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Eco-citoyenneté - Page 3

  • Une justice et une presse enfin libres

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    d'aprés l'affiche du film "La Haine" de Mathieu Kassovitz.

     

    « Gouverner, c'est maintenir les balances de la justice égales pour tous. »


    Franklin Delano Roosevelt

     

    la preuve par l'exemple ...

  • Budget 2013, gare à « l’effet ciseaux »

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    Le débat d’orientation budgétaire qui précède le vote de chaque budget permet d’informer chaque élu du contexte économique, social, de ses conséquences éventuelles sur la vie de la collectivité et plus précisément de la situation financière de leur commune.
    Ils sont ainsi en capacité de débattre des orientations budgétaires, d’effectuer des propositions utiles à l’élaboration du budget, quitte à proposer une contre programmation et de s’exprimer sur la stratégie de la collectivité à court, moyen ou long terme. Encore faut il qu’ils y travaillent réellement, en laissant de coté le sempiternel "Y'a qu'a faut qu'on" et propose une réelle alternative. 

    Globalement les séquelles de la crise sont toujours perceptibles et les perspectives 2013 encore incertaines, dans la zone euro aucune amélioration n’est réellement envisagée avant le second semestre, c'est dire ... La faute à une forte contraction de l’activité économique : mesures d’assainissement budgétaire initiées, faiblesse de l’investissement des entreprises, baisse du pouvoir d’achat, contraction des exportations et difficultés économiques rencontrées (Grèce, Espagne et Italie). La réduction des déficits recherchée intervient dans un contexte social tendu et contrarie à la fois la reprise de l’emploi comme les politiques publiques en direction des citoyens avec des conséquences sociales souvent douloureuses pour le plus grand nombre.

    En France, le projet de loi de finances fait du redressement budgétaire une priorité absolue, au regard de la situation plus que critique du pays, conséquence directe du bilan calamiteux de la gestion précédente. "Un détail"  que semble oublier une droite revancharde ayant pour le moins la mémoire courte ! Il faut bien que quelqu’un règle la facture, ce que certains de leurs responsables ont l’indécence d’oublier bien trop vite, d'autant que cette dernière est salée ...

    L'objectif des 3% de déficit pour 2013 est abandonné, ce n'est plus un scoop depuis longtemps, pourtant le gouvernement agit toujours pour un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2017. Volonté qui nécessite de renforcer la maîtrise des dépenses publiques, certes, mais un des moyens employés est de faire porter une partie du fardeau aux collectivités : baisse des dotations, poursuite du désengagement de l’Etat excepté certains secteurs jugés prioritaires tels l’Education, la Sécurité et la Justice. Une tendance qui risque fort de se traduire par le transfert de nouvelles charges aux collectivités.

    Celles ci sont en première ligne dans l’effort de redressement initié et ont déjà beaucoup, voir trop donné, avec une  «stabilisation» des dotations de l’Etat pour la 3eme année consécutive qui fait fi à la fois de l'inflation, de l'augmentation des dépenses de personnel et des nouvelles charges que depuis la RGPP elles doivent assumer.
    Les perspectives sont encore plus inquiétantes avec la diminution des dotations de 1,5 milliards d’euros prévue en 2014 et 2015, ce qui inquiète les élus au plus haut point, d’autant que cette baisse de recettes se conjugue au désengagement continu de l’Etat (soutien  aux collectivités, politiques publiques …) et à de nouvelles charges (rythmes scolaires...) imposées aux communes. C'est bien et bel un effet de ciseaux que sont en train de subir de plein fouet les collectivités : baisse des recettes contre augmentation des dépenses. Pour les plus riches, cela va se traduire par une baisse du train de vie, pour les autres, l'heure des choix cornéliens est proche.

    S'il est vrai que la situation financière plus que délicate du pays n'est pas le fait de l'actuel gouvernement, la situation des collectivités doit amener nos dirigeants à réfléchir sur certaines décisions, qui si elles se confirment seront lourdes de conséquences non seulement pour nos villes, mais surtout pour leurs habitants. Le politique national ne doit pas oublier que la commune est en première ligne pour répondre aux urgences, appliquer les réformes et que la situation de nombre d'entre elles risque de devenir précaire d'ici peu.
    D'autant qu'en matière budgétaire, comme souvent ce seront les plus défavorisées qui trinqueront le plus !

    Un exemple parmi tant d’autres celui de Trilport …

     

     

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  • Hetero mais solidaire

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    "Il ne faut pas de tout pour faire un monde.
    Il faut ... du bonheur, et rien d'autre."

     

    Paul Eluard

  • Pour 2013 "transforme ta main !"

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    La longue farandole des vœux est lancée et durera jusqu’à la fin du mois de janvier. Le moral n’y est pas forcément au beau fixe,  bien que les élections nationales ont marqué 2012 et se sont traduites par le retour d'une alternance attendue de beaucoup. Mais ces scrutins ont également révélé le trés mauvais état du pays
    Ni scoop, ni polémique, tous les clignotants, ou presque, sont au rouge et l’heure n’est plus à rechercher les responsables de ce triste bilan, les français ont tranché la question avec leur vote clair.

    Notre énergie doit être consacrée à trouver les solutions qui nous permettront de sortir de cette mauvaise passe, collectivement et surtout rassemblé. Chacun pressent que redresser le cap prendra de nombreux mois, voire quelques années et que des sacrifices s’imposeront à tous, l’heure n’est plus pour les élus ou les décideurs aux promesses inconsidérées ou aux plans sur la comète !

    Ce constat concerne également les collectivités. Pourtant nos concitoyens ont besoin, non de promesses sans lendemain, ils ont déjà donné, mais de réponses trés concrètes. Force est de constater que la seule porte qui leur soit réellement ouverte, y compris pour exprimer leur mal être, est celle de la Mairie.

    Pourtant la situation financière de nos collectivités est de plus en plus tendue. La poursuite du gel des dotations de l’État et la crise immobilière diminuent nos recettes, alors qu'il nous faut répondre aux demandes croissantes de nos concitoyens, aux conséquences des mesures d’économie prises par l’Etat et d’autres partenaires, sans omettre d'investir pour préparer l’avenir. 

    Le coup du mille feuille territorial, je le laisse à d’autres élus, qui oublient généralement de souligner, que nos collectivités sont parmi les mieux gérées et les moins endettées d’Europe. A contrario, notre pays a besoin d’elus disponibles, qui ne cumulent pas les responsabilités entre Paris et leur circonscription, par exemple. Je suis de ces français qui attendent avec impatience la fin d'un cumul des mandats qui n'a que trop duré !

    Lors de mes permanences, beaucoup de demandes remontent, la détresse est de plus en plus présente dans nos communes, le plus souvent du à un accident de la vie : décès, perte d’emploi, ou séparation du couple aux conséquences souvent dramatiques pour les enfants. 

    Comment agir et allermalgré tout de l’avant dans un tel contexte ?

    quadrature du cercle ou non ?

     

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  • Nouveau site, nouveaux usages ...


    site-trilport.jpgDeux évènements étaient prévus ce 21 décembre 2012, le premier déterminant pour chacun d’entre nous, puisqu’il s’agissait ni plus ni moins, de la fin du monde (excepté évidemment à Bugarach), il a fait long feu ce qui ne surprendra personne y compris beaucoup de Mayas et même Elisabeth Tessier, voyante de son état, c’est dire … 

    l’autre insignifiant, la mise en ligne du nouveau site internet de Trilport ; un site de collectivité de plus, certes, mais dont quelques particularités méritent qu’on s’y arrête, ne serait ce que pour expliquer des choix qui peuvent surprendre mais révèlent une évolution des usages dont il faut prendre acte.

    Si à l’origine ce type de site était une vitrine de la ville et des services mis à disposition des habitant, un produit fini et complet somme toute, ce temps est désormais révolu. Chaque site, compte tenu de la concurrence féroce règnant sur le web, mais également du manque de temps, de patience et d’attention que l’internaute dédie désormais à la recherche d’informations, doit apporter une véritable et rapide valeur ajoutée à l’utilisateur sous peine d’être délaissé. Soulignons qu’une mairie est aussi une administration dispensant des services quotidiens aux habitants, dont la nature même et le suivi, nécessitent des échanges fréquents entre administrés et administration, qu’ils soient « physiques » (accueil, rendez vous), ou téléphoniques et donc tributaires de contraintes liées à la disponibilité des personnes ou aux horaires des uns et des autres. Autant de limites dont s’affranchit allègrement  le web … 

    Si auparavant un site internet était un tout qui se suffisait à lui même, le développement des réseaux sociaux et des blogs, font qu’il n’est désormais plus qu’un des composants, certainement central, d’un vrai « éco système ». Un site de collectivité, doit être utile pour être utilisé,  il faut qu’il soit pour cela informatif, facilitateur de citoyenneté grâce aux ressources et services qu’il propose, contribuant ainsi à améliorer concrètement la vie des habitants au quotidien, qu’ils soient à domicile, au travail, ou en déplacement butinant sur leurs tablettes ou leurs Smartphones.

    Autant d’éléments qui ont nourrit la réflexion que nous avons initié, avant de lancer l’élaboration du nouveau site. Précisons, c’est très important à mes yeux, qu’il a été conçu par deux sociétés locales particulièrement innovantes, une web agencie et une  agence en communication qui ont fait preuve d’une totale complémentarité, d’un savoir faire et d’un sens de l’innovation qu’il convient de saluer, mais nous y reviendrons … Notre territoire, mais ce n’est pas un scoop, recèle d’une infinité de talents et ce n’est pas l’élu local que je suis qui s’en plaindra !

     

    Abordons les particularités du site que nous pouvons considérer comme révélatrices d’évolutions en cours …

     

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  • Un festival du vent, bien nommé ...

    mini-calvi-1.jpgL’approche des fêtes de Noel ou bien celle de la fin du Monde (chacun son choix) m’incite à mettre ce blog à jour, d’autant que j'ai oublié de publier la  note écrite sur un événement auquel j’ai eu l’honneur de participer début novembre à Calvi, le 21 eme Festival du vent (ou festiventu,  « Courants d’art et inspirations écolos »).

    L'édition 2012 a fait honneur à son nom, au regard de la violence de la tempête qui s’était abattue sur l’ïle de Beauté, le vent était bien au rendez vous, au grand dam des organisateurs, des compagnies aériennes comme de leurs passagers. L’atterrissage sur Bastia a constitué un grand moment d’émotion et d'anthologie tant l'avion a tangué et c'est fait chahuté dans les cieux avant de se poser. Des sensations fortes dignes des plus terrifiantes attractions de Dysneyworld !

    De Dysney le festiventu est pourtant à des années lumière, fort heureusement d'ailleurs ! Créé il y a plus de vingt ans par Serge Orru [l’ancien directeur général du WWF France] son concept est à la fois original et simple : provoquer à Calvi durant l'arrière-saison touristique, des rencontres mêlant personnalités venues de tous les horizons (artistes, sportifs, humanitaires, écologistes, scientifiques, journalistes ...) et des manifestations artistiques ayant pour thématique centrale, l’écologie.
    Force est de constater que le coktail a fonctionné, ce qui est certainement la conséquence de la qualité de ses racines environnementales, durables et profondes comme à celle  de son terreau, la fertile terre de Balagne.

    Un succés jamais démenti depuis, du à la qualité de l’organisation, bon enfant mais efficace, et à  l’engagement des 600 bénévoles qui animent la manifestation et font vibrer les 40.000 festivaliers qui s’y rendent chaque année. Il faut y ajouter également d'autres paramètres comme celui de la magie des lieux, des participants et des instants rares qu'une telle alchimie provoque ... Une chanson en est né, "la ballade de chez Tao" d'Higelin ...
    De nombreux  artistes ou intellectuels français et étrangers s’y donnent rendez vous chaque année, histoire de partager quelques jours de cette ambiance particulière, attachante et unique. Si malheureusement le cru 2012, du fait des éléments déchainés, n’a pas eu le succès populaire habituel, la qualité a été fidèle à la tradition, avec la présence de deux invités vedettes : Yann Arthus-Bertrand et Pierre Rabhi. 

    Revenons sur cette 21 eme édition et trois belles rencontres que j’ai eu le plaisir d'y faire …

    François, Yann, Pierre et les autres, tous les autres ...

     
     

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  • Parrainage républicain, 6 ans après, enfin ...

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    Nous avons fêté ce samedi avec beaucoup de joie mais aussi d'émotion, la régularisation de la famille B. pour laquelle j'avais écrit un billet en 2006 ... A sa relecture, je me souviens et m'indigne encore plus  ...

    Je me souviens, c’était un lundi d’octobre 2006, le 23 plus exactement; ce soir là, nous avions avec le Bureau Municipal et des élus de toutes sensibilités, "franchit le Rubicon" selon la Préfecture d’alors, en célébrant tout simplement, et en conscience, un "Parrainage Républicain" pour une famille de Trilportais tout à fait intégrée, menacée, du jour au lendemain, d'expulsion. 

    L'élu que je suis est plutôt connu pour faire avancer ses dossiers sans exposition médiatique superflue et excessive, notamment et surtout quand ils concernent des personnes, c'est dire qu'avant cette cérémonie, des démarches nous en avons fait, cependant force est de constater que lorsque il n’y a plus d’issue ou de marge de négociation possible, les médias peuvent être un outil efficace, souvent ultime et désespérée !

    Outil peut être, mais surtout pas une fin. Il est quelquefois facile d’endosser de manière éphémère l’habit du super héros en surfant sur la détresse humaine ou l'indignation légitime et immédiate, puis lorsque les feux de l'actualité sont passés, laisser faire, oublier d'agir ou de réparer les dégâts causés ... Certains s'en sont fait une spécialité, presqu'un fonds de commerce ...

    Mais peut on laisser commettre en France, la patrie des droits de l’homme et contre tous les principes que nous ont inculqué notre famille et notre éducation, une injustice manifeste ?

    Est il concevable qu’en France aujourd'hui, deux familles aux liens de parenté évidents (les épouses sont sœurs), arrivés le même jour dans notre pays, dans le même avion de surcroit, sont pour l’une, régularisée puis naturalisée car vivant dans un département voisin, pour l'autre menacée d'expulsion pour la simple raison qu’elle a le malheur d’habiter en Seine et Marne ?

    D’autant que cette famille, absolument sans histoires, loue son logement, paye charges et impôts; le père détenteur d'une carte vitale, cotise à une mutuelle complémentaire, son employeur lui propose même un CDI; la  fille de 11 ans scolarisée depuis son arrivée en France en janvier 2003 est bien intégrée, fréquente diverses associations locales et son frère, âgé de 2 ans et demi, né en France, est inscrit en classe maternelle. C'est dire son intégration !

    Comment expliquer une telle différence de traitement dans notre république, selon la lecture et l'interprétation qu'un haut fonctionnaire fait d'une même circulaire ?

    Qu'en penser ?

     

     

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  • Carte postale de Berlin (2/2) : de la commune

    Berlin_1.jpgAprès avoir décrit l’organisation territoriale allemande de manière globale, (cf note précédente), je vous propose d’analyser la collectivité de base du système, la commune, quoi de plus normal pour le Maire que je suis  !

    Remarque préalable, les situations divergent considérablement d’un land à l’autre ; entre ceux du nord marqués par la tradition prussienne privilégiant l’autonomie communale, et ceux du sud (Bavière, Bade-Wurtemberg…) plus centralisateurs, bien des nuances existent. La loi fondamentale permet à chaque land de déterminer son système d’administration territoriale.
    Cependant les collectivités sont sous la tutelle des länder, qui décident des compétences attribuées aux communes et aux districts (ou « Kreise »), l’équivalent de nos départements, qui ont en charge les routes, l'aménagement du territoire, l'action sociale, la jeunesse, les hôpitaux, l'enseignement secondaire, les ordures ménagères … Ce sont les länder, qui attribuent les dotations financières ou valident les budgets.
    Obligation, les budgets des collectivités doivent être équilibré en fonctionnement et l’emprunt n’est autorisé que pour investir ou alimenter sa trésorerie, mais contrairement à la France ou ce principe est respecté, outre Rhin il est surtout théorique, les communes utilisant leurs crédits de trésorerie, à court terme, comme des emprunts à moyen et long terme, les länder ayant « laisser-faire » ce dérapage. Conséquence, l’endettement atteint désormais un seuil critique  (130 milliards d’euros de dette), une situation paradoxale, vu la santé de l’économie du pays et le dogmatisme budgétaire pour le moins «intransigeant» dont fait preuve la Chancelière.

    Les collectivités allemandes sont à des années lumière de la règle d’or, pourtant respectée avec application par les communes françaises. En Nord Westphalie, seules 10% des communes ont un budget équilibré en 2011. Une étude du cabinet d'audit Ernst & Young publiée ces derniers jours noircit ce tableau déjà sombre. Une commune allemande sur deux estime que son endettement va se creuser dans les trois prochaines années, et une sur trois qu'elle ne sera pas en capacité de rembourser ses emprunts. 

    Un surendettement qui constitue une bombe à retardement, tant une brusque augmentation des taux ou une baisse de la croissance du pays peut avoir de graves conséquences. D’autres clignotants sont également au rouge dont celui de la croissance démographique, en berne. Menace très sérieuse pour les prochaines décennies, à laquelle il faut ajouter la hausse continue des dépenses sociales et les besoins d'entretenir et de développer les infrastructure du pays. Devant la gravité de la situation, l’Etat a lancé un « Agenda 2020 » en explorant diverses pistes de réforme (fiscalité, répartition des compétences).

    Les données quantitatives  2011 de cette note sont issues principalement de l’intervention de Roland Schaffer, Maire de la ville de Bergkamen, et Président de l’Association des villes et municipalités allemands « petites et moyennes communes d’Allemagne » (« Deutscher Städte- und Gemeindebund ») devant notre délégation. Il était déjà intervenu à Castelnaudary en septembre dernier lors des assises des Petites Villes de France.
    Son organisation est une des trois associations de collectivités du pays avec celle des « grandes villes » (« Deutsche Städtetag ») et des « départements » (« Deutscher Landkreistag »). Il s'est exprimé dans un français remarquable. Pour l’anecdote, il décrit sa relation avec notre langue, passionnée, comme celle avec sa femme «  je l’aime mais ne la maitrise pas … », ce qui est excessif, vu la qualité de l'intervention …

    Penchons nous sur les spécificités de la gouvernance des communes allemandes et les problèmes qu’elles rencontrent aujourd’hui … 

    Attention cette note est du genre ... dense et longue, mais le sujet s'y prête !

     

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  • Carte postale de Berlin : "du territoire" (1/2)

    bundestag.jpgJ’ai participé avec une délégation de Maires Seine et Marnais à un voyage d'études à Berlin destiné à observer de plus prés l’organisation territoriale du pays, thématique très en vogue actuellement (cf note précédente). Cette visite riche en enseignements a permis de confronter certaines idées reçues sur les avantages pré supposés du «modèle allemand» au principe de réalité, et de mieux comprendre les particularités de nos villes jumelées (pour Trilport, Engen). 


    Une visite placée également sous le signe de l’amitié franco allemande dont nous célébrerons d’ici quelques semaines le 50 ème anniversaire. C’est en effet le 21 janvier 1963 que Konrad Adenauer et Charles de Gaulle ont signé le traité de l’Elysée,  véritable point de départ de l'histoire d’amitié entre nos deux pays qui, malgré quelques turbulences conjoncturelles, se poursuit.
    Comment ne pas évoquer l’émotion qui m’a étreint lorsque j’ai longé des vestiges du Mur de Berlin ou lors de notre visite au stade olympique de Berlin devant la cloche des jeux olympiques de 1936, de sinistre mémoire, où les ombres d'Hitler, de Goebbels se confondaient avec celle beaucoup plus sympathique de Jesse Owens.

    Suite à ce séjour, une réflexion d’ordre général s’impose. Il apparaît délicat de dissocier et de déconnecter l’organisation territoriale d’un pays de son histoire, tant elle en est la résultante. Cependant l’histoire par définition n’est pas figée, elle évolue au gré des évènements ou des circonstances et rappellons que nous avons désormais une histoire commune à écrire, celle de l’Europe.

    Nous avons été accueilli par Roland Schäfer, Président de l’Association des villes et municipalités allemands (petites et moyennes communes d’Allemagne ou Deutscher Städte- und Gemeindebund) et par une délégation de trois députés du Bundestag (CDU, SPD, LINKE) membres du groupe d’amitié franco allemand. Nous avons pu ainsi disposer de deux points de vue différents : l'un issue du représentant des communes, l'autre de ceux du parlement, nous avons pu ainsi toucher du doigt certaines problématiques ou conflits d'intérêt.
    Nous reviendrons dans une prochaine note sur la situation budgétaire des communes allemandes, pour le moins contrastée, la règle d’or n’étant semble t’il pas la règle la mieux respectée par les collectivités d’outre Rhin, mais avant d'aborder  l'aspect budgétaire :

    Quid de ce "mille feuille territorial" dénoncé par certains politiques ou médias nationaux,  est il réellement une spécificité franco française ? …

     

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  • Des Etats Généraux pour la Démocratie Territoriale

    petite photo fh sorbonne 2.jpgLes États généraux de la démocratie territoriale auxquels j’ai participé sont une initiative de Jean Pierre Bel le nouveau Président du Sénat qui dés son élection au perchoir de « l’assemblée des collectivités territoriales de la République » (selon la formule constitutionnelle) a tenu à lancer cette large concertation. Objectif, permettre aux élus, jusque là exclus de tout dialogue avec l’Etat et considérés comme de simples "sous traitants" par le précédent gouvernement, et encore, de s’inviter au débat, prendre position et avancer leurs propositions sur l’organisation territoriale du pays et le sens de l’action publique. 

    Depuis les lois de décentralisation de 1982 dont nous fêtons le 30eme anniversaire, l’action publique est la résultante de deux forces : les collectivités territoriales et l’Etat. Force est de constater, ce blog s’en est souvent fait l’écho, que nos concitoyens méritent que ces deux acteurs incontorunables travaillent en complémentarité et en harmonie plutôt qu’en opposition. La démocratie territoriale doit reposer avant tout sur la confiance.

    Le climat de défiance, voir de méfiance entre Etat et collectivités qui prévalait jusque là (merci les anathèmes contre les élus inutiles, trop nombreux et dispensieux !),  s’est révélé plus que contre productif pour le pays. Nous devons aboutir, tel nos voisins, à  un partenariat responsable, c'est le sens de l'intervention que j’ai fait dans l’hémicycle de la haute assemblée durant un atelier auquel j'ai participé : les élus ont besoin aujourd’hui plus que jamais, de lisibilité, de stabilité, de sérénité, pour mener à bon port, malgré le vent mauvais qui menace, leur collectivité. Plus le bateau tangue quand la tempête fait rage, plus les pilotes ont besoin de signaux clairs pour tenir le cap et éviter les récifs ou les hauts fonds !

    Ces deux journées ont constitué un moment de respiration républicaine opportun, permettant au débat de sortir de la tarte à crème du «millefeuille territorial», qui s’apparente plus à un mauvais procès non dénué d’arrière pensée politique qu'à une réalité concrète, le problème n'est surement pas à ce niveau, des proches de Marylise Lebranchu indique que "Ce n'est pas un problème de couches dans le mille-feuille, mais de qualité de la crème qui se trouve à l'intérieur ... ", car l'important est bien la qualité de l'action menée auprés de nos concitoyens ou du pays.
    Le contexte économique et social impose évidemment une nécessaire adaptation, mais intelligente, basée sur l'efficacité, la complémentarité ou l'agilité plutôt que sur la désertion des territoires et l'abandon des solidarités. La mutation à entreprendre, profonde, appelle certainement de nouveaux modes d’organisation de l’action publique (rhyzomes, réseau …) mais doit s’appuyer avant tout sur les faiblesses, potentialités et forces des territoires, leur réalité quotidienne, en ce domaine plus qu'en tout autre il faut nécessairement contextualiser !
    Les guerres de tranchées dogmatiques et idéologiques, ou fusent anathèmes, slogans réducteurs, provocations inutiles, sont inutiles et dépassées. Supprimer les départements vu de Neuilly sur Seine, peut aller de source pour ceux qui ont peu besoin de prestations sociales, mais vu de la Creuse, de Corrèze ou même de Seine et Marne est une autre affaire.

    Quelques vérités s’imposent afin d'apporter un peu de rationnalité et de sérénité … Les collectivités assurent plus de 70 % des investissements public et contribuent ainsi à soutenir l’activité de secteurs pourvoyeurs d’emplois, peu délocalisables, tel le bâtiment ou les travaux publics mais aussi les services quotidiens à nos concitoyens de toutes les générations (aide à la personne, petite enfance, périscolaire ...). Le maintien de leur capacité d’investissement mais également d’action est un enjeu déterminant pour notre économie et la cohésion sociale du pays, la relance de la croissance passe également par les collectivités.

    Leur endettement est limité et ne concerne que l’investissement productif, non le fonctionnement, comme l’Etat, le gouvernement précédent était pour le moins mal placé pour faire la leçon lorsque l'on connait son bilan !
    Par rapport aux pays voisins (dont l’Allemagne), la santé financière des collectivités françaises est bonne, saine, et maitrisée, surtout au niveau des déficits et des dettes, et en tout cas bien meilleure qu’il y a 20 ans (Angoulême, Briançon …). Contrairement aux collectivités allemandes dont les revenus dépendent des résultats des entreprises ou à la fonction hospitalière, aucune n'est aujourd'hui en cessation de paiement.

    Pourtant  il faut faire des efforts et rendre l’action publique toujours plus efficiente. Les économies structurelles passent par un diagnostic partagé, une analyse descriptive, prospective puis enfin stratégique; tout l'inverse d'une RGPP venant du haut vers le bas, exclusivement comptable et ne comprenant aucune analyse des conséquences des décisions prises sur le moyen et le long terme. 
    Economiser oui, n’importe comment, certainement pas ! Le dernier rapport de la Cour des comptes est sur ce point révélateur, il faut agir avec méthode, intelligence. Associer à la réflexion les acteurs de l’action publique aurait été sans doute plus efficace !

    En 1981 François Mitterrand déclarait

    « La France a eu besoin d’un pouvoir fort et centralisé pour se faire. Elle a aujourd’hui besoin d’un pouvoir décentralisé pour ne pas se défaire »

    Les faits lui ont donné raisons. Mais un des problèmes que nous devons surmonter en initiant cette nouvelle phase de la décentralisation, est que notre pays, ne dispose plus de marges de manœuvre (voir note précédente) vu le triste bilan de l'équipe gouvernementale précédente.
    Nous devons nous réformer, mais sous la contrainte financière, contrairement aux années 80,

    c’est également ce qu’est venu dire aux élus François Hollande …

     

     

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  • Notre contribution à la démarche "éco quartier"

    ancre-de-lune.jpgCe blog suit la progression de l’éco quartier de l’Ancre de lune (voir note précédente) dont nous vous rendons régulièrement compte. Nous en sommes désormais à l’analyse des propositions des quatre sociétés d’aménagement qui ont postulé et d’ici quelques semaines le nom de l’aménageur sélectionné sera connu, nous aurons l’occasion d’y revenir d’ici là …

    Pour nous, un éco quartier se doit de respecter une exigence absolue : limiter les émissions de Gaz à Effet de Serre, tant au niveau du bâti, des mobilités, que des usages de ses habitants ou usagers, mais doit également apporter des réponses concrètes aux besoins sociaux du territoire.
    Il faut souligner que tout quartier est par nature multidimensionnel : espace géographique connecté à des proximités territoriales, espace social, culturel, historique ou économique, mais qu'il constitue surtout un espace vécu, la dimension des usages revêt donc une importance essentielle !

    Ce serait une grave erreur de considérer un éco quartier comme un "objet" figé ou duplicable à l'infini. Pour privilégier la voie de la sobriété énergétique (tant au niveau du bâti, des mobilités que des usages), il se doit d'intégrer le contexte environnant, les contraintes ou potentialités locales, le besoin d’adaptabilité de la ville, sa capacité à respirer, évoluer, fonctionner et se régénérer (métabolisme urbain), ce qui impose de ne pas le réduire à une simple opération urbaine et à ne pas faire abstraction de sa dimension sociale qui en constitue par nature le socle incontournable.

    Une des finalités assigné à  l'Ancre de lune depuis son origine, est de « rétro agir» sur son territoire, si ce projet  constitue un lieu de diffusion et d’innovation, tant sociale qu’environnementale, il n'est surtout pas un périmètre d’exception.
    L'Ancre de lune Notre éco doit essaimer les ferments de la Ville Durable, tant ce morceau de ville ne peut être isolé ou déconnecté du territoire dans lequel il se développe. C’est avec cette volonté que le site internet de l’Ancre de lune inauguré en juillet dernier a été conçu : cette « vitrine » présentant les particularités de la démarche initiée, joue le rôle également d’une « boite noire » informant acteurs ou habitants de l’évolution de cette aventure collective et constitue une banque de ressources qui permet de partager les avancées ou innovations expérimentées.

    Le travail réalisé depuis le lancement de l’initiative, l’originalité de la démarche initiée qui repose sur  une expertise plurielle et pluri disciplinaire, grâce au réseau de partenariats constitué, et intégre acteurs  et habitants, a non seulement intéressé la Région, mais également le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie.
    Trilport est un des 14 sites nationaux sélectionnés pour tester le futur label Eco Quartier,  et le Bureau de l'aménagement opérationnel durable (AD4) du Ministère, pilote national de la démarche éco quartier  lui a consacré sa dernière lettre mensuelle !

    Il nous a semblé important que l’énergie dépensée, le travail capitalisé, les innovations expérimentées et progrès réalisés essaiment, tant ils constituent des pratiques urbaines dignes d’intérêt, innovantes, respectueuses des hommes, de la biodiversité et de l’environnement.
    C’est une des raisons qui nous a mené avec des partenaires tel le CAUE 77 ou le CETE Ile de France a mené une réflexion collective qui a aboutit à l’élaboration du "référentiel durable" de l’Ancre de lune (disponible sur le site en téléchargement), réflexion intégrant la nécessité de se positionner sur différentes temporalités, dont celle du temps long, ce qui passe nécessairement par une pérennisation des usages, tant cette démarche particulière se doit de proposer aux habitants ou usagers des perspectives afin de leur permettre de se projeter dans un futur proche, est de devenir ainsi un véritable espace de projet. 

    Mais un référentiel durable, pourquoi faire ?

     

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  • 14 juillet 2012, sous le signe de l’unité nationale


    Le_serment_de_La_Fayette_a_la_fete_de_la_Federation_14_July_1790_French_School_18th_century.jpg


    Une célébration marquée de ce coté ci du pays, son coté « nord », par une météo capricieuse. Notons avec plaisir cependant que la pluie a respecté une trêve bienvenue à Paris (pas d’effet « rain man » ce coup ci) et Trilport durant les cérémonies, ce qu'ont apprécié tous les participants à ces festivités.

    Un 14 juillet particulier intervenant après une année électorale marquée de deux élections nationales majeures qui ont divisé les français, arrivant à point nommé pour permettre à chacun de se réunir autour de valeurs communes dépassant les clivages politiques.

    Signalons que la volonté d’unité nationale est à l’origine de cette célébration républicaine, puisque la toute première cérémonie remonte à 1790, année durant laquelle la Commune de Paris, sous l'impulsion de Lafayette (illustration), invite les représentants des fédérations venant de toutes les provinces du pays, un 14 juillet pour célébrer la prise de la Bastille un an auparavant, et de défiler sur le Champ de Mars devant le roi. L’intention à l’époque de « refonder l’unité nationale » et de réconcilier les français paraît louable, mais chacun sait ce qu’il advint par la suite.

    Le désordre tumultueux que va connaître ensuite le pays fait rapidement tomber dans l’oubli cette célébration, qui n’est reprise qu’en 1880, sous la IIIe République. Là encore, il s’agit de réconcilier le pays avec lui même, après les terribles ravages de la Commune et ses 30 000 morts, véritable et dramatique guerre civile. Du coup, on ne lésine pas sur les symboles républicains : La Marseillaise devient hymne officiel et le 14 juillet fête nationale, mais en fait c’est 1790 que l’on célèbre, la fête de la Fédération, et non la prise de la Bastille de 1789, du fait du sang versé lors de cette journée plus sanglante qu'il n'y semble.

     

    Mais pourquoi un tel souci d’unité nationale aujourd’hui ?


     

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  • L’Ancre de lune lève l’ancre …

    mini-pres-referentiel-4-j2m.jpgL’éco quartier de l’Ancre de lune lève l’ancre, ou du moins il commence à se dévoiler avec le lancement de son site internet : www.lancredelune.fr.

    Nous avons organisé à l’occasion du lancement du site internet de l'éco quartier, un moment de convivialité afin de remercier les partenaires qui nous accompagnent depuis le début de notre projet, dans ce que nous pouvons désormais appeler une véritable aventure.
    Nous avons également profité de l'occasion pour présenter dans le même temps le «référentiel durable » élaboré avec la collaboration étroite du CAUE 77 et du CETE Ile de France, sur lequel nous aurons l'occasion de revenir tant ce travail mérite qu'on s'y intéresse. Etait également convié à cette manifestation, 
    les quatre aménageurs ayant postulé à l'appel d'offres afin de leur présenter en avant première l'ambition d'un projet, quelque peu hors norme.

    Avant d’être un simple projet d’aménagement urbain, l’Ancre de lune est une aventure humaine au service du lien social de proximité, qui témoigne d’une prise de conscience collective de la responsabilité de l’homme envers son environnement mais aussi envers son territoire et les besoins qu’il abrite. Notre volonté est de faire de ce morceau de ville et de vie, non un territoire d’exception, mais une terre de diffusion et de partage, ayant la capacité non seulement de rétroagir sur la ville, mais qui soit « en résonnance » avec son, ou plutôt ses territoires.

    Remarque préalable, cette aventure ne peut être que collective et partagée, tant la réalité du terrain impose toute sa complexité. Une ville ne peut être considérée comme un objet fini, mais résulte d’une alchimie mêlant histoire, géographie, morphologie urbaine, environnement naturel ou culturel,  politique (grande ou petite), habitudes et usages … Tout s’entremêle et interagit …

    Par essence, un quartier est un condensé de vie, collective et sociale, qui respire, se développe, évolue, mute, se régénère, et obéit aux règles complexes d'un véritable  «métabolisme urbain». Un quartier est également par nature multidimensionnel : espace géographique, culturel, historique, économique, mais surtout, espace vécu et lié ou relié (connecté ?) à des réseaux de proximité, qu'elles soient sociales ou spatiales.*
    Il doit pour exister encore demain, proposer de véritables perspectives à ses habitants afin de leur permettre de se projeter dans un futur proche et de devenir ainsi un véritable espace de projet.

    Par définition, un éco quartier ne peut être considéré comme un objet figé, s’il privilégie la voie de la sobriété énergétique, que ce soit  au niveau du bâti, des mobilités ou de ses usages, il doit également intégrer le besoin d’adaptabilité de la ville et faciliter ainsi sa capacité à « respirer », fonctionner ou se régénérer; ce qui impose de ne pas faire abstraction de ses dimensions humaine et sociale qui en constituent par nature le socle incontournable.

    C’est tout cela que nous voulons restituer, avec le site lancredelune.Fr et actualisé au fil du temps qui file …

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  • L'énergie des "Djeunes" créateurs ...

    261154_246556832126513_2694231_n.jpgCe week end à Trilport, les jeunes créateurs étaient à l’honneur, avec la 6eme édition du "JE.T.T" (ou JEunes Talents de Trilport). Une manifestation qui a trouvé sa juste place et suscite beaucoup d’intérêt auprès des créateurs locaux comme de ses visiteurs. Un succès contagieux, cette formule s'étant depuis déclinées en d’autres lieux, ce dont il faut se réjouir, la culture n’ayant pas de frontière.

    Le concept initial est des plus simple : offrir un espace d’exposition à de jeunes créateurs et mettre en valeur un parrain, artiste confirmé dans sa pratique et impliqué sur le territoire. Une 6eme édition qui atteint cette année une nouvelle dimension, avec la réalisation d’une grande fresque et l’organisation d’un concert ouvert aux groupes locaux de musique rock.

    Le potentiel créatif de ces jeunes talents (graphistes, vidéastes, musiciens) s'est exprimé avec force, quelque soit les techniques employées, ou la démarche artistique initiée.

    Le parrain de l’édition 2012 est pour la première fois un dessinateur et auteur de BD, Albert qui rejoint le cortège des parrains des éditions précédentes : Vera DORRER, Caroline PINET, François THION, Yves BELIN, Yann MATTHIAS. La bande dessinée, véritable art majeur, vecteur d‘émotion, d’esthétisme, de chaleur humaine mais aussi de dérision a passionné les nombreux visiteurs, interpellés par les oeuvres présentées.

    Si ce territoire est riche de son patrimoine naturel et historique, il l’est aussi et surtout du potentiel créatif de ses nombreux habitants, notamment de ses jeunes, qu’il suffit de dévoiler pour qu’il s’épanouisse ou se révèle, c'est une des grandes qualités de tels évènements ...

    Et que ce soit en graphisme ou en musique, car il est bon de revenir sur les jeunes talents invités pour cette édition ... 

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  • Nicole Bricq, "the right woman at the right place"

    1702336_5_743f_nicole-bricq-le-14-mai-a-paris-deux-jours_4cd75d9083d54ea2140fa458319856a6.jpgLe choix de Nicole Bricq comme Ministre de l’Environnement est une excellente nouvelle, pour la politique en général, tant elle fait honneur à l’engagement public et citoyen, qu’à l’Environnement.
    Si beaucoup s’attendait à la voir entrer au gouvernement, c’est plutôt en qualité de Ministre du Budget, dont elle est devenue une spécialiste reconnue. Première femme à occuper la fonction parlementaire de Rapporteure général du Budget, ses interventions étaient redoutées de tous les ministres, ce n’est pas Valérie Pécresse qui me démentira, tant elle s’est fait remuer "grave" par cette grande parlementaire lors de séances mémorables au Sénat.

    Si ce blog s'est souvent fait l'écho de son activité de parlementaire au service des territoires et des collectivités, c'est du fait de son travail inlassable, tant à la haute assemblée que sur le terrain et dans des domaines trés divers. Une présence et un soutien qui ne nous ont jamais fait défaut.

    Mais Nicole Bricq est également une authentique spécialiste du Développement Durable, qui si elle ne pratique pas le « green washing » et n’appartient pas au club des écolos "addicts aux médias", maitrise toute la problématique de ce domaine, notamment d'un volet souvent sous estimé car quelque peu rébarbatif, mais pourtant essentiel, celui de la fiscalité écologique, car c’est bien là que souvent tout se joue.
    Nicole c’est du lourd, voir du très lourd : une détermination sans faille, une grande capacité d’écoute et une puissance de travail incroyable; elle dispose également comme atouts de ses compétences dans la maitrise des outils économiques financiers fiscaux et budgétaires et une très bonne connaissance des différents acteurs du monde de l’écologie, qu’ils soient associatifs, publics ou industriels, et de leurs logiques respectives face à l'enjeu environnemental.
    Pierre Radanne (Expert environnemental, Président de l’association 4D et ancien président de l’ADEME) apprécie cette nomination «il n’y avait pas dix personnes capables de prendre un tel  poste ! ", pour lui incontestablement Nicole est dans le lot.
    Sentiment partagé par les spécialistes de ces questions. José Bové que j’ai rencontré la veille de la constitution du gouvernement Ayraud (à l’occasion des législatives dans la 6eme circonsription de Seine et Marne) en est persuadé également, à l'occasion il a souligné le rôle de Nicole dans la mobilisation contre l’exploration des gaz de schistes, et la qualité de son travail parlementaire dont sa proposition de loi sur l'exploitation des gaz de schiste est l'illustration.

    Une nomination qui atteste que l’environnement constitue un axe déterminant de la politique de François Hollande et Jean Marc Ayraud. Avoir confié ce poste non à un(e) responsable verte mais à une socialiste, principale animatrice du Pôle écologique du PS et Rapporteur Général du Budget de surcroit, indique clairement l’importance que le dossier de la transition énergétique aura dans le dispositif gouvernemental et sa politique économique et budgétaire.
     
    tant ce domaine est stratégique a bien des égards …
     
     

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  • Pourquoi lier les célébrations du 8 et du 9 mai ?

    h-4-2068467-1273510558.jpgChaque année dans toutes les villes de France, le 8 mai, nous célébrons la fin de la 2eme guerre mondiale et de l'horreur nazie. Il est bon de se souvenir que le nazisme est né d’une victoire mal assumée par des vainqueurs trop dominateurs, de l'humiliation de tout un peuple et d'un pays vaincu, qu'il s’est développé au fil d’une crise économique, sociale et politique profonde et que cette idéologie a prospéré non seulement sur un nationalisme exacerbé, et le repli des peuples sur eux mêmes mais aussi sur la recherche de boucs émissaires.

    Plus qu’une guerre, cette victoire a mis fin à une tragédie et une abomination …

    Personne ne doit oublier les camps de concentration, le port de l’étoile jaune, la Shoah, la solution finale, tous ces morts, civils et militaires, qu’ils soient allemands, anglais, américains, russes, français, de la métropole ou des colonies d’Afrique du Nord, d’Asie, d’Afrique, tout ce sang versé et mélé …
    La culture, religion, race, langue ou couleur de peau même de chacun de ces morts était sans doute différente, mais un idéal commun les animait : terrasser l’ignominie nazie afin que règne la liberté des pays, des hommes  et des consciences… 

    Célébrer cette tragédie et ce sacrifice commun est un devoir de mémoire incontournable tant nous sommes redevables de ce combat pour un monde meilleur. Sans toutes ces volontés, tous ces sacrifices notre présent serait aujourd'hui sans aucun doute différent …
    C'est une obligation morale que de transmettre aux générations futures, non seulement toute la symbolique d'une telle journée, mais aussi et surtout le souvenir de toutes ces horreurs vécues et subies. 
    Pourtant, il me semble bon de lier la commémoration du 8 mai à celle du 9 mai, jour de l’Europe, tant nous devons paradoxalement, la lente émergence de l’Europe politique à la nécessité absolue de nos peuples de se réconcilier afin de tirer toutes les leçons d'un passé tumultueux dont celui des deux dernières guerres mondiales …

    Une filiation directe, lié à tout ce sang versé durant les siècles écoulées dans tous nos pays. Filiation que François Mitterand a souligné dans un de ces tout derniers discours …

     

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  • Les agro carburants épinglés

    hausse impots cour des comptes rapport.jpgUn rapport récent de la Cour des Comptes vient confirmer les réserves que j’avais exprimé dans mes précédentes notes consacrées à la filière  agro carburant (agro carburant plutôt que Bio carburant, les bio carburants sont ils écolos).

    Mais avant d’aller plus loin et afin de dissiper tout éventuel malentendu, je veux insister sur l’intérêt, la nécessité même, de trouver de nouveaux débouchés à l’activité agricole. Les champs de nos campagnes constituent un gisement potentiel considérable d’activités et d’emplois à développer, en termes de production alimentaire, mais pas seulement.
    Au regard de la croissance démographique en cours et des 9 milliards d’habitants que notre planète abritera en 2050, chacun mesure l’importance de sauvegarder une agriculture performante, productive, qui soit également respectueuse du cycle des saisons comme de la biodiversité.

    Les espaces agricoles sont aujourd’hui victimes de différents types d’agression qui les fragilisent et menacent leur existence (consommation foncière , fragmentation, mitage, les pollutions  …), ils ne seront d’autant plus aptes à se défendre qu’ils constitueront un enjeu stratégique et économique pour le territoire. Toute la question de leur maintien dépend de cette réalité économique.  

    Mais je ne pense pas que le développement des agro carburants soit la bonne réponse, contrairement à l’émergence de filières locales dédiées, notamment, aux éco matériaux (j’y reviendrais dans une prochaine note).

     

    Pourquoi autant de réserves sur les agro carburants ?

     

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  • Genése d’une Appellation d’Origine Contrôlée

    corto-ville-lune.jpgTout porteur de projet d’aménagement, qui s'implique réellement dans ce dernier, connaît le même dilemme ... Quel nom ou dénomination attribuer à un morceau de ville et de vie dans lequel s’épanouiront des générations d’habitants ou d’usagers ?

    C’est de fait une responsabilité très particulière.

    Une ville ne peut pas être considérée comme un objet fini, mais bien comme le produit d’une véritable alchimie, toujours en cours, qui mêle tout à la fois histoire, géographie, culture, morphologie urbaine, environnement naturel, usages et imaginaire … Le tout s’entremêle et interagit …

    Si par essence, un quartier est un condensé d’histoire et de vie collective et sociale, il respire et vit au quotidien, évolue, mute, se développe, se régénère quelquefois …

     

    On ne dessine pas une ville, tel un objet fini, (cf le « dessine moi  … une ville » du Petit Prince au renard), on en représente plutôt le ressenti, reflet d’une histoire commune et partagée ou non, à un moment présent, éphémère, et pour tout dire intemporel.

    Le projet d’éco quartier qui nous anime (voir billet du blog), possède entre autres particularités, une implication forte de ses acteurs et une volonté effective et assumée de rétro agir vers le territoire.

    Avant d’être un projet urbain, cet éco quartier est déjà avant tout et surtout une aventure humaine collective, au service du lien social de proximité, témoignant également d’une réelle prise de conscience de la responsabilité particulière de l’homme envers son environnement.
    Nous aurons l'occasion d'en reparler en 2012 dans ce blog, tant les choses ont évolué depuis ces derniers mois.

    Les valeurs portées par ce projet sont tournées vers l’humain (habitat, liens sociaux et multi générationnels) avec une aspiration à atteindre une meilleure qualité du vivre ensemble dans un environnement plus harmonieux.

     

    Alors quel nom justement pour cet Eco quartier ?

     

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  • Semprun, « rouge espagnol de l’armée en déroute »

    semprun.jpgJorge Semprun est mort à l'âge de 87 ans, il a été inhumé en Seine-et-Marne, le 7 juin 2011 revêtu du drapeau républicain espagnol", rouge, jaune, violet …
    Sa vie a été plus qu’un roman, tant elle était improbable, de sa naissance à sa mort il a participé à tous les bouleversements et soubresauts traversés par nos pays le siècle dernier … Il a eu plusieurs vies ...

    Ce fils de diplomate a été successivement réfugié, résistant, déporté, militant, responsable politique, écrivain, scénariste, ministre …
    Les différentes identités qui ont rythmé le fil de sa vie, espagnol de naissance et de langue maternelle, français par le lycée, la Résistance et le coeur, allemand par philosophie, sont autant de fleuves qui l’ont mené jusqu’à sa « mère » nourricière, l’Europe …

    Car Jorge Semprun est indéniablement et avant tout un européen, citoyen éclairé d'un continent victime des grandes déchirures et fractures politiques et idéologiques du XXe siècle … 
    Son dernier livre « une tombe au creux des nuages », marque la fin d’un cycle de conférences prononcées en allemand et en Allemagne ces vingt dernières années. L'allemagne ce pays qui l’a tant marqué … 

    Entre le souvenir lancinant des cheminées de Buchenwald et l'arbre de Weimar, qui aurait inspiré Goethe parait il, ce survivant de camp de concentration, après un long temps de réflexion, a fait son choix et ne s’est souvenu que de Goethe … Jorge Semprún croit en l'homme, malgré et avant tout, son parcours individuel en est l’illustration la plus complète. 

    « Mais ce qui pèse le plus dans ta vie, ce sont certains êtres que tu as connus. Les livres, la musique, c'est différent. Pour enrichissants qu'ils soient, ils ne sont jamais que des moyens d'accéder aux êtres » (Le grand voyage)

    Le témoignage que constitue son œuvre littéraire, a une portée collective. Il constitue un relais tendu, et transmis aux nouvelles générations, avec pour objectif, de défendre non une vie, des idées ou des idéologies, mais l’héritage humaniste et démocratique de ces valeurs et de ces cultures qui composent et font l'Europe.
    Nos pays ont vécu, expérimenté et ressenti la douleur apportée par le coté obscur de la force, celui des totalitarismes… larmes, sang, haine …  ils ont appris à dominer leurs sentiments légitimes de révolte et de colère, puis à rebondir, à se rencontrer de nouveau, avant de se projeter dans l'avenir ensemble, enfin  ... 

    Le titre de son dernier livre est extrait d’un vers du poème de Paul Celan "Todesfuge" ("Fugue de la mort"), il aborde un contexte que Semprun a trop bien connu, celui des camps de concentration. 

    « il crie, plus sombres les archets, et votre fumée montera vers le ciel 

    vous aurez une tombe alors dans les nuages où l'on n'est pas serré »

    L'auteur utilisant pour métaphore l'expression employée par les déportés des camps, qui ne se disait pas entre eux : "un tel copain est mort", mais simplement "il est parti en fumée". 

    « Tout m'était arrivé, rien ne pouvait plus me survenir », écrivait-il ...

    Si ce n’est l’Europe …

     

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  • L’agence de l’eau en eaux troubles

    robinet eau qui coule 3.jpg

    Le travail d’un élu, outre son mandat direct, consiste également à participer à certaines structures, qu’elles soient associatives ou intercommunales. Ce qui exige quelquefois des gestions d'agendas délicates; point de cumul ces participations étant liés trés souvent à nos mandats et bénévoles.
    Si j’ai accepté de siéger sur proposition de l’Association des Maires de France, au Comité de bassin de l’agence de l’eau Seine et Normandie, l’instance délibérative qui rassemble tous les acteurs impliqués (collectivités locales, industriels, agriculteurs, Etat, consommateurs, ONG…) c’est bien que cette problématique m’intéresse depuis de nombreuses années (voir reportage FR3 et billet).
     
    La France compte 12 Comités de Bassin (7 en métropole), chacun fixant les grandes lignes de la politique publique relative à l’eau, en partant de son Schéma Directeur (SDAGE : Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux). L’organisation en bassin versant, modèle du genre depuis 1964, répond à une vraie logique d’ensemble.
    Ces « parlements de l’eau » votent un programme d’actions, que l’agence de l’eau, leur bras armé, doit mettre en place dans chaque bassin hydrographique. Ces dernières financent la politique mise en oeuvre et concilient gestion de la ressource, développement économique et respect de l’environnement.
    Elles privilégient trois axes d’action : la gestion équilibrée et durable de la ressource, les objectifs de qualité et de quantité; la protection et l’amélioration de l’état des eaux et des milieux aquatiques.
     
    L’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN) est la plus importante en France, elle gère un budget de prés d’un milliard d’euros issu des factures acquittées par les usagers (20% de la facture environ). Cet Etablissement public dépendant du ministère de l'écologie traite toutes les questions relatives à l’ensemble du cycle de l’eau et à la protection du milieu (captage, assainissement, environnement) sur un territoire qui représente 20% du pays et dans lequel vivent 18 millions d'habitants.
     
    Trop peu de nos concitoyens s’intéressent à cette problématique, ce qui est regrettable vu les montants en jeu, mais surtout de par son importance vitale pour notre vie quotidienne actuelle et future.
     Autant j’étais impatient de participer à l’assemblée du 1er décembre, une  première pour moi, autant je ne suis pas prêt d’oublier une réunion qui fera date, me retrouvant plongé d'un coup dans les eaux assez troubles de petits calculs qui n’honorent ni l’Agence de l’eau, ni les acteurs réunis et nous éloignent considérablement des hautes missions que cette assemblée doit relever au service de nos concitoyens et de nos collectivités.
     
    Voici le point sur une affaire qui risque de connaître de nouveaux rebondissements dont les deux principaux protagonistes sont André Santini, Ancien Ministre, Député Maire d’Issy les Moulineaux, ice-président de la communauté d'agglomération du Grand-Paris-Seine-Ouest, Président de la Société du Grand Paris, et du Syndicat des Eaux d’Ile de France (SEDIF) dont nous reparlerons, mais aussi Président du club des parlementaires amateurs de Havane, grosse tête à l’occasion et Anne Le Strat adjointe au maire de Paris, chargée de l'eau, de l'assainissement et de la gestion des canaux, Présidente de la Régie Eau de Paris.
     
    Objet de la discorde l’élection à la Présidence du Comité de bassin, jugeons plutôt …

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  • Pour une nouvelle approche du Développement Durable

     « le temps du monde fini commence »

                                                      Paul Valery


    1378820579.jpg La 17e conférence de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) s'est ouverte, aujourd’hui,  pour deux semaines, à Durban.

    A  tout juste quelques mois du 20 eme anniversaire du Sommet de Rio (1992),  le pire est malheureusement toujours à craindre, que ce soit au niveau de l’augmentation des  émissions de Gaz à effet de serre, que du réchauffement planétaire, qu’il paraît compromis désormais de limiter à 2 ° d'ici la fin du siècle, seuil plancher pourtant préconisé par les experts du du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour se prémunir d'un réchauffement aux effets irréversibles.
    L’objectif est de prolonger le protocole de Kyoto, unique traité juridique contraignant ;  de récents rapports confirment que si rien ne change, la température sur la planète augmenterait de 3 °C à 6 °C d'ici à la fin du siècle !

    Il faut effectivement trouver une suite au protocole de Kyoto, dont la première période d'engagement expire fin 2012. Rien ne nous dit pourtant malgré l’aggravation de la situation que le sommet de Durban sera plus constructif que celui de Copenhague (2009), ou de bien d'autres ...

    It’s a long way ago

    Issu des travaux du club de Rome, de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement humain (Stockholm, 1972), le concept du Développement Durable s’est popularisé avec le rapport de Gro Harlem Brundtland, « Notre Avenir à tous », (1987), qui le définit ainsi : "un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". 

    La Commission mondiale sur l’environnement et le développement s’accorde sur une  « nouvelle » définition de ce concept en le faisant reposer sur ses trois piliers historiques : économique, social, et environnemental (ou écologique) et leur nécessaire équilibre.

    Il faut attendre le Sommet de la Terre sur l’environnement et le développement (Rio, 1992) qui adopte la « déclaration de Rio » et sa déclinaison locale « l’Agenda 21 », pour voir  la plupart des Etats s’engager dans l’élaboration de stratégies nationales de développement durable. 
    Mais la situation a évolué à un degré  tel, qu’elle nécessite au regard de  l’aggravation de l’état de la planète, de tout remettre à plat et en perspective :  enjeux, priorités, actions à engager et calendrier.

    Ce qui nécessite un changement de cap radical dont l’urgence, du fait de l’accélération du réchauffement climatique due aux émissions de gaz à effet de serre  (notamment le CO2) et des menaces pesant sur la biodiversité, n’est plus remise en cause par personne.

     Il s’agit non seulement d’inverser ces deux tendances, mais bien de proposer une nouvelle approche du Développement Durable et de ses priorités …

     

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  • Mobilis in mobili (1)

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    Cette note fait suite à une intervention  à l’école des Ponts, où j’avais été invité afin de plancher sur une problématique quelque peu ésotérique : « Quelle stratégie à déployer concernant les déplacements en Ile de France à l’horizon 2012 ? Les réponses du nouveau PDU », tout un débat … Que nous pouvons traduire par cette simple interrogation : quel est votre ressenti d’élu sur l’évolution des déplacements en Ile de France ?…

    L’objectif de ce premier billet est de rappeler le contexte et la réalité de 2003, représentative de la représentation qu’avaient, et qu’ont encore pour une grande partie d’entre eux les élus de la grande couronne, de l’organisation des transports dans la Région Capitale.
    J’aborderais plus précisément dans les prochains billets les bouleversements qui ont concerné cette problématique et explorerait quelques pistes de prospective …   

    Mon intervention se faisant face à un public averti, constitué de fins connaisseurs du contexte, il m’a semblé plus judicieux de ne pas entrer dans le détail des dispositifs en place ou dans le commentaire « théorique » des défis et orientation  du Plan de déplacement Urbains d’Ile de France. J'ai plutôt proposer à l’auditoire une analyse personnelle sur le bouleversement considérable qui a concerné ce secteur depuis moins de 10 ans, en me situant sur une focale résolument grand angle, celle de la grande couronne, notamment de la Seine et Marne et avec le point de vue de l'élu de base que je suis.

    Le titre d’un récent best seller pourrait résumer en partie ce propos : « la carte, le territoire » auquel il faudrait rajouter immédiatement « et leurs mobilités » tant ces différentes questions sont étroitement mêlées et imbriquées.
    Pour travailler sur un nouveau mode de développement, notre société redécouvre enfin les vertus de la géographie et l’importance du regard du géographe comme de sa méthode fondée sur la «reconnaissance des espaces qui investissent les lieux, qui les mettent en relation, qui leur donnent du sens » … 


    Nous redevenons "mobile dans l’élément mobile", telle la devise du Nautilus cher au Capitaine Nemo (« mobilis in mobili … »). Les mobilités sont de nouveau au cœur du développement de nos sociétés, du fait de la lutte contre les émissions de G.E.S mais aussi des conséquences négatives de l’étalement urbain sur l'efficience de nos déplacements. La place et le statut pris jusque là par l’automobile individuelle sont enfin remise en cause, ce qui amène à explorer de nouvelles grilles de lecture de l’organisation urbaine.

     En Ile de France, malgré des progrès certains, nous le verrons, la frustration grandit, et les besoins s’accentuent. Incontestablement nous assistons à une « accélération dans l’accélération » du degré d’exigence de nos concitoyens.
    Ils ont un sentiment très fort d’immobilisme alors qu’un simple coup d’œil dans le rétroviseur rappellerait les progrès significatifs réalisés depuis 2003. Nous réglons aujourd'hui la facture de plus de trente années de sous investissement, tant au niveau des infrastructures, de leur fonctionnement que des projets mis en œuvre.  Situation qui replace de facto au premier plan la notion de cout global, mais cette fois ci, appliqué au développement des territoires.
    Une quadrature qui dans le contexte budgétaire actuel, ne sera pas simple à résoudre, mais qui est avant tout un choix politique et un investissement pour que les habitants de notre société soient   plus que jamais "mobiles dans l'élément mobile" !

    Entrons dans le vif du sujet, avec le  rappel de la situation ante 2011 …

     

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  • Aide à domiciles, attention danger !

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    Nous avons eu le plaisir d'accueillir les délégués de l'UNA 77 (Union Nationale des Aides à domicile) à l'occasion de leur assemblée générale annuelle.

    Cette association créé en 1970 regroupe l'essentiel des structures d'aides à domicile, une cinquantaine, intervenant dans le département.
    Autant le préciser immédiatement, ce secteur d'activités pourtant indispensable à la cohésion sociale du pays, traverse actuellement une sérieuse période de turbulences. En 2009, ces structures ont réalisé plus de 1 300 000 000 heures auprès de 12 000 usagers; l'ASSAD de Trilport et de ses environs, en réalisant plus de 50 000 heures.  

    C'est dire l'importance de leur action quotidienne auprés de nos concitoyens, qui permet à nombre de personnes âgées et dépendantes de poursuivre leur vie en toute harmonie, à leur domicile, dans nos villes et villages. 

    Le vieillissement est trop souvent synonyme d’isolement et de solitude lié soit à des problèmes de santé, d’accessibilité, de mobilité. Chacun d’entre nous, à un moment donné de sa vie, dans son environnement familial ou amical proche, a pu mesuré ce constat avec humilité. Quitter son logement représente pour les personnes âgées un traumatisme irréparable :  perte de repères essentiels, rupture du réseau social,  sentiment de déclassement et d’abandon.

    À l’horizon 2050, selon l’Insee, le nombre de personnes âgées de 60 ans devrait doubler, de 75 ans, tripler (pour atteindre 11,6 millions) et celui des 85 ans et plus, potentiellement concernées par une perte d’autonomie, multiplié par quatre (1,3 million en 2000 et 4,8 millions en 2050). 
    Avec l’allongement de la durée de vie, la problématique de la relation entre vieillissement de la population et adaptation du logement mais aussi des services de proximité, devient incontournable. Phénomène sociétal inéluctable que notre société se doit de préparer au mieux. Certes le vieillissement croissant de la population est une conséquence heureuse des progrès de la société, mais il nous impose d'être présent au rendez vous et de répondre à ces nouveaux besoins.

    Cependant, malgré l'importance de l'enjeu, l’année même du « débat sur la dépendance » voulu par le Président de la République, qui pour l’heure n'a donnée suite à aucune proposition concrète, la situation de beaucoup de ces associations est plus que problématique.

    Ce paradoxe a été le point clé de mon intervention, lors du mot d'accueil effectué en ouverture des travaux de cette réunion ...

     

     

     

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  • Le Grand Paris, a t’il besoin d’espaces ouverts ?

    espace-ouv1.jpgJ’ai participé, il y a quelques semaines, à la 2eme table ronde des  «Conversations Métropolitaines » (cf note précédente) dont l'intitulé évocateur : « Les espaces ouverts sont-ils l’avenir du Grand Paris ? », nous rapproche  du poème d’Aragon, mais aussi paradoxalement de la thèmatique abordée lors du débat précédent, qui était consacré lui à l'intensité urbaine.

    Rapide rappel. Un « espace ouvert » est un espace non construit, qui n’est ni altéré, ni imperméabilisé, autrement dit le terme regroupe les espaces agricoles et naturels. Il est bon de savoir que dés qu’une parcelle est bâtie et imperméabilisée, il lui faut des siècles, avant qu’elle ne puisse se reconstituer. Malgré cette réalité qui interpelle, beaucoup de professionnels de l’aménagement persistent à les considérer comme des réserves foncières ! Est il utile de souligner que la réversibilité est dans ce cas à sens unique !

    J'en veux pour preuve, un constat simple. Depuis quarante ans, la consommation d’espace naturel s'intensifie, une tendance que rien ne semble stopper. En 5 ans c’est l’équivalent d’un département comme la Seine-et-Marne, un des plus étendus du pays, qui a disparu, soit 24 m2 chaque seconde (Chambre d’agriculture).
    Conséquence directe du modèle culturel dominant de "l’american way of life" dont le style de vie est basé sur le développement de la voiture et de la maison individuelle avec jardin, l’étalement urbain, la multiplication de grands pôles commerciaux (« malls ») en périphérie.
    Autant d'éléments qui induisent le développement  d’une « ville consommatrice » (foncier, énergie, pierre, temps), dévoreuse d’espaces ouverts.
    Si nous voulons encore préserver des espaces naturels et agricoles significatifs, nous devons donc sortir de ce modèle, mais par le haut. Les urbanistes, élus, promoteurs, architectes, acteurs de l’aménagement  doivent s’y atteler au plus vite, avec un prélable,  rendre la ville durable désirable ce qui nécessite de faire évoluer les représentations culturelles liées à l’épanouissement personnel et familial, mais également la qualité de vie dans les villes.

    C’est ce qui est ressorti d'interventions fortes lors de ce débat. Notamment celle de Jean Yves Chapuis (voir plus loin) reprécisant qu’il est important d’anticiper les mutations, de ne pas figer une ville qui doit se faire, se défaire et se refaire de manière quasi continue.
    Si les espaces naturels et agricoles, sont d’ores et déjà un atout considérable pour notre pays, nous y reviendrons, leur formidable potentiel nous permettra demain de surmonter bien des défis, à condition bien évidemment d'avoir pu et su protéger leur intégrité.
    Aujourd'hui la menace de les voir disparaitre ou se dégrader est réelle a rappelé  Mireille Ferri (voir plus loin). Elle a souligné que la question centrale de leur survie est bien celle de leur valorisation. Une réalité économique qui doit s’imposer à tous, tant lors de l’élaboration des documents d’urbanisme, les espaces ouverts constituant  le « contre point » du bourg urbanisé, que dans les choix économiques : agriculture vivrière, éco matériaux ...

    Pour les préserver deux pistes doivent être explorées au plus vite :

    • limiter l’étalement urbain, et décourager toute spéculation, altération et fragmentation concernant ces espaces
    • valoriser lers produits issus de l'agriculture afin de maintenir une activité économique significative ayant de réelles perspectives de développement

     

    Vous en doutez ?

     

     

     

     

     

     

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  • 11 septembre ...

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    Pleure : les larmes sont les pétales du coeur.

     

     

    Eugène Émile Paul Grindel

    dit Paul Eluard 

     

     

    En souvenir des 11 septembre 1973 et 2001 ... Adieu tristesse ...


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  • Vous avez dit "Habitat, seniors, services" ?

    fsm-hss2.jpgIl y a juste deux ans, nous recevions le Préfet de Seine et Marne venu signer en Mairie de Trilport, le Contrat de Mixité Sociale nous liant à l’Etat. Force est de constater que la situation depuis a évolué, fort heureusement, et que la manifestation d’aujourd’hui avec la signature de la convention « Habitat Seniors service » avec le bailleur social FSM, en est la meilleure illustration, j’y reviendrais …

    Si l'article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains impose un seuil quantitatif à atteindre et l’obligation pour la commune de construire d’ici 2020, plus de 250 logements sociaux pour arriver aux 20% exigés, notre volonté est de doubler cet objectif d'une exigence qualitative ; ce qui est techniquement plus compliqué, mais nous désirons avant tout respecter l’esprit et le texte de la loi, en doublant les exigences quantitatives de réponses qualitatives.  L’objectif de l’équipe municipale est de créer une mixité générationnelle et sociale épanouie dans toute la ville, sans ghettoïsation, afin d’éviter tout sentiment de déclassement ou de relégation.

    C’est un fait, le parcours résidentiel est en panne dans notre pays depuis des décennies, surtout dans le domaine du logement aidé ; panne qui pénalise d’autant plus certains public fragilisés, dont les seniors, de plus en plus nombreux.

    Le dernier recensement INSEE (2006) souligne un vieillissement de la population locale. Les plus de 60 ans représentent désormais prés de 20% des Trilportais (contre 13% en 1982), les plus de 65 ans 13,3% et les plus de 75 ans 7%. Tendance qui n’est pas particulière à notre ville, mais concerne le pays tout entier.

    Il nous faut anticiper les conséquences du vieillissement progressif du pays.  L’INSEE indique qu’en 2050, 31,9% des habitants auront plus de 60 ans (contre 20,8% en 2005) et que les 75 ans et plus passeront de 8% en 2000 à 15,6% en 2050.  Si cet allongement de l’espérance de vie est une bonne nouvelle, cette évolution impose désormais de penser autrement la ville et les relations inter générationnelles.

    Quitter son logement représente pour une personne âgée un traumatisme, du fait d’une perte de repères essentiels et de la rupture de son réseau social. Elle entraine souvent un véritable sentiment de déclassement et d’abandon. Le vieillissement est trop souvent synonyme d’isolement et de solitude lié soit à des problèmes de santé, d’accessibilité, de mobilité.

    Il est essentiel de favoriser le prolongement de l’autonomie résidentielle en mettant en place une offre adaptée. 

     

    C’est bien l’objet du label Habitat Seniors services et de la signature d’aujourd’hui avec FSM 

     

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  • PIG : More nature than nature ?

    Les seine et marnais rêvent-ils de moutons électriques ?

     

    5509mec_27.jpegLes incidences environnementales de « Villages nature » ne se limitent pas à ce seul projet, loin s’en faut. Le futur site touristique fait l’objet en effet d’un Programme d’Intérêt Général (ou PIG), qui impactera considérablement le secteur, et bien au delà des 500 hectares consommés par Dysney and Co.

    La procédure du PIG est particulière, elle autorise l'Etat à imposer aux collectivités territoriales des projets reconnus d'utilité publique (ouvrage, opération d’aménagement… ). Concernant « Villages Nature », les associations environnementales remettent en cause cette notion « d’intérêt général », pour ce qui est de fait une appropriation par des entreprises privées, d’espaces forestiers et de terres agricoles, voués à être transformer en site touristique international.
    C’est bien le lancement de Villages Nature qui a entrainé la révision du PIG initial du secteur IV de Marne-la-Vallée par l'Etat, qui prévoit que «la population devrait atteindre d’ici à 2030 entre 55 000 et 60 000 habitants», soit 35 000 habitants de plus qu’aujourd’hui , excusez du peu !

    Une procédure qui transformera de manière irréversible un secteur bien plus étendu que prévu à l’origine ; si dans le décret initial de mars 1987 seul le secteur nord de l’A4 était urbanisable, la localisation actuelle intègre 108 hectares qui n’étaient pas concernés par cette convention.
    Deux communes, situées hors périmètre, se sont trouvées intégrées, bien malgré elles, dans l’aventure de « Villages Nature », suite à une décision prise sans préavis ni concertation.

    Les représentants des collectivités voisines (cf note précédente) ont insisté sur la nécessité préalable de mettre à niveau les infrastructures de transport (routières et ferrés) sur un secteur déjà saturé ! Sur ce point aucune précision n’a été donnée sur leur calendrier de réalisation et les modalités de financement, d’autant que les travaux autour du réseau du Grand Paris vont compliquer une donne déjà explosive.

    Autant d’éléments, qui dans le cadre d’une opération plaçant à priori le Développement Durable comme priorité première font désordre et laissent pour le moins perplexe, tout en inquiètant un grand nombre d’élus.

    Voilà un dossier de rentrée qui promet et risque fort d’évoluer dans les prochains mois, d’autant qu’il aborde deux problématique qui ne laisse peronne indifférent : celles de l’environnement et du lien social.

    Car comme l’évoquait le slogan publicitaire de « Tyrell Coorporation », autre grande entreprise du 7eme art et qui inspire sans doute les managers de Dysney, méfions nous du : « More human than human »

    Il est effectivement important, de replacer l’humain au centre de ce projet, l’humain réel pas son répliquant.

     

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  • 14 juillet 2011

    affiche.jpgFêter le 14 juillet c’est poursuivre la longue chaine des commémorations de la fête nationale qui se sont succédées depuis 1790, mais aussi et surtout célébrer les trois valeurs républicaines qui ont fait de nous, ce que nous sommes et de notre pays, la France et qui au fil de l’histoire se sont diffusées comme autant de signes d’espoir en un monde meilleur.

    « Liberté, égalité, fraternité », valeurs intemporelles et universelles s’il en est, complémentaires aussi, tant la fraternité fédère les deux premières. Lorsque la  société est morcelée, fragmentée, éclatée, que l’individualisme se développe, la fraternité prend alors tout son sens, sinon à quoi sert de vivre ensemble ?
    La solidarité est la mission première des collectivités et notamment de nos communes, car si elle ne s'en préoccuperaient pas qui le ferait ?

    En ce 14 juillet 2011, l'atmosphère est maussade, es temps paraissent difficiles et les français sont carrément pessimistes. La faute à une crise interminable dont personne ne voit la fin et la transformation de nps repère habituels, trés certainement, mais aussi sans doute à l’absence de perspectives politiques immédiates, en  attendant 2012.

    Ceci étant, il faut relativiser, dans la passé de notre pays bien des 14 juillet ont été plus dramatiques, les conflits mondiaux du siècle dernier en attestent. Sous d’autres latitudes également ce 14 juillet est plus rude.
    Comment ne pas penser en ce jour aux 6 soldats tombés en Afghanistan pour défendre l’idée qu’ils se faisaient de la France et de ses valeurs. J’avoue cependant avoir du mal à comprendre l’utilité d’un engagement militaire dont la justification ne semble plus qu’être la défense du régime corrompu d’Hamid Kharzaï, de plus en plus isolé et rejeté des afghans. J’ose espèrer que le sacrifice de nos 70 soldats tués ne soit pas vain, et que ce conflit ne se révèle pas constituer une impasse dramatique.

    Mais cette journée était également placée à Trilport sous le signe Napoléonien, du fait de la présence des grognards qui étaient parmi nous, histoire de commémorer le 14 juillet …

     Pourquoi, pourriez vous vous demander ?

     

     

     

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  • "Villages nature" est il réellement nature ?

    lagoon.jpgLa SNCF lors de la dernière réunion du club de partenaires avant la trêve estivale, a eu la judicieuse idée d’inviter Dominique Cocquet, Directeur général de «Villages Nature », afin qu’il présente un projet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre.
    Ce « routier » du « monde merveilleux de  Disney », société ou depuis 20 ans il occupe divers postes à responsabilité, venait tout juste de clore le cycle de réunions de concertation imposé par la Commission nationale du débat public (site de la CNDP, note du blog sur cette instance), c’est dire qu’il était affuté pour cette présentation.

    Son discours a coulé, limpide comme de l’eau de source, le manager aguerri laissant place à un véritable évangélisateur au discours  environnemental quasi mystique soulignant l’harmonie entre l’homme et la nature et célébrant la rencontre entre génie humain et génie des lieux.

    Ne nous y trompons cependant pas, derrière le « green washing » d’une présentation publique bien rodée, le model business du projet apparaît clairement. Rappel utile, Dominique Coquet dans une vie antérieure a également dirigé Forest-Hill Développement et à ce titre le projet Aquaboulevard de Paris.

    Villages nature est une joint venture entre deux acteurs majeurs du tourisme et du divertissement « Pierre & Vacances Center Parcs », leader européen du tourisme de proximité (40 années d’expérience) et Euro Disney, dont le navire amiral Disneyland Paris, est la 1ere destination touristique européenne avec plus de 230 millions de visites depuis 1992. Leur collaboration est né d'un projet commun mené sur Euro Dysney en 2003 (Adagio Aparthotel).
    Les deux nouveaux partenaires décident de surfer sur une tendance de fond autour de l’environnement, et l’intérêt croissant pour l’éco tourisme et le tourisme vert. Deux initiatives du Groupe Pierre & Vacances Centers Parc vont dans ce sens : le domaine de Belle Dune, en baie de Somme (label Éco-Village), et le dernier né des Centers Parcs, celui des Trois Forêts Moselle- Lorraine.

    Villages Nature est le fruit de cette réflexion sur la « quête de l’harmonie entre l’homme et la nature », concept totalement adapté aux vacances familiales; mixt entre un immense Center Parc nouvelle génération et des résidences hôtelières thématiques, dans l’esprit du Davy Crockett Ranch.
    Le projet initial est d’élaborer un prototype, encore faut il disposer d'un espace suffisamment étendu et d’infrastructures à proximité. En cas de succès, le nouveau produit touristique pourra s’attaquer à̀ d’autres marchés européens (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni …).

    Un site semble particulièrement adapté; localisé au coeur de l'Europe, à 6 km de Disneyland Paris; avec une surface potentielle de 500 hectares. Il présente l'avantage déterminant d'être à proximité immédiate de Disneyland, ce qui permet non seulement à ces deux pôles d'être complémentaires, mais  de partager les infrastructures déjà existantes ou prévues sur Val d’Europe : 1er hub TGV de France à Marne-la-Vallée/Chessy, RER A, Autoroute A4, lignes de bus interurbaines, navettes aéroportuaires ...

    C’est ainsi que le projet "Villages nature" est né … 

    Mais, ce  projet qui marquera notre environnement immédiat dans les prochaines années est il respectueux de la nature ?

     

     

     

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  • Grand Paris : L’intensité urbaine à l’ordre du jour

    jardin-abbe-pierre_s.jpgLa 1ere soirée débat des « Conversations Métropolitaines » (cf note précédente), consacrée à l’intensité urbaine a été inaugurée par le tout nouveau Président de l’Atelier International du Grand Paris, Pierre Mansat dans un lieu totalement adapté au sujet des tables rondes, et certainement pas du au hasard,  puisqu’il s’agit de l’amphithéatre de l’Université Paris Diderot, implanté en plein cœur de la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) « Paris Rive Gauche ».

    Cette  ZAC constitue l’opération urbaine la plus ambitieuse menée à Paris depuis le 19 eme siècle. Nous sommes déjà dans la ville post Kyoto : tours résidentielles, jardins durables, celui de l’abé Pierre est un modèle de gestion différenciée des espaces, passerelle pour piétons, réutilisation d’anciens bâti industriels emblématiques, telle l’ancienne halle des Grands Moulins de Paris abritant l’amphithéatre, le Paris d’Hausmann est bien loin …

    Nous sommes incontestablement dans un morceau de ville qui se régénère … Manque cependant à proximité de l’amphi,  des parcs à vélo, comme quoi la durabilité est un long combat !
    Aujourd’hui plus de 5.000 habitants y vivent, 15 000 salariés y travaillent, à terme ils seront prés de 20 000 habitants pour 60.000 salariés !

    C’est dire l’importance de ce chantier hors norme de plus de 130 hectares, situé à un jet de pierre de la Très Grande Bibliothèque de France. 

    Force est de constater que les trois tables rondes qui se sont succédées, animées par Cyrille Poy, journaliste des plus spécialisés, nous ont plongé au cœur des thématiques liées à l’intensité urbaine, et des freins entre cet objectif encore lointain est la situation actuelle ressentie par les acteurs du terrain.

    Constat, l’intensité urbaine doit intégrer deux  paramètres : la multiplication des recours juridiques due à une complexité incroyable des procédures et l’échelle des temporalités …

     

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  • Petites Villes : sens de la vie ou sens de la ville ?

    jean-viard-photo-2009-07-06-VIII-universite-d-ete-310.JPGLors des assises de l’APVF (cf note précédente) les Maires des Petites Villes, ont été interpellé par l’intervention de Jean Viard, chercheur (CNRS, CEVIPOF), éditorialiste (JDD, Terra Eco …)  à ses heures perdues et élu local également. Il a esquissé en quelques traits le portrait d’une société en pleine (®)évolution, dans laquelle la carte n’est plus liée à un seul territoire mais bien à plusieurs, dont certains, virtuels et globaux.

     

     Constat positif cependant, nous vivons de plus en plus longtemps :

    « En un siècle, nous avons gagné vingt-cinq ans d’espérance de vie. Onze ans depuis 1945. Cinq ans depuis 1981. Trois heures par jour actuellement. C’est d’ailleurs pour cela que nous serons bientôt neuf milliards …

    Si vous avez la chance d’avoir du travail pendant 42 ans et 35 heures par semaine, vous travaillerez en tout 63 000 heures dans votre vie, mettons 70 000, avec les heures sup et autres compléments. La vie en France dure en moyenne 700 000 heures. Le travail égale donc moins de 10% de la vie en 2010.

    En 1900, on travaillait 40% de sa durée de vie. Nous avons bâti une société de vie longue et de travail court et nos enfants vivront 100 000 heures de plus que nous. »


    Si l’espérance de vie s’allonge, paradoxalement dans le même temps la société devient de plus en plus pessimiste en l’avenir, et fait face à une crise profonde, qui n’est pas seulement financière et sociale, mais plus globale, concernant également le politique, la quête de sens et de valeurs.

    Plus que jamais, nos concitoyens ont besoin d’horizon, de perspectives, car pour  Jean Viard, aujourd’hui si les français se rattachent tant au présent, c’est bien par peur du futur … Même les afghans sont plus optimistes, c'est dire  !

     

    Que penser d’une telle analyse ?

     

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  • Petites Villes : La carte et le territoire

    apvf-saint-flour.jpgJ’ai participé aux Assises des Petites Villes de France, qui se sont déroulées à Saint-Flour (Cantal) fin mai. Un rendez vous annuel attendu permettant aux élus d’échanger, de confronter expériences ou points de vue, de prendre surtout quelque peu de recul et de participer à des tables rondes utiles et enrichissantes ouvrant de nouvelles perspectives. Il est toujours bon de sortir quelque peu la tête du guidon, histoire de voir un peu plus loin que son microcosme local.

    La thématique 2011 avait repris, à la lettre, le titre  du dernier Goncourt : « La carte et le territoire ». Titre évocateur s’il en est … la carte est-elle plus intéressante que le territoire ou l’inverse ? Titre dans tout les cas, totalement approprié à la problématique de la cohésion territoriale et sociale au cœur des préoccupations actuelle des élus comme de leur actualité immédiate (voir plus loin). Le  titre du roman de Michel Houellebecq a servi de fil rouge évident aux ateliers et tables rondes se déroulant sur ces deux jours : conséquences de la refonte de la carte intercommunale, perspectives de la réforme de la péréquation, mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement, sécurité ...

    Constat clair, le ressenti des élus à l’égard de l’évolution territoriale initiée et du désengagement de l’Etat est de plus en plus perceptible. Situation qui inquiète en haut lieu (2012 n’est pas loin !), si l’on en juge par la venue à ces assises du Président de l’Association des Maires de France, de deux Ministres de l’actuel gouvernement et du Président du Sénat Gérard  Larcher, ouvertement en campagne.

    Les raisons du mécontentement croissant  des élus locaux, toutes tendances confondues sont multiples : conséquences de la RGPP,  désengagement de l’Etat dans les territoires, fin annoncée des co financements (ou financements croisés), création du Conseiller Territorial, conditions de réactualisation de la carte intercommunale, et cette liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut !

    Nous reviendrons forcémment et malheureusement sur les problèmes budgétaires, le désengagement de l’Etat, et ses  conséquences dramatiques pour le pays, mais il me semble plus intéressant de revenir sur le sujet central de ces deux journées, « la carte et le territoire » …

    Pour échanger sur une telle  problématique, vrai sujet de grand oral, la parole n’a pas été donnée qu’aux élus, le sociologue Jean Viard, a interpellé quelque peu l’assemblée de manière iconoclaste sur les représentations, imaginaires des uns et des autres confrontés au principe de réalité et aux évolutions (révolutions) en cours dans une société en marche …

    Il y a effectivement de la remise en cause dans l’air …

     

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  • "Conversations urbaines" autour du (trés) Grand Paris

    logo.gifL'Atelier international du Grand Paris (AIGP) lance un cycle de débats intitulé « Conversations métropolitaines » consacré à l'avenir de la métropole francilienne.
    Installé depuis février 2010 au Palais de Tokyo (dans les anciens locaux de la FEMIS) l’équipe permanente de  L'AIGP poursuit  la réflexion initiée lors de la consultation internationale de 2008, avec une feuille de route claire : provoquer le débat, catalyser et accompagner les recherches sur les enjeux urbains liés au projet, et alimenter le travail des 10 équipes d’architectes toujours en charge du suivi de ce grand dessein. L’AIGP associe à parité Etat et collectivités territoriales, Pierre Mansat Maire Adjoint de Bertrand Delanoe est apparemment pressenti pour en prendre la présidence ce qui ne serait que justice au regard du travail qu'il a effectué sur notre métropole.

    Afin de contribuer à l’émergence d’une vision «partagée», et de prendre en compte les initiatives locales et la réalité du terrain,  l’Atelier international du Grand Paris s'est associé à l’Union régionale des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement d’Île-de-France (URCAUE) pour organiser ces "Conversations Urbaines". Elles sont ouvertes aux élus, acteurs du terrain et professionnels de l’aménagement urbain et regroupent des séminaires techniques, des soirées débats qui donneront l’occasion de confronter et croiser les différents points de vue sur les stratégies et pratiques urbaines mises en œuvre en Île-de-France, notamment au travers du prisme de l’Intensité urbaine et des Espaces ouverts. 

    • Intensité urbaine, afin de faire émerger la « métropole de l’après Kyoto » selon quelques principes : combattre l’étalement urbain, agir sur les mobilités en améliorant et l’optimisant le réseau de transport en commun, renforcer l’accessibilité des services de proximité au plus grand nombre. 
    • Espaces ouverts, ces derniers étant de plus en plus menacés, malgré leur qualité et leur complémentarité avec l’espace urbain. Espaces naturels pourtant indispensables pour lutter contre l'urbanisation consommatrice de foncier,  mais également apporter des solutions au  réchauffement climatique et à la dégradation de la bio diversité. 

    Les "conversations métropolitaines" sont l'occasion de faire remonter  les retours d’expérience, susciter et provoquer les interrogations autour des nouveaux modes de faire (territoire, habitants, acteurs locaux), aborder les contraintes rencontrées, mais aussi  faciliter une réflexion plus transversale portant notamment sur les usages ...

    J'ai eu l'honneur d'être invité à leur premier séminaire de travail consacré à une thématique pour le moins sensible et controversée ; celle de l’intensité urbaine …

    Vaste débat, et ce pour plusieurs raisons …

     

     

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  • Eco quartier : de l'efficacité énergétique

    bonne-4.jpgRetour sur la Conference nationale
    à Grenoble(2)

    L’intervention d’Olivier Sidler a constitué un autre temps fort de la Conférence.

    Energéticien renommé (c’est un des techniciens à l’origine de la RT 2012), il dirige depuis plus de 30 ans Enertech, bureau d’étude spécialisé dans l’énergétique des bâtiments et a mené, à ce titre, une trentaine de projets BBC (consommant moins de 50 KWhep/an au m2, pour le chauffage) et conduit actuellement des chantiers de bâtiments à énergie positive. 

    Selon  lui, la très basse consommation répond à plusieurs impératifs :

    • La diminution des ressources énergétiques fossiles,
    • L’augmentation prévisible du prix de l’énergie, sous l’effet de la rupture offre/demande (dite pic de Hubbert), il faut anticiper cette hausse, qui touchera de plein fouet les  personnes les plus défavorisées avec des conséquences dramatiques,
    • Certaines des ressources énergétiques, qu'elles soient fossiles (gaz de schistes, pétrole offshore) ou d'origine nucléaire posent plus de problèmes que de solutions, malgré les affirmations des pétroliers et d'EDF

    Sans oublier le réchauffement climatique, conséquence directe des émissions de Gaz à effet de serre due à l’homme et son empreinte écologique. Quelques degrés de plus et c’est un véritable changement d’ère climatique qui survient. Pour s’en convaincre, rappelons que depuis le dernier maximum glaciaire (20.000 ans), la moyenne des températures sur terre n’a augmenté «que» de 5°C, c'est dire !

    Olivier Sidler n’y va pas par quatre chemin, l’heure est plus que grave et nécessite une réaction rapide de notre part. L’équilibre planétaire, instable aujourd’hui, dépend de la capacité des océans et forêts à absorber le carbone rejeté.
    Les spécialistes l’estiment à 3 milliards de tonnes / an, soit 0,5 t. de Carbone/pers/an (base des 6 milliards d’habitants), correspondant à environ 1,8 t. de CO2/pers/an. En France, nous atteignons environ 2,4 tonnes de carbone/hab/an. Pour être dans les clous, il faut diviser nos émissions par plus de quatre, c'est le fameux facteur 4 (voir note précédente).
    Surtout que la terre comptera en 2050, 10 milliards d'habitants (et non plus 6) et un plus grand nombre de pays développés, du moins faut il l'espérer. Le rejet annuel ne pourra alors dépasser 0,3 t. de Carbone/pers/an : nous arriverons au facteur ….7.

    Tendance soulignée par de grands spécialistes qui s’accordent sur un constat, le facteur 4 ne peut être considéré que comme un minimum, nous en sommes pourtant toujours trop éloigné. Mais plus le choix dsormais, nous devons y arriver très vite, sinon la machine terre pourrait bien s’emballer et entrainer dans son sillage, le climat. Deux pistes prioritaires pour y arriver  : les transports et le bâti

    Justement concernant le bâti Olivier Sidler propose de vraies pistes d'actions, basées sur ses retours d'expérience et les mesures recueillies au fil des ans, qui lui ont permis de constituer une des plus importantes bases de données au monde dédiée aux usages de l’énergie, afin de comprendre ou se situent les consommations dans un bâtiment.

    Le Grenelle prévoit qu'en 2020,  le parc de bâtiments dans son ensemble devra consommer 38% de moins qu’aujourd’hui. L'objectif est louable mais y arriver sera un peu plus difficile en pratique, il implique que l'on rénove 900 000 « vieux »  logements (d'avant 1975) par an, pour ramener leur consommation à 50 Kwh/m2/an et ce durant 12 années !

     Alors rêve ou réalité ?

     

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  • Eco quartier : du métabolisme urbain

    bonne-1.jpg

    Retour sur la Conference nationale
    à Grenoble(1)

    La dernière  Conférence Nationale du Club des éco quartiers  (cf note précédente) était consacrée à la thématique « Eco-renouvellement, Eco-rénovation » se déroulait à Grenoble. Au programme de la journée, outre la visite de l’éco quartier de Bonne, référence du développement durable à la française, des ateliers, durant lesquelles deux interventions m’ont particulièrement marqué, celle d’Alain Maugard,  l’ancien président du CSTB (1993 à 2008), je l’avais croisé à l’époque, et qui depuis 2009 conduit la destinée de QUALIBAT, et d’Olivier Sidler, expert en énergétique du bâtiment, dirigeant du cabinet Enertech, certainement  un des meilleurs spécialistes français des bâtiments à basse consommation énergétique actuellement.

    Avant d’aborder dans une prochaine note la visite de l’éco quartier lui même, j’ai jugé important de revenir plus en détail, sur les interventions marquantes de la journée, ou plutôt les interpellations, de deux grands témoins invités à s’exprimer devant nous pour l’occasion, Alain Maugard et Olivier Sidler.

    D’un coté un visionnaire, de l’autre un grand technicien menant deux approches très complémentaires, reposant sur deux histoires personnelles très différentes mais nous proposant e la même ligne de fuite.

     Avant-gardiste de renom, Alain MAUGARD, nous a livré sa vision, non seulement technique mais également urbaine, de la ville de demain confrontée aux impératifs environnementaux aujourd’hui, dont nous devons absolument tenir compte.

    Il a centré son intervention sur le métabolisme humain et a appelé à revenir à la ville médiévale … Paradoxal ou non ?

    Jugez plutôt ...

     

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