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Europa

  • Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs

     

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    Tous les 8 mai, nous célébrons à Trilport, durant la même cérémonie, deux évènements majeurs liés par le sang, la douleur, les larmes versées, mais également la foi dans la paix et en un avenir meilleur. Deux évènements qui ont marqué notre passé à jamais, arriment notre présent à des valeurs clés et fondatrices, et constituent les balises éclairant notre route et nous guidant vers un futur plus harmonieux : l’armistice de 1945, évidemment, son lourd héritage qu'il soit politique, humaniste, éthique ou spirituel, et l’Europe ...


    Cette année cette cérémonie a pris une dimension particulière, compte tenu du contexte électoral. Intervenant au lendemain d’une élection décisive pour le pays, second tour présidentiel inédit, dans laquelle nationalisme et projet européen se sont retrouvés au centre du débat public durant des semaines.
    Nos concitoyens ont tranché de manière claire, mais ce vote, contrasté selon les territoires, témoigne cependant d’un profond désarroi, d’une colère latente qu’il serait irresponsable de ne pas prendre au sérieux, tant le climat politique ambiant, quelque peu délétère, peut nous ramener aux heures les plus sombres de notre histoire moderne.

    Ce 8 mai, l’émotion était bien présente, palpable, renforcée par la présence de nombreux citoyens, des anciens combattants, des enfants des écoles chantant Marseillaise et hymne européen, des musiciens de l'harmonie. Autant de visages et de généations qui réunis confèrent à ces cérémonies une intensité rare, et en font des moments importants de la vie républicaine de notre communauté. Emotion rendue plus intense encore par l'hommage à un Trilportais disparu il y a juste quelques mois, héros de la résistance et déporté, Jean Le Roch.

    Si Rimbaud a écrit « on est pas sérieux quand on a 17 ans », la jeunesse de Jean Le Roch a été tout elle, sauf insouciante. Il n’avait pourtant que 16 ans en mai 40 lorsqu'il s’est engagé avec les jeunes Résistants et Patriotes.
    Conscient des risques pour sa famille, il quitte alors son domicile, rompt toute relation avec ses proches, change de nom et de vie … Ses qualités, son courage lui valent d’être nommé Chef de la Région parisienne de tout son réseau qui multiplie ses actions contre l'occupant.
    Suite à une dénonciation, il est arrêté par la Police Française, interné à la Santé, puis envoyé à la forteresse d’EYSSES. Il y participe à une tentative d'évasion collective qui sera la plus importante de la guerre, mutinerie réprimée dans le sang par la division SS DAs Reich (celle d’Oradour sur Glane). Il est alors déporté à Dachau qu’il atteindra dans des conditions atroces, transportés dans ces fameux wagons plombés chantés par Ferrat, subissant pendant prés de deux années interminables l’horreur des camps de concentration et d'extermination. Lorsqu'il est enfin libéré et retrouve sa liberté, le 9 mai 1945, il n’a pas 21 ans !!!


    Louis Aragon, dans son poème « Chanson pour oublier Dachau » a rappelé avec beaucoup de délicatesse et de profondeur, toute la détresse et la douleur intime de ceux qui sont revenus d’un enfer qui les a rendus différents et transformés à jamais …


    "Nul ne réveillera les dormeurs … Homme ou femme, retour d’enfer ... Le cœur étonné de battre ... Derrière leurs yeux ... Cette conscience de l’abîme, Et l’abîme …
    Il y a dans ce monde nouveau, tant de gens, Pour qui, plus jamais ne sera naturelle la douceur,
    Il y a dans ce monde ancien, tant et tant de gens, Pour qui, toute douceur est désormais étrange,
    Il y a dans ce monde ancien et nouveau, tant de gens, Que leurs propres enfants ne pourront pas comprendre ...
    Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs …"

     

    Ces instants solennels, constituent des espaces de respiration privilégiés et rares dans une société ou le temps semble s'emballer. Ils favorisent un passage de relais immémoriel inestimable pour les nouvelles générations et indispensable au pays, tant célébrer la mémoire du passé, n’est pas seulement se souvenir du passé, c’est aussi et surtout, prévenir le futur et protéger les valeurs républicaines l’audace de la liberté, l’exigence de l’égalité, la volonté et la grandeur de la fraternité.


    Au 8 mai, est associée à jamais, le si beau mot de Résistance, comme disait Lucie Aubrac,

    Au 9, journée de l’Europe, nous devons arrimer, celui tout aussi beau, d’Espérance,

     afin que comme l'écrivait si joliment René Char :  « Résistance ne soit qu’Espérance » ...

     

    Résistons, surtout aujourd'hui, afin de mieux espérer en des lendemains qui chantent

     

     

     

    Texte de la poésie de Louis Aragon : " Chanson pour oublier Dachau"

     

     

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  • Pourquoi je soutiens Emmanuel Macron

     

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    Socialiste, élu local de cette France périphérique trop souvent ignorée, très impliqué sur les problématiques liées aux fractures territoriales, aux mobilités et au péri urbain, je soutiens la candidature d’Emmanuel Macron.
    Ce choix peut étonner, il fait suite à l’annonce de François Hollande de ne pas se représenter. Décision que j’ai regretté tant j'estime que son quinquennat a été utile au pays. François Hollande a su préserver notre cohésion nationale dans une période particulièrement troublée et délicate et protéger un modèle social abimé par les années Sarkozy.

    Aussi j’en veux particulièrement aux frondeurs, qui de la première année du mandat à la dernière, allant jusqu’à voter une motion de censure, ont grandement contribué à décrédibiliser l’action gouvernementale engagée et à la rendre incompréhensible aux yeux de nos concitoyens, ils se sont à mes yeux déconsidérés. 


    Rocardien et européen convaincu, j'ai toujours défendu un socialisme de la responsabilité et du réel, un socialisme qui aspire à améliorer concrètement le quotidien de nos concitoyens, à leur proposer des perspectives claires et crédibles autour d’un développement solidaire responsable et d’une société ouverte.

    Au-delà des discours, des envolées lyriques des grands soirs ou des effets de tribune, je rappelle que « changer la vie » nécessite le préalable d'être en capacité réelle de le faire réellement. Vouloir un futur « désirable » est louable, qui peut être contre ? Encore faut-il le bâtir au concret, non avec des mots, des théories, des certitudes ou des slogans, mais dans les faits, pierre après pierre, jour après jour.
    C’est ce que le socialiste « mainstream » que je suis (l’appellation est de Thomas Legrand) s’évertue avec humilité à accomplir dans sa commune. Mon quotidien se situe à des années-lumière des états-majors politiques parisiens et des cabinets (qu’ils soient ministériels ou parlementaires) illustrant ce fameux « tunnel » dénoncé par Michele Delaunay dans une tribune au retentissement mérité.

    C'est aussi pour cela qu'il est si important d'ouvrir les fenêtres, de faire un appel d'air frais, d'avoir du sang neuf, d'attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées, de reconnecter le politique à la vie quotidienne, à la vie réelle.
    Ce pays recèle de tant de potentiels que "changer la vie" ne peut être l'apanage de quelques happy few détenant une vérité de plus en plus sujette à caution, mais bien l'affaire de tous !
    Je ne peux que constater aujourd’hui, avec inquiétude, la fracture grandissante entre le monde politique de ceux qui nous dirigent et les citoyens, notamment ceux qui se sentent déclassés, oubliés, exclus. Un fil s'est brisé qu'il nous faut renouer au plus vite, non avec des théories mais du concret, de l'écoute et surtout du respect.

    Si j’ai un profond respect pour les militants qui suivent Jean Luc Mélenchon, je n'oublie pas qu'ils représentent une gauche protestataire, qui a sa légitimité, mais ne correspond pas à ma sensibilité politique même si nous avons des confluences et une part d'histoire commune.
    D'autant que le pays est confronté à une « grande transformation » (Poliany)  qui nous impose de réfléchir différemment dans tous les domaines :

    • L’impératif écologique constitue désormais la matrice de tout projet politique et ne doit plus être sous-traité ou délégué à d'autres organisations,
    • limiter la révolution digitale au simple domaine technologique est réducteur, tant cette révolution est à la fois globale et totale et qu'elle bouleverse tous nos repères.
    • la fragmentation de la société et les problématiques relatives à l'identitaire, clivantes et destructrices, nous imposent plus que jamais auparavant, de fédérer, nouer, relier et connecter, afin d’être de nouveau, collectivement, en cohérence pour affronter un monde de plus en plus dérégulé, qui rend d'autant plus incontournable la constitution d’une Europe forte et solidaire.


    Toutes ces pistes nous n’avons pas su ou voulu les explorer, ou trop timidement. Faute de réponses elles nous ont rattrapé depuis, et ce propos ne se limite pas au seul domaine politique, loin s’en faut. Nous vivons une période de « métamorphose » (Edgar Morin), qui nous impose de bâtir des perspectives d’avenir avec les repères du monde d’aujourd’hui, et non plus les balises héritées du monde passé, désormais dépassé.
    Ma conviction est que la Social Démocratie se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Confrontée au défi de sa propre transformation, elle doit savoir se renouveler ou risque alors de disparaître de nos radars, ce qui serait tragique.


    Au regard des enjeux, la « tactique politicienne» à mes yeux n’a plus de sens. Trop de socialistes fourbissent leurs armes en se projetant dans la préparation du congrès d’après les présidentielles. L’urgence absolue aujourd’hui est de combattre les idées de Marine Le Pen, tant le FN surfe avec succès sur la détresse de territoires oubliés et de citoyens se sentant ignorées, déclassés et abandonnés. L'adversaire principal c'est elle, pas Emmanuel Macron me semble t'il, mais à priori beaucoup de mes camarades ne partagent pas ce point de vue. J'espère que les résultats de la prochaine présidentielle, notamment dans nos campagnes leur donneront raison, mais permettez moi d'en douter ? A chacun ses combats ... 
    Cette montée des populismes nous oblige, notamment après l’élection de Trump et le vote du Brexit, ces scrutins nous ont rappellé qu'en démocratie tout peut arriver, y compris le pire, les allemands ont déjà donné.
    Ce n’est pas à un choc entre la droite et la gauche auquel nous sommes confrontés, ne nous y trompons pas, mais bien un véritable choix de civilisation qui se présente à nous, entre le repli sur soi identitaire et anxiogène, la peur et la haine de l'autre ou la défense d'une société ouverte,  métissée, positive, dynamique et européenne.


    Nos concitoyens sont dans l’attente, de perspectives bien évidemment, de sens surtout, mais aussi plus paradoxalement de radicalité dans les propositions des politiques, tant ils savent que la terre a tourné, que la conjoncture économique est tendue et que nous ne vivons plus dans le monde d’avant. Il faut leur parler vrai et cash en leur indiquant clairement le cap suivi afin de dissiper tout malentendu et méprise, ce quinquennat l'a démontré.


    La priorité n'est pas pour moi d’élaborer un prototype de monde idéal et théorique basé sur des certitudes (auto)proclamées, et de donner des leçons à n'en plus finir, mais plus humblement de contribuer à adapter notre pays au nouveau monde qui émerge, en préservant nos valeurs et notre modèle social et culturel, quitte à l’adapter, et plus que tout en protégeant les plus fragiles, les accidentés de la crise, ceux qui sont pour l'instant exclus de tout ...


    Nous ne devons plus sacrifier le long terme au court terme et pour ce faire agir sur les 5 E chers à Michel Rocard : Europe, Education, Economie, Ecologie, Etat moderne.

     

    Voilà pourquoi je soutiens Emmanuel Macron.



     

     

     

     

     

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  • Ce soir, je suis triste

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    " Penser clair, parler vrai, agir juste " 

     

    Ce soir je suis triste, Michel Rocard nous a quitté.

     

    J’ai été, je suis et resterais pour toujours "rocardien". Je n'oublie pas que si je me suis engagé un jour en politique, en adhérant notamment au PS, c’est à lui que je le dois.

    Digne héritier de Mendes France, il avait le sens de la morale et de l’éthique, possédait une rigueur et une honnêteté intellectuelle rare, que je n’ai retrouvé ensuite que chez Lionel Jospin. C’est à ce niveau là, que l’on attend le politique.

    Rocard c’était la primauté donnée aux idées, aux propositions, quelquefois disruptives et iconoclastes : comprendre avant toute chose, imaginer les solutions à apporter plutôt que de nouveaux problèmes, proposer et convaincre toujours, et plus que tout, agir juste, faire, afin de changer la vie quotidienne au concret durablement.
    Toute sa vie, ce grand serviteur de l'Etat s'est consacré à 
    la vague des idées plutôt qu'a l’écume des petites phrases ou des commentaires. Il a su ne jamais sacrifier l'avenir, le long et le moyen terme aux imperatifs court termistes de la mode ou de l'instant présent, étant un des trop rares politiques à privilégier le temps long.

    Michel Rocard avait les mots et le verbe libre, une parole authentique et rafraichissante, il a toujours préfére l’équité à une égalité quelquefois factice et inéquitable, privilégiant l’être au paraître et le collectif à l’individualisme.

    Il a eu la grande sagesse de se retirer de la vie politique avec élégance, sur la pointe des pieds, passant le relais aux jeunes générations pour leur laisser construire un avenir meilleur.

    C'était un homme qui aimait passionnément la vie, l’Europe, la nature sauvage et indomptable avec laquelle il faut composer : le vent, les mers et les océans, les pôles aussi ... L’environnement et le devenir de la planète ont été les combats qui ont animé toutes ses dernières années.

     

    Ce soir, je me sens orphelin, Michel Rocard nous a quitté.

     

      

    « Je rêve d'un pays où l'on se parle à nouveau. Je rêve de villes où les tensions soient moindres. Je rêve d'une politique où l'on soit attentif à ce qui est dit, plutôt qu'à qui le dit.

    Je rêve tout simplement d'un pays ambitieux dont tous les habitants redécouvrent le sens du dialogue, pourquoi pas de la fête, et de la liberté.

    Je suis de ceux qui croient, au plus profond d'eux-mêmes, que la liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement.

    Chérir la liberté de cette manière là,
    c'est, construire un nouvel espoir pour que vivent les Français et pour que vive la France. »

    Michel Rocard - Discours d'investiture 1988

     

    En complément, la tribune qu'il a écrit en 2014, pas assez connue celle ci, sur le sens d'un socialisme pour ce nouveau millénaire afin de "l voir éclore la société des hommes à la place de celle de l'argent". Il avait toujours quelques stations d'avance, Michel.

     

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  • Ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté

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    La cérémonie du 8 mai a revêtu un caractère quelque peu particulier à Trilport cette année. Nous avons réparé un oubli de plus de 126 ans; le fronton de la Mairie inaugurée en 1890, le bâtiment accueillait alors la "Maison communale" et l'école des garçons", arbore pour la première fois de son histoire les trois valeurs de la devise républicaine.

    Cette réalisation marque la dernière étape d'une rénovation totale de ce bâtiment, qui s’est étalée sur plus de cinq ans, au rythme de nos finances. Petite fierté, elle est entièrement « Made in Trilport », estampillée "circuit court". Le modèle, les gabarits des lettres et le choix de la police de caractères ont été élaborés en interne avec nos communiquants, la réalisation en 3D étant l’oeuvre d’une entreprise Trilportaise spécialisée en tôlerie et la pose assurée par les agents communaux.

    « Liberté, Egalité, Fraternité », trois mots simples et lumineux, qui nous rappellent simplement, d’où nous venons, qui nous sommes et où nous devons aller ! Des valeurs intemporelles prenant encore plus de sens et de résonance aujourd’hui, notamment lors d’une double commémoration comme celle du 8 et du 9 mai.
    Depuis 2010, 10 ème anniversaire de notre jumelage avec Engen, nous célébrons le même jour, la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 et la journée de l’Europe. D
    eux dates intimement liées par les liens du sang versé.
    L’émergence de l’Europe politique est le fruit de la tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale, de la nécessité absolue pour nos différents pays de se réconcilier après la mort de tant de victimes, civiles ou militaires, du souvenir de l’horreur de la Shoah et des exactions de l’idéologie Nazie.

    L’Europe est une réponse d’espoir en l’avenir, face au néant de ces années sombres. Elle ne peut se réduire à un drapeau cerclé de 12 étoiles dorées flottant au vent, qui symbolise la solidarité et l’harmonie entre nos peuples; un cercle ouvert s'il en est, tant nous devons nous ouvrir au monde, ni au magnifique hymne composé par Beethoven, encore moins aux subventions glanées de ci de là, règlementations innombrables, relations commerciales, monnaie commune, bureaucratie qui semble loin de tout … L'Europe est avant tout et surtout un modèle unique de démocratie, de solidarité, de protection sociale, de culture, véritable oasis de paix et de bonheur aux yeux de tous les pays du globe.

    Pourtant aujourd’hui, beaucoup d'européens doutent cruellement, ils n'ont plus foi en l'Europe … Il est temps que cette dernière se mette à la hauteur de tous, qu'elle parle enfin aux citoyens et non plus aux seules élites.

    Le 8 mai, nous rappelle éxonérablement d’où nous partons … La haine, la colère, le ressentiment, le sentiment de vengeance, le repli sur soi, les vagues brunes du nazisme et des égoïsmes nationaux qui déferlaient sur le continent… C’était aussi l’Europe, mais d’avant; celle malheureusement vers laquelle tanguent et tendent aujourd'hui certains pays d'Europe Centrale.

    Les jeunes générations pensent que la paix va de soi, alors qu’elle est si fragile, trop considèrent l’Europe comme superflu, voir inutile … Nous ne devons jamais oublier que derrière les nationalismes exacerbés, les égos hypertrophiés des nains qui se prennent pour des géants, la peur de l’autre, la recherche de boucs émissaires, se profilent les guerres d’hier, celles d’aujourd’hui et peut être de demain …

    Il nous faut, porter un nouveau projet pour l'Europe, qui s'adresse à tous, notamment aux plus humbles, à ceux qui se sentent exclus, l'associer aux idéaux de paix, de solidarité, mais aussi de prospérité, d'avenir commun et partagé, afin que tous ces citoyens qui doutent, aient foi de nouveau en l’avenir, dans un monde en mouvement qui si lEurope n'est pas au rendez vous, nous annihilera…

    Il faut que nos cœurs haïssent la guerre, comme l’a si bien écrit Robert Desnos, poète français et résistant, déporté à Buchenwald, mort du typhus, un mois seulement après la libération de son camp …

    Que nos cœurs haïssent la guerre, mais plus que tout, battent pour la liberté. et je serais tendais de dire pour un avenir commun, partagé et plus souriant ...

    Encore faut il agir pour le construire. Ces commémorations servent aussi à semer des graines d'action.

     

     

     

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  • Etranges étrangers et réfugiés ...

     

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    Photo : R. Maalouf


    "Tout homme a droit à une vie qui lui permette de se construire."

    Albert Jacquard

    Avec Nicole Bricq, Sénatrice de Seine et Marne et Rita Maalouf (Secrétaire Nationale du PS à l'humanitaire et aux droits de l’homme) nous sommes allés à la rencontre des réfugiés syriens et irakiens hébergés au Centre d’Accueil pour demandeurs d’asile de Champagne sur Seine. La logistique mise en place par la Croix Rouge, la proximité nouée avec les familles de réfugiés, dont une dizaine d'enfants, malgré l’obstacle de la langue, permettent à ces familles, dans un endroit préservé, de se réparer peu à peu.
    Ils nous ont raconté, sans en rajouter, une partie de leur périple : les milliers de kilomètres effectués, les pays franchis, la traversée pour le moins rude de la Méditerranée, les exactions et exécutions commises par  DAECH à Alep, comme leur désespoir de voir la Syrie abimé durablement, sans perspectives d’avenir immédiates.

    Elu d’une ville volontaire pour accueillir une famille de réfugiés, cette rencontre me semblait utile, en qualité de Président de l’UDESR de Seine et Marne il était  également important de dialoguer avec le Maire de Champagne sur Seine, l’humanisme de sa médiation ayant contribué à tisser un réseau de solidarités dans toute sa ville.
    Cette visite m’a marqué, la question de l’asile politique est ancrée au plus profond de moi, je n’oublie pas d’où je viens; comme tant de français, descendants de « ritals », « polaks », "hongrois" ou « viets », mes origines sont d’ailleurs, nous mesurons tout ce que nous devons à la France, accueillir aujourd’hui des réfugiés est un devoir d’humanité et de solidarité, mais en ce qui nous concerne, également de mémoire.
    Deux visions de la société s’affrontent sur une telle question. Celle qui assume et revendique cet accueil, au nom des valeurs républicaines, d’humanisme et de solidarités qui font la France, l’autre toute différente, basée sur le repli, l’égoïsme, l’individualisme et le rejet de l’étranger qui le condamne, ses défenseurs comparant la vague migratoire à un « tsunami », ce faisant ils travestissent, une fois de plus, la vérité, tant la réalité des chiffres s’impose : la France, 5 ou 6eme puissance mondiale va accueillir 24 000 réfugiés en deux ans, soir 1000 personnes par mois, ou 10 par département.
    Souvenons nous des 500 000 Espagnols accueillis à la fin de la guerre d’Espagne, des 120 000 boat people de 1979 nous venant du Vietnam, du Cambodge ou du Laos, des 15 000 chiliens de 1973 ! Point commun, toutes ces familles fuyaient la mort pour délit d’opinion !

    Cette crise n’est pas européenne, mais régionale, et concerne en premier lieu les pays du sud. Sur les 5 millions de syriens fuyant leurs pays, 98 % vivent dans les pays limitrophes : prés de 2 millions en Turquie (pays de 75 millions d’habitants) et plus d’un million au Liban (pays de 4 millions), le reste se répartissant entre Jordanie et Irak.

    Nous devons reconnaitre qu'en ce qui concerne l’accueil d’urgence,  la France n’était jusque là guère à la hauteur. Pas de scoop ici, chacun sait que  le pays galère chaque hiver pour proposer un simple toit à nos «réfugiés de l’intérieur», alors comment accueillir ces nouveaux arrivants ?
    Un préalable, crucial, souligné avec raison et gravité par Louis Gallois, Président de la Fedération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS) lors de la réunion du 12 septembre organisé par Bernard Cazeneuve : il ne peut y avoir de « concurrence entre pauvres », pour être clair, ce qui est «donné» aux réfugiés ne peut être pris à ceux qui galèrent. Je suis persuadé, paradoxalement, que tout ce qui est entrepris aujourd’hui, de manière tout à fait exceptionnelle, permettra demain d’apporter des réponses dignes, humaines et surtout plus efficace, à tous ceux qui en France, trop nombreux, ont recours aux services du 115. N’oublions pas que la période d'hiver approche. J’y reviendrais, tant cette crise, laisse entrevoir de nouvelles pistes.

    Le pays a mis la démultipliée ces dernières semaines : mobilisation de l’ensemble des acteurs (associations, bailleurs sociaux, collectivités) permettant de libérer des milliers de places de logements décents (anciens foyers logement désaffectés, anciennes maisons de retraite, bâtiments en attente de démolition, casernes inoccupées … ), délais d’obtention du statut de réfugié raccourcis, afin de permettre à ceux qui l’obtiendront de prétendre à un logement social au plus vite, en laissant la place à d’autres arrivants, le gouvernement assumant enfin une « logique de flux », plutôt que la « logique de stock » qui prévalait jusque là. 

    Bien sur, après reste le plus délicat : l’insertion... Impossible de ne raisonner qu’en terme capacitaire, quantitatif, techno, tant cette problématique doit s’appréhender de manière transversale, qualitative et surtout humaine …
    Réussir une intégration est la résultante d’une longue chaine de solidarités, dans laquelle chaque maillon, aussi infime et fragile soit il, a un rôle essentiel : collectivités, Etat, associations, particuliers …  C’est à ce stade que d’autres acteurs, dont les collectivités interviennent, d’ou l’intérêt de visiter le Centre d’Accueil de Champagne en amont …

    La compassion née d’un cliché, d’un interview, ne dure trop souvent qu’un temps éphémère, c'est ce que rappelait le Maire de Champagne sur Seine, celui de l’émotion …
    Il faut en ce domaine, être efficace, humain, collectif mais plus que tout, tenace, d’autant que cette question des réfugiés risque de devenir une constante des prochaines décennies, et ce pour plusieurs raisons … 

     

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  • 8 mai 2015 : Une journée particulière

    8-mai-1945.jpgDepuis 2010, à Trilport nous associons la cérémonie du 8 mai 1945 à celle du 9 mai, journée de l’Europe pour commémorer la déclaration fondatrice de Robert Schuman, véritable acte de naissance de l'Union européenne.
    Deux dates intimement liées, tant l’émergence de l’Europe politique est le fruit direct de cette horrible guerre comme de la nécessité absolue pour la France et l'Allemagne de se réconcilier, enfin, pour construire une amitié solide et sincère, unique dans l’histoire humaine.
    Il n'est pas si fréquent que deux nations jusque là ennemies irréductibles, d’un commun accord et en bonne intelligence, décident de sceller une amitié inaltérable car directement issue des liens du sang et de la douleur partagée, afin d'apporter  la paix à leurs habitants et enfants. Cette décision historique nous oblige. C’est pourquoi, à chaque commémoration du 8 mai, nous avons toujours une pensée émue et sincère pour nos amis allemands d’Engen, notre ville jumelée, notre ville de cœur.

    Cette année 2015, cette double commémoration du 8 et 9 mai, a revêtu une signification et symbolique toute particulière et à plus d'un titre …

    Commémorer un 70 eme anniversaire, n’est pas rien. C’est accomplir un devoir de mémoire, toujours plus utile chaque année, afin que que les jeunes générations n’oublient pas toute l’horreur nazie, le racisme, la Shoah, les camps de concentration, ces morts innombrables et qu’ils se souviennent  surtout du mécanisme qui a mis cette machine infernale en route, ayant commencé par des élections démocratiques.
    C'est aussi rendre hommage au courage et au sacrifice de ces femmes et ces hommes partis rejoindre Charles de Gaulle et les forces de l’armée française libre, ou ayant dans l'ombre choisit la résistance, qu’ils soient français de souche, de cœur ou simplement de conviction, comme ceux du réseau Manouchian (l’Affiche rouge) …

    « Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
    Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
    Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
    Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
    Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant »

    Souligner surtout, que quelque soit leur couleur, conviction politique ou religion, ou nationalité pour beaucoup, ils sont morts pour la France et défendre nos valeurs républicaines comme la conception qu'ils avaient de la liberté.

     

     Je le disais cette double commémoration du  cérémonie du 8 et 9 mai 2015 a revêtu une signification toute particulière …
    Il y a tout juste un peu plus de 20 ans, le dernier Président Français ayant connu les horreurs des 2 guerres mondiales, François Mitterrand, prononçait un de ses ultimes discours, comme on peut délivrer un testament politique, consacré, justement, à l’Europe … 20 ans après, chacun de ses mots résonnent toujours avec autant de gravité, d’intensité mais aussi malheureusement d’actualité…

    « II se trouve que les hasards de la vie ont voulu que je naisse pendant la 1ere Guerre mondiale et que je fasse la seconde. J’ai donc vécu mon enfance dans l’ambiance de familles déchirées qui toutes pleuraient des morts et qui entretenaient une rancune et parfois une haine contre l’ennemi de la veille.
    Mais ma génération achève son cours, ce sont ses derniers actes, c’est l’un de mes derniers actes publics.
    II faut donc absolument transmettre.

    Vous êtes vous-mêmes nombreux à garder l’enseignement de vos pères, à avoir éprouvé les blessures de vos pays, à avoir connu le chagrin, la douleur des séparations, la présence de la mort, tout simplement par l’inimitié des hommes d’Europe entre eux.
    II faut transmettre,

     Non pas cette haine, mais au contraire la chance des réconciliations que nous devons, il faut le dire, à ceux qui dès 1944-1945, eux-mêmes ensanglantés, déchirés dans leur vie personnelle le plus souvent, ont eu l’audace de concevoir ce que pourrait être un avenir plus radieux qui serait fondé sur la réconciliation et sur la paix.
    C’est ce que nous avons fait.

     Ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre notre histoire et pourtant si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera : le nationalisme, c’est la guerre !
    La guerre ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir,
    et c’est nous, qui sommes désormais les gardiens de notre paix, de notre sécurité et de cet avenir ! »

     La cérémonie du 8 mai 2015 s'est révélée toute particulière, à son issue nous sommes partis avec une importante délégation de Trilportais fêter le 15 eme anniversaire de notre jumelage avec Engen, ayant choisi cette date en commun pour célébrer cet anniversaire pour toute sa force symbolique et ce qu'elle représentait, tant pour le 8 que le 9 mai.

    Construire l'Europe, c'est avant tout, bâtir l'Europe de l'humain, de la proximité et du concret, celle des citoyens, de la culture et de l'amitié …
    Pour que plus jamais nous n'ayons de nouveau 8 mai à commémorer mais aussi et surtout pour célébrer l'idée européenne ...

     

    Poème de Louis Aragon : "strophes pour se souvenir" (l'affiche rouge)

     

     

     

     

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  • La réponse à Marine : rebondir nous devons

     

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    " Déterminé je suis ... 

    Combattre les forces obscures bleues marines je dois ...

     La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance.

    Le côté obscur de la Force, redouter tu dois. 

    Rebondir il faut,  toujours en mouvement est l'avenir."

     

  • Carnets de campagne : dernière ligne droite

    savigny-campagne.jpgInexorablement ces élections approchent de la fin et peu le regretteront au regard de la fatigue des troupes comme des électeurs. Cette dernière semaine sera cruciale tant elle correspond à la cristallisation de la prise de décision chez nos concitoyens, pas tous encore réellement fixés sur leur choix, ou du moins de ceux qui viendront voter. 
    C’est dans les prochains jours que le choix de voter efficace doit s’imposer à ceux désirant réellement et concrètement une autre Europe que celle proposée par Monsieur Junker. Ne l'oublions pas : "voter UMP, c'est voter Junker, ne pas voter, ou éparpiller son bulletin de vote sur une petite liste, c'est laisser élire Junker et avec lui, la ligne Barroso !"
    Chacun a le droit de ne pas être content de l'Europe, j'en suis, alors autant la changer, non ? Le paradoxe est que la majorité de ceux qui la critiquent ne se déplaceront pas pour voter dimanche 25 mai !
    Tout l’enjeu de cette campagne, et in fine, de la victoire de Martin Schulz est là : voter efficace; d’autant que partout dans le pays, au regard de l’émiettement des listes (31 en Ile de France), de l’importance de l’abstention, le moindre pour-cent de gagné peut se transformer en un siège de plus. L'Ile de France n’échappe pas à la règle, selon le nombre de bulletins, le PS peut se retrouver avec 2,3 ou 4 députés européens d'après les estimations actuelles !

    Force est de constater et surtout de regretter que les médias nationaux n’ont pas défendu l'idée européenne, loin s’en faut, ils ont même été en dessous de tout, et au premier rang les chaines publiques !
    Il n’est pas admissible qu’une couverture maximale soit réservée à des émissions de télé réalité, de  télé crochets ou des évènements d’une importance mineure pour le pays, et si peu pour l'Europe ! Refus de retransmettre le débat entre les cinq postulants, aucun reportage consacré aux différents candidats au poste de Président du prochain Conseil Européen, dont l'un incarnera durant les cinq prochaines années notre continent, aucune enquête sur le double langage de  députés si inactifs et silencieux à Bruxelles et si bavards dans les médias nationaux à Paris, dans leurs critiques de l'Europe ...
    Pour le devoir d'investigation, vous pouvez repasser, autant chercher ailleurs, dans d'autres pays, "nos médias"  se contentant de faire le lit de l’abstention comme celui du FN.
    Faut il rappeler que les téléspectateurs français ne devront qu’à l’habileté politique du premier Secrétaire du PS Jean Christophe Cambadélis, piégeant une chaîne publique à son propre jeu, d'écouter Martin Schulz à une heure de grande écoute, palliant ainsi quelque peu la lâcheté d'un journaliste qui n’avait pas désiré aller à l’encontre de Madame Le Pen refusant de débattre avec le coriace contradicteur qu'est Martin Schulz ! Un journaliste beaucoup moins conciliant avec d'autres femmes politiques, de gauche il est vrai !

    Je veux saluer ce rayon de soleil qu'est l’implication enthousiaste des militants engagés dans cette campagne, pourtant KO debouts après les municipales, et qui malgré un vent mauvais se défoncent chaque jour, histoire de grappiller les quelques voix, qui dimanche prochain, peuvent se traduire par un siège supplémentaire, contribuant ainsi à faire gagner Martin Schulz et avec lui l’Europe !
    L'objectif est que la liste menée par Pervenche Beres ait le plus de députés, si possible même un Seine et Marnais,  « local de l’étape » comme les militants l’annoncent sur les marchés de ces terres de conquête et de reconquête que sont nos villes et villages de Brie ou lors des opérations de porte à porte, avec pour certains un brin de fierté dans la voix, tant cela est rare.

    Les séquences électorales successives de ces derniers mois, dont l’une  toujours en cours, démontrent qu'il nous faut au plus vite, retisser les liens distendus, quelquefois même rompus avec nos concitoyens, nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement et j’ai la conviction que la victoire de Martin Schulz peut nous y aider, encore faut il qu'il gagne

    Plus que six jours pour changer la donne en Europe …

     

  • 8 et 9 mai, un jour pour l'Europe

    9 mai.jpgDepuis 2010, année du 10eme anniversaire de notre jumelage avec Engen, nous célébrons également à l’occasion du 8 mai, l’Europe, tant sa création est  intimement liée aux fractures et blessures de la 2eme guerre mondiale. 

    L’Europe, ce n’est pas qu’une élection, un drapeau étoilé sur fond d’azur, la devise « unis dans la diversité », la belle mélodie de Beethoven pour hymne, des subventions reçues, des relations économiques ou une monnaie partagée … 
    C’est aussi un modèle unique de démocratie sur la planète, une véritable oasis économique et sociale reconnue de tous les pays du globe, qui constitue de fait presqu'une anomalie dans l’histoire du monde. Il n’est en effet pas commun de voir les ennemis irréconciliables d’hier se réunir pour fonder une nouvelle famille et écrire ensemble les pages d’un avenir désormais commun et partagé.

    Pourtant aujourd’hui L'Europe doit répondre à un terrible paradoxe : célébrée partout sur la planète comme une réussite, elle ne fait plus recette auprès de beaucoup de ses habitants, qui s’en détournent, notamment les plus jeunes, premiers concernés pourtant.

    Le souvenir de la terrible et dramatique guerre dont elle est le fruit, qui a pris fin le 8 mai 1945, s’estompe dans le brouillard de l’histoire. Les générations ayant traversé cette période tragique, disparaissent peu à peu, emportant dans leurs tombes les terribles souvenirs d'une guerre horrible, mais aussi de la peste brune qu’était le nazisme et qui en est à l'origine.
    Les jeunes pensent que l’Europe a toujours existé, que la paix va de soi, qu'elle est une réalité immuable que rien ne peut remettre en cause. Ils ne disposent pas des repères temporels et mémoriels que nous ont transmis comme un talisman précieux nos parents et grands parents, car la paix est un édifice pourtant fragile, ici même, en Europe aujourd’hui encore !
    Pas besoin de remonter aux années 1945, il y a seulement 15 ans s'achevait un conflit qui a causé plus de 200 000 morts dans l'ex Yougoslavie et endeuillé tout notre continent, à seulement une heure d’avion de Paris ... Depuis quelques mois les  évènements d’Ukraine  font craindre l’émergence d’une nouvelle  guerre civile …
    Point commun à toutes ces tragédies ? Le nationalisme, principale cause des guerres d’hier, d'aujourd'hui et sans doute  de demain, alors que la construction européenne, c’est avant tout la paix …

    C’est pourquoi à Trilport nous avons décidé de célébrer l’Europe le 8 mai. Il nous semble important de perpétuer le souvenir de ceux qui sont tombés pour la France en défendant la démocratie et notre liberté, mais qu'il est  utile de célébrer le même jour cette construction unique qu'est l'Europe, bâtie sur l'amitié entre les ennemis d'hier.
    Aussi je remercie sincèrement tous ceux qui participent à une telle célébration et contribuent à en faire une date importante : anciens combattants, pompiers, harmonie intercommunale car la musique est un facteur d'émotion important et incontournable lors de ces cérémonies, mais aussi chaque citoyen présent, ils sont autant de passeurs de mémoire indispensables.
    Permettez moi de regretter que les enseignants ne saisissent pas une telle occasion avec leurs élèves, afin d'aborder les questions relatives à la citoyenneté, à l'histoire mais également à notre futur avec la construction européenne !
    Il est bon et formateur de rappeler aux nouvelles générations que la guerre n'est pas un jeu vidéo de plus, qu'elle constitue une totale abomination, que son origine est trop souvent dans le "chacun pour soi" et la "peur d'autrui" , surtout lorsqu'ils sont poussés au paroxysme par des pyromanes surfant sur la vague de mécontentement qui grossit lors des temps difficile ... Mais aussi, pour souligner, en contrepoint, comment la paix est belle, mais que c'est un trésor fragile à préserver.

     

    Depuis que l’homme est homme, l’Europe est un continent, 

    Durant plus de 1000 ans elle aura été un idéal politique, philosophique, de paix, de monde meilleur …

    Aprés la terrible tragédie qu'a été la 2eme guerre mondiale, elle s’est construite pas à pas, afin que plus jamais guerre et tyrannie ne reviennent, 

    La chute du mur de Berlin lui a permis de retrouver enfin ces deux jambes, pour avancer de nouveau, 

    Il faut qu’elle poursuive sa longue marche en avant, qu’elle existe concrètement aux yeux de nos concitoyens, mais surtout plus que tout, quelle fasse enfin sens …

    Il lui faut pour cela retrouver le cœur de chaque  européen et la voie de la passion … 
    Comme l’écrivait si bien Guillaume Apollinaire, mort pour la France en novembre 1918, une autre guerre mondiale causée par les nationalismes imbéciles,

    « Il est grand temps de rallumer les étoiles »

    Le drapeau européen en compte douze, unies dans leur diversité, qu'il faut rallumer une à une ...

     

    Autant commencer dés le 25 mai.

     

      

  • Construire l'Europe au concret : Trilport Straße

    trilportstr-3.jpgC’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté l’invitation de Johannes Moser, Maire d’Engen, afin de participer au 5 eme anniversaire du jumelage entre sa ville et celle de Moneglia en Italie
    Une joie d’autant plus forte que c’était ma première sortie officielle depuis ma réélection comme Maire de Trilport, l’occasion également de rencontrer les représentants de Moneglia mais aussi   de témoigner de la qualité des liens noués avec nos amis allemands d'Engen depuis tant d'années.

    Je veux rendre hommage à l’action remarquable initiée depuis 1998 par Johanes Moser dans l’émergence d’une conscience européenne entre nos villes. Engen s’est successivement jumelée avec la ville hongroise de Pannonhalma en 1998, puis Trilport en 2000 après plus de 20 ans d'appariement entre les collèges des deux villes et enfin la commune italienne de Monéglia en 2009. 
    Ces jumelages ont donné lieu à des échanges fréquents, réguliers et enrichissant qui ont permis à nos habitants respectifs, dont beaucoup de jeunes, de découvrir des pays voisins et d’avoir une vision plus concrète de l’Europe.

    J'ai eu la surprise lors de ce court week end d’inaugurer avec lui une nouvelle rue dans un quartier résidentiel en construction, la «Trilport Straße», baptisée ainsi en l’honneur de notre ville, belle manifestation d’amitié. A nos yeux, les jumelages symbolisent, plus que des discours, ce que doit être l’Europe  : des échanges concrets entre habitants, des découvertes communes et partagées basées sur des rencontres  et non se limiter à des relations économiques, règlementaires et de seuls liens théoriques ou virtuelles. 

    Je le mesure d’autant plus aujourd’hui, en tant que candidat aux élections européennes. Cette citoyenneté européenne est enfouie au plus profond de moi : de par mes origines, je suis né espagnol, et n'oublie pas que mes grands parents, bergers républicains fuyant la dictature franquiste, ont choisi la France pour un nouveau départ, mais issue également de toutes les rencontres avec mes amis d’Engen, de Pannonhalma notamment, lors de séjours riches en découvertes et révélateurs de la dimension de nos cultures, de l'histoire tumultueuse et souvent partagée de nos différents pays. L'Europe est d'abord une confluence avant que d'être une matrice.

    Plus qu'un symbole, le 25 mai, les habitants de Moneglia en Italie, de Pannonhalma en Hongrie, d’Engen en Allemagne, de Trilport en France, voterons le même jour, afin de renforcer  l’Europe politique, pour la première fois ils se positionneront pour désigner le Président de la Commission Européenne, pour ma part je soutiens la candidature de l'allemand Martin Schulz.

    Pour que l'Europe  soit  surtout une perspective d’avenir partagée, elle doit s’adresser à tous, en premier lieu au citoyen "lambda", et ne  plus être ressentie comme une “usine à gaz”, froide, impersonnelle, lointaine, conçue par des techno pour d’autres technos, bouc émissaire trop aisé de politiques nationaux refusant d'assumer la portée de leurs actes.
    Les jumelages sont une preuve vivante de l’importance de construire, pierre après pierre, échange après échange, l’Europe de l’amitié, l’Europe du concret, l’Europe des citoyens.

    Une conviction m'anime, la sauvegarde de notre modèle culturel, économique et social passe nécessairement par l'émergence d'une citoyenneté européenne et celle d'une Europe politique assumée. Les élections du 25 mai en représente une étape importante mais les jumelages noués y contribuent de manière essentielle tant ils sont concrets, permettent à nos habitants de partager et d'envisager un avenir commun pour eux et leurs enfants ... 

     

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  • Qui Edouard Martin gêne t'il ?

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    Quelles hommes et femmes politiques voulons nous ?

    A l'image de la vraie vie, celle vécue tous les jours par des millions de gens, en galère et révolte parfois, ou à celle du microcosme médiatique et politique parisien cosy, feutré, fermé, réservé aux seuls diplômés de grandes écoles ou apparatchiks d’écuries présidentielles ?

    Une telle question s’impose après le lynchage médiatique et les réactions suscitées par la courageuse décision d’Edouard Martin d’accepter de conduire la liste PS aux européennes. Des commentaires révélateurs d’un vrai mépris sinon de classe, du moins de caste …


    Un tel procès est inacceptable, par bien des égards


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  • PISA, tous concernés !

     doisneau_preview.jpgLa publication des résultats de l’étude PISA (Programme international de suivi des acquis des élèves) de l’OCDE a fait sensation, et tant mieux, l’éducation constitue pour tous les pays une priorité absolue.
    C’est dire que les résultats de cette édition doivent nous interpeller tant ils sont lourds de signification, nous payons aujourd’hui la facture de 10 ans d’inaction en ce domaine, car il s'agit bien de la décennie 2002-2012, n'en déplaise à certains amnésiques !

    Avant d’aller plus loin dans le commentaire, revenons sur ce qui est désormais LE LABEL scolaire mondial indiscutable et incontournable : l’étude PISA.
    Des premiers balbutiements de 1962 à aujourd’hui, que de chemin parcouru  : 12 pays en 1962, 32 en 2000, 65 en 2013 et la Chine rejoindra ce club dés 2015. Si jusqu’aux années 2000, PISA a reçu son lot de critiques, notamment de France, cette évaluation s’est imposée du fait de la robustesse et de la rigueur de ses analyses. L’évaluation mesure non les programmes scolaires nationaux mais la capacité des jeunes de 15 à 16 ans à utiliser les connaissances et compétences scolaires acquises dans des situations concrètes de la vie quotidienne.

    Tous les 3 ans, elle donne la température, passant au crible un socle de 3 disciplines considérées comme centrales : la maitrise de la langue, les maths et les sciences.
    Point fort, elle permet les comparaisons internationales (510 000 jeunes issus de 65 pays ont participé à l’édition 2013), mais également rétrospectives. Il est ainsi possible de dégager les tendances qui font sens. En 13 ans l'OCDE a rendu la planète accro à son évaluation livrée clés en main aux politiques, médias, spécialistes de l’éducation, mais aussi de plus en plus au grand public dont de nombreux parents d'élèves ! Masochisme ? On peut se le demander parfois, tant les résultats peuvent être douloureux pour les gouvernements et que sa mise en œuvre coûte (plus de 500 000 euros à la France pour la dernière étude).

    Ces résultats interpellent toute la société, et non uniquement les spécialistes « es éducation ». Outre sa mission de former des citoyens éclairées et instruits, un système éducatif doit leur donner également la capacité de trouver un emploi dans une économie de plus en plus compétitive et concurrentielle et celle de s’adapter aux évolutions à venir.
    C’est dire que la problématique de l'échec scolaire est essentielle, elle ne concerne pas que les  élèves qui en sont victimes ou leurs familles, mais bien le pays tout entier avec des conséquences globales, qu’elles soient sociales ou économiques : perte de compétivité, marginalisation, cohésion sociale, chômage …

    Dans la société planétaire de la connaissance, un pays comme la France ne peut se contenter d’être moyen, son développement futur dépend des capacités qu’auront ses habitants à innover, entreprendre, créer, découvrir…
    Pourtant, de 2002 à 2012, non seulement les résultats de l’éducation à la française ont continué à se dégrader, mais les inégalités ont augmenté fortement, tel est le constat de l'enquête PISA 2013, il est clair, net mais surtout sévère et justifié.

     Voyons de plus prés les résultats obtenus et quelles sont les pistes à explorer pour rebondir et changer une donne bien mal engagée …

     

    Il y a urgence !

     

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  • Européennes : 5 eme sur 13

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    C’est officiel, les militants socialistes franciliens ont validé à plus de 77% la liste d’Ile de France aux européennes, sur laquelle je me retrouve en 5eme position. Si cette place n’apparaît pas comme éligible, le PS en Ile de France comptant aujourd’hui deux députés européens, elle constitue une belle marque de confiance que j'apprécie à sa juste valeur. 

    Chacun pressent que ces élections ne seront pas une partie de plaisir et risquent d’être pour le moins «délicates», le vent n’apparaissant guère porteur pour le PS actuellement.
    Reconnaissons cependant qu’il ne l'a jamais était jusque là, il serait bon d’en faire un jour l'analyse. Si l’Europe constitue un enjeu majeur pour le développement de nos pays, tout le monde en convient, cet enjeu à priori n’est que théorique tant il apparaît éloignée des préoccupations et ambitions de nos politiques, toutes couleurs confondues !
    Le prochain scrutin constitue néanmoins une belle tribune pour faire passer à nos concitoyens des messages qui ne soient pas que sublimaux, notamment sur une autre manière de faire l'Europe et surtout de partager ce grand dessein avec le plus grand nombre.

    N’étant ni technocrate, ni spécialiste attitré de ces questions, ni apparatchik, aucun plan de carrière à trois bandes sur ce coup, mon quotidien est celui de mes concitoyens, leurs problèmes sont ceux que je dois surmonter dans ma vie de tous les jours et ma perception actuelle de l’enjeu européen est celle d’un petit élu local de base.
    Je me sens, je suis, profondément européen, du fait de mon itinéraire personnel, de mes voyages et de rencontres humaines inoubliables, mais aussi et surtout de l’histoire, de la géographie et de la diversité culturelle de ce magnifique continent qui est le notre. Pourtant, force est de le constater,  la traduction politique actuelle de l’Europe, sa réalité concrète, l’absence actuelle d'un véritable projet européen de "la maison commune" fait que la situation actuelle ne m’emballe pas « outre mesure » comme le coté plus que désincarné de l'institution. Autant dire que je ne me retrouve absolument pas dans la politique de Barroso des Commissaires Européens actuels.

    Alors que penser de cette position de 5eme, inattendue, sur la liste régionale aux européennes ?

     

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  • Carte postale de Berlin (2/2) : de la commune

    Berlin_1.jpgAprès avoir décrit l’organisation territoriale allemande de manière globale, (cf note précédente), je vous propose d’analyser la collectivité de base du système, la commune, quoi de plus normal pour le Maire que je suis  !

    Remarque préalable, les situations divergent considérablement d’un land à l’autre ; entre ceux du nord marqués par la tradition prussienne privilégiant l’autonomie communale, et ceux du sud (Bavière, Bade-Wurtemberg…) plus centralisateurs, bien des nuances existent. La loi fondamentale permet à chaque land de déterminer son système d’administration territoriale.
    Cependant les collectivités sont sous la tutelle des länder, qui décident des compétences attribuées aux communes et aux districts (ou « Kreise »), l’équivalent de nos départements, qui ont en charge les routes, l'aménagement du territoire, l'action sociale, la jeunesse, les hôpitaux, l'enseignement secondaire, les ordures ménagères … Ce sont les länder, qui attribuent les dotations financières ou valident les budgets.
    Obligation, les budgets des collectivités doivent être équilibré en fonctionnement et l’emprunt n’est autorisé que pour investir ou alimenter sa trésorerie, mais contrairement à la France ou ce principe est respecté, outre Rhin il est surtout théorique, les communes utilisant leurs crédits de trésorerie, à court terme, comme des emprunts à moyen et long terme, les länder ayant « laisser-faire » ce dérapage. Conséquence, l’endettement atteint désormais un seuil critique  (130 milliards d’euros de dette), une situation paradoxale, vu la santé de l’économie du pays et le dogmatisme budgétaire pour le moins «intransigeant» dont fait preuve la Chancelière.

    Les collectivités allemandes sont à des années lumière de la règle d’or, pourtant respectée avec application par les communes françaises. En Nord Westphalie, seules 10% des communes ont un budget équilibré en 2011. Une étude du cabinet d'audit Ernst & Young publiée ces derniers jours noircit ce tableau déjà sombre. Une commune allemande sur deux estime que son endettement va se creuser dans les trois prochaines années, et une sur trois qu'elle ne sera pas en capacité de rembourser ses emprunts. 

    Un surendettement qui constitue une bombe à retardement, tant une brusque augmentation des taux ou une baisse de la croissance du pays peut avoir de graves conséquences. D’autres clignotants sont également au rouge dont celui de la croissance démographique, en berne. Menace très sérieuse pour les prochaines décennies, à laquelle il faut ajouter la hausse continue des dépenses sociales et les besoins d'entretenir et de développer les infrastructure du pays. Devant la gravité de la situation, l’Etat a lancé un « Agenda 2020 » en explorant diverses pistes de réforme (fiscalité, répartition des compétences).

    Les données quantitatives  2011 de cette note sont issues principalement de l’intervention de Roland Schaffer, Maire de la ville de Bergkamen, et Président de l’Association des villes et municipalités allemands « petites et moyennes communes d’Allemagne » (« Deutscher Städte- und Gemeindebund ») devant notre délégation. Il était déjà intervenu à Castelnaudary en septembre dernier lors des assises des Petites Villes de France.
    Son organisation est une des trois associations de collectivités du pays avec celle des « grandes villes » (« Deutsche Städtetag ») et des « départements » (« Deutscher Landkreistag »). Il s'est exprimé dans un français remarquable. Pour l’anecdote, il décrit sa relation avec notre langue, passionnée, comme celle avec sa femme «  je l’aime mais ne la maitrise pas … », ce qui est excessif, vu la qualité de l'intervention …

    Penchons nous sur les spécificités de la gouvernance des communes allemandes et les problèmes qu’elles rencontrent aujourd’hui … 

    Attention cette note est du genre ... dense et longue, mais le sujet s'y prête !

     

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  • Carte postale de Berlin : "du territoire" (1/2)

    bundestag.jpgJ’ai participé avec une délégation de Maires Seine et Marnais à un voyage d'études à Berlin destiné à observer de plus prés l’organisation territoriale du pays, thématique très en vogue actuellement (cf note précédente). Cette visite riche en enseignements a permis de confronter certaines idées reçues sur les avantages pré supposés du «modèle allemand» au principe de réalité, et de mieux comprendre les particularités de nos villes jumelées (pour Trilport, Engen). 


    Une visite placée également sous le signe de l’amitié franco allemande dont nous célébrerons d’ici quelques semaines le 50 ème anniversaire. C’est en effet le 21 janvier 1963 que Konrad Adenauer et Charles de Gaulle ont signé le traité de l’Elysée,  véritable point de départ de l'histoire d’amitié entre nos deux pays qui, malgré quelques turbulences conjoncturelles, se poursuit.
    Comment ne pas évoquer l’émotion qui m’a étreint lorsque j’ai longé des vestiges du Mur de Berlin ou lors de notre visite au stade olympique de Berlin devant la cloche des jeux olympiques de 1936, de sinistre mémoire, où les ombres d'Hitler, de Goebbels se confondaient avec celle beaucoup plus sympathique de Jesse Owens.

    Suite à ce séjour, une réflexion d’ordre général s’impose. Il apparaît délicat de dissocier et de déconnecter l’organisation territoriale d’un pays de son histoire, tant elle en est la résultante. Cependant l’histoire par définition n’est pas figée, elle évolue au gré des évènements ou des circonstances et rappellons que nous avons désormais une histoire commune à écrire, celle de l’Europe.

    Nous avons été accueilli par Roland Schäfer, Président de l’Association des villes et municipalités allemands (petites et moyennes communes d’Allemagne ou Deutscher Städte- und Gemeindebund) et par une délégation de trois députés du Bundestag (CDU, SPD, LINKE) membres du groupe d’amitié franco allemand. Nous avons pu ainsi disposer de deux points de vue différents : l'un issue du représentant des communes, l'autre de ceux du parlement, nous avons pu ainsi toucher du doigt certaines problématiques ou conflits d'intérêt.
    Nous reviendrons dans une prochaine note sur la situation budgétaire des communes allemandes, pour le moins contrastée, la règle d’or n’étant semble t’il pas la règle la mieux respectée par les collectivités d’outre Rhin, mais avant d'aborder  l'aspect budgétaire :

    Quid de ce "mille feuille territorial" dénoncé par certains politiques ou médias nationaux,  est il réellement une spécificité franco française ? …

     

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  • Pourquoi lier les célébrations du 8 et du 9 mai ?

    h-4-2068467-1273510558.jpgChaque année dans toutes les villes de France, le 8 mai, nous célébrons la fin de la 2eme guerre mondiale et de l'horreur nazie. Il est bon de se souvenir que le nazisme est né d’une victoire mal assumée par des vainqueurs trop dominateurs, de l'humiliation de tout un peuple et d'un pays vaincu, qu'il s’est développé au fil d’une crise économique, sociale et politique profonde et que cette idéologie a prospéré non seulement sur un nationalisme exacerbé, et le repli des peuples sur eux mêmes mais aussi sur la recherche de boucs émissaires.

    Plus qu’une guerre, cette victoire a mis fin à une tragédie et une abomination …

    Personne ne doit oublier les camps de concentration, le port de l’étoile jaune, la Shoah, la solution finale, tous ces morts, civils et militaires, qu’ils soient allemands, anglais, américains, russes, français, de la métropole ou des colonies d’Afrique du Nord, d’Asie, d’Afrique, tout ce sang versé et mélé …
    La culture, religion, race, langue ou couleur de peau même de chacun de ces morts était sans doute différente, mais un idéal commun les animait : terrasser l’ignominie nazie afin que règne la liberté des pays, des hommes  et des consciences… 

    Célébrer cette tragédie et ce sacrifice commun est un devoir de mémoire incontournable tant nous sommes redevables de ce combat pour un monde meilleur. Sans toutes ces volontés, tous ces sacrifices notre présent serait aujourd'hui sans aucun doute différent …
    C'est une obligation morale que de transmettre aux générations futures, non seulement toute la symbolique d'une telle journée, mais aussi et surtout le souvenir de toutes ces horreurs vécues et subies. 
    Pourtant, il me semble bon de lier la commémoration du 8 mai à celle du 9 mai, jour de l’Europe, tant nous devons paradoxalement, la lente émergence de l’Europe politique à la nécessité absolue de nos peuples de se réconcilier afin de tirer toutes les leçons d'un passé tumultueux dont celui des deux dernières guerres mondiales …

    Une filiation directe, lié à tout ce sang versé durant les siècles écoulées dans tous nos pays. Filiation que François Mitterand a souligné dans un de ces tout derniers discours …

     

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  • Semprun, « rouge espagnol de l’armée en déroute »

    semprun.jpgJorge Semprun est mort à l'âge de 87 ans, il a été inhumé en Seine-et-Marne, le 7 juin 2011 revêtu du drapeau républicain espagnol", rouge, jaune, violet …
    Sa vie a été plus qu’un roman, tant elle était improbable, de sa naissance à sa mort il a participé à tous les bouleversements et soubresauts traversés par nos pays le siècle dernier … Il a eu plusieurs vies ...

    Ce fils de diplomate a été successivement réfugié, résistant, déporté, militant, responsable politique, écrivain, scénariste, ministre …
    Les différentes identités qui ont rythmé le fil de sa vie, espagnol de naissance et de langue maternelle, français par le lycée, la Résistance et le coeur, allemand par philosophie, sont autant de fleuves qui l’ont mené jusqu’à sa « mère » nourricière, l’Europe …

    Car Jorge Semprun est indéniablement et avant tout un européen, citoyen éclairé d'un continent victime des grandes déchirures et fractures politiques et idéologiques du XXe siècle … 
    Son dernier livre « une tombe au creux des nuages », marque la fin d’un cycle de conférences prononcées en allemand et en Allemagne ces vingt dernières années. L'allemagne ce pays qui l’a tant marqué … 

    Entre le souvenir lancinant des cheminées de Buchenwald et l'arbre de Weimar, qui aurait inspiré Goethe parait il, ce survivant de camp de concentration, après un long temps de réflexion, a fait son choix et ne s’est souvenu que de Goethe … Jorge Semprún croit en l'homme, malgré et avant tout, son parcours individuel en est l’illustration la plus complète. 

    « Mais ce qui pèse le plus dans ta vie, ce sont certains êtres que tu as connus. Les livres, la musique, c'est différent. Pour enrichissants qu'ils soient, ils ne sont jamais que des moyens d'accéder aux êtres » (Le grand voyage)

    Le témoignage que constitue son œuvre littéraire, a une portée collective. Il constitue un relais tendu, et transmis aux nouvelles générations, avec pour objectif, de défendre non une vie, des idées ou des idéologies, mais l’héritage humaniste et démocratique de ces valeurs et de ces cultures qui composent et font l'Europe.
    Nos pays ont vécu, expérimenté et ressenti la douleur apportée par le coté obscur de la force, celui des totalitarismes… larmes, sang, haine …  ils ont appris à dominer leurs sentiments légitimes de révolte et de colère, puis à rebondir, à se rencontrer de nouveau, avant de se projeter dans l'avenir ensemble, enfin  ... 

    Le titre de son dernier livre est extrait d’un vers du poème de Paul Celan "Todesfuge" ("Fugue de la mort"), il aborde un contexte que Semprun a trop bien connu, celui des camps de concentration. 

    « il crie, plus sombres les archets, et votre fumée montera vers le ciel 

    vous aurez une tombe alors dans les nuages où l'on n'est pas serré »

    L'auteur utilisant pour métaphore l'expression employée par les déportés des camps, qui ne se disait pas entre eux : "un tel copain est mort", mais simplement "il est parti en fumée". 

    « Tout m'était arrivé, rien ne pouvait plus me survenir », écrivait-il ...

    Si ce n’est l’Europe …

     

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  • Il était histoire et actualité

    otto.jpgAu moment ou l’Europe vit des heures difficiles, l’itinéraire de deux européens qui nous ont quitté cet été démontrent que cette grande idée a surmonté par le passé des périodes bien plus sombres. Elle survivra sans doute à cette séquence délicate, qui paradoxalement lui permettra d’avancer, cette crise risquant de tout emporter est aussi une nouvelle occasion historique pour l’Europe de progresser.Ce qu'elle fait à chaque fois qu'elle est au pied du mur.

    Voici une première note consacrée à l'un de ses deux européens ...
    Où la rencontre improbable entre un petit fils de bergers espagnols anarcho syndicaliste avec un des descendants de Sisi et de Charles Quint ...

    J’ai rencontré Otto de Habsbourg en septembre 2003, à Engen notre ville jumelée qui organisait une exposition des trésors de l’abbaye hongroise de Pannonhalma (leur autre ville jumelée). Le Prince, très attaché à ce lieu, où repose désormais son cœur (voir après), s’était déplacé pour l’occasion. Ce qu'il faut savoir est que du fait de leur double couronne (Autriche et Hongrie) les héritiers impériaux avaient des précepteurs hongrois issus de ce Monastère, Centre Universitaire reconnu en Europe Centrale.


    Un des sujets à l'ordre du jour à ce moment, était la Constitution Européenne, dont Otto de Habsbourg était un des auteurs. Ce traité a connu bien des visicitudes aprés son adoption par les chefs d'État et de gouvernement des 25 pays membres de l'Union européenne en juin 2004 et son rejet par notre pays lors du référendum de mai 2005.
    Nous avons discuté et débattu, lui dans un français exquis, trés Quai d'Orsay, sur les racines "chrétiennes" de l'Europe. Notre pays avait obtenu que la Constitution Européenne, ne fasse pas référence aux "origines chrétiennes de l'Europe". Concession lourde de sens pour beaucoup de pays voisins, alors que pour un athée comme moi, cela allait de soi. Manifestement Otto de Habdbourg avait accepté cette inflexion, mais avec déchirement. Discussion passionnante venant aprés un prêche oeucuménique ou tant le prêtre que le pasteur avait enfoncé le clou sur ce point. Une mesure semblant mineure aux yeux de beaucoup de mes camarades thuriféraires de ce Traité. Mais l'Europe c'est aussi et surtout la découverte des différences, culturelles, géographiques ou simplement des histoires des uns et des autres et de la perception de la "grande histoire commune", passée ou restant à écrire.
    Incontestablement, construire l'Europe, c'est d'abord  se découvrir pour mieux se comprendre. C'est ce que souligne un autre grand européen, Joschka Fischer dans un interview récent. 

    « Les Allemands restent un peu provinciaux et manquent de confiance en eux. Leur nostalgie d’une monnaie forte?? Songez à leurs efforts économiques, psychologiques, financiers après la réunification. Certes, cette réunification, financée par un impôt spécial, a été le ferment de nos réformes et de notre rebond. Mais elle a exigé beaucoup de sacrifices, généré beaucoup d’humiliation. Nous avons été longtemps la lanterne rouge de l’Europe et je me souviens encore du jour – en janvier 2000 – où José María Aznar [ancien Premier ministre espagnol] est venu sermonner Schröder en lui demandant de mieux gérer l’économie allemande. Quand les Allemands disent qu’ils ont assez payé, il faut les comprendre. [...]

    Mme Lagarde a fait une erreur en déclarant que l’Allemagne devait être plus coopérative. Elle oublie que dans notre histoire l’Etat a failli. Depuis notre retour à la démocratie, l’économie est au cœur de l’Etat et de la société allemande. Elle a une résonance émotionnelle énorme, absorbe toute notre énergie et est devenue le point focal de notre politique. C’est dans ce sens que nous avons parfois du mal à en partager les fruits. En sens inverse, il faut que les Allemands comprennent la psychologie des Français, plus souverainistes, qui vivent avec le souvenir d’un passé glorieux. [...] »

    C’est ce que déclarait également Otto de Habsbourg :  « Pour être un bon Européen, il faut assumer son passé, tout son passé ».

    Cet homme était effectivement histoire et actualité.


     

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  • A Otto & Jorge, européens ...

     

    europe grecque.jpg

     

    Deux européens convaincus nous ont quitté cet été. D’origine, de sensibilités différentes, leur parcours exceptionnel à plus d’un titre s’est confondu à l’histoire européenne et a traversé les passions les plus tumultueuses du siècle dernier, comme ses heures les plus tragiques.

    J’ai eu l’honneur de rencontrer l’un, l’autre a marqué ma jeunesse et a contribué à façonner durablement la personne que je suis aujourd’hui.

     

    Otto de Hasbourg, disparu à l’âge de 98 ans, né en novembre 1912. A la mort de son grand-oncle l'empereur François-Joseph, en 1916, le père d’Otto, Charles Ier devient le dernier empereur d'Autriche et dernier roi de Hongrie et de Bohême,

    Jorge Semprun, qui nous a quitté à 87 ans. Emigré républicain espagnol, puis résistant en France, déporté en 1943 à Buchenwald, activiste communiste et anti-franquiste, exclu du Comité exécutif du Parti Communiste Espagnol en 1964 pour liberté d’esprit, il se consacre alors à l'écriture, que ce soit en français ou en espagnol, et devient ministre de la Culture espagnole de 1988 à 1991, 

     

    Chacun d’entre eux parlaient plusieurs langues, a vécu plusieurs vies et en a fait le bilan. Passion commune chevillée au corps et à l'esprit, l’Europe …
    Que diraient ils aujourd’hui face à la crise grecque et aux soubresauts, onde de choc, Tsunami, les commentateurs ne sont pas avares d'adjectifs, qu'elle suscite sur notre continent et sa destinée prochaine ?

    Nous reparlerons sur ce blog, très prochainement du sillon creusé par ces deux européens, qui chacun à sa manière a marqué de son empreinte, ce continent, son histoire et sa perception …

     

    PS : l’illustration de cet article est le logo choisi lors de la présidence européenne Grecque, c’était en 2003, une éternité … Pour les autres présidences ...


  • Sopron, Hongrie, le 19 aout

    sopron4.jpgJ’étais le 19 aout dernier à Sopron, ville-frontière située entre Hongrie et Autriche, à moins d’une heure de l’aéroport de Vienne. Spécialité locale : la médecine dentaire.
    Un vrai Eldorado, tant pour les patients, du fait du rapport qualité / prix  qui malgré l’affluence reste inégalé, que pour le pays, le succès croissant du tourisme dentaire entrainant une prospérité économique sans précédent, du au développement de l’activité et du nombre de cabinets de dentistes et de cliniques spécialisées.

     Si rien ici, ne rappelle plus le Rideau de fer, cette villeconstitue pourtant un symbole historique fort de cette époque. En 1990, lors des cérémonies célébrant la réunification Allemande, le chancelier Helmut Kolh a d’ailleurs déclaré : «La chute du mur de Berlin a commencé en Hongrie, le premier pas vers la réunion allemande était le pique-nique paneuropéen».

    Ce fameux pique nique s’est effectivement déroulé à Sopron le 19 aout 1989, trente ans après la construction du mur de Berlin, des images qui ont fait le tour de monde.

     Nous étions sur le site même du pique nique, aménagé comme un lieu de mémoire, j’allais dire de pèlerinage européen, et avons assisté aux cérémonies commémorant la date anniversaire de ce moment symbolique et pacifique qui a contribué à faire émerger l’Europe et fait vaciller le rideau de fer.

     

    Les parrains de cette petite fête champêtre et insolite, bucolique cependant, étaient Imre Pozsgay pour l’opposition hongroise, et le prince Otto de Hasbourg (décédé en juillet dernier à qui je consacrerais  une prochaine note) Président du mouvement pan-européen.
    Leur carton d’invitation, un simple tract représentant une rose sur un barbelé indiquant le lieu et les horaires de ce moment de convivialité. Tous deux cependant, afin de ne pas compromettre la réussite de cet événement, avaient prévenu les autorités qu’ils n’y participeraient pas personnellement.
    Le barbecue organisé autour "de saucisses, des grillades et de la bière" était une première apparemment insensée : entrouvrir durant trois heures la frontière avec l’Autriche fermée depuis quarante ans afin de célébrer officiellement des relations de bon voisinage entre frontaliers.
    Les deux pays étaient alors séparés, non par un mur comme à Berlin, mais par un réseau continu de 246 kilomètres de barbelés et de champ de mines. Il est utile de rappeler que de tels murs subsistent toujours sur la planète,notamment en Palestine sur plus de 700 km, et aux USA pour "protéger" ce grand pays des "poors workers" mexicains, un mur de la honte surnommée la « tortilla border » s’étalant sur 3200 km entre Océan Atlantique et Océan Pacifique.

    Si à l'époque l’heure est déjà à la détente, les Hongrois ont enfin droit à des passeports qui leur permettent désormais de voyager à l’étranger et depuis 1985 l’URSS a pour dirigeant Mikhail Gorbatchev qui avec la Glasnost va changer la face du monde, l’initiative est tout de même gonflée. Les répressions qui ont suivi les évènements de Budapest en 1956, puis de Prague en 1968 sont encore dans les mémoires.
    Le pique nique pan européen, va entrer dans l’histoire comme la 1ere brèche qui va ébranler le mur de Berlin ; trois mois plus tard , le 9 novembre 1989, celui ci s’effondrait.
    Profitant de l’aubaine, 661 allemands de l’Est se sont invités au dessert, en jogging ou en Trabant et souvent en famille ils passent à l’Ouest sans qu'un seul coup de feu ne soit tiré ! L’un des principaux organisateurs de l’événement Laszlo Magas a déclaré lors des cérémonies du 20 eme anniversaire, "C’était comme si le génie sortait de la lampe merveilleuse d’Aladin. C’est comme un gros coup de chance, une ironie de l’Histoire ».
    Il n’est reste pas moins vrai qu’à l’été 1989, personne ne pouvait prévoir la suite des évènements …

    Ce lieu, cette date, cette manifestation, ont permis sans doute à notre continent de prendre un raccourci de histoire pour libérer enfin, "l'Europe captive" du communisme, comme l’écrivait Milan Kundera.

     

    22 ans après que penser d’un tel événement ?


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  • Echange d'expérience franco allemand

    visite-.jpgNous avons accueilli une délégation de 20 Maires du land de Constance, à l'occasion d’un voyage d’études qu'ils consacraient à l’Education et aux inter relations entre collectivités, famille et éducation. Dans ce cadre, ils ont visité un Collège, une école primaire, un Lycée et participé à deux tables rondes en présence de divers acteurs éducatifs ou institutionnels.

    S'il peut paraître surprenant de voir les élus d’un pays cité le plus souvent en exemple, venir s’inspirer de ce qui est en place ici, ne doutons pas une seconde que ce voyage d'études est tout sauf du tourisme.
    Les allemands ont un sens pragmatique redoutable, et surtout la volonté de répondre concrètement à deux challenges majeurs pour leur pays : le défi démographique et l’amélioration de leur système scolaire.

    Alors, pourquoi la France ?

     

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  • Wir sind Europäer

     

    jumelage.jpg

    Nous avons fêté ce week end, le 10 eme anniversaire de notre jumelage avec la ville allemande d'Engen. De toutes les manifestations qui se sont succédées, la plus émouvante a certainement été la cérémonie  devant l'arbre de jumelage durant laquelle les enfants des écoles ont repris l'hymne européen accompagné d'une simple guitare, en français et en allemand.

    C'est en 2000 que nos deux villes se sont jumeléesdate pivot s'il en est, la fin d’un siècle plus que tourmenté pour l’Europe et les prémices d'un nouveau millénaire qui débute pour nos deux villes par une belle histoire d’amitié. Depuis, l'arbre planté pour l'occasion a bien poussé, au propre comme au figuré. La greffe incontestablement a prise et l’arbuste, un chêne,  a développé des rameaux débordant de vitalité, laissant place peu à peu à un jeune arbre qui ne demande qu’à s’épanouir.

    Durant ces 10 années, grâce à l'énergie et à la volonté de quelques uns, qu'il faut remercier, les occasions de se retrouver n’ont pas manqué, que ce soit à Trilport ou à Engen ! Chaque année une manifestation, une visite, a rappelé à nos deux villes l’existence de l’autre …
    U
    n jumelage sans échanges concrets, sans moments de fête partagés, est comme une ruche sans vie, sans miel, sans nectar; à quoi sert alors une ruche ? Il faut chaque année butiner, se rencontrer, échanger …

    C'est cette succession de petits moments heureux partagés, entre jeunes ou moins jeunes, sportifs ou non sportifs qui construit les amitiés durables. Nous avons également il y a quatre ans découvert l'autre ville jumelée d'Engen, Pannonhalma la hongroise, dont nous avons eu le plaisir d'accueillir le Maire qui a tenu à participer à cette fête d'anniversaire.
    La découverte de
     ce magnifique pays, à l’histoire si riche, a été non seulement pour moi à l'époque, une véritable leçon de géographie, mais surtout d’histoire européenne. J’ai depuis une vision différente de l'Europe, de son histoire, de ses racines et de son formidable potentiel.


    Dix années d’amitié sincère, à l'image de ce que doit être la construction européenne. Non un dédale administratif, un monstre bureaucratique et froid, à mille lieux de la vraie vie, mais une Europe du concret, des citoyens, offrant à chacun d’entre nous des perspectives en un avenir meilleur. Une maison commune à bâtir pierre par pierre, une Europe qui élève …

    Nos histoires, à Pannonhalma, Engen ou Trilport, comme nos langues sont différentes, mais nos cultures ne sont pas si éloignées. Nous somme porteurs d’un modèle de société basé sur l’humain, sur la juste place de l’homme sur une planète qui ne lui appartient pas. Nos différences basées sur un respect mutuel font notre richesse, elles font également notre sagesse, parce qu'issues de nos histoires mêlées, trop souvent dramatiques et douloureuses. 

     Cette perspective commune : l’émergence de la citoyenneté européenne, est notre force, n'en doutons pas surtout dans le contexte économique et social actuel et augure de lendemains meilleurs, d’horizons plus souriants. Comme l'écrivait  simplement Jean Monnet le père de l’Europe … 

    « Ce qui est important, ce n'est, ni d'être optimiste, ni pessimiste, mais d'être déterminé. »


    Nous devons être déterminés, surtout aujourd’hui, car nous sommes européens …


  • Des frissons venus du Nord

     

    stockholm.4.jpgChangeons d'univers et d'atmosphère, ce qui ne fera pas de mal vu la période que nous traversons, parlons un peu d'Europe ...

    Tranquilisez vous, celle ci ne se limite pas à la seule sphère politique, heureusement au regard de l'actualité sur la réélection possible de M Barroso, elle est tout sauf enthousiasmante, mais nous aurons l'occasion d'en reparler ...

    L'Europe c'est aussi et surtout une terre de contrastes, des cultures à la fois proches et lointaines, à découvrir absolument ... Cultures qu'il serait dommageable de limiter au seul patrimoine historique et architectural, mais également de conjuguer au présent. La littérature constitue indéniablement un de ces présents (au deux sens du terme), avec une place toute particulière pour le roman policier.

    Les mois d'été sont paradoxalement la période la plus propice de l'année pour frissonner, constat de plus en plus de ces frissons sont provoqués par les polars provenant du grand Nord ...Aprés Ikéa, Abba, Saab, Ingmar Bergman, grâce à Stieg Larsson et à ses fameux MiIllenium, la Suède fait de nouveau parler d'elle.


    Attention, ce serait une erreur de considérer Millenium comme l'arbre qui cache la forêt, tant il y a pléthore d'auteurs de qualité ! Ils ont fait de ce mouvement littéraire une vraie tendance de fond et séduisent chaque année de plus en plus de lecteurs ... Pour ceux qui en douteraient, qu'ils plongent sans retenue dans leurs oeuvres, ils y découvriront une atmosphère unique, somme toute "exotique" comme dans tout bon roman policier, l'intrigue n'étant que prétexte pour une introspection profonde, acérée et sans concession sur le temps qui passe, les moeurs, coutumes, non dits et failles des sociétés nordiques ...
    Pas à dire, ça décoiffe !

    Les auteurs sont nombreux, Stieg Larsson, l'Islandais Arnaldur Indridason et tant d'autres (voir plus loin) ... Bonne nouvelle pour l'éditeur Actes Sud, qui a publié avec le bonheur que l'on sait  la série des Millenium, la relève est désormais assurée, grâce à un nouvel auteur suédois, Camilla Läckberg.
    La "princesse des glaces", son premier roman est parue en Suéde (2002) trois ans avant la publication du premier tome du tsunami qu'a été  Millénium. L'impact médiatique de cette véritable vague de fond a été tel que les éditeurs ont décidé de poursuivre le filon, permettant ainsi à Camilla Läckberg d'être publiée dans la même collection que son compatriote Stieg Larsson ... heureux présage ...

    Un bon conseil pour les jours qui viennent. Que ce soit sur la plage, en montagne ou tout simplement chez vous, voici une sélection de livres à dévorer sans plus attendre.

     

    Des livres disponibles dans toutes les bonnes librairies !

     

     

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  • Soif d'europe ...

    pse.jpg

    Une réalité. Au regard de l'ampleur de la crise et des remises en cause qu'inévitablement elle va induire, nos pays n'ont jamais eu autant besoin d'Europe pour peser sur leur avenir commun. Paradoxalement, la campagne nationale des élections européennes n'a pas reflété cette nécessité absolue, conséquence, de nombreux concitoyens risquent de ne pas vraiment choisir, soit en s’abstenant, soit en se réfugiant dans un vote protestataire, éparpillant le sens et le poids politique de leur bulleton.

    Il est essentiel de rappeler les vrais enjeux de ce scrutin : déterminer quelle majorité siègera à partir de lundi prochain à Bruxelles, quelle ligne politique sera aplliquée et quelles personnalités animeront le Parlement et la Commission européenne ?

    Car au bout du bout, les seules questions qui importent concrètement sont bien celles ci  !

    Les bulletins des 375 millions de votants (ce qui fait se ce scrutin la plus grande élection transnationale de l'histoire), désigneront les 785 représentants du nouveau Parlement européen. Le hic, est que dimanche les abstentionnistes risquent d'être nombreux, ce qui est à la fois dommageable et dramatique au regard des enjeux qui portent sur les cinq années à venir.

    Rappelons s’il en est que lors de ce dernier mandat, le Parlement européen et la Commission européenne ont été dominés par les conservateurs dont J.S Barroso. Autant dire que l’Europe, n’a pas apporté de réponse efficace à la crise, loin s’en faut et que la "laisser faire" a démontrer ses limites.
    Certains leaders conservateurs ont communiqué énormément, trouver beaucoup de bouc émissaires pour expliquer les non résultats obtenus, mais seuls importent le concret. Au de la de l'éciume , lorsque l'on analyse un tant soit peut l'impact des décisions sur le monde réel, nous sommes à des années lumière du monde médiatique. Dernier exemple en date, les propositions faites au G20 sur les fonds spéculatifs et les paradis fiscaux ... Du vent, car rien n’a réellement changé !

    Concernant la crise elle même, pas de réponse commune. La croissance verte, les grands chantiers, le développement du numérique et des hautes technologies de communication, auraient pourtant pu être des éléments de réponse collective pertinents, surtout à l'échelle européenne et préparer le rebond de nos économies ... Rien de tel ne s'est produit, la montagne a accouché d'une souris !

    La crise globale que nous subissons démontre s'il en est le besoin absolu de régulation, de protection sociale et la nécessite de définir un autre modèle de croissance plus vertueux, régulé et durable. Cette crise est une rupture, un nouveau monde émerge. Il serait dommageable de réduire à la seule sphère financière les problèmes rencontrés.
    Nous affrontons de plein fouet, une crise économique, sociale et environnementale. L'heure d'un nouvel ordre mondial a sonné, et l’Europe doit y trouver toute sa part. Pour cela elle ne doit plus être un nain politique à la remorque de l'Amérique, non plus de Bush mais d'Obama.

    Le choix qui s'offre dimanche à chacun est  clair : bâtir une alternative collective, ou ne pas décider, s'éparpiller et maintenir un statu co qui serait dramatique et reproduirait demain, ce que nous subissons aujourd’hui en laissant Baroso et les siens en responsabilité, ou en irresponsabilité.

    L'Europe ne doit pas laisser la seule Amérique d’Obama, incarner seule le mouvement et l’engagement. Elle a ses valeurs à défendre et de formidables atouts. un impératif cependant, être en capacité de constituer une alternative, pour cela nous devons "jouer collectif" en travaillant, malgré nos contrastes, nos différences, travailler dans le même sens et la même direction.

    C’est ce que propose les 27 partis de gauche, notamment sociaux démocrates dans le « Manifesto », plate forme commune de propositions avec comme candidat à la succession de José Manuel Barroso, l’ex-premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen. Simple rappel, leur tête de liste en Ile de France est Harlem Désir ...

    Plus que jamais nous devons avoir envie d'Europe !

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  • Impressions de hongrie

    Pannon.jpgJ'étais invité le week end du 1er mai en Hongrie, à Pannonhalma (située non loin de Gyor et de Vienne), à l'occasion du 10eme anniversaire du jumelage de cette commune avec Engen, cité allemande à laquelle nous sommes également jumelé. La deuxième mi temps d'une rencontre amicale ayant débuté l'an dernier.

    Le temps d'effectuer un rapide aller retour express dans un pays que j'avais découvert en aout 2006 ...

    10 ans déjà, cela représente peut être peu pour un français, mais tellement pour un hongrois ! C'est effectivement en 1999 qu'Engen et Pannonhalma ont lié leur destin, 10 ans tout juste aprés la chute du mur de Berlin, la Hongrie n'avait alors pas encore intégrée la Communauté Européenne (2004) ! Depuis le temps s'est comme accéléré !.

    J'ai eu le plaisir de retrouver durant ces trois jours, des visages connus, normal, de jeunes Trilportais ayant participé à des chantiers organisés à Pannonhalma, nous avons eu le plaisir de plus d'accueillir en mairie des stagiaires hongrois désireux de se perfectionner dans notre langue ; car fait positif, la culture française semble encore attractive, mais jusqu'à quand ?

    Tout n'est plus aussi définitif sur terre, la planète tourne et ses centres de gravité également, nous aurions tort de l'oublier et de ne pas considérer à leur juste mesure, les pays d'Europe de l'Est,  le potentiel et la chance qu'ils représentent pour notre vieux continent.
    Un constat que la classe politique française dans son ensemble devrait intégrer. Il est paradoxal et significatif que l'Europe d'aujourd'hui soit plus proche de celle d'avant 1914, que de celle de l'aprés Yalta. Les repères, notamment géo politiques, qui ont formés des générations d'occidentaux et de français ne correspondaient en fait qu'à une imposture politique qui depuis s'est dissipé.

    L'Europe de l'Ouest, et l'Allemagne l'a bien compris au contraire de nos dirigeants, doit ouvrir les bras à ces nations plutôt que leur donner des leçons ! Et il y a urgence.
    Autant il était aisé d'apparaitre commue une perspective d'avenir face à l'Amérique ringarde de Busch (le dernier opus de Thomas Friedman est à ce sujet explicite), fermée sur elle même et parano, autant celle d'Obama risque fort d'exercer un pouvoir d'attraction tout à fait différent auprés des habitants de ces pays; une situation amplifiée par l'atlantisme de certains de nos dirigeants, ne pensant à l'Europe que lorsqu'elle flatte leur égo, oubliant au passage qu'elle ne peut être que collective !

    Voici quelques impressions fugitives ...

     

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  • Engen Pammonhalma, 10 ans ...

    1083613622.jpgJ'étais ce week end en Allemagne, invité par la ville de Engen (notre ville jumelée) à fêter le 10 eme anniversaire de son jumelage avec la ville hongroise de Pannonhalma (cf note précédente)..

    10 années déjà …   cela représente beaucoup à l’échelle d’une vie d’homme, mais théoriquement peu dans l’histoire d’un pays. Pourtant certains évènements accélèrent singulièrement le fil de l’histoire, illustration géo politique de l'effet papillon cher aux météorologues (voir note ).
    L’époque récente fourmille de telles dates, dont celle du 9 novembre 1989, qui a tant changé de vies. La chute du mur de Berlin a marqué pour l’Europe une nouvelle naissance, notre continent a enfin pu retrouver son deuxième poumon, celui de l’Est, dont il avait tant besoin pour être de nouveau lui même !

     

    C'est aussi cela ce jumelage  ! 

     

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  • Pannonhalma, monastère du 21eme siècle

    medium_pannon2.jpgLors de notre passage à l'abbaye de Pannonhalma, nous avons eu le plaisir d'être reçu par l'Archévêque Asztrik Várszegi, en personne, qui nous a permis de découvrir son monastère dans les meilleures conditions.
    Il nous a confié au Père Titus, Directeur des études, pour une visite passionnante effectuée avec brio dans un français parfait.

    L'abbaye de Pannonhalma est classée au patrimoine mondial de l'humanité, car pour l'Unesco elle illustre "de manière exceptionnelle la structure et l'organisation d'un monastère chrétien en constante évolution depuis mille ans" (sic).

    Le monastère abrite également dans ses murs une école et un lycée de garçons de 350 élèves(internat), les logements des moines, un foyer de personnes âgées, une bibliothèque et une école supérieure de théologie (séminaire).

     

    Depuis 996, Pannonhalma tient une place particulière dans l'histoire de la Hongrie; de nombreux visiteurs prestigieux s'y sont rendus, du Premier roi de Hongrie, Etienne Ier, à Jean Paul II ou au Dalaî Lama plus récemment qui y a effectué une retraire spirirtuelle.


    Elle joue aujourd'hui, un rôle moteur dans le développement de la région de Pannon, tant culturel qu'économique.

    Mais comment cela peut il être compatible avec les règles édictés par Saint Benoît ?

     


     

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  • Souvenirs de Buda-Pest

    medium_buda.jpgLes vacances d'été se conjugent désormais à l'imparfait mais avant d'aborder les dossiers chauds de la rentrée, il est bon de prendre encore un peu de bon temps et d'évoquer de manière fugace, quelques images fortes de ces deux mois d'été ...
    Le souvenir clé de la fin aout a été incontestablement la visite en Hongrie, effectuée ces derniers jours avec une délégation d'une quarantaine de Trilportais.
    Un court séjour d'une semaine certes, mais qui nous a permis non seulement de découvrir une magnifique terre d’histoire et de culture mais aussi et surtout de mieux connaître l’Europe ...

     

     

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  • En 2006 une Europe moins vert pale …

    Si le mois de janvier est celui des bonnes résolutions, revenons sur celles relatives à la lutte contre l’effet de serre, au niveau européen … Il est vrai que l’objectif affiché par l’Europe lors de la signature des accords de Kyoto était ambitieux : passé de 5% en 1997 à 12% en 2010 de consommation d’énergie issue de l’énergie renouvelable ; où en est on à mi parcours ? C’est la question à laquelle répond régulièrement EurObserver, bureau d’études spécialisés dont les baromètres publiés, à défaut de faire la pluie et le beau temps font référence.

    Fin 2004, l’Europe en était à 5,6% … Des progrès sont à faire, indéniablement avant 2010 … Et la France dans ce contexte ?

     Placée bien loin des pays aux avants postes (Allemagne et nations scandinaves), notre performance est encore plus à relativiser lorsqu’on la compare au niveau moyen européen …

     

    Les résultats sont édifiants sur trois indicateurs caractéristiques de :

    • la filière bois : (TEP/ habitant) 0,15 contre 0,12,
    • l’énergie solaire : la surface en capteurs solaires thermiques en mètre carré pour mille habitants : 13,2 contre 33,7
    • l’éolien : production d’électricité (kWh / habitant) 9,7 contre 118 …

    Si l’on compare avec l’Allemagne qui n’est pourtant pas plus ensoleillée (on le saurait ...)  ou balayée par le vent, nous sommes toujours moins exemplaires avec : pour le solaire 75 m2 pour les allemands (13,2 pour la France), et l’éolien 274 kWh/ hab (10 pour la France).

     

    Un élément positif dans toutes ces données, de quoi nous motiver pour les prochains mois … Notre marge de progression !

  • 5 ans d'amitié européenne

    Trilport a reçu une délégation d’Engen afin de fêter le cinquième anniversaire du jumelage entre nos deux villes … Un jumelage qui rassemble ...

    Pour préparer cette venue, la mobilisation a été quasi générale. Pour une petite commune comme Trilport, recevoir plus de 110 personnes venus d'Allemagne, n'est pas une sinécure; d'autant que nous voulions bien faire les choses. Un comité d'accueil composé d’élus, de représentants du monde associatif, d’associations, de membres du personnel municipal s'est constitué et a préparé avec le Comité de Jumelage ces trois jours de fête. De prés ou de loin, c’est plus d’une soixantaine de personnes qui ont participé à l'organisation des différentes manifestations.

     

    La fête a commencé dés l’arrivée d’une première délégation le vendredi soir et s’est poursuivie durant les trois journées, en s'achevant sur une touche d'émotion grace à des chants d'enfants des écoles … A chaque fois, un lieu et une équipe d’organisation différente, de nombreuses associations de la commune avaient tenu à contribuer à la réussite de ce séjour.

    Le point d’orgue, a été incontestablement la soirée officielle qui a rassemblé plus de 3OO personnes dans le gymnase municipal, magnifiquement décoré et aménagé pour l’occasion par nos services … Soirée durant laquelle nous avons eu le plaisir d'honrer Johanes Moser Burgermeister d'Engen et Ulrich Scheller, responsable du jumelage, coté allemand, en les nommant citoyens d'honneurs de la commune. Cette soirée a montré à toutes les personnes présentes l’implication, le sens créatif et la qualité de travail des agents municipaux mais également la mobilisation des jeunes d ela commune et de nombre s'associations; on ne peut qu’être fier d’animer une équipe de cette qualité …

     

    Quelques mots sur un jumelage heureux …

     

    "L’amitié entre nos deux villes ne date pas d’hier, cette longue histoire a débuté en 1987 par l’appariement entre deux de nos établissements scolaires … Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts de Trilport …

    Les premiers élèves sont devenus des parents, leurs parents, des grands parents dont les petits enfants bénéficient aujourd’hui de cet échange si riche entre nos deux villes, nos deux pays … Je crois que c’est cela qui explique avant tout la réussite de ce partenariat … la force de ces racines … Nous pouvons dire que la greffe a bien prise et que peu à peu l’arbuste naissant a développé des rameaux plein de vitalité …

    Je ne reviens pas sur l’importance des jumelages, initiés par le chancelier Adenauer et le Président de Gaulle, dans l’amitié entre nos deux pays et dans la construction européenne … Nos histoires sont différentes, nos langues sont différentes, nos cultures sont différentes … Ce sont ces différences qui font notre richesse car elles sont au service d’une amitié qui est la même, et de valeurs qui sont semblables, nous sommes européens …

    Dorénavant il nous faut penser au présent, à l’Europe d’aujourd’hui, mais surtout à celle de demain, qui s’étend encore plus à l’Est … Bien sur la construction européenne est un long chemin semé d’embûches, mais Rainer Maria Rilke ne disait il pas dans une de ses Lettres à un jeune poète : « Qu'une chose soit difficile doit nous être une raison de plus pour l'entreprendre … ». La récompense est au bout de ce voyage.

    Notre histoire commune en est la preuve et donne toute son importance à ce choix mûrement réfléchi, de s’unir pour mieux exister, afin de proposer au monde une vision plus humaine de la société, C’est de cette sagesse, de ce respect de l’homme, de la vie et de la nature, dont la planète a tant besoin …

     

    Wir sind Europäer"

     

     

       

  • Disen a bend ... Bin ich ein Engener


    4 juin 2005, Engen

    « Un jumelage réussi est plus une suite de petits échanges réguliers, qu’une grande célébration tous les cinq ou dix ans », cette phrase prononcée à l’occasion de la signature de notre jumelage, illustre à merveille le jumelage entre Engen et Trilport. Chaque année depuis juin 2000, est ponctuée de rencontres amicales, de visites, de manifestations communes entre Trilportais et habitants d’Engen … nous vivons entre nos deux villes un jumelage épanoui et réussi.
    Notre relation privilégiée a la particularité d’avoir été initiée en amont par plus de 10 ans d’échanges entre les deux collèges d'Engen et Trilport, leurs élèves et leurs parents … Ainsi ce sont les jeunes allemands et les jeunes français qui sont à l’origine de ce partenariat. Un jumelage signé en juin 2000, date symbolique s’il en est, qui marque à la fois la fin d’une époque et l’arrivée d’un nouveau millénaire …

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  • Un débat qui nous honore et un « oui » qui nous oblige …

    Trilport, le 5 décembre 2004


    Après un débat de prés de trois mois, le OUI au traité constitutionnel européen l’a emporté très nettement. Un débat qui démontre la maturité et la vitalité démocratique des socialistes ; quelle autre formation s’est risquée à un tel exercice de démocratie interne ?



    Comme un symbole, dans le même temps, l’UMP dans un « Sarko Show » du plus mauvais goût célébrait l’arrivée de son nouveau Président … Une célébration plus qu’une élection, dans laquelle le culte de la personnalité n’était pas absent. Rendez vous non avec l’histoire, mais avec les sunlights médiatiques pour certains plus que complaisants.
    Mais plus que la réponse apportée par les socialistes, c’est la tenue et le déroulement du débat militant qui les honorent. Ce Parti est sorti grandi de ce que certains prévoyaient comme le point de départ de son implosion. Les responsables nationaux qui ont joué la crise par stratégie personnelle plus que par conviction, en sont pour leurs frais et tant mieux !

    Ce oui, n’exonère pas les socialistes, tous les socialistes européens, de la prochaine étape … Bien au contraire il doit les inciter à sortir de leurs frontières respectives et définir un réel projet politique socialiste européen … Il nous « oblige » à intégrer cette dimension européenne … Elle doit intégrer un fait incontournable, historique et philosophique. Nous sommes multiples et différents mais nous avons un socle de valeurs communes.
    Selon Vaclav Havel, ses valeurs communes européennes sont : "le respect de l’individu de ses libertés, de ses droits et de sa dignité, le principe de solidarité, la primauté du droit et l’égalité devant la loi, la protection des minorités, la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, le pluralisme politique "
    auquel il rattache également : " l’inviolabilité de la propriété privée, une économie d’entreprise et de marché et le développement de la société civile … "
    Une contribution à débattre, bien évidemment ... Alors allons y et quittons le domaine de l’incantation pour celui de l’action. Il faut faire vite, nous sommes attendus, sinon par l’histoire du moins, par pas mal de pays sous développés et l

  • Europe, un oui de raison ...

    Trilport, le 14 novembre 2004


    Le débat autour du traité Constitutionnel ne devrait pas susciter autant d’excès, seulement un peu plus d’humilité dans les arguments et de passion sur la portée de l'enjeu, car ce texte constitue un pas important et décisif vers une Europe Politique ...


    Un oui de raison ?
    Le traité Constitutionnel n’est pas une Constitution au sens strict du terme ; l‘Europe n’est pas encore un état et les Européens ne constituent toujours pas un peuple, tout juste une communauté d’intérêt. Il répond à un simple objectif, fixer le cadre constituant d’une Europe pas encore politique mais en devenir …
    Deux points font principalement débat :
    - la règle de l’unanimité, alors qu’elle a toujours prévalu pour les traités européens et n’a pas empêché le traité de Rome de 1957 d'être modifié à quatre reprises depuis 1985,
    - la partie III du traité constitutionnel, qui n’est ni plus ni moins que la reprise pure et simple des traités existants y figurant afin que les nouveaux états se prononcents lors de leur adhésion sur l’ensemble des textes en vigueur et adoptent la logique de la subsidiarité …

    Le texte proposé a le mérite de créer l’embryon d’une architecture institutionnelle à ce qui apparaît, encore et à plus d’un titre, comme un OVNI de la chose publique; avec principalement la création d’un Président du Conseil européen élu, la responsabilité de la Commission de Bruxelles devant le Parlement européen placé désormais sur un pied d'égalité avec le Conseil des ministres et l’inscription de l’Europe dans une démarche laïque avec l’abandon de la référence à l’héritage chrétien … L’Europe politique du coup se met réellement en marche …
    L’Union n’est plus tout à fait une zone de libre-échange, elle est désormais fondée sur une «économie sociale de marché compétitive qui tend au plein emploi et au progrès social», permettant la mise en place de politiques communes d’aides régionales, sociale ou environnementale. L’Europe des 25 reconnaît enfin le droit de grève des travailleurs pour la défense de leurs intérêts, certes rien de nouveau chez nous mais ce qui peut paraitre paradoxalement "révolutionnaire" pour les anciens pays de l’Est … Outre la liberté syndicale, le traité reconnaît l’existence des Services d’Intérêts Généraux destinés à promouvoir la cohésion sociale et territoriale (service public européen) et autorisés ainsi à déroger aux règles de la concurrence.
    L’acte le plus important et le plus symbolique est l’intégration de la Charte des Droits Fondamentaux au traité qui explique en grande partie la position de la Confédération européenne des syndicats favorable au traité institutionnel à l’unanimité, considérant que ce texte constitue « une base juridique acceptable pour poursuivre le combat pratique en faveur de l’Europe sociale ».
    L’appartenance à l'Union va permettre également d'imposer certaines règles aux nouveaux adhérents (intégration progressif de l'acquis communautaire en matière environnementale et sociale par exemple…), les précédents espagnol, portugais ou grec ayant démontré l’utilité d’une telle démarche dans le développement économique et social de ces pays, des mesures ne seront pas sans effet également sur les délocalisations du coup moins attrayantes dans les pays de l'Union.
    Si par bien des aspects, le tropisme hexagonal de bien des arguments employés lors du débat apparaît comme réducteur de l'enjeu et de la portée d’un projet politique et social s’adressant aux habitants des 25 pays, trois « particularités hexagonales » se devaient d’être retenues dans le traité constitutionnel. Elles constituent à mon sens une valeur ajoutée au futur édifice européen … Il s’agit de la Laïcité, des Services publics et de l’Exception culturelle, force est de constater que le texte qui nous est proposé intègre ces trois éléments.

    Nous sommes ainsi en présence d’un compromis, somme toute, acceptable, très novateur d'ailleurs sur la démocratie participative, la possibilité d’initiatives citoyennes mais également sur la défense de l’environnement, enjeu majeur s’il en est de la décennie et du siècle à venir.

  • Europe, avant tout un oui de passion !

    Trilport, le 16 novembre

    Soixante ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, cinquante ans après l’échec de la C.E.D, nous voici à une nouvelle étape, à plus d’un égard décisive de ce grand dessein qu’est l’Europe.

    Ceci étant, un socialiste français ne peut que se sentir frustré de l’aspect timoré de trop de mesures du traité, notamment sociales et politiques.
    Encore faut il avoir l’honnêteté d’assumer sa part de responsabilité, où est le projet politique socialiste européen ?
    Le problème est bien là … Et tous les débats sur ce texte finalement quelque peu sécurisant. Si évidemment aucun socialiste n’a jamais conçu l’Europe comme une France en grand, du moins sur les principes, au niveau des arguments, nous n’en sommes pas loin … Trop de camarades croient qu'ils vont faire l'Europe entre socialistes français, ils sont dans l’erreur …
    Il y a les textes constitutionnels et les actes politiques. Si Mitterrand fut un adversaire résolu de la Constitution de 1958, il s’en est accommodé et cette Constitution n’a pas empêché la gauche d’être la gauche et de mener sa politique . Plus que les textes, il faut avoir le projet, la stratégie, le pouvoir, la durée et la volonté de faire mais ensemble …
    Nous n’avons pas le choix, et plus de temps à perdre. Il faut admettre que l’Europe ne sera jamais issue d’un grand soir mais plutôt le fruit d’une suite de compromis successifs, et que c’est sa grande richesse. Dans l’histoire de l’humanité, il n’existe pas d’équivalent à la démarche européenne. Les ennemis historiques d’hier n’ont pas fait table rase de leurs différents mais s’en sont au contraire nourrie … les deuils, les guerres, les atrocités qui ont parcourues les siècles derniers et particulièrement le XX eme siècle sur les terres de nos pays donnent toute sa valeur à ce choix, mûrement réfléchie, de s’unir pour exister et proposer une vision humaniste de la société, où tout n’est pas marchandise. Nous voulons un monde solidaire, équilibré et propre, l’Europe s’impose comme la conséquence même de cette volonté encore faut il lui donner vie politiquement !

    Au travail, camarades !
    Nous devons avec les tous les socialistes européens élaborer un réel projet politique. Un projet nécessairement réformiste car l’Europe politique, se construira avec l’Europe telle qu’elle est, pour déboucher sur une autre mondialisation.
    Quittons le terrain de l’incantation et abordons enfin celui de la construction politique européenne afin de donner vie à une réelle alternative pour notre planète, ce qui permettrait de répondre enfin à l’attente de nombreux pays du Tiers et du Quart monde et aux générations futures de disposer de réelles perspectives d’espoir. Comme le disait Salvador Allende, certes un américain mais du sud, et partisan s’il en est d’un Monde multilatéral débarrassé de la tutelle dominatrice des USA, « L’Histoire est à nous, c’est le Peuple qui la fait »