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RER A : La réponse du berger à la bergère

 
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"ll n’est pas indi fférent
que le peuple soit éclairé"
 
 

 
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Intervention de Jean-Paul Huchon

Président de la Région Ile-de-France,Président du STIF

Le 27 mai 2008

 

 Le Président de la République a annoncé ce matin que la RATP pourrait engager 250 à 300 M€ dans le renforcement du RER A. Acceptons en l’augure. Cette contribution est la bienvenue et permettra d’améliorer la situation. Mais, pour le responsable de l’organisation des transports publics que je suis, la situation du RER A n’épuise pas la question des difficultés quotidiennes des usagers.

L’urgence, c’est déjà beaucoup plus, c’est 7 milliards d’euros d’investissements : la ligne 13 pour 800 M€, la rénovation des RER, pour 2 milliards € y compris RER A et environ 2 milliards € d’acquisition ou de rénovation de matériels roulants. Et on ne peut oublier la mise en accessibilité du réseau pour près de 2 milliards d’euros. Ce ne sont pas ces 250 à 300 millions d’euros qu’il faut mobiliser, ni même un milliard mais, déjà, plus de 7 milliard d’euros.

 Alors, il faut que cessent ces attaques politiciennes dont les seules victimes sont les voyageurs. Si le Président de la République souhaite vraiment apporter des réponses aux problèmes des transports en Ile-de-France, en dépassant les archaïsmes, en faisant fructifier les bonnes volontés de quelque bord qu’elles soient, allons au bout de la réflexion. Parlons vrai.

Réalisons enfin le plan de transport du XXI ème siècle. Celui dont a besoin la métropole francilienne et dont dépend en partie le rayonnement international de l’Ile- de-France.Oui, la poursuite de la Grande ceinture ferrée (les tangentielles Nord et Ouest, le tram-train Evry-Massy) est nécessaire et la construction d’une rocade ferrée en moyenne couronne s’impose.

Je l’ai écrit, revendiqué et nous en avons voté le principe.

 Mais ce n’est pas tout.

Il y a peu, à l’occasion du Grenelle de l’environnement, j’ai porté un grand plan de modernisation et d’équipement et il a été entériné, sur la base d’une évaluation admise par les services de l’Etat pour près de 30 milliards d’euros d’investissements sur les 20 ans à venir. Et pourtant, nous n’avons rien vu venir, pas plus d’ailleurs que les autres régions au détriment desquelles les promesses du Grenelle ont fondu de moitié (2 milliards au lieu des 4 promis). 

 L’Ile-de-France ne peut plus attendre.

Je propose de mettre en œuvre un projet pour les dix ans à venir, de 17 milliards d’euros, cohérent avec nos besoins, cohérent avec notre projet d’aménagement de la Région, à la mesure des défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés. Au-delà des 7 milliards d’euros déjà évoqués, ce sont les crédits nécessaires à la réalisation du contrat de projets (signé avec l’Etat en mars 2007) et du « plan Banlieues » qu’il faut mobiliser et ce sont de grands projets qu’il faut financer, le prolongement du tramway des Maréchaux vers l’Est, le prolongement du RER E (Eole) à l’ouest ou encore les travaux de la future rocade ferrée Arc Express, par exemple.

 Je me propose donc de réunir autour de moi, ici à la Région, le maire de Paris et les autres Présidents de conseils généraux qui m’accompagnent au STIF et les représentants des sociétés nationales SNCF, RATP et RFF et j’invite les ministres concernés à se joindre à nous, pour convenir de nos participations respectives à ce plan et élaborer un modèle de financement original et complet.

 Nos collectivités sont prêtes à y prendre toute leur part. Je demande à l’Etat une contribution à la hauteur des enjeux ; je lui demande aussi de prendre ses responsabilités sur les plans technique et législatif pour accélérer les procédures, pour préparer les modes de financements innovants nécessaires à notre projet. J’attends bien sûr des entreprises nationales qu’elles participent  à cet effort.

 Sachez que la Région, qui a doublé son effort depuis 2006 et consacre déjà 1,2 milliard d’€euros par an aux transports en commun (dont 600 millions en investissement), est prête à aller au-delà.

 Sachez aussi que j’entends faire contribuer le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) de manière significative au financement par la voie de l’emprunt.

 Sachez enfin que les collectivités franciliennes sont favorables au principe de financements mixtes de manière à ce que certaines des opérations puissent être conduites par exemple sous forme de partenariats publics-privés (PPP).

 Dans ce cadre, que je veux efficace, constructif et conclusif, je propose que les parties se réunissent dans les prochains jours et se donnent l’objectif de définir ce plan de  17 milliards d’ici l’été dans ses principes, et d’ici la fin de l’année dans ses modalités opérationnelles et financières.

 Là, à la fin de l’année, nous verrons qui est qui et qui peut faire quoi. Les attaques concertées et répétées lancées exclusivement dans la perspective pourtant lointaine des élections régionales, ne me détourneront pas de l’absolue priorité qui est la mienne : améliorer la vie quotidienne des franciliens et développer le rayonnement de notre région, si indispensable à la France, si importante pour l’Europe.

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