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  • De la société digitale à la société neuronale (2/2)

     

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    Le temps des poupées russes semble révolue ...

     

     

     

    Quelle action publique de proximité dans une société digitale ?

    Cette interrogation digne d’un grand oral de l'ENA est très prégnante pour nos territoires tant elle induit inévitablement des conséquences concrètes pour la vie quotidienne de nos habitants.

    Vouloir y répondre nécessite les préalables d'élargir la focale, prendre un temps nécessaire de décélération et de distanciation, jauger et estimer le cap poursuivi, effectuer un large tour d’horizon du champs des possibles, tout en prenant garde à deux écueils : le sentiment d'urgence du moment présent et les sunligths des effets « tendances et mode », éléments conjoncturels s'il en est mais qui peuvent nuire à la sérénité du pilotage.
    Autre préoccupation, distinguer l’écume de la vague, tant c’est cette dernière qui importe et qui porte au loin, y compris si avant de se transformer en « déferlante", elle n’en est encore qu’au stade embryonnaire du signal faible. 


    L’essentiel des débats concernant l’organisation territoriale se limite aujourd'hui quasi exclusivement à l’unique problématique du mille feuille et du dimensionnement du contenant, le mode XXL étant actuellement très en vogue.
    Ces échanges donnent souvent lieu à un florilège de propositions dignes du concours Lépine. Si l’organisation en place est le fruit d'une alchimie complexe mêlant histoire, cultures métissées, géographie, traditions politiques, elle subit de plein fouet une succession de séismes (mondialisation, réchauffement climatique, multiplication des phénomènes météos extrêmes, explosion démographique, métropolisation croissante, digitalisation …) qui ébranlent et font vaciller tous nos repères. Est ce une histoire de taille, de dimensionnement du contenant ou bien de modèle ?
    Notre société est engagée dans un cycle de « grande transformation » pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Karl Polanyi. Ces séismes constituent autant de révolutions systémiques dont les secousses ont des répercussions majeures et transforment radicalement les matrices traditionnelles d’un monde devenu ancien, qu'elles soient sociétales, relationnelles, politiques, d’autant que tout semble soudain s’accélérer.
    Ce contexte pour le moins mouvant doit nous inciter à revoir les modes d'organisations institutionnels, la conception même des politiques publiques mises en oeuvre, de leur mode de financement ou de gouvernance.
    Si la "metropolisation" devient la règle dominante au niveau planétaire, elle prend selon les latitudes des formes très variées. Ce concept est devenu un mot « valise » au contenu et aux dimensions à géométrie variable. L’exemple de la Métropole du Grand Paris est évocateur, nous sommes confrontés à un prototype unique au monde, et ce bien des égards ! Il n’existe pas de standardisation d'un modèle type de métropole.
    Concernant la France, nous sommes en pleine schizophrénie, tant cohabitent pour reprendre l’analyse du géographe Christophe Giuly, deux France radicalement différentes : celle des Villes Monde (métropole) et leur périphérie proche ou lointaine composée des espaces ruraux et péri urbains.
    Conséquence, si la digitalisation n’est qu’une formalité pour les populations aisées des villes dites « intelligentes » connectées en permanence à la planète, elle constitue un véritable traumatisme pour tous ceux qui assignés à résidence vivent dans les déserts numériques des territoires déclassés et délaissés, de moins en moins irrigués par l’action publique. Cette bi polarisation s’est exprimée dans les urnes lors du second tour des dernières élections présidentielles de manière évidente.
    Il ne m’appartient pas ici de prendre partie pour ou contre l’une des deux faces de notre république janusienne, mais de souligner la cécité du monde politique et le manque d’audace des chercheurs "es institutions".

     

    Pourquoi ?

     

     

     

     

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  • De la société digitale à la société neuronale (1/2)

     

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    De la mue digitale dans les collectivités territoriales de proximité

     

    Cette note est issue en partie d'une intervention que j'ai fait à un colloque organisée par la Fondation Internationale des Finances Publiques (Fondafip) à la Sorbonne, au nom de l'Association des Petites Villes de France, dont je suis référent numérique et dns lequel j'ai eu l'honneur de débattre avec Marcel Gauchet. Si la thématique proposée pouvait sembler pour le moins ésotérique : « l’impact du numérique et de la dématérialisation sur les finances publiques, aujourd’hui et demain … », les débats ont eux porté sur des questions très concrètes. 

     

     

    Vu l’ampleur du tsunami numérique qui nous submerge, chacun mesure que rien ne sera plus jamais comme avant. La vague de fond digitale a rejoint le cercle fermé des rares "singularités » qui ont contribué à changer le cours de l’humanité depuis que l’homme s’est (é)levé pour entamer sa longue marche en avant.


    Nul ne peut pressentir encore l’ampleur de tous les bouleversements à venir. Nous sommes le nez dans le guidon totalement déstabilisés par la "création destructrice », pour reprendre l’expression d’Edgar Morin pour le moins révélatrice de la grande métamorphose en cours.
    L'ampleur du phénomène est telle qu'il serait erroné et réducteur de le considérer comme une simple évolution technologique. Notre société est confrontée de plein fouet à une véritable révolution anthropologique, globale et totale, qui certes discrète bouscule nos repères les plus fondamentaux : sociaux, géographiques, temporels ou identitaires.


    Dans ce maelström, s'interroger sur les finances publiques peut sembler anecdotique.
    Ce point demeure cependant central pour nos communes, tant il détermine leur capacité à agir, au présent comme au futur.
    Faut il insister sur l’état de délabrement de beaucoup de collectivités suite aux baisses successives de dotations ? Soulignons que ces dernières ont pénalisé en premier lieu les communes les plus pauvres, illustration concrète des carences évidentes d'un système de répartition à bout de souffle.


    Ce contexte anxiogène est aggravé par la raréfaction de l’argent public, qui provoque un véritable phénomène de "blood shift » territorial. Les ressources financières disponibles, plus rares, étant dirigés prioritairement vers les territoires considérés "vitaux" (telle les métropoles) au détriment de ceux délaissées de la France dite « périphérique » pour reprendre l’analyse du géographe Christophe Giuly.

    Situation explosive pour la cohésion du pays, qui fait le lit des populismes et alimente les nombreuses fractures qui minent notre société, devenant de fait de véritables lignes de rupture. 

    La numérisation émergente exacerbe les tensions déjà existantes et place nos collectivités déjà en état de stress face à un nouveau défi : réussir leur mue digitale.

    Si les communes se doivent de demeurer des espaces de solidarité accessibles à tous, afin de permettre aux habitants largués de ne pas devenir des exclus et de se reconnecter, tout s’accélère : les cycles d’innovation se raccourcissent, les exigences des habitants « connectés » se font plus pressantes…

    Confrontés aux injonctions paradoxales et contradictoires d’une société émiettée nos communes rencontrent les plus grandes difficultés à intégrer tout le potentiel du dividende numérique, elles subissent une accélération dans l’accélération d’une société en mouvement permanent et en perpétuelle transformation.
    Contexte qui restreint l’horizon du champ des possibles au seul temps présent et limite considérablement les capacités d’adaptation de collectivités à la peine, aux bases fragilisées.

     

    Quelques problématiques se révèlent cependant plus préoccupantes aujourd’hui, lesquelles ?

     

     

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