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21/09/2007
Lorsque les feuilles d'automne tombent ...
Traditionnellement à l’automne, les feuilles tombent, au propre comme au figuré. Ce phénomène climatique on ne peut plus naturel s'accompagne dans notre pays de l’envol des feuilles d’imposition locale.
A leur lecture, nos concitoyens peuvent constater le poids considérable représenté par des impôts les concernant au premier chef, et s’étonner, à juste raison, d'un mode de calcul pour le moins complexe. Ce dernier ne tient effectivement pas compte des moyens financiers ou de la situation personnelle de chaque ménage mais repose sur des bases foncières trés discutables et non actualisées depuis des décennies. C'est tout sauf transparent, équitable, performant, et pédagogique, dur pour un impôt !
La fiscalité locale est un sujet complexe, qui a été souvent abordé dans ce blog. Logique, au regard de l'importance pour nos budgets de l'impôt qui en constitue la recette la plus importante. Une vérité qui s'impose à tous, ou à presque tous, Neuilly sur Seine ou Issy les Moulineaux par exemple étant des contre exemples aux antipodes de la quasi-totalité des collectivités territoriales françaises.
Communiquer sur le Budget est pour un élu un exercice de style délicat, surtout lorsque ce dernier ne veut pas être langue de bois. Mais cela constitue également et surtout un devoir d’information, de transparence, de citoyenneté et de pédagogie incontournable. Il est essentiel à la fois que chaque administré sache où passe son argent et que l'élu rende des comptes.
Pourtant le vent est mauvais actuellement pour les défenseurs de l'impôt juste, dont je suis. Force est de constater que dans le paysage politique et idéologique actuel, le modèle social dominant proposé par nos gouvernants considère la fonction publique comme une charge et non comme un service donnant un avantage concurrentiel au territoire, et l’impôt presque comme un racket éhonté (j'exagère mais si peu !).
L’idée de défendre, dans un tel contexte, la fiscalité locale peut apparaitre comme saugrenue, d’autant que la proximité des élections locales, période trés courrue par les démagogues de tout bord est peu propice pour parler de dépenses.
C’est pourtant à cet exercice délicat que nous nous sommes exercés ces dernières semaines avec un dossier consacré au budget 2007 distribué dans toute la commune, et une réunion publique qui n’a pas eu le succès escompté, loin s’en faut …
Alors que dire du Budget 2007, de Trilport ou d'ailleurs ?
Avant de vous inviter à explorer l'espace Budget du site internet de ma commune, dont certains documents peuvent intéresser même les non Trilportais, retour sur quelques fondamentaux !
Constat presque rassurant, pour Trilport le Budget 2007 se présente sous de meilleurs auspices que le précédent.
Cette première, n'est en fait qu'un retour à la normale, la Municipalité ayant pu obtenir l’exonération de l'amende relative à la loi "Solidarité et renouvellement urbain" (voir note précédente) du fait de l'action menée en faveur du logement social (préemption de terrains ou maisons, notamment). Actions menées par la seule commune; l'état étant peu présent concrètement et financièrement sur le terrain !
Ces mesures nous permettent de réaliser une économie de 83 000 €, et de reprendre enfin un programme d'aménagement passablement perturbé l'an dernier ! Autres paramètres à intégrer dans ce budget, le lancement des chantiers du Contrat Régional (restaurant scolaire de la Charmoye et extension du gymnase), soit plus de 3 millions d’investissement (pour un Budget global de presque 5,5 Million d'euros) et la montée en puissance de services municipaux (bâtiment, secteur jeunesse, Police Municipale …) très utiles pour nos concitoyens.
Nous n'aborderons dans cette note que deux points : le désengagement de l'Etat et la problématique du financement des Investissements. L'élu doit désormais entre autres qualités, afin de gérer au mieux les deniers publics et être plus efficace, se doter d'une réelle expertise financière.
Le désengagement de l'Etat se poursuit
La tendance se confirme et nous laisse au final peu d'alternative !
En 2007, la contribution de l'Etat aux dépenses publiques de la commune, dont certaines faites en son nom et sans aucune contrepartie financière (établissement des passeports, cartes d'identité notamment ...) n'est plus que de 22,3 % du budget de la commune, alors qu'elle était de 36 % en 2002 !
Pourtant les transferts de compétence se sont aggravés ! Pas de secret, ce désengagement est compensé en grande partie par les impôts locaux représentant désormais 64% du budget (contre 58% en 2002) mais également par de nouvelles recettes : activité municipale (prestations jeunesse, cantine des écoles ...), soit plus de 9% du budget et subventions obtenues grâce aux partenariats contractés qui se montent pour 2007 à plus de 4% du budget.
Une des raisons de la diminution des dotations de l'Etat, et la non prise en compte de l'augmentation réelle des prix pour une commune.
Les dépenses municipales sont en effet bien différentes de celles des ménages : personnel, énergie, cout de la construction, frais financiers ...Constat qui a donné l'idée à DEXIA et à l'association des Maires de France, de créer un nouvel indice des prix basé sur les dépenses principales des collectivités : "le panier du Maire" ...
Cet indice a enregistré en 2006 sa plus forte progression : + 3,9 % alors que l'indice des prix à la consommation n’augmentait lui, et en théorie, que de 1,7 %. C'est pourtant sur ce dernier que sont calculées les dotations de l'Etat aux communes. L'écart entre ces deux indices continue de croître (plus de 2 points d'écart en 2006 contre environ 1 point en 2005).
Cette réalite cache des situations trés contrastées du fait de l'inégalité existant entre communes riches et pauvres, celles qui ont le bonheur de toucher une taxe professionnelle conséquente et les autres ! Conséquence inéluctable : les administrés des communes dites "pauvres" doivent payer plus d'impôts que ceux habitant les communes riches, la fracture territoriale s'aggrave d'année en année ...
Dans ces conditions, certaines "innovations" technologiques somptuaires proposées par des politiques comme le Maire d'Issy les Moulineaux peuvent apparaitre à la grande majorité des élus de nos territoires comme autant de gestes de provocation.
L'investissement : un "mixt" à composer sans modération
Une commune doit respecter une règle budgétaire stricte : inscrire le montant total d'un programme d'investissement au Budget dés son lancement, y compris si sa réalisation s'étale sur plusieurs années et que seuls quelques études se déroulent les premières années. Ce qui a deux conséquences :
Selon le résultat des appels d’offre, les collectivités sont amenées à ajuster fréquemment à la hausse, les montants initialement projetés, ce qui peut faire désordre auprés des administrés, taxant les élus d'incompétence dans leurs prévisions,
Afin de maintenir un équilibre budgétaire « théorique », les dépenses « à venir » doivent être impérativement financés par des recettes «certaines». La collectivité n’a pas d’autre issue, que d’inscrire des emprunts « théoriques » , qui ne seront pas tous contractés, loin s’en faut. Il est essentiel, pour des raisons d'efficiaté budgétaires évidentes de limiter le recours à l'emprunt, afin que les montants empruntés n'interviennent qu'au bon moment, et d'intégrer dans l'échéanceier de financement l'autofinancement de la collectivité, notamment les remboursements de TVA.
Elaborer un plan de financement efficace est donc plus que jamais, une étape déterminante et complexe. Trois sources principales s'offrent à l'élu : l’emprunt, l’autofinancement de la collectivité (avec notamment le remboursement de la TVA), les subventions récoltées, où l'Etat est le plus souvent aux abonnés absents !
Les collectivités ont intérêt à étudier toutes les possibilités de partenariat financier afin d’obtenir le maximum de subventions, ce qui nécessite un important travail de dossiers et d’études en amont mais également un lobbying intense à assurer auprès des décideurs.
Le simple fait de pouvoir connaitre toutes les possibilités de subventions, monter les dossiers, effectuer les démarches, participer aux réunions de pilotage, de diagnostic ... demande une expertise et une logistique difficile à mettre en oeuvre dans des communes de notre taille qui sont loin de posséder les structures de collectivités plus importantes !
"Les feuilles d'automne tombent à la pelle, tu vois je n'ai oublié ..."
J'estime pour ma part, que défendre l'impôt, et quelquefois les hausses d'impôts, doit avoir un préalable. optimiser au maximum la dépense publique et le service rendu aux administrés.
S'il est de bon ton de pourfendre les dépensiers que sont les élus locaux, il ne faut pas oublier que c'est toujours vers eux que se tournent au final les administrés mais également l'Etat. Ce dernier leur demande et quelquefois exige des communes de régler au quotidien et concrètement des problèmes qu'il ne peut lui résoudre ou réparer certaines blessures dont il peut être à l'origine.
Car l'élu d'une collectivité ne peut se contenter de communiquer, autant faire de l'écume est bon pour un 20h national, il suffit de changer de sujet dés le lendemain, autant l'élu de terrain s'il veut être efficace, doit se donner les moyens de plonger dans la vague et non se limiter à surfer sur les problèmes avec plus ou moins de maestria.
Tant que l'impôt local aura des règles aussi injustes, que l'Etat sera un partenaire aussi inconstant (tendance qui malheureusement avec l'abandon du pacte de solidarité risque de s'amplifier dés l'an prochain) et qu'un mécanisme de véritable péréquation (redistribution des collectivités riches vers les plus pauvres) ne sera pas instauré sur l'ensemble du territoire, les feuilles d'automne tomberont de plus en plus à la pelle sur la tête de citoyens ne sachant plus à quel saint se vouer !
Liens sur cette thématique
Débat d'orientations budgétaires
Les orientations budgétaires pour 2007
Je vous recommande surtout cette notre écrite aprés la réunion nationale des Maires des petites Villes, avant les échéances nationales du printemps dernier. le paysage institutionnel lui n'a pas changé !
De la délicate question des finances publiques, vue de Cancale
En mars (2006) l'élaboration du budget
Je vous encourage également à visiter les ressources mises en ligne sur le site de la ville de Trilport
L'espace Budget du site internet de Trilport
les ressources sur le Budget 2007
01:35 Publié dans Trilport | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : PS, Politiques, eco-citoyennete, Trilport, Pays de Meaux, environnement


Commentaires
"Cette vérité s'impose à tous, ou presque tous, Neuilly sur Seine ou Issy les Moulineaux étant des contre exemples aux antipodes de la quasi-totalité des collectivités territoriales françaises."
Monsieur MORER, votre partialité concernant les villes de droite et les villes de gauche est déconcertante !!!!
Vous évoquez le budget en long, en large et en travers en expliquant que le désengagement de l'état est la cause de toutes vos misères, mais j'aimerais également vous entendre ou vous lire sur d'autres exemples...
Au hasard la ville de votre amie socialiste, que vous avez hardemment soutenue pour les élections Législatives...
Que dire donc de l'état des finances de la Ferté sous Jouarre ?
Une dette de 1300€ par habitant alors que la moyenne nationale est de 800€ !
Une trésorerie réduite à néant puisqu'elle représente 70000€ d'excédent budétaire en 2006, soit seulement 1% du budget global de la commune !
Un endettement énorme étant donné que le remboursement des intérets a augmenté de 33% en deux ans !
Bref, une ville qui vit à crédit...
Voilà un bon exemple à commenter.
Autre question Monsieur MORER, comment expliquer sereinement que les frais de personnel de votre ville, d'après le graphique que vous présentez sur le site de votre commune, représente 57% du budget global annuel ???
Ecrit par : TED | 21/09/2007
Monsieur TED ... Vous mettez décidemment la politique politicienne à toutes les sauces ... Ne prenez pas votre déformation pour une généralité !
Ai je aborder une seconde la couleur politique de ces deux villes ?
Non, j'analysais simplement la structure de leurs recettes : ou plus simplement ce que leur rapporte la taxe professionnelle, acquittée par les entreprises et leurs sièges sociaux.
Car le paradoxe est que dans ces villes (de droite, du centre et même de gauche) vivent des gens qui ont plus de moyens financiers (prix du foncier) et qui au final ont moins d'impôts à payer grâce à la taxe professionnelle payée par les entreprises ! J'invite seulement les Maires de ces deux villes à relativer un peu plus certaines innovations payées ... au prix fort !
Concernant les entreprises ...je vous rappelle au passage que pour la ville où vous vivez, Trilport, elles ne dépendent plus de la commune mais de la Communauté d'Agglomération (je fais référence à un tract distribué dans la commune que vous avez peut être lu et dont l'auteur manifestement maitrisait mal le sujet)... Ce qui n'est qu'un juste retour des choses puisque c'est depuis 2002, la structure intercommunale qui encaisse les revenus de la Taxe professionnelle !
Pour faire plus simple, Neuilly sur Seine ou Issy les Moulineaux pourraient être gérés par un Maire, Socialiste, Communiste ou même LCR, le problème serait identique !
C'est le système qui est mal fichu ! Ce qui entre nous est reconnu par les Maires de tout bord politique ...
Pour ce qui est de Trilport ...
Je suis tout à fait serein pour analyser le travail effectué par le personnel Municipal ... Il a un coût, qui est celui du service rendu aux habitants dont vous mêmes ... Bien évidemment, nous sommes très vigilant à la dépense !
Ce qui est instructif est une analyse plus fine de ces 57%. Nombre de personnel par rapport au nombre d'habitants, au type et à l'étendue de service effectué en comparaison avec les autres communes ...
Encore que dans ces 57%, certains éléments conjoncturels pourraient être déduits, car le plus important là comme ailleurs est la structure de la dépense, sa pérennité ...
Mais permettez moi d'arrêter ici ce commentaire !
Ecrit par : J2M | 22/09/2007
Pour Ted
Difficile de vous suivre dans vos propos puisque vous reprochez à Monsieur le Maire de Trilport de faire référence à deux villes franciliennes pour établir des comparatifs alors que vous même ne semblez intéressé que par la gestion de la Ferté Sous Jouarre.
Dommage d'ailleurs que vous n'ayez pas porté toute votre attention aux documents concernant Trilport et auxquels vous faites référence, car vous auriez alors constaté que les 57% s'appliquent au "budget de fonctionnement" et non au "budget global". Avouez que cette confusion est pour le moins fâcheuse !
Mais je ne vous en veux pas car par ailleurs vous ne manquez pas d'humour ! Ecrire "ardemment" en utilisant la racine de "hardiesse" il fallait oser ! Un conseil toutefois : lorsque vous faites de l'humour, mettez votre mot entre guillemets car certains esprits mal pensants pourraient coire à des lacunes orthographiques.
Bonne journée !
Ecrit par : moizatoi | 24/09/2007
Cher "moizatoi"
Je ne sais pas si Ted a fait une faute d'orthographe mais compte tenu du style dégagé par ailleurs dans son texte, je pense que l'on peut opter pour une note d'humour. Quant à vous, le faire remarquer est une sérieuse faute de goût et il vous a fallu cela pour essayer de vous valoriser.
En ce qui me concerne, je pense que le fait de vouloir "politiser" à tout prix de tels forums n'est pas de très bonne facture. En effet, mr le Maire s'expose à une riposte qui elle même appelera la riposte qui elle même...qui elle même... D'ou une cetaine stérilité du débat. Redescendez sur terre Mr Le Maire et occupez vous de vos administrés... Ils ne sont pas tous de votre bord et vous pourriez vous en rendre compte rapidement....
Quoi qu'il en soit, je note qu'il a pris soin de ne pas rebondir sur les chiffres avancés par TED en ce qui concerne nos voisins fertois.
Oubli ou stratégie? Au bénéfice du doute j'opterai pour ...chut pas de polémique ! Chacun jugera !
Ecrit par : Gilbert | 25/09/2007
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