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Territoires - Page 3

  • La marche d’Arcelor à Trilport, «l’acier lorrain vivra»

    Ou les leçons d’une marche citoyenne


     

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    C’est avec plaisir que nous avons accompagné les salariés d’Arcelor Mital lors de leur étape à Trilport pour le dernier kilomètre de la journée. Il paraissait tout à fait normal de nous associer à cette initiative citoyenne qui constitue certainement la réponse la plus intelligente que les syndicalistes pouvaient apporter aux lacrymogènes reçus des forces de l'ordre les empêchant d’accéder au QG de Nicolas Sarkozy, il y a quelques jours.
    Soulignons que c'est cet "accueil" qui est à l’origine de cette marche tant ils l'ont mal vécu. L'aspect incontestablement pacifique, bon enfant et non violent de leur initiative n'en prend que plus de relief, non ce ne sont pas des casseurs, et le seul mot d’ordre politique qui les a animé durant ces dix journées est le slogan : «l'acier lorrain vivra !».

    A leur arrivée à Trilport, les syndicalistes étaient impactés physiquement et moralement par les dix journées de marche, la fatigue, la pression, mais surtout les blessures diverses (ampoules, contractures ou entorses), résultant d'un effort physique auquel ils n’étaient pas préparés, totalisant déjà prés de 300 kilomètres au compteur.
    Cependant, si leur énergie était quasi intacte, c'est bien grâce à la chaleur de l’accueil et aux multiples témoignages de sympathie recues tout au long de leur parcours, qui les ont littéralement "booster" dans leur effort, relayé par les attaques inutiles de Nicolas Sarkozy du début de semaine sur l'action syndicale.

    Ce soutien populaire s’est vérifié à Trilport. Nous avions fait appel à toutes les bonnes volontés pour l’occasion, et avons été entendu au delà de nos espérances … habitants, retraités, syndicalistes, mais aussi beaucoup d'anonymes apportant spontanément nourriture, réconfort ou argent, et donnant ainsi à l’événement toute la dimension citoyenne à laquelle nous tenions.
    Jusqu’aux soins diligentés à leur arrivée afin de soigner les bobos et de leur permettre de repartir le lendemain du bon pied, afin d’être présent au rendez vous fixé au pays, sous la tour Eiffel, sentinelle d'acier lorrain, chacun le sait désormais.

    La dimension populaire de la marche pour l'emploi (ou encore marche de l'acier) a dépassé le seul cadre des hauts fourneaux, tant elle constitue non seulement un défi insensé pour sauver l'emploi des salairés de Florange, mais aussi interpelle le politique, et ce à plusieurs niveaux, dont celui notamment de la parole donnée, du poids des mots, et de la désespérance et la colère qu’entraine les promesses non tenues,

     

    J’y reviendrais …




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  • Les facteurs rêvent ils de voiture électrique ?

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    François, le personnage inoubliable créé par Jacques Tati dans ses deux films (« L'École des facteurs » et surtout « Jours de fête ») qui a fait connaitre dans toute la planète ce personnage central pour nos villes et nos vies qu'est le facteur,  doit remuer dans sa tombe devant la mort annoncée d'un métier qu’il chérissait tant.

    La distribution du courrier devient aujourd’hui un véritable sujet d’inquiétude, tant pour les habitants confrontés à une dégradation croissante des conditions de distribution, que pour les facteurs eux mêmes; ce que l’actualité de ces derniers jours a souligné tragiquement.

    J’ai reçu, il y a quelques semaines, à leur demande, des représentants de la Direction Départementale de la distribution de La Poste, souhaitant me rencontrer.
    Demande inhabituelle, qui ne m’a guère surpris au demeurant, ayant ces derniers mois joué un rôle de médiateur entre la hiérarchie et les facteurs confronté à un conflit du travail pour le moins compliqué et délicat.

    Notre discussion a débuté assez cordialement par le rappel de l’engagement de La Poste en faveur de la voiture électrique. Jean Paul Bailly leur PDG, a annoncé un programme d’acquisitions sur 4 ans, portant sur plus de 3 000 véhicules 2 places de Peugeot, et 15 000 utilitaires Renault Kangoo. Ils ont soulignél'engagement responsable et citoyen de l'entreprise et sa  contribution à la lutte contre les émissions de Gaz à Effet de Serre. Voilà pour la version coté pile, car cette mesure cache d’autres initiatives, moins sympathique coté face  …

    Selon ces responsables, l’introduction massive des véhicules électrique nécessite de facto l’installation de bornes de raccordement électrique qui ne peuvent être implantées que sur des plates formes industrielles centralisées.

    Personne ne voit le rapport ? Elémentaire pourtant cher lecteur ...

    Les facteurs basés actuellement sur des bureaux de distribution déployés sur le territoire, tel celui de Trilport qui dessert aujourd'hui 14 communes, se retrouveront de fait déplacés en totalité sur un site unique, ce qui signifie la disparition totale de ces bureaux.

    La ficelle est un peu grosse, l’innovation environnementale et citoyenne apparaissant du coup plutôt comme un prétexte destiné à camoufler une opération de restructuration qui bouleversera en profondeur l’organisation de la distribution du courrier et qui n’est pas sans poser de nombreuses interrogations, tant logistiques que de fond …

     

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  • Les agro carburants épinglés

    hausse impots cour des comptes rapport.jpgUn rapport récent de la Cour des Comptes vient confirmer les réserves que j’avais exprimé dans mes précédentes notes consacrées à la filière  agro carburant (agro carburant plutôt que Bio carburant, les bio carburants sont ils écolos).

    Mais avant d’aller plus loin et afin de dissiper tout éventuel malentendu, je veux insister sur l’intérêt, la nécessité même, de trouver de nouveaux débouchés à l’activité agricole. Les champs de nos campagnes constituent un gisement potentiel considérable d’activités et d’emplois à développer, en termes de production alimentaire, mais pas seulement.
    Au regard de la croissance démographique en cours et des 9 milliards d’habitants que notre planète abritera en 2050, chacun mesure l’importance de sauvegarder une agriculture performante, productive, qui soit également respectueuse du cycle des saisons comme de la biodiversité.

    Les espaces agricoles sont aujourd’hui victimes de différents types d’agression qui les fragilisent et menacent leur existence (consommation foncière , fragmentation, mitage, les pollutions  …), ils ne seront d’autant plus aptes à se défendre qu’ils constitueront un enjeu stratégique et économique pour le territoire. Toute la question de leur maintien dépend de cette réalité économique.  

    Mais je ne pense pas que le développement des agro carburants soit la bonne réponse, contrairement à l’émergence de filières locales dédiées, notamment, aux éco matériaux (j’y reviendrais dans une prochaine note).

     

    Pourquoi autant de réserves sur les agro carburants ?

     

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  • Les Télé centres émergent de l'horizon ...

    reseau.jpgUn télécentre doit il contribuer à résoudre la fracture numérique auprès de publics fragilisés, ou bien constituer un équipement dédié aux « professionnels » qu’ils soient indépendants, salariés de TPE, grandes entreprises ou d’administrations ?  Ces deux objectifs apparaissent plus complémentaire qu’antagonistes, chacun étant digne d’intérêt, mais encore faut il que chaque structure se positionne clairement sur le type d’usages privilégié.

    L’étude de marché menée par Seine-et-Marne Développement et le cabinet LBMG Worklabs auprès de 27 grandes entreprises franciliennes (dont Areva, Atos, Cap Gemini, Dassault, IBM, SFR, Siemens, Vivendi …) et 150 TPE-PME et indépendants de Seine-et-Marne affiche sans ambigüité la couleur : la cible recherchée est bien le monde professionnel. C’est l’objet de ce billet, nous reviendrons prochainement sur l’autre cible, même si des structures mixtes peuvent également être envisagées. Car il faut rester circonspect, l’expérience des Smart Work Centers d’Amsterdam, démontre que le succès économique n’est pas toujours au rendez vous et que le plus souvent il résulte d’une combinaison très concrète : qualité du business plan, implication des porteurs du projet, valeur ajoutée apportée aux télétravailleurs du secteur.

    Incontestablement en France, la réflexion autour de ce nouveau concept émerge, prioritairement portée par les territoires,  qu’ils soient ruraux  ( vercorscantal …)  : lutte contre le désenclavement et la fracture numérique, ou péri-urbains avec pour cible la limitation des transports quotidiens des habitants, souvent supérieurs à 3 heures par jour (notamment dans la grande couronne). Toutes les études témoignent de l’intérêt du concept : tant pour le salarié (voir la note précédente), que pour les entreprises, de plus en plus confrontées à la nécessité de réduire leurs charges de fonctionnement et d’agir en faveur de l’environnement (responsabilité environnementale et sociale). 

     Je vous propose un rapide focus sur ce nouveau concept, qui avant de pouvoir incarner un modèle économique  « viable », doit représenter une réelle valeur ajoutée apportant des réponses pertinentes aux besoins de ses utilisateurs tant sur le concept, que les couts ou la nature des services proposés …

     

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  • Pour 2012 : résolument optimiste ...

     

    Voeux-2012.jpg

     

    "Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité,

    un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté" 

    Winston Churchill 

     

    Moralité :


    En 2012,


    Soyons résolument optimistes,


    car nous aurons manifestement beaucoup d’opportunités à saisir

     

     

     

  • Les voeux 2012 ...

    Voeux-2012c.jpg Remarque générale, peu d'élus regrettent 2011, année anxiogène s’il en est ... Mais derrière les multiples rebondissements de la crise de la zone euro et le sort d’un Triple A qui ne tient désormais plus qu’à un fil, il y a plus grave, la réalité du terrain, quelquefois dramatique. 

    Les habitants que je rencontre ne me parlent pas de crise, encore moins de triple ou de double A mais évoquent simplement l'emploi ou le logement qu'ils n'ont pas et leur pouvoir d’achat qui baisse inexorablement alors que dans le même temps la précarité se développe avec les risques d'exclusion  liés.
    Les problèmes d’approvisionnement des Restaus du Cœur témoignent de l'ampleur de cette détresse. Trop de familles aujourd’hui dans la difficulté n’ont plus d’espoir dans le lendemain, et désabusés, lassés des promesses non tenues, s’éloignent du politique.

    Le succès du mouvement des indignés certes interpelle, mais s’il est nécessaire et utile de s’indigner, il faut surtout mettre en place des réponses concrètes plus que des mots, des promesses ou des slogans ne durant que le temps d'une campagne électorale; 2007 est passé par là.  Il est certain que nous y verrons plus clair dans quelques mois,  le prochain scrutin présidentiel promet d’être décisif. 

    Notre pays se relèvera de cette séquence, défi somme tout relatif comparé à ce que nos parents et grands parents ont traversé et vécu durant les dernières décennies, reste à savoir en quel état …  Encore faut il ne pas se tromper de crise. Si ce que nous subissons aujourd’hui est une crise d’ajustement (de la dette, de la gouvernance, de la répartition de la richesse, de notre mode de croissance …) certes douloureuse, elle n’est pas la crise systémique que certain veulent nous survendre. 

    A contrario, celle qui nous amènera à changer nos choix de vie, notre modèle de société,  imposera régulation et réhabilitation du long terme et de l’investissement face au modèle actuel dominé par le court terme et la société de consommation, est bien la crise environnementale due aux  émissions de Gaz à effet de serre, y répondre est vital.


    J’ai des raisons d’espérer, sentiment qui me vient du terrain, et de l’activité des femmes et des hommes que j’y croise chaque jour. Ils y vivent, y travaillent, s’impliquent, souvent avec passion, notamment dans nos associations, et font de Trilport une ville dynamique, attractive, attachante, avec une véritable dimension humaine, faite de convivialité, d’amitié et de solidarités …
    Cette vitalité est une valeur ajoutée créatrice qu’il faut savoir apprécier à son juste prix.

    Nous avons pu semer en 2011, dans un cadre budgétaire tendu et contraint, quelques graines d’avenir qui ne demandent qu’à s’épanouir et fleurir, avant de produire les fruits espérés.  Ce qui n’est pas si mal, car  si pour le plus grand nombre, le fruit est l’essentiel de l’arbre, les vrais jardiniers savent qu’en réalité, c’est la graine qui importe

    Alors que proposer en 2012 ?

     

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  • Genése d’une Appellation d’Origine Contrôlée

    corto-ville-lune.jpgTout porteur de projet d’aménagement, qui s'implique réellement dans ce dernier, connaît le même dilemme ... Quel nom ou dénomination attribuer à un morceau de ville et de vie dans lequel s’épanouiront des générations d’habitants ou d’usagers ?

    C’est de fait une responsabilité très particulière.

    Une ville ne peut pas être considérée comme un objet fini, mais bien comme le produit d’une véritable alchimie, toujours en cours, qui mêle tout à la fois histoire, géographie, culture, morphologie urbaine, environnement naturel, usages et imaginaire … Le tout s’entremêle et interagit …

    Si par essence, un quartier est un condensé d’histoire et de vie collective et sociale, il respire et vit au quotidien, évolue, mute, se développe, se régénère quelquefois …

     

    On ne dessine pas une ville, tel un objet fini, (cf le « dessine moi  … une ville » du Petit Prince au renard), on en représente plutôt le ressenti, reflet d’une histoire commune et partagée ou non, à un moment présent, éphémère, et pour tout dire intemporel.

    Le projet d’éco quartier qui nous anime (voir billet du blog), possède entre autres particularités, une implication forte de ses acteurs et une volonté effective et assumée de rétro agir vers le territoire.

    Avant d’être un projet urbain, cet éco quartier est déjà avant tout et surtout une aventure humaine collective, au service du lien social de proximité, témoignant également d’une réelle prise de conscience de la responsabilité particulière de l’homme envers son environnement.
    Nous aurons l'occasion d'en reparler en 2012 dans ce blog, tant les choses ont évolué depuis ces derniers mois.

    Les valeurs portées par ce projet sont tournées vers l’humain (habitat, liens sociaux et multi générationnels) avec une aspiration à atteindre une meilleure qualité du vivre ensemble dans un environnement plus harmonieux.

     

    Alors quel nom justement pour cet Eco quartier ?

     

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  • L’agence de l’eau en eaux troubles

    robinet eau qui coule 3.jpg

    Le travail d’un élu, outre son mandat direct, consiste également à participer à certaines structures, qu’elles soient associatives ou intercommunales. Ce qui exige quelquefois des gestions d'agendas délicates; point de cumul ces participations étant liés trés souvent à nos mandats et bénévoles.
    Si j’ai accepté de siéger sur proposition de l’Association des Maires de France, au Comité de bassin de l’agence de l’eau Seine et Normandie, l’instance délibérative qui rassemble tous les acteurs impliqués (collectivités locales, industriels, agriculteurs, Etat, consommateurs, ONG…) c’est bien que cette problématique m’intéresse depuis de nombreuses années (voir reportage FR3 et billet).
     
    La France compte 12 Comités de Bassin (7 en métropole), chacun fixant les grandes lignes de la politique publique relative à l’eau, en partant de son Schéma Directeur (SDAGE : Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux). L’organisation en bassin versant, modèle du genre depuis 1964, répond à une vraie logique d’ensemble.
    Ces « parlements de l’eau » votent un programme d’actions, que l’agence de l’eau, leur bras armé, doit mettre en place dans chaque bassin hydrographique. Ces dernières financent la politique mise en oeuvre et concilient gestion de la ressource, développement économique et respect de l’environnement.
    Elles privilégient trois axes d’action : la gestion équilibrée et durable de la ressource, les objectifs de qualité et de quantité; la protection et l’amélioration de l’état des eaux et des milieux aquatiques.
     
    L’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN) est la plus importante en France, elle gère un budget de prés d’un milliard d’euros issu des factures acquittées par les usagers (20% de la facture environ). Cet Etablissement public dépendant du ministère de l'écologie traite toutes les questions relatives à l’ensemble du cycle de l’eau et à la protection du milieu (captage, assainissement, environnement) sur un territoire qui représente 20% du pays et dans lequel vivent 18 millions d'habitants.
     
    Trop peu de nos concitoyens s’intéressent à cette problématique, ce qui est regrettable vu les montants en jeu, mais surtout de par son importance vitale pour notre vie quotidienne actuelle et future.
     Autant j’étais impatient de participer à l’assemblée du 1er décembre, une  première pour moi, autant je ne suis pas prêt d’oublier une réunion qui fera date, me retrouvant plongé d'un coup dans les eaux assez troubles de petits calculs qui n’honorent ni l’Agence de l’eau, ni les acteurs réunis et nous éloignent considérablement des hautes missions que cette assemblée doit relever au service de nos concitoyens et de nos collectivités.
     
    Voici le point sur une affaire qui risque de connaître de nouveaux rebondissements dont les deux principaux protagonistes sont André Santini, Ancien Ministre, Député Maire d’Issy les Moulineaux, ice-président de la communauté d'agglomération du Grand-Paris-Seine-Ouest, Président de la Société du Grand Paris, et du Syndicat des Eaux d’Ile de France (SEDIF) dont nous reparlerons, mais aussi Président du club des parlementaires amateurs de Havane, grosse tête à l’occasion et Anne Le Strat adjointe au maire de Paris, chargée de l'eau, de l'assainissement et de la gestion des canaux, Présidente de la Régie Eau de Paris.
     
    Objet de la discorde l’élection à la Présidence du Comité de bassin, jugeons plutôt …

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  • Mobilis in mobili (2)

     

    0062.jpgRevenons sur les changements qui bouleversent peu à peu l’offre en transports tant ils modifient nos repères quotidiens en replaçant la question de la mobilité, au centre non seulement de l’organisation urbaine et de l’aménagement du territoire mais de notre vie en général.

    Se déplacer est une nécessité absolue qui conditionne l’accès au travail, à l’éducation, à la culture, à la santé, et de manière plus globale à toute vie sociale.
    Cette faculté ne peut être considérée comme une fin en soi, nos déplacements quotidiens étant directement liés à une activité et non au seul désir de parcourir une distance; il s’agit ici, pas seulement d’épanouissement individuel mais bien d’une obligation vitale, tant pour le citoyen que pour le dynamisme et l’agilité d’un territoire, dont l’efficacité tient également à la capacité qu'il donne à ses habitants de se déplacer de manière efficace.
    Plus que jamais, notre société est en mouvement (mobilis in mobili »), c’est ce qui arrive à la Région Ile de France depuis 2006, y compris désormais en grande couronne.

    Notons que si le lien entre accès efficient (cout / durée) à un réseau de transport performant constitue une valeur ajoutée pour les entreprises et l’économie, les infrastructures de transport représentent un coût significatif (investissement comme fonctionnement) et demeurent "peu rentables" sur le court terme. C’est pourquoi la puissance publique finance cette fonction qui constitue un véritable avantage comparatif territorial. Réalité qu’il est bon de rappeler aux tenants d’un ultra libéralisme qui démontre furieusement ses limites ces derniers temps, considèrant trop souvent la puissance publique comme une charge financière et un frein au développement économique. Il faut quelquefois voir au delà du bout de son nez, aussi long soit il …

    Une des particularités de l’Ile de France, et non la moindre, est la présence du STIF (Syndicat des Transports d’Ile de France, nous y reviendrons dans le prochain billet). C'est incontestablement comme partout en France, la volonté des élus régionaux de changer une donne passablement compromise, afin d'enclencher un véritable mouvement de fond dans le domaine des mobilités qui a permis de faire évoluer un contexte qui semblait jusque là figée et de créer des perspectives meilleures.

    En Ile de France, une des origines de ce mouvement est la réflexion initiée autour du Schéma Directeur Régional. Ce dernier, fruit d’un travail collectif piloté remarquablement par Mireille Ferri témoigne d’une nouvelle approche, liant développement territorial, intensité urbaine et mobilités. Il a permis de déboucher sur un document stratégique qui souligne l’importance de structurer un territoire autour des nœuds de son réseau de transport collectifs; ce qui permet en contre point de protéger également  espaces naturels et agricoles.
    Une réflexion qui nous aura fait gagner beaucoup d’années, mais qui pour être mis en œuvre nécessite un préalable : avoir un réseau de transport performant.

    C’est bien là que le bas blesse, conséquence logique du manque d’investissement tant de l’Etat, que de la SNCF depuis plusieurs décennies dans le réseau de banlieue. Situation devenue critique (cf ce blog) du fait du manque de moyens consacrés tant en fonctionnement qu’en investissement.
    Incontestablement le changement de gouvernance au STIF a été le point de départ de ce que l’on peut réellement qualifier de « reconquête » : cadencement, acquisition de nouvelles rames, investissement dans les gares, création de lignes de tramway, rénovation des voies et ballasts, avec la particularité de consacrer la moitié des investissements à la grande couronne (volonté affirmée de Jean Paul Huchon).

    Vague de fond qui s’est propagée aux acteurs  de la mobilité :

    -  La SNCF renouant avec les territoires et les mobilités de proximité mais aussi avec ses racines, après deux décennies consacrées quasi exclusivement au développement du TGV. Remise en cause interne qu’il convient de saluer, accompagnée du soutien financier de la région et du STIF. L’entreprise nationale qui jusqu’en 2006 avait démontré un certain « autisme » face aux demandes des usagers et des élus (cf ce blog), a depuis entrepris une vraie révolution culturelle et s’investit de nouveau vers l’avenir en travaillant à bâtir de vraies perspectives, tant pour les usagers que son personnel …

    - Les autres opérateurs, qui ont initié un mouvement de concentration, notre transporteur local historique (Marne et Morin) après avoir avalé tous ses concurrents a été racheté par le groupe Transdev et accélérer la constitution de réseaux suffisamment dimensionnés pour répondre aux enjeux transversaux de la nouvelle dimension que revêt désormais la problématique des mobilités beaucoup plus globale  : Keolis, Transdev, RATP …

    Se déplacer est enfin redevenue un enjeu politique, au sens noble du terme, tant cette capacité  est liée au temps qui passe, au temps à gagner, à la liberté de se mouvoir avec agilité dans l’espace, tant pour son épanouissement personnel que celui de la société. Une capacité vitale qui nous caractérise depuis que l’homme est homme.

    Peu à peu, irrémédiablement, le paysage des mobilités évolue, mute, un nouveau paradigme se dessine, avec l’émergence d’un nouvel acteur, la collectivité …

     

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  • A Lazare Ponticelli, ce 11/11/11

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    Ce 11 novembre 2011 est un moment  particulier pour notre ville et l’agglomération … 

    Particulier pour Trilport avec la venue d’une délégation de nos amis d’Engen, notre ville jumelée, située dans un pays, l’Allemagne, qui lors de la Grande Guerre a partagé les mêmes peurs et les mêmes douleurs, mais de l’autre coté des tranchées,

    particulier aussi et surtout pour l’agglomération du Pays de Meaux, du fait de l’inauguration du Musée de la Grande Guerre, sur les lieux mêmes où tant de vies humaines furent sacrifiées.

     En ce jour, au moment des nombreuses célébrations qui accompagnent l’inauguration du musée, n’oublions jamais le bilan de cette terrible tragédie …
    Plus de 10 millions de morts sont tombés « Sous cette pluie de fer, De feu d'acier, de sang » et dans quelles attroces souffrances …

    La seule question qui vaille et que l’on doit à l’histoire est de savoir pourquoi … 
    Pourquoi tant de morts, tant de haine, tant de dégâts  humains et matériels ? et tant de conséquences par la suite ?
     L’écrivain autrichien anti nazie Stephan Sweig nous apporte quelques éléments de réponse …

    " Si aujourd'hui on se demande à tête reposée pourquoi l'Europe est entrée en guerre en 1914, on ne trouve pas un seul motif raisonnable, pas même un prétexte.

    Il ne s'agissait aucunement d'idées, il s'agissait à peine de petits districts frontaliers ; je ne puis l'expliquer autrement comme une conséquence tragique de cet excès de puissance qui s'était accumulé durant ces quarante années de paix et voulait se décharger violemment. Chaque État avait soudain le sentiment d'être fort et oubliait qu'il en était exactement de même du voisin ; chacun en voulait davantage » 

     

    Effectivement, rien ne justifie cette guerre ou si peu …  Aucune idéologie, sinon celle du profit des marchands de fer, de canon et de feu, et des différents impérialismes européens qui en voulaient toujours plus en jouant sur l’enthousiasme de militaires en mal de testostérone désirant plus que tout une revanche sur 1870 …

    Qu’en retenir …

    Une génération sacrifiée, des régions et des économies entièrement détruites, des années de malheur pour le plus grand nombre, des sentiments nationaux exacerbés, et au bout du bout, des vaincus humiliés !
    Une humiliation qui conduira au nazisme, et sera à l’origine d’un conflit encore plus horrible …

    Autant dire que je suis plus que réservé de faire de cette journée, un "memorial day" à l'américaine. Il y a contre sens. Chaque date qui compose le tryptique 11 novembre, 8 mai, 14 juillet à sa logique, et ses enseignements, encore faut il les retenir et ne pas faire de contre sens.
    Ce n'est pas la "victoire de nos couleurs" qu'il faut exalter, mais bien une tragédie mondiale qui a secoué durablement et dramatiquement ce continent : que l'on soit allemands, prussiens, anglais, français ou d'une toute autre nationalité. 
    Il n'y a pas de hiérarchie dans les morts, chacune a son poids de malheur et de souffrance, mais peut on, à l'aune de l'histoire, comparer le cataclysme terrible qui a secoué le monde en ce début de XXeme siècle, sacrifié une génération entière de nos jeunes, celle des Lazare Ponticelli, le dernier poilu français à disparaitre, un sur trois n'est pas revenu et aucun n'en est sortit indemne, à une opération militaire extérieure, comme celle de l'Afganisthan dont chaque jour nous montre l'inutilité.  
    Non bien évidemment non, et ce n'est pas faire injure aux soldats qui tombent aujourd'hui si loin de chez eux, que dire ou penser cela.
    Il y a des guerres et des morts inutiles;  les 10 milllions de cadavres qui ont jonché l'Europe entre 1914 et 1918 étaient ils si utiles ... Je les aurai préféré alerte, plein de vie et d'entrain ...

     C'est le temps qui constitue le tamis de l'histoire pas la décision politique d'une seule personne. Le fait qu'il n'y ait plus de poilu en vie, que Lazarre Ponticelli ne soit plus parmi nous, ne doit pas nous faire perdre de vue la nécessité de ce remémmorer toute la tragédie qu'a constitué cette guerre.

    Car ce sont les hommes, c'est bien notre démocratie qui a rendu ce cataclysme possible. 

     
     
     




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  • Mobilis in mobili (1)

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    Cette note fait suite à une intervention  à l’école des Ponts, où j’avais été invité afin de plancher sur une problématique quelque peu ésotérique : « Quelle stratégie à déployer concernant les déplacements en Ile de France à l’horizon 2012 ? Les réponses du nouveau PDU », tout un débat … Que nous pouvons traduire par cette simple interrogation : quel est votre ressenti d’élu sur l’évolution des déplacements en Ile de France ?…

    L’objectif de ce premier billet est de rappeler le contexte et la réalité de 2003, représentative de la représentation qu’avaient, et qu’ont encore pour une grande partie d’entre eux les élus de la grande couronne, de l’organisation des transports dans la Région Capitale.
    J’aborderais plus précisément dans les prochains billets les bouleversements qui ont concerné cette problématique et explorerait quelques pistes de prospective …   

    Mon intervention se faisant face à un public averti, constitué de fins connaisseurs du contexte, il m’a semblé plus judicieux de ne pas entrer dans le détail des dispositifs en place ou dans le commentaire « théorique » des défis et orientation  du Plan de déplacement Urbains d’Ile de France. J'ai plutôt proposer à l’auditoire une analyse personnelle sur le bouleversement considérable qui a concerné ce secteur depuis moins de 10 ans, en me situant sur une focale résolument grand angle, celle de la grande couronne, notamment de la Seine et Marne et avec le point de vue de l'élu de base que je suis.

    Le titre d’un récent best seller pourrait résumer en partie ce propos : « la carte, le territoire » auquel il faudrait rajouter immédiatement « et leurs mobilités » tant ces différentes questions sont étroitement mêlées et imbriquées.
    Pour travailler sur un nouveau mode de développement, notre société redécouvre enfin les vertus de la géographie et l’importance du regard du géographe comme de sa méthode fondée sur la «reconnaissance des espaces qui investissent les lieux, qui les mettent en relation, qui leur donnent du sens » … 


    Nous redevenons "mobile dans l’élément mobile", telle la devise du Nautilus cher au Capitaine Nemo (« mobilis in mobili … »). Les mobilités sont de nouveau au cœur du développement de nos sociétés, du fait de la lutte contre les émissions de G.E.S mais aussi des conséquences négatives de l’étalement urbain sur l'efficience de nos déplacements. La place et le statut pris jusque là par l’automobile individuelle sont enfin remise en cause, ce qui amène à explorer de nouvelles grilles de lecture de l’organisation urbaine.

     En Ile de France, malgré des progrès certains, nous le verrons, la frustration grandit, et les besoins s’accentuent. Incontestablement nous assistons à une « accélération dans l’accélération » du degré d’exigence de nos concitoyens.
    Ils ont un sentiment très fort d’immobilisme alors qu’un simple coup d’œil dans le rétroviseur rappellerait les progrès significatifs réalisés depuis 2003. Nous réglons aujourd'hui la facture de plus de trente années de sous investissement, tant au niveau des infrastructures, de leur fonctionnement que des projets mis en œuvre.  Situation qui replace de facto au premier plan la notion de cout global, mais cette fois ci, appliqué au développement des territoires.
    Une quadrature qui dans le contexte budgétaire actuel, ne sera pas simple à résoudre, mais qui est avant tout un choix politique et un investissement pour que les habitants de notre société soient   plus que jamais "mobiles dans l'élément mobile" !

    Entrons dans le vif du sujet, avec le  rappel de la situation ante 2011 …

     

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  • Aide à domiciles, attention danger !

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    Nous avons eu le plaisir d'accueillir les délégués de l'UNA 77 (Union Nationale des Aides à domicile) à l'occasion de leur assemblée générale annuelle.

    Cette association créé en 1970 regroupe l'essentiel des structures d'aides à domicile, une cinquantaine, intervenant dans le département.
    Autant le préciser immédiatement, ce secteur d'activités pourtant indispensable à la cohésion sociale du pays, traverse actuellement une sérieuse période de turbulences. En 2009, ces structures ont réalisé plus de 1 300 000 000 heures auprès de 12 000 usagers; l'ASSAD de Trilport et de ses environs, en réalisant plus de 50 000 heures.  

    C'est dire l'importance de leur action quotidienne auprés de nos concitoyens, qui permet à nombre de personnes âgées et dépendantes de poursuivre leur vie en toute harmonie, à leur domicile, dans nos villes et villages. 

    Le vieillissement est trop souvent synonyme d’isolement et de solitude lié soit à des problèmes de santé, d’accessibilité, de mobilité. Chacun d’entre nous, à un moment donné de sa vie, dans son environnement familial ou amical proche, a pu mesuré ce constat avec humilité. Quitter son logement représente pour les personnes âgées un traumatisme irréparable :  perte de repères essentiels, rupture du réseau social,  sentiment de déclassement et d’abandon.

    À l’horizon 2050, selon l’Insee, le nombre de personnes âgées de 60 ans devrait doubler, de 75 ans, tripler (pour atteindre 11,6 millions) et celui des 85 ans et plus, potentiellement concernées par une perte d’autonomie, multiplié par quatre (1,3 million en 2000 et 4,8 millions en 2050). 
    Avec l’allongement de la durée de vie, la problématique de la relation entre vieillissement de la population et adaptation du logement mais aussi des services de proximité, devient incontournable. Phénomène sociétal inéluctable que notre société se doit de préparer au mieux. Certes le vieillissement croissant de la population est une conséquence heureuse des progrès de la société, mais il nous impose d'être présent au rendez vous et de répondre à ces nouveaux besoins.

    Cependant, malgré l'importance de l'enjeu, l’année même du « débat sur la dépendance » voulu par le Président de la République, qui pour l’heure n'a donnée suite à aucune proposition concrète, la situation de beaucoup de ces associations est plus que problématique.

    Ce paradoxe a été le point clé de mon intervention, lors du mot d'accueil effectué en ouverture des travaux de cette réunion ...

     

     

     

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  • Sénat : Tout est en effet possible ...

    senatoriales-2011.giflendemain de journée électorale

     

    Retour sur un dimanche consacré aux sénatoriales dont les résultats tant locaux que nationaux compensent largement le regret d’avoir passé l’essentiel de cette magnifique journée ensoleillée à la Salle des Fêtes de la ville préfecture, Melun.

    Beaucoup de commentateurs de la chose politique se déclarent surpris d’un tel résultat, mais l’objectivité m’oblige à préciser que je pressentais un tel bouleversement, j'y reviendrais peu aprés, car la tendance constatée dimanche dernier vient de loin.
    Il est utile afin de mesurer toute l’ampleur de la vague de fond qui a secoué la haute assemblée, et au delà, l'ensemble descollectivités françaises de rappeler quelques points de repères :

    En 1995, la gauche disposait de 90 sénateurs sur 321, c’était il est vrai au siècle dernier, à l'époque ou ce mandat durait 9 ans et que le département de Seine et Marne n’avait jamais connu de sénateur progressiste (ce qui a changé depuis 2004).
    A l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, la droite disposait de 203 sièges contre 128 à la gauche,depuis dimanche dernier la donne a bien changé; puisque la gauche rassemble désormais 178 sièges sur 348, majorité absolue, cerise sur le gateau, sa liste en Seine et Marne a terminé en tête en réunissant plus de 43% des suffrages exprimés.
    Ces résultats représentent un vrai bouleversement (voir ci après), décidemment avec Nicolas Sarkozy, tout est possible !

    Je regrette pour ma part, la mauvaise foi de certains hommes politiques de droite le soir de l'élection, dont notamment celle de Gérard Larcher Président du Sénat ou de Jean Pierre Raffarin, refusant de reconnaître une défaite pourtant incontestable. Elle témoigne de la propension de certains élus, à considérer leur camp comme « propriétaires  de droit divin » de leurs mandats électifs et traduit un curieux respect de la démocratie. Ces réactions démontrent également tout l'intérêt et l'utilité d'une alternance, rappelons que la "haute assemblée" depuis son origine a toujours été un marqueur prononcé de la droite la plus conservatrice.

    Avant de revenir sur les multiples causes à l’origine de ce succés électoral, je tenais à saluer le travail de terrain quotidien et l’activité parlementaire inlassable des premiers sénateurs seine et marnais de gauche,dont Nicole Bricq.
    Ils ont démontré à beaucoup d’élus locaux qui en doutaient, l’utilité du Sénat et les ont réconcilié avec cette assemblée, qui j'en suis désormais persuadé peut réellement devenir enfin le parlement des territoires.

     

    Mais pour aller au delà du simple commentaire politique, voici mon analyse sur ces résultats et les perspectives qu'il ouvre …

     

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  • Le Grand Paris, a t’il besoin d’espaces ouverts ?

    espace-ouv1.jpgJ’ai participé, il y a quelques semaines, à la 2eme table ronde des  «Conversations Métropolitaines » (cf note précédente) dont l'intitulé évocateur : « Les espaces ouverts sont-ils l’avenir du Grand Paris ? », nous rapproche  du poème d’Aragon, mais aussi paradoxalement de la thèmatique abordée lors du débat précédent, qui était consacré lui à l'intensité urbaine.

    Rapide rappel. Un « espace ouvert » est un espace non construit, qui n’est ni altéré, ni imperméabilisé, autrement dit le terme regroupe les espaces agricoles et naturels. Il est bon de savoir que dés qu’une parcelle est bâtie et imperméabilisée, il lui faut des siècles, avant qu’elle ne puisse se reconstituer. Malgré cette réalité qui interpelle, beaucoup de professionnels de l’aménagement persistent à les considérer comme des réserves foncières ! Est il utile de souligner que la réversibilité est dans ce cas à sens unique !

    J'en veux pour preuve, un constat simple. Depuis quarante ans, la consommation d’espace naturel s'intensifie, une tendance que rien ne semble stopper. En 5 ans c’est l’équivalent d’un département comme la Seine-et-Marne, un des plus étendus du pays, qui a disparu, soit 24 m2 chaque seconde (Chambre d’agriculture).
    Conséquence directe du modèle culturel dominant de "l’american way of life" dont le style de vie est basé sur le développement de la voiture et de la maison individuelle avec jardin, l’étalement urbain, la multiplication de grands pôles commerciaux (« malls ») en périphérie.
    Autant d'éléments qui induisent le développement  d’une « ville consommatrice » (foncier, énergie, pierre, temps), dévoreuse d’espaces ouverts.
    Si nous voulons encore préserver des espaces naturels et agricoles significatifs, nous devons donc sortir de ce modèle, mais par le haut. Les urbanistes, élus, promoteurs, architectes, acteurs de l’aménagement  doivent s’y atteler au plus vite, avec un prélable,  rendre la ville durable désirable ce qui nécessite de faire évoluer les représentations culturelles liées à l’épanouissement personnel et familial, mais également la qualité de vie dans les villes.

    C’est ce qui est ressorti d'interventions fortes lors de ce débat. Notamment celle de Jean Yves Chapuis (voir plus loin) reprécisant qu’il est important d’anticiper les mutations, de ne pas figer une ville qui doit se faire, se défaire et se refaire de manière quasi continue.
    Si les espaces naturels et agricoles, sont d’ores et déjà un atout considérable pour notre pays, nous y reviendrons, leur formidable potentiel nous permettra demain de surmonter bien des défis, à condition bien évidemment d'avoir pu et su protéger leur intégrité.
    Aujourd'hui la menace de les voir disparaitre ou se dégrader est réelle a rappelé  Mireille Ferri (voir plus loin). Elle a souligné que la question centrale de leur survie est bien celle de leur valorisation. Une réalité économique qui doit s’imposer à tous, tant lors de l’élaboration des documents d’urbanisme, les espaces ouverts constituant  le « contre point » du bourg urbanisé, que dans les choix économiques : agriculture vivrière, éco matériaux ...

    Pour les préserver deux pistes doivent être explorées au plus vite :

    • limiter l’étalement urbain, et décourager toute spéculation, altération et fragmentation concernant ces espaces
    • valoriser lers produits issus de l'agriculture afin de maintenir une activité économique significative ayant de réelles perspectives de développement

     

    Vous en doutez ?

     

     

     

     

     

     

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  • Vous avez dit "Habitat, seniors, services" ?

    fsm-hss2.jpgIl y a juste deux ans, nous recevions le Préfet de Seine et Marne venu signer en Mairie de Trilport, le Contrat de Mixité Sociale nous liant à l’Etat. Force est de constater que la situation depuis a évolué, fort heureusement, et que la manifestation d’aujourd’hui avec la signature de la convention « Habitat Seniors service » avec le bailleur social FSM, en est la meilleure illustration, j’y reviendrais …

    Si l'article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains impose un seuil quantitatif à atteindre et l’obligation pour la commune de construire d’ici 2020, plus de 250 logements sociaux pour arriver aux 20% exigés, notre volonté est de doubler cet objectif d'une exigence qualitative ; ce qui est techniquement plus compliqué, mais nous désirons avant tout respecter l’esprit et le texte de la loi, en doublant les exigences quantitatives de réponses qualitatives.  L’objectif de l’équipe municipale est de créer une mixité générationnelle et sociale épanouie dans toute la ville, sans ghettoïsation, afin d’éviter tout sentiment de déclassement ou de relégation.

    C’est un fait, le parcours résidentiel est en panne dans notre pays depuis des décennies, surtout dans le domaine du logement aidé ; panne qui pénalise d’autant plus certains public fragilisés, dont les seniors, de plus en plus nombreux.

    Le dernier recensement INSEE (2006) souligne un vieillissement de la population locale. Les plus de 60 ans représentent désormais prés de 20% des Trilportais (contre 13% en 1982), les plus de 65 ans 13,3% et les plus de 75 ans 7%. Tendance qui n’est pas particulière à notre ville, mais concerne le pays tout entier.

    Il nous faut anticiper les conséquences du vieillissement progressif du pays.  L’INSEE indique qu’en 2050, 31,9% des habitants auront plus de 60 ans (contre 20,8% en 2005) et que les 75 ans et plus passeront de 8% en 2000 à 15,6% en 2050.  Si cet allongement de l’espérance de vie est une bonne nouvelle, cette évolution impose désormais de penser autrement la ville et les relations inter générationnelles.

    Quitter son logement représente pour une personne âgée un traumatisme, du fait d’une perte de repères essentiels et de la rupture de son réseau social. Elle entraine souvent un véritable sentiment de déclassement et d’abandon. Le vieillissement est trop souvent synonyme d’isolement et de solitude lié soit à des problèmes de santé, d’accessibilité, de mobilité.

    Il est essentiel de favoriser le prolongement de l’autonomie résidentielle en mettant en place une offre adaptée. 

     

    C’est bien l’objet du label Habitat Seniors services et de la signature d’aujourd’hui avec FSM 

     

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  • PIG : More nature than nature ?

    Les seine et marnais rêvent-ils de moutons électriques ?

     

    5509mec_27.jpegLes incidences environnementales de « Villages nature » ne se limitent pas à ce seul projet, loin s’en faut. Le futur site touristique fait l’objet en effet d’un Programme d’Intérêt Général (ou PIG), qui impactera considérablement le secteur, et bien au delà des 500 hectares consommés par Dysney and Co.

    La procédure du PIG est particulière, elle autorise l'Etat à imposer aux collectivités territoriales des projets reconnus d'utilité publique (ouvrage, opération d’aménagement… ). Concernant « Villages Nature », les associations environnementales remettent en cause cette notion « d’intérêt général », pour ce qui est de fait une appropriation par des entreprises privées, d’espaces forestiers et de terres agricoles, voués à être transformer en site touristique international.
    C’est bien le lancement de Villages Nature qui a entrainé la révision du PIG initial du secteur IV de Marne-la-Vallée par l'Etat, qui prévoit que «la population devrait atteindre d’ici à 2030 entre 55 000 et 60 000 habitants», soit 35 000 habitants de plus qu’aujourd’hui , excusez du peu !

    Une procédure qui transformera de manière irréversible un secteur bien plus étendu que prévu à l’origine ; si dans le décret initial de mars 1987 seul le secteur nord de l’A4 était urbanisable, la localisation actuelle intègre 108 hectares qui n’étaient pas concernés par cette convention.
    Deux communes, situées hors périmètre, se sont trouvées intégrées, bien malgré elles, dans l’aventure de « Villages Nature », suite à une décision prise sans préavis ni concertation.

    Les représentants des collectivités voisines (cf note précédente) ont insisté sur la nécessité préalable de mettre à niveau les infrastructures de transport (routières et ferrés) sur un secteur déjà saturé ! Sur ce point aucune précision n’a été donnée sur leur calendrier de réalisation et les modalités de financement, d’autant que les travaux autour du réseau du Grand Paris vont compliquer une donne déjà explosive.

    Autant d’éléments, qui dans le cadre d’une opération plaçant à priori le Développement Durable comme priorité première font désordre et laissent pour le moins perplexe, tout en inquiètant un grand nombre d’élus.

    Voilà un dossier de rentrée qui promet et risque fort d’évoluer dans les prochains mois, d’autant qu’il aborde deux problématique qui ne laisse peronne indifférent : celles de l’environnement et du lien social.

    Car comme l’évoquait le slogan publicitaire de « Tyrell Coorporation », autre grande entreprise du 7eme art et qui inspire sans doute les managers de Dysney, méfions nous du : « More human than human »

    Il est effectivement important, de replacer l’humain au centre de ce projet, l’humain réel pas son répliquant.

     

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  • 14 juillet 2011

    affiche.jpgFêter le 14 juillet c’est poursuivre la longue chaine des commémorations de la fête nationale qui se sont succédées depuis 1790, mais aussi et surtout célébrer les trois valeurs républicaines qui ont fait de nous, ce que nous sommes et de notre pays, la France et qui au fil de l’histoire se sont diffusées comme autant de signes d’espoir en un monde meilleur.

    « Liberté, égalité, fraternité », valeurs intemporelles et universelles s’il en est, complémentaires aussi, tant la fraternité fédère les deux premières. Lorsque la  société est morcelée, fragmentée, éclatée, que l’individualisme se développe, la fraternité prend alors tout son sens, sinon à quoi sert de vivre ensemble ?
    La solidarité est la mission première des collectivités et notamment de nos communes, car si elle ne s'en préoccuperaient pas qui le ferait ?

    En ce 14 juillet 2011, l'atmosphère est maussade, es temps paraissent difficiles et les français sont carrément pessimistes. La faute à une crise interminable dont personne ne voit la fin et la transformation de nps repère habituels, trés certainement, mais aussi sans doute à l’absence de perspectives politiques immédiates, en  attendant 2012.

    Ceci étant, il faut relativiser, dans la passé de notre pays bien des 14 juillet ont été plus dramatiques, les conflits mondiaux du siècle dernier en attestent. Sous d’autres latitudes également ce 14 juillet est plus rude.
    Comment ne pas penser en ce jour aux 6 soldats tombés en Afghanistan pour défendre l’idée qu’ils se faisaient de la France et de ses valeurs. J’avoue cependant avoir du mal à comprendre l’utilité d’un engagement militaire dont la justification ne semble plus qu’être la défense du régime corrompu d’Hamid Kharzaï, de plus en plus isolé et rejeté des afghans. J’ose espèrer que le sacrifice de nos 70 soldats tués ne soit pas vain, et que ce conflit ne se révèle pas constituer une impasse dramatique.

    Mais cette journée était également placée à Trilport sous le signe Napoléonien, du fait de la présence des grognards qui étaient parmi nous, histoire de commémorer le 14 juillet …

     Pourquoi, pourriez vous vous demander ?

     

     

     

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  • "Villages nature" est il réellement nature ?

    lagoon.jpgLa SNCF lors de la dernière réunion du club de partenaires avant la trêve estivale, a eu la judicieuse idée d’inviter Dominique Cocquet, Directeur général de «Villages Nature », afin qu’il présente un projet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre.
    Ce « routier » du « monde merveilleux de  Disney », société ou depuis 20 ans il occupe divers postes à responsabilité, venait tout juste de clore le cycle de réunions de concertation imposé par la Commission nationale du débat public (site de la CNDP, note du blog sur cette instance), c’est dire qu’il était affuté pour cette présentation.

    Son discours a coulé, limpide comme de l’eau de source, le manager aguerri laissant place à un véritable évangélisateur au discours  environnemental quasi mystique soulignant l’harmonie entre l’homme et la nature et célébrant la rencontre entre génie humain et génie des lieux.

    Ne nous y trompons cependant pas, derrière le « green washing » d’une présentation publique bien rodée, le model business du projet apparaît clairement. Rappel utile, Dominique Coquet dans une vie antérieure a également dirigé Forest-Hill Développement et à ce titre le projet Aquaboulevard de Paris.

    Villages nature est une joint venture entre deux acteurs majeurs du tourisme et du divertissement « Pierre & Vacances Center Parcs », leader européen du tourisme de proximité (40 années d’expérience) et Euro Disney, dont le navire amiral Disneyland Paris, est la 1ere destination touristique européenne avec plus de 230 millions de visites depuis 1992. Leur collaboration est né d'un projet commun mené sur Euro Dysney en 2003 (Adagio Aparthotel).
    Les deux nouveaux partenaires décident de surfer sur une tendance de fond autour de l’environnement, et l’intérêt croissant pour l’éco tourisme et le tourisme vert. Deux initiatives du Groupe Pierre & Vacances Centers Parc vont dans ce sens : le domaine de Belle Dune, en baie de Somme (label Éco-Village), et le dernier né des Centers Parcs, celui des Trois Forêts Moselle- Lorraine.

    Villages Nature est le fruit de cette réflexion sur la « quête de l’harmonie entre l’homme et la nature », concept totalement adapté aux vacances familiales; mixt entre un immense Center Parc nouvelle génération et des résidences hôtelières thématiques, dans l’esprit du Davy Crockett Ranch.
    Le projet initial est d’élaborer un prototype, encore faut il disposer d'un espace suffisamment étendu et d’infrastructures à proximité. En cas de succès, le nouveau produit touristique pourra s’attaquer à̀ d’autres marchés européens (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni …).

    Un site semble particulièrement adapté; localisé au coeur de l'Europe, à 6 km de Disneyland Paris; avec une surface potentielle de 500 hectares. Il présente l'avantage déterminant d'être à proximité immédiate de Disneyland, ce qui permet non seulement à ces deux pôles d'être complémentaires, mais  de partager les infrastructures déjà existantes ou prévues sur Val d’Europe : 1er hub TGV de France à Marne-la-Vallée/Chessy, RER A, Autoroute A4, lignes de bus interurbaines, navettes aéroportuaires ...

    C’est ainsi que le projet "Villages nature" est né … 

    Mais, ce  projet qui marquera notre environnement immédiat dans les prochaines années est il respectueux de la nature ?

     

     

     

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  • Grand Paris : L’intensité urbaine à l’ordre du jour

    jardin-abbe-pierre_s.jpgLa 1ere soirée débat des « Conversations Métropolitaines » (cf note précédente), consacrée à l’intensité urbaine a été inaugurée par le tout nouveau Président de l’Atelier International du Grand Paris, Pierre Mansat dans un lieu totalement adapté au sujet des tables rondes, et certainement pas du au hasard,  puisqu’il s’agit de l’amphithéatre de l’Université Paris Diderot, implanté en plein cœur de la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) « Paris Rive Gauche ».

    Cette  ZAC constitue l’opération urbaine la plus ambitieuse menée à Paris depuis le 19 eme siècle. Nous sommes déjà dans la ville post Kyoto : tours résidentielles, jardins durables, celui de l’abé Pierre est un modèle de gestion différenciée des espaces, passerelle pour piétons, réutilisation d’anciens bâti industriels emblématiques, telle l’ancienne halle des Grands Moulins de Paris abritant l’amphithéatre, le Paris d’Hausmann est bien loin …

    Nous sommes incontestablement dans un morceau de ville qui se régénère … Manque cependant à proximité de l’amphi,  des parcs à vélo, comme quoi la durabilité est un long combat !
    Aujourd’hui plus de 5.000 habitants y vivent, 15 000 salariés y travaillent, à terme ils seront prés de 20 000 habitants pour 60.000 salariés !

    C’est dire l’importance de ce chantier hors norme de plus de 130 hectares, situé à un jet de pierre de la Très Grande Bibliothèque de France. 

    Force est de constater que les trois tables rondes qui se sont succédées, animées par Cyrille Poy, journaliste des plus spécialisés, nous ont plongé au cœur des thématiques liées à l’intensité urbaine, et des freins entre cet objectif encore lointain est la situation actuelle ressentie par les acteurs du terrain.

    Constat, l’intensité urbaine doit intégrer deux  paramètres : la multiplication des recours juridiques due à une complexité incroyable des procédures et l’échelle des temporalités …

     

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  • Petites Villes : sens de la vie ou sens de la ville ?

    jean-viard-photo-2009-07-06-VIII-universite-d-ete-310.JPGLors des assises de l’APVF (cf note précédente) les Maires des Petites Villes, ont été interpellé par l’intervention de Jean Viard, chercheur (CNRS, CEVIPOF), éditorialiste (JDD, Terra Eco …)  à ses heures perdues et élu local également. Il a esquissé en quelques traits le portrait d’une société en pleine (®)évolution, dans laquelle la carte n’est plus liée à un seul territoire mais bien à plusieurs, dont certains, virtuels et globaux.

     

     Constat positif cependant, nous vivons de plus en plus longtemps :

    « En un siècle, nous avons gagné vingt-cinq ans d’espérance de vie. Onze ans depuis 1945. Cinq ans depuis 1981. Trois heures par jour actuellement. C’est d’ailleurs pour cela que nous serons bientôt neuf milliards …

    Si vous avez la chance d’avoir du travail pendant 42 ans et 35 heures par semaine, vous travaillerez en tout 63 000 heures dans votre vie, mettons 70 000, avec les heures sup et autres compléments. La vie en France dure en moyenne 700 000 heures. Le travail égale donc moins de 10% de la vie en 2010.

    En 1900, on travaillait 40% de sa durée de vie. Nous avons bâti une société de vie longue et de travail court et nos enfants vivront 100 000 heures de plus que nous. »


    Si l’espérance de vie s’allonge, paradoxalement dans le même temps la société devient de plus en plus pessimiste en l’avenir, et fait face à une crise profonde, qui n’est pas seulement financière et sociale, mais plus globale, concernant également le politique, la quête de sens et de valeurs.

    Plus que jamais, nos concitoyens ont besoin d’horizon, de perspectives, car pour  Jean Viard, aujourd’hui si les français se rattachent tant au présent, c’est bien par peur du futur … Même les afghans sont plus optimistes, c'est dire  !

     

    Que penser d’une telle analyse ?

     

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  • Petites Villes : La carte et le territoire

    apvf-saint-flour.jpgJ’ai participé aux Assises des Petites Villes de France, qui se sont déroulées à Saint-Flour (Cantal) fin mai. Un rendez vous annuel attendu permettant aux élus d’échanger, de confronter expériences ou points de vue, de prendre surtout quelque peu de recul et de participer à des tables rondes utiles et enrichissantes ouvrant de nouvelles perspectives. Il est toujours bon de sortir quelque peu la tête du guidon, histoire de voir un peu plus loin que son microcosme local.

    La thématique 2011 avait repris, à la lettre, le titre  du dernier Goncourt : « La carte et le territoire ». Titre évocateur s’il en est … la carte est-elle plus intéressante que le territoire ou l’inverse ? Titre dans tout les cas, totalement approprié à la problématique de la cohésion territoriale et sociale au cœur des préoccupations actuelle des élus comme de leur actualité immédiate (voir plus loin). Le  titre du roman de Michel Houellebecq a servi de fil rouge évident aux ateliers et tables rondes se déroulant sur ces deux jours : conséquences de la refonte de la carte intercommunale, perspectives de la réforme de la péréquation, mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement, sécurité ...

    Constat clair, le ressenti des élus à l’égard de l’évolution territoriale initiée et du désengagement de l’Etat est de plus en plus perceptible. Situation qui inquiète en haut lieu (2012 n’est pas loin !), si l’on en juge par la venue à ces assises du Président de l’Association des Maires de France, de deux Ministres de l’actuel gouvernement et du Président du Sénat Gérard  Larcher, ouvertement en campagne.

    Les raisons du mécontentement croissant  des élus locaux, toutes tendances confondues sont multiples : conséquences de la RGPP,  désengagement de l’Etat dans les territoires, fin annoncée des co financements (ou financements croisés), création du Conseiller Territorial, conditions de réactualisation de la carte intercommunale, et cette liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut !

    Nous reviendrons forcémment et malheureusement sur les problèmes budgétaires, le désengagement de l’Etat, et ses  conséquences dramatiques pour le pays, mais il me semble plus intéressant de revenir sur le sujet central de ces deux journées, « la carte et le territoire » …

    Pour échanger sur une telle  problématique, vrai sujet de grand oral, la parole n’a pas été donnée qu’aux élus, le sociologue Jean Viard, a interpellé quelque peu l’assemblée de manière iconoclaste sur les représentations, imaginaires des uns et des autres confrontés au principe de réalité et aux évolutions (révolutions) en cours dans une société en marche …

    Il y a effectivement de la remise en cause dans l’air …

     

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  • Eco quartier : du métabolisme urbain

    bonne-1.jpg

    Retour sur la Conference nationale
    à Grenoble(1)

    La dernière  Conférence Nationale du Club des éco quartiers  (cf note précédente) était consacrée à la thématique « Eco-renouvellement, Eco-rénovation » se déroulait à Grenoble. Au programme de la journée, outre la visite de l’éco quartier de Bonne, référence du développement durable à la française, des ateliers, durant lesquelles deux interventions m’ont particulièrement marqué, celle d’Alain Maugard,  l’ancien président du CSTB (1993 à 2008), je l’avais croisé à l’époque, et qui depuis 2009 conduit la destinée de QUALIBAT, et d’Olivier Sidler, expert en énergétique du bâtiment, dirigeant du cabinet Enertech, certainement  un des meilleurs spécialistes français des bâtiments à basse consommation énergétique actuellement.

    Avant d’aborder dans une prochaine note la visite de l’éco quartier lui même, j’ai jugé important de revenir plus en détail, sur les interventions marquantes de la journée, ou plutôt les interpellations, de deux grands témoins invités à s’exprimer devant nous pour l’occasion, Alain Maugard et Olivier Sidler.

    D’un coté un visionnaire, de l’autre un grand technicien menant deux approches très complémentaires, reposant sur deux histoires personnelles très différentes mais nous proposant e la même ligne de fuite.

     Avant-gardiste de renom, Alain MAUGARD, nous a livré sa vision, non seulement technique mais également urbaine, de la ville de demain confrontée aux impératifs environnementaux aujourd’hui, dont nous devons absolument tenir compte.

    Il a centré son intervention sur le métabolisme humain et a appelé à revenir à la ville médiévale … Paradoxal ou non ?

    Jugez plutôt ...

     

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  • Le 77, vu de Paris Metropole …

    grand_paris_metropole_douce_lin180309_fcslin_1.jpgAfin de préserver la dynamique engagée lors de l’élaboration du projet de territoire départemental, le Conseil Général a mis en place un Conseil Participatif composé de représentants des trois collèges (citoyens, élus, forces vives) assurant des missions de veille, pouvant émettre des contributions, évaluer l’évolution de chacun des cinq chantiers et de formuler des avis auprès de  l'exécutif départemental …

    Dans ce cadre, lors de sa dernière réunion plénière, le Conseil Participatif a auditionné deux acteurs incontournables de la réflexion engagée autour du Grand Paris, Jacques JP Martin, nouveau Président de Paris Métropole et Pierre Mansat, Maire Adjoint de Bertrand Delanoë, délégué à la coopération avec les collectivités territoriales d'Île-de-France. Pierre Mansat est le créateur de la Conférence Métropolitaine et l'animateur d'un blog très utile pour mieux comprendre les problématiques liées à ce véritable mouvement de fond territorial.

    Avant de rappeler ce qu’est effectivement aujourd'hui le syndicat Paris Métropole et ses enjeux, il est intéressant d'indiquer leur point de vue sur le projet proposé par la Seine et Marne.
    Tous les deux ont souligné l’intérêt suscité par la démarche, son originalité, mais également et surtout la qualité et la cohérence de la réflexion menée qui font du document adopté un véritable projet métropolitain, privilégiant non une approche monocentrique ou à l'inverse éclatée du département, mais polycentrique et développant une notion de territoire réellement et totalement homogène.

    Au regard de la réflexion initiée, la Seine et Marne apparaît comme une véritable terre de projet, et ne définit plus son avenir par rapport à Paris, mais à partir d'elle même, avec l'impulsion d’une dynamique territoriale qui repose avant tout sur ses atouts mêmes, y compris sa proximité et ses liens avec la province et d'autres régions.

    Pierre Mansat a souligné l’évolution profonde de l’approche de la ville de Paris vis à vis des collectivités (communes ou départements) de sa périphérie proche ou lointaine. Depuis l'arrivée de Delanoe, elle n’est plus autant dominatrice. Les collectivités ne sont plus considérées comme de simples territoires "servants". 

    Il a insisté sur l'importance de s'interroger sur la définition d’une future gouvernance : périmètre, nature ou forme.  Les partenariats de 1ere génération, reposant sur la proximité, la mitoyenneté et les relations domaniales entre Paris et les autres collectivités, semblent désormais dépassés, car n’intégrant pas la dimension dynamique des territoires, les interpénétrations (espaces, projets, besoins, habitants …) et les liens existants.
    Il tient à casser l’image de la ville centre, "au centre de tout", sorte de  ville « lumière », Pierre Mansat a évoqué à ce sujet l'image du syndrome de Venise et de belle endormie. S’il est vrai que Paris représente 10% du PIB national, il faut permettre à cette dynamique de perdurer, compte tenu de la réalité régionale actuelle, de mieux fonctionner et d'induire une nouvelle façon de "se penser ensemble" en constituant un véritable espace collaboratif.

    L’arrivée de Bertrand Delanoe a changé la donne, avec notamment la Conférence métropolitaine, devenue depuis le Syndicat Paris Métropole préludant à un contrat de coopération de seconde génération, bâti autour d'axes stratégiques déterminés collectivement.
     Ce n’est qu'ensuite que l’Etat est intervenu avec le Grand Paris, le réseau de transport, l’Atelier International du Grand Paris ...

    Jacques JP Martin, s’est félicité de l’avancée des travaux du processus métropolitain, en précisant que selon lui,  la gouvernance doit venir des territoires et non d’un texte de loi, les élus devant être considéré comme des partenaires à part entière. Il a salué l'esprit consensuel qui anime ce syndicat, dans lequel  1 commune égale 1 voix et qui érige l'alternance politique en principe.

    Mais revenons  à Paris Métropole …

     

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  • SNCF : le site du club des partenaires

     

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    Je vous avais informé lors d'une précédente note  de la mise en place par la SNCF d'un Club des Partenaires, à l'image de ceux créés lors de la création des TGV destinés à accompagner les dynamiques territoriales.

    Les travaux de ce club avancent, déjà deux réunions au compteur, qui permettent d'aborder des sujets concrets et des thématiques plus globales qui permettent d'éclairer d'un jour nouveau, les dynamiques en cours, qui s'entrecroisent quelque peu en ce moment, qu'elles concernent les mobilités ou les territoires directement.

    Ce club dispose désormais d'un site internet, qui permet à tout un chacun de disposer des éléments abordés lors des réunions.

     

  • Schiste, le vent de la révolte souffle grave ...

    manif-gaz-de-schiste-Meaux_5.jpgJuste avant de prendre quelques jours de vacances, j’ai participé à la manifestation organisée par le collectif «STOP PETROLE DE SCHISTE 77», qui avait été annoncée lors du rassemblement de Doue (cf note précédente) afin de maintenir la pression auprés du gouvernement et protester contre le début des campagnes d’exploration qui devaient débuter à la mi-avril.

    Autant le dire, cette manifestation a été un véritable succés, mobilisant malgré des conditions défavorables (vacances scolaires, reculade gouvernementale) plus de 2000 manifestants dans les rues de Meaux, dont de nombreux élus (manifestement depuis Doue certains s'étaient informés sur ce dossier explosif), et les médias nationaux, attirés sans nul doute par les présences de Corinne Lepage et Eva Joly, José Bové présent à Doue, défilant dans le sud le même jour.

    Force est de constater que le vent de révolte, qui depuis novembre dernier secoue le pays, prend une ampleur considérable, obligeant du coup, gouvernement et UMP à faire volte face et revoir entièrement leur copie.
    C’est du Larzac, que l’étincelle à été allumée, redonnant une seconde jeunesse à José Bové. Christophe De Margerie, PDG de Total, ne s’y est pas trompé lorsqu'il a déclaré que débuter la campagne d’exploration dans cette région n’avait pas été une bonne idée (il a du employer un style plus direct).

    Les images pour le moins évocatrices du documentaire de Josh Fox, “Gasland”, ont du ouvrir les yeux à beaucoup de français et d’élus locaux, totalement écartés jusque là d’un dossier quasi “secret defense”; bien que les permis d’exploration delivrés concernent pourtant prés d’un tiers du territoire national !
    Au 1er janvier 2011, c’est en effet 62 permis d'exploration (62 942 km2) qui ont été accordés et 83 demandes de permis (121 134 km2) à l’instruction ! 
    Tout cela, dans la plus totale discretion, sans que personne ou presque ne le sache, un peu gros non ?

    Le mouvement s’est étendu depuis à toutes les régions concernées, grâce à des initiatives citoyennes qu’il convient de saluer, habitants, associations se structurant autour de collectifs, dont celui de Seine et Marne, organisateur des manifestations de Doue et Meaux.

    Stop Pétrole de Schiste 77” est né le 17 février 2011 à Fontenay-Trésigny, composé de citoyens, d’associations à vocation départementale (NE77, les Amis de laTerre) ou plus locales, et de 5 partis politiques, dont les PS et les Verts, chacun peut y adherer et suivre l'activité grace à ses pages internet ou facebook.

    Que dire de la manifestation et du cortège, si ce n’est qu’il fut imposant, bon enfant, et quelque peu caustique devant les tentatives de récupération politique de l’UMP, mais l'essentiel n'est il pas qu'un maximum de citoyens se rassemblent pour défendre l’environnement.

    Il me semble important de revenir sur les interventions de Corinne Lepage et Nicole Bricq lors des prises de parole qui ont précédé le départ du cortège, tant elles ont permis de lever un coin du voile sur de nouveaux d’éléments troublants, qui démontrent la duplicité du gouvernement dans cette affaire et les collisions avec le lobby pétrolier.

    Car manifestement tout était programmé, jusqu’au grain de sable de “Gasland” ! Comme quoi le choc des images est toujours aussi efficace et la capacité d’indignation du plus grand nombre encore intacte, qui le regrettera ?

    Mais Corinne Lepage et Nicole Bricq nous ont apporté un autre éclairage sur un dossier réellement complexe qui ne se limite pas au seul gaz de schiste.

     


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  • Eco quartier à la française ou pas ?

    fsm.jpgTout l’enjeu, dans la montée en puissance des projets d’EcoQuartiers sur le territoire, est de ne pas perdre le cap initial, « agir contre le réchauffement climatique ».
    J’en suis d’autant plus convaincu après ma participation à la journée nationale des éco quartiers qui s’est déroulée à Grenoble, il y a tout juste quelques jours.

    Les interventions lumineuses d’Olivier Siedler et d'Alain Maugard, l'ancien président du CSTB, sur lesquelles je reviendrais dans un prochain post, ont dressé constat clair. Notre société est plus que jamais à un moment critique du fait du stress énergétique imminent qui menace et du réchauffement climatique.

    Il nous faut anticiper et repenser notre modèle économique, nos modes de consommation et habitudes de vie  au plus vite. Limiter l’efficacité énergétique à la seule consommation du bâti est par trop réducteur, l’élaboration des matériaux, leur transport, recyclage après usage, comme leur localisation sont des déterminants incontournables. Le bilan énergétique doit être global, c’est l’unité de mesure pertinente d’un éco quartier : modes de déplacements, localisation des pôles générateurs de flux urbains, atténuation et adaptation aux changements climatiques ...

    L'EcoQuartier n’est qu’un des premiers signes précurseurs de la ville durable, responsable et en tant que telle consciente de l’empreinte de son métabolisme sur la planète et de sa capacité à diffuser (« essaimer ») des pratiques environnementales plus vertueuses à ses alentours.
    Un futur proche qui ne doit pas nous faire perdre de vue, que le présent nous impose d’agir sur le bâti actuel, tant il est énergivore. Au delà des bonnes intentions, toujours louables, qui jusque là caractéristisait la démarche environnementale de nos sociétés, l’heure est aux réalisations concrètes et à l’efficacité réelle, il y a urgence.
    Pour ce faire, il est nécessaire de se fixer un cap et des objectifs ambitieux à atteindre:

    • Se doter d’indicateurs significatifs, suffisamment simples pour être appropriables de tous, et communs à tous les projets (comparaisons, seuils d'excellence ou de qualité, références  ...)
    • travailler sur les processus afin de pouvoir piloter les actions, de faire évoluer si besoin les objectifs, et de pérenniser la démarche,
    •  réfléchir sur les outils "facilitateurs" des mises en pratiques et poursuivre la sensibilisation de la population
    •  élargir le regard au-delà̀ de nos frontières pour s'inscrire dans les démarches communautaires (cadre de référence européen de la ville durable notamment), nous y reviendrons également dans un prochain post
    •  faciliter transferts, partages de connaissance entre les différents acteurs, qu’ils soient chercheurs, concepteurs, décideurs ou professionnels (agriculture, bâtiment, urbanise, architecture, aménagement paysager, énergéticien ...)

    Force est de constater que la démarche EcoQuartier initiée par le Ministère répond à cette attente et favorise un processus continu d’ auto apprentissage collectif, quasi "cognitif", ouvert à l’innovation quelle soit technique, sociale, citoyenne ou organisationnelle.
    Le contexte financier actuel impose de considérer dés son origine le cout global final d’un équipement ou d’un aménagement (investissement, charges de fonctionnement ou de maintenance, qualité d’usage, devenir : déconstruction, recyclage ou réversibilité ...), il se traduit encore aujourd’hui par un surcout significatif.
    Ce qui n'est pas admissible, tant cela  est discriminatoire. C’est paradoxalement lorsque l’on a peu de moyens, qu’il est important de s’interroger, d’explorer des pistes de travail, d’anticiper afin de dépenser moins et mieux. Plus on est en crise, plus il faut réfléchir afin de ne pas commettre d’erreurs qui coutent cher au final.
    Les collectivités pauvres, n’ont pas la capacité de bâtir économe, c’est ce qui a notamment motivé notre candidature à l’appel à projet régional sur les « Nouveaux Quartiers urbains », nous voyons les résultats aujourd’hui.


    Le ministère souhaite créer pour 2012 un « label EcoQuartier », dont l’intérêt est d’approcher plus finement ce que doit être un EcoQuartier, ou plutôt ce qu’il ne doit pas être. La difficulté de l’exercice est bien de trouver le juste équilibre entre trop contraindre, ce qui découragerait tout esprit d’innovation et standardiserait une démarche qui n’a pas à l’être et trop permettre, ce qui du coup enlèverait tout intérêt à la démarche

    Certains parlent d’« éco quartier à la française », ce qui semble prétentieux compte tenu de notre retard sur ces questions, et constitue également un non sens, tant les enjeux environnementaux d’aujourd’hui dépassent les simples frontières nationales, l’épisode de Fukushima en étant une illustration éclatante. N'oublions pas de plus, qu’une réflexion sur la ville durable européenne est en cours..

    Ci joint à la débottée, quelques idées d’ordre général …

     

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  • Schiste : Doue, ton univers impitoyable !

     

    schiste1.jpg

    Nous étions certainement plus de  2000, samedi dernier sur la butte de Doue pour protester contre le projet d'extraction du pétrole de schiste.

    Malgré la véritable omerta qui entoure ce dossier, le retentissement médiatique qu’a connu la manifestation est une bonne nouvelle ; si pour certains décideurs parisiens ou texans, Doue est au bout du bout, du bout de l’Ile de France, presque le bout du Monde, l’ampleur de la mobilisation permettra peut être à cette magnifique colline verdoyante et à son remarquable panorama de sauver son intégrité, élément fort du patimoine naturel et historique du territoire ...

    Réunir en pareil endroit, José Bové, Eva Joly, Vincent Eble Président du Conseil général, Alain Amedro Vice Président de la Région, Nicole Bricq Sénatrice de Seine et Marne, et des dizaines élus de toutes tendances, dont votre serviteur, n’est pas si fréquent. Les médias ne s’y étaient d’ailleurs pas trompé en étant nombreux au rendez vous. Cause de ce remue ménage, un permis d’exploration du sous-sol minier accordé en catimini par le gouvernement à deux compagnies américaines Toreador et Hess, associées au pétrolier « écologique »,Total, et au groupe GDF Suez ; détail important cependant, il s’agit de prospecter du pétrole « non conventionnel », par fractutation hydraulique.

    Sur le site, chacun a pu s’apercevoir que le stade de la rumeur était depuis longtemps dépassé,  la plate-forme technique déjà bien en place,  (voir photo à la fin de l’article) n’attendant plus que les tours de forage, au grand dam des habitants et des élus, mis devant le fait accompli, sans l’ombre d’une concertation préalable. Devant le tollé et la levée de bouclier déclenchée notamment grâce à Internet, uen vraie vague de fond, les travaux ont été interrompus sur intervention directe de la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, mais qui pourraient reprendre autour du 15 avril.

    Les besoins de recettes d’un gouvernement dont l’horizon budgétaire se limite à l’année en cours, et encore, est un élément à prendre en compte et doit nous inciter à la plus grande prudence, lorsque des intérêts économiques sont en jeu, mieux vaut être parano ! D’autant que si ce type d’exploitation n’était pas trés rentable il y a quelques années, le modèle économique s’est considérablement transformé et la donne a changé devant la modernisation des techniques, la baisse des coûts d’exploitation et à contrario l’augmentation du prix du pétrole.

    Intéressons nous aux acteurs concernés par cette affaire et le manque de transparence et de concertation intolérable  qui l'accompagne depuis l’origine, car tous les seine-et-marnais pourraient être directement concernés si jamais les permis d'exploration puis d'exploitation pétrolières autorisant la fracturation hydraulique étaient autorisées …

     

     

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  • Contrat de Mixité Sociale, où en est on ?

    11476_22_d.jpgIl y a moins de deux ans, j’ai signé pour ma commune avec le Préfet de Seine et Marne, un Contrat de Mixité Sociale, partenariat liant l’Etat aux communes ayant des difficultés à atteindre l'objectif triennal de construction de logements sociaux fixé par la loi SRU, ce qui est le cas de Trilport (voir plus loin), en soutenant leurs opérations, jugées prioritaires pour les services de l'Etat (financement, assistance …).
    Suite à l’adoption toute récente du PLU de la commune, il me semble opportun de faire un point d'étape, la donne va pouvoir désormais changer fort heureusement, afin d'évoquer les difficultés rencontrés jusque là sur le terrain, révélatrices de certaines contradictions de notre société.

    SI je suis très impliqué sur ce dossier,  c' est pour plusieurs raisons :

    • détresse des personnes en attente d’un logement que je reçois lors de mes permanences,
    • nécessité de mettre en place un parcours résidentiel complet sur la commune permettant à chacun quelque soit son âge, ses revenus ou son handicap de disposer d'un logement adapté et digne,
    • mais aussi, parce qu'ayant vécu dans une tour HLM de longues années; j’ai la conviction d'agir juste en faisant de la qualité pour le logement social une exigence préalable et en mettant tout en œuvre pour atteindre cet objectif ...

    Rappelons certains éléments trop souvent oubliés.
    Si la pénurie des logements sociaux en France est une vieille histoire, force est de constater que les décrets d’application de la loi SRU ne datent que de 2002. Les élus, notamment des petites villes, pour appréhender les enjeux d’une problématique que chacun s'accorder à reconnaitre complexe et inconnue pour eux jusque là, ont du acquérir un minimum d’expertise et de savoir faire dans des domaines aussi complexes que ceux du foncier et de l’urbanisme (connaissance des règles du jeu, des acteurs, sélection et choix des partenaires, montage et lancement des actions …) en ce en très peu de temps.
    Pour l'urbanisme, cette prise de conscience salutaire mais tardive a constitué une véritable révolution culturelle, qui s'est doublée d’une accélération subite du temps ... Où comment abolir en quelques mois, des décennies d’indifférence et d’inaction ?
     Bouc émissaire tout désigné, l’élu local ! A lui de régler au plus vite les contradictions de notre société, et au meilleur coût s’il vous plait ! Maire depuis 2004, force est de constater qu'en ce domaine, j'ai du tout construire et il m’a bien fallu trois ans, sans aide d'aucune sorte avant d'être en capacité d’intervenir concrètement et ce dans un contexte financier difficile.

    Il est vrai qu’une autre démarche était possible : préempter un terrain en périphérie et y bâtir en nombre les locatifs sociaux manquants ... Loin des yeux, loin du coeur ... Une méthode simple, rapide, moins couteuse, et respectueuse des objectifs quantitatifs de la loi SRU, voie d’ailleurs choisie par beaucoup d’élus, très certainement exemplaires.
    La réflexion initiée par la municipalité nous a mené vers une toute autre direction : créer de la mixité sociale sur toute la ville,  en privilégiant des exigences qualitatives : opération à taille humaine, éco construction, accessibilité, mixité multi générationnelle et sociale au niveau du quartier, qualité architecturale, intégration au site. Un objectif, réussir une mixité générationnelle et sociale épanouie qui dure et sans ghettoïsation ou sentiment de déclassement.

    Dans le même temps afin de répondre aux exigences quantitatives de la loi, compliqué d'intervenir sur un tissu urbain déjà constitué et nous permettant à terme de rattraper notre retard, nous avons mis en place un nouveau Plan Local d’Urbanisme et lancé la création d’un éco quartier, deux démarches dans lesquels la mixité sociale et multi générationnelle sont des priorités.

    Je vous propose un rapide point d’étape sur les actions concrètes entreprises et les difficultés rencontrées sur le terrain, histoire de faire tomber quelques à priori et idées pré concues. Tout n'est pas aussi simple que certains veulent le croire y compris quand la volonté des élus est au rendez vous. Car un paramètre central est à intégrer, surtout en urbanisme, car très souvent incompressible, le temps de l'action ...

    Mais revenons à la réalité du terrain ...



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  • Un club SNCF, pour le Pays de Meaux

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    Il y a quelques jours, j’ai participé à la première réunion du « Club des partenaires » de la SNCF. Cette initiative expérimentée depuis 2004 avec succès par l’entreprise nationale lors du lancement des lignes de TGV en province (TGV Est ou Rhin Rhône) vise à mettre en place un lieu de rencontre et d’échange régulier avec les acteurs politiques et socio économiques locaux accompagnant la mise en place de nouvelles offres de transport.
    Objectif : débattre sur les problématiques liées aux mobilités et au développement des territoires, souvent entre mêlées.

    Particularité, si jusque là ces clubs avaient été créés pour les offres TGV, cette fois ci s'est différent, elle concerne la ligne P qui bénéficie d'efforts significatifs engagés à la fois par le STIF et la SNCF, notamment sur le secteur du Pays de Meaux, mais version grand large …

    Objectifs affichés : mieux se connaître, échanger sur des projets mutuels, se dire les choses « telles qu’elles sont » afin d’appréhender plus globalement les interactions entre mobilités et territoires.

    Pour la SNCF l’intérêt est évident, il tient non seulement à la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise, mais ce type de structure informelle permet d’avancer et de tester idées ou concepts, de présenter des projets et initiatives directement liées à l’offre ferroviaire, mais également à tous les champs de la mobilité sur lesquels elle agit directement ou indirectement et ils sont nombreux ... Concept : « faire se rencontrer attentes du territoire et offres de mobilité dans un cadre prospectif ».

    Pour les participants (élus, collectivités, services de l’Etat, entreprises, chambres consulaires, acteurs de la formation professionnelle …) l’intérêt est réel. Chacun peut se tenir informer des projets de la SNCF, comme des autres acteurs, et ce très en amont. Il peut ainsi  y contribuer et élargir le débat qui souvent va  bien au delà du seul domaine du transport ferroviaire.  Un regret pour ma part, l’absence de l’autre grand opérateur du secteur, car il m’apparaît important lorsque l’on aborde la question de la multi modalité d’avoir tous les acteurs autour de la table.

    Soulignons aussi l’efficacité du format de la réunion, très adapté aux contraintes agendaires des participants (18h / 20h un jour de semaine, 5 réunions annuelles) et le choix du cadre, détendu, afin de faciliter les échanges.

    Lorsque l’on se souvient des premières notes de ce blog, relatif aux relations avec la SNCF, on mesure le chemin parcouru, et c’est tant mieux …

     

    Quelques constats après ce premier rendez vous …

     

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  • Justice : La France 37 eme sur 43 !

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    Les déclarations incendiaires de Nicolas Sarkozy suite à l’affaire Laeticia ont déclenché dans la justice et dans la Police un mouvement de révolte sans précédent. Cette véritable vague de fond, fait notable, est soutenue par une grande majorité de la population.
    L’actuel Président fidèle à ses habitudes a tenté de surfer sur l'émotion légitime des français, en oubliant un détail, qui commence à avoir son importance aux yeux des français; depuis 2002 c’est bien lui le premier responsable de notre sécurité, comme Ministre de l’Intérieur puis ensuite Président de la république.
    Le candidat qu’il était en 2007 ne déclarait il pas "Si je suis élu président de la République, je résoudrai le problème des multirécidivistes dès l'été 2007"… Déclaration une nouvelle fois à l'emporte pièce, qui ne résiste pas au simple examen objectif des faits. 

    La séquence est désormais connue de tous et parfaitement identifiée : dés qu’un fait divers suscite une vague d’indignation légitime, le Président compatit, puis s’agite en désignant un bouc émissaire à la vindicte populaire et en promettant une loi … Technique efficace jusque là, mais qui ne trompe plus personne désormais, tant la ficelle parait grosse !

    Au niveau du nombre de lois, nous avons été servi ! C'est une véritable avalanche législative qui s'est abattue chez les parlementaires puis ensuite dans les tribunaux, avec des textes trop souvent écrits dans l'urgence et aux forceps, techniquement mal conçus car non adaptées (pour cause) et surtout mal préparées, notamment au niveau de leur conséquences et des contraintes liées à leur application au quotidien.

    Cependant pour l’exécutif, peu importe semble t'il. L’important n’est pas de régler le problème  mais de coller plutôt à une actualité quotidienne des plus mouvantes. L'action apparente plutôt que l'action efficace !
    Constat, ce véritable arsenal judiciaire et pénal ne constitue en aucune manière un rempart efficace du fait notamment de la trés grande misère des tribunaux français.

    Une réalité brutale qui devrait rabattre quelque peu la superbe de ce  Président, "Maitre du G20 et du G8" et grand donneur de leçons devant l’éternel. La France occupe en effet un peu glorieux 37e rang européen sur 43 pays (part du budget consacrée à la justice : rapport 2010 de la Commission européenne pour l'efficacité de la justice, CEPEJ), elle se situe désormais derrière l'Azerbaïdjan et l'Arménie, c’est dire …

    Une situation que chaque justiciable peut constater tous les jours, trop souvent à ses dépens, notamment au niveau des délais de traitement des dossiers.
    Lorsque je me rends au Tribunal, il m'arrive de longer des colonnes de dossiers en attente, entreposés dans les couloirs et représentant un nombre incroyable en  mètres linéaires comme en temps de travail, tant les besoins sont criants en personnel et ce dans toutes les juridictions …  Mais pourtant derrière chaque dossier, combien de victimes dans l'attente d'une réponse adaptée et rapide au regard de leur détresse !

    Selon le Ministère, 100.000 peines prononcées ne sont pas exécutées du fait du manque de places en prison, ou de travailleurs sociaux pour en assurer le suivi ! Depuis 3 ans, le concours externe de recrutement de la magistrature est bloqué à 80 places, un seuil qui ne permet plus d'assurer le simple remplacement des magistrats partant en retraite, alors que la France est déjà un des pays européens ayant le plus faible nombre de magistrat par habitant  …

    Un contexte qui conduit les magistrats, avec l’accord de leur hiérarchie, et bien malgré eux, à ne traiter en priorité que les faits les plus graves et reconnus comme prioritaires (notamment la délinquance sexuelle), et à mettre de côté ceux considérés comme moins urgents (quelquefois à tort, a posteriori) … C'est ce qui s'est passé à Nantes, soulignons que le service d’insertion et de probation local (SPIP) avait pourtant alerté à de maintes reprises sa hiérarchie devant  le manque cruel de moyens ne lui permettant pas de conduire ses missions efficacement.

    Un malaise et un mal être que l’on retrouve dans tous les tribunaux de France et de Navarre, j’en veux pour preuve le Tribunal de Meaux, exemple parmi tant d’autres. Les 3 juges d’application des peines se partagent : 2 762 mesures (Travail d’interêt général, liberté conditionnelle, sursis avec mise à l’épreuve …) auquel il faut ajouter le suivi d’une cinquantaine de délinquants sexuels et les 800 pensionnaires de la prison de Chauconin et dans le même registre, chaque agent du SPIP gère entre 130 et 150 délinquants, arrêtons là ce descriptif ...

    Mais le mal est encore bien plus profond. A la pénurie actuelle, s’ajoute des atteintes graves à la séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu,  pourtant fondement essentiel de notre démocratie, mais également à l’égalité de chaque citoyen devant le droit … 

     

     

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  • PLU : la longue marche en avant

    note-plu-couelurZAC4.jpgLe Plan Local d’Urbanisme (PLU) est voté, enfin devrais je dire, tant cela m’a semblé long ; cerise sur le gâteau, aucun des deux groupes d’opposition n'a vote contre, il se sont abstenus, il ne pouvait sans doute guère faire plus, ce que personnellement je regrette.
    Ce résultat satisfaisant est le fruit d’une concertation à laquelle je tenais, tant à mes yeux cette réflexion doit être celle d'une ville et des obligations liées à son développement (sociales et environnementales) et non celle de quelques élus isolés ou d'un simple bureau d'études.

    Si dans une commune une réflexion est stratégique, c’est bien celle liée au PLU. Il doit non seulement favoriser un urbanisme compatible avec le projet politique de la ville, mais être un levier de développement tenant compte de problématiques urbaines et sociales de plus en plus complexes, notamment au niveau local, Trilport étant une ville à la fois rurale, à la fois urbaine…
    Enfin, il se doit d'être un facilitateur afin de contribuer à  dénouer tout un écheveau de contraintes et de nuisances (industrie, infrastructure de transport …). En tenant compte de deux nécessités absolue : limiter le réchauffement climatique et l’émission des gaz à effet de serre, et protéger la bio diversité.

    Pourtant paradoxalement, plus les réponses à apporter sont urgentes et difficiles à élaborer, plus l’élu doit se prémunir avant d’agir.
    Cette note est née d’une discussion informelle avec un collègue Maire se lançant justement dans l’élaboration d’un PLU et ayant quelques interrogations sur le sujet.
    Si la délibération du Conseil Municipal du 4 février cloture un marathon de 5 années, (en comptabilisant l’intermède des élections municipales qui a duré quasiment un an), il est utile me semble t'il de revenir sur certains enseignements tirés  de cette expérience …

    Avant de faire un point dans une prochaine note, sur notre éco quartier, le travail avance et nous avons lancé la concertation de la Zone d'Aménagement Concerté (ZAC) multi sites qui lui servira se support principal, il m'a semblé important de revenir sur le PLU ...

     

    Revue de détail de ce qui pour beaucoup d’élus s’apparente à une vraie course à obstacles …

     

     

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  • Tapis rouge pour les éco quartiers

    l3-frassati.jpgC’est au « Tapis rouge »,  à deux pas de la gare de l’Est, dans les locaux de ce qui a été le plus ancien « grand magasin » (1784) de Paris, que s’est déroulée la 2eme conférence nationale des Eco quartiers. Deux objectifs affichés : établir un point d’étape sur l’éco quartier "à la française", et présenter la feuille de route 2011 .

    Un cadre quasi intimiste comparé au Musée Branly choisi par Jean Louis Borloo, un an auparavant, pour l’annonce du premier palmarès. La symbolique du fond muséographique, l’architecture épurée de Nouvel, l’intégration spectaculaire du végétal, la luminosité du lieu et la disparition de Levy Strauss la veille, avait créé un climat propice aux envolées lyriques, très présentes dans le  discours ministériel, abordant tant le sens de la vie et le devenir d’une « civilisation » arrivée à un véritable carrefour  (« On the turning away ») que sur les éco quartierś. La dynamique du Grenelle n’était pas alors encore encalminé

    Palmarès, somme toute honorifique (pas de subvention à la clé, contrairement à l’appel à projets régional) distinguant surtout des opérations d’aménagement de quartier d'habitat, sans véritable incidence sur les alentours sinon la verticalité, et très éloignés encore du standard des éco quartiers de référence européens et de l'émergence d'une conception "globale".

    J’avais regretté au moment de la candidature de ma commune au concours national, l’option prise de privilégier une approche thématique et segmentée (eau, déchets, biodiversité, mobilité, sobriété énergétique et énergies renouvelables, densité et formes urbaines, éco-construction) contrairement à celle de la Région Ile de France (appel à projets «  Nouveaux Quartiers Urbains ») transversale, et abordant également les questions de fond relatives au pilotage, à la question sociale, à la rétro action sur la ville ...
    Les choses évoluent cependant, car en lançant la convention dans la grande salle du Tapis Rouge, le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, a présenté l’appel à projets 2011 qui intègre notamment une grille de critères élargie (cadre de vie, préservation des ressources, pilotage …), et témoigne une perception plus globale de la thématique, inflexion due aux travaux du Club National des Eco Quartiers.

    Car au delà de ce concours et de son palmarès officiel, certainement la partie la plus visible et la plus « communicante » mais peut être la plus discutable de la démarche initiée vu les standards retenus, il faut souligner l’importance du « Club national Ecoquartier » créé en cette occasion. Si cette initiative pouvait faire sourire à l’origine, force est de constater qu’elle a démontré sa crédibilité et son intérêt.

    Ce club est le révélateur d’une démarche innovante, atypique et quelque peu iconoclaste, inspirée des pratiques anglo saxonnes, selon Laurent Thery (Grand Prix de l’urbanisme 2010). Durant une année porteurs de projets, élus, professionnels, scientifiques, services de l’Etat se sont retrouvés pour ensemble approfondir leurs connaissances de manière pour le moins transversale, échanger sur les réussites ou difficultés rencontrées, les freins à surmonter, confronter points de vue ou méthodes et explorer des pistes de progrès ou de réflexion  ... 

    Adossé aux activités du club, un Comité Scientifique composé de spécialistes des questions liées à l’urbanisme, au bâtiment, aux inter relations entre vie sociale et habitat, a également planché sur la question …  L’objectif commun étant d’élaborer un référentiel national des éco quartier .

    Avant de revenir dans de prochaines notes sur le bien fondé ou non, de ce concept d’éco quartier à la française,  il m’est apparu utile de revenir sur une année d’activités du « Club National » auquel j’ai eu l’honneur de participer et qui a initié me semble t’il un véritable mouvement de fond sur cette thématique systémique (et non un mouvement sismique, quoique ...).

     

    Retour sur un peu plus d’un an de réflexion et de travaux …

     

     

     

     

     

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  • SCOT, la géographie au service des territoires ...

     

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    Le développement quasi exponentiel de Roissy et de Marne la Vallée, bouleverse l’équilibre territorial du secteur et ce n’est pas le nouveau projet de « Village nature » (qui n’a du « « village que le nom) qui va arranger la donne loin s’en faut, vu l’ambition de cette initiative !

    Dans un tel contexte, la réflexion autour du projet de territoire du Pays de Meaux, arrive à point nommé, d’autant qu’elle repose sur un projet de développement bâtie par les élus autour des valeurs du Développement Durable. 

    Réflexion collective soulignant les atouts de cette agglomération «sentinelle », située entre Marne, canal de l’Ourcq et forêts, constitués de sa très grande diversité (géographique, urbaine, économique) et d’un patrimoine naturel exceptionnel. Les élus ont compris tout l’intérêt de privilégier dans leur modèle de développement le « Pays de Meaux » et ses 18 communes, plutôt qu’un « Grand Meaux », tourné sur un développement autocentré et asphyxiant de la ville centre dans lequel l’essentiel des équipements structurants y seraient localisés …
    Constat simple, si aujourd’hui, 30 000 habitants sur 80 000 n’habitent pas la ville Centre, ils seront sans doute 40 000 dans quelques années … 

    Si tout n’est pas parfait dans l’intercommunalité, nous ne sommes pas dans un monde de bisounours, un élément est essentiel, pour conduire ce projet, vital pour leurs habitants, les élus ont mis de coté leurs divergences notamment politiques, permettant ainsi à cette réflexion territoriale d’avoir réellement du sens et de s’inscrire dans la durée …
    Conséquence, à ce stade de la démarche : des forces qui désunis constitueraient des lourdeurs et des freins rédhibitoires, rassemblées (cf première note de ce blog) deviennent un formidable levier de développement au service d'une véritable vision stratégique et partagée

    Autre atout, la transversalité de la réflexion engagée. Outre le SCOT (voir note précédente) les élus travaillent à l’élaboration d’un Plan Local de déplacement, d’un  Programme Local de l’Habitat et à l’émergence d’un projet économique majeur, le Parc d’Activités du Pays de Meaux.

    Enfin, il faut souligner la qualité du travail des équipes supportant cette réflexion, et notamment le « plus » incontestable apporté par les bureaux d’études sélectionnés. Provinciaux pour l’essentiel, sans à priori francilien, ils ont tout de suite perçu l’originalité d’un territoire à la fois rural, rurbain et urbain, véritable terre de contrastes, atypique des villes franciliennes de la petite couronne.

    Autant d’éléments qui rassemblés permettent non seulement d’esquisser un projet de développement original, mais également d’identifier les tendances lourdes, les atouts  et les défis de ce territoire comme la présence de certains signaux faibles, précurseurs de bouleversement ultérieurs qui pourraient dans un futur proche constituer des opportunités déterminantes.

    La démarche  engagée apporte aux habitants de ce territoire comme à leurs élus, une véritable Valeur Ajoutée, dans laquelle le Développement Durable joue un rôle pivot,

    Pourquoi ?

     

     

     

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  • SCOT : quelques clés de lecture à décrypter

    scot.jpgIl me semble utile de revenir sur un point abordé lors du dernier Conseil Communautaire, relatif au Schéma de COhérence Territoriale (ou SCOT ) ; plus précisément au «débat » prévu par les textes qui théoriquement accompagne l’adoption du  Projet d'Aménagement et de Développement Durable (ou PADD), moment clé s’il en est de la réflexion engagée sur notre projet de territoire.

    Je regrette la quasi absence de prise de parole au regard de l’importance d'une telle réflexion collective pour notre jeune intercommunalité et la qualité comme l’originalité de la démarche initiée,  prometteuse à plus d’un titre. 

    Nous disposons désormais d’une véritable vision partagée sur le devenir d’un territoire dans lequel nous vivons, et pour beaucoup d’entre nous, sur lequel nos enfants s’épanouissent. Vision partagée, car réellement collective et relativement consensuelle, du moins pour le moment, nous aurons l’occasion de revenir sur ce point prochainement.

    Il m’a semblé préférable, avant d’aller plus loin dans l’analyse, de décrypter quelques clés de lecture incontournables, qui permettront je l’espère à chacun de disposer des éléments nécessaires à la bonne compréhension de la démarche et d’anticiper les prochaines étapes de ce processus et leurs conséquences tant pour chacune des 18 communes que pour ce coin de Brie.
    Vu l’importance des enjeux qui entourent cette réflexion, elle concerne chaque habitant de ce territoire, mais peut également intéresser tout citoyen impliqué dans les thématiques relatives à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire, car il y a matière !

    Encore faut il pour que chacun soit réellement partie prenante dans cette réflexion globale qu’il puisse s’affranchir du barrage sémantique cher aux urbanistes, pour tout dire assez ésotérique et techno … J’en profite pour rappeler les notes consacrées à la démarche initiée sur ma commune autour du Plan Local d’Urbanisme (ou PLU : vous avez dit PADD, PLU  s'il te plait dessine moi une ville), qui complètent utilement ce rapide panorama …

    Voici une tentative de décryptage de quelques concepts ponctuant cette démarche  : SCOT, PADD, DOG, PLD, ou encore démarche AEU …

    Commençons par le SCOT ou Schéma de Cohérence Territoriale …

     

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  • L'avis de Trilport sur le Grand Paris

     

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    A l'occasion du débat public sur le Grand Paris et en réponse à l’invitation du CNDP, j’ai proposé au Conseil Municipal que Trilport apporte sa contribution sur un sujet intéressant au premier chef nos concitoyens, car en relation directe sur la qualité de leurs transports au quotidien, leur cout et leur mode de gestion.

    Nous voulons attirer l'attention sur le besoin urgent de rénovation des transports en commun de grande couronne, comme de certaines interrogations ou demandes de précision et d'un souhait.
    Des éléments qui font l'objet d'une contribution commune aux deux projets proposés au débat public.

    Refusant de choisir entre l'un ou l'autre des deux scénarii, ou de les opposer, nous jugeons préférable de rappeler la priorité que les usagers de la grande couronne que nous sommes, accordent à une rénovation urgente et massive du réseau actuel, notamment férré (métro, RER et TER), véritablement à bout de souffle.
    Le dernier rapport de la Cour des Comptes est sur ce sujet sans nuance. S'il reconnait les progrès substantiels constatés sur le terrain et les efforts déployés par Jean Paul Huchon depuis 2006, année à laquelle l'exécutif régional a pris les rênes du STIF, il souligne le retard qu'il reste à rattraper. Bien du chemin reste en effet à accomplir.

    Nous tenons à souligner que si l’augmentation éventuelle du nombre d'usagers qu'entrainerait la réalisation de ces projets n’est pas au préalable, précédée d’une réelle amélioration du réseau actuel  saturé sur trop de lignes, la conséquence immédiate serait une aggravation considérable des désordres constatée chaque jour par des centaines de milliers de franciliens.

    Il est vital de doter notre région d'une vision globale entre ville centre, petite et grande couronne, reposant sur un système basé sur des points d’interconnexions, le maillage des réseaux longue distance et de proximité, des rabattements adaptés aux flux actuels et futurs à partir des rocades envisagées, et d’envisager ces deux projets dans une logique intermodale n'oubliant pas les usagers résidant en Grande Couronne.

    Nous exprimons les interrogations les plus vives sur le financement de ces infrastructures, l’estimation de leur cout final (surtout celle du Grand Paris dont le montage juridique pose à nos yeux problème) et le calendrier proposé.
    Les risques d’une concentration excessive des budgets d’investissement futurs, notamment dans le contexte actuel de raréfaction de l’argent public, sur ces seules opérations au détriment de la rénovation du réseau actuel, sont malheureusement bien réels et problématiques.

    Enfin nous exprimons le souhait de voir ces deux projets, vu leur complémentarité potentielle, réunis autour d’un consensus fédérateur et constructif, plus respectueux des deniers publics.

     

    Ci joint, la contribution de la ville de Trilport à ces deux débats

     

     

     

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