Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Pourquoi sortir, le sortant ?

medium_sarkozy_expulsion220.jpg

Une des surprises du Premier tour est bien que le candidat ayant réalisé plus de 30%, qui se proclame "candidat de la rupture" n'est ni plus ni moins que le candidat sortant; ce qu’il a réussit à faire oublier, on se demande pourquoi ?
Car paradoxalement, Nicolas Sarkozy, deuxième ministre du gouvernement, Président de l'UMP, est depuis 5 ans aux responsabilités, tout en cultivant comme un art l’effet d’annonce (autour du très fameux « Vous allez voir ce que vous allez voir … »). Unique obsession : occuper le champ médiatique… Faire parler de soi, être là où sont les caméras, multiplier les effets de manche qui accompagne l'apparence d'action et d'engagement. Une gesticulation relayée tous les soirs à 20 heures depuis 5 ans, par des médias plus que complaisants. Pour ce faire, il utilise toutes les occasions , sans pudeur, ni retenue ou scrupule, notamment et surtout les drames de la vie, surfant sans pareil sur la vague émotionnelle.

Lorsque son action ne débouche sur aucun résultat concret (c'est féquent) et que cela devient trop apparent, ni remise en cause, ni évaluation (c'est pour les autres …) ni correctif, mais à chaque fois une sortie "par le haut"  décomposée en deux phases : désignation d'un bouc émissaire et annonce d'une nouvelle loi … C’est indolore, ça fait de la pub et surtout ça parle à l’imaginaire du « peuple de France », à son émotion. Toutes les occasions sont bonnes : terrorisme, délinquance sexuelle, immigration  …

Les nouveaux renforts de Sarko : Doc Gyneco, Roger Hanin, Seguela, Tapie parlent avant tout se sa compétence pour expliquer leur soutien, quelque fois surprenant.
Ils sous entendent donc que Ségolène Royal, ne l’est pas, elle, compétente. Pourtant lorsque l’on compare les itinéraires des deux finalistes (naissance, scolarité, études, vie professionnelle), la compétence et la valeur travail ne sont pas l’apanage du candidat de l’UMP, bien au contraire ...

 

medium_sarko_plantu.jpgLa posture de la compétence et de l'efficacité

Voyons de plus prés le bilan de l'ancien Ministre de l’intérieur (son court stage à Bercy n’ayant pas laissé de souvenir impérissable). A l'écouter, il est remarquable : pour faire simple, avant lui le chaos, depuis qu'il est aux manettes tout roule ...
La réalité est cependant beaucoup plus contrastée.S'il met en avant la baisse générale des crimes et délits (- 9,4 % depuis 2002) et l'amélioration du taux d'élucidation des affaires (de 26,3 % en 2002 à 34,3 % en 2006), il se garde bien de signaler qu'il s'agit là d'une tendance générale européenne, due notamment à l'apparition de nouveaux dispositifs de protection (téléphone, voitures ...), à contrario devant l'augmentation permanente des violences contre les personnes (+13,9 % depuis 2002) trés durement ressentie par nos concitoyens il invoque une tendance sociétale … Rappelons tout de même que depuis qu'il est en responsabilité, certains faits se sont produits : état d’urgence (le 1er depuis la guerre d’Algérie, excusez du peu), émeutes urbaines (faisant suite à certaines de ses déclarations, cf note), record annuel des voitures brûlées en une année, rupture profonde et durable de le confiance entre citoyens et police comme entre police et justice …

Avec à chaque fois, le même mode opératoire : là où sont les caméras, "Nicolas" n'est pas loin, un projet de loi dans le cartable dont il viendra voir lui même l'application sur le terrain "Vous allez voir, ce que vous allez voir !"…  Que ce soit à Argenteuil, Clichy sous bois, ou dans les stades (phénomènes des hooligans), les jeunes l'attentent encore, Sarko n'est pas revenu ! C’est avant tout paroles, paroles, paroles et demain, est un autre jour !
La loi est une solution qui présente bien des avantages elle permet de faire parler de lui, assure un bonne couverture médiatique tout en permettant dans le même temps de camoufler les échecs d'une politique en reportant à plus tard l'heure du bilan et des comptes ! Certains en usent, d'autres en abusent, le nombre de lois consacrées à la délinquance votées entre 2002 à 2007, inégalé,  n’a été qu’une fuite en avant, une inflation législative, qui n'a rien résolue, bien au contraire, si ce n'est mettre un peu plus de pagaille au niveau de la justice.

Mais il y a encore plus grave …

Non seulement il n'accepte pas d'assumer les conséquences de sa politique, mais à chaque fois, devant ses résultats pour le moins contrastés, il lui faut trouver des boucs émissaires : immigrés, voyous, magistrats (cf note) ...
Et qu’importe si la Justice Française n’a pas les moyens budgétaires d'accomplir son travail correctement (ce qui est totalement scandaleux !), du fait des arbitrages financiers de son gouvernement. Qu'importe si désormais la France possède de plus en plus une justice à deux vitesses (une pour les puissants et une pour les plus faibles), que les retards s'accumulent, que les erreurs se multiplient, Outreau n'étant qu'un épiphénomène, qui démontre cependant que défendre la présomption d’innocence n’est pas toujours obligatoirement synonyme de laxisme ! 
Aucune analyse globale sur le pourquoi des choses si ce n'est une vision somme toute réductrice et binaire de la société : il y a les délinquants et les autres, ignorant tout lien de causalité entre une situation sociale et ses conséquences.
Car le Maire de Neuilly sur Seine connait à merveille les cités de banlieues, d'ailleurs pour meilleur preuve il emploie les mêmes mots que les jeunes, les tutoie et leur rend même visite parfois, accompagnée de centaines de CRS (généralement deux compagnies, c'est son tarif ) et de snipers sur les toits des immeubles autour de lui; courageux mais pas téméraire, le candidat Sarkozy !

 

La posture du courage en politique

Son légendaire courage politique, laisse perplexe. Si on reprend la fameuse citation de Sartre "l'identité est une trajectoire", qui est il vraiment ? (cf la parabole de Palpatine

Cet excellent orateur respecte plusieurs règles d'or : Etre fort avec les faibles, faible avec les forts et s'adapter à ses auditeurs. Il est capable de s'adresser le matin aux patrons du MEDEF, l'aprés midi aux ouvriers ou aux jeunes de banlieue et le soir à des militants du FN; tout en étant d'accord successivement avec ses différents publics. Il a inventé le discours caméleon, celui dont les mots s'adaptent au contexte ambiant.
Pour ce faire, méthode avérée : dire tout et son contraire; ce qui l'amène parfois à des grands écarts dont il a le secret (de Le Pen à Bayrou ...). Son excellente préparation physique lui a permis, pour l'instant, de se mettre à l'abri du claquage, malgré certaines situations "chaudes".
 Que ce soit lorsqu'il aborde les questions relatives aux nombre de fonctionnaires (pas assez, ou trop, cela dépend du moment et du contexte), à la place de l'Etat (libéral, interventionniste, c'est selon), à la responsabilité des uns à l’irresponsabilité des autres, aux violences urbaines (celle de la racaille qu’il faut karcheriser et celles excusables des marins ou agriculteurs …), à la France qui se lève tôt pour travailler (aux patrons du CAC 40 ou aux personnes du show bizz qui vont en Suisse), à la place de l'Islam dans la société française (acceptation d'un certain communautarisme ou propos sur le mouton qu’on égorge dans la baignoire) ou encore à l'intervention américaine en Irak  …

Une confusion politique entretenu savamment, entretenant quoiqu'on en dise, un certain flou ...

Mais il y a encore plus grave,

En se rapprochant des thèses défendues par le Front National, il flirte de plus en plus avec des hommes comme Berlusconi et Bush, adoptant certaines de leurs mesures les plus emblématiques : suppression des droits de succession,, utilisation de toutes sortes de peurs (différence, étranger, terrorisme, immigration... ), recherche de boucs émissaires, mélange entre immigration et identité nationale (cf note) et position pour le moins discutable sur l’inné et l’acquis. Dans notre pays, le débat sur la pédophilie par exemple a fait grand bruit, d'autant qu'il fait suite aux demandes de signalement de certains actes ou attitudes d’enfant afin de lutter contre la délinquance dès l'école maternelle, et d'anticiper de "futur" trouble des conduites (dépistage collectif, dès l'âge de 3 ans, des troubles du comportement).

C'est tout cela que Ségolène devra démontrer, car l'équivoque et le floue sont quoiqu'en dise certains médias, avant tout du coté de Sarkozy ...

Commentaires

  • Monsieur,

    Je tiens à vous féliciter pour votre article "sortir le sortant". Il me semble en effet que M. Sarkozy utilise toutes sortes d'artifices - en créant par exemple une nouvelle information pour dissiper une information qui le décrisper - pour se dédouaner de son bilan de son mandat de ministre de l'intérieur.
    C'est ainsi qu'il faut démasquer Sarkozy, en utilisant son propre bilan, en décodant ce qui se cache derrière ses slogans comme "travailler plus pour gagner plus". Démontrer que M. Sarkozy représente la droite revancharde qui souhaite instiller savamment des mesures libérales tout en préservant une certaine intervention de l'état habituelle à la france. Sauf, que son interventionnisme est teinté d'idéologie et d'autoritarisme (à l'exception tout de même de sa politique industrielle) visant les plus faibles (chômeurs, immigrés..).
    Toutes ses mesures ont pour mobile, répondre aux électeurs du FN mais aussi à tous ces gens qui subissent la délinquance. C’est pourquoi, le PS doit s'attaquer de front à délinquance, reconnaître ses erreurs en la matière et montrer que si la répression est nécessaire et inévitable, elle ne peut à elle seule résoudre les problèmes des banlieues. L'objectif à rechercher, c'est la réinsertion sociale, après la sanction ou avant, il nous faut utiliser tous les moyens, toute notre intelligence pour arracher ces mineurs à leur condition sociale et à leur destinée. L'échec scolaire doit être combattue avec force. Avec la même vigueur doit être laminée cette économie parallèle illégitime, dangereuse, nuisible et qui pourtant avec son organisation pyramidale, ses gratifications complètement hors normes, représente pour beaucoup de jeunes le modèle à suivre. L'école républicaine doit inventer de nouvelles formes d'éducation, plus attractives pour redevenir une institution d'intégration sociale. De même, il nous faut trouver de nouveaux moyens dissuasifs à l'encontre des pratiques discriminatoires à l'embauche. N. Sarkozy a raison de parler des problèmes de banlieue mais ce flatter de son bilan comme il le fait est tout simplement fallacieux. Des mots et des mots, toujours des mots "tolérance zéro, je veux éradiquer la délinquance, avec moi plus de zones de non droits ... - résultats les agressions physiques ont augmenté de 17%, les flics sont obligés de venir en force pour le moindre incident - les flics comme les pompiers sont reçus à coup de boules de pétanques - il est beau le bilan; avec ses propos racoleurs et haineux, Sarkozy n'a fait qu'amplifier une tension existante à un mal vivre pour tous ses habitants des banlieues et même au delà.
    Pour les projets, Sarkozy pense sérieusement relever l'économie de la France avec un gadget : heures supplémentaires détaxées et en diminuant encore les impôts des riches même si cela va coûter fort cher au budget de l'état et sans aucun doute accroître l'endettement de la France. En vérité M. Sarkozy, n'a qu'une idée faire payer les tricheurs, les chômeurs, les immigrés et les fonctionnaires. Car la seule mesure qu'il propose pour dégager des ressources, c'est de réduire le nombre des fonctionnaires et de s'attaquer à leurs régimes spéciaux. Votre POLITIQUE ECONOMQUE N'EST TOUT SIMPLEMENT PAS CREDIBLE et certainement pas de nature à réconcilier les français entre eux. Vous avez choisi votre camp: LES RICHES, les VRAIS PRIVILIGIES qui NE SONT PAS LES FONCTIONNAIRES comme vous le dites. Non M. ZARKOZY, vous n'êtes vraiment pas le candidat qu'il nous faut!

    Un simple citoyen fonctionnaire (qui s'apprête à voter au second tour Ségolène ROYAL) qui voulais réagir à cet article d'une excellente qualité qu'on aurait vouloir plus présent dans cette campagne.

    Soyez indulgent pour mon vocabulaire du niveau d'un petit fonctionnaire!

  • Le sortant n'est pas sorti.

    Le 6 mai 2007 N.Sarkozy a été élu président marquant une nouvelle fois la défaite de la gauche.
    Cinq ans d'oppositions, cinq ans d'attente, cinq ans sans changement et toujours pas de refondation du P.S à l'horizon. L'horizon qui risque fort d'être bleu roi pour l'assemblée nationale et noir obscur pour la gauche.
    Cinq ans de plus dans l'opposition, ça va laisser le temps de réfléchir au P.S et à ses éléphants (voire ses brontausaures). Le virage social-démocrate nécessaire se fait encore attendre et aujourd'hui F.Bayrou est en train d'emmener avec lui cette partie de sympathisants de gauche qui ont trop longtemps attendu ce changement. J'en fait moi même parti.
    Sortir, les sortants c'est aujourd'hui au P.S qu'il faut l'appliquer pour que la gauche soit à nouveau symbole de mouvement, de conquête et d'idée.
    Le 17 juin, il sera trop tard.

  • Je pense que ma prochaine note vous permettra de voir que votre constat n'est pas trés éloigné du mien.

Les commentaires sont fermés.