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30/11/2007
La Conf'des decideurs locaux
J’ai participé aux 17eme rencontres financières des décideurs locaux, une conférence sur les finances locales organisée par Dexia, établissement bancaire spécialisé dans les collectivités locales et le secteur public qui se déroulait sur le site prestigieux du grand amphi de la Sorbonne.
Un lieu en pleine effervescence, vu l’importance du cordon policier présent autour du bâtiment et des mesures de sécurité prises. Procédures en relation directe, trés certainement avec le mouvement des étudiants sur l’autonomie des universités et la place qu'y prennent notamment les financements privés.
Dans ce contexte, force est de constater que la Sorbonne possède un avantage concurrentiel important sur d'autres universités : l’attrait suscité par cette vieille dame de 750 ans, auprès des communicants de tout bord qui y organisent de nombreuses manifestations de prestige : émission de télé, débat de société, tournages de films … mais également défilés de mode, reprenant au passage une ancienne tradition initiée par Lanvin en 1920 !
Incontestablement cet endroit a du sens, en terme de communication du moins …
Au menu de la conférence, outre l’intervention du Directeur Général de Dexia, celle de deux économistes renommés (Anton Brender et Jean Paul Fitoussi (Président de l’OFCE) centrée autour des dommages collatéraux causés par la crise des "sub primes" américaine aux finances européennes, une table ronde consacrée aux dernières propositions sur les finances locales émises par les trois associations d’élus les plus représentatives …
Une matinée chargée s’il en est …
Soulignons l’importance historique et la beauté du lieu, fréquenté par des hommes aussi différents que Richelieu, Erasme, Sartre … Un lieu de pouvoir doté de salles magnifiques, d' immenses galeries, d'un escalier trés monumental et du prestigieux amphi orné des fresques de Puvis de Chavanne qui m’a rappelé la fameuse émission télé sur l’Europe à laquelle avait participé François Mitterrand. C'était il est vrai, avant le référendum sur la Constitution Européenne, en d’autres temps et d'autres moeurs (au moins politiques !), lors d’un millénaire précédent …
Incontestablement, ce lieu est un des symboles les plus forts du Savoir Universitaire de notre pays; et aujourd'hui tout a un coût, y compris les symboles.
A savoir, le tarif de location du Grand Amphi est de 16 700 € la journée. Montant fixé par le conseil de chancellerie (qui réunit l’ensemble des présidents des universités parisiennes), redistribué ensuite à l’ensemble des universités parisiennes. Seule exigence pour pouvoir le louer : sa disponibilité et un minimum d’exigence culturelle,a vis aux amateurs !
Sinon que retenir des différentes interventions qui ont ponctué cette matinée ?
Le Directeur Général de Dexia Crédit local, ouvrant la manifestation dans un amphi transformé en plateau de télévision, a indiqué aux « artisans du développement local" présents qu’ils allaient avoir principalement à répondre à deux défis majeurs :
La demande (l'exigence ?) croissante en service public exprimée par les usagers, notamment les publics fragilisés (âge, social ou handicap), avec une augmentation progressive des montants alloués à l’Allocation aux Personnes Agées, illustration du verdict sans appel d’une réalité démographique,
L’environnement, avec une idée forte : les investissements d’aujourd’hui sont les économies de demain : tant en frais de fonctionnement, que de par l’augmentation prévisible du cout de l’énergie. A plus long terme, nous pourrions rajouter également l’impact positif sur l’environnemental et la planète induit par de tels investissements. Le fait qu’un banquier encourage l’investissement ne ma guère surpris même si je suis d'accord sur le fond avec cette position.
Anton Brender, l’économiste de DEXIA, à l’aide d’une série de graphiques a décrit et démonté le mécanisme générateur de la crise des Sub primes qui s’est abattu aux USA, sa contagion progressive sur les finances américaines et les risques que cette crise, au départ mineure fait courir désormais à la finance mondiale, notamment européenne.
Jean Paul Fitoussi reprenant au bond cet exemple, a démontré que pour l’Europe, première puissance économique mondiale, le fait d’être un nain politique a désormais des conséquences graves. La Communauté Européenne souffre d’un péché originel, le hiatus entre légitimité et pouvoir. Particulièrement perceptible lorsque l’on analyse et compare les modes d’interventions de la FED américaine et de la BCE Européenne, cette dernière souffrant d’une absence de réactivité structurelle du fait de son manque de légitimité.
Le paradoxe est que les pays ont la légitimité mais pas les instruments monétaires, et la Communauté Européenne les instruments mais pas la légitimité. Nous payons le coût économique de l’absence d’Europe politique. Si le projet de traité simplifié est un pas selon eux dans la bonne direction, il ne permettra pas pour autant d’aller à contrario du pacte de stabilité qui n’est que budgétaire et non monétaire, d’où ses limites en terme de dynamisme économique.
Les deux économistes sont revenus ensuite, sur l’intérêt de bénéficier d’infrastructures et de services publics performant, qui constituent autant d’avantages concurrentiels. Si la globalisation entrainant une concurrence bâtie sur le rapport Qualité / Prix, ce rapport est la résultante d'une équation à deux paramètres et non seulement celui du prix, le qualitatif n'est pas à négliger.
Revenant sur les pôles de compétitivité et d’excellence, ils ont souligné l’importance de ne pas faire l'erreur de se limiter à l'excellence et de négliger l’espace intermédiaire, qui est être porteur de développement potentiel. Brender est revenu sur l'exemple de l'ENIAC, une ENA de la cuisine française, qui s'est révélé être une erreur de positionnemnt, elle ne formait que 100 chefs par an et qui a fermé ses portes trés rapidement. Mieux vaut une bonne filière intermédiaire qui forment des milliers de professionnels et qui est vecteur d'émulation; c'est ce qui s'est passé ensuite dans cette filière.
Du global, nous nous sommes attaqué au local, du moins budgétaire, avec une analyse financière poussée sur les grandes tendances comparées qui caractérisent la gestion municipale des 25 dernières années, propos permettant de resituer ce mandat dans une séquence plus longue … Dominique Hoorens, directeur des études de de Dexia Crédit local, à partir d’une batterie d’indicateur économique et financier trés fournie, a dressé un bilan du mandat qui s’achève assez instructif.
Cette intervention a précédé la table ronde consacrée à l'initiative des trois associations d'élus locaux que sont l’Amicale des Maires de France (AMF), l’Amicale des Départements de France (ADF) et l’Amicale des Régions de France (ARF) : une proposition de réforme de la fiscalité locale, sujet déjà abordé dans ce blog (cf note précédente)
Et sur lequel je reviendrais dans une prochaine note …
00:25 Publié dans Politiques ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, Politiques, eco-citoyennete, Trilport, Pays de Meaux, environnement, développement durable


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