30/10/2008

"Grand Paris", quel scénario ? La conquête de l’Est ou à l’est rien de nouveau ?

Grand Paris 77.jpgJ’ai assisté, il y a peu,  à un débat organisé à l’initiative du Conseil général sur le « Grand Paris, quels enjeux pour la Seine et Marne », sujet passionnant à en croire le nombre de personnes présentes; remarque positive, avec les élus et divers acteurs sociaux et économiques présents dans la salle, toutes les sensibilités politiques du territoire étaient représentées, c’est bien là l’essentiel.
Compliment à la cellule Com' organisatrice, la projection d’interviews d’un panel d’acteurs économiques et sociaux bien choisi a permis de rendre ce débat tonique en rythmant les différents temps de parole, sur du dur plutôt que des banalités !.

Le dossier du « Grand Paris » engagé par Nicolas Sarkozy, dés juin 2007 (discours de Roissy), est demeuré en arrière plan de la campagne des municipales et des cantonales suivies des résultats électoraux que l’on sait. Il a été depuis relancé avec la nomination d'un secrétaire d'État à "la région capitale", Christian Blanc. Constat, le gouvernement compte dans ses rangs deux Secrétaires d’Etat détachés à des territoires spécifiques : les DOM TOM et le Grand Paris …

Depuis, les initiatives se sont multipliées : Commission d’études régionale pilotée par Jean-Paul Planchou, rapport de Philippe Dallier, sénateur UMP de Seine Saint Denis remis à l’Observatoire de la décentralisation, concours d’urbanisme lancé par le Gouvernement, création d’un secrétariat d’Etat … Si personne n’est dupe de la manœuvre politique de Sarkozy contre Paris (Delanoe) et la Région (Huchon), rappelons que l’idée ne date pas d’hier. En 1920, la gauche aux rênes de l’ancien département de la Seine demandait  déjà la constitution d’un « Grand Paris » à l’image d’agglomérations européennes voisines. Devant la menace politique représentait par la « ceinture rouge » de l’époque, les élus parisiens ont multiplié les barrières « sanitaires », la construction du périphérique symbolisant cette  frontière. Ce n’est qu’avec l’élection en 2001 à la mairie de Paris de Bertrand Delanoë que des partenariats entre  communes voisines se nouent, notamment autour d’une Conférence métropolitaine centrées sur la résolution de problèmes concrets de voisinage.

Vu la diversité des projets évoqués, pour la Seine et Marne, tout peu sortir de cette réflexion :  le meilleur ou le pire. Certaines questions pivots restant pivots :  périmètre, statut (une feuille de plus dans le mille feuille institutionnel ?), répartition des richesses et enfin quelles retombées pour l’ensemble des Seine et Marnais ...

A mes yeux, une exigence, il serait souhaitable que les élus Seine et Marnais se déterminent non sur des  critères partisans mais sur l’intérêt du développement harmonieux de leur territoire. Personnellement, dans l'état actuel des choses, je crains que le Grand Paris ne nous apporte plus d’inconvénients que d’avantages ... Il m'apparait essentiel, avant de lancer quoi que ce soit,  de commencer par une réflexion stratégique de développement de territoire, basée non sur une analyse datant d'une vision des deux siècles derniers, mais sur celui qui commence ...

Certains retards apparents, lorsque l'on y songe, pouvant se révéler par la suite de formidables potentialités, qu'il faut savoir saisir  …

 

 



Comparaison, peut ne pas être raison

Rappelons qu’en superficie, Londres est quinze fois plus étendue et Madrid six fois plus que Paris. Pour beaucoup d’économistes, cela représente une vraie valeur ajoutée pour le business; vision d'avant crise financière. Rappelons que ce mode de développement des grandes métropoles mondiales s’est constitué autour de réseau ferré de transport en commun, véritable apine dorsale du développement urbain. mais l’apparition du TGV et de l’internet à haut débit changent passablement la donne désormais. J’en veux pour preuve la représentation cartographique d’une Carte de France où le temps de transport remplacerait les kilomètres, elle change notre paradigme !

Les conditions de transport, les fidèles lecteurs de ce blog le savent, sont des réalités quotidiennes vécues très différemment que l’on se déplace dans la capitale, la petite couronne, la grande couronnes ou les franges de la région …  Intervenir sur les faiblesses constatées ci et là nécessitent déjà des investissements considérables pour la décennie à venir.
C’est notamment autour de ce constat, et celui du nécessaire rééquilibrage économique entre Est et Ouest,  que s’est bâtie le Schéma directeur de la région Ile-de-France voté par l’assemblée régionale en septembre dernier et bloqué actuellement par le gouvernement. Idée force, l’habitat et l’économique doivent se développer là où sont les infrastructures, car la question du transport et de son financement est centrale, les usagers franciliens s'en rendent compte au quotidien, quitte ensuite à mettre en place une vraie inter modalité sur l'ensemble du bassin de vie que constitue l’Ile de France.

Et le Grand Paris dans tout ça ?

 

 

3 questions sur le "Grand Paris"

 

Si le Grand Paris regroupe grosso modo, l’ensemble des départements franciliens, il existe déjà la région, si c’est juste Paris et ses villes voisines, il fest possible de créer une structure intercommunale de type ECPI, sur des compétences à définir et un financement qui reste également à déterminer  …

 

Où l'on aborde le périmètre ...

A priori, plusieurs scénarios sont évoqués : Paris et ses 29 communes limitrophes, Paris et les 123 communes qui composent la première couronne (4 % du territoire régional, 50 % de sa population, soit 6 millions de personnes, 60 % de ses emplois et 90 % de ses déplacements…), ce qui en éloigne les villes nouvelles mais surtout la majorité des communes de Grande couronne avec les risques de  « ghettoïsation » qui en découlent pour les Franciliens y vivant.
Certains architectes, comme Roland Castro, proposant un Grand Paris « en pétales », chacun s’appuyant sur ce qu’il appelle des « événements », à relier par un maillage de lignes de transports concentriques. D’autres, pensent que le périmètre pourrait varier selon les thématiques traitées, à l’image du STIF.

La question du périmètre est loin d’être secondaire …


Où se pose la question du statut...

Si le sénateur UMP de Seine Saint Denis, Philippe Dallier propose dans son rapport, un Big Bang territorial avec la disparition des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis, la nouvelle collectivité territoriale étant décisionnaire sur certaines  compétences (logement, transports, développement économique…), d’autres suggèrent une structure  plus souple, selon le modèle d’un « syndicat mixte ouvert » pouvant associer État, départements, région et communes …
Jean-Paul Huchon a encore répété lors de cette réunion, continue à penser que la collectivité de pilotage qui lui semble la plus pertinente est toujours la région, ce qui n’exclut pas la création d’une intercommunalités en petite couronne.

Car derrière le statut se cache la question de la gouvernance et du pouvoir agir …


Quelle répartition des richesses ?

Point essentiel pour les élus, surtout par les temps qui courent, la question récurrente et épineuse de la répartition des richesses. Le déséquilibre sur lequel s’est bâti jusqu’à présent le développement francilien : à l’Ouest et à la Capitale les ressources et les sièges sociaux, à l’Est et à la petite couronne l’habitat et les dépenses sociales, ne peut plus durer.
C’est qu’on le veuille ou non, un des points forts du projet de SDRIF. La décision gouvernementale, scandaleuse, de développer le quartier de la Défense toujours plus et d’exonérer les nouvelles entreprises qui s’y installent des impôts régionaux et non seulement un mauvais coup politique, mais une attaque en règle contre la grande couronne et l’Est de l’Ile de France, car elle prive la région de recettes qu'elle aurait pu utiliser en direction des territoires moins favorisés !

Le seul scénario acceptable, pouvant nuancer les effets négatifs d’une telle décision, où ceux de la création d’un Grand Paris qui ne regrouperait in fine que les territoires riches, est celui de la mise en place d’une réelle péréquation : que les collectivités qui ont les recettes en rétrocèdent une partie à celles qui ont els habitants ...

A priori, ce la n'est pas le moteur des défenseurs d'un Grand Paris !

 

 

Et la Seine et Marne ?

Quelques rappels utiles : la Seine et Marne est une terre de contrastes mais également et surtout un département en pleine mutation qui a connu la plus forte croissance démographique de France, avec plus 345 400 habitants en 20 ans (1982 à 2003) !
Sa population évolue à un rythme très supérieur à la moyenne régionale, du fait d’un solde migratoire positif (arrivées de populations de l'extérieur du département), mais également depuis quelques années grâce à son solde naturel (différence naissances-décès) qui représente 1/3 de sa croissance démographique.

Notre département est un des territoires les plus dynamiques de France mais également le plus jeune de la région Ile de France (indice de jeunesse de 1,98 moyenne francilienne 1 ,52) ! Sa superficie représente la moitié de celle de la Région (49,5 % en fait), elle lui permet de disposer des opportunités foncières les plus vastes de la région.

Malgré le manque d’universités, il possède des pôles d’excellence et de compétitivité prometteurs, son patrimoine architectural et touristique est des plus riche ; ses ressources naturelles, notamment en eau, sont indispensables à l’équilibre de toute la région.

Pourtant la Seine-et-Marne est considérée par trop de franciliens comme un territoire exutoire de l’Ile-de-France, dont la vocation serait d’accueillir les ordures ménagères, les infrastructures pénalisantes, les institutions spécialisées notamment pour le troisième âge … Le devenir de notre département est en contrepoint un des enjeux cruciaux du Grand Paris.

L’objectif pour les élus de terrain que nous sommes, quelque soit notre couleur politique, est de rétablir un  meilleur équilibre entre habitat et emploi, de traiter la question de la mobilité (développement des transports en commun, des  inter modalités), celle des infrastructures (transport en commun, routes, aménagement numérique…) et de l’enseignement supérieur …

Mais nous devons, encore plus que tout autre territoire, disposant encore d’un magnigfique patrimoine naturel et de ressources foncières importantes, repenser notre relation à l’environnement et au développement économique à l’aune des enjeux de ce siècle, la ressource en eau doit être absolument préservée (sanctuarisé ?), et de la lutte contre les gaz à effets de serre …
Des pistes sérieuses existent : l’agriculture, qui peut être également qualitative (agricutre biologique) n’en déplaise aux céréaliers, la production de bio masse et le développement de la filière bois liée notamment au développement de l’habitat bio climatique, celui des énergies renouvelables constituent potentiellement de formidables moteurs de croissance, …

 

Aux acteurs du terrain de saisir des défis qui s’ils nous éloignent quelque peu du "Grand Paris", mais qui  nous permettront peut être de pouvoir développer un modèle de croissance vertueux et novateur.

Je suis de ceux qui pensent qu’un territoire aujourd’hui doit basé son développement sur le modèle des réseaux dynamiques  (cf neuronal, internet …), chaque module apportant sa spécificité, sa richesse, sa complémentarité. La force du réseau reposant sur le dynamisme et la vitalité de terrtioires entremélés et solidaires et avant tout sur la richesse et l'intensité de leurs liens respectifs !

 

 

Commentaires

Bonjour.

J'aurais juste 2 petites questions.

1) Qui était là à Meaux à cette rencontre organisée par le département?

2) est-ce qu'au sein de la communauté d'agglomération il y a un début de réflexion sur la place de Meaux et de la CAPM dans ce projet du grand Paris ?

Meri ;-)

Ecrit par : Fabien B. | 07/11/2008

En m'excusant du retard de cette réponse :

Pour la première, cette réunion se déroulait à Marne la Vallée, Ferme du Buisson

Concernant la Communauté d'agglomération, deux réflexions de développement stratégique sont pour l'instant en cours, en fait elles viennent juste d'être lancées : le SCOT et le PLD ... A suivre d'ailleurs absolument ...

Sinon, l'unique document de référence actualisé, pouvant apporter des éléments intéressants est le SDRIF ... Sauf que le Grand Paris a été lancé aprés ...

En espérant avoir répondu à vos questions ... En tout cas, affaire à suivre

Ecrit par : j2m | 11/11/2008

Merci pour la réponse à la seconde question. Par contre pour la première, j'ai mal rédigé ce que je voulais vous demander (et je viens de m'en rendre compte seulement maintenant, honte à moi, d'ailleurs la question est incompréhensible ^^). Donc je la reformule ici :

" Y avait-il des représentants de la ville de Meaux, à cette conférence organisée par la Region et le département ? "

... sous entendant par là que, connaissant les rapports tendus entre la ville et ces deux collectivités territoriales, essentiellement pour des raisons de sectarisme politique, une initiative venant du département ou de la région ne me semble pas forcément être le genre de manifestation où l'on verrait Jean François Copé ou un élu de Meaux (genre de chose que je regrette d'ailleurs, mais bon...). y avait-il quand même quelqu'un ?


A part ça la question du Grand Paris est très intéressante. A mon sens elle "doit" se faire. En même temps on peut considérer que sauf administrativement parlant, le grand Paris existe déjà (n'importe qui, qui vit en banlieue et travaille sur Paris, vit déjà le grand Paris). Pour des questions purement pratiques : de projets urbains, de transports, de développement de la ville, de projets sociaux, de supperpositions des compétences entre les administrations, etc., il est important de faire le Grand Paris... au moins autant qu'il est important de faire réellement la CAPM...

Par contre aujourd'hui la question apparait surtout très politisée, et un objet sur lequel on communique en vain (cette réunion parait quand même le genre de contre offensives aux déclarations de Nicolas Sarkozy).

Je pense qu'on ne pourra pas faire le grand Paris tant qu'on aura pas une même idéologie a la région, aux départements et à la ville de Paris... et c'est là que le bat blesse. Déjà qu'entre Paris et la région on ne s'entends pas (pourtant de même confession politique).

Je suis convaincu aussi qu'il y a manière d'avancer (sur le sujet), en s'occupant de nous d'abord et sans attendre le grand paris. Le rôle des collectivités locales est important. La CAPM (parmi d'autres) devrait prendre son destin en main... et il y a du travail ! ;-)

Ecrit par : Fabien B. | 11/11/2008

Les Réflexions de la CFDT sur le Grand Paris.

Quel « plus » peut apporter un grand Paris dans le développement économique de notre région ?

Que peut apporter cette nouvelle entité administrato-politique pour le bien-être des franciliens ?

Notre réflexion s’est construite en rapport avec le travail que nous avons engagé autour du SDRIF, tant dans le cadre de notre réflexion propre que dans nos apports aux travaux du CESR IDF.

Pour ce qui est de la démarche initiale engagée autour de l’idée d’un « Grand Paris », la CFDT 77 considère que la réflexion doit être menée autour des axes prioritaires que sont : l’emploi, l’habitat, les transports et les équipements collectifs.

En effet il nous apparaît impossible de laisser continuer se renforcer certaines richesses territoriales (départementales ou intra départementales) alors que d’autres territoires connaissent des situations de plus en plus difficiles au mépris total de toute solidarité.

Ainsi il nous parait inacceptable de laisser certains territoires s’installer durablement dans la pauvreté ou y glisser inexorablement avec tous les dangers que cela comporte pour l’avenir des habitants et la démocratie.

Si l’organisation administrative de notre région pose un certain nombre de problèmes, comme on peut en trouver par ailleurs dans d’autres régions, il est vrai que c’est de façon plus marquée, compte tenu notamment du fait de sa place de région capitale.

Nous restons persuadés qu’il est impératif d’innover, ainsi:

• Les communautés d’agglomération ou de communes doivent être le plus adaptées possible aux besoins des habitants et au regard de la mixité sociale. En l’état, il faut remettre en cause tous les EPCI d’opportunité. Il nous parait notamment important de revoir les contours de nombre d’EPCI et de les doter de pouvoirs territoriaux.

• La diversité des sites économiques doit aider à devenir une région d’expérimentation où pourraient se construire diverses approches fiscales. Nous pensons qu’il faut aller vers une taxe professionnelle unique au niveau régional.


• Une réforme de la solidarité entre les communes doit être portée en débat.

La CFDT considère comme une urgence absolue la mise en place d’une solidarité active pour un développement économique justement réparti sur le territoire.
Une réforme administrative et politique est indispensable en prenant en compte au mieux les réalités de terrain. En complémentarité des communautés de communes ou d’agglomérations, la CFDT évoque aussi la possibilité de bassins d’emplois, bassins de vie, d’activité ou de chalandise.

Ces nouvelles formes d’organisations territoriales doivent être des niveaux pertinents de responsabilité des transports locaux, de l’eau, des déchets, du logement en partenariat avec la Région, élément stabilisateur et assurant la cohésion régionale. Nous sommes cependant conscients qu’il apparait nécessaire d’engager une réflexion sur le nombre actuel très important des strates territoriales existantes.

Pour ce qui concerne la gouvernance, si les aspects des formes de la gouvernance sont importants, pour la CFDT le préalable est de mettre en exergue les enjeux et les principes fondateurs de cette « Métropole » à construire.

A ce stade les enjeux sont à nos yeux :
Quelle intégration de cette nouvelle entité dans le paysage institutionnel actuel ? Substitution ? Superposition ? Concurrence ? Complémentarité ?
La construction d’un outil apportant plus de justice sociale et territoriale à l’échelon de toute la région Ile-de-France ?

Ces questions doivent avoir en préalable une réponse aux difficultés les plus aigues, ainsi : « la grande couronne ne doit pas devenir à terme les marges de la nouvelle entité centrale ».

Par rapport à ces enjeux, le principe fondateur majeur doit être la clarté et l’articulation des compétences entre les différents niveaux.
Toutes ces propositions amènent à aborder la question de gouvernance de la Région face à une nouvelle structure qui aura à définir ses frontières, sa manière de fonctionner et ses attributions. La future « Métropole » ne peut se construire aux dépends du reste de la région.

Pour la CFDT vivre et travailler en Ile-de-France, habiter, se déplacer, bénéficier de soins, de loisirs, d’accès à l’éducation et la culture, dans les mêmes conditions, quel que soit sa place en Ile-de-France, voilà le défi. Sans cohérence et moyens la région ne pourra faire face aux défis à venir.

Cela passe impérativement par une réforme de la fiscalité régionale pour assurer des recettes à hauteur des enjeux et renforcer la solidarité.
Pour parvenir à un tel résultat, il faut à l’évidence éviter un certains nombre de risques, le « phagocytage » pur et simple de la petite couronne que la mise à l’écart de la grande couronne. Deux situations de nature à compromettre gravement le principe d’une Région terre d’équilibre.

Plus particulièrement, il serait grave pour la CFDT de ne pas réfléchir au devenir de la grande couronne. Quel devenir pour ces villes, bassins de vie et bassins d’emplois, éloignés du centre de la capitale, mais piliers de développement économique pour ces territoires

Au vu des éléments que nous venons de développer précédemment, nous considérons que notre responsabilité d’organisation syndicale doit nous impliquer dans ce débat avec comme axes principaux :
• la mise en place d’un véritable dialogue social territorial,
• la participation des organisations syndicales au processus de réflexion,
• l’éradication des inégalités territoriales dans le cadre d’un rééquilibrage régional,
• la mise en œuvre d’une réforme pour une fiscalité régionale mieux ajustée aux besoins et plus solidaire,
• le renforcement du développement économique, d’une politique de l’emploi et de l’attractivité de l’Ile-de-France, de même que la prise en compte de la dimension de développement durable.
• le renforcement des compétences de la région dans des domaines particulièrement sensibles (logement, transports, équipements collectifs).

En conclusion, la CFDT persiste à développer des propositions pour que notre région soit une région où chaque Francien et Francilienne puisse vivre, s’épanouir et s’émanciper en tout lieu de son territoire ce qui est loin d’être le cas pour tous aujourd’hui.

L’Ile-de-France est une région à caractère exceptionnel dans le sens où elle est région capitale avec ce que cela implique en termes de réalités économiques, sociales, sociologiques, culturelles... Ceci oblige toutes les forces économiques, sociales et politiques à se positionner avec une responsabilité particulière.

Au-delà des compétences qui lui sont dévolues, la Région se trouve impliquée de fait dans des dossiers lourds en équipements (logement, transports, équipements collectifs, ….) comme en activités (enseignement supérieur, recherche, haute technologie, culture, tourisme…..).

Enfin pour la CFDT, il n’est pas insolite que l’Etat s’intéresse à l’avenir de sa région capitale, mais il faut avant tout préciser dans quelles limites et dans quel état d’esprit cela doit se faire. Pour notre organisation cela ne doit notamment pas remettre en cause les lois de décentralisation. Il devrait s’agir plus dans ce cas d’une construction mutuelle Etat et Région (à la fois en termes d’orientations, de priorités et de moyens investis) destinée à mettre tout en œuvre pour assurer à l’Ile-de-France un rôle mondial de premier plan.
Pour nous, sortir du climat de polémique actuel est un impératif non seulement pour l’avenir de notre région, mais de la France tout entière, la région capitale ayant traditionnellement un rôle moteur et un impact considérable dans l’essor du pays.
L’Ile-de-France a une vraie carte à jouer pour le futur et en particulier en misant sur le développement durable, sujet où l’Etat et la Région peuvent et doivent construire des objectifs communs.
La CFDT fait le pari d’impliquer les habitants, les élus, les partenaires sociaux pour que chacun s’approprie les dossiers.
Notre région connaît des tensions dramatiques dans certains domaines comme le logement ou les transports. Pour éviter que s’amplifie une fracture préjudiciable aux habitants les plus défavorisés, la Région tout comme l’Etat doivent jouer pleinement leurs rôles respectifs.
Enfin, si l’option « Métropole » était retenue, il faudrait bien évidemment en mesurer les conséquences induites pour chaque partie du territoire francilien. L’instauration d’une nouvelle gouvernance au sein de la Région ne peut avoir de sens qui si elle rend plus opérationnelle et plus efficace les actions en direction de l’ensemble des habitants.

Ecrit par : Bouquet Isabelle | 13/11/2008

Je n’ai pas vu, à part certains membres éminents de l’opposition de responsables de la Ville de Meaux, mais il y avait beaucoup de monde dans la salle. !
Concernant le reste, je pense que pour un homme politique, l’intérêt des territoires doit être mis avant beaucoup de choses, dont les préférences partisanes, et les égos exacerbés. C’est notamment pour cela que nous avons bâti la Communauté d’Agglomération. Je regrette pour ma part certaines attitudes, mais le sens des réalités économiques fera de toutes manière, évoluer certaines postures, notamment sur un sujet comme celui du Grand Paris ou l’implication du département est importante pour notre territoire !
Sur le Grand Paris, je n’y suis pas hostile, à priori, excepté les réserves indiquées dans ma note et tenant surtout compte, déformation d’élu que j’assume, des retombées financières de ce projet et du risque d’accentuation des inégalités territoriales ; Ce qu’indique également la contribution de la CFDT
Actuellement, nous assistons à une phase de pacification politique du dossier, et tant mieux ! car le SDRIF a plus de qualités que de défaut, y compris pour notre territoire et demeure en tout les cas incomparablement supérieur au précédent document. Nombre d’élus y compris de droite ont fait remonter certains messages au gouvernement …

Ecrit par : j2m | 18/11/2008

Ecrire un commentaire