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Impressions de hongrie

Pannon.jpgJ'étais invité le week end du 1er mai en Hongrie, à Pannonhalma (située non loin de Gyor et de Vienne), à l'occasion du 10eme anniversaire du jumelage de cette commune avec Engen, cité allemande à laquelle nous sommes également jumelé. La deuxième mi temps d'une rencontre amicale ayant débuté l'an dernier.

Le temps d'effectuer un rapide aller retour express dans un pays que j'avais découvert en aout 2006 ...

10 ans déjà, cela représente peut être peu pour un français, mais tellement pour un hongrois ! C'est effectivement en 1999 qu'Engen et Pannonhalma ont lié leur destin, 10 ans tout juste aprés la chute du mur de Berlin, la Hongrie n'avait alors pas encore intégrée la Communauté Européenne (2004) ! Depuis le temps s'est comme accéléré !.

J'ai eu le plaisir de retrouver durant ces trois jours, des visages connus, normal, de jeunes Trilportais ayant participé à des chantiers organisés à Pannonhalma, nous avons eu le plaisir de plus d'accueillir en mairie des stagiaires hongrois désireux de se perfectionner dans notre langue ; car fait positif, la culture française semble encore attractive, mais jusqu'à quand ?

Tout n'est plus aussi définitif sur terre, la planète tourne et ses centres de gravité également, nous aurions tort de l'oublier et de ne pas considérer à leur juste mesure, les pays d'Europe de l'Est,  le potentiel et la chance qu'ils représentent pour notre vieux continent.
Un constat que la classe politique française dans son ensemble devrait intégrer. Il est paradoxal et significatif que l'Europe d'aujourd'hui soit plus proche de celle d'avant 1914, que de celle de l'aprés Yalta. Les repères, notamment géo politiques, qui ont formés des générations d'occidentaux et de français ne correspondaient en fait qu'à une imposture politique qui depuis s'est dissipé.

L'Europe de l'Ouest, et l'Allemagne l'a bien compris au contraire de nos dirigeants, doit ouvrir les bras à ces nations plutôt que leur donner des leçons ! Et il y a urgence.
Autant il était aisé d'apparaitre commue une perspective d'avenir face à l'Amérique ringarde de Busch (le dernier opus de Thomas Friedman est à ce sujet explicite), fermée sur elle même et parano, autant celle d'Obama risque fort d'exercer un pouvoir d'attraction tout à fait différent auprés des habitants de ces pays; une situation amplifiée par l'atlantisme de certains de nos dirigeants, ne pensant à l'Europe que lorsqu'elle flatte leur égo, oubliant au passage qu'elle ne peut être que collective !

Voici quelques impressions fugitives ...

 

pannonhalma2.jpg

Arrivée à l'aéroport de Vienne, plus proche de Pannonhalma que celui de Budapest. L'Autriche Hongrie, cela ne vous rappelle rien ?
Je suis pris en main par un jeune notaire hongrois écoutant du Manu Chao ...  Une heure de voiture aprés nous sommes à destination, juste le temps de traverser de vastes champs d'éolienne plantées sur les deux pays, ce qui ne semble pas poser de problème ici.
Premiere impression, Pannonhalma située à une encablure de Gyor (à proximité de l'autoroute qui traverse l'Europe de l'Est de la Suisse à la Slovaquie ) est dans un secteur en plein développement, la dynamique immobilière l'atteste  ...

Trois jours de fête ont suivi, au delà de la belle organisation de l'évènement qu'il faut saluer, voici quelques impressions ...


La soif d'europe des hongrois, notamment des plus jeunes, qui fait plaisir à voir. Elle a été particulièrement perceptible lors de la fête populaire multigénérationnelle organisée pour l'occasion et du feu d'artifice, cloturant la journée avec un final an apothéose aux sons de l'hymne européen  ... Un moment à la fois simple, émouvant et beau ...

Un passage du discours de Johannes Moser, bourgmeister d'Engen relatif au "pique nique pan européen", fait peu connu en France. Cette manifestation qui s'est déroulée le 19 août 1989 sur la frontière austro hongroise devait se limiter initialement à un pique nique populaire entre frontaliers autrichiens et hongrois, histoire d'aplanir un différent. Une ouverture symbolique et momentanée de la frontière de trois heures avait été autorisée pour l'occasion. 600 Allemands de l'Est ont profité de l'aubaine pour rejoindre l’Ouest. Une péripétie qui a changé brusquement le sens et la portée d'un évènement devenu depuis historique et participant au Tsunami populaire et collectif qui a bouleversé le visage de l'Europe  ...

Autre image, celle du monastère de Pannonhalma, haut lieu du patrimoine de l'Unesco s'il en est, au poids économique de plus en plus visible (cf une note précédente) dans lequel nous avons partagé un repas avec des lycéens.

Enfin, les discussions avec de jeunes hongrois, sur la littérature française, mais également sur l'évolution politique de leurs pays ...  J'ai noté la défiance de certains d'entre eux pour les partis de gauche ayant à leur tête d'anciens potentats communistes recyclés.
Manifestement un saut générationnel s'impose pour rendre compatible à leurs yeux gauche et progrés social ... Constat positif toutefois, les sirènes de l'ultra libéralisme semblent moins attractives que par le passé, manifestement la crise est passée par là. Signalons également que le PS Français n'a pas forcemment mauvaise presse, comme  ses propositions : solidarités, bouclier social, place de l'etat et des services publics, régulation, Développement Durable .... Rien n'est donc perdu, mais pour porter le changement encore faut il pouvoir l'incarner !

 

Des rencontres et un séjour qui n'ont fait que renforcer mes convictions européennes. L'Europe ne marche réellement sur ses deux jambes que depuis 2004, date de l'arrivée des pays de l'Est dans la Communauté Européenne, une réalité qui devrait s'imposer à tous. Ce qui manifestement n'est pas encore le cas !
Au lieu de se regarder le nombril et de réver à leur influence d'antan, ou de jouer à plus atlantiste que moi tu meurs, nos dirigeants devraient saisir l'opportunité de tisser des liens privilégiés avec ces nouvelles démocraties qui ont besoin de nous comme nous avons besoin de leur soif d'avenir et de leur potentiel ...

Elles sont une partie de notre identité, car nos histoires et nos cultures sont communes et se sont nourries du sang des uns et des autres !

 

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