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Lendemain de Régionales

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Que penser de ces élections régionales ? Tout d’abord acter le résultat des urnes, en se félicitant de ce beau succès, national et local. Deux réalités sont cependant à prendre en compte : le niveau de l’abstention, considérable, et la victoire probante de la gauche.

Dans ma commune, Trilport, la victoire de Jean Paul Huchon est sans appel : 37,1 % au premier tour, ce qui représente un des plus beaux scores de Seine et Marne (il avait réuni 32% de suffrages en 2004 en faisant  liste commune avec les verts) et plus de 60% au second. Le travail de terrain accompli ici ces dernières années a été reconnu et j’en suis satisfait.
L’action menée grâce à l'aide de la Région est  utile aux Trilportais de toutes les générations chaque jour, que ce soit dans le cadre des équipements utilisés (gymnase, école grâce au Contrat régional), l’amélioration des transports publics (bus et train) ou par l’aide apportée à nos efforts dans le domaine de l’environnement et du logement, comme quoi et c'est rassurant pour un élu local, le travail paye quelquefois …

Ces élections revêtaient une importance toute particulière pour le devenir de nos collectivités et de l’action menée au service de leurs habitants et de leurs territoires, surtout dans le contexte actuel. Nous y reviendrons prochainement en évoquant les difficultés autour des budgets 2010. Il était essentiel que non seulement la région ne change pas de main,  mais que le message des électeurs soit sans équivoque (ce qui a été incontestablement le cas !), afin que l'expression du mécontentement général monte jusqu'à l'Elysée !
Devant la brutalité des chiffres, les commentaires des responsables politiques, dimanche soir, en attestait, enfin aurais je tendance à dire : plus de déni mais le constat d’une lourde défaite pour l’UMP, et absence de triomphalisme du coté de la gauche, ce qui au regard du niveau de l’abstention s’imposait …

Car le message laissé par les électeurs est complexe, voir douloureux. Notre pays va mal, très mal, nos concitoyens manquent aujourd'hui cruellement de perspective, une conséquence directe de la politique menée par ce gouvernement, certes, mais pas seulement. Durant cette campagne, j’ai beaucoup discuté, argumenté, débattu, avec quelques futurs abstentionnistes d'ailleurs, dont pas mal de jeunes … Quelque chose est cassé dans leur perception du politique, la défiance s’est installée.

La responsabilité de Sarkozy, dans ce désamour est écrasante (cf note), mais la gauche a également sa part de responsabilité, du fait des querelles d’égos qui ont empoisonné ces derniers mois, et pollué le dernier congrés de Reims pour le PS. Face aux difficultés de la vie quotidienne que rencontrent trop de français, elles sont apparus indécentes. Je pense, contrairement à l'analyse de nombre de spécialistes de la "chose politique" que les abstentionnistes avant que d'être des déçus du Sarkozisme, sont surtout des déçus du politique tout court, constat difficile à avaler pour un élu local comme moi ...

Je crois viscéralement en l'utilité de l'action politique menée sur le terrain au quotidien. C'est aussi pour cela que j'ai défendu la candidature de Jean Paul Huchon, et non seulement par conviction. Depuis son arrivée, les choses ont réellement changé : Lycées, transport (alors qu'il ne préside le STIF que depuis 2006), environnement ...

Une action qui dans le temps, prend tout son sens, bouleversant les lignes et inversant des tendances lourdes. Elle apporte un peu d'air aux collectivités locales, qu'elles soient de gauche ou de droite il faut le souligner, contrairement à  l'action gouvernementale initiée depuis le début de ce quinquennat qui a pour objectif de les asphyxier ...

 

 

Je veux témoigner de l’efficacité de l’action menée par l’exécutif régional depuis 2004.  Jean Paul Huchon mérite sa victoire, contrairement à ce qu’en dit la candidate de droite. Je me suis pincé d’ailleurs en écoutant Valérie Pécresse, Conseillère régionale jusque là pas du tout impliquée dans la vie de la région et dans l’exécution de son mandat se « féliciter d’un score en progression » !
Remarque que le candidat malheureux de 2004, Jean François Copé, a du apprécier à sa juste valeur. Mme Pécresse oublie au passage qu'elle n’a pas eu à affronter de triangulaire, sinon son résultat aurait été tout autre, certainement plus proche de celui de Xavier Darcos que de 40%, ce qui pour l’Ile de France est lourd de signification ! N'oublions pas les projets strastosphériques du gouvernement autour du Grand Paris, contre l'avis de la majorité des élus locaux, toutes tendances confondues. Je souligne dans le même temps, un évènement politique quasi historique qui a du faire mal jusqu'à l'Elysée, pour la première fois la gauche est majoritaire dans les Hauts de Seine !
Rappelons à Mme Pécresse qu'en 2004, Jean-Paul Huchon était élu sans majorité absolue, 49,16% des voix au second tour. Son adversaire UMP, Jean-François Copé, récoltait 40,72% des suffrages et le Front national de Marine Le Pen 10,11%. Chacun comprend désormais pourquoi les militants UMP locaux ont beaucoup et surtout collé pour la liste présentée par le candidat «  souverainiste ».
Le visage de Nicolas Dupont d’Aignan a fleuri les murs de nos villes ces dernières semaines, le score de sa liste  permettant de cantonner le FN a moins de 10% et l'empêchant ainsi d'accéder au second tour ...

 

Paradoxalement et malgré ce que pensent les abstentionnistes, notre pays a surtout besoin de politique, de politique publique, durable et solidaire, sinon notre  société, du fait de l'action menée par la majorité gouvernementale risque de devenir de plus en plus fragmentée et individualiste et sans perspective collective.
La crise que nous traversons, n'est pas seulement économique, elle est également morale. Aujourd'hui nombre de nos concitoyens ont du mal à se projeter dans l'avenir et vers autrui, notre cohésion sociale est ébranlée du fait du développement du chômage mais plus encore, du démantèlement des services publics de proximité, particulièrement sensible dans l'Education Nationale, de la Justice, des Hôpitaux, qui fragilisent surtout les plus faibles ou les plus démunis qui ont grand besoin de ce bouclier social.

Les français sont  désorientés par les paradoxes d'une société à plusieurs vitesses, telle que la promeut notre Président. Le contraste devient brutal entre la majorité de nos concitoyens touchés par la faiblesse  des minimas sociaux (à l'exemple du minimum vieillesse), le non remboursement croissant des médicaments, l'augmentation du forfait hospitalier, la multiplication du nombre de demandeurs d’emplois en fin de droit et les "happy few" (privilégiés) avec pour épiphénomène, le scandale de l’EPAD, le double salaire indécent de Monsieur Proglio, le maintien des niches et du bouclier fiscal pour faire simple voir simpliste et basiste, mais quand même …

Incontestablement, ces deux mondes n'ont pas les mêmes fins de mois et le  gouffre se creuse entre les amis du pouvoir et la majorité de nos concitoyens. Plus le temps passe, plus les mots, les promesses et les slogans de  2007 se dissipent, laissant place à une réalité de plus en plus difficile à avaler. Le scrutin des régionales en a été l'écho, avec trois échecs "politiques" majeurs pour Nicolas Sarkozy :

  • Il promettait de rétablir la confiance entre citoyens et action politique : l’abstention atteint un sommet.
  • Il devait éliminer le Front national, grâce notamment au débat lancé par Eric Besson. L'extrême droite s'est relevée, talonnant même l'UMP dans certaines régions,
  • L'UMP allait devenir le premier parti de France et creuser un écart décisif au premier tour avec le PS en annexant toutes les composantes de la Droite et du Centre Droit dans  une coalition allant de De Villiers à Bockel. C'est la base théorique de la nouvelle loi en préparation sur le mode d'élection du Conseiller Territorial. La droite réalise historiquement un de ses plus mauvais scores, sinon le plus mauvais  …

 

La balle est désormais dans le camp de la gauche .. A elle de relever le défi sur le fond et la forme ...

 

Vaste programme, non ?

 

 

Commentaires

  • je pense que tu fais une très bonne synthèse et analyse politique de ces élections.J'aurais aimé entendre cela des responsables de gauche au soir du 2ème tour mais il est vrai que le format qui leur est imposé dans les médias ne permet pas de s'exprimer autrement que d'une manière simpliste.
    La question de l'abstention est en effet très préoccupante car sa croissance est constante depuis des années à part l'exception de la dernière présidentielle.Ce refus de vote ,même s'il est un élément de toute organisation démocratique(partis,syndicats,mutuelles...)doit interpeller la gauche car il relativise sa victoire.Mais pourquoi cette abstention? Chacun peut y aller de son argumentaire mais il faut entamer une étude sérieuse de ses motivations.
    On entrevoit les raisons principales de l'abstention sur le terrain ou lors de radio-trottoirs mais est-ce très représentatif ?
    --Ce qui revient souvent est le syndrome du "Tous pourris" entretenu savamment par le Front National:Les élus sont mis sur le même plan comme des cumulards d'indemnités à la recherche de prestige qui se moqueraient comme d'une guigne de leurs électeurs en ne tenant pas les promesses faites au cours de leur campagne.C'est faire un mauvais procès à la plupart des militants politiques qui sont bénévoles et n'hésitent pas à donner de leur personne et de leur temps au bénéfice de leur cause.Une piste :limiter les cumuls de mandats encore trop importants afin que les élus puissent être, comme tu le fais ,sur le terrain dès qu'ils le peuvent.
    --Deuxième argument des abstentionnistes:Le fait de ne pas être représentés.Il est indéniable qu'à cause d'un mode de scrutin inique,des millions de Français ,qu'ils votent Front National,NPA,LO ou petites listes ne sont JAMAIS ou très peu représentés dans les instances décisionnelles et en particulier à l'assemblée nationale et au sénat.Ils ne sont pas souvent représentés dans les instances locales ,départementales ou régionales. Ne parlons pas des médias ,les principaux étant aux ordres du "Château".Rien ne vaut pour moi le scrutin proportionnel qui doit être étendu à toutes les élections .
    --Il y a enfin ,on n'en parle jamais ,l'abstention contrainte par la maladie,la vieillesse,le handicap,les déplacements,les élections qui tombent souvent au moment des premiers week ends de sortie.Je crois qu'on a une technique de scrutin encore très archaïque.Voter sans se déplacer est souvent un parcours du combattant garantissant des attentes et des démarches décourageantes .Au XXIème siècle,on devrait pouvoir voter de manière sécurisée par Internet ou par correspondance ,cela se fait bien dans certaines mutuelles ou syndicats.
    Comme quoi la route est longue et la gauche doit continuer à s'unir pour élaborer un projet commun,dépasser ses luttes d'égo,lutter contre l'abstention et être aux côtés des luttes du 3ème tour social qui s'annonce.Les Présidentielles de 2012 dont on ne fait que nous rebattre les oreilles depuis dimanche soir sont encore loin et ne sont pas la première préoccupation des Français .
    Bien cordialement

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