30/01/2009

Jusqu'ou ira t'il ?

pov_con.jpgCela commence à faire décidement  beaucoup !

Aprés l'affaire Corse (cf note précédente) qui confinait déjà au ridicule, celle de Saint Lô marque une nouvelle étape dans une démesure "a républicaine" et traduit dans les faits une dérive inquiétante au pays des droits de l'homme  ...

Bien plus grave, les exemples se multiplient ...
A l'image de ce grand père qui pour avoir tendu une pancarte au bord d'une rue reprenant une expression prononcée et immortalisée par "notre Président"  (voir l'illustration de cette note) s'est retrouvé de longues heures au poste de police  !
L'exécutif sanctionne des citoyens pour délit d'opinion, et dans le même temps limite l'indépendance de la justice, de la presse, de la télévision publique. Aucun amalgame ici, si ce n'est l'énoncé de faits qui à force d'accumulation commencent à devenir "tendance"et inquiètent plus d'un démocrate ...

Sanctionner également des représentants de l'Etat, grands ou petits, qui n'ont fait que leur devoir est non seulement scandaleux mais répréhensible ... C'est un abus de pouvoir caractérisé, car où se situe la faute justifiant les décisions prises en Corse où à Saint Lô ?
A chaque visite présidentielle, pourtant le "ménage" est fait , et bien fait, malgré une pression inimaginable. Je peux personnellement témoigner que chaque fonctionnaire de la Préfectorale ou du Ministère de l'Intérieur est à son maximum, mais à l'impossible nul n'est tenu !

Le fait du Prince déjà répréhensible dans une monarchie constitutionnelle, l'est encore plus en république. Ces épisodes qui s'enchainent ne témoignent pas seulement d'un manque d'humour et d'esprit de nos dirigeants (faut il employer le pluriel ?), ou de sang froid, mais également d'un refus quasi obsessionnel de voir la réalité en face !

Espérons qu'aprés les manifestations d'hier, dont aucun fonctionnaire, grands ou petits, qu'il soit Commissaire ou Sous Préfet n'a pu empêché l'ampleur et le succés, un tsunami de déplacements, limogeages, sanctions ou autres mesures vexatoires ne se produise pas dans l'administration centrale française ...

A défaut d'égaler Napoléon le grand, le rêve du petit Nicolas n'est il pas celui d'égaler "Napoléon le petit", comme le surnommait Victor Hugo, les décisions prises ces derniers temps sont de cet acabit !

Dans l'attente de jours plus conformes à notre idéal républicain, vous trouverez ci joint un magnifique poème d'Eluard que je vous invite à redécouvrir ...

 


Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Commentaires

Le Syndicat national des commissaires de police (SNCP), qui avait vivement contesté le limogeage du patron des forces de sécurité en Corse, Dominique Rossi, à la suite de l'intrusion, le 30 août 2008, de nationalistes dans la villa de Christian Clavier, a apporté son "soutien" à Philippe Bourgade. Il a également invité ses adhérents à prendre leurs précautions lors des visites présidentielles et souligné le problème posé par une sanction liée, en régime démocratique, à une manifestation d'opposants. Emmanuel Roux, numéro deux du SNCP, a estimé que M. Bourgade, qui a connu une "carrière irréprochable", était victime d'une "sanction disproportionnée".

Dans un classement établi par Le Figaro, et publié en juin 2008, Saint-Lô était arrivée en tête du palmarès de l'efficacité de la police en France (hors Paris), avec 27,4 faits élucidés par policier, soit plus du double de la moyenne nationale.

Ecrit par : j2m | 31/01/2009

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