22/12/2009

Prix National Art Urbain 2009

arturbain2.jpg

La ville de Trilport était une des six villes sélectionnées pour la finale  du Prix National de l'Association pour l'art urbain, qui se déroulait à la Maison de la RATP, avec pour thème 2009 "le Centre urbain et son environnement accessible à tous".

Précision utile, c'est le jury de cette association qui nous avait contacté, conséquence directe je pense du buzz émanant de la commune, suite aux réalisations et à la démarche environnementale initiée sur le terrain malgré les nombreuses contraintes rencontrées. Ce même jury, après une visite sur site d'une journée nous incitant à participer à leur édition 2009.

Cette soirée a permis au nombreux public présent d'accomplir un véritable tour de France en moins d'une heure, vu le mode opératoire imposé par les organisateurs. Le concours tenant plutôt du speed dating, chaque candidature disposant de "8 minutes pour convaincre" sur la base d'un diaporama (deux minutes de présentation de la commune, par le Maire, six minutes pour décrire l'opération présentée, par un technicien). Avant de revenir plus en profondeur sur notre candidature, soulignons la diversité des situations présentées : tant au niveau de la localisation, que de la taille des communes ou de leur nature, touristiques ou pas (je pense notamment à Pèzenas et Plan d'Aups).

Soutenu par le CAUE 77 pour ce prix national, nous avions placé notre candidature sous le signe du "Petit Prince". Ayant finalement opté pour la démarche globale initiée, y compris avec ses imperfections, plutôt que pour la description d'une réalisation aboutie "exemplaire", comme celle du gymnase HQE de la Noyerie, modèle du genre au niveau accessibilité.

Pour être très rapide indiquons que le Grand Prix 2009 a été remporté par la commune de  La Rivière (38), Trilport remportant lui  la catégorie "respect de l'environnement", le jury ayant du être sensible à la démarche globale inititiée .

 

Revenons un peu sur cette "ballade du Petit Prince" qui nous a valut cette distinction ...



 

Lire la suite

23/11/2009

Attention, une antenne peut en cacher d'autres ...

antenne-relais.jpgDevant procéder à une rénovation majeure du  château d’eau de la commune (la première depuis sa construction), il a semblé utile avant de lancer ce chantier, de faire le point sur les antennes relais installées au sommet de l'edifice.
Ces dernières, ici comme ailleurs, sont sources d'inquiétude pour les riverains, il est à nos yeux important d’apporter des réponses face à ces interrogations légitimes, le principe de précaution devant prévaloir en l’espèce.
Pour ce faire, afin de disposer d'éléments d'analyse objectifs (basés sur les connaissances actuelles) il nous est apparu inidspensable d’évaluer la puissance des ondes émises et d’avoir une idée précise de l’exposition du public aux champs électromagnétiques sur différents endroits de la commune.

Problème, nous sommes toujours dans une zone d'incertitude, le Grenelle des ondes n'ayant pour l'heure apporté aucune clarification. Les élus sont placés une fois de plus au carrefour des contradictions d’une société qui ne sait toujours pas où situer ses priorités : risque sanitaire zéro, ou  mobilité informationnelle universelle permettant de se connecter 24h sur 24, où que l'on soit sur la planète !
Pour faire plus simple : les usagers désirent disposer de téléphones nomades à haut débit et à haut niveau intégrés de services, mais ne veulent surtout pas d'antennes relais à proximité de leur domicile …  Choix cornélien, rendu d'autant plus difficile que quelquefois l'irrationnel vient troubler les règles du jeu.
A vouloir ignorer des "inquiétudes sanitaires", nos sociétés sont passés à coté de faits sanitaires majeurs, et ce pour des raisons trop souvent mercantiles. La transparence et la vigilance sont de mise sur de telles questions, il en va de la santé des habitants qui ne saurait être prise en otage pour des raisons économiques !

Nous avons négocié avec les opérateurs téléphoniques le financement d’une étude (application du Guide des Relations entre opérateurs et communes) menée par une société indépendante. Afin d’être totalement transparent, nous avons confié le pilotage de cette démarche, dans le cadre de l'Agenda 21,  au « Comité 21 » de la commune (instance de concertation regroupant des citoyens non élus impliqués sur les questions d'environnement et de sécurité sanitaire).

Avec une feuille de route se limitant à deux objectifs principaux : répertorier et identifier les installations de Radiotéléphonie Mobile présentes sur le territoire de la commune et évaluer leur puissance sur le territoire de la commune. Avec également deux principes : éviter et diabolisation et complaisance. Travail mené à terme, aux résultats probants, qui a donné lieu à une réunion publique de haute tenue (présentation powerpoint à télécharger) comme à l'élaboration d'un dossier pour un prochain numéro du journal municipal.

Avant d’aborder le mode opératoire et les résultats de l'étude, un constat évident, nous vivons dans un monde peuplé d’ondes, et des plus diverses ... Il est essentiel d'être dans ce domaine vigilant et éveillé afin de prendre les dispositions qui s'imposent, au titre du principe de précaution que ce soit sur le court, le moyen ou le long terme. Vous trouverez à la fin de cet article quelques conseils de bon sens mais qu'il est utile de rappeler !)

D'autant qu’un fait nouveau est apparu lors de la campagne de mesure, et qui risque d'avoir des conséquences pour le moins inattendues sur la suite des évènements et qui va peut être nous entrainer dans une nouvelle séquence, en lien avec un opérateur différent et des ondes d’un tout autre acabit …

 

Lire la suite

17/10/2009

HQE : Comment essaimer utile ...

hqe_3.jpgCe blog a souvent fait référence à la démarche HQE (ou Haute Qualité Environnementale) du fait du programme d’équipements mené depuis 2004, premier du genre au niveau régional à  respecter une telle démarche pour l’ensemble des équipements réalisés, ce qui pour une commune de moins de 5000 habitants n’était pas si évident.

Les trois équipements (centre de loisirs, réfectoire scolaire et gymnase) issus de ce programme, aux signatures architecturales et choix techniques très différents fonctionnent désormais tous les jours pour le plus grand intérêt de leurs utilisateurs. Depuis l'inauguration du premier équipement, le Centre de Loisirs le "Petit Prince" nous avons effectué un point après chaque réalisation afin de faire évoluer nos pratiques, solutions et priorités techniques.

Deux considérations générales sur la HQE. Elle présente l’avantage de viser des cibles différentes  (eco construction, eco gestion, confort et santé) complémentaires, donc d’agir sur un spectre plus large, mais à contrario, son inconvénient est de ne pas donner d’obligation de résultat (indicateur objectif), ce qui peut poser problème, notamment lorsque l’on aborde l’efficacité énergétique. D’autant que les architectes français contrairement à leurs homologues allemands étaient jusqu’à peu, peu sensibilisé sur ce point. Une situation qui change vitesse grand V, et tant mieux !

Ecueil à éviter, ne pas tenir compte du chant des sirènes et résister à l’effet de mode, afin de se concentrer sur les fondamentaux. Certains choix moins clinquants et visibles extérieurement, sont de fait, en terme d’efficacité beaucoup plus déterminant sur l’empreinte écologique d’un équipement. Pour faire simple, entre panneaux solaires et isolation, c’est généralement le deuxième point, même s’il est moins "fun" et visible  qui est le plus efficace.

Pour aller au delà de la démarche H.Q.E, je vous propose, à partir de notre modeste "retour d'expérience", de dégager synthétiquement, donc de manière réductrice et arbitraire, quelques caractéristiques communes aux trois équipements pouvant être considérées de fait comme de véritables « invariants ».
Ce type d'analyse présente l'intérêt de dégager des invariants, qui ont la capacité d'être "reproductibles" dans d’autres contextes (site, choix technique ou typologie d’équipement), facilitant ainsi l’essaimage de pratiques environnementales vertueuses expérimentées concrètement sur le terrain.

 

Quelles sont elles ?

 

 

Lire la suite

28/09/2009

Le bien être peut il être soluble dans un indicateur ?

city calculator.jpgIl n'a fallut pas moins de 22 spécialistes, deux prix Nobels d'économie, et pas des moindres (Joseph Stiglitz et Amartya Sen) plus un économiste reconnu (Jean-Paul Fitoussi), pour constituer la « commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social » lancée apr Nicolas Sarkozy, himself.
Unique obsession de toutes ces têtes pensantes : élaborer l’indicateur miracle permettant de déterminer la performance qualitative d’un pays, afin de détrôner l’unique étalon de performance utilisé depuis les années 30, le produit intérieur brut ou PIB.
Cette quête du graal peu commune est destinée sinon à révolutionner l’économie, du moins son ressenti en réintégrant notamment dans l'analyse, les cotés obscurs de la force que demeurent encore pour les décideurs  le volet social et l'écologie !

Mais peut-on réellement mesurer la qualité d’une société avec une colonne de chiffres ?
C’est ce que l'équipe hollandaise de Winy Maas (MVRDV), une des dix équipes retenues pour plancher sur le grand Paris, a tenté de mettre en place, avec son «City Calculator», application informatique permettant à partir de données dites « objectives » de définir des schémas d'optimisation de l'urbanisme … Le futur Grand Paris pourra ainsi devenir «une des villes les plus qualitatives, vertes et compactes au monde» …CQFD ….

Aujourd'hui, tout économiste sérieux sait que le PIB ne peut raisonnablement indiquer la qualité de vie des habitants d’un pays, qui peut fort bien connaitre à la fois une croissance exponentielle de son PIB et une détérioration importante de la qualité de la vie de sa population. Car le noeud du problème est bien la répartition des fruits de la croissance obtenue ! Celle ci, jusque à l'an dernier était au rendez vous. Cela n'est plus le cas désormais, et trop souvent les statistiques sont  annonciatrices de mauvaises nouvelles mettant à plat les stratégies de communication les plus sophistiquées; pour beaucoup de politiques, la tentation de briser le thermomètre est forte ...

Sur le fond une interrogation simple, changer l’indicateur du bien être, améliorera t'il le bien être lui-même ? Problématique sans doute plus philosophique qu’économique …

Ceci étant pour les politqiues s'interroger sur l’évaluation du « bien être » des habitants est fondamental, n'est ce pas la finalité de leur action ?
Encore faut il dans le même temps, ne pas oublier quelques points secondaires aux yeux de certains, la santé de notre planète vu les dégâts croissants causés par l’empreinte écologique et ne pas oublier dans la foulée  "l'empreinte sociale", donnée importante s'il en est  !

 

Lire la suite

17/09/2009

Un gymnase Ecolo parait il ?

forum-leger.jpg

Le forum des associations s'est tenu cette année dans l'enceinte du complexe de la Noyerie. Une première qui s'est révélée une totale réussite illustrant à merveille la vitalité de la vie associative locale.
Avec moins de 5 000 habitants, Trilport compte en effet une cinquantaine d'associations, et des plus diverses ...
Nous tenons à ce particularisme, vital pour le lien social et alimentant un esprit de convivialité que nous revendiquons et auquel nous sommes trés attachés.

Les nombreux visiteurs ont pu découvrir le nouveau gymnase, 3 eme équipement public "HQE" de la commune, qui a pu bénéficié ainsi de l'expérience accumulée depuis 2006 (voir les notes précédentes : centre de loisirs, école de la Charmoye).
Remarque toute personnelle,  cette expérience du concret et du terrain concernant l'architecture environnementale surtout lorsqu'elle concerne les équipements publics se révèle trés précieuse permettant d'aller plus loin en dégeant l'essentiel de l'accessoire .

Une réalisation en tout cas, attendue depuis de nombreuses années par les scolaires et les sportifs, de tout âge (y compris le troisème âge) et de tout handicap, un des nombreux points remarquables de l’ouvrage étant sa totale accessibilité depuis le parking.
Cet ouvrage fait l’objet, pour l'instant, d’un large consensus auprès de ses utilisateurs, et se révèle à l’usage opérationnel, pratique et évolutif; étant issu d'une véritable "co production" entre architecte, élus, utilisateurs (scolaires ou associatifs), services municipaux en charge de l'entretien et de la maintenance cela n'a rien de surprenant. Cette réflexion collective ayant débuté très en amont du projet, dés la désignation de l’architecte de fait.

Quelques mots sur la Haute Qualité Environnementale de cet équipement (HQE) qui devient peu à peu une marque de fabrique locale, ici à Trilport ...

 

Lire la suite

11/01/2009

Mais que fait la Mairie ?


voiture neige.jpgCette question bien des élus l’ont entendu ces derniers jours provenant d’administrés excédés par les conséquences de la neige et du verglas. Pour être tout à fait clair, au moins un de mes concitoyens a dépassé les bornes dans l’expression d’une colère peut être légitime mais quelque peu excessive au regard d'une analyse  circonstanciée de la situation.

L’occasion d’aborder un sujet de saison dans lequel semble-t-il un élu local n’a que des coups à prendre et où la démagogie s’en donne à cœur joie.

De manière générale, la météo s’exprime avec retenue dans notre pays et trop souvent avec excès dans d’autres régions du globe moins favorisées. Tous les observateurs avisés le confirment, le réchauffement climatique induit des sautes d’humeur de dame nature de plus en plus fréquentes et violentes.

Pourtant, rien de tel cette semaine en Ile de France, si ce n’est un temps d’hiver  : gel, neige et  verglas. L’exceptionnel, n’en déplaise à François Fillon qui a perdu là une bonne occasion de se taire (bonjour la démagogie) a été l'ampleur des chutes de neige (une fois tous les 20 ans) qui ont touché le sud de la France. Selon leur ampleur, les intempéries ont effectivement une incidence directe sur les infrastructures (électricité …) et les conditions de transport, tant au niveau des voies ferrées, des airs ou de la route et peuvent empêcher tout déplacement.
Les collectivités territoriales, comme les gestionnaires d’infrastrutures de transport sont alors mises à l’épreuve; car la perception de l'ampleur des contraintes est par définition relative, et dépend du point de vue de chacun, excepté lorsque cela tourne au tragique !

Nous vivons sur une planète dominée par l’homme, ce dernier accepte difficilement que la Nature prenne le dessus (sans doute notre coté Promothéen, ce demi dieu qui avait dérobé le feu aux dieux avant que ceux ci ne se vengent ...). Certes, il peut y avoir effectivement faillite du gestionnaire mais également des demandes d'usagers impossibles à satisfaire, malgré toute la bonne volonté du monde ...

Chaque pratiquant d’activité « nature » (qu’elle soit de montagne ou nautique) sait que lorsque l’élément naturel s’exprime  (tempête, avalanche …), l’homme n’est rien et doit composer : plier pour ne pas rompre, ou du moins s'adapter; réaction naturelle que paradoxalement notre société a tendance à de plus en plus rejeter.

Avant de revenir sur les carences supposées des services municipaux, deux paramètres sont à  prendre en compte également et à ne pas négliger : chaque intervention requiert un minimum de logistique, certaines des interventions classiques (tel le salage) ne sont pas sans incidence sur notre environnement. ..

Les jalons étant posés nous pouvons apporter quelques précisions utiles à tous ...


Lire la suite

17/11/2008

Grand Prix de l'environnement ...

arbre-debout-nb.jpgTrilport participe au Grand prix de l’environnement 2008, dont les résultats seront proclamés cette semaine au CNIT dans le cadre d'une exposition sur les énergies renouvelables.

Si nous avons postulé suite à la visite des organisateurs de cet évènement, nous n’avons pas eu le temps de  constituer un dossier de candidature comme nous l’aurions désiré, avec toutes les conséquences pour cette semaine, mais qu'importe, cet évènement montre le chemin parcouru depuis 2002 !

Le Développement Durable, nous l’avons pratiqué pendant de longues années comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir ou presque, mais avec passion et volonté …

Tout a débuté avec une demande de subventions, lors des études préparatoires à un Contrat de développement avec le Conseil Général de Seine et Marne, puis du Conseil régional. Pour établir le diagnostic de ces partenariats, nous avons mené une large concertation auprès des acteurs de terrain et des habitants. Débat des plus fructueux, ayant entrainé une profonde remise en cause de l’action municipale: bouleversement des mentalités et des modes de fonctionnement des élus et des services municipaux, nouvelle organisation des services, introduction de méthodes de travail novatrices, définition de stratégies globales et transversales, développement de l’éco construction …

Illustration : le programme d'équipements publics lancé, intégralement en H.Q.E, engagement environnemental prolongé avec le lancement dés 2005 d’un Agenda 21. Initiatives qui ont fait de Trilport en quelques années une des villes pionnières du Développement Durable en Ile de France, malgré notre petite taille. Je me souviens encore des commentaires amusés de certains élus de villes voisines, y compris de grandes villes, devant nos mesures qualifiées à l’époque d’originales !
Aujourd’hui, les premiers équipements sont sorties de terre et fonctionnent depuis de nombreux mois, les services municipaux intègrent les priorités environnementales, nos engagements passés sur la ressource eau, les énergies renouvelables ou l’isolation ont été validés par les accords de Grenelle et les projets que nous avons dans nos cartons, sont dans l’air du temps …
Les communes voisines, hier sceptiques, nous rejoignent désormais en nous prenant pour exemple. Si je mesure le chemin parcouru en la matière mais ne retiendrait qu'un idée, lorsque l'on parle d'environnement plus on apprend, moins on sait ...

En matière d'environnement les élus locaux ont une responsabilité particulière : l’action municipale agit directement sur les problématiques liées au réchauffement climatique, en influant concrètement et durablement sur l’habitat, l’organisation urbaine, la consommation et la production d’énergie, la bio diversité ou la mobilité … . Mais également du fait de la résonnance particulière que l’action politique peut revêtir quelquefois auprès des habitants et des autres acteurs de la vie publique.

Permettez-moi également trois réflexions sur la valeur du temps, la place de l'humain dans le Développement durable et le prix réel des produits ou de leut utilisation  ...

 

 

Lire la suite

11/08/2008

Dégustons l'huitre de Marennes Oléron

huitre marennes.jpgDe passage sur l’île d’Oléron lors de mes congés d’été, je n’ai pas résisté au plaisir de déguster la production locale d’huitres et de découvrir plus en profondeur l’activité ostréicole.
Cette industrie a fait la une des journaux en juillet dernier, du fait d’une surmortalité record des naissains (jeunes huitres de un à deux ans). Si les réveillons de fin d’année ne sont pas menacés, cette disparition soudaine et massive ne sera pas sans conséquence pour les années à venir (dés 2010-2011); rappelons qu’il faut trois à quatre années pour qu’une huitre (après une période variable d’affinage dans les claires) ne soit consommable.

Une surmortalité qui a décimé en l’espace de quelques mois l’ensemble des bassins ostréicoles français, avec des taux de mortalité allant de de 40 à 100 % des naissains d’huîtres creuses, tous ou presque d'origine japonaises, soit 99% de la production française.

Une véritable catastrophe pour les milliers de personnes vivant de cette industrie, vitale pour l’économie de leurs territoires ; avec 130.000 tonnes par an la France est le premier producteur européen et le quatrième mondial derrière la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Une activité qui est également un argument touristique de premier plan pour ces régions !

Le plus paradoxal est que l’huitre est à la fois robuste, elle est de loin antérieure à l'arrivée de l’homme sur terre, et fragile.  Sa survie est totalement liée à l’équilibre et la vitalité d'un éco système complexe, qu’il ne faut surtout pas limiter à l’Océan, notamment dans le cas de l’huitre de Marennes, car bien des paramètres interviennent y compris terrestres : température de la mer, apports en eau douce, salinité, prédateurs, algues, pollution des effluents et affluents ...


La crise traversée aujourd’hui par le monde ostréicole est une illustration parfaite des problématiques actuelles. Ou comment concilier développement vertueux de nos territoires, interrelations entre nos différentes activités et le milieu, gérer le risque sanitaire et protéger notre environnement …


Car tout est lié !

 

Lire la suite

23/07/2008

Qiu Xiaolong ou le Petit dragon

qiu xialong.jpg

Le moment est particulièrement bien choisi pour vous faire découvrir un de mes romanciers favoris, l’écrivain chinois Qiu Xiaolong (petit dragon en chinois) : les vacances d’été sont propices à la découverte de  livres policiers dépaysant, et les siens le sont à plus d’un titre, l’intérêt grandissant pour la Chine, ce pays continent qui accueille les jeux olympiques, la série de ses nouvelles inédites que Le Monde publie …

Maisplus encore,  l’originalité de cet auteur que j’ai découvert il y a plus de 5 ans et la très grande qualité de ses romans qui ont le bon gout d’être publié en poche.

Quelques mots sur son itinéraire : il est né à Shanghai en 1953, où il grandit, sa famille est victime des gardes rouges durant la Révolution culturelle, lors de ses études il intègre l'Institut des Sciences Sociales de Shanghai. Remportant une bourse d’études, il part aux Etats-Unis en 1988, afin de rédiger son doctorat sur l'auteur T.S. Eliot. Les évènements de Tienanmen éclatent, il écrit des articles, en faveur des étudiants et devant la répression décide de rester aux Etats Unis.
Il enseigne alors à l’université de Saint Louis et se met à écrire en anglais. Devant le succès rencontré, il se consacre uniquement à cette activité.
Publié dans une vingtaine de pays, il retourne depuis 1997 en Chine pour de courts séjours, ce qui lui permet d’être très informé sur l’état de son pays d’origine et de ses habitants.

Une acuité que l’on retrouve dans tous ses romans.Ses livres sont bâtis autour d’un personnage principal récurrent, l'inspecteur Chen Cao, tout à la fois cadre du Parti,  membre de l'Union des écrivains et policier.

L’intrigue policière est le prétexte pour nous plonger dans le véritable Tsunami subit par la Chine depuis l’ouverture économique initiée par Den Xiaoping. Un bouleversement sans précédent.

Comme l’écrit Xiu " La transition, c'est que le pire des deux s'est uni : le pouvoir du parti unique avec le capitalisme le plus sauvage."

C'est dire ...

 

Lire la suite

06/07/2008

Abeille, la sentinelle en danger

 

abeille4.jpg

 

 " Si l’abeille venait à disparaître, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre " ...

Albert Einstein

 

Un apiculteur de ma commune vient de perdre ses 20 ruches ; depuis qu’il récolte le miel (1993) il n’avait jamais connu une telle mésaventure. Au printemps, ces ruches respiraient la vie et regorgeaient de pollen, fin avril, ne voyant plus d’aller et venues, il a ouvert ses ruches pour y découvrir ses abeilles mortes. Il ne sait toujours pas pourquoi …

Un incident à ne pas prendre à la légère, vu la place particulière tenue par l’abeille dans notre vie. Elle ne se limite pas à être l'unique insecte dont l'homme consomme la production (miel, pollen, propolis, gelée royale, cire), le miel a longtemps était la seule source de sucre existante, mais l’abeille est surtout l'insecte pollinisateur par essence. Elle donne la vie et c'est un maillon essentiel dans le maintien de nos écosystèmes. La survie de plus de 80% des espèces végétales dans le monde en dépend. Rappelons que cet insecte malgré sa fragilité, a réussi à traverser deux ères géologiques.

Jusqu'à ces dernières années, ses populations dans nos régions étaient en déclin. Conséquence de la raréfaction des plantes à nectar et pollen (plantes mellifères). Plusieurs faits sont à l'origine de ce phénomène : urbanisation, remembrement, mono culture intensive, herbicides, insecticides et fongicides … Une tendance heureusement remise en cause aujourd’hui.
L’abeille est enfin reconnue pour ce qu'elle est : un indicateur biologique exceptionnel, sentinelle indispensable de la qualité de l’environnement, ce qui explique que de nombreuses villes dont Paris ont relancé son élevage.

Nous ne devons pas sous estimé la mésaventure qui a touché notre apiculteur, elle doit au contraire nous interpeller, d’autant que cet incident n’est pas isolé et se multiplie. La pérennité même de l’abeille semble menacée : pesticides (Régent, gaucho, poncho), développement des OGM, apparition du frelon asiatique (vespa velutina), syndrome d’effondrement ... Les causes sont multiples mais toutes liées à notre mode de développement.

Pourquoi les ruches se vident-elles de leurs habitantes ? Pourquoi les abeilles qui partent- butiner ne reviennent jamais dans leur maison ? Quelle est la vraie cause de ces disparitions ?

 

 Les pistes sont nombreuses et préoccupantes. Il est donc important de savoir ce qui est arrivé aux 20 ruches de Trilport !

 

 

 

  (à suivre : article paru dans les Echos en aout dernier et abordant ce phaénomène de disparition)

 

Lire la suite

Toutes les notes