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  • SRU : La réponse du cancre

     

    ecrivain-maison-~-sme0013.jpgJe tiens à réagir à l'article d'un quotidien local relatif à la "non application" de l'article 55 de la loi SRU par ma commune. Il est vrai que dans un monde ou la communication et l'éphémère brouille tous les messages, le travail de fond effectué et non seulement ingrat mais peu "vendeur" car non visible instantanément. Alors sus au baudet, deux phrases suffisent pour qualifier Trilport comme une des villes qui "semblent n'en avoir cure malgré les sanctions financières ..." et "continuent de jouer les cancres"... Fermer le ban !

    J'ai beau avoir l'habitude des raccourcis ravageurs et réducteurs comme du rôle de bouc émissaire assigné aux élus locaux (obligation de résultat sans moyens nécessaires, chercher le hiatus), ce style d'article fait toujours mal ! Bien évidemment aucun des auteurs n'a pris la peine de m'interroger au préalable ou même de consulter les quelques notes de ce blog consacrées à ce sujet, pas le temps certainement, de toute manière le bouc émissaire était tout trouvé  …  

    Facile, trop facile ... Injuste, trop injuste ... Mais surtout faux, totalement faux ...

    Alors : qu'en est il exactement ? Ou en sommes nous réellement sur la question délicate du logement social ? Quelles sont les difficultés rencontrées sur le terrain ?

     Sans vous infliger la relecture de mes précédentes notes  (notamment loi SRU où en est Trilport, de la Zone 2 à la Zone 1  ), il me semble opportun vu les réactions suscitées par l'article, de rappeler le sens du combat mené pour un logement social de qualité respectueux de son environnement, mais également les freins et obstacles rencontrés sur le terrain ... La part de vérité du cancre que je suis , en quelque sorte !

    Campons le décor dans son contexte concret et réel : la problématique du logement social ne date pas d'hier, cependant la loi SRU est récente (décembre 2000) et ses décrets d'application encore plus ...Est-il utile de préciser que si nous étions une des rares villes de l’agglomération (hors Meaux)  à disposer de locatifs sociaux (constat toujours d'actualité) nous n’avions aucune expertise en interne sur cette problématique complexe. Autre rappel utile, Trilport n'est pas Neuilly sur Seine (au hasard), et n'a pas les moyens financiers de cette ville,  détail certainement mais influant directement sur notre capacité d'action et réactivité; désolé, il faut avoir les moyens pour agir vite !

    Mon engagement sur ce dossier s'explique à la fois par la détresse des personnes reçues régulièreement lors de mes permanences recherchant un toit accessible, mais aussi pour une raison simple , j’ai vécu moi même dans un logement social de longues années; et j’ai la conviction d'agir juste en faisant de  la qualité une exigence préalable. Nous ne parlons pas ici d’objets que l'on entassent mais d'hommes, de femmes et d'enfants qui devront vivre et surtout s'épanouir dans ces quartiers ...

    Maire depuis 2004, il me semble ne pas avoir chomé en ce domaine; tout cancre que je suis !
    Il m’a fallut dans un premier temps renforcer nos moyens d'action , rencontrer les différents partenaires, acquérir une réelle connaissance des enjeux, moyens et contraintes. Puis choisir nos partenaires, étendre le périmètre de préemption, solliciter les services domaniaux (ce qui n’est pas le plus rapide), entamer les procédures d'acquisition avec les notaires et agences immobilières, rétrocéder les terrains acquis au bailleur social pressenti, solliciter les emprunts nous permettant d'agir, lancer les travaux du nouveau Plan Local d’Urbanisme qui intégrera cette exigence comme priorité.

    Bien sur, cela n'est rien ... Si ce n'est un minimum de temps, de réflexion, de moyens financiers, d’énergie ... Sans laisser de coté la gestion quotidienne de la commune, le lancement du programme d'équipements qui nous permettra de disposer des infrastructures nécessaires (notamment au niveau des écoles) et surtout de faire face au contexte budgétaire « délicat » que nous connaissons vu le désengagement croissant de l'État inversement proportionnel à ses demandes et à celles de nos concitoyens ...

    Nos efforts portent enfin leurs fruits …  Le premier programme a été livré la semaine dernière avec quelques semaines de retard, les appels d'offre du prochain sont en route et notre Plan Local d'Urbanisme devrait être voté avant la fin de l'année. Il intègrera notamment l'obligation pour chaque nouveau programme d'intégrer 30% de logements sociaux. Nous lançons en parallèle un éco quartier (j’y reviendrais) dont le logement aidé est un objectif central !

    Une autre démarche était possible : préempter un terrain en périphérie de ville et y bâtir les locatifs sociaux manquants; c'était plus simple, rapide, moins couteux et surtout respectueux des objectifs quantitatifs de la loi SRU ! Une méthode choisie par nombre de collectivités et d'élus, évidemment exemplaires ... Nous avons choisi une autre voie, plus complexe à mettre en route mais nous semble t’il plus durable afin de ne pas reproduire demain les ghettos d'aujourd'hui  ... Une leçon tirée de novembre 2005 !

     

    Si vous avez le courage de lire jusqu'au bout du bout la suite de cette note (je vous rassure trés synthétique), vous disposerez d'un état de notre action des dernières années et des principaux obstacles rencontrés sur le terrain. Les auteurs de l'article pourront toujours s'en inspirer pour nuancer quelque peu leur analyse, car tout n'est pas aussi simple et manichéen qu'ils ont l'air de l'écrire et peut être de le croire !

     

    Autant le dire tranquillement, j'ai quelquefois le sentiment d’être un peu isolé dans mon combat en faveur d'un logement social de qualité !

     

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  • Télé Publique : la voix de son maitre

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    Ceux qui croient que le pouvoir

    est amusant confondent

    "pouvoir"et"abus de pouvoir".

     

    André Malraux

     
     
     
  • RGPP : attention à l'addition !

    rgpp2.jpg  Le site Mediapart l’avait annoncé dés janvier  «… depuis des semaines, des mois, en catimini, un petit comité de salut public travaille Pour « réformer » en profondeur l’architecture même de l’administration ou certaines règles de la protection sociale; nom de code de l'opération : Révision Générale des Politiques Publiques …», il a fallu cependant attendre le résultat des élections municipales pour voir le rythme des annonces s’accélérer,  la réorganisation des armées présentée la semaine dernière n'étant qu'une illustration de plus d'un mouvement de fond.

    Que les choses soient claires. Nul ne peut être contre (surtout pas moi)  l’idée de réformer l’appareil d’Etat afin de le mettre au diapason de son temps (globalisation, développement des technologies de communication …), le rendre plus efficace et optimiser la dépense publique ! Un préalable cependant, pour être efficace et équitable, il est essentiel que ce mouvement d’ensemble s'effectue en toute sérénité et transparence.

    Voici quelques réflexions de l'élu local de petite ville que je suis, confronté quotidiennement aux problèmes récurrents de mes concitoyens, certes ils peuvent apparaitre subalternes aux yeux de certains de nos dirigeants, mais ils sont bien réels. Afin de dissiper tout malentendu, Maire de ma commune depuis 2004 je considère qu’optimiser l’action des services municipaux est une de mes missions essentielles.
    Limiter la pression fiscale est une préoccupation constante de mon équipe et de mes collaborateurs, car l’euro collecté par l’impôt principalement, doit être le plus utile possible. Pourtant force est de constater et ce malgré toute notre bonne volonté, que le contexte budgétaire de nos communes devient de plus en plus difficile.

    Voilà pourquoi je me permets d’aborder le sujet de l'art délicat de la réforme en politique. Art difficile s'il en est, sur le fond comme sur la forme. Car il faut le souligner et insister, en matière de réforme, la forme est souvent aussi importante que le fond, n’en déplaise aux experts de la RGPP. Si cet exercice de style apparait nouveau, voir exotique à certains de nos hauts dirigeants, je tiens à les rassurer, dans nos petites villes c'est une figure imposée. Depuis quelques temps, quasimment chaque année notre budget est sur le fil du rasoir, ce qui explique notre désarroi (voir colère) lorsque l'Etat change au fil des humeurs d'un Grand décideur la donne ou ne respecte pas ses engagements  ! 

    Peu de mes compatriotes ne mesurent aujourd'hui toute la portée de la RGPP. Où nous mènera ce train de mesures ? Quel sera la facture en termes de services à acquitter par nos concitoyens et nos communes ?


    A l’heure d’aujourd’hui, anomalie démocratique s'il en est, rien ne transpire sur ce qui sera réellement lancé dans les prochaines semaines, rien ne filtre sur le grand dessein qu’une telle réforme est censé poursuivre.Aucun projet n’a donné lieu à un débat public portant sur une nouvelle définition de l’Etat au XXIeme siècle et sur le "qui fait quoi et avec quels moyens "... Les pseudos orientations stratégiques annoncées à grands coups de trompettes par le Président Sarkozy lors de ces interventions publiques sont pour le moins floues ou de portée limitée et n’ont donné lieu à aucune expertise en amont avec des acteurs de terrain. Nous y reviendrons prochainement car ce débat est essentiel ! Les mesures prises, pour la plupart dans la précipitation sont avant tout budgétaires et reposent sur des diminutions d’effectifs.

    Si chacun peut voir les moins, on recherche toujours désespérément le plus pour les usagers.

    Nulle répartition équitable des tâches et des moyens n’apparait entre Etat et collectivités (surtout au niveau des moyens).

    Où nous mène la RGPP ?

     

     

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  • DD : aprés le bâtiment, les territoires ...

    saint-ex.jpgLe Développement Durable devient enfin une préoccupation majeure de la grande majorité des élus, félicitons en nous, c’est une bonne nouvelle, y compris la  conversion subite et récente de certains d’entre eux intégrant avec quelques métros de retard l’importance de cette thématique pour nos concitoyens. Même si cet engagement n’est pas totalement désintéressé, ne faisons pas la fine bouche et ne boudons pas notre plaisir; les postures prises par ces nouveaux évangélisateurs sont sans doute affaire de « comm. », mais les mesures prises vont dans le bon sens et c’est bien là l’essentiel !

    Cette onde de choc amène les professionnels du BTP et du Génie civil à revoir leur métier de A à Z. Une adaptation pour beaucoup douloureuse, mais les nouvelles priorités des élus sont sans appel, il faut s'adapter ou disparaitre !
    Ce mouvement va s’accélérer et la concurrence est désormais internationale, vu le retard conséquent de notre pays dans ces filières, il va falloir accélerer la cadence, il s’agit ici, non seulement du futur de la planète, mais également de la survie de filières professionelles de premier plan dont le devenir dépendra de plus en plus de leur savoir faire dans le domaine environnemental.

    Du coup, les labels, normes, démarches et certifications relatifs au Développement Durable se multiplient, que ce soit en France, en Europe, à un point tel que le décideur est placé face à un trop plein de sigles, dans lequel il a bien du mal à retrouver ses petits, notamment au niveau des résultats tangibles. Alors comment discerner le vrai du faux, l’essentiel de l’accessoire, un choix quelquefois délicat, voir cornélien.

    Autre évolution et non des moindres, le Développement Durable s’adresse désormais à l’aménagement des territoires … Un niveau plus que pertinent puisque prospectif, dynamique, transversal , stratégique, une telle réflexion devant intégrer les mouvements de population (transports …), les usages et leurs impacts sur le territoire tant au niveau du réchauffement climatique, du respect de la bio diversité que de la consommation d’espace …

     

    Trilport s’est  lancé dans cette voie depuis 2002, voici un point d’étape. Attention, il porte plus sur le chemin qui nous reste à parcourir que celui parcouru car dans le domaine de l’environnement, surtout pas d’autosatisfaction, vu l’action qu'il reste à mener pour simplement agir avec efficacité contre le réchauffement climatique et sortir de cette spirale infernale …

     

     

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  • Les petites villes dans l'oeil du cyclone

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    J'ai participé aux XIe Assises des petites villes de France qui se déroulaient à Figeac, la semaine dernière.

    Ce rendez vous annuel permet aux élus de faire le point, de débattre des problèmes rencontrés au quotidien, des expérimentations en cours chez les uns ou les autres, de s’informer sur les problématiques communes et d’apporter au débat public, l'éclairage des soutiers de la démocratie locale que finalement nous sommes !

    Un Maire de petite ville affronte en effet de plein fouet et en première ligne les contradictions de notre société. Il existe un abîme entre les mots de certains happy few médiatiques, ayant une vérité sur tout,  et les maux du plus grand nombre n'ayant accés eux à rien ou à pas grand chose ! Contraste saisissant qui n'est qu'une illustration du principe de réalité que tout élu de terrain se doit de garder en tête  !

    Ces assises tombaient à pic, quelques semaines après les attaques de ministres en mal de bouc émissaire (nous y reviendrons), et du contexte budgétaire particulier de ce début de mandat, marqué par un désengagement de l'Etat qui ne se limite plus désormais aux seules dotations financières mais concerne directement l'aménagement du territoire !

    Deux jours rythmés de tables rondes consacrées aux défis qui attendent les élus pour une nouvelle mandature qui promet d'être rock and roll et ponctuées de visites ministérielles : Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire et Alain Marleix, secrétaire d'Etat chargé des Collectivités territoriales.

    Martin Malvy, reconduit à la tête de l'Association des Petites villes de France (ou APVF), a résumé l’état d’esprit général par une formule choc « les petites villes de France, qui regroupent un tiers de la population totale, sont dans l'œil du cyclone".

     Des propos qui s'ils ont le mérite de la clarté, se doivent d’être explicités !

     

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  • RER A : La réponse du berger à la bergère

     
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    "ll n’est pas indi fférent
    que le peuple soit éclairé"
     
     

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