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  • Télécentre Nomade Office : Bienvenue à "Fab Land"

    telecentre-mini-1.jpgLe télécentre de Nomade Office inauguré lundi dernier à Trilport, est un équipement novateur à plus d’un titre, mais avant de présenter plus en détail cette réalisation, je veux saluer la remarquable aventure humaine qui a accompagné sa création.

    Le soutien des collectivités a été déterminant, rien n’aurait été possible sans l’engagement financier de la Région et du Département dont il faut saluer le sens de l’anticipation, ou  encore le rôle d’assembleur joué par  la ville de Trilport, mais il faut surtout rendre hommage à l’équipe qui anime et "habite" ces lieux, et depuis de nombreux mois poursuit une véritable chimère, Graal quasi inaccessible : ouvrir le premier télécentre péri urbain d’Ile de France, sous la forme d’une entreprise de l’Economie Sociale et Solidaire !

    Le collectif piloté par Cathy Veil a franchit tous les obstacles semés sur sa route, les uns après les autres,  véritable chemin de croix qui en aurait décourager plus d’un. Les embuches rencontrées étaient de tout ordre : financières, juridiques, administratives, techniques enfin, n’ont pourtant pas empêché cette ouverture, elle l'ont simplement retardé de quelque mois. Ils ont démontré que l’esprit d’équipe et celui d’entreprise peuvent renverser des montagnes, avec Nomade Office nous sommes déjà dans l’ère de l’économie agile, collaborative mais aussi déterminée.


    Le jour d‘une inauguration tout à l’air simple, même si depuis Léonard de Vinci nous savons que la simplicité est une « sophistication suprême » qui cache le plus souvent une grande complexité et la présence d’une chaine d’acteurs multiples, dans laquelle chaque maillon est essentiel, les propriétaires de cet immeuble de bureaux y compris. Il faut saluer la confiance qu’ils ont toujours manifesté pour ce beau projet, un équipement unique, qui constitue un véritable condensé de l’intelligence collective de ce territoire auquel nous sommes si attachés.

    La fibre optique est un lien de lumière, un trait d’union, un réel coefficient multiplicateur dont personne ne nie la puissance potentielle, mais elle ne constitue qu’un élément de ce télécentre, au même titre que le chanvre cultivé ici et transformé à quelques kilomètres, le bois local, le design, et surtout l’intelligence collective qui habite ces lieux, qu’elle soit portée sur les usages numériques, l'architecture, nous sommes devant un aménagement intérieur d’une efficacité énergétique exemplaire, en bio sourcé local s’il vous plait, ou communicante. Une communication authentique, fraiche, innovante, décalée et surtout porteuse de sens et de signifiant.

    Si ce télécentre est unique par bien des aspects, il le doit avant tout à son collectif, la créativité est présente dans chaque maillon d’une chaine aux talents multiples qui a su apporté une touche véritable d'humanité, tant cet espace cumule les avantages du domicile et du bureau :  lieu convivial, humain, chaleureux, « cocoon » associé à une atmosphère et des services très professionnels…

    Nous sommes en présence d’un véritable démonstrateur de ce que peut apporter aujourd’hui cette terre de Brie à l’Ile de France en innovation et valeur ajoutée …

    Quels enjeux pour notre territoire ?

     

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  • Retour sur les Assises des Petites Villes de France

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    Les XVII Assises des petites villes de France (APVF) qui se sont déroulées à Annonay  marquent un tournant dans la vie de cette association, Martin Malvy, son fondateur ayant décidé de passer la main après 24 ans de Présidence.

    Dans son intervention, il a rappelé avec émotion les mots de François Mitterrand lors des assises de 1991 à Chinon, dans un discours de très haute tenue : «c'est à travers ces villes, ces lieux, que s'est constitué l'humus qui veut qu'aujourd'hui la France ait su traverser les siècles, son premier millénaire. »le Président de la République soulignant que « les Petites Villes sont pour la France un facteur de civilisation déterminant … »

    Martin Malvy laisse une association en plein développement, fédérant 1 200 communes de 3 000 à 25.000 habitants péri urbaines, rurales, ou Centre Bourgs, dont beaucoup en pleine dynamique, avec une population en  augmentation, dont de nombreuses familles et de jeunes, ayant grand besoin de structures et de services adaptés.
    Il est remplacé par un duo de choc  : Olivier Dussopt, nouveau Président, Député-maire d’Annonay (PS), benjamin de l’Assemblée Nationale, rapporteur du texte de loi consacré à la modernisation de l’action publique et à la création des métropoles, et Pierre Jarlier, 1er Vice Président délégué, le Sénateur-maire (UDI) de Saint-Flour,  élu influent de  la Commission des finances et très impliqué dans la défense des collectivités territoriales.

    Ce tandem complémentaire, représentatif et respectueux des équilibres politiques et géographiques de nos petites villes, accède aux responsabilités dans un contexte difficile mais il est  assuré du soutien des élus qui l'ont désigné à l'unanimité comme le nouveau Conseil d’Administration de l’association dont je fais partie. Soulignons que Marylise Lebranchu, Ministre de la décentralisation et de la fonction publique, avait tenu à être présente, belle marque d'amitié pour Martin, Olivier et Pierre et d'intérêt pour l'action de l'APVF.

    La thématique de l'édition 2014  « Territoires : y a-t-il un avenir hors des métropoles ? » a constitué le vrai fil rouge de nos débats. Outre les ateliers proposés, deux tables rondes ont marqué ces deux journées de travail : 

    «Comment faire avec moins dans les collectivités ?», avec une intervention lumineuse de Eric Heyer de l'OFCDE soulignant les risques pour notre économie d’une austérité trop marquée, accentuée par la baisse des dotations des collectivités prévues par le gouvernement, qui impactera directement nos territoires, tant au niveau de l'emploi que de l'activité. Sentiment conforté par Thomas Rougier, Directeur des études de la banque postale,qui chiffres à l’appui a rappelé le poids significatif des collectivités dans l’économie nationale, des propos que le témoignage de Bruno Cavagne, Président de la Fédération Nationale des Travaux Publics, extrêmement inquiet des baisses d’investissement initiés qui pourraient avoir dés cette année de très graves conséquences pour les entreprises et l’emploi local a complété utilement.

    La table ronde finale « Réorganisation territoriale : Y a t’il un avenir hors métropole », a donné lieu à des échanges passionnants, sans langue de bois, ni tabou. Un débat lancé sur de bons rails grâce aux cartes iconoclastes de Christophe Giulli, comparant inégalités territoriales, sociales et vote extrémiste (que de similitudes !), durant lequel  Marylise Lebranchu a fait preuve, comme à son habitude, d'une très grande qualité d’écoute et, avec bien d’autres, indiqué des pistes de réflexion intéressantes : nécessité de revoir les critères de la Dotation Globale de Fonctionnement, d'une péréquation plus marquée, pour plus de solidarité entre les territoires .
    Telle a été le sens de l'intervention que j'ai faite lors de cette table ronde : quitte à diminuer les dotations des collectivités (il faut bien participer à l'effort général !), autant tailler dans les recettes des collectivités qui ont beaucoup de "gras", et il y en a, de nombreuses et de puissantes, que tailler dans l’os celles qui ont aujourd'hui le plus grand mal à boucler leur budget pour des dépenses essentielles. Entre les dépenses accessoires somptueuses de certains, le superflu n'est pas loin, et les services indispensables que trop de collectivités n'arrivent pas à mettre en place ou plus à assumer, faute de financement, il y a plus qu'un monde de différence !
    Il n’est pas admissible que les baisses de l'Etat  impactent mécaniquement de la même proportion toutes les communes, les riches comme les pauvres, et ce faisant, fragilisent les plus faibles, accentuant les inégalités territoriales, qui se rapprochent d'une vraie fracture. Gare à la catastrophe sociale majeure qui pointe dans certains territoires et à l'effet domino systémique.

    Manuel Valls a clôturé nos travaux avec un discours attendu, indiquant sa volonté de laisser une large part à la concertation et au débat parlementaire afin de finaliser la réforme territoriale (seuil de 20 000 habitants pour les intercommunalités, nécessité de maintenir un lien de proximité entre communautés de communes et régions au sein d'une entité « départementale », à la structure restant à définir), annonçant un renforcement de la péréquation et la prochaine réforme de la Dotation Globale de Fonctionnement pour obtenir une répartition plus juste des dotations d'Etat.
    Les Maires ont apprécié sa présence (un seul Premier Ministre était jusque là venu à ces Assises, Lionel Jospin en 1999) comme les mots prononcés « Vous êtes les premiers à retisser les liens, à entretenir le lien social, vous êtes au contact d'une France qui doute ... Vous êtes au contact d'une france qui n'a pas perdu confiance dans ses élus que vous êtes » ou l'injonction de Marylise Lebranchu  «Soyez fiers d'être des élus ».
    Mais bien plus que des mots, ce sont des preuves d'amour que les Maires des Petites Villes de France attendent désormais.

    Tel est le sens, de la résolution finale des assises qui clôture traditionnellement ce rendez vous annuel, regroupant nos propositions, attentes et demandes ...
    Elle porte principalement cette année 
    sur la réorganisation territoriale du pays et les conséquences des baisses  des dotations d’Etat, dont l'ampleur ne nous semblent pas "raisonnable". Elle réaffirme également l’importance mais aussi la fragilité, pour la vie quotidienne et le devenir de nos territoires et de nos concitoyens, du maillon essentiel que constitue nos  petites villes dans l'aménagement de l'espace du territoire et la cohésion sociale, justement en dehors des métropoles.

    Vous trouverez ci joint, les principales demandes de cette résolution.

     

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  • Le désarroi des "oubliés" des villes péri urbaines

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    Un journaliste du Monde m'avait interviewé en novembre  2013 avec d'autre Maires, toutes tendances politiques confondues, dans le cadre d'un article élaboré en prévision des Municipales de Mars 2014 intitulé  "Ile de France : le désarroi des oubliés de la zone 5"  centré sur les difficultés des communes péri urbaines franciliennes.

    Cet article prend aujourd'hui une autre dimension après les résultats des derniers scrutins municipaux ou européens, qui ont largement confirmé les craintes que nous avions émises, mais également, après l'annonce par le gouvernement d'une nouvelle baisse des dotations aux collectivités qui s'ajoutera à celles prévues pour 2014 et 2015 !
    Une annonce qui plonge les élus dans une très forte inquiétude dont je me ferais l'écho dans deux jours  aux Assises des Petites Villes de France qui se tiendront à Annonay.

    Je vous propose de revenir sur des extraits de l'article d'Eric Nunes publié dans le Monde du 5 novembre.

    « Dans le contexte d'un Etat exsangue, l'effort budgétaire de 1,5 milliard d'euros réclamé par le gouvernement aux collectivités territoriales se traduira par une baisse des investissements des communes... 

    Parallèlement, la Cour des comptes, dans un rapport sur les finances des collectivités territoriales publié en octobre, engage les élus locaux à contrôler davantage leurs dépenses de fonctionnement. « Mais on ne peut pas presser un citron qui est vidé. C'est quoi nos marges de manoeuvre, quand 95 % de nos dépenses sont incompressibles ? », interroge Philippe Rio, maire communiste de Grigny (Essonne), 26 000 habitants. Dans cette ville pauvre, surendettée, « les jeunes n'ont ici plus de rêves, plus d'espoir. Mais nous sommes sans marge financière pour maintenir une politique locale. La fracture territoriale ne cesse de se creuser », déplore-t-il. en difficulté ? »

    Pour beaucoup d'élus, le rappel à l'orthodoxie budgétaire des magistrats de la Cour des comptes agace.
    « Je les invite dans ma municipalité et qu'ils m'indiquent où ils voient de la gabegie de deniers publics ! », lance Jean- Michel Morer, maire socialiste de Trilport (Seine-et-Marne), 5 000 habitants. « L'Etat me contraint à mettre en place la réforme des rythmes scolaires, je dois également financer une police municipale et batailler seul pour protéger des zones agricoles contre des constructions illégales. On ne cesse de charger notre barque tout en nous enlevant toujours plus de moyens. »

    Les territoires périurbains de l'Ile-de-France figurent parmi les plus fragiles, soulignent leurs édiles. A cinq mois des municipales, les conséquences pourraient se payer. « Les jeunes qui n'ont pas de boulot finissent par voter FN », avertit Jacques Profit, maire divers gauche de Fontenay-Trésigny, 5 000 habitants (Seine-et-Marne).

    « Mener sur ce territoire une politique locale, c'est mener la guerre au sentiment de déclassement, poursuit Jean-Michel Morer. La capacité d'écoute, d'action et la proximité du maire et de ses services sont la dernière digue de cohésion sociale.

    Le FN l'a très bien compris. En 2012, Marine Le Pen en campagne est venue à Trilport soutenir des facteurs dont les postes étaient menacés. Elle a parlé proximité et service public. C'est très habile. » La candidate du FN a recueilli plus de 22 % des voix à Trilport lors de la présidentielle. « La France de la périphérie ne doit pas être une terre de relégation », conclut le maire socialiste de Trilport."

     

    Autant dire que les derniers résultats n'ont fait que confirmer nos inquiétudes d'alors. Soulignons que les premières baisses de dotations impactent directement nos budgets dés cette année, et se révèlent critiques pour les communes sans trop de moyens comme Trilport. Nous ne taillons plus dans le gras, depuis de nombreuses années, ni dans le muscle d'ailleurs, mais nous en sommes réduits désormais  à tailler carrément dans l'os, alors que l’État annonce de nouvelles baisses qui devraient se prolonger jusqu'en 2017.
    Dans le même temps, il impose la mise en place des rythmes scolaires, sans nouveaux moyens financiers pérennes, l'application de la loi SRU qui se traduira par l'arrivée de nouveaux habitants (rien de plus normal vu les besoins en logements de tant de nos concitoyens) nécessitant obligatoirement la mise en place de nouveaux services et la création d'équipements et d'infrastructures qu'il faudra bien financer !

    Je n'ose penser au prochain budget 2015, à chaque jour sa peine, car je reste persuadé que le bon sens l'emportera sous peine d'une catastrophe sociale majeure et d'un effet domino systémique ...

    Les habitants et les élus peuvent compter sur mon entière détermination pour agir en faveur de nos territoires, il s'agit ici seulement de défendre l'égalité territoriale et la justice sociale pour des habitants qui n'ont pas la chance, ni les moyens, d'habiter et de vivre dans les grandes villes.