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Education

  • 11 novembre : Rien n'est jamais acquis

     

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    Photo Damien Douche

     

    Il peut apparaître aux jeunes générations, quelque peu désuet, superflu, inutile, suranné, ringard même, de célébrer tous les 11 novembre, la fin d’une guerre du siècle passé, tant la paix semble aujourd’hui, installée et durable. Chacun la croit immuable, assurée, définitive, perpétuelle la paix …

    Pourtant nous vivons dans une société d’hommes, et depuis la nuit des temps, depuis que l’homme est homme … Rien ne lui ai jamais acquis…

    « ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur,
    et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix,
    et quand il croit serrer son bonheur, il le broie »
    (Aragon).

    Il est important que les nouvelles générations comprennent que l’homme est faillible, que rien n’est immuable, que tout est destructible, y compris et surtout le bonheur, que celui ci peut juste dans une vie constituer un moment de grâce éphémère et fugace, que si l’histoire ne se répète jamais, elle bégaie pourtant souvent …

    C’est pourquoi il est important de mobiliser autour des commémorations comme celles du 11 novembre, afin qu’elles (re)deviennent des moments privilégiés de citoyenneté et de recueillement …

    Merci à tous ceux qui y contribuent, aux musiciens qui apportent l’émotion juste, aux anciens combattants, passeurs et transmetteurs de valeurs dont le rôle devient  combien utile et nécessaire aujourd’hui, aux enseignants qui en participant à ces cérémonies avec leurs élèves font oeuvre utile et contribue à forger la citoyenneté de leurs élèves et leur conscience républicaine.

    Rien n’est jamais acquis, même pas la paix, car la paix n’est pas le cadeau éternel tombé du ciel décrit par certains ...

    Non ...

     

     

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  • L'économie circulaire commence dans l'assiette

     

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    Le self inauguré à Trilport concrétise l’aboutissement d’un processus entamé il y a plus d’un an et marque une nouvelle étape dans notre approche de la restauration scolaire basée sur une vision globale des problématiques liées à l’alimentation et l’agriculture.

    Nous avons, après un audit mené sans concession sur les pratiques en cours, élaboré un cahier des charges ambitieux, allant bien au delà de nos ambitions initiales. La société Elior, retenue, a su être à la hauteur des exigences fixées. Ce marché qui représente 55 000 repas annuel représente pour cette société une première incursion dans des territoires d'où ils étaient jusque là absents et qui ont grand besoin d’innovation en ce domaine.

    Cette inauguration illustre notre engagement contre ce véritable fléau qu’est la malbouffe. Un fléau qui se traduit dans les assiettes (manque de saveur, de créativité et de diversité des menus, cuisine collective vite expédiée…), mais aussi plus en amont : aliments sans origine définie, produit on ne sait comment, sans prise en compte des émissions de gaz à effets de serre, de priorités sanitaires pourtant cruciales, ou encore de la sauvegarde de nos ressources naturelles.

    Les conséquences pour les consommateurs que nous sommes en sont multiples : obésité, maladies, repas de plus en plus insipides, augmentation des déchets alimentaires...
    Selon les conclusions d’un récent rapport du groupement d’experts britanniques "Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition", la malbouffe constitue désormais le risque numéro 1 pour notre santé. 
    En France, le coût social en 2012 de la surcharge pondérale s’est élevé à 20 milliards d’euros, ce qui est comparable à celui de l’alcool (15 milliards d’euros), du tabac (26,6 milliards d’euros) et s’illustre par le développement de graves pathologies: hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol ou maladies cardio-vasculaires.

    L'alimentation est un marché qui reste soumis à la loi d’airain de lobbies puissants et tres actifs, à Paris comme à Bruxelles, et qui agissent pour que surtout rien ne bouge, ne serait ce même qu’au niveau de l’étiquetage nutritionnel, c'est dire !

    Le succès des émissions culinaires télévisées, la demande croissante en produits bio ou en provenance directe de la ferme, le développement de filières courtes ou la multiplication des AMAP illustre cependant une tendance sociétale de fond qui va à l'encontre de ces intérêts mercantiles. 
    Peu à peu une nouvelle économie émerge, enfin circulaire, créatrice d'emplois de proximité, j'ai le sentiment que c'est une véritable vague de fond qui peu à peu dans les pays développées s'imposera contribuant ainsi au mieux vivre et à un meilleur respect de la planète.

    A l'école il est essentiel de « mieux manger pour mieux grandir » mais aussi de « retrouver le plaisir de déguster … ». Le plaisir est un enjeu éminent, notamment en milieu scolaire et ne se limite pas au seul repas : plaisir d’apprendre, d’enseigner, de découvrir … Le plaisir est un formidable moteur pour avancer

    Après les divers scandales alimentaires qui ont émaillé ces dernières années, illustrations concrètes d’une vision court termiste, productiviste, mercantile et irresponsable de l’alimentation, il nous faut désormais promouvoir la qualité, la traçabilité des produits servis dans nos cantines, et contribuer au développement de filières locales responsables et durables respectueuses de notre santé, de la nature et de ses cycles.

    L’action initiée par les collectivités peut contribuer à faire bouger des lignes qui jusque là étaient figées, c’est cette volonté qui nous animé lors de la mise en place de cette réorganisation majeure de la restauration scolaire dans notre commune, avec trois objectifs concrets :

    1. Privilégier la qualité des produits,
    2. Faire du repas un moment de détente, de plaisir, de convivialité et d’autonomie,
    3. Contribuer à l’émergence d’une économie circulaire, afin de faire du déchet alimentaire une véritable ressource

     

    Quelles sont les réponses concrètes  ?

     

     

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  • Apprendre en 2016 (1)

     

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    « On ne connaît que les choses qu’on apprivoise. »
    Antoine de Saint-Exupéry

     

    Cette période de la rentrée est le moment propice pour s’interroger sur le "quoi" et le "comment" apprendre aujourd’hui.
    Ce billet est le premier d'une série, tirées d’une réflexion personnelle portant sur les « habiletés sociales et numériques », visant à explorer quelques pistes de réflexion sur l’éducation.

    Précision utile, je ne suis qu’un de ces modestes et innombrables fantassins voltigeurs qui, en première ligne, confrontés au monde réel, tentent comme l’a écrit joliment Corneille de réveiller « le feu qui semble éteint et dort sous la cendre, car qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre »

    Internet et les réseaux sociaux esquissent les contours d’une nouvelle société, dont les interactions sociales et la donnée (le data), constituent les principaux moteurs. Révolution copernicienne qui se déroule sous nos yeux et fait appel à de nouvelles aptitudes, que ce soit dans le monde du réel ou du virtuel, qu’il devient essentiel désormais de maitriser.

    Edgar Morin désigne cette séquence comme une "métamorphose" qui provoque plus un processus de "création destructeur", que de « destruction créatrice » (Schumpeter), processus dont il convient de mesurer les effets ...

    Au cœur de cette mutation, les qualités relationnelles sont de plus en plus prisées et recherchées. Reconnues depuis des années dans les techniques de management et les sciences des ressources humaines, elles font l’objet d’un véritable renouveau, sous l’appellation anglo-saxonne de « soft skills », (« compétences douces »), opposé aux « hard skills » (compétences « dures » ou techniques). Des aptitudes abordées et enseignées depuis des années au Québec, dés la petite enfance, et désignées dans la Belle Province comme des "habiletés sociales", terminologie qui a toute ma préférence.  

    Les habiletés sociales constituent un véritable bouquet de compétences, toutes liées par nature, et apportent à chacun « la capacité d’entrer en relation avec autrui, de s’entendre, de coopérer et d’interagir», contribuant ainsi à son épanouissement global comme à son inclusion sociale.
    Leur maitrise permet d’appréhender et de maitriser les codes et savoirs qui régissent nos liens avec autrui et la société.

    En France leur approche se cantonnait jusque là à des publics cibles en difficulté d’inclusion social. Elles se révèlent cependant particulièrement adaptées aux défis que notre société doit relever, car directement orientées vers les interactions humaines. Elles font appel à « l’intelligence émotionnelle », déterminante pour la réussite professionnelle ou l’épanouissement personnel de chacun.

    Les besoins en compétences cognitives, verbales et interpersonnelles explosent littéralement aujourd'hui, une situation dont notre système de formation ne tient toujours pas compte concrètement, exception faite des grandes écoles. L’enseignement traditionnel demeure centré sur les compétences techniques, le plus souvent enseigné de manière disciplinaire, en silo, et n’aborde le champ des «habiletés sociales» qu’à la marge.
    Cette situation constitue un véritable paradoxe, tant il est incontestable qu’au niveau professionnel, les habiletés sociales deviennent déterminantes, facilitatrice d'intégration et d’épanouissement, que ce soit au sein de l’entreprise ou dans la vie personnelle.

    Considérés trop souvent comme des «traits de personnalité», les habiletés sociales, relatives au savoir vivre et au savoir être, n’étaient quasiment pas abordées, si ce n’est à l’école maternelle. L’institution considérant implicitement leur acquisition du ressort familial.
    A la base de cette séparation des rôles, une répartition entre la famille chargée de l’éducation des enfants, et l’école, chargée de leur instruction. « L’éducation c’est la famille qui la donne, l’instruction c’est l’Etat qui la doit » (Victor Hugo).
    Aujourd'hui la donne a bien changé, la société devient de plus en plus éclatée, fracturée, la cellule familiale y est malmenée, parfois disloquée, et n'est plus en capacité de transmettre de vrais repères de vie.

    Ce contexte est aggravé par une école républicaine de plus en plus inéquitable ; ce constat brutal répond à une réalité statistique formelle, soulignée depuis plus de dix ans par toutes les études internationales successives.
    Le système éducatif français est devenu un des plus inégalitaires de l’OCDE, certainement un de ceux où l’origine sociale des élèves influe le plus sur ses résultats scolaires et produit proportionnellement le plus grand nombre d’élèves en situation d’échec. Ce que tout défenseur de l’école républicaine ne peut accepter.

    Dans les jeunes générations, les plus pénalisés sont tous ceux qui ne bénéficient pas d’un environnement familial propice et qui se retrouvent dés lors dans l’impossibilité d’acquérir les clés indispensables pour s’épanouir dans le monde d’aujourd’hui. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne portent pas en eux de telles habiletés. Elles font partie du “capital relationnel” dont chacun est doté à sa naissance et ne demandent qu’à être dévoilées et développées.
    Cela devient un impératif, tant leur
     maitrise est devenue un marqueur sociétal qui compte dans l’insertion et la réussite professionnelle comme dans l'épanouissement personnel de chacun. 

    Si la situation est grave, elle n’est pas désespérée, encore faut il agir et vite

     

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  • Edgar pense global et il a bien raison

     

    « Je pense que le mot métamorphose est plus riche que le mot révolution…

    La métamorphose signifie qu’il n’y a pas rupture totale avec le passé : on utilise au contraire l’acquis culturel de l’histoire passée de l’humanité…

    C’est ce processus de transformation que nous connaissons très bien chez la chenille qui, s’enfermant dans sa chrysalide, commence à s’autodétruire avec des ailes en tant que papillon. La chenille est devenue une autre, à partir d’elle même.

    On sait avec quelle difficulté, quand la chrysalide s’ouvre, le papillon parvient à déployer ses ailes avant de pouvoir s’envoler. Comme un enfantement, la métamorphose s’accomplit dans la douleur.

    Toute l’évolution est donc un processus de création qui crée de la destruction. La formule de Schumpeter la « destruction créatrice » qui est reprise un peu partout est à mon avis fausse : c’est la création qui est destructrice ...

    Nous vivons le commencement d’un commencement. »

     

    Edgar Nahoum, dit Edgar Morin,

    Grand résistant, sociologue et philosophe français.

    Tirée de son dernier ouvrage : "Penser global"

     

    Pour prolonger, un entretien de 2013 au Monde, toujours d'actualité car Edgar Morin garde toujours quelques stations d'avance "Il faut enseigner ce qu'est être humain" ...

     

    Tout un programme non ? Ecce homo ...

     

     

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  • Résister, se conjugue au présent

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    Ces derniers jours nous auront marqué à jamais … trop de vies envolées, trop de personnes blessées, trop de familles endeuillées ou meurtries …  Une foule de sentiments de l’ordre de l’intime s'entremêlent dans nos têtes et nos coeurs : émotion, compassion, sidération, incompréhension, indignation, révolte, colère également …

    Cette tragédie aura agit comme un révélateur pour le pays, vague de fond, l’impactant, l’ébranlant même et faisant remonter à la surface certaines réalités, jusque là laissées de coté, qui se rappellent brusquement à nous : la fragilité de notre sécurité individuelle et collective, l’utilité d’un service public efficient ... Chacun a pu mesurer ce que nous devons à l’action déterminante et exemplaire des forces de l’ordre, pompiers, secouristes et médecins lors de ces tragiques évènements. Leur courage et l’efficacité de leurs actions ont permis de sauver beaucoup de vies et de soulager la douleur de centaines de blessés ... comme à chaque fois.

    Face à ce qui constitue un véritable acte de guerre, une seule réponse s’impose : faire bloc et rester unis … L’heure est à l’unité nationale pour ne pas tomber dans le piège tendu par l’Etat Islamique qui cherche à cliver, diviser, rejeter, exclure, fractionner pour mieux rebondir ensuite afin de surfer sur nos détresses, nos faiblesses et plus que tout sur nos fractures …
    C'est pourquoi il est important de défendre, ensemble, face à la barbarie que Daech représente, cohésion nationale et sociale, valeurs républicaines mais aussi nos modes de vie pluriels.

    La petite musique politicienne de certains (ir)responsables a fait plus que désordre, ce mélange assez minable des genres constitue une faute politique majeure, tant le contexte dramatique du moment exige sang froid, discernement, responsabilité et, plus que tout, sens de l’état.
    L'heure est à l'action et aux investigations, pas aux polémiques, c'est le pays qui est attaqué et nos valeurs qui sont menacées.
    L’heure est au soutien au Président qui n’a pas failli et s’est montré à la hauteur de la situation, au gouvernement qui agit vite et fort, et à tous ceux qui, anonymes, nous protègent jour et nuit de l'Etat Islamique, souvent au péril de leur vie, que ce soit sur le sol national ou au-delà des mers et des océans

    C’est parce que la France lutte contre l’obscurantisme et le fanatisme, qu’elle est à la pointe du combat pour la liberté, que son action est déterminante, qu’elle est devenue la cible des terroristes ! Mais c’est aussi pour tout ce qu’elle incarne, plus encore après le 11 janvier, notre pays est devenu de nouveau pour la planète un symbole de liberté que les fanatiques veulent abattre absolument !

    Plutôt que ce complaire dans un France bashing injuste et mortifère, apprécions la chance que nous avons de vivre dans un pays libre et ouvert, riche d’une qualité de vie que le monde entier nous envie, ou il fait bon se cultiver, aimer qui bon nous semble, étudier, travailler, grandir, vieillir, s’épanouirNous le devons aux morts du Bataclan, aux vivants, mais aussi à nos enfants.
    C'est pourquoi il nous faut, y compris si cela semble si difficile aujourd’hui, "enraciner l’espérance dans le terreau du cœur" et y semer des graines de monde meilleur, loin de la peur, de la terreur et de la douleur …

    Nous ne pourrons cependant faire l’économie d’un examen de conscience lucide, sans complaisance aucune, et d’une nécessaire remise en cause ne pouvant se limiter à la seule analyse des conséquences ou de l'analyse de la dualité entre liberté et sécurité (moins de liberté pour plus de sécurité), mais bien nous attaquer aux racines du mal … 
    Au delà des mots, postures ou polémiques nous devons apporter des réponses globales, ajustées, adaptées, et garder en tête une réalité brutale, douloureuse et cruelle, c'est bien notre société qui a enfanté les auteurs des actes de guerre du 13 novembre.

    Recherchons au plus profond de nous mêmes les réponses  qui permettront que « les sanglots longs des violons de l'automne ne blessent de nouveau nos cœurs » au vent mauvais …

     

    Mais qu'elles sont elles ?

     

     

     

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  • Education : "Toujours en mouvement est l'avenir"

     

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    « Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre ;
    qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre ».
    Pierre Corneille

     

    Le monde est en mouvement, mouvement qui ne s’arrêtera pas de si tôt et devrait même s’accélérer dans les prochaines années. Paradoxalement notre système éducatif donne l’impression d’être comme à l’arrêt, pire en décalage ; si durant des années, il a répondu aux demandes d’un pays en pleine croissance : généralisation de l’accès à l’enseignement secondaire, multiplication du nombre d’étudiants dans le supérieur, diminution du «différentiel d’instruction» entre élèves selon leur origine sociale, ce modèle a vécu.
    Le nombre de jeunes sans qualification et ne trouvant pas d’emploi est considérable, jamais l’école républicaine n’aura été aussi inégalitaire ; l’ascenseur social du pays  est bel et bien en panne. Dans le passé un jeune issu du système scolaire pouvait espérer trouver rapidement un métier pour la vie et progresser dans la même entreprise, autant de perspectives qui ont disparu.
    Plus de 130 000 jeunes sortent sans solution chaque année, et 65% des élèves d’aujourd’hui exerceront demain un métier qui n'existe pas encore ! Encore leur faut-il trouver un emploi !

     Si le système éducatif est le reflet de la société, force est de constater que le miroir est brisé, l’école nous renvoi toujours l’image du monde « monde d’avant ». Ses repères ne correspondent plus à une société ou l’horizontalité a supplanté la verticalité et dont les  fondations reposent de plus en plus sur des « nuages » ! Nous vivons une phase de transition entre deux mondes,  bouleversement qui se répercute sur l’enseignement, qui de masse devient quasi individualisé, privilégiant désormais un modèle plus qualitatif que quantitatif.
    Si auparavant chaque élève devait s’adapter aux enseignements existants, c’est au système éducatif de s’adapter désormais. Pourtant ses structures sont toujours les mêmes !

    L’école ne peut plus se permettre d’être « hors sol », devenu un véritable éco système, elle doit s’ouvrir au monde extérieur auquel elle est connectée, au propre comme au figuré.  La société émergente fait appel à des aptitudes particulières à maitriser que ce soit dans le monde réel ou virtuel d'Internet et des réeaux sociaux. Au cœur de cette mutation qui transforme en profondeur la planète, les qualités relationnelles prennent de plus en plus d’importance.

    C'est un coup de colère froide, suite à une divergence de fond avec des acteurs institutionnels, perdus dans leurs certitudes, éloignées des contingences matérielles du terrain et de la réalité partagée des élèves et des professeurs, qui a déclenché cette réaction et m'a amené à proposer des pistes d'action.
    Chef des travaux en Lycée Professionnel depuis des années, le décalage grandissant entre l’affichage politique, les exigences théoriques de l’institution, la déconnexion de responsables éducatifs et les besoins réels et concrets des élèves notamment des plus défavorisés comme le malaise grandissant de beaucoup trop d’enseignants, m’a conduit à mener une réflexion relative à l’acquisition des habiletés sociales et numériques. Travail qui s’est étoffé en cours de route, notamment autour des exigences et opportunités pédagogiques spécifiques induites par la société numérique.
    Afin que chaque jeune formé (mais en ce domaine la jeunesse a t’elle des limites ?) soit en capacité de s’épanouir dans la société d’aujourd’hui comme de demain. Cette contribution est disponible sur ce blog.

    Soulignons tout de même un paradoxe, et de taille. Si la raison d’être et l'utilité de l’Éducation Nationale est de former les jeunes générations, elle n’assure pas (n'assume pas ?), ou si peu, la formation continue de ses enseignants. Je ne veux pas abordons pas la question de la formation initiale, à priori inutile aux yeux des gouvernements successifs de l’ère Sarkozy.
    Former les enseignants sur le fond, pas seulement sur la forme, est pourtant un passage obligé incontournable pour chaque pays afin qu'il s'adapte aux mutations de la société, de ses exigences, des besoins ressentis sur le terrain et surtout de l’attente légitime des français.
    Faut il rappeler qu’une des missions majeures d’un enseignant est d’être transmetteur de repères, encore faudrait il que les siens puissent être réactualisés ! Aussi personne ne devrait s’étonner que beaucoup d’enseignants s’interrogent aujourd'hui sur le sens à donner à leur métier ?

    Autant il n’est plus possible de s’affranchir de l’évolution de la société et de l’incidence évidente du numérique, d’internet et des réseaux sociaux sur les modes de pensée, autant l’enseignement ne doit pas renoncer à son ambition pédagogique première : former des citoyens éclairés disposant des capacités de discernement, de penser par eux-mêmes, dotés d’un esprit critique.
    Encore devons nous tenir compte du changement de mode de pensée induit par l’émergence d’une société de plus en plus digitale.

    Le numérique intègre des problématiques globales, que ce soit au niveau social, culturel, économique et politique, mais aussi vis à vis de l’éthique et de valeurs plus philosophiques. Il présente également quatre écueils dont nous devons nous méfier, que je tiens à rappeler un peu plus loin ...

    Une grande part de la crise culturelle, intellectuelle, spirituelle et identitaire que notre société traverse, provient de la mutation en cours et des remises en cause successives qu'elle entraine, car comme le dit si bien Yoda  : "Toujours en mouvement est l'avenir"

     

     

     

     

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  • Laicité, redonner du sens à un projet commun

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    Je viens de recevoir le numéro spécial de la revue "Communes, département et Régions de France" consacré à la "Laïcité, une garantie de liberté" ... Plus de 300 pages dédiées à un concept, qui depuis les attentats du 5 janvier dernier, a pris une toute autre importance aux yeux de tous, du moins des miens.

    Suite à une de mes interventions lors d'un Bureau National de la FNESR portant sur cette problématique, on m'a proposé de contribuer à ce travail collectif, ce que j'ai fait avec la tribune : "Donner du sens à un projet commun".

    Dois je l'avouer, le concept de Laïcité m'apparaissait jusque là, quelque peu éthéré, déconnecté de la société et de la vie actuelle, 2015 n'étant plus 2005 loin s'en faut. Une valeur à mes précieuse, certes, d'autant que je suis athée, mais quelque peu vide de sens, du moins de contenu concret et à renouveler absolument pour lui éviter de dépérir ...


    Par le passé pourtant, deux temps forts m'avaient incité à retravailler quelque peu cette problématique fondatrice et fondamentale à bien des égards :

    • les discussions autour du traité européen, dans lesquelles, suite aux pressions françaises toutes références à "l'origine chrétienne de l'Europe" avait été évacué. Une concession que beaucoup de nos compatriotes avaient trouvé mineure, alors que pour nombre de pays européens, elle était en fait majeure. J'ai encore le souvenir du ressenti d'amis allemands et hongrois et des sermons tant du prêtre que du pasteur entendus lors lors d'une messe œcuménique à Engen, en allemagne à cette période. Cet "abandon" constituait à leurs yeux un vrai déchirement.
    • le discours scandaleux de Nicolas Sarkozy à Latran "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance". Nous voilà à des années lumière des valeurs républicaines que ce dernier prétend pourtant aujourd'hui incarner !

    Deux évènements dont l'ampleur ne peut être bien évidemment pas comparer à ceux de janvier dernier, beaucoup plus dramatiques. Ces attentats ont provoqué un réveil citoyen qui démontre combien ces questions demeurent importantes dans l'inconscient collectif national et comptent incontestablement, pour aujourd'hui et pour demain. Encore devons nous redonner à un contenant quelquefois vide, un vrai contenu ...

     

    C'est bien une partie de l'enjeu,  s'émanciper du prisme religieux, pour aller plus loin, à la recherche de valeurs à partager afin de vivre ensemble, riches de nos différences, au service d'un projet commun destiné à construire des lendemains  "qui chantent" plus durables et solidaires.

     

    Conclusion de ma tribune

     

     

     

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  • 8 et 9 mai, un jour pour l'Europe

    9 mai.jpgDepuis 2010, année du 10eme anniversaire de notre jumelage avec Engen, nous célébrons également à l’occasion du 8 mai, l’Europe, tant sa création est  intimement liée aux fractures et blessures de la 2eme guerre mondiale. 

    L’Europe, ce n’est pas qu’une élection, un drapeau étoilé sur fond d’azur, la devise « unis dans la diversité », la belle mélodie de Beethoven pour hymne, des subventions reçues, des relations économiques ou une monnaie partagée … 
    C’est aussi un modèle unique de démocratie sur la planète, une véritable oasis économique et sociale reconnue de tous les pays du globe, qui constitue de fait presqu'une anomalie dans l’histoire du monde. Il n’est en effet pas commun de voir les ennemis irréconciliables d’hier se réunir pour fonder une nouvelle famille et écrire ensemble les pages d’un avenir désormais commun et partagé.

    Pourtant aujourd’hui L'Europe doit répondre à un terrible paradoxe : célébrée partout sur la planète comme une réussite, elle ne fait plus recette auprès de beaucoup de ses habitants, qui s’en détournent, notamment les plus jeunes, premiers concernés pourtant.

    Le souvenir de la terrible et dramatique guerre dont elle est le fruit, qui a pris fin le 8 mai 1945, s’estompe dans le brouillard de l’histoire. Les générations ayant traversé cette période tragique, disparaissent peu à peu, emportant dans leurs tombes les terribles souvenirs d'une guerre horrible, mais aussi de la peste brune qu’était le nazisme et qui en est à l'origine.
    Les jeunes pensent que l’Europe a toujours existé, que la paix va de soi, qu'elle est une réalité immuable que rien ne peut remettre en cause. Ils ne disposent pas des repères temporels et mémoriels que nous ont transmis comme un talisman précieux nos parents et grands parents, car la paix est un édifice pourtant fragile, ici même, en Europe aujourd’hui encore !
    Pas besoin de remonter aux années 1945, il y a seulement 15 ans s'achevait un conflit qui a causé plus de 200 000 morts dans l'ex Yougoslavie et endeuillé tout notre continent, à seulement une heure d’avion de Paris ... Depuis quelques mois les  évènements d’Ukraine  font craindre l’émergence d’une nouvelle  guerre civile …
    Point commun à toutes ces tragédies ? Le nationalisme, principale cause des guerres d’hier, d'aujourd'hui et sans doute  de demain, alors que la construction européenne, c’est avant tout la paix …

    C’est pourquoi à Trilport nous avons décidé de célébrer l’Europe le 8 mai. Il nous semble important de perpétuer le souvenir de ceux qui sont tombés pour la France en défendant la démocratie et notre liberté, mais qu'il est  utile de célébrer le même jour cette construction unique qu'est l'Europe, bâtie sur l'amitié entre les ennemis d'hier.
    Aussi je remercie sincèrement tous ceux qui participent à une telle célébration et contribuent à en faire une date importante : anciens combattants, pompiers, harmonie intercommunale car la musique est un facteur d'émotion important et incontournable lors de ces cérémonies, mais aussi chaque citoyen présent, ils sont autant de passeurs de mémoire indispensables.
    Permettez moi de regretter que les enseignants ne saisissent pas une telle occasion avec leurs élèves, afin d'aborder les questions relatives à la citoyenneté, à l'histoire mais également à notre futur avec la construction européenne !
    Il est bon et formateur de rappeler aux nouvelles générations que la guerre n'est pas un jeu vidéo de plus, qu'elle constitue une totale abomination, que son origine est trop souvent dans le "chacun pour soi" et la "peur d'autrui" , surtout lorsqu'ils sont poussés au paroxysme par des pyromanes surfant sur la vague de mécontentement qui grossit lors des temps difficile ... Mais aussi, pour souligner, en contrepoint, comment la paix est belle, mais que c'est un trésor fragile à préserver.

     

    Depuis que l’homme est homme, l’Europe est un continent, 

    Durant plus de 1000 ans elle aura été un idéal politique, philosophique, de paix, de monde meilleur …

    Aprés la terrible tragédie qu'a été la 2eme guerre mondiale, elle s’est construite pas à pas, afin que plus jamais guerre et tyrannie ne reviennent, 

    La chute du mur de Berlin lui a permis de retrouver enfin ces deux jambes, pour avancer de nouveau, 

    Il faut qu’elle poursuive sa longue marche en avant, qu’elle existe concrètement aux yeux de nos concitoyens, mais surtout plus que tout, quelle fasse enfin sens …

    Il lui faut pour cela retrouver le cœur de chaque  européen et la voie de la passion … 
    Comme l’écrivait si bien Guillaume Apollinaire, mort pour la France en novembre 1918, une autre guerre mondiale causée par les nationalismes imbéciles,

    « Il est grand temps de rallumer les étoiles »

    Le drapeau européen en compte douze, unies dans leur diversité, qu'il faut rallumer une à une ...

     

    Autant commencer dés le 25 mai.

     

      

  • Municipales : ma part de vérité (1/2)

    municipales.jpgJe me suis refusé à  analyser à chaud les résultats des dernières municipales, préférant prendre le temps de la réflexion, tant le choc a été rude, même si localement nous avons échappé au carnage …
    Trop de casse et d’injustice pour beaucoup d’élus dévoués corps et âmes à leurs communes, aux quelles ils ont consacré vie personnelle et professionnelle, énergie et compétences durant des années, avec souvent des résultats remarquables, situation qui n’a pas empêché beaucoup d’entre eux de payer cash une addition qui n’était manifestement pas la leur.

    C’est un sentiment fort de gâchis et d’injustice qui prédomine, même si comme l’a écrit Bernard Poignant, un des grands vaincus du scrutin, reprenant Léon Blum « l’ingratitude est un droit du suffrage universel. Un score ne s’apprécie pas avec des sentiments affectifs. Il se constate et se respecte, parce qu’il exprime un choix et une volonté de l’ensemble des citoyens. ».

    Chacun sait que pour tout gouvernement les élections intermédiaires sont délicates et dépendent du climat économique et social, ou de facteurs irrationnels. Pourtant le résultat des municipales de mars 2014 interpelle tant il apparaît comme exceptionnel, au regard de l’ampleur de l'hémorragie subie par la gauche qui a perdu en deux semaines 151 villes de plus de 10 000 habitants. D'autres enseignements sont également à en retenir car lourds de sens pour les années à venir  :

    o   L’importance de l’abstention, inédite pour des élections municipales (37%), incontestablement une partie de l’électorat de gauche a voulu sanctionner les candidats soutenant le gouvernement,

    o   l’échec cuisant des candidats PS à Grenoble, Montpellier et La Rochelle battu par des candidatures dissidentes

    o   La poussée évidente de l'extrême droite qui remporte dix villes et obtient plus de 1 200 conseillers municipaux contre 80 auparavant, franchissant ainsi une étape clé dans son implantation locale,

    o   L’échec du front républicain, victime du "ni-ni" de Copé et des années Sarko / Buisson comme de la réticence d’électeurs de gauche à voter UMP au second tour. Autre enseignement du second tour, lors des triangulaires beaucoup d’électeurs ayant voté FN au 1er tour ont voté UMP afin de battre le candidat PS,

    o   Les dissensions à gauche qui ont fait perdre beaucoup de villes, offrant même sur un plateau Mantes au FN, une attitude totalement irresponsable et inadmissible.

     

    Pour la droite, ce succès est inespéré, au regard de son bilan (elle n’est pas pour rien dans l’état actuel du pays), de l’absence de projet alternatif manifeste, de la faiblesse également de certaines candidatures locales et des scandales à répétition qui ont frappé l’UMP ces dernières semaines.

    Cette défaite marque également la fin de l’âge d’or du  « socialisme municipal ». L’aspect local de l’élection, la qualité de la gestion des maires sortants ont été balayé par des considérations politiques d'ordre national, ce qu’à titre personnel je regrette.
    Les électeurs  ne doivent pas oublier qu'ils ont porté aux responsabilités des équipes qui devront gérer au quotidien durant les six prochaines années leurs communes, mettre en oeuvre et animer les politiques publiques de proximité nécessaires à leur plein épanouissement, dans un contexte que chacun s’accorde à reconnaitre plus que périlleux. Beaucoup regretterons sans doute leur bulletin et les élus méritants qu'ils ont sanctionné.

    L’onde de choc initiée risque fort de faire passer à droite le Sénat dans quelques mois ainsi que de nombreux départements et régions l’an prochain, à moins que le nouveau gouvernement ne réussisse à sortir de cette spirale de l’échec et d'inverser une tendance déjà très compromise.
    La réaction de François Hollande a été pour une fois rapide et à la hauteur de la gravité du moment, il y a urgence, incontestablement. Il y aura bien, un avant et un après municipales dans ce quinquennat. 

    Mais comment expliquer une telle catastrophe électorale ? Et surtout quoi faire pour rebondir après un tel cataclysme ?
    Je vous propose quelques pistes de réflexion personnelles, ma part de vérité en quelque sorte, en deux temps : l’un relatif aux causes, puis dans un prochain billet, explorer quelques propositions d’actions permettant selon moi de rebondir, car c’est surtout cela qui importe. Nous devons préparer dés aujourd’hui les conditions d'inverser la tendance pour les prochaines élections locales, pas pour gagner un match mais pour proposer de nouvelles perspectives correspondant aux valeurs que nous portons.

     

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  • PISA, tous concernés !

     doisneau_preview.jpgLa publication des résultats de l’étude PISA (Programme international de suivi des acquis des élèves) de l’OCDE a fait sensation, et tant mieux, l’éducation constitue pour tous les pays une priorité absolue.
    C’est dire que les résultats de cette édition doivent nous interpeller tant ils sont lourds de signification, nous payons aujourd’hui la facture de 10 ans d’inaction en ce domaine, car il s'agit bien de la décennie 2002-2012, n'en déplaise à certains amnésiques !

    Avant d’aller plus loin dans le commentaire, revenons sur ce qui est désormais LE LABEL scolaire mondial indiscutable et incontournable : l’étude PISA.
    Des premiers balbutiements de 1962 à aujourd’hui, que de chemin parcouru  : 12 pays en 1962, 32 en 2000, 65 en 2013 et la Chine rejoindra ce club dés 2015. Si jusqu’aux années 2000, PISA a reçu son lot de critiques, notamment de France, cette évaluation s’est imposée du fait de la robustesse et de la rigueur de ses analyses. L’évaluation mesure non les programmes scolaires nationaux mais la capacité des jeunes de 15 à 16 ans à utiliser les connaissances et compétences scolaires acquises dans des situations concrètes de la vie quotidienne.

    Tous les 3 ans, elle donne la température, passant au crible un socle de 3 disciplines considérées comme centrales : la maitrise de la langue, les maths et les sciences.
    Point fort, elle permet les comparaisons internationales (510 000 jeunes issus de 65 pays ont participé à l’édition 2013), mais également rétrospectives. Il est ainsi possible de dégager les tendances qui font sens. En 13 ans l'OCDE a rendu la planète accro à son évaluation livrée clés en main aux politiques, médias, spécialistes de l’éducation, mais aussi de plus en plus au grand public dont de nombreux parents d'élèves ! Masochisme ? On peut se le demander parfois, tant les résultats peuvent être douloureux pour les gouvernements et que sa mise en œuvre coûte (plus de 500 000 euros à la France pour la dernière étude).

    Ces résultats interpellent toute la société, et non uniquement les spécialistes « es éducation ». Outre sa mission de former des citoyens éclairées et instruits, un système éducatif doit leur donner également la capacité de trouver un emploi dans une économie de plus en plus compétitive et concurrentielle et celle de s’adapter aux évolutions à venir.
    C’est dire que la problématique de l'échec scolaire est essentielle, elle ne concerne pas que les  élèves qui en sont victimes ou leurs familles, mais bien le pays tout entier avec des conséquences globales, qu’elles soient sociales ou économiques : perte de compétivité, marginalisation, cohésion sociale, chômage …

    Dans la société planétaire de la connaissance, un pays comme la France ne peut se contenter d’être moyen, son développement futur dépend des capacités qu’auront ses habitants à innover, entreprendre, créer, découvrir…
    Pourtant, de 2002 à 2012, non seulement les résultats de l’éducation à la française ont continué à se dégrader, mais les inégalités ont augmenté fortement, tel est le constat de l'enquête PISA 2013, il est clair, net mais surtout sévère et justifié.

     Voyons de plus prés les résultats obtenus et quelles sont les pistes à explorer pour rebondir et changer une donne bien mal engagée …

     

    Il y a urgence !

     

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  • 14-18, terrible source d'inspiration

    onze-novembre.jpgLes commémorations sont des moments utiles qui contribuent à forger la citoyenneté d'une nation, mais plus encore de ses jeunes habitants qui en ont grandement besoin.
    Ces instants de recueillement national sont précieux, pour l'unité du pays mais constituent aussi un devoir de mémoire et une marque  de respect envers tout ceux qui sont tombés donnant leur sang à leur patrie, qu'elle soit d'une rive du Rhin ou de l'autre.

    L'occasion également de souligner que le terrible et dramatique conflit qu'a été la guerre de 1914 1918, a paradoxalement inspiré toute une génération d'artistes, avant, pendant et après le champ de bataille …

    Du néant peut quelquefois sortir la lumière ... La faute à la vie quotidienne dans les  tranchées, à ces journées interminables rythmées par le vacarme incessant des obus qui tombent et explosent aux alentours immédiats, à la présence d’une peur tenace, inséparable des terribles nuits des poilus, à la proximité quasi charnelle de la mort, compagne lancinante au combien fidèle, autant d'éléments qui constituent des sources d’inspiration puissantes.
    Sans omettre l'aventure humaine qui se joue à chaque seconde dans les tranchées, véritable condensé des sentiments exacerbés qui se mêlent et s'entrecroisent, ou l'atroce voisine le grotesque voir le pathétique, ou le rire flirte avec l'émotion et le drame tutoie la légèreté... Beaucoup d’hommes, le soir, à la veillée, dans les casemates ou les tranchées, qu’ils soient illustres ou anonymes, ont évacué comme ils le pouvaient leurs idées noires grâce à la création artisanale ou artistique.

    Ces créateurs, comme tous les soldats du front, étaient de nationalité française ou non, leur couleur de peau comme leur lieu de naissance importait peu, car tous étaient français de cœur et de sang versé ! Tel le suisse Blaise Cendrars, ou encore le russe d'origine polonaise, Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, plus connu chez nous depuis sous le nom de Guillaume Apollinaire, qui a tout fait pour être en première ligne. Il restera à jamais le blessé à la tête bandée immortalisé par Picasso, suite à l’éclat d’obus reçut à la tempe en mars 1916 au pied du Chemin des Dames.
    Ils ont donné à notre pays, comme toute ces générations sacrifiées, jeunesse, joie et espérance, mais aussi trop souvent leur vie ! Leur sang étant l'encre indélébile qui a permis d'écrire des pages cruciales de l'histoire de l'Europe et du monde moderne.

    Guillaume Apollinaire s’est éteint deux jours avant la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, à l’âge de 38 ans, victime de la grippe espagnole …. Il a cependant pu, peu avant sa mort, publié un recueil de poésie : Calligrammes, "poèmes de la paix et de la guerre" dédié à un de ses amis tombé au chemin des Dames.
    J’en ai tiré un poème "La Petite Auto" qui témoigne que la Grande Guerre n’a pas seulement était une tragédie, incontestable, véritable boucherie sans nom, mais qu'elle marque définitivement la fin d’une époque et l’arrivée d’un temps nouveau, ici comme partout sur la planète.

    Ce centenaire sera, en 2014, l’occasion de rendre hommage, à tous les combattants de toutes les nations, qui sont tombés sur le champ d’horreur, de quelque coté qu’ils soient, afin de célébrer et porter, au nom de leur mémoire, un message de paix pour les générations futures.

     

     

     

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  • Hetero mais solidaire

    mariage_gay.jpg

      

    "Il ne faut pas de tout pour faire un monde.
    Il faut ... du bonheur, et rien d'autre."

     

    Paul Eluard

  • Parrainage républicain, 6 ans après, enfin ...

    boukra.jpg

    Nous avons fêté ce samedi avec beaucoup de joie mais aussi d'émotion, la régularisation de la famille B. pour laquelle j'avais écrit un billet en 2006 ... A sa relecture, je me souviens et m'indigne encore plus  ...

    Je me souviens, c’était un lundi d’octobre 2006, le 23 plus exactement; ce soir là, nous avions avec le Bureau Municipal et des élus de toutes sensibilités, "franchit le Rubicon" selon la Préfecture d’alors, en célébrant tout simplement, et en conscience, un "Parrainage Républicain" pour une famille de Trilportais tout à fait intégrée, menacée, du jour au lendemain, d'expulsion. 

    L'élu que je suis est plutôt connu pour faire avancer ses dossiers sans exposition médiatique superflue et excessive, notamment et surtout quand ils concernent des personnes, c'est dire qu'avant cette cérémonie, des démarches nous en avons fait, cependant force est de constater que lorsque il n’y a plus d’issue ou de marge de négociation possible, les médias peuvent être un outil efficace, souvent ultime et désespérée !

    Outil peut être, mais surtout pas une fin. Il est quelquefois facile d’endosser de manière éphémère l’habit du super héros en surfant sur la détresse humaine ou l'indignation légitime et immédiate, puis lorsque les feux de l'actualité sont passés, laisser faire, oublier d'agir ou de réparer les dégâts causés ... Certains s'en sont fait une spécialité, presqu'un fonds de commerce ...

    Mais peut on laisser commettre en France, la patrie des droits de l’homme et contre tous les principes que nous ont inculqué notre famille et notre éducation, une injustice manifeste ?

    Est il concevable qu’en France aujourd'hui, deux familles aux liens de parenté évidents (les épouses sont sœurs), arrivés le même jour dans notre pays, dans le même avion de surcroit, sont pour l’une, régularisée puis naturalisée car vivant dans un département voisin, pour l'autre menacée d'expulsion pour la simple raison qu’elle a le malheur d’habiter en Seine et Marne ?

    D’autant que cette famille, absolument sans histoires, loue son logement, paye charges et impôts; le père détenteur d'une carte vitale, cotise à une mutuelle complémentaire, son employeur lui propose même un CDI; la  fille de 11 ans scolarisée depuis son arrivée en France en janvier 2003 est bien intégrée, fréquente diverses associations locales et son frère, âgé de 2 ans et demi, né en France, est inscrit en classe maternelle. C'est dire son intégration !

    Comment expliquer une telle différence de traitement dans notre république, selon la lecture et l'interprétation qu'un haut fonctionnaire fait d'une même circulaire ?

    Qu'en penser ?

     

     

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  • Michel Rousseau, in memoriam

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    Michel Rousseau nous a quitté ce 3 aout 2012. Ce Proviseur de Lycée Professionnel passionné par son métier a attendu les vacances pour tirer sa révérence avec élégance, on ne change pas sa nature ...
    Il avait commencé sa carrière en 1980 comme Professeur d'Allemand au Lycée Charles Baudelaire,  et l'a terminé cet été comme Proviseur du même établissement, son Lycée de coeur.

    Voici quelques mots, non pour atténuer notre peine, mais pour rappeler et saluer l'itinéraire d'un de ces anonymes qui sont la grandeur de l'Education Nationale, héritier légitime des hussards noirs qui à partir des écoles de quartier ou de province ont construit notre République. L'enseignement professionnel fait partie intégrante de cette grande et belle  histoire ...

    Son Lycée et l'institution lui ont rendu l'hommage qu'il méritait, en présence du Recteur de Créteil, William Marois, de la Directrice Départementale des Services de l'Education, de ses proches et de nombreux amis qui l'ont accompagné dans son itinéraire professionnel : Gué à Tresme, Thorigny et Meaux.

     

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  • La Seine-et-Marne est désormais vue du ciel, s’il existe ?

    Corbis.jpg 

    C’est avec tristesse que je viens d’apprendre que Christian Bartillat vient de tourner avec élégance la dernière page de sa vie, afin d'écrire de sa belle écriture déliée le mot fin …

    Et des pages on peut dire qu’ il en a connu … écrites avec passion, rigueur et humilité de sa plume alerte et précise, ou découvertes en provenance de tous les horizons et de tous les continents … 
    Ce diplômé en sciences politiques, essayiste et écrivain, a surtout été pour la majorité d'entre nous un éditeur de premier plan.

    Je devrais plutôt dire « à géométrie variable »,  tant il a accordé autant d’importance, de considération et de respect à des auteurs majeurs tel Karen Blixen, Anais Nin, Virginia Woolf ou Henry Miller qu’il a contribué à faire connaître en France, qu’à des historiens locaux anonymes dédiant leur existence, à la petite histoire des petites gens d’antan ou à leur territoires .…

    Cet éditeur reconnu de la place de Paris, directeur général des Éditions Stock, avait en effet décidé de consacrer la dernière partie de sa vie, à contribuer à nous rappeler l’importance et la qualité d’un patrimoine historique, culturel local, trop souvent méconnu, oublié ou même ignoré … Un des livres édités par les presses du village, ne s'appelle t'il pas "La Seine et Marne vue du ciel" ?

    Il l'a fait en présidant notamment aux destinées de la Société d’histoire et d’art de Meaux, mais surtout en créant les éditions « Christian de Bartillat », puis les Presses du Village qu'il a dirigé durant vingt-huit ans, jusqu’en 2010, lors de la cessation d’activités d'une maison d’édition,  atteint par la maladie 


    Cela a été une si belle aventure ...


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  • Un powerpoint sinon rien !

     

    Powerpoint_slide.jpgPowerpoint, le logiciel de Microsoft est dans la tourmente, suite à la publication du livre de Franck Frommer consacré à l’incroyable succès de ce logiciel qui a causé un véritable tsunami médiatique et lui a valu des articles éloquents dans la presse parisienne : le Monde, Télérama, les Inrocks, l’Express …
    Le sujet passionne littéralement les éditorialistes, et pour cause, Powerpoint s’impose partout (réunion, enseignement, internet …) et est utilisé par tous. 

    Apparu en 1987, le premier des logiciels de Présentation Assisté par Ordinateur (PréAO) est devenu en quelques années un outil incontournable , un passage obligé pour tout décideur désirant communiquer un minimum.

    La révolte a commencé au début des années 2000 aux USA. Notons que la réalité américaine n'est pas la notre, problème de culture, de forme d’esprit et d’éducation de nos élites, mais soulignons qu’outre atlantique l'utilisation de Powerpoint dépasse l’entendement.
    Un succés qui déborde le simple territoire de l'informatique et de l’entreprise ou les arcanes  de la communication et du management pour s’étendre à tous les espaces sociaux et lieux de pouvoir. Pourtant beaucoup de présentations proposées présentent la caractéristique commune d’être longues, monotones, inintéressantes, confuses, vides de sens et souvent sans originalité !

    Faut-il pour autant renoncer à Powerpoint ou apprendre à bien s’en servir ?

    Plus grave encore semble t’il, l’utilisation quasi hégémonique de Powerpoint a une conséquence majeure : la forme conditionne désormais le fond de la pensée exprimée.
    Une situation qui amène beaucoup de spécialistes à se mobiliser contre la  « powertisation » rampante des esprits, tant il apparaît que ce logiciel en canalisant les idées, réduit la portée de la pensée et s’affranchit de toute complexité, afin d’offrir un raisonnement linéaire éloigné de toute contradiction. 

    Alors faut il réellement se révolter, instruire le procès de Powerpoint et de le bruler sur l’autel de nos valeurs ?

    Tout n’est pas si simple cependant,

     

    Focus sur ce logiciel et son utilisation …

     

     

     

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  • Echange d'expérience franco allemand

    visite-.jpgNous avons accueilli une délégation de 20 Maires du land de Constance, à l'occasion d’un voyage d’études qu'ils consacraient à l’Education et aux inter relations entre collectivités, famille et éducation. Dans ce cadre, ils ont visité un Collège, une école primaire, un Lycée et participé à deux tables rondes en présence de divers acteurs éducatifs ou institutionnels.

    S'il peut paraître surprenant de voir les élus d’un pays cité le plus souvent en exemple, venir s’inspirer de ce qui est en place ici, ne doutons pas une seconde que ce voyage d'études est tout sauf du tourisme.
    Les allemands ont un sens pragmatique redoutable, et surtout la volonté de répondre concrètement à deux challenges majeurs pour leur pays : le défi démographique et l’amélioration de leur système scolaire.

    Alors, pourquoi la France ?

     

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  • Marianne, ton école va mal (1)

     

    Doisneau_07.jpgLe malaise dans l’Education Nationale s’étend et touche désormais de plein fouet les Lycées, illustration supplémentaire de la grave crise traversée par le système scolaire dans son ensemble, dont ce blog s’est déjà fait l’écho avec les mesures gouvernementales concernant l’enseignement primaire.

    Avant de décrire la situation dans une prochaine note d’un Lycée parmi d’autres, symptomatique des problèmes affrontés actuellement qui amènent les équipes de nombreux établissement de l’académie de Créteil à se mettre en grève, quelques remarques de portée générale.

    La violence croissante, désormais publique, qui fait depuis quelques semaines la une des médias, n’est que la conséquence logique et malheureusement prévisible de décisions à courte vue, prises pour des raisons comptables, sans aucune vision et visée stratégique.
    Selon Alternatives Economiques, en 2004 : 50 000 personnes étaient chargées d'encadrer lycéens et collégiens (sous différents statuts), en 2008 ils n'étaient plus que 28 000, quasiment moitié moins, cherchez l’erreur, la situation relationnelle entre élèves, parents d'élèves et institution ne s'étant pas amélioré  …
    Vu la proximité des élections, certains ministres, candidats eux mêmes aux régionales, certainement effrayés par l'impact médiatique de tels évènements (ils font désordre ...), ont tenté d’allumer un contre feu en relançant  la question de la vidéo surveillance. Objectif simple : mettre dans l'embarras les exécutifs régionaux actuels, mais force est de constater qu'ils ont fait choux blanc, les citoyens n'étant pas dupes. Sans entrer dans un débat qui n’en est plus un depuis longtemps, encore faudrait il que ces Lycées,  dont de nombreux sont équipés déjà de tels équipements, disposent  dans le même temps du personnel nécessaire afin de visionner les images et intervenir de manière adaptée si besoin s'en fait sentir ! Nous en sommes effectivement à ce point, c’est dire …

    Quoiqu'en dise nos ministres, la question des moyens est centrale, en terme quantitatif, mais également qualitatif, que ce soit au niveau de la médiation avec des élèves de moins en moins réceptifs et en révolte croissante, ou de l’enseignement en lui même : dédoublements, individualisation des parcours, étérogénéité des parcours ... Nous sommes à des années lumière du « coaching individualisé » prôné et défendu par les élus les plus éminents de la majorité présidentielle  lorsqu’ils abordent les questions de « l’employabilité » (expression barbare s'il en est) des publics fragilisés. A chacun sa vérité du moment !

    Ce ne sont pas les mesures supprimant les périodes de formation des futurs professeurs devant les élèves qui arrangeront la donne ( erreur évidente condamnée de tous les spécialistes), loin s’en faut. Il existe de fausses économies, lourdes de conséquences pour l'avenir, et à contrario d’autres à réaliser ... Afin d'être constructif et d'apporter ma pierre à la recherche nationale en matière d'économies, grande cause nationale 2010, je pense qu'il serait bon d'explorer la piste des sondages d’opinion du Palais Présidentiel (voir note précédente).

    La part du produit intérieur brut consacrée aux dépenses d'éducation ne cesse de diminuer. Elle était de 6,6% en 2008, contre 7,6% en 1996. Il manque aujourd’hui environ « 20 milliards d'euros pour que l'effort de la nation soit équivalent à ce qu'il était il y a quinze ans, soit 15% du budget actuel » (Alternatives Economiques).
    Pourtant 16 000 suppressions nouvelles de postes sont encore annoncées cette année pour l’Education nationale (sur les 30 000 annoncés de la fonction publique) la situation promet d’être explosive sous peu !

    Ce qui serait grandement dommageable, car ...

     

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  • Du lien de causalité en matière d'éducation

    exam_correction.JPGQuelquefois une ouverture de classe proposée par l'Inspection Académique peut être ressentie amèrement par la Communauté éducative locale; cela peut sembler paradoxal mais c'est pourtant  le cas, après la proposition de réouverture définitive faite ces derniers jours pour une  école ayant subi à la rentrée une fermeture définitive de classe (pour seulement quatre élèves)...
    Décision se révélant catastrophique au fil des jours pour les élèves  : l'ensemble des classes de l'école à double niveau, des absences d'un enseignant remplacées par une kyrielle de remplaçants, eux mêmes quelquefois absents ... Illustration : depuis septembre, une classe a eu jusqu'à 8 professeurs différents ! Autant dire que les conditions ne sont pas réunies pour permettre à ces élèves de suivre une scolarité normale !

    J’ai écrit à l’Inspecteur d’Académie afin de lui faire part des inquiétudes légitimes suscitées par ces conditions de scolarité, issues d'une mesure de carte scolaire discutable. Cette réouverture était selon nous, prévisible au regard de l'évolution des effectifs, ce qui ne fait qu’amplifier l'impression de gâchis, le terme n’est pas trop fort, inspiré par cette année. Réouverture dont nous avions indiqué la trés forte probabilité lors de nos multiples entretiens avec les services académiques, I'inspecteur d'Académie puis le représentant du Ministre afin de les convaincre.

    Je ne peux que constater aujourd'hui avec amertume les conséquences de cette décision et en évaluer les dommages. Elle a gravement impacté la qualité de l’enseignement prodigué dans une école jusque là sans souci, une dynamique d'équipe est cassée, l'enseignante en poste a été déplacée dans un autre établissement malgré un investissement personnel conséquent non seulement auprés de ses élèves mais de l'école. Nous espérons avec les parents, sans trop y croire,  qu’une telle année n’aura pas de conséquences négatives sur la scolarité future de leurs enfants.

    Situation à des années lumière des objectifs officiels (et théoriques) de réussite affichés par le Ministre lors de ses points presse. Ici point de communication médiatique, le principe de réalité prévaut et il est brutal !

    Certains parents d'élèves et enseignants, chacun peut comprendre leur désarroi, parlent de "casse généralisée" de l'école publique. Soulignons dans le même temps  le travail remarquable et la conscience professionnelle exemplaire des enseignants de cette école qui exercent leur mission sans coup férir depuis septembre dernier, malgré des conditions matérielles et morales plus que délicates et qui honorent leur institution.

    Analyse, cette fois ci plus politique. Il existe bien un lien de causalité direct entre suppression de postes au niveau national et situation locale, ceux qui pouvait en douter, en sont désormais convaincus. Il faut dénoncer le double langage d'élus qui devant les parents d'élèves sont "scandalisés" de telles fermetures, alors que dans le même temps ils soutiennent les mesures de suppressions de postes décidés au niveau national, qui sont pourtant directement à l'origine d'une telle fermeture et des problèmes de remplacement constatés ! Un gand écart idéologique dont certains sont coutumiers, la démagogie n'a quelquefois pas de limite ...

    Je déplore que la question de l'éducation fasse l'objet d'une contreverse dogmatique et politicienne, il en va pourtant de l'avenir de notre pays. Il faut réformer bien sur, mais pour améliorer l'efficacité d'un système, pas pour réaliser de fausses économies qui à teme se révèleront négatives pour le pays, y compris et surtout au niveau économique. Autant l'education nationale ne doit pas être un tonneau des Danaïdes, autant elle doit être considérée pour ce qu'elle est, un investissement pour le futur.
    Je constate avec intérêt l'évolution de groupes de réflexion tel l'institut Montaigne, pourtant classée trés à droite et plutôt catalogué comme chantre du néo libéralisme (bien qu'une révolution culturelle se déroule sous nos yeux, au regard de la crise que nous traversons) qui dans une étude consacrée aux ZEP, démontre l'acuité des problèmes rencontrés au quotidien dans les écoles : "Il y a urgence. Sans égalité assurée très tôt au quotidien, et dès l’école primaire, la société française risque de s’étonner encore longtemps des maux dont elle souffre aujourd’hui" ...

    Une telle conclusion me va, c'est dire ! Elle démontre l'importance et la légitimité de combats visant à soutenir l'activité de structure comme celui du RASED ou de protester contre des suppressions de classe pour deux à quatre élèves manquant selon le département dans lequel ils vivent et les dotations de postes glanées par l'Inspection Académique chaque année.

    L'institut Montaigne ira t'il jusque là dans son aggornamiento politique ?

     

    Permetttez moi sinon d'en douter du moins de l'espérer ...

     

  • Il faut sauver les RASED !

    rased.jpg

    Le récent recul du gouvernement sur la réforme des Lycées ne doit pas faire oublier les menaces pesant sur le devenir des RASED (ou Réseau d’aide spécialisé aux élèves en difficulté).

     

    Certains élus, relayant essentiellement l’argumentaire du Ministre Darcos, expliquent que les RASED n’ont plus d’utilité du fait des mesures prises à la rentrée : aide personnalisée, stages de remise à niveau et accompagnement scolaire ... Sans vouloir m’avancer sur le bien fondé, l’utilité et les conditions de mise en place de ces mesures, force est de constater que l’argument ne tient pas la route et ne résiste pas à une analyse , même superficielle !

     

    Rappelons que le dispositif des RASED dont les origines remontent aux années 1970 (et dont le rôle a constamment été réaffirmée par les circulaires ministérielles de tous les gouvernements depuis 2002) est basé sur une équipe pluridisciplinaire composée d’intervenants spécialisés dont un psychologue scolaire. Placée sous l’autorité d’un Inspecteur de l’Education Nationale, chaque équipe intervient sur un secteur qui regroupe plusieurs écoles et se déplace à la demande et selon les besoins dans chaque école de son secteur.

    Mais les différences ne se limitent pas à la seule structure support (école ou Inspection), elles concernent également : le public cible, la qualité des intervenants, le moment et la durée d'intervention, et n’en déplaise au Ministre les objectifs poursuivis ! Autant dire l’ensemble des paramètres qui caractérisent une relation pédagogique …

     

    Car tout n'est pas aussi simple que semble le faire croire Xavier Darcos !

     

     

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  • Ecole, l'heure de la casse a t'elle sonné ?

    marelle-enfants.jpg

    Retour sur une rentrée scolaire qui risque de laisser quelques traces. Les congés de la Toussaint arrivent cependant à point pour apaiser, sans doute momentanément, l’inquiétude suscitée par ces premières semaines, due principalement aux mesures prises par le Ministre Darcos.

    Un mal être généralisé, s’est instauré dans nos écoles et concerne tous les acteurs de la Communauté éducative : enseignants, parents d’élèves, personnel municipal et de manière plus inquiétante bien évidemment les élèves. Gardons nous d’omettre de cette liste, nombre d’inspecteurs et d’administratifs, chargés d’appliquer des réformes sur lesquelles beaucoup en privé se montrent pour le moins « réservés » :  vague de suppression de postes sans précédent, instauration d’un soutien scolaire improvisé et déstabilisateur entrainant une gabegie incroyable dans les écoles, semaine de quatre jours, risque de démantèlement des RASED …

    Entre les plateaux de télé où le Ministre  joue au réformateur zélé et la réalité du terrain, l’abîme se creuse inexorablement …  A trop confondre vitesse et précipitation, négliger la moindre concertation, privilégier la communication et la démagogie de l’instantanée et des slogans, à, la réalité concrète du terrain et du quotidien des écoles de France et de Navarre, le Ministre est en train de désorganiser en profondeur l'école primaire. Pourtant chacun sait que la croissance de demain, proviendra de notre capacité à bien former les générations futures, qui auront à se positionner demain dans un monde en mouvement ou nombre de pays émergents font de la Connaissance la rampe de lancement de leur développement.

    Attention éducation en péril …. SI le démantèlement amorcé par Darcos se poursuit les conséquences risquent d’être fort graves pour notre pays …  Revue d’effectifs des sujets qui fâchent et description d’une situation qui pourrait rapidement devenir explosive …

     

    D’autant que d’autres dossiers vont rapidement s’inviter sur la table (lire la suite ...) ...

     


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  • Rentrée scolaire à l'école de la Charmoye

    manif-ecole.jpgDepuis mardi dernier, des parents d'élèves occupent l'école de la Charmoye à Trilport,  afin de protester  contre une fermeture de classe décidée par l'Inspection Académique, pour ... 4 élèves sous le seuil administratif requis (104 au lieu de 109 demandés) !

    Conséquence de cette décision, toutes les classes de l'école (4) se retrouvent désormais à double niveau ! C'est la raison principale de l'inquiétude et la colère des parents.

    Il est réconfortant de voir les parents d'élèves se mobiliser pour défendre la qualité de l’enseignement, et cohérent pour notre municipalité de les soutenir : motion, prise de contact avec les élus nationaux et départementaux, participations aux délégations, rendez vous avec les responsables scolaires académiques ...  D'autant que notre commune ne ménage pas ses efforts pour accompagner l'Etat et assumer notre responsabilité dans ce domaine, tant en investissement qu'en fonctionnement !

    Beaucoup de parents se révoltent contre une décision qui apparait en complet décalage avec la communication officielle gouvernementale sur le "soutien individualisé" et les "stages de remise à niveau" ... Comme quoi, entre les mots et les actes, il y a souvent un abîme, qui est celui de la communication ...

    Je veux souligner le lien de causalité direct, dans ce cas de figure, entre politique nationale et réalité locale. L'Inspecteur d'Académie, décide en fonction des moyens mis à sa disposition par l'Etat. Reconnaissons que le contexte national de suppression de postes dans le primaire a nécessairement des retombées sur le terrain, y compris dans les écoles d'une commune, d'un canton, d'une circonscription ou d'un département. Dire le contraire serait mentir ! C'est ce que nous constatons avec cette suppression de poste !


    J'ai obtenu rapidement une entrevue auprés de l'Inspecteur d'Académie. Ce dernier m'a longuement écouté (prés de deux heures d'entretien), mais a maintenu au final une décision due pour lui à un manque de moyens qui ne lui permet pas de s'affranchir, pour cette école, du seuil fixé au niveau départemental, au nom de la "transparence et de l'égalité républicaine" !

     

    Autre anomalie dénoncée avec raison par les parents et qu'il convient de souligner, le seuil de fermeture est plus faible que celui d'ouverture ... Pour l'Administration, il est donc beaucoup plus simple de fermer une classe, que d'en ouvrir une ...CQFD ...

     

    Car l'équité a tout de même des limites ...

     

     

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  • Vous avez dit Service Minimum ?

    1496758413.jpgA la question avez-vous mis en place un service minimum d’accueil dans les écoles de votre commune, ma réponse est sans détour : Non, bien évidemment, comme 9 maires sur 10, dont un ministre du gouvernement.


    Ce refus repose également sur des raisons pratiques. Entre la déclaration assez démagogique du Président Sarkozy et la réalité du terrain, il existe un abîme. L'ancien Maire de Neuilly sur Seine connait décidemment mal la réalité quotidienne de la plupart des communes françaises et oublie toujours avec autant de constance la concertation avec les collectivités locales mise une fois de plus devant le fait accompli !

    Avant d'aller plus loin dans l'analyse, voici une anecdote qui montre la confusion sur ce sujet depuis les déclarations présidentielles et son coté sensible, voir explosif !

    Jeudi dernier, jour de grève de la Fonction Publique (enseignants comme fonctionnaires territoriaux, j’y reviendrais), ma Directrice Générale des Services reçoit le coup de fil d'une institutrice de maternelle non gréviste, très remontée, voulant m’interpeller pour protester sur la "mise en danger" des enfants présents dans l'école, occasionnée selon elle, par notre refus d’instaurer le fameux "service minimum" ! Ni plus, ni moins …

    Ensuite avec une retenue tout à fait professionnelle, la zélée enseignante a alerté les parents dont certains légitimement affolés ont appelé la Mairie pour protester, j’en ai eu moi même au bout du fil ...

     Alors incompétence, inconscience, décision idéologique et dogmatique du Maire que je suis, qu'en était il réellement ?

    La vérité est tout autre. Elle ne manque pas de sel  et paradoxalement montre les risques pour un Maire de mettre en place ce Service Minimum en lieu et place de l'Etat employeur ...

     

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  • Gros temps pour les Moldus ?

    4d12e1ec5f2e29a96c7a404e41544fd0.jpg Retour sur un évènement qui s’est déroulé il y a tout juste quelques jours, samedi 21 juillet, la sortie du 7ème tome des aventures de Harry Potter : " Harry Potter and the Deathly Hallows"  (Harry Potter et les reliques de la mort), ou la conclusion d’une  saga qui depuis 1997 passionne jeunes et moins jeunes du monde entier.

    Une sortie réellement planétaire préparée avec le plus grand soin et une certaine paranoïa par les éditeurs, voulant éviter toute fuite avant l’heure fatidique. Il est vrai que le buzz autour de la disparition de certains personnages centraux de la saga suscitait beaucoup d’attente et d’interrogations des millions de lecteurs désirant connaitre le sort fait à leurs personnages favoris.

    L’œuvre monumentale de JK Rowling n’a pas d’équivalent dans la littéraure mondiale. C’est tout d’abord un vrai conte de fée, celui de son auteur, maman anglaise divorcée, sans emploi,  vivant d'allocations chez sa soeur rédigeant un roman basé sur le parcours initiatique d'un apprenti sorcier qu'elle n’arrive pas à publier …  Au bout d’un an de démarches et aprés une douzaine de refus, elle réussit à signer un contrat avec un éditeur Londonien, la maison Bloomsbury, pour " Harry Potter and the Philosopher's Stone " (Harry Potter à l'école des sorciers), publié en juin 1997  à 1.000 exemplaires seulement !
    Depuis, la saga de Harry Potter est devenu le plus grand phénomène économique de l'histoire de la littérature :  plus de 325 millions d'exemplaires vendus dans le monde (pour les 6 premiers tomes), des traductions en 65 langues dans 200 pays, quatre adaptation réalisées au Cinéma qui ont déjà rapporté 2,6 milliards d'euros de recettes à la Warner Bros, auquels il faut ajouter les revenus des innombrables produits dérivés générant des dizaines de milliards d'euros de bénéfices. En 2006, Joanne Kathleen Rowling est devenue milliardaire et c'est une des plus importantes fortunes du Royaume Unie ... Un vrai conte de fée !

    Alors que penser d'un tel succès ?
    L'audience planétaire de l'apprenti sorcier est elle une nouvelle manifestation de la domination du domaine culturel "impérialiste" anglo saxon, des lois du marché et d'une pensée unique ?

    Pas nécessairement, les racines de cette réussite sont peut être beaucoup plus profondes et c’est bien là tout l’intérêt de ce qui est devenu 'un vrai phénomène de société  …

     

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  • Mourir à 12 ans, dans un collège de banlieue

    medium_ecole2.jpg

    La tragédie du Collège de Camus est insupportable à plus d’un titre, elle me touche également pour des raisons plus personnelles : j’ai fréquenté ce Collège de la 6eme à la 3eme, dans deux ans mon fils entrera en sixième, beaucoup de mes proches ou connaissances sont profs d’EPS, ou chefs d’établissement, certains même dans ce Collège, enfin je travaille dans le Lycée Professionnel voisin, classé également en ZEP.

    En cette période de Noël, je pense à ces familles dont la vie est brisée … Celle du petit Carl, en premier lieu, de ces deux camarades de classe également, 11 ans, mis en examen, pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", et du professeur d’EPS, qui ne se remettra jamais de ce drame.

     

    Soyons clair l’objet de cette note n’est pas d’ouvrir une polémique politicienne ou syndicale de plus, elle serait indécente, comme il serait irresponsable également de ne pas donner à cet événement l’importance qu’il mérite.
    S’abriter derrière la cause du « stress émotionnel ayant entraîné un arrêt cardiaque subi", et arrêter là l’analyse serait une grave erreur car la violence est dans l’école, depuis des années et ce de la primaire à la terminale …

     

    Une situation qui ne peut plus durer …

     

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  • Ou l'on commence à reparler de carte scolaire ...

    medium_ecole.jpgL'Inspecteur de l'Education Nationale en charge des écoles du secteur de ma commune, nous avait convié à une réunion, mardi dernier, organisée dans ses locaux, afin de discuter de la Carte Scolaire ...
    Vaste sujet s'il en est, vu ici sous l'angle du terrain (nous nous situons ici dans le domaine du "micro économique"). Je reviendrais dans une autre note sous un angle plus global sur cette question qui fait depuis quelque temps beaucoup couler d'encre ...

    Cette réunion constituait une première à cette période de l'année; invités à y participer : les directeurs des écoles, les parents d'élèves ainsi que le Maire de la commune.
    Les directeurs ayant déclaré forfaits (convocation trop tardive et hors temps scolaire) nous nous sommes rendus avec les parents d'élèves à l'invitation, afin de savoir de quoi il en retournait plus exactement. Aprés avoir tourné autour du pot, l'Inspecteur a lancé le sujet principal de l'entrevue, une "éventuelle" fermeture de classe ...

    Exercice de style classique, inhabituel pourtant à ce moment de l'année (proximité de certaines échéances électorales ?), opposant un calcul arithmétique manié par des fonctionnaires effectuant leur labeur aux arguments de fond des parents d'élèves, élus et professeurs unis dans la défense de leur classe ... les bons contre les méchants ...

     

    Que penser d'une telle situation ?

     

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  • Rebondir aprés le CPE ...

    Les violences urbaines de novembre dernier autant que la crise du CPE ont démontré la nécessité pour notre système éducatif d'évoluer afin de pouvoir répondre aux attentes des jeunes et de tenir compte des évolutions profondes en cours. Si l'école est le miroir de la société, elle en reflète également toutes les contradictions. Parmi les problèmes identifiés comme tels : l’articulation Formation Initiale / Entreprise et le cloisonnement entre les différents acteurs de l'éducation, de la formation et de l'insertion professionnelle.
    Partant de ce constat nous avons réuni, au sein même du lycée, divers acteurs de terrain, afin de débattre pour analyser et discerner tendances actuelles, freins existants ou contradictions à lever ...

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  • A bientôt Monsieur Davidenkoff !

    "Au revoir …"

    Voila le titre de la dernière note d’Emmanuel Davidenkoff aprés son départ de Libé (démission ; pas licenciement " plan social " : il fait partie des 30 "refusés" précise t’il ) , qui arrivé à cette étape de sa vie professionnelle met un terme à son blog : "Carnet de correspondance" . Blog qui figure parmi les sites favoris que je vous propose de visiter.
    Davidenkoff si l’on s’intéresse aux questions de l’Education on connaît forcément. Que ce soit en lisant Libé, les livres dont il est l’auteur ou en écoutant France Info. Ce journaliste de 36 ans, spécialiste des questions d'éducation ou de formation, est en effet une des voix qui fait le succès de cette radio.
    Depuis décembre 2004, il anime un blog spécialisé dans les questions d’Education, un véritable espace de débat. Bilan éloquent : 118 notes, 4217 commentaires et 307.000 " pages vues ". Intérêt de ce carnet de bord : être animé par un observateur avisé de l’Education, non enseignant, qui posséde de plus un point de vue original, global, ouvert et quelquefois iconoclaste. Qualités qui pour certains sont autant de défauts … 

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  • La lettre de Meirieu aux jeunes profs, opus 2

    Deuxième note consacrée à l'ouvrage de Meirieu « Lettre à un jeune enseignant ». Rappelons que l'auteur a eu le bon gout de mettre en ligne certaines pages de ce livre sur le site de l’association Education & Devenir afin de susciter le débat ...

     

    http://education.devenir.free.fr/MeirieuLJP.htmm

     

     

    Culture de résultats ou culture de l'évaluation ?

     

    Pour Philippe Meirieu, il n'existe pas d'évaluation objective. Une évaluation sous tend toujours des valeurs implicites. Un résultat ne peut être une finalité, il doit interpellé et être évalué; de l'évaluation dépend ensuite l'analyse, la régulation, l'infirmation ou la confirmation des choix émis.

     

    Verbatim

    Nous arrivons ainsi au cœur du problème. Une véritable « culture de l’évaluation » doit développer une attitude réflexive et critique sur « les valeurs » : valeurs des « programmes » et des « actions », valeur des « indicateurs » de réussite, valeur des « résultats », quels qu’ils soient. C’est là où, précisément, se différencient la « culture des résultats » et la « culture de l’évaluation » : la « culture des résultats » totémise les « résultats » et, en particulier, les résultats tels qu’ils sont définis par la hiérarchie. La « culture de l’évaluation » interroge les résultats, se demande le sens qu’ils ont, débusque les biais dus aux outils de mesure et, surtout, confronte ces résultats aux finalités éducatives que doit se donner une société démocratique...

     la régulation ne peut être décrochée des finalités (on ne régule que pour améliorer le « fonctionnement pour… ») ; l’évaluation ne contient jamais les moyens de la régulation comme la coquille contient la noix. On a beau décortiquer les symptômes d’un dysfonctionnement, on ne peut se dispenser du travail d’invention, d’imagination, de conception qui permet d’améliorer les choses.

     

    L’éducation d’un sujet n’est pas la fabrication d’un objet

     

    "Rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force, ni sa faiblesse ni son coeur" disait Aragon; pour Meirieu s'il y a des objets finis, il ne peut y avoir d'élève fini ou terminé. La pédagogie est un moyen de lutter contre ce qui peut apparaitre comme une fatalité.

     

    Verbatim

    L’élève serait « le produit » des actions que l’on exerce sur lui et n’aurait aucune responsabilité dans ses propres résultats. Comme vous, cette attitude m’insupporte et j’ai toujours plaidé pour le « principe d’éducabilité » : « Tout élève peut y arriver et, en cas de difficulté, je ne dois jamais désespérer de lui.

    Je dois, au contraire, toujours inventer de nouveaux moyens, de nouvelles méthodes pour, comme disait Alain, « redonner vie à ses parties gelées »… Je n’ai jamais fini de travailler à rendre le savoir accessible…

     

    L'élève au centre du système, cela ne date pas d'hier ou de 68 ...

     

    Petit règlement de compte à OK Corral. Pour Meirieu, il y a prescription , le nombre d'enseignants qui ont connu directement le joli mois de mai, comme le chantait Gainsbourg, arpentent désormais plus les salons de tourisme ouverts au troisième âge que les salle de profs.

    Il rappelle également opportunément que le concept de l'élève au centre du système (ce qui ne signifie pas pour autant l'enfant roi), ne date pas d'hier puisqu'il est antérieur à la seconde guerre mondiale ...
    Un bon pédagogue doit manier selon Meirieu la motivation et le travail (ou le bâton et la carotte), même si pour certains élèves leur milieu social (merci Bourdieu) induit une motivation supplémentaire pour apprendre à apprécier le travail ... Pour Meirieu la systématisation de la "démagogie pédagogique" bien dans l'air du temps (Luc Ferry n'est pas loin) est une attitude partielle et partiale. L'ombre du socle commun des savoirs plane également derrière cette analyse.

    (cf note précédente : Education en devenir http://jmorer.hautetfort.com/trackback/67329 )

     

    Verbatim

    « L’élève au centre du système » est […] un principe de bon sens dans une société laïque et démocratique qui veut transmettre à tous ses enfants les fondamentaux de la citoyenneté. Principe rappelé en 1938 par Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale du Front populaire, qui conclut l’une de ses principales circulaires par cette interrogation : « Vers l’enfant, centre commun, tous les efforts ne doivent-ils pas converger ? »

     

    Qui, en effet, pourrait prétendre le contraire ? Or, pour entrer dans le « comment faire ? », il faut d’abord se débarrasser des fausses questions qui nous encombrent... Ainsi en est-il, par exemple, de l’opposition entre « la motivation » et « le travail ».

    Passons sur l’ignorance de la réflexion, dans ce domaine, de tous les grands penseurs de « l’École moderne » et, en particulier, de Célestin Freinet et de son ouvrage majeur L’Éducation du travail…

    Passons sur les assimilations rapides entre la motivation et le jeu

    Passons sur le schématisme prêté au pédagogue qui s’imaginerait pouvoir obtenir de l’enfant un travail scolaire « sans la moindre contrainte » … Tout professeur sait qu’il doit conjuguer en même temps la motivation et le travail, sans établir de préalable entre les deux, ni faire de l’un des deux éléments la condition de l’autre.

    C’est pourquoi il y a quelque chose d’insupportable dans cette dénonciation systématique et permanente de « la démagogie pédagogique » de la part des intellectuels bien-pensants.
    Ils nous accusent de rabaisser les savoirs, de brader l’ambition de l’École, de priver nos élèves des connaissances et de la culture auxquelles ils ont droit. Ils moquent nos tentatives, pitoyables à leurs yeux, pour prendre appui sur leurs centres d’intérêt, leur faire réaliser des panneaux sur les effets spéciaux au cinéma ou des exposés sur Harry Potter…

    On voudrait croire que, derrière de tels propos, ne se cache pas une quelconque velléité d’abandon : « Enseignons la vraie culture à ceux qui la méritent et en sont dignes… Et renvoyons les autres de l’école le plus vite possible ! […]

     

    Construire un monde à hauteur d’homme

     

    Le pédagogue engagé doit avoir une démarche vulgarisatrice et salvatrice ... Quand l'art du savoir rejoint celui d'enseigner (Cicéron).

     

    Verbatim

    Sous prétexte que le monde nous donne, chaque jour, le spectacle lamentable de foules qui se prosternent aux pieds de tyrans ou s’avachissent devant le crétinisme des médias, trop d’intellectuels se retirent sur l’Aventin : ils n’en finissent pas d’excommunier le monde… mais sans jamais rien proposer pour nous permettre de le transformer.

    On peut ainsi, être, tout à la fois, révolté et résigné, bénéficier du prestige de la dissidence et de la tranquillité du renoncement. Et gagner sur tous les tableaux…

    On rejette alors, avec mépris, « les illusions pédagogistes » de ceux qui se coltinent, tant bien que mal, l’éducation des barbares. L’on se satisfait très bien – même si on ne l’avoue guère - d’un monde où cohabitent la démagogie et l’élitisme, le mépris pour les uns et la suffisance des autres, l’apartheid entre les exclus et les élus… (…)

    Et, en matière scolaire, ce comportement trouve une application facile : on se contente d’enseigner la minorité d’élèves qui connaît déjà la saveur du savoir et de déverser les autres dans des garderies plus ou moins déguisées.

     

    N’ayez crainte : je ne vous demande surtout pas d’abandonner la moindre parcelle de votre projet initial. De renoncer à enseigner les disciplines pour lesquelles vous vous êtes engagé dans ce métier. Bien au contraire. C’est au cœur même de cet enseignement, et en assumant pleinement votre mission de transmission des savoirs, que vous « enseignerez l’École ». Vous deviendrez ainsi, en même temps un professionnel de l’apprentissage et un militant politique – au sens le plus noble du terme - engagé, au quotidien, dans la construction d’un monde à hauteur d’homme.

     

     

    En guise de conclusion

     

    Concernant la discrimination positive, selon Meirieu, pour qu'elle soit réellement positive, il faut mettre réellement les moyens ... Sinon on pratique du Darwinisme social, on peut apprécier, mais de la à dire que c'est la panacée ...

     

    Verbatim

    Je ne crois pas, bien sûr, que nous puissions réinventer le monde au quotidien. Mais, peut-être, peut-on travailler au quotidien à ce qu’il demeure ou devienne “à hauteur d’homme”: c’est-à-dire que les enjeux soient bien posés au niveau de l’avenir des hommes, et non de ceux de la marchandise, des “mécaniques institutionnelles” aveugles, des intérêts de quelques minorités mieux informées ou plus fortunées, des carrières politiques ou médiatiques de quelques uns, etc...

    Il ne faudrait pas, pour autant, s’en contenter et oublier d’apporter aux “établissements difficiles” l’aide dont ils ont besoin pour faire face aux défis qu’ils doivent relever. Je ne voudrais pas que “la discrimination positive” se solde par l’organisation de la concurrence entre les exclus pour que “les plus méritants” puissent quitter des ghettos considérés comme définitivement abandonnés.

  • La lettre de Philippe aux jeunes enseignants, opus 1 ...

    Belle initiative que celle prise par Philippe Meirieu de mettre en ligne des pages de son dernier ouvrage « Lettre à un jeune enseignant » sur le site de l’association Education & Devenir et de susciter un débat passionnant avec ses lecteurs internautes …

    http://education.devenir.free.fr/MeirieuLJP.htm

     

     

    Retour sur quelques points soulevés tant par l'auteur, son ouvrage que par les internautes ...

     

     

    Le syndrome du Lucky Luke

     

    Aprés s'être opposé à une "école-machine" déshumanisée, ou le face à face pédagogique serait absent, l'auteur présente le rôle du professeur face à l’institution et d'un syndrome dont seraient atteints certains enseignants : celui de Lucky Luke ...

     

    Verbatim :

     

    Quand on place la réussite des élèves comme projet fondateur de l’Éducation nationale, on ne peut que condamner les états d’âme d’enseignants qui ne songent qu’au plaisir de professer et refusent de rendre des comptes sur les résultats qu’ils obtiennent comme sur leur implication dans le fonctionnement de l’institution scolaire !

    Il y a, chez certains professeurs … une fascination pour un exercice purement solitaire de leur mission… tel le « poor lonesome cow-boy » qui n’est encombré par aucune contingence et peut se livrer librement à sa passion…

    qui met sa liberté individuelle au-dessus de toute contrainte institutionnelle ! … Cette vision des choses est, évidemment, très grave : c’est une vision d’avant l’émergence de l’État de droit, un retour à l’illusion selon laquelle on pourrait exercer son métier en dehors de tout cadre et récuser d’avance toutes les exigences du collectif… On en est même arrivé à ce paradoxe extraordinaire : les professeurs sont, en même temps, des anti-libéraux farouches sur le plan idéologique et des libéraux absolus sur le plan de leur comportement.

     

    Une question suit obligatoirement ces propos, qui peut créer la contreverse, celle de la quête de l’efficacité

     

    Verbatim :

     

    Nul ne saurait décemment prétendre que l’institution scolaire doit renoncer à toute efficacité. ...

    Et ce que nous nommons « didactique » n’est rien d’autre que la recherche par laquelle nous tentons de comprendre « comment ça marche » dans la tête d’un élève afin qu’il s’approprie au mieux les connaissances du programme. il n’y a rien de vraiment nouveau dans ces propositions.

    C’est, en effet, Jules Ferry lui-même, dans un discours prononcé le 2 avril 1880, qui affirmait : « Les méthodes nouvelles qui ont pris tant de développement, tendent à se répandre et à triompher : ces méthodes consistent, non plus à dicter comme un arrêt la règle à l’enfant, mais à la lui faire trouver. Elles se proposent avant tout d’exciter et d’éveiller la spontanéité de l’enfant, pour en surveiller et diriger le développement normal, au lieu de l’emprisonner dans des règles toutes faites auxquelles il ne comprend rien. » […]

     

     

    L’efficacité ne se mesure qu’à l’aune des finalités,

     

    Abordant la dernière enquête PISA (OCDE), Philippe Meirieu aborde les résultats obtenus sur les performances des élèves de quinze ans, sur un angle inédit ... Trois pays arrivent en tête de cette anquête : la Finlande, le Japon et la Corée du Sud. Avec des résultats à peu près similaires mais des contextes radicalement différents …

     

    Verbatim :

     

    En Finlande, les élèves sont scolarisés dans des classes hétérogènes jusqu’à seize ans. Ils n’ont aucune note chiffrée, mais des évaluations qualitatives leur permettant d’orienter leurs efforts ; ils bénéficient de parcours personnalisés en fonction de leurs besoins et n’ont aucun travail à la maison. .. ils occupent une grande partie de leur temps scolaire à des recherches documentaires, seuls ou en petits groupes. Ils sont systématiquement encouragés à participer à des troupes de théâtre, à des chorales ou à des activités culturelles de toutes sortes. L’après-midi, les écoles restent ouvertes et accueillent des clubs d’astronomie, de reliure ou d’informatique qui réunissent élèves, parents, enseignants et habitants du quartier ou de la région… Au Japon ou en Corée du Sud, en revanche, après des études primaires assez semblables aux nôtres, les élèves sont triés à dix ou onze ans, de manière draconienne. Ils passent un examen d’entrée au collège et, s’ils sont reçus, sont soumis à un rythme scolaire d’une extrême dureté. De plus, la plupart d’entre eux doivent, pour réussir, prendre de nombreuses leçons particulières. Très vite, ils abandonnent toute activité extrascolaire pour ne vivre que dans l’obsession des bonnes notes. Le taux de dépressions et de tentatives de suicide augmente d’année en année…

     

    Pour Meirieu, la question des indicateurs est posée :

     

    Verbatim :

     

    pouvons-nous, dès lors qu’il s’agit d’éducation, réduire l’évaluation de nos écoles et de nos établissements aux seuls indicateurs habituels de réussite scolaire ? … Qui ne voit que ces indicateurs de réussite pourrait être multipliés à l’infini ? Qui ne voit qu’aucun choix, ici, n’est innocent et que chacun d’entre eux renvoie, tout à la fois, à un projet d’homme et de société… qu’il promeut des pratiques pédagogiques spécifiques et s’appuie sur une conception implicite de notre métier ? Et qu’on ne dise pas que les objectifs alternatifs que nous proposons conduiraient à une baisse catastrophique du niveau : les exercices scolaires et les examens traditionnels n’ont pas le monopole de l’exigence de rigueur et de qualité.

    Une « école juste », explique François Dubet, ne peut ajouter l’humiliation à l’échec. Elle ne peut pas, non plus, faire l’impasse sur des savoirs sans lesquels les plus démunis perdent toute chance de comprendre un peu ce qui leur arrive…

     

    Nous reviendrons dans une autre note sur deux cultures complémentaires pouvant à l'analyse se révéler quelquefois contradictoires ... La culture de l'évaluation et celle du résultat ...

     

     

    Attention danger : la LOLF, une véritable révolution en marche

     

    Meirieu présente les transformations que va entraîner le LOLF (Loi organique sur les lois de finances) qui ne financera plus les structures mais des « programmes » (des domaines d’activités au service des citoyens), opérationnalisés en « actions » correspondant à des « projets » précis.

    Ce qui permettra selon le législateur de piloter l’action publique en fonction de buts identifiés, et de faciliter la transparence budgétaire, toutes dépenses comprises… car l’ignorance du coût réel de tous les « projets » impulsés ou financés par l’État est un facteur majeur de "déresponsabilisation" des citoyens.

     

    Le financement se fera désormais sur la base d’indicateurs de réussite, au risque de tomber dans l’arbitraire qu ‘on prétendait combattre… Il faut pour Meirieu que ces indicateurs soient élaborés, au niveau le plus opérationnel possible, en concertation étroite avec les acteurs, et non imposés de manière technocratique par les administrations (un voeu pieux ?).

     

    La LOLF va entrainer trois points positifs :

     

    - les parlementaires disposeront d’un tableau de bord plus précis et plus proche des personnes pour décider de l’usage de l’argent public ;

    - les citoyens, au sein d’un « programme » décidé par les parlementaires, auront les moyens de peser lucidement sur les choix des « actions » qu’ils entendent mener à bien ;

    - les acteurs pourront dire à quoi ils veulent être évalués…

     

     

     

    Tout cela, bien évidemment,dans le meilleur des cas, si la LOLF n’est pas « récupérée » par l’administration pour accroître, de manière arbitraire, son emprise technocratique. Ce qui a commencé à se produire … Qui est étonné ?

     

     

     

     

    Un texte important par les réactions et le débat qu'il peut susciter (Meirieu laisse rarement indifférent) et qui mérite une autre note, un opus deux en quelque sorte ...

  • Zone d’Education Prioritaire, qu’en est il réellement ?

    Que penser de l’étude publiée aujourd'hui par l'Insee dans sa revue Economie et statistique sur les ZEP et intitulée : « Z.E.P, quels moyens pour quels résultats ? Une évaluation sur la période 1982-1992 »

     

     

    Les Zones d’Education Prioritaire ont été créées par Alain Savary en juillet 1981, dans la foulée de la victoire de François Mitterrand afin de «donner plus à ceux qui ont moins». Si ce dispositif était censé n’avoir une durée de vie que de quatre ans, le temps pour les établissements concernés (363) de rattraper leur retard, il fête en 2005, son 24eme anniversaire.
    Etat des lieux :  En 2003, un élève sur 5 (soit 1 700 000 élèves) était scolarisé dans une des 911 ZEP, même si depuis ces Zones d’Education Prioritaire sont devenus des Réseaux d’Education Prioritaires, le R insistant sur la nécessité de travailler en complémentarité et sur l’idée de maillage (911 REP regroupant 5 651 écoles , 874 collèges, 92 lycées professionnels et 38 lycées généraux).

    Rappelons que les moyens supplémentaires dégagés sont essentiellement de deux natures : heures d’enseignement et des crédits indemnitaires. Des moyens qu’il est bon de relativiser comme le rappelle excellemment Emmanuel DAVIDENKOFF dans son article dans le quotidien Libération du 16/09. Car si statistiquement un élève de ZEP revient 8% plus cher à l'institution, sur le terrain une classe de collège de ZEP compte seulement deux élèves de moins et le surcoût de la masse salariale des enseignants est quasiment nul, ces enseignants étant pour la plupart plus jeunes. L’étude de l’Insee souligne le fait que «les salaires moins élevés de ces professeurs compensent probablement, en partie, le surcoût des ZEP résultant des postes supplémentaires et crédits indemnitaires». Paradoxalement, l'Etat dépense en effet plus pour les collèges ou les lycées privilégiés qui attirent les enseignants en milieu et fin de carrière. Fait souligné par l’étude «Les primes ou avantages en termes de promotion attribuées aux enseignants de ZEP n'ont pas permis de stabiliser le personnel de ces établissements.». De fait, le turn-over s'est même accru au fil des ans.

    Si avec raison, cette étude fait grand bruit, il serai regrettable de ne s’arrêter qu’aux conséquences et de ne pas aborder les causes de ce succés trés relatif.

    Un point essentiel, l'enquête évalue le fait d’appartenir à une ZEP, plutôt que la politique ZEP elle même. Elle ne tient pas compte du contexte pour le moins « particulier » de ces quartiers. Le déterminisme social cher à Bourdieu est une réalité quotidienne qu'on ne peut balayer avec quelques statistiques …
    Preuve en est que si en 1995, 18% des CE2 en zone non prioritaire ne maîtrisait pas les compétences de base de la lecture à l’entrée en CE2, ce pourcentage en ZEP montait à plus de 37% !

    Quelques remarques après la lecture de cette enquête passionnante …

    Soulignons tout d’abord l’intérêt d’évaluer les politiques publiques. Il est impératif de mesurer l’efficacité des politiques mises en place sur le terrain avec les deniers publics afin de pouvoir effectuer si nécessaire les arbitrages, les cadrages ou les rectificatifs qui s'imposent.
    Le rôle joué par des acteurs désormais incontournables de notre système éducatif, au premier plan la D.E.P, est absolument remarquable à cet effet. Cette tendance répond à un besoin général qui dépasse l'hexagone, pour preuve l'audience revêtu par la dernière enquête PISA dans l'ensemble des pays concernés.

    Insistons également sur l’originalité du dispositif Z.E.P « premier exemple français de politique de discrimination positive et de territorialisation des politiques éducatives » mais plus encore premier exemple concret de politique visant à réduire les inégalités sociales par une dotation inégalitaire de moyens. Une allocation supplémentaires de moyens qu'il faut relativiser car plutôt que concentrer en un temps court des moyens importants, l'institution a préféré dispersé des moyens limités de manière progressive au fil des ans ...

    Autre point mis en évidence, l’hétérogénéité des résultats sur le terrain. Elle dépend en grande partie de trois facteurs : l’accent mis sur les apprentissages, la stabilité des équipes pédagogiques et le dynamisme du pilotage local.

    L’exemple vécu depuis plus de 15 ans au quotidien dans un des 92 Lycées Professionnels classé ZEP m’incite à penser que la stabilité des équipes est un facteur essentiel. Les équipes stables sont plus expérimentées, plus solidaires et plus motivées, elles acquièrent au fil des ans un savoir faire déterminant dans la réussite de leurs élèves. Les techniques accumulées et utilisées au quotidien tenant compte du particularisme des élèves, des contextes locaux et des potentiels des établissements.
    Soulignons que la transdisciplinarité, le travail en équipe et l’innovation pédagogique font partie intégrante de cette culture maison et que nombre d’innovations pédagogiques expérimentées en Lycée Professionnel et en ZEP notamment ont depuis enrichi la doctrine éducative et contribué à remodeler l’ensemble du système éducatif.

    Enfin et surtout, comme l'indique cette étude «Les ZEP peuvent paraître n'avoir aucun effet, simplement parce qu'elles ont réussi à maintenir les écarts de résultats observés en 1981, alors même que les difficultés des élèves et les conditions de travail des enseignants empiraient.»

    Ce qui au regard de la situation vécue dans certaines de ces ZEP n'est déjà pas si mal ...

     

    Lien : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es380a.pdf

  • Education en devenir

    10 février 2005


    La FOCEL de Seine et Marne a pris la bonne habitude d’organiser un colloque sur l’Education chaque année en invitant des intervenants de qualité et souvent dans le feu de l'actualité.

    Un thème on ne peut plus approprié
    Après la thématique de l’Islam, abordé l’année dernière, le thème 2005 « L’Education en devenir », était on ne peut plus approprié quelques mois aprés les conclusions de la Commission Thélot et au moment des maifestations contre le texte de loi Fillon.
    L’importance du sujet, la qualité des intervenants de ce colloque, des pointures de la « chose pédagogique » (ne manquait guère à l’appel que Meirieu, Prost et Houssaye) étaient autant de facteurs qui auraient du attirer un nombre important de participants ; il n’en a rien était, ce qu'on ne peut que regretter au regard des interventions qui ont marqué cette journée et dont beaucoup de propos sont à méditer.

    L'unanimité des intervenants a critiqué le texte de loi Fillon et a montré qu'en aucun cas ce texte est une traduction législative des propositions de la Commission Thélot.
    Ils voient plutôt dans cette loi, un texte ayant pour seule finalité de réduire le Budgert de l'Education au mépris des conclusions de la Commission Thélot et de l'avis de l'ensemble des spécialistes des "choses de l'Education"


    Les interventions marquantes

    Claude Lelievre

    Ce spécialiste, un des meilleurs historiens actuels du système éducatif, auteur de nombreux ouvrages, membre éminent et actif de la Commission Thélot a indiqué avec beaucoup d’opportunité lors de son intervention que le débat actuel autour du socle commun de connaissance ne date pas d’hier.
    Rappelant certaines prises de position de Jules Ferry, trop méconnues, il a montré le coté novateur de cet icone trop souvent érigée en statue du commandeur.
    Pour Jules Ferry l’école est plus une institution qu’un service public ; une position liée sans nul doute au contexte historique particulier des premières heures de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
    Le nouvel état Français, laïque et républicain supplante à la fois la monarchie et l’Eglise et met fin au monopole de fait de cette dernière sur l’Education de la Nation. La république française, état laïque s’il en est, doit grâce à ses instituteurs (hussards de la république) former des citoyens en « co-souverains éclairés » (selon Condorcet) et défenseurs de l’esprit laïque.
    Il distingue l’Education (cœur, populaire, prolétaire) de l’Instruction (« lumière de l’esprit », culture du jugement, élite républicaine), et place le rôle d’éducateur avant celui de professeur : « le professeur doit s’élever au rang d’éducateur » et condamne sans appel l’importance accordée à l’orthographe, préconisant un enseignement plus libre, vivant et substantiel. Avant « les disciplines mécaniques de l’esprit » (Lire, Ecrire, Compter), il défend d’autres disciplines importantes pour l’épanouissement des élèves qui doivent également être des citoyens « Ne pas embrasser tout ce qu’il est possible de savoir, mais bien apprendre ce qu’il n’est pas permis d’ignorer ». Elle doit mener au citoyen qui est
    Claude Lelièvre a insisté également sur la nécessité de redéfinir une culture de base. « Il ne s’agit pas, en effet, d’établir une culture pour les "pauvres", une "culture pauvre", mais de rechercher et de décider ce qui est basique pour une culture de notre temps, pour la culture de tous.


    La définition précise d’une "culture plancher" et la diversification des recours à des "champs disciplinaires" différents vont dans le même sens à condition de limiter rigoureusement leurs apports à « ce qu’il n’est pas permis d’ignorer ».


    Jean Michel Zakhartchouk

    Ce militant de terrain qui enseigne dans un collège ZEP depuis une vingtaine d’années est un des animateurs principaux du Cercle de Recherche et d’Action Pédagogiques (CRAP) qui édite les Cahiers pédagogiques. Il a centré son intervention principalement sur les différentes "figures" de l'enseignant et ses misions.



    François Dubet

    Cerise sur le gâteau, son intervention a marqué la fin de cette journée. Professeur de sociologie à l’université de Bordeaux, membre de la commission Thélot, François Dubet est certainement un des meilleurs connaisseurs de notre système scolaire. Ses recherches ont porté sur les mouvements sociaux, les problèmes urbains, la marginalité juvénile, la délinquance, l'école, la socialisation, le travail et la théorie de l'action. Initiateur des ateliers de découverte et de la réforme des collèges, il a été également conseiller de Ségolène Royal au Ministère de l'Education Nationale


    Pour lui, la France n’a aucune tradition historique démocratique (transposition du religieux à la république). L'Ecole Républicaine a simplement dépossédé l’Eglise du monopole sur les esprits et promeut depuis sa création un élitisme républicain, sorte de darwinisme méritocratique ... Une « compétition équitable » qui n’en est pas une ; car l’école favorise en fait les favorisés.

    Pourtant paradoxalement « il n’y a pas d’alternative à l’égalité » (Condorcet), le problème est de rendre vivable le modèle : par égalité de l’offre, par des mesures de carte scolaire, par une politique de discrimination positive.

    Il souligne que pour notre société l’école est sacrée ... Et qu'on négocie mal les symboles, que le débat autour de l'école devient quasiment un débat théologique (Vatican 2 reste à accomplir). On parle de « sanctuaire scolaire » ; l’espace n’est pas réellement laïque ...

    Il insiste sur les notions de vainqueurs et de vaincus. Les décideurs sont des vainqueurs ... Pourquoi changeraient ils les règles du jeu ? D'autant que l’échec scolaire rend indigne et empêche de parler ceux qui ont perdu ...

    Pour avoir plus d'éléments, le fichier joint regroupe certaines des notes prises lors des interventions de Jean Michel Zakhartchouk et François Dubet; l'intervention de Claude lelievre a été rapporté en partie et celle de Jacqueline Costa-Lascoux m'a moins passionné ...

    education_en_devenir_annexes.rtf