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8 mai 2017 / 8 mai 2018, un an déjà ...

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A Nicole, « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament » René Char

 

 

Il y a un an, jour pour jour, nous honorions la mémoire de Jean Le Roch, Trilportais, ancien résistant et déporté, en présence de la sénatrice Nicole Bricq.
Nicole avait tenu au lendemain d’une élection présidentielle décisive, dans laquelle elle s’était beaucoup impliquée et investie, à être des nôtres. Un an depuis est passé, son souvenir demeure toujours aussi vivace .
Elle nourrissait une véritable passion pour René Char, poète et homme de révolte s’il en est. Rene Char avait egalement une particularité que trop peu connaissent, c’était un authentique résistant qui avait rejoint dès 1942 les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur).


Durant ces années de silence, de plomb et de fer, il s’est consacré à ce combat contre le fascisme et la collaboration. Le poète a laissé alors place au maquisard, sous le nom de capitaine Alexandre, et sa plume au fusil. Ce combattant de la liberté a rejoint  la lutte des « soldats interdits », « acteurs à la langue coupée, acteurs sans identité définie », devenus muets par obligation et prudence pour leurs familles.
Sa poésie n’est pas sortie indemne de ces années clandestines. Elle en a été litteralement transformée. La parole devenant plus dense, intense, âpre, acérée, résistante, coupante comme une lame de l’épée sortant de la forge.
Au lendemain de la guerre, Il a été un des rares à refuser d’écrire sur ces années sombres. Se refusant à la moindre facilité, à toute envolée lyrique surfant sur les émotions ou l’oreille de l’auditeur Du fait du rythme et la musicalité des mots et du poids des silences.…
Par pudeur certainement, mais également par respect pour ses camarades tombés au front ou fusillés, une douleur intime et secrète qui l’a changé à jamais.

 

En découvrant son œuvre, on comprend pourquoi elle a tant marque une lectrice aussi exigeante que Nicole Bricq.

« Quel étrange sentiment de se pencher sur une époque révolue, comme engloutie de tout son poids de diamant, alors que nous en touchons pas encore à la fin du jour dont elle fut le matin.
La vraie fraternité commande une extrême discrétion. Aucun fardeau ne se soulève sans l'aide du cœur.
Vous saviez clairement que l’arbre donnerait son fruit … » Rene Char

 

Ce sont, bien sur, les victimes de ce terrible conflit que nous célébrons chaque 8 mai, notamment celles de la lutte clandestine menée par ces "soldats interdits", leur résistance est a la source de notre espérance d’aujourd’hui comme elle doit alimenter celle que nous portons en demain.

Mais en ce jour’ nous célébrons également l'espérance ...

 

 

 

 

 

 

 

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Honorer le passé, ce n’est pas uniquement vouloir s’en souvenir pour ne pas oublier, c’est aussi et surtout prévenir pour mieux construire l’avenir. Il faut remercier toutes les énergies rassemblées qui rendent de telles célébrations républicaines possibles et qui savent y mêler symbolique et jeunes générations.


Notre société Pour s’élever à besoin de fondations solides, et afin de ne pas se transformer en tour de Babel, de valeurs communes partagées.
Liberté, Égalité, Fraternité …  Trois mots simples, lumineux, qui nous rappelent d’où nous venons, qui nous sommes , et sans doute vers où nous allons, encore faut il que ces valeurs soient réellement partagées, ce qui souligne s'il en est la nécessité de les porter collectivement, ensemble …

 

Sur cette terre qui n’arrête pas de tourner et d’avancer sans cesse, cette planète qui nous rappelle que l’heure du monde fini a sonné, le moment est propice aux métamorphoses …

Souvenons nous … Il y a un siècle se terminait la Grande Guerre, suivie vingt années après du dramatique et terrible conflit de 1939 … Combien de morts et de victimes tombés sur le sol européen jusqu’à ce 8 mai 1945 ?
Les valeurs qui triomphaient alors sur notre continent étaient celles de la Haine, de la colère, du ressentiment, de l’égoïsme, de la vengeance … Terreau propice au développement de la peste brune, du nazisme, des nationalismes et de leur cortège de guerre, de douleurs, de malheurs …

Il a fallu depuis, non seulement résister et combattre, mais aussi se relever, renouer, dialoguer, semer, fédérer, construire ensemble une nouvelle Europe… La paix, y compris ici, ne va pas de soi, fragile comme du cristal … N’oublions jamais que derrière les nationalismes exacerbés qui se reveillent aujourd’hui se profilent les guerres de demain.


C’est pourquoi a Trilport nous associons à la cérémonie du 8 mai 1945, la journée de l’Europe, qui tous les 9 mai commémore la déclaration fondatrice de Robert Schuman. Deux dates intimement liées, l’émergence de l’Europe politique n’étant que le fruit des dramatiques guerres du siècle dernier, nourrie du sang de ceux qui sont tombés lors des deux conflits majeurs du XXeme siècle, éclairée par la nécessité pour nos différents peuples de se réconcilier enfin !


Notre héritage n’est précédé d’aucun testament, c’est un flambeau de vie, d’idéaux et de passion, que chaque génération se doit de transmettre, grâce notamment à de telles commémorations …

 L’Europe, celle des citoyens, constitue sans doute un rêve inatteignable, mais si nous n’atteignons pas l'impossible, il nous sert de lanterne pour éclairer notre route commune,

il en va ainsi depuis que l’homme est homme.

 

 

La liberté passe en trombe


« Quel étrange sentiment de se pencher sur une époque révolue, comme engloutie de tout son poids de diamant, alors que nous en touchons pas encore à la fin du jour dont elle fut le matin (…)
Le haut rideau d’épines derrière lequel nous fûmes des acteurs à la langue coupée, acteurs sans identité définie, sans mérite particulier sinon celui de mourir parfois (…) et sans autre preuve tangible de la vie que celle de ce sang répandu qui s’étirait vers l'avenir, ce haut rideau s’est abattu touché par la foudre de la Libération (…)
La vraie fraternité commande une extrême discrétion. Aucun fardeau ne se soulève sans l'aide du cœur. Nous avons pris entre-temps à nous méfier de nos nerfs, à nous entendre avec nos douleurs, à nous supporter, à nous épauler, enfin à nous estimer un peu les uns des autres (…)
Des mots échangés tout bas au lendemain de 1940 s’enfouissaient dans la terre patiente et fertile de la révolte contre l’oppresseur et devenaient progressivement des hommes debout. Miracle de la conscience, de cette sensation de l’évidence qui a nom vérité.
Vous saviez clairement que l’arbre donnerait son fruit, et vous aviez confiance en ceux qui poussaient en peinant à sa maturité, camarades dont vous ne verriez peut-être jamais surgir devant vous la visage fraternel, parce qu’à cet instant vous seriez morts »

 

René Char

 

 

 

 

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