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15/10/2007

L'intermodalité vu du Musée quai Branly

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J'ai participé mercredi dernier dans le cadre prestigieux du musée Branly à une manifestation organisée par la SNCF, à l'occasion du lancement de l'opération : « La nouvelle dynamique des Proximités ». Un programme d'actions destiné à améliorer la qualité des liaisons de proximités SNCF, avec des objectifs précis  ...

On ne peut que louer cette initiative destinée à accompagner les efforts considérables des Autorités Organisatrices de Transport (en fait les collectivités territoriales) et du STIF (pour l'Ile de France) mais sans doute également à répondre aux critiques émises par le Premier Ministre concernant les liaisons locales de la SNCF (rappelons à ce sujet que le principal actionnaire de cette entreprise publique est l'Etat).
Il n'est pas sur que les quelques 100 Millions d'euros mobilisés sur 3 ans pour cette initiative et les 1000 emplois nouveaux suffisent à alléger le fardeau des Collectivités, tant les besoins et le retard accumulé sont importants !

Lors de cette journée, une table ronde était consacrée à "l'intermodalité"; terminologie techno s'il en est, qui décrit pourtant un élément clé du transport de proximité et trés approprié à notre situation locale (j'y reviendrais dans une autre note).
Lors d'un discours prononcé dans l'amphithéatre Levy Strauss de ce Musée, merveille architecturale s'il en est, Mme Idrac, Présidente de la SNCF a décliné les objectifs poursuivis par cette initiative : avoir prochainement des voyageurs sereins, autonomes et considérés ...

Tout un programme, reconnaissons le ...

 

 


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Le transport régional concerne aujourd’hui, plus de trois millions d'usagers / jours, dont 2,5 millions pour la seule Ile de France dont le temps de transport est indissociable de celui du travail. Lorsqu'il se comptabilise en heure de trajet quotidien, comme cela est souvent le cas en grande couronne, notamment à Trilport, autant dire que les conditions d’accueil et de transport importent !

Développer le transport en commun contribue à lutter contre les gaz à effets de serre, chacun en convient. Le transport étant avec le logement le vecteur principal de ces émissions de gaz. Une image simple : un voyageur en train consomme 5 fois moins de gaz à effet de serre qu’un automobiliste.
Les Présidents et Vice Président de Région présents lors de cette journée l'ont souligné et espèrent que le "Grenelle de l'Environnement" débouchera dans ce domaine sur des mesures financières concrètes et significatives (subventions de l'Etat, nouvelles ressources fiscales, rééquilibrage des aides accordés à la route et ses lobbyes ...). Un effort indispensable pour inciter nos concitoyens à privilégier l'utilisation des transports publics, vu notre retard en équipement.

La demande existe, puisque même dans les conditions actuelles elle est en constante progression, notamment et surtout en Ile de France (plus de 5% par an). Les usagers d'aujourd'hui sont plus exigeants sur la qualité du service, l’information , le confort et l’agrément du voyage que les précédents.
La SNCF doit répondre à leurs attentes mais également à celles des Autorités Organisatrices (STIF par exemple) désormais dirigés par des élus et qui demandent des comptes sur la qualité du service effectué. Qualité évaluée par divers indicateurs qui s'ils ne sont pas respectés amènent la société publique à verser des pénalités substancielles, et c'est tant mieux pour tous !

Les problèmes vécus aujourd'hui, sont le fruit de l'imprévision des politiques publiques antérieures. Les investissements nécessaires n'ont pas été fait à temps (années 1970 1980) : renouvellement du matériel roulant (et ce n'est pas les usagers de la ligne de La Ferté Milon qui me démentiront), aménagement des gares et des infrastructures plus lourdes.
Les collectivités territoriales, principalement pour l'instant les Régions (se référer à une note précédente) estiment être les seules à mettre la main à la poche et se sentent pour le moins esseulées, l'état et la SNCF répondant jusqu'à présent aux abonnés absents. Jean Claude Gayssot et Philippe Duron Président du Conseil régional de Basse Normandie (mais également Président de l'association TDEI, voir plus bas) ont rappelé lors de cette table ronde que les Régions et le STIF avaient déjà financé l’acquisition de matériels à hauteur de plus de 6 Milliards d’euros depuis 2002.

D'autant que bâtir une offre de transport aujourd'hui passe par la création d'une parfaite intermodalité. Une obligation lourde en conséquences organisationnelles et financières.
D'autant qu'avec les lois de décentralisation et le changement de gouvernance du STIF, en Ile de FRance, beaucoup de choses évoluent dans le domaine du transport public de proximité.

 

Qu'est ce que l'intermodalité ?

L'intermodailité associe les divers modes de transport utilisés au cours d'un même déplacement : vélos ou voitures, bus, train ou RER, métro, bus ou tramway ... Il importe désormais d'avoir une vue globale du déplacement de l'usager, qui utilise des modes non plus concurrents mais complémentaires. n peut parler dorénavant de "chaîne de transport", chaque mode utilisé constituant le maillon d'une même chaîne.
Si un lieu constitue la véritable plaque tournante de cette approche, c'est bien celui du pôle d'échange ou gare. Un premier rôle qui rappelle tout à la fois le hub des aéroports mais également le portail d'un site internet. C'est la fonction d'une gare aujourd'hui, le concept est encore plus global puisqu'il regroupe également la communication, la billetique et l'environnement de l'offre ...

Car permettre qu'un pôle d'échanges soit utilisé de manière optimale, n'est pas une mince affaire. Pour que le succès soit au rendez vous, il faut convaincre l'usager de changer son mode de transport individuel (généralement la voiture). Pour ce faire, pas de secret mais une obligation : obtenir une véritable valeur ajoutée en terme de service, de temps, de performance et de cout (offre tarifaire). Cela ne doit pas être seulement bon pour l'effet de terre et la planète mais également pour chaque usager.
La SNCF veut porter ou accompagner cette ambition, c'est pourquoi elle a regroupé ses diverses branches "Transport Public" et les sociétés du groupe (EFFIA, Kéolis) dans une nouvelle structure dénommée "SNCF ProximitéS".

C'est la raison de la participation à la table ronde du Président de Kéolis (bus principalement) et d'EFFIA (service, billetique). Le Président de Keolis a fait état d'une enquête réalisé avec l'INSEE sur les futurs besoins des usagers et les défis à relever afin de permettre une intermodalité réussie.
Une enquête riche d'informations et de pistes de réflexions : l'accessibilité avec l'augmentation considérable du nombre de personnes agées dans les prochaines années, l'importance de la billetique et de nouveaux modes de paiement notamment autour du téléphone portable, les problèmes liés à l'information des usagers, du fait de la complexité des liens entre les divers modes de transport, le besoin de sécurité tant pour les usagers que pour leurs véhicules, les problèmes de compréhension (étrangers, illetrés ...), une demande de plus en plus éclatée du fait du développemetn du temps partiel et des déplacements liés aux loisirs, tant en petite, qu'en grande couronne.

 

Les objectifs de la SNCF

Revenons un peu sur les trois objectifs déclinés par la Présidente de la SNCF afin d'étudier un peu leur signification ... en dehors de l'effet de Com'.

Un voyageur serein : Pour être sereins, les voyageurs doivent être à l’abri des mauvaises surprises : retard, suppression de trains ... L'effort de l'entreprise devra donc porter sur la ponctualité et la régularité.Nous ne pouvons que souhaiter bon courage à la SNCF dans cet effort qui dépend étroitement des investissements réalisés dans l'infrastructure et le matériel roulant.

Un voyageur autonome : le développement des technologies de la communication, notamment mobile, permettent de réviser totalement nos schémas dans ce domaine (il n'y a qu'à voir le boom autour des GPS). L'entreprise s'engage à informer l'usager tout au long de l’organisation du voyage (internet notamment) et du trajet (encore faut il que cette information soit intermodale) en donnant la possibilité d’acheter leur titre de transport à distance. Le voyageur autonome est avant tout un voyageur informé, ce qui lui permettra de réagir en cas d’imprévu ou d'aléas afin d'optimiser son temps. Nous entrons dans l'ère du citoyen nomade auquel Jacques Attali notamment avait consacré un ouvrage. Des techniques qui fonctionnent déjà sur beaucoup de quais de gares et internet dont le déploiement est en cours

Un voyageur considéré : il s'agit ici de mettre à disposition du voyageur toute une gamme de services associés et complémentaires au transport, innover afin de faciliter les déplacements et de renforcer la relation de proximité avec la clientèle des trains du quotidien. Un axe d'action privilégié celui de la billetique avec l'objectif d'arriver au billet unique, qu'il soit matérialisé ou dématérialisé utilisable sur les réseaux ferroviaires et urbains d’une même région et associant plusieurs titres de transport. En pleine expérimentation, l'abonnement sur téléphone portable (NFC) : pour les clients, c’est la possibilité d’acheter et de recevoir à distance sur leur téléphone mobile, sans contact, un titre de transport.

 

Le menu annoncé est désormais entre nos mains, à consommer sans modération. Espérons seulement que les plats arriveront jusque dans nos assiettes ... 

 

 

 

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Liens Thématiques

 TDIE (transport développement intermodalité environnement) est une association pluraliste représentant l'ensemble des acteurs des différents modes de transports (professionnels, élus nationaux et territoriaux, experts et universitaires). Son objectif est la promotion, auprès des pouvoirs publics et du Parlement, de réflexions et de propositions au service d'une politique globale des transports et des déplacements.

 

Commentaires

Le projet de la SNCF me paraît à certains égards incohérents.

Alors que l'enquête de l'INSEE met en avant l'accroissement dans les prochaines années du nombre de personnes âgées utilisant les transports en commun, la SNCF a pour objectif d'informer les usagers par internet ou encore développer l'achat des billets via téléphone portable.
Je pense que, sans faire injure à nos retraités, un bonne partie d'entre eux ne maîtrise pas totalement et efficacement ces technologies. Et à ce titre là, le voyage ne risque pas de rimer avec sérénité.

Selon moi, la volonté de la SNCF d'axer ses prochaines orientations vers les nouvelles technologies n'est qu'un paravent pour cacher une dure politique sociale.
En effet, l'automatisation et l'informatisation des systèmes va logiquement entraîner la réduction du nombre de salariés.
Et je ne suis pas sûr que cela contribue à l'amélioration du service rendu alors que l'on parle déjà de la déshumanisation des petites gares.

Même si il est certain qu'il ne faut pas rater le train des évolutions technologiques, il me semble que les futures priorités de la SNCF devraient uniquement être axé sur:
_ le renouvellement du matériel roulant.
_ le réglement rapide des problèmes de retard systèmatiques sur certaines lignes.
_ l'amélioration de l'interconnexion entre les différents modes de transport.
_ le renforcement de la sécurité.

A mon avis, il est préférable d'entendre la rude voix d'un cheminot annoncer l'entrée à l'heure en gare d'un train plutôt que d'être informé via internet du retard de ce même train.

Ecrit par : Cédric | 16/10/2007

La question de l'humanisation et du lien social a été abordé lors de cette table ronde, notamment par Mr Gayssot.

C'est un problème de l'entreprise, je m'en étais entretenu avec Mme Idrac l'an dernier en lui rappelant la citation de Jean Bodin "Il n'y a de richesses que d'hommes" lors des problèmes de personnel que connaissait la gare de Trilport.
Mais c'est également le problème des Autorités Organisatrices de Transport que sont les collectivités territoriales, à elles d'exiger dans leur cahier des charges la nécessité de maintenir la médiation sociale et la présence humaine.

Concernant votre dernier constat sur les priorités actuelles de la SNCF je ne peux qu'y souscrire !

Ecrit par : j2m | 17/10/2007

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