l'Ile de France, sans aucun mélange des genres, malgré des pressions diverses.
Ce qui a amené d'ailleurs Jean François Coppé lors de l'inauguration de la déviation à déclarer publiquement (mi fugue, mi raison) : "Merci Jean Paul Huchon". Remarque savoureuse lorsque l'on se souvient de la tonalité des dernières élections régionales mais qui correspond à la réalité des chiffres. Jean François Coppé de par ses responsabilités ministérielles, et dans son rôle de grand argentier ayant à son niveau mis également tout en oeuvre pour que l'Etat, au moins sur ce dossier, tienne à peu de chose prés ses engagements financiers dans les délais prévus, ce qui n'est pas rien !

 

Etes vous Route ou rail ? 

Dans beaucoup de débats, certains écologistes opposent systématiquement la route au rail. Que penser d'une telle position ? Peut il y avoir ou non  complémentarité entre ces deux modes de trnasport ?

Premier constat : il est indéniable que la situation actuelle en Ile de France impose un effort public considérable et prioritaire pour le développement des transports en commun (fer, tramway, métro) sur les prochaines années, est qu'il est tout à fait logique que cet axe d'action soit privilégié dans le cadre de la politique ambitieuse engagée par le STIF d'autant que la diminution des gaz à effets de serre impose de réagir avec urgence.
Second constat : la situation de certain secteurs de l'Ile de France possédant des zones d'habitat à fort développement démographiques et ne disposant pas de réseaux de transport en commun (rail) pose de graves problèmes, entrainant une sur-saturation des axes routiers et causant une congestion insupportable de certaines villes. L'unique moyen d'action pour intervenir étant la réalisation d'infrastructures routières (déviations notamment). Permettez au Maire de Trilport que je suis d'insister et d'avoir un avis renseigné sur la question.
Troisème constat :  rappelons pourtant que, paradoxalement, la route n'est pas  par essence une infrastructure polluante. La pollution générée par les transports routiers, notamment l'augmentation considérable des gaz à effet de serre (GES) et l'incidente climatique qui en découle, provient exclusivement du type d'énergie utilisé par les véhicules. Depuis que l'homme se déplace et qu'il a créé des chemins, puis des routes, chacun sait qu'une infrastructure comme celle de la déviation Sud Ouest (notamment son viaduc) ne se construit pas pour des années mais pour des siècles !

Ainsi l'opposition route / rail, ne doit pas être dogmatique mais conjoncturelle. Dés que l'énergie utilisée par les véhicules ne sera plus d'origne fossile et polluante, la donne sera radicalement différente. Le problème n'est pas celui des routes mais bien celui de la source d'énergie qui fait avancer les véhicules !



De l'utilité de l'action publique : Modéle de Millau ou Modèle de Meaux ?

On ne peut bien évidemment pas comparer, le viaduc de Millau à celui de Mareuil les Meaux, d'autant que le modèle économique des deux chantiers est aux antipodes l'un de l'autre.

Le viaduc de Milllau a été financé sur fonds privés, le groupe Eiffage apportant les 400 millions d'euros nécessaires avec pour contre partie une concession d'exploitation du viaduc de Millau d'une durée de 78 ans (dont les 3 ans de construction, pour un équipement garanti 120 ans).
Ce groupe de constructeur du coup a découvert le nouveau métier de concessionnaire et depuis, il se porte à merveille. Si l'activité de concessionnaire nécessite de gros investissements elle génère des rentrées d’argent régulières et importantes qui ne subissent pas les aléas liés au métier de constructeur. En un an, Eiffage a vu son chiffre d’affaires en concessions multiplié par trois, son action frôle aujourd’hui les 100 euros.
L'addition est payée par chaque utilisateur. Pour l'automobiliste, la traversée du viaduc coute 6,5 € par véhicule et que pour les poids lourds et autocars l'abonnement annuel est de 17,9 € / an (Cl 3) ou de 24,3 € / an (Cl 4).

 

La déviation de Meaux a été financée sur fonds publics (collectivités territoriales et Etat). Les élus jugeant cette réalisation essentielle pour plusieurs raisons : dynamisme économique , fluidité des échanges, amélioration en profondeur du cadre de vie des habitants de l'agglomération, diminution du temps perdu dans les transports, création d'emplois, attractivité pour les entreprises ...  Un projet produisant indiscutablement de la valeur ajoutée pour les habitatns et indirectement de la richesse économique pour la Région.
Il est essentiel que des investisseurs publics (Etat, Région, Département, ECPI, collectivités ...) aient toujours la capacité de mener de telles initiatives, cela nécessite au préalable deux pré-requis : des compétences techniques et humaines pour piloter de telles opérations, la capacité financière de conduire et de mener à bien ces chantiers.
Des réussites rendues posssibles grâce au savoir faire d'entreprises de plusieurs corps de métiers, au sommet de leur art. Celui de la déviation de Meaux, a permis, par exemple durant le longs mois, à plus de 300 personnes de travaillet quotidiennement sur un chantier utile à tous. 
Comme quoi, l'impôt possède des vertus économiques certaines et peut être créateur de richesse indirectes ! Un comble pour les chantres du libéralisme !

Laisser à la seule initiative privée la capacité de réaliser de telles infrastructures réduit considérablement le champ des possibles. Soit l'affaire est "juteuse" économiquement et elle se fait, la concession devenant rapidement une rente avantageuse et payée par la collectivité (cf le péage de Coutevroult sur la A4) soit les actionnaires jugent le retour sur investissement pas assez rapide (voir immédiat) ou rémunérateur, et il n'y a plus d'alternative, l'infrastructure ne sera pas réalisée. Une problématique qui se pose également pour la maintenance ( l'exemple des chemins de fer britaniique est édifiant comme celui de la distribution d'électricité en Californie !).

La question du financement public est donc majeure pour le développement d'un pays, d'une région, d'un département ou d'une commune; la France en est l'illustration depuis des siècles : du canal du Midi à la réalisation de cette déviation, en passant par les grands chantiers du siècle dernier qui on fait l'honneur de notre pays et qui ont été entrepris grace à la puissance publique.
D'où l'intérêt des différentes politiques contractuelles menées par les collectivités territoriales, les contrats de plan, par exemple, qui ont permis de réaliser notamment la déviation Sud Ouest de Meaux et de son viaduc emblématique.

 

Qu'en sera t'il avec les futurs contrats de projets ?
De profondes inquiétudes apparaissent aprés les déclarations du Premier Ministre et la note de présentation du Préfet de région décrivant le contexte de négociation des prochains contrats de projets, nouvelle appellation des contrats de plan Région / Etat.
Ce texte insiste sur la nécessité de "ne pas diluer les moyens financiers de l'Etat", "les retards d'execution croissants" et un pilotage "peu lisible pour le citoyen", mais la conséquence la plus visible des nouvelles orientations gouvernementales semble être surtout une diminution des moyens consentis (10% au niveau national et 30% pour la seule Ile de France (euros constants).

Sur le plan des Transports, les nouvelles propositions soulèvent certaines interrogations  :
-  Les réseaux routiers, qui relèvent de la responsabilité de l'Etat ou des Conseils Généraux sont, à priori, exclus du champ d'action de la nouvelle politique contractuelle,
- pour les Transports collectifs, le montant des sommes allouées à l'amélioration du réseau de transport, dont chacun s'accorder à dire que le besoin est urgent sur le réseau francilien, est diminhué de prés de 50% (euros actualisés !) ce qui pourrait remettre en cause l'achèvement d'actions engagées lors de l'actuel Contrat de Plan.

Espérons que ces remarques ne soient que des inquiétudes injustifiées et que trés rapidement au regard des cagnottes budgétaires engrengées la puissance publique retrouve de l'énergie et du Peps.
Les contrats de plans représentent des étapes importantes pour nos régions, des marchés considérables pour les entreprises et l'emploi mais surtout des rendez vous essentiels permettant de ryhtmer autour des réalisations effectuées l'amélioration des conditions de vie des français.

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