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  • Michel Rousseau, in memoriam

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    Michel Rousseau nous a quitté ce 3 aout 2012. Ce Proviseur de Lycée Professionnel passionné par son métier a attendu les vacances pour tirer sa révérence avec élégance, on ne change pas sa nature ...
    Il avait commencé sa carrière en 1980 comme Professeur d'Allemand au Lycée Charles Baudelaire,  et l'a terminé cet été comme Proviseur du même établissement, son Lycée de coeur.

    Voici quelques mots, non pour atténuer notre peine, mais pour rappeler et saluer l'itinéraire d'un de ces anonymes qui sont la grandeur de l'Education Nationale, héritier légitime des hussards noirs qui à partir des écoles de quartier ou de province ont construit notre République. L'enseignement professionnel fait partie intégrante de cette grande et belle  histoire ...

    Son Lycée et l'institution lui ont rendu l'hommage qu'il méritait, en présence du Recteur de Créteil, William Marois, de la Directrice Départementale des Services de l'Education, de ses proches et de nombreux amis qui l'ont accompagné dans son itinéraire professionnel : Gué à Tresme, Thorigny et Meaux.

     

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  • Des Etats Généraux pour la Démocratie Territoriale

    petite photo fh sorbonne 2.jpgLes États généraux de la démocratie territoriale auxquels j’ai participé sont une initiative de Jean Pierre Bel le nouveau Président du Sénat qui dés son élection au perchoir de « l’assemblée des collectivités territoriales de la République » (selon la formule constitutionnelle) a tenu à lancer cette large concertation. Objectif, permettre aux élus, jusque là exclus de tout dialogue avec l’Etat et considérés comme de simples "sous traitants" par le précédent gouvernement, et encore, de s’inviter au débat, prendre position et avancer leurs propositions sur l’organisation territoriale du pays et le sens de l’action publique. 

    Depuis les lois de décentralisation de 1982 dont nous fêtons le 30eme anniversaire, l’action publique est la résultante de deux forces : les collectivités territoriales et l’Etat. Force est de constater, ce blog s’en est souvent fait l’écho, que nos concitoyens méritent que ces deux acteurs incontorunables travaillent en complémentarité et en harmonie plutôt qu’en opposition. La démocratie territoriale doit reposer avant tout sur la confiance.

    Le climat de défiance, voir de méfiance entre Etat et collectivités qui prévalait jusque là (merci les anathèmes contre les élus inutiles, trop nombreux et dispensieux !),  s’est révélé plus que contre productif pour le pays. Nous devons aboutir, tel nos voisins, à  un partenariat responsable, c'est le sens de l'intervention que j’ai fait dans l’hémicycle de la haute assemblée durant un atelier auquel j'ai participé : les élus ont besoin aujourd’hui plus que jamais, de lisibilité, de stabilité, de sérénité, pour mener à bon port, malgré le vent mauvais qui menace, leur collectivité. Plus le bateau tangue quand la tempête fait rage, plus les pilotes ont besoin de signaux clairs pour tenir le cap et éviter les récifs ou les hauts fonds !

    Ces deux journées ont constitué un moment de respiration républicaine opportun, permettant au débat de sortir de la tarte à crème du «millefeuille territorial», qui s’apparente plus à un mauvais procès non dénué d’arrière pensée politique qu'à une réalité concrète, le problème n'est surement pas à ce niveau, des proches de Marylise Lebranchu indique que "Ce n'est pas un problème de couches dans le mille-feuille, mais de qualité de la crème qui se trouve à l'intérieur ... ", car l'important est bien la qualité de l'action menée auprés de nos concitoyens ou du pays.
    Le contexte économique et social impose évidemment une nécessaire adaptation, mais intelligente, basée sur l'efficacité, la complémentarité ou l'agilité plutôt que sur la désertion des territoires et l'abandon des solidarités. La mutation à entreprendre, profonde, appelle certainement de nouveaux modes d’organisation de l’action publique (rhyzomes, réseau …) mais doit s’appuyer avant tout sur les faiblesses, potentialités et forces des territoires, leur réalité quotidienne, en ce domaine plus qu'en tout autre il faut nécessairement contextualiser !
    Les guerres de tranchées dogmatiques et idéologiques, ou fusent anathèmes, slogans réducteurs, provocations inutiles, sont inutiles et dépassées. Supprimer les départements vu de Neuilly sur Seine, peut aller de source pour ceux qui ont peu besoin de prestations sociales, mais vu de la Creuse, de Corrèze ou même de Seine et Marne est une autre affaire.

    Quelques vérités s’imposent afin d'apporter un peu de rationnalité et de sérénité … Les collectivités assurent plus de 70 % des investissements public et contribuent ainsi à soutenir l’activité de secteurs pourvoyeurs d’emplois, peu délocalisables, tel le bâtiment ou les travaux publics mais aussi les services quotidiens à nos concitoyens de toutes les générations (aide à la personne, petite enfance, périscolaire ...). Le maintien de leur capacité d’investissement mais également d’action est un enjeu déterminant pour notre économie et la cohésion sociale du pays, la relance de la croissance passe également par les collectivités.

    Leur endettement est limité et ne concerne que l’investissement productif, non le fonctionnement, comme l’Etat, le gouvernement précédent était pour le moins mal placé pour faire la leçon lorsque l'on connait son bilan !
    Par rapport aux pays voisins (dont l’Allemagne), la santé financière des collectivités françaises est bonne, saine, et maitrisée, surtout au niveau des déficits et des dettes, et en tout cas bien meilleure qu’il y a 20 ans (Angoulême, Briançon …). Contrairement aux collectivités allemandes dont les revenus dépendent des résultats des entreprises ou à la fonction hospitalière, aucune n'est aujourd'hui en cessation de paiement.

    Pourtant  il faut faire des efforts et rendre l’action publique toujours plus efficiente. Les économies structurelles passent par un diagnostic partagé, une analyse descriptive, prospective puis enfin stratégique; tout l'inverse d'une RGPP venant du haut vers le bas, exclusivement comptable et ne comprenant aucune analyse des conséquences des décisions prises sur le moyen et le long terme. 
    Economiser oui, n’importe comment, certainement pas ! Le dernier rapport de la Cour des comptes est sur ce point révélateur, il faut agir avec méthode, intelligence. Associer à la réflexion les acteurs de l’action publique aurait été sans doute plus efficace !

    En 1981 François Mitterrand déclarait

    « La France a eu besoin d’un pouvoir fort et centralisé pour se faire. Elle a aujourd’hui besoin d’un pouvoir décentralisé pour ne pas se défaire »

    Les faits lui ont donné raisons. Mais un des problèmes que nous devons surmonter en initiant cette nouvelle phase de la décentralisation, est que notre pays, ne dispose plus de marges de manœuvre (voir note précédente) vu le triste bilan de l'équipe gouvernementale précédente.
    Nous devons nous réformer, mais sous la contrainte financière, contrairement aux années 80,

    c’est également ce qu’est venu dire aux élus François Hollande …

     

     

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  • PS : Un congrès à l’ombre d’un budget difficile …

    CongresToulouseContributions.jpgPour le PS l’heure est au congrès, et aux cinq motions présentées aux votes des militants; dans les débats, hormis les stratégies individuelles des uns et des autres, ou de quelques éléments de différenciation programmatiques, deux principaux points de clivage de fond demeurent : les orientations budgétaires du gouvernement et la validation ou non du traité européen.

    Autant le préciser, je défends la Motion 1, portée par l’ensemble des ministres socialistes du gouvernement Ayraud. Je la soutiens par conviction, les orientations prises vu le contexte économique correspondent à mon analyse de la situation, mais également par solidarité.
    La mandature de 5 ans qui s’ouvre sera tout sauf un long fleuve tranquille, au regard du triste bilan de l'équipe précédente qui, pour le moins, « plombe » la trajectoire du pays. S’il est essentiel de préparer le bateau France à affronter les coups de vent annoncés, ils sont et seront encore rudes, la marge de manœuvre pour le moins réduite exige un pilotage des plus fins pour tenir le cap annoncé : redresser le pays dans la justice.

    Point cette fois-ci, d'état de grâce, il faut être être efficace et ce dés le début du mandat. Quatre principes selon moi caractérise ce budget ainsi que la ligne politique ébauchée par le gouvernement Ayraud, même si certains sont encore en filigramme, on ne peut réduire une mandature de 5 ans au seul exercice 2013, : réalité, responsabilité, équité, innovation …

    Le principe de réalité s’impose à tous, vu les conséquences dramatiques de la gestion antérieure. La gauche revient aux affaires dans les pires conditions économiques et sociales que le pays a connu depuis des lustres, du fait du bilan désastreux des cix dernières années, que ce soit au niveau économique, social ou politique.
    Analysons plutôt : seuil de 3 millions de chômeur dépassé en août 2012 (plus 10% sur un an), déficit public atteignant plus de 100 milliards d'euros et représentant 5,2% du PIB (plus 300% en 10 ans), 600 milliards de dettes de plus lors du quinquennat précédent (plus de 90% du PIB !), la charge de la dette avec prés de 50 milliards d'euros (plus 15% en une année) est devenue la 1er dépense du pays (supérieure au budget de l’Education Nationale), et pour rajouter une ombre à un tableau des plus sombre, signalons le record historique du déficit du commerce extérieur qui a dépassé 70 milliards d’euros en 2011 (il était à l'équilibre aprés la mandature Jospin). La France a désormais le 4e plus grand déficit commercial au monde, mais plus que le chiffre c’est la tendance qui préoccupe. Bon courage à Nicole Bricq pour l'inverser ! 

    Ce constat sans appel est préoccupant, autant le dire la "cata" n’est pas loin. Si tout budget est un acte politique, celui ci l'est plus que tout autre tant il marque une véritable rupture; encore faut il pour tenir le cap, intégrer le contexte météo, incertain, les tempêtes prévisibles et les écueils à contourner.
    Nous sommes dans le dur du dur, à des années lumière des effets de tribune : « il faut réinjecter l’argent public pour relancer la croissance » (avec quel argent ?),  des « y’a qu’à faut qu’on », « là ou il y a une volonté, il y a un chemin » …  La pratique assidue des sports ou l’élément naturel domine, m’a appris le sens du mot humilité. La volonté seule ne suffit pas, il faut composer avec les éléments qui nous dépassent pour évoluer et quelquefois progresser.

    Mais je comprends les réactions de certains de mes camarades; avec plus de trois millions de chômeurs et aucune perspective d’amélioration à court terme, notre pays déprime et nos concitoyens désespèrent.
    Méfions nous cependant des anathèmes ou théories simplistes, voir populistes, nos compatriotes ont plus besoin de réponses concrètes que de slogans. On ne règle plus nos factures en monnaie de singe, et nous savons désormais qu’il est impératif de les acquitter.
    Les années précédentes, y compris et surtout la période bling bling chère à Nicolas Sarkozy, ont montré que lorsque la cigale chante un peu trop au soleil, le pays se trouve fort dépourvue l’hiver venu, et que ce sont les plus nécessiteux qui trinquent !

    Faut il pourtant afin d'être en paix avec ses idées, ou en harmonie avec les envies de monde meilleur qui nous animent, distribuer aujourd'hui d’une main ce que l’on reprendra demain de l’autre ? Je ne le pense pas, notre rôle est d'apporter des solutions concrètes à la détresse sociale et de vraies perspectives aux chômeurs, travailleurs pauvres, retraités qui se bagarrent avec des pensions insuffisantes, aux familles à loger comme aux collectivités qui en première ligne n’en peuvent plus !

    Il s’agit ici plus d’un langage de vérité que d’austérité … 

    Il nous faut cependant aller  plus loin dans l’analyse. Pourquoi réduire nos déficits à un tel niveau et parvenir malgré tout, à redresser le pays dans la justice  ?

    Quadrature du cercle ou graal inatteignable ?

     

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