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"Il n'en restera qu'un ou une ..." et pour moi c'est toujours DSK

medium_grand_debat.jpgJeudi 16 novembre, 218 711 militants socialistes voteront en leur âme et conscience pour désigner leur candidat(e) à l’élection présidentielle, cloturant ainsi une séquence de plus d’un mois, ponctuée de trés nombreuses soirées consacrées soit au grand oral cathodique (cf note précédente) du mardi soir, soit aux diverses réunions entre militants … Ayant eu l'occasion de me rendre dans différentes sections, je confirme que "les troupes" sont quelque peu fatiguées.

Cette primaire inédite en France, est une réussite pour le Parti Socialiste qui a su maîtriser cet exercice délicat de démocratie interne, ce qui n’était pas aussi évident au départ !
La droite peut ironiser tant qu’elle le désire, nous ne sommes pas prêt d’assister en « prime time » à une confrontation d'une telle tenue entre Sarko, MAM ou Monsieur de Villepin. L'affaire « Clearstream » le démontre, et encore nous ne sommes qu'au début de cette dramatique farce ... Autre avantage, et non des moindres, l'occupation intelligente du terrain médiatique, même Sarko semble aphone, c'est dire ! 

Si les médias ont déjà choisi depuis longtemps leur candidate, et ce n’est pas injure que de le constater, la messe n’est pas dite pour autant, chaque jour qui passe apporte son lot d'informations nouvelles et rien n'indique que les militants socialistes voteront le 16 novembre unanimement pour cette candidate, attendons ...

Il faut insister sur la nécessité de ce débat, son utilité également, il a permis à chacun de pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause sur les qualités ou les limites des candidats au poste de Président de la République ; car il s’agit bien de cela : élire non seulement le candidat qui pourra battre Sarkozy mais aussi celui ou celle qui en occupant durablement ces fonctions pourra changer la donne et marquer pour le coup une réelle rupture avec le régime actuel.

Des échanges qui n'ont fait que renforcer ma conviction, je voterais DSK le 16 novembre, pourquoi ?

 

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La question sociale doit être prioritaire dans ce choix 

Notre société est bloquée, gravement. Le CPE, le CNE, les émeutes de novembre dernier en sont autant d'illustrations.
Pour que la France ait une chance de s'épanouir de nouveau, il faut créer de nouvelles perspectives, ouvertes à tous et transformer en profondeur notre pays afin de lui permettre d'affronter la globalisation et l'émergence d'une nouvelle ère, celle de la société post industrielle.
Une méthode : le contrat, une priorité obsessionnelle : le Social.

La crise est avant tout sociale. Réduire le champ des possibles au seul montant du SMIC est caricatural et démontre un véritable manque d'ambition (quid de la sécurité professionnelle, de la protection sociale, de la médecine du travail, de la formation continue ...), il faut traquer les inégalités à la racine et agir pour que précarité et risque ne soit plus assumé par le seul salarié.
Le capitalisme du XXe siècle instaurait de fait entre ses membres (ingénieurs, ouvriers ...) une "solidarité mécanique" avec la volonté de protéger la firme des aléas de la conjoncture, scellant l’unité économique et sociale, la nouvelle économie démantele cette unité. Un bouleversement amplifié par la crise financière, les actionnaires abandonnant la valeur travail, pour ne privilégier que le seul capital. Conséquence directe, ce sont les salariés qui subissent les risques, et les actionnaires qui s’en protègent, surtout en France.
La solution sera commune ou ne le sera pas. Il faut que le dialogue entre les partenaires sociaux et l'Etat accouche d'une nouvelle règle du jeu globale. C'est pourquoi la proposition de DSK de commencer son mandat par l'élaboration d'un nouveau Pacte social (le fameux pacte de l'Elysée) est centrale.
Le risque doit être mutualisé et non plus réservé au seul salarié. Le modèle proposé par les pays nordiques est une piste sérieuse de travail.
Plutôt que vouloir préserver notre modèle a tout prix alors qu'il est loin d'être à la fois juste, efficace et exemplaire et qu'il ne nous permet pas de répondre aux nouveaux défis (globalisation, mutation technologique, vieillissement de nos sociétés ...), nous devons innover, nous inspirer d'autres réalités pour refondre notre système de protection sociale. L'objectif est de combiner un haut niveau de protection et d’excellentes performances économiques, il est possible à atteindre, les nations scandinaves l'in fait, syndicat et patronat comprenant que leur salut commun était la concertation et le compromis.

Rappelons également que cette réalité a un coût. Un paramètre dont ne veut pas entendre parler la droite française qui n'a retenu que le seul mot "flexibilité" de ce modèle.
Point de démagogie : pour que le risque soit assumé par la société et non par les seuls salariés ou les patrons, la collectivité publique doit s'en mêler. Rappelons que dans ces pays le niveau global des prélèvements peut aller jusqu’à 50 % du PIB (contre 45 % en France) et les impôts sur le revenu atteindre jusqu’à 53,2 % (contre 17,3 % en France). Voilà qui va à l'encontre d'une certaine pensée dominante (pensée unique ?) à Bercy ou à l'UMP. L'obligation de maitriser l'économie pour tenir le cap est donc impérative pour mettre en place ce modèle.
Autre réalité, l'obligation de faire travailler la plus grande partie de la population (taux d’emploi de 75 % contre 62 % dans notre pays), ce qui nécessite des entreprises compétitives et des politiques de l’emploi efficaces. Il n'y a pas de miracle, le social et l'économique sont intimement lié et la protection sociale ne peut reposer sur la seule valeur travail !

Constat,  pour que ce nouveau modèle fonctionne, nous avons quatre défis à relever :
- La société ne doit plus être bloquée sur la question sociale : il faut réconcilier patronat, syndicat et salariés,
- La société ne doit plus être en crise : nous devons résoudre le problème des banlieues, en promouvant l'égalité réelle et non supposé, en donnant plus à ceux qui ont moins et en traquant les inégalités dés la racine,
- La société doit être compétitive. L'économie post industrielle étant par essence une société de la connaissance, du service et de l'information, il faut remettre au premier plan de nos priorités budgétaires (tout a un coût !) la recherche, l'innovation et la formation qu'elle soit initiale (revoir l'enseignement supérieur) ou continue ...
- La société doit être environnementale. La place prise par cette thématique dans ces primaires est enfin importante, qui s'en plaindrait ? Les trois postulants ont pris conscience de l'importance de ce combat qui sera enfin, j'en suis persuadé, au coeur des présidentielles, mais là encore, attention au gadget, l'efficacité doit être au rendez vous, l'enjeu l'exige (cf note sur le Facteur 4) .

 

De la démocratie participative

La question de la démocratie est importante, mais là encore, restons vigileant. Je partage l'intérêt suscité par le concept de démocratie participative (dans mes années Lycée, l'autogestion, chère au PSU m'était pour le moins familière), bien que la surenchère dans ce domaine de certains nouveaux convertis, qui tout le long de leur vie politique comme élu local ou responsable ont fait l'inverse, me laisse pantois. Czependant, ce "nouveau concept" ne doit pas se transformer en démocratie d'opinion. Anihiler le rôle irremplaçable des corps intermédiaires (syndicats, associations ...) affaiblir ou remettre en cause la démocratie représentative serait une erreur.

C'est ce qu'écrit D. Bourg dans une note trés intéressante de la fondation Telos-eu, concernant la proposition de création des  jurys citoyens :

  "quelle forme donner à ce jury ? Faut-il prendre le mot « jury » au pied de la lettre et faire défiler les élus devant les citoyens ? Faut-il instruire leur dossier, leur adjoindre des avocats ? Une telle confusion des genres ne semble guère propice à redorer le blason de l’action publique. Entendons-nous bien, mon propos ici n’est pas d’installer les experts et les décideurs dans une tour d’ivoire et de cantonner les citoyens dans un rôle de spectateurs. Mais il me semble important de ne pas se méprendre sur ce que peut être la démocratie participative  ... La démocratie participative n’a pour vocation ni de dédoubler et de parasiter la démocratie représentative, ni de s’y substituer. Sa légitimité tient à ce qu’elle peut apporter au processus de prise de décision publique ... Il y a donc mieux et plus à attendre de la démocratie participative que ces jurys de citoyens censés surveiller le travail des élus : permettre à ces mêmes élus de mieux travailler."

Les élus ne sont pas uniquement des pourris ou des autistes et ni le peuple, ni l'élu d'ailleurs, ne possède l'expertise. Il y a le Citoyen, l'expert et l'élu. l'honneur d'un élu est d'être un médiateur. Il doit être pédadogue, non démagogue, et défendre ses convictions. Rappelons que lorsque Mitterand s'est prononcé en faveur de l'abolition de la peine de mort, la majorité des français étaient contre cette mesure ...

 

Conclusion : pour moi c'est DSK

Jai bien entendu les arguments de certains, notamment de nouveaux adhérents qui privilégie dans leur choix, la fraicheur supposé du candidat, l'impact médiatique, la sympathie suscitée, ses chances de victoire potentielle afin de ne pas revivre le 21 avril 2002.
Cependant restons vigilant, la vérité de septembre 2006 ne sera pas celle de mars 2007, aprés le débat sans merci qui opposera notre candidat(e) à un adversaire sans scrupule comme l'est Nicolas Sarkozy ...

Concernant Laurent Fabius, je retiens que pour quelqu'un qui veut rassembler toute la gauche, il a surtout beaucoup divisé le PS, il y a quelques mois ... Et qu'au regard de ses prises de position diverses, variées et pour le moins contrastées (cf je recommande la lecture du livre de Thomas Piketti "Vive la gauche américaine" ) il est plus que difficile de savoir ce qu'il pense vraiment.
Il y a les mots et les actes. Sartre disait "La vérité est une trajectoire", alors qui est réellement Fabius ?
J'ajoute que vouloir polariser la solution autour des seules propositions des socialistes français est un manque d'humilité patent, et limite les perspectives réelles de changement. Nous savons tous que pour pouvoir compter au niveau planétaire afin de proposer au monde une nouvelle alternative, il faut avant tout bâtir collectivement un modèle social et politique européen.

Au départ, je l'avoue, la candidature de Segolene Royal, m'a interpellé et intéressé. Non pas que ce soit celle d'une nouvelle venue, je "connais" cette femme politique depuis les années 1980, mais par l'engouement suscité par sa candidature auprés de nombreuses personnes et par la simplicité de son expression.
J'ai suivi sa progression et son positionnement médiatique, trés réussi jusqu'à l'été, et attendu ses arguments, le fond de sa doctrine et les solutions proposées ... Soutenant certains de ses constats sur des dysfonctionnements réels et graves (cf note sur l'électrochoc Sego ) de notre société. Mais au delà du slogan et du constat, il y a surtout les solutions concrètes à mettre en place, et c'est là que le bat blesse ...

Dans mon engagement politique, j'ai toujours privilégié l'acte concret à l'incantation, la solution au constat, la pédagogie à la démagogie et, au dela de tout, l'exigence de vérité ("Seule la vérité est révolutionnaire disait Marx) : Comme l'exprimait si bien Jospin "Dire ce que l'on va faire, et Faire ce que l'on a dit ". C'est ce que j'ai retenu d'un homme comme Mendes France puis de l'action politique de responsables comme Rocard (première version) ou Lionel Jospin et c'est en fonction de ces éléments de fond que je me prononce aujourd'hui.

 

C'est toutes les raisons qui expliquent le sens de mon vote en faveur de DSK. 


Même si, bien sur, au bout du bout "il n'en restera qu'un ou une", qui sera mon candidat ... Ce qui explique d'ailleurs ma retenue lors des débats auxquels j'ai participé.

 

 

 

 Notes précédentes sur ce thème

De la confrontation nait la lumière

Pour moi c'est DSK ... mais

L'électrochoc Sego

 

A lire absolument

"Trois leçons sur la société post-industrielle" de Daniel Cohen, (90 pages, 10 euros 50)

"Faut il bruler le modèle social français" d'Alain Lefevre et Dominique Meda (150 pages, 9 euros)

Commentaires

  • Pour moi aussi ça sera DSK même si Ségolène Royale m'avait surpris dès le départ c'est sûrement certaines phrases que j'ai pas voulu comprendre ou pas compris qui m'ont arrêtés. Je peux le dire maintenant, je me suis positionné 1 heure avant le 1er débat. Pourquoi pas Fabius ? Ma réponse sera trop longue et hors sujet donc je dirais simplement parce que DSK c'est lui-même retiré de sa fonction de ministre pour qu'en fin de compte, une réelle innocence lui soit prouvée. Il n'a jamais repris son poste une fois cette affaire classée. On ne peut malheureusement pas en dire pareil de tout le monde. La politique est un métier d’honneur aussi ! Pas seulement de l’honneur de son pays, mais de son propre honneur celui qui fait qu’un homme ou une femme est apprécié et marque son passage et peut se tenir droit devant des personnes qui le soutiennent.

  • Les débats ont donné un seul vainqueur le parti socialiste!!! Pour ma part DSK est le meilleur candidat pour affronter sarko en débat!! Seulement, je pense qu'il veut trop intellectualiser le débat un bon candidat est une personne proche du peuple. Segolène n'avait pas à se vendre pendant les débats vu sa position dans les sondages, elle voit déjà l'avenir en pretextant que c'est un excellent exercice pédagogique de préparation aux élections présidentielles.
    Fabius est le plus compétent mais loin de la réalité des besoins des Français.
    Au deuxième tour de la présidentielle il y aura certainement 2 candidats de droite. Ma question est Segolène sera-t-elle le deuxième candidat de la droite?
    ( idées politiques parfois loin des valeurs socialistes!!)

  • Je pense effectivement qu'il faut parler simple, multiplier les exemples concrets qui parlent aux français ...
    Exemple : lorsque certains chiffrent les propositions de DSK à 10 milliards d'euros en lui demandant ou trouver cette somme, et qu'il répond qu'elle correspond aux diminutions d'impôts que Sako veur faire passer sur les droits de succession, c'est simple, concret, efficace, audible ... C'est ce qu'a été DSK à la télé récemment mais qu'il n'est pas toujours !

    "La vérité, ce n’est point ce qui se démontre, c’est ce qui simplifie" Saint Ex

    Quand à savoir si les valeurs de Sego sont de droite, je ne le pense pas, d'autant que si c'est elle qui porte les couleurs du PS elle devra jouer un peu plus collectif que ces derniers mois car n'oublions pas, pour gagner cette présidentielle, il faut également réunir toute la gauche ...

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