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Territoires

  • Pour le Péri urbain, "Mobilis in mobili"​, mirage ou objectif ?

     

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    Les "rencontres de la mobilité inclusive" organisées par le laboratoire du même nom*  invitent chaque année les acteurs de la mobilité à une journée d'échange consacrées aux difficultés rencontrées par les publics en situation de fragilité. Cette journée permet également aux jeunes pousses de présenter leurs innovations, une quatrième édition qui illustre l'essor véritable de ce marché des mobilités du fait notamment de l’arrivée de nouveaux acteurs issus du monde du numérique.

    J’étais invité à participer à la table ronde dédiée aux mobilités péri-urbaines. Il est bon que les problématiques spécifiques à l'espace péri urbain soient enfin mis en avant dans ce type de rencontre, tant elles concernent des territoires qui se retrouvent aujourd'hui en situation de grande fragilité.
    J’ai rappelé l'état de délabrement des réseaux ferrés de la grande couronne, où se déplacer demeure non seulement un enjeu, mais trop souvent un véritable défi, ce qui à la longue et au quotidien devient pesant et pour le moins anxiogène pour ceux qui vivent dans ces territoires. Il serait pertinent pour le péri urbain, de parler plutôt de mobilités non inclusives.

    Y répondre nécessite de rattraper plus de 30 ans de désengagement total, que ce soit au niveau du parc roulant, des réseaux ou des gares. Conséquence directe de la priorité donnée au Tout TGV par la SNCF toutes ces années, financé par l’abandon délibéré de nos réseaux ferrés régionaux.
    Rattraper un tel retard est difficile, d'autant qu'il faut adapter dans le même temps les infrastructures à la montée en puissance de territoires en plein essor et à la mutation en profondeur de notre société.
    Cette situation est assez similaire à celle que nous connaissons avec la transition numérique; avant d'aborder la dimension des usages, essentielle, il convient cependant de régler la question des tuyaux ! Accéder à une mobilité réellement inclusive nécessite le préalable de "gagner" la bataille des infrastructures. Vaste gageure ...

    Notre société illustre la célèbre devise du capitaine Nemo, "mobilis in mobili ». Ne pas être en capacité de se déplacer en liberté dans une société de plus en plus mobile, conduit inexorablement à l'exclusion et au déclassement.
    Avec des conséquences  trés concrètes : contraintes quotidiennes, absence de perspective, ressentiment de plus en plus marqué à l’égard des métropoles, élites et ville capitale, comportements électoraux de rupture (abstention ou vote extrémiste)...
    Si ce n’est pas encore la guerre des Gaules, les fractures territoriale, sociale et politique déjà présentes s’élargissent au fil des mois. Gagner la bataille des mobilités péri urbaines constitue désormais un enjeu démocratique de premier ordre et devient une priorité républicaine.

    Il est essentiel de remettre l’équité au coeur de la république des territoires, et de maintenir une cohésion sociale aujourd’hui malmenée qui ne tient plus qu’à un fil dans certains territoires et menace de rompre à tout moment.
    Les mobilités sont au cœur de nos vies, trop souvent même de nos angoisses quotidiennes, tant se déplacer est vital pour accéder à un emploi, mais également droit à la culture, aux loisirs, au lien social, au temps libre et libéré. De manière plus globale, les mobilités sont une condition sine qanun de l'épanouissement et de l'émancipation de chaque citoyen ...

     

    Encore devons-nous adapter l’organisation de nos transports à la réalité du monde actuel et substituer à la logique de silo d'antan, une logique systémique basée sur des éco systèmes locaux de mobilités ...

     

     

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  • 2017, enfin des moyens pour agir !

     

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    La longue farandole des vœux 2017 a débuté cette année à Trilport, suivront les villes voisines de l'agglomération, l’agglo elle même, le STIF, la Région, sans oublier nos partenaires de l’éco quartier (l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, Grand Paris Aménagement) puis quelques autres … Janvier est un mois un peu particulier pour les élus, utile pour le relationnel, beaucoup moins pour le reste. 

    Retour sur les vœux de Trilport …

    2016 a été certainement une des années les plus difficiles depuis que je suis Maire : complexité de la feuille de route, importance des dossiers traités sur le devenir de la commune, aléas rencontrés, nous n'en avons pas manqué, stress induit, contexte politique et social anxiogène … Mais plus encore ce sont les difficultés matérielles pour agir du fait de l’insuffisance des dotations perçues de l’Etat qui à la longue pèsent plus que tout …

    Pour Trilport c’est flagrant, surtout après les baisses successives de dotations de ces dernières années, celles de la commune atteignaient 126 € par habitant (2015), alors que la moyenne nationale oscillait selon les strates de 170 à quasiment 200 € !
    Situation qui nous a conduit toutes ces années à travailler notre « richesse intérieure » et à développer une véritable « résilience budgétaire », qui depuis, a eu tout le temps de se graver au plus profond de notre ADN collectif.
    Notre credo ? Appliquer la maxime de Saint Exupéry « dans la vie, il n'y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent », nous avons donc optimiser au mieux la dépense publique, sommes partis à la chasse aux subventions et à la course à l'innovation, innover, toujours innover ...

    Le mois de Mai 2016 nous a réservé une belle surprise, la commune dépassant le seuil des 5 000 habitants peut bénéficier désormais des dotations dites de « péréquation ». Terme et calcul techno s'il en est, du Bercu pur jus, qui signifie pour faire simple que les villes riches donnent aux plus pauvres (cf le schéma économique développé par l’illustre Robin des Bois), et comme Trilport est trés pauvre ... Seule ombre au tableau, ces dotations sont remises en cause à chaque loi de finances, mieux vaut donc rester vigilant et ne pas se relâcher …
    En ce qui concerne les subventions, la quête a été fructueuse cette année. Dans notre cas c'est vital, tant elles constituent le grain à moudre qui nous permet d’agir au quotidien et de préparer plus sereinement l’avenir. La question financière demeure essentielle pour une collectivité, surtout lorsqu'elle est pauvre, car fonctionner au quotidien, investir pour demain, exige un minimum de moyens.

    Lors de mon intervention, j'ai abordé la problématique des transports qui fera l’objet d’un prochain billet et la situation de la Communauté d’agglomération du Pays de Meaux qui s'agrandit et compte depuis le 1er janvier, 22 communes et 96 000 habitants.
    Chacun mesure aujourd'hui que la dynamique d’un territoire n’est plus une rente de situation qui dépend de l’importance d’un périmètre ou d’une grandeur passée, mais bien le fruit de la vitalité des liens entre toutes les composantes de ce territoire, des perspectives et projets qui y sont partagés, du métissage des cultures et des approches, de la capacité à faire bouger les lignes, à susciter l’innovation, et plus que tout à créer cohésion et envie de construire afin de faire « ensemble ». Une vitalité indispensable dans un  contexte aussi concurrentiel que celui de la Seine et Marne ou de  l’Ile de France.
    Encore faut-il au préalable créer une dynamique commune, challenge collectif à relever au quotidien pour améliorer la vie de nos habitants. Car le monde avance, autant qu’il le fasse sans oublier nos territoires. Nous possédons une vraie marge de progression ...

    Trilport, comme toutes les villes voisines, amorce un nouveau cap de son développement, peu le perçoivent encore sur le terrain, voulant éviter toute poussée intempestive et brutale de type ville champignons, nous préférons creuser des fondations profondes, elles seules permettront à la ville de grandir avec harmonie, en prenant ses marques …  « Le temps te construit des racines. ».

    Nous agissons afin d’anticiper la montée en puissance des services et infrastructures et d’éviter que la gestion du quotidien ne devienne par la suite insoluble et les réponses de la collectivité trop tardives face aux besoins immédiats de ses habitants.

     

    Mais revenons sur le bilan d’une année 2016 chargée et les perspectives qui s’ouvrent pour 2017, n’est-ce pas l’objectif de toute cérémonie de vœux ?

     

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  • La fabrique de la ville durable, aimable et désirable

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    J’ai eu le grand plaisir de recevoir des mains de la Ministre du Logement et de l’Habitat durable Emmanuelle Cosse, le label national des Eco quartiers pour l’Ancre de lune; c’est une belle reconnaissance pour ce projet qui arrive enfin à un stade opérationnel. Atteindre un tel niveau n’est pas si banal pour une opération d'aménagement (seulement 19 lauréats pour 2916), d’autant qu'il y a quelques semaines, Trilport a été un des 16 lauréats de l’appel à projet que la Région Ile de France a dédié aux quartiers écologiques et innovants et l'unique Seine et Marnais.

    Il est souvent bon de revenir au point de départ d’un voyage, afin de se ressourcer, ce qui permet ensuite de mieux apprécier les étapes à venir, histoire également de relancer quelque peu la machine pour de nouveau aller de l’avant...
    J'ai encore en mémoire la délégation de riverains venus à ma rencontre, il y a tout juste 10 ans, pétition à la main, pour me demander d'agir et d'intervenir devant les multiples nuisances causées par une friche, devenue un véritable no man’s land laissé à l’abandon par ses propriétaires : squats, occupations illicites successives.

    C'est de là que tout est parti ... Par la concertation, qui est devenu un véritable marqueur de cette aventure, tant auprés des acteurs de terrains, que des habitants.

    Nous avons du également surmonter une réalité omniprésente et prégnante encore aujourd'hui, le manque structurel et cruel de ressources logistiques, humaines, foncières et financières. Trilport est une ville pauvre, confrontée cependant à des défis auxquels il est important de répondre tant pour le présent que le devenir de la commune.

    Pour changer la donne, nous nous sommes lancés dans un pari fou : faire des contraintes rencontrées, nombreuses, de vrais leviers, nous permettant de rebondir et sortir par le haut. Nous sommes partis d'un diagnostic croisé du territoire, de ses difficultés et potentialités, et des acteurs du terrain désirant s’engager autour d'un projet commun, innovant et disruptif, fondé sur des valeurs humaines, sociales et environnementales et le même esprit d'entreprise.
    Notre credo : faire bouger des lignes semblant jusque là inamovibles, quasi immuables, remettre en cause une « fatalité » que nous refusons. Nous nous sommes mis alors en mode « bottom up », au sens premier du terme, une logique qui devrait, me semble t’il un peu plus inspirée les états majors parisiens, mais Paris est si loin, loin de tout, pensez 45 minutes en transport en commun !

    Voici quelques extraits de la préface du référentiel durable de l’Ancre de lune qui a constitué une étape importante de cette aventure collective. Dix ans après, elle n’a pas pris une ride et me semble totalement légitime pour décrire le projet de ville porté par l'Ancre de lune.

     

    « L’ancre de lune avant d’être un projet urbain, est une aventure humaine et collective au service du lien social de proximité qui témoigne d’une prise de conscience collective de la responsabilité particulière de l’homme envers son environnement.

    L’approche initiée, l’implication des élus, la qualité et la diversité des partenariats noués, le niveau d’exigence recherché, l’étendue et la transversalité des thématiques abordées, la volonté de faire de ce futur quartier un véritable espace d’innovation constituent autant d’éléments qui en font déjà, un éco quartier « référence ».
    L’ambition est d’en faire, non un territoire d’exception, mais une terre de diffusion et de partage, ayant la capacité de rétroagir sur la ville, et plus globalement sur le territoire, tel les rhizomes de la « Ville Durable » dont les éco quartiers constituent la première manifestation visible. 

    Si jusqu’à présent en matière environnementale nous pouvions nous contenter de bons sentiments, chacun sait désormais que l’état de la planète nécessite des résultats urgents et surtout tangibles. Plus que jamais, nous devons penser global tout en agissant localement, et nous concentrer sur les priorités liées directement à l’empreinte écologique et à la réduction des émissions des Gaz à Effet de Serre (GES).

    Demeurons vigilants. Limiter la problématique des éco quartiers à une somme de «gestes techniques» est un non-sens, tant le sujet dépasse de loin le filtre réducteur de la seule performance technologique dont beaucoup reviennent aujourd’hui.
    Un éco quartier est autre chose qu'un simple concept « hight tech » répondant aux tendances ou aux effets de mode. Il doit devenir un supplément d’âme, permettant de poser un autre regard sur la vie «de et dans la ville», servir de cadre à une nouvelle gouvernance, plus collaborative, axée sur une vision à long terme intégrant démarche transversale, et «process» continu au service de l’efficience environnementale.

    Dans cette approche globale, on ne peut réduire la performance énergétique aux seules consommations des bâtiments; l’élaboration des matériaux, leur localisation et origine, leur capacité à être recyclé, constituent autant de paramètres environnementaux essentiels, ainsi que bien évidemment l’épanouissement des habitants et usagers du quartier, qu’on ne peut considérer comme une simple variable d’ajustement !
    Le défi énergétique dépasse la seule efficacité du bâti, aborde d’autres champs du possible, dont ceux liés aux mobilités et à la chaine des déplacements, grand pourvoyeur planétaire en GES, sans omettre les problématiques majeures que constituent les usages et modes de vie, trop souvent négligées, et pourtant essentielles !

    Les principaux écueils rencontrés jusque-là, demeurent d’ordre logistique et financier, notamment pour une ville comme Trilport, sans compter un contexte budgétaire de plus en plus difficile.

     

    Alors comment agir ?

     

     

     

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  • De la ligne P au Grand Paris, d’un monde à l’autre

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    La réunion publique de l'Association Aout du 2 décembre

     

    J’ai participé à la réunion publique de l'association Aout, soirée très représentative de la fracture croissante entre deux mondes, celui du Grand Paris de la métropole et les territoires de la grande couronne illustrations concrète de la réalité de la France périphérique, pour ne pas dire invisible.

    C'est pourtant les habitants de ces territoires qui subissent une triple peine face face au Grand Paris : ils acquittent chaque année un impôt pour financer des infrastructures dont ils ne beneficieront pas, infrastructures qui risquent fort d'accaparer l'essentiel de financements publics pourtant indispensables à la rénovation du réseau de banlieue à bout de souffle qu'ils utilisent au quotidien et c'est eux qui en première ligne subiront les conséquences d'un chantier de plus de 30 ans impactant  directement leur qualité de vie et leur environnement du fait de la multiplication des décharges nécessaires au traitement ou au stockage des gravats, déchets plus ou moins inertes et autre et leurs cortèges incessant de camions circulant sur des voies déjà plus qu’encombrées ... Merci du cadeau !

    La réunion de Lizy sur Ourcq s'est déroulée à guichets fermés. Le nombre élevé d’usagers présents, dont beaucoup ayant accompli des dizaines de kilomètres pour simplement témoigner, illustre le degré d'exaspération atteint. Cette exaspération apparaissait en filigramme de chaque intervention, témoignage ou cri de colère qui ont ponctué la soirée et traduit le quotidien de territoires qui cumulent en matière de mobilités handicaps et fractures.
    Rappelons que la ligne P qui passe par Trilport, dessert d'un coté La Ferté Milon, de l'autre Chateau Thierry, et que chacune de ses destinations est pour le moins "malmenées".

    Quelques mots sur l’association AOUT, dont je partage l’action depuis 2004, date à laquelle avec son Président Victor Etienne, nous avons décidé de mener conjointement, chacun à notre place, moi coté élus, lui usagers, des initiatives communes visant à améliorer la situation d'une ligne dans un état critique alors.

    Avec l’arrivée de Jean Paul Huchon à la tête du STIF en 2006, nous avons pu obtenir de vraies avancées : maintien d'une ligne quasiment condamnée, mise en place du cadencement (véritable révolution dans les usages), changement de motrices, rénovation des voies, Passe Navigo tarif unique, car était il normal que ceux qui avaient les pires conditions de Transport payent plus que les autres ?

    Mais depuis quelques années, la situation s'est nettement dégradée au quotidien et la tendance semble s'accélérer ... 

    Si je me suis engagé dans une cause comme celle de la ligne P, c'est tout simplement pour essayer de changer la vie de mes concitoyens au quotidien et l'améliorer. Certes le sujet n'est ni lyrique ni trés porteur à la tribune des congrès, mais il est terriblement concret et ancré dans la vie réelle.
    Quand je lis quelquefois des études très savantes et documentées sur les causes théoriques de la montée des extrémismes, il m’arrive de penser, sans doute schématiquement, on ne se refait pas, que si leurs auteurs partageaient simplement une semaine la vie quotidienne des habitants de la grande périphérie, ils découvriraient sans doute de nouvelles clés de lecture sur le sujet, peut être plus terre à terre.

    J'ai tenu à saluer l'activité inlassable de Victor Etienne, Président de l’association, pour la constance de ce combat.
    Agir, agir encore et toujours, sans se décourager, réunion après réunion, rendez-vous après rendez-vous, année aprés année, agir inlassablement, non comme Don Quichotte face aux ailes des moulins, mais plutôt comme la vague de l'océan qui, à chaque ressac, creuse un peu plus la falaise de l'indifférence avant d'arriver, au bout du bout, à l'effondrer.

    Actions dont ce blog, ouvert en 2005 a régulièrement rendu compte

    La dégradation considérable des conditions de transport ces dernières années du fait de la multiplication des dysfonctionnements de toutes natures, de l'augmentation croissante des habitants de nos territoires (plus 8% par an d'usagers en gare de Trilport !), rend incompréhensible le peu de considération porté à cette ligne délaissée, tant par le STIF que la SNCF.
    Contexte qui rend impératif une nouvelle mobilisation, d'autant que chaque mandat électoral obéit à un cycle qui lui est propre, la Région n’échappe pas à la règle. C’est pourquoi nous devons agir maintenant, nous sommes encore en début de mandature, afin de convaincre l'exécutif régional de consentir les décisions d'investissement nécessaires dans les prochaines années pour une ligne de transport aussi délaissée.
    Malgré la bourde de Valérie Pécresse qui a oublié lors de son intervention au Congrès des Maires de Seine et Marne que la ligne P est composée de plusieurs branches, et qu’en électrifier une, ne signifie nullement les électrifier toutes, je reste persuadé que nous avons été, en partie, écouté, notamment par le STIF et Stéphane Baudet, que les pistes de travail que nous avons suggérées pour certaines (lire « pour des mobilités péri-urbaines ») sont ou seront explorées et que des annonces devraient suivre dés les prochaines semaines.
    À voir le cortège d’élus impliqués et engagés dans notre cause grossir, j'ai tendance à penser que le temps des annonces approche. Nous aurons sans doute, bientôt du grain à moudre.

    Attention cependant, il est indispensable que les réponses soient non seulement à la hauteur, mais adaptées à la réalité des mobilités péri urbaines et à l'évolution de territoires en plein développement. Sinon elles risquent fort de se limiter à colmater provisoirement des fractures qui s’élargiront de nouveau au fil des ans.

     

    Alors qu'elles sont les pistes dignes d'intérêt  ?

     

     

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  • Pourquoi une Maison des familles ?

     

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    L’inauguration du Lieu d’Accueil Enfants Parents (LEAP) du pôle Petite Enfance de la Villa Bia constitue une première illustration concrète de l’éco quartier de l’Ancre de lune. C'est dans le cadre de l’élaboration du volet social de ce beau projet qu'avait ete fléché comme piste de travail la Petite Enfance, domaine dans lequel la commune était jusque là, absente.

    En partenariat avec les services départementaux, de la MSA et de la CAF, un diagnostic territorial a été réalisé. Il a permis, grâce à la concertation engagée (enquêtes, questionnaires, entretiens qualitatifs, rencontre avec tous les acteurs…) d’aborder globalement cette problématique, en partant du contexte local, et de définir une ligne stratégique dont la première étape a été la création du Relais d’Assistantes Maternelles (RAM), préfiguration de la future Maison de la Petite Enfance que nous voulions implanter au cœur du futur éco-quartier.
    Dans l’attente du lancement effectif de ce dernier, la nouvelle structure a été  hébergée provisoirement dans les locaux de la villa Bia, rénovés pour l’occasion. Cette demeure bourgeoise, ancienne propriété de l’usine Kleber, avait été acquise il y a quelques années par la commune du fait de sa localisation centrale, de la beauté de son magnifique parc arboré et du potentiel du site même de la Villa Bia.

    Autre atout, et non des moindres, la qualité de l’animatrice du RAM qui a su, dès son arrivée, habiter les lieux, créer une ambiance positive et bienveillante, ce qui a constitué un élément clé dans l’appropriation du site tant par les familles que par les professionnelles, au point que l’implantation de provisoire est devenue définitive.

    Le RAM a été une étape décisive au regard de son utilité pour les familles désormais soutenues et accompagnées dans leur recherches de modes de garde, leur rôle d'employeur (contrat de travail, démarches administratives ...), et les professionnelles qui ont créé autour de la vie de cette structure une véritable communauté, notamment lors des ateliers proposés et des échanges partagés.
    Parmi les animations proposées, une est devenue emblématique, et ce bien au delà de Trilport, il s'agit de « Parlons d’Enfance ».
    Ce rendez-vous annuel propose sur une semaine des spectacles, conférences, ateliers thématiques, dédiées aux problématiques liées à l’enfance et à la petite enfance (2014 : le rythme de l’enfant ; 2015 : les petits se réveillent et s’éveillent; 2016 : Acquisitions, apprentissages et transmissions) …

    Des remontées du terrain, tant des professionnelles, que des enseignants de maternelles ou de l’animatrice du RAM, confrontée au succès d’un accueil aux familles mis en place dans le cadre de ses activités, ont permis de révéler un besoin croissant d’écoute et de dialogue de parents, pour certains en grande difficulté.
    Cette situation nous a amené à envisager la création d’un Lieu d’accueil Enfants Parents (LAEP), ouvert aux enfants de 0 à 6 ans, allant donc jusqu'aux élèves scolarisés. Un LAEP est un lieu où parents et enfants peuvent se poser, dialoguer en toute confiance pour partager expériences, doutes, angoisses, questionnements ...
    Véritable moment d'intimité et d'échange autour de la parentalité avec des professionnelles formées à l'écoute et faisant de la neutralité, de la confidentialité et de l'anonymat des impératifs absolus.

    Le succès croissant du pôle Petite Enfance, l'harmonie se dégageant d'un site empreint d’une certaine magie, nous ont amené peu à peu à faire évoluer le projet initial, à voir plus grand, plus innovant également, et à travailler à la création du concept de "Maison des familles" :

    • En ayant pour ambition de replacer humanité et bienveillance au centre de la relation d’accueil sur toutes les questions relatives à la famille, au sens large,
    • en regroupant sur un seul site l’ensemble des services dédiés au lien social, pour toutes les générations, du premier au troisième âge.

    La Maison de la Petite Enfance que nous envisagions au lancement de l’éco quartier, a laissé place depuis, à un projet plus global, destiné à favoriser l’inclusion sociale de tous, quel que soit les générations, une Maison au service des familles ...

     

    Pourquoi ? 

     

     

     

     

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  • L'économie circulaire commence dans l'assiette

     

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    Le self inauguré à Trilport concrétise l’aboutissement d’un processus entamé il y a plus d’un an et marque une nouvelle étape dans notre approche de la restauration scolaire basée sur une vision globale des problématiques liées à l’alimentation et l’agriculture.

    Nous avons, après un audit mené sans concession sur les pratiques en cours, élaboré un cahier des charges ambitieux, allant bien au delà de nos ambitions initiales. La société Elior, retenue, a su être à la hauteur des exigences fixées. Ce marché qui représente 55 000 repas annuel représente pour cette société une première incursion dans des territoires d'où ils étaient jusque là absents et qui ont grand besoin d’innovation en ce domaine.

    Cette inauguration illustre notre engagement contre ce véritable fléau qu’est la malbouffe. Un fléau qui se traduit dans les assiettes (manque de saveur, de créativité et de diversité des menus, cuisine collective vite expédiée…), mais aussi plus en amont : aliments sans origine définie, produit on ne sait comment, sans prise en compte des émissions de gaz à effets de serre, de priorités sanitaires pourtant cruciales, ou encore de la sauvegarde de nos ressources naturelles.

    Les conséquences pour les consommateurs que nous sommes en sont multiples : obésité, maladies, repas de plus en plus insipides, augmentation des déchets alimentaires...
    Selon les conclusions d’un récent rapport du groupement d’experts britanniques "Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition", la malbouffe constitue désormais le risque numéro 1 pour notre santé. 
    En France, le coût social en 2012 de la surcharge pondérale s’est élevé à 20 milliards d’euros, ce qui est comparable à celui de l’alcool (15 milliards d’euros), du tabac (26,6 milliards d’euros) et s’illustre par le développement de graves pathologies: hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol ou maladies cardio-vasculaires.

    L'alimentation est un marché qui reste soumis à la loi d’airain de lobbies puissants et tres actifs, à Paris comme à Bruxelles, et qui agissent pour que surtout rien ne bouge, ne serait ce même qu’au niveau de l’étiquetage nutritionnel, c'est dire !

    Le succès des émissions culinaires télévisées, la demande croissante en produits bio ou en provenance directe de la ferme, le développement de filières courtes ou la multiplication des AMAP illustre cependant une tendance sociétale de fond qui va à l'encontre de ces intérêts mercantiles. 
    Peu à peu une nouvelle économie émerge, enfin circulaire, créatrice d'emplois de proximité, j'ai le sentiment que c'est une véritable vague de fond qui peu à peu dans les pays développées s'imposera contribuant ainsi au mieux vivre et à un meilleur respect de la planète.

    A l'école il est essentiel de « mieux manger pour mieux grandir » mais aussi de « retrouver le plaisir de déguster … ». Le plaisir est un enjeu éminent, notamment en milieu scolaire et ne se limite pas au seul repas : plaisir d’apprendre, d’enseigner, de découvrir … Le plaisir est un formidable moteur pour avancer

    Après les divers scandales alimentaires qui ont émaillé ces dernières années, illustrations concrètes d’une vision court termiste, productiviste, mercantile et irresponsable de l’alimentation, il nous faut désormais promouvoir la qualité, la traçabilité des produits servis dans nos cantines, et contribuer au développement de filières locales responsables et durables respectueuses de notre santé, de la nature et de ses cycles.

    L’action initiée par les collectivités peut contribuer à faire bouger des lignes qui jusque là étaient figées, c’est cette volonté qui nous animé lors de la mise en place de cette réorganisation majeure de la restauration scolaire dans notre commune, avec trois objectifs concrets :

    1. Privilégier la qualité des produits,
    2. Faire du repas un moment de détente, de plaisir, de convivialité et d’autonomie,
    3. Contribuer à l’émergence d’une économie circulaire, afin de faire du déchet alimentaire une véritable ressource

     

    Quelles sont les réponses concrètes  ?

     

     

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  • La Halotte, clap de fin : l'inauguration de la caserne du SDIS

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    L’inauguration de la caserne de Trilport marque un point final à la catastrophe de la Halotte et clôture un feuilleton qui n’a que trop duré. Lors de la cérémonie deux souvenirs personnels, directement liés à cette manifestation me sont revenus en mémoire …

    Bien évidemment la nuit du 23 octobre 2002, celle de l’explosion de la Zone d’activités de la Halotte. Ce mini AZF qui à l'époque avait attiré tous les médias nationaux, avait fait tout de même deux victimes et la violence de l’effet de souffle occasionné de très nombreux dégâts aux quartiers d’habitations voisins : plus de 150 maisons touchées ; dommage collatéral , la future caserne du SDIS (les travaux d'aménagement devaient commencer le lendemain même) s'est retrouvée réduite en poussière.
    Sur place dix minutes après l’explosion, j’ai animé une cellule de crise afin de servir de support logistique auxsecours, puis les jours suivants aux habitants et entreprises sinistrés afin de contribuer à une reconstruction rapide de la zone d’activités. J’avais cette nuit là, entre deux explosions de voiture, fait la promesse aux pompiers désespérés de voir partir en fumée leur caserne : «Tout entreprendre pour la faire renaitre de ses cendres ». J’ai le sentiment, 14 ans après, d’avoir tenu mes engagements.

    Puis la visite de Jean Louis Mouton en juin 2004, alors nouveau Président du SDIS d’une Seine et Marne passée à gauche. Il avait à la demande du jeune Maire que j’étais, réservé sa première visite de terrain à Trilport, afin de constater sur place les conditions de travail des Pompiers que je lui avais décrites, tant elles me paraissaient  inacceptables. Nous les hébergions alors à titre gracieux dans une partie des ateliers municipaux, des locaux totalement inadaptés à leurs missions. Suite à cette visite, il a décidé immédiatement d’agir afin de leur permettre d’exercer dans des conditions plus dignes et respectueuses ; c’est ainsi que quelques mois après, ils ont aménagé dans des locaux provisoires plus adaptés dans l’attente de la nouvelle caserne. Toutes ces années, malgré les nombreux aléas subis par ce dossier et le vent mauvais qui a soufflé parfois, de ci de là, il a tenu bon et parole …

     

    Cette inauguration s’est déroulée juste après les inondations qui ont frappé durement la Seine et Marne, aussi les remerciements des autorités aux pompiers n’ont pas manqué, en premier lieu ceux du Préfet, tant ceux ci se sont retrouvés en première ligne durant plusieurs semaines pour protéger et secourir les populations sinistrées.

    C’est peu de dire que j’ai apprécié les discours des élus de la majorité départementale ainsi que celui du Député "républicain" de la circonscription, Jean François Copé, peu enclin, jusque là, à défendre le service public, qu'ils considèrent le plus souvent comme « une charge ». A l’unisson, ils ont souligné, ce dont je me félicite, l’importance pour nos territoires et nos habitants de bénéficier d’infrastructures et de services de secours efficients. Sentiment que je partage totalement même si je n’oublie pas les saignées qui ont précédé l’arrivée de François Hollande, dans les budgets et les effectifs des policiers, magistrats ou enseignants.
    Nos dynamiques territoriales et économiques dépendent également de la qualité de nos infrastructures et de nos services publics qui, s'ils doivent être efficients bien évidemment, le meilleur service au meilleur cout, se doivent d'être surtout existants et présents. C'est souvent lorsqu'il est trop tard et que les catastrophes arrivent que l'on se rend compte de leur importance pour nos vies quotidiennes.

    Je sais également, à qui nous devons la réalisation de cette caserne, ce que j’ai souligné dans mon intervention.

     

    Mais pourquoi un tel équipement  est il aussi important pour notre territoire  ?

     

     

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  • Ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté

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    La cérémonie du 8 mai a revêtu un caractère quelque peu particulier à Trilport cette année. Nous avons réparé un oubli de plus de 126 ans; le fronton de la Mairie inaugurée en 1890, le bâtiment accueillait alors la "Maison communale" et l'école des garçons", arbore pour la première fois de son histoire les trois valeurs de la devise républicaine.

    Cette réalisation marque la dernière étape d'une rénovation totale de ce bâtiment, qui s’est étalée sur plus de cinq ans, au rythme de nos finances. Petite fierté, elle est entièrement « Made in Trilport », estampillée "circuit court". Le modèle, les gabarits des lettres et le choix de la police de caractères ont été élaborés en interne avec nos communiquants, la réalisation en 3D étant l’oeuvre d’une entreprise Trilportaise spécialisée en tôlerie et la pose assurée par les agents communaux.

    « Liberté, Egalité, Fraternité », trois mots simples et lumineux, qui nous rappellent simplement, d’où nous venons, qui nous sommes et où nous devons aller ! Des valeurs intemporelles prenant encore plus de sens et de résonance aujourd’hui, notamment lors d’une double commémoration comme celle du 8 et du 9 mai.
    Depuis 2010, 10 ème anniversaire de notre jumelage avec Engen, nous célébrons le même jour, la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 et la journée de l’Europe. D
    eux dates intimement liées par les liens du sang versé.
    L’émergence de l’Europe politique est le fruit de la tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale, de la nécessité absolue pour nos différents pays de se réconcilier après la mort de tant de victimes, civiles ou militaires, du souvenir de l’horreur de la Shoah et des exactions de l’idéologie Nazie.

    L’Europe est une réponse d’espoir en l’avenir, face au néant de ces années sombres. Elle ne peut se réduire à un drapeau cerclé de 12 étoiles dorées flottant au vent, qui symbolise la solidarité et l’harmonie entre nos peuples; un cercle ouvert s'il en est, tant nous devons nous ouvrir au monde, ni au magnifique hymne composé par Beethoven, encore moins aux subventions glanées de ci de là, règlementations innombrables, relations commerciales, monnaie commune, bureaucratie qui semble loin de tout … L'Europe est avant tout et surtout un modèle unique de démocratie, de solidarité, de protection sociale, de culture, véritable oasis de paix et de bonheur aux yeux de tous les pays du globe.

    Pourtant aujourd’hui, beaucoup d'européens doutent cruellement, ils n'ont plus foi en l'Europe … Il est temps que cette dernière se mette à la hauteur de tous, qu'elle parle enfin aux citoyens et non plus aux seules élites.

    Le 8 mai, nous rappelle éxonérablement d’où nous partons … La haine, la colère, le ressentiment, le sentiment de vengeance, le repli sur soi, les vagues brunes du nazisme et des égoïsmes nationaux qui déferlaient sur le continent… C’était aussi l’Europe, mais d’avant; celle malheureusement vers laquelle tanguent et tendent aujourd'hui certains pays d'Europe Centrale.

    Les jeunes générations pensent que la paix va de soi, alors qu’elle est si fragile, trop considèrent l’Europe comme superflu, voir inutile … Nous ne devons jamais oublier que derrière les nationalismes exacerbés, les égos hypertrophiés des nains qui se prennent pour des géants, la peur de l’autre, la recherche de boucs émissaires, se profilent les guerres d’hier, celles d’aujourd’hui et peut être de demain …

    Il nous faut, porter un nouveau projet pour l'Europe, qui s'adresse à tous, notamment aux plus humbles, à ceux qui se sentent exclus, l'associer aux idéaux de paix, de solidarité, mais aussi de prospérité, d'avenir commun et partagé, afin que tous ces citoyens qui doutent, aient foi de nouveau en l’avenir, dans un monde en mouvement qui si lEurope n'est pas au rendez vous, nous annihilera…

    Il faut que nos cœurs haïssent la guerre, comme l’a si bien écrit Robert Desnos, poète français et résistant, déporté à Buchenwald, mort du typhus, un mois seulement après la libération de son camp …

    Que nos cœurs haïssent la guerre, mais plus que tout, battent pour la liberté. et je serais tendais de dire pour un avenir commun, partagé et plus souriant ...

    Encore faut il agir pour le construire. Ces commémorations servent aussi à semer des graines d'action.

     

     

     

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  • Mobilités péri urbaines & ligne P de la SNCF : propositions d'actions

     

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    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire de Trilport et Vice-président de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux, je suis devenu au fil des ans, presque malgré moi, quelque peu spécialiste "es mobilités péri urbaines ».
    Si j'ai souffert durant des années, d'un trop plein de solitude sur de tels dossiers ("la solitude de l'élu du fond de l'Ile de France") j'apprécie aujourd'hui de ne plus être un des trop rares élus locaux mobilisés sur le sujet de la ligne P et plus globalement des mobilités de la Grande couronne et du péri urbain. Cette priorité s'impose enfin au plus grand nombre; il était grand temps ...

    Lors des réunions innombrables auxquelles j'ai assisté, j'ai toujours écouté avec beaucoup d'attention rapports d'activités, indicateurs de satisfaction ou de performance, projets d'amélioration égrenés par les responsables et représentants des opérateurs et du STIF.
    Mais devant la dégradation inadmissible des conditions de transport de ces derniers mois et l'absence notable de perspectives, j'avoue ne plus pouvoir rester aussi Zen, devenant adepte de la parabole dite "de la lune et du doigt". Je m'affranchis du doigt tendu par les représentants de la SNCF ou du STIF et tel le "sage" de la maxime je m'évertue à scruter la lune, qui doit être notre objectif commun si nous voulons concrètement améliorer une donne bien mal engagée.
    L'ère du "bricolage" en matière de mobilité est à mes yeux dépassée, il nous faut changer de paradigme au plus vite, sans démagogie mais avec constance, ténacité et surtout détermination.

    Dans cet esprit, j'avais élaboré une note à destination de Claude Bartolone destinée alors à alimenter son programme aux régionales, certaines  propositions ayant d'ailleurs été retenues. J'ai enrichi cette réflexion depuis, de nouveaux éléments tirés notamment du dernier rapport annuel de la Cour des Comptes (traitant cinq après un premier audit, des mobilités en Île-de-France), très explicite, en ai fait une contribution que j'ai décidé de partager avec les élus impliqués concrètement sur cette problématique, toutes tendances politiques confondues; c'est à cet usage que je leur ai envoyé ce travail en février dernier.
    La période qui s'ouvre est effectivement cruciale, les arbitrages qui impacteront les prochaines années seront rendus sans doute avant l'été. J'ai jugé utile, citoyen et transparent de rendre ce document  "Pour des mobilités péri urbaines" accessibles à tous, depuis ce blog (module : "Tribune, textes ...").

    Je vous engage à lire ce texte, notamment si vous êtes usager. Il se veut accessible à tous et surtout informatif; les propositions qui y sont faites ne se limitent pas aux seuls investissements lourds exigés par l’état actuel du réseau, ils sont incontournables et urgents, mais regroupent diverses pistes d'actions liées aux spécificités des territoires péri urbains, notamment seine-et-marnais.
    Je n'ai pas abordé les problématiques de maintenance liées au Centre Technique de la SNCF. Son dimensionnement futur, comme son organisation sont intimement liés aux choix techniques effectués sur le parc roulant;  cependant l'amélioration de son fonctionnement demeure un passage obligé, tant cette infrastructure constitue aujourd'hui un sérieux goulot d'étranglement.

    Une évidence s’impose : il est nécessaire de mettre les bouchées doubles, que ce soit pour rattraper un retard vieux de plus de trente ans mais également et plus que tout pour accompagner la croissance démographique de territoires en plein essor et leur dynamique territoriale... il y a effectivement urgence. 
    Je demeure intimement persuadé que la dimension péri urbaine nécessite également de nouvelles clés de lecture, pro actives, transversales et prospectives afin de répondre aux potentialités comme aux contraintes des territoires de la Grande Couronne.
    Les mobilités péri urbaines vont du transport de masse à un "sur mesure" quasiment individualisé, elles exigent de nouvelles réponses, de la souplesse, de la fluidité, de l'agilité, que ce soit en terme d’infrastructures ou de services à mettre en place.

     

    Le débat est ouvert, bonne lecture ...

     

     Ci joint quelques extraits du rapport de la Cour des Comptes relatifs aux transports ferroviaires en Ile de France depuis 2010, que je vous engage vivement à parcourir également dans son intégralité, il est pour le moins instructif ...

     

     

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  • Maires et solidaires

     

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    J’étais aux cotés de mon ami Claude Jamet au Tribunal de Grande Instance de Fontainebleau, avec d’autres, beaucoup d’autres, tant d'autres : anciens salariés, habitants de Bagneaux sur Loing (la ville dont il est Maire), élus … Nous nous sommes retrouvés prés de 400. Une affluence record pour ce Tribunal, autant dire que la salle d’audience était bien trop petite pour accueillir tous les soutiens présents.

    Claude est jugé pour « entrave à la liberté des enchères ou soumission par violence ou menace », en fait la justice lui reproche d’avoir perturbé la liquidation de la société Prevent Glass, le 20 novembre 2012. Il s’était alors enchainé symboliquement et risque en théorie pour ce geste, une peine de six mois de prison, 22.500 euros d'amende et la perte de ses droits civiques.
    Si lors de l’audience le Procureur a cependant adoucit le trait, demandant pour cette action symbolique, une condamnation symbolique, la partie civile, n’a pas eu cette élégance; le liquidateur réclame 100 000 € de « préjudice matériel » prétendant que Claude lui a fait perdre avec son geste … 5 millions d’euros, sic. De "Maire courage", Claude est devenu du coup "l’homme qui valait 5 millions".

    L’affaire a été mise en délibéré au 11 avril.

     

    Claude fait honneur à son mandat. Un élu ne doit pas être hors sol, pratiquer l’entre soi, ne vivre qu’au travers, par et grâce aux médias, mais au contraire, vibrer et respirer au rythme et à l'unisson du territoire dans lequel il vit et qu’il représente... Agir afin de faire bouger les lignes, de créer des perspectives, agir simplement pour changer la vie de sa ville au quotidien.

    S’il se doit d’être à la fois un homme ou une femme d’écoute, de dossier, l’action importe plus que tout.
    Le geste de Claude Jamet n’est pas celui d’un Don Quichotte se battant inutilement contre les ailes d’un moulin et le vent, mais celui d’un semeur d’espoir qui ne s’avoue pas vaincu et poursuit sa route bravant l'adversité et les obstacles. C’est ainsi que l’on réconcilie les habitants avec les élus et qu’on leur donne l’occasion, bien trop rare par les temps qui courent, d’avoir de nouveau foi en la politique.
    Encore faut il agir avec ses tripes, son cœur et toute son énergie, être connecté à la vie réelle, loin des sunlights médiatiques et des petits calculs des bureaux des états majors parisiens, qui sont loin de tout et surtout des autres.

    Claude par son attitude exemplaire, tout au long d’un conflit social qu’il ressentait au plus profond (le Maire de Bagneaux-sur-Loing a travaillé 43 ans comme verrier sur ce même site, depuis l’âge de 14 ans), a réussit à canaliser la révolte et la colère légitime de travailleurs vivant dans des territoires ou l’emploi se meurt, ou le lien social s’éteint peu à peu, ou les perspectives d’avenir s’effacent au rythme des mauvaises nouvelles et des fermetures d’usines.Des lieux à des années lumière des feux de la rampe médiatique, donc loin du cœur des décideurs.

    S'il s'est enchainé à la porte du poste de garde, il n'a empêché nullement l’accès à l’usine, démontrant que l’on pouvait, à la fois protester et s'indigner contre une décision contestable et respecter les lois et la justice de la république, contrairement à ce que semble indiquer le Procureur et les parties civiles.
    C’est aussi grâce à son action, qu’aucune violence, qu’aucun acte désespéré ou dérapage ne sont à déplorer, cela n'a pas assez été dit ou écrit.

    Paradoxalement l’avocat des parties civiles a très bien décrit lors de sa plaidoirie les tensions qui existent  dans nos territoires, de plus en plus présentes et pesantes entre lois, décisions de justice, mesures de liquidations, licenciements et pays réel …
    Cette France périphérique (qui n'est désormais plus invisible) dans laquelle les extrêmes se développent, surfant sur le sentiment d’abandon ressenti par les habitants de "territoires de relégation et de déclassement" voit proliférer les détresses collectives et individuelles et s'élargir une fracture territoriale de plus en plus palpable, ce qui d'autant vrai dans les terres de Brie, à la fois si loin et si proches des portes de la métropole, de ce Grand Paris si puissant. 

    Certes un élu est un passeur et doit faire respecter le droit et la loi, y compris lorsque celui ci est difficilement applicable faute de moyens financiers ou humains, mais il est aussi un médiateur qui se doit de préserver plus que tout la cohésion sociale.

    Je considère, notamment après cette audience, que Claude Jamet n’a pas outrepassé les limites de son mandat, mais lui a fait honneur; démontrant qu’il avait su gardé et préservé toute sa capacité d’indignation en menant une révolte légitime et plus que tout pacifique. Ce faisant il a fait corps avec ses concitoyens et défendu un territoire si durement touché.
    N’oublions jamais que la détresse sociale est trop souvent d’une violence infinie, même lorsqu'elle est peu visible, et brise littéralement  des femmes et des hommes, aussi solides soient ils ou soient elles … 

    Un élu local authentique n’est pas désincarné, mais solidaire, il est fait de chair, de sang, d'émotions et de passion. Sa mission est également de se faire l’écho de la détresse, de la misère, du sentiment d’abandon du territoire qu'il représente, c'est aussi sa fonction.
    Cette révolte qui l’anime est un véritable moteur qui alimente le débat collectif mais elle constitue également un modérateur pour des concitoyens qui ne se sentent plus abandonnés mais représentés et défendus.

    Ce que la petite histoire de Bagneaux sur Loing retiendra c’est que grâce à l’action entreprise, à l’énergie déployée par Claude, l’ancien site industriel Prévent Glass hier complètement vide, commence à revivre aujourd'hui ; l’usine ayant été racheté par la ville a vu peu à peu revenir des entreprises et des emplois et a rebaptisé ce site Pyrex.

    Il est invraisemblable pour lui, pour notre combat commun et quotidien au service de nos concitoyens mais aussi d’une cohésion sociale de plus en plus ébranlée et fragile, ciment essentiel s'il en est pour "faire société", comme il est dommageable également pour la justice qui ne s’honore pas en cette occasion, que Claude Jamet se soit retrouvé à la barre des accusés.
    Est il admissible que des élus qui pour s’enrichir bafouent en toute impunité les lois depuis des années ne soient pas inquiétés, alors qu’un élu qui ne fait que ce qu’il estime être son devoir, en osant protester symboliquement, vive durant 38 mois à titre personnel un véritable enfer ?

    Ce n'est qu'une illustration de plus des paradoxes d’une société, pour le moins, schizophrène, dans une période troublée ou l’on exige tant des élus, tout en leur ôtant tout moyens d’actions ... 

    Aussi, ce n’est pas une peine minimum, tout juste symbolique que mérite Claude, mais la relaxe pure et simple, ce ne sera que justice…

     

    Les faits ...

     

     

     

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  • Pour que le 115 ne soit plus aphone

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    La publication du rapport annuel de la Fondation de l’Abbé Pierre est l’occasion chaque année de faire le point sur la situation du logement dans notre pays. Ce document exhaustif est désormais la référence sur cette problématique essentielle située à la confluence de beaucoup des fléaux qui touchent notre société. Son édition 2016 (21eme du nom) bénéficie des données de l’enquête INSEE sur le logement qui démontrent l’aggravation d’une situation impactant de plus en plus de personnes vulnérables, dont les sans domicile fixes.
    Rappelons que si deux millions de personnes attendent toujours l'attribution d'un logement social, notre pays ne parvient toujours pas à héberger plus de la moitié des sans abris, dont le nombre a quasiment doublé en dix ans pour la seule Ile-de-France (+ de 85 % de 2001 à 2011). Une nouvelle tendance inquiétante se confirme, de plus en plus de familles avec enfants sont concernées et se retrouvent sans logis.

    La question des réfugiés a donné lieu à une mobilisation tout à fait exceptionnelle (cf billet précédent), qui a permis d’explorer et de découvrir de nouvelles pistes, dont certaines tout à fait appropriées à l'accueil des personnes sans domicile fixe.
    La récupération et l'exploitation politique qu’en a fait un parti comme le Front National, que j’ai vécu en direct lors d’un débat en Conseil Communautaire avec une de leurs élues, laisse pantois. Les représentants de ce mouvement idéologique qui ne s'étaient jamais préoccupés jusque là du sort des exclus, bien au contraire, dénoncent désormais, la « concurrence » entre sans-abri français et réfugiés étrangers et « l’abandon » des SDF de souche au profit de clandestins. La ficelle est un peu grosse ...
    Plutôt qu’une récupération politicienne indigne et pour tout dire assez minable, la question des SDF exige des réponses concrètes et urgentes, tant le système actuel apparait totalement à bout de souffle : centres d’appel saturés, lieux d’hébergement débordés, seulement une personne sur deux qui appelle le 115 se voit offrir une solution pour la nuit, mais également des conditions d'hébergement très préoccupantes, voir indignes et sans aucun traitement social de fond à la clé.

    Il faut arrêter le bricolage social, repenser de manière globale notre politique d’accueil, la refonder, tant il est indispensable de donner à ses familles très fragilisées la possibilité de rebondir et leur permettre effectivement et réellement de sortir de ce qui est devenue une spirale infernale, afin de pouvoir s'intégrer dans la société.

    Pour cela un seul impératif, assumer de faire de la question de l'hébergement des sans abris, une véritable priorité, en y apportant des réponses structurelles sur le court, le moyen et le long terme.

     

    C’est ce que ce billet vous propose d’explorer, en commençant par un état des lieux quelque peu décapant, qui n’est que le reflet d’une triste réalité.

     

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  • Pour des mobilités péri urbaines

     

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    Si la dégradation des transports franciliens (retards, suppressions, état de propreté, travaux … ) impacte tous les usagers sans exclusive, elle est encore plus mal ressentie par ceux qui y passent le plus de temps. Depuis l'été, une ligne SNCF apparait particulièrement sinistrée (la ligne P) et illustre les conditions de transports quotidiennes, plus que limites, subies par les usagers en 2016, même si ce cas ne semble pas isolé.

    Impliqué sur les questions de mobilité depuis plus de dix ans en qualité de Maire d'une ville seine et marnaise de 5000 habitants dotée d'une gare, et Vice Président d'une Communauté d’Agglomération qui constitue un véritable hub pour plus de 200 000 personnes vivant dans les bassins de vie du Nord Est Seine et Marnais, je suis devenu au fil des ans, et presque malgré moi, quelque peu spécialiste « es mobilités péri urbaines ».

    Ce billet reprend, pour l'essentiel, la trame d'une note élaborée dans le cadre des élections régionales, aux  propositions essentiellement tournées vers le péri urbain, ce que j'assume, tant ces territoires ont trop longtemps été considérés comme de simples variables d'ajustement, alors qu'ils sont avant tout pour nous qui y vivons des terres d'épanouissement, des terres d’avenir.

    Je veux souligner que beaucoup de mesures mises en place sous l'autorité de Jean Paul Huchon, dont le cadencement, ont apporté une incontestable valeur ajoutée sociale et induit de nouveaux usages. Ces mesures ont contribué, incontestablement, à changer la vie au quotidien de milliers d'usagers et ouvrir de nouvelles perspectives à des territoires qui en manquaient cruellement jusque là.
    Paradoxalement, elles font apparaître en creux aujourd’hui, toutes les faiblesses et lacunes d’un réseau sous dimensionné, obsolète, qui souffre de plus de trente ans de sous investissement et d’abandon. Que ce soit au niveau des voies comme du matériel roulant. J'en veux pour preuve la multiplication quotidienne des incidents et dysfonctionnements d'aujourd'hui qui exaspèrent au plus haut point les usagers durement mis à l’épreuve depuis des années.

    Les mobilités en Grande Couronne sont une priorité absolue et urgente, tant ces territoires attirent de plus en plus d’habitants et que le réseau ferré y est plus que thrombosé. Beaucoup craignent que la métropolisation en cours n'amplifie les inégalités territoriales et sociales déjà pourtant très grandes, pour faire simple, que la grande métropole n'aspire l'essentiel des moyens financiers et logistiques.
    Nous savons que si aucun investissement d’envergure n’est lancé dans les prochains mois sur les réseaux sinistrés de la Grande couronne, c’est toute l’Ile de France qui risque de se retrouver paralysée demain. L'inquiétude des élus, au regard des budgets locaux plus que contraints, est que l’essentiel des moyens financiers ne se concentrent sur le seul réseau du Grand Paris Express; d'autant que ce dernier possède de sérieuses zones d’ombre : sous estimation financière des infrastructures souterraines, pas ou peu de prévision sérieuse sur le cout des reports modaux, les charges liées à la multimodalité n’apparaissant dans aucun modèle financier ! Conséquence l’addition pourrait fort être beaucoup plus salée que celle initialement envisagée.

    Mes propositions ne se limitent pas aux seuls investissements lourds, mais intègrent également des actions liées aux spécificités de la dimension péri-urbaine. Je suis persuadé qu'il faut promouvoir une lecture novatrice, pro active, transverse, et prospective des enjeux, potentialités et contraintes présentes sur nos territoires. Nos réponses pour être efficaces et utiles doivent être adaptées et contextualisées, tant y mettre en place des solutions de mobilités s'apparente à de la vraie dentelle urbaine. Les situations que l'on y rencontre vont du transport de masse au "sur mesure" quasiment individualisé. .

    L’urgence, vu la multiplicité des clés d’entrée, est de dégager une problématique lisible, des priorités claires, de concilier également des actions de nature différentes portant sur le court, le moyen et le long terme, tant sur l'investissement que le fonctionnement. Actions toutes liées les unes aux autres, les mobilités péri urbaines étant par nature systémiques.

    Voici quelques propositions,  objectif poursuivi ?

    Améliorer le quotidien des usagers vivant en grande couronne ... 

     

     

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  • Pour 2016 ? Semer des graines d’avenir

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    La cérémonie des vœux est également l’occasion de parler d’avenir (cf billet précédent), de tracer des perspectives pour l'année qui vient, sinon de monde meilleur (sachons rester à notre place), du moins d’actions et projets... En ce qui concerne 2016, les annonces n’ont pas manqué, tant cette année constitue une année pivot, propice à semer des graines du présent et de l’avenir …

    Depuis le 1er janvier, Trilport a rejoint la famille des villes de 5 000 à 10 000 habitants. Le nouveau Plan Local d’Urbanisme qui sera arrêté d’ici peu accompagne ce développement autour d’une priorité claire : privilégier la reconstruction de la ville sur elle même plutôt que consommer inutilement des espaces agricoles et naturels.
    Autres axes stratégiques : développer la bio diversité dans la ville, agir en faveur des alternatives à la voiture individuelle, anticiper les conséquences des aléas météo extrêmes …
    Si nous avons vécu l’année la plus chaude depuis 1880, sans doute même depuis que l’homme est homme, et que le pôle Nord accuse des températures positives supérieures d’au moins 20 °C aux normales saisonnières, cela ne sera pas sans conséquences sur la violence des phénomènes météorologiques des prochains mois. Nous sommes à des années lumière des effets du bruissement des ailes d'un papillon, l'effet "glaçon fondu" est plus dommageable que l'effet papillon.

    Trilport compte 5 017 habitants au 1er janvier 2016, soyons honnête, nous n’avons rien fait ces dernières années pour accélérer ou précipiter ce développement urbain inéluctable, bien au contraire. Il nous semblait important de préserver identité et équilibre du territoire, sans doute, mais surtout préparer la commune à l’arrivée des nouveaux habitants et éviter tout effet champignon, très déstabilisateur en partant d’un principe simple : pour qu’un arbre grandisse harmonieusement, il est nécessaire de creuser des fondations profondes qui permettent à ses racines de se développer progressivement et leur laissent le temps de faire leur place : projet de ville, efficacité et organisation des services aux habitants, équipements publics comme les écoles …

    L’éducation est par définition une graine d’avenir, c’est aussi pour cela, qu’elle a été, est et sera au cœur de nos priorités. Que ce soit dans l’accompagnement des dynamiques éducatives autour de l’éducation à l’environnement, des usages numériques, que dans les activités périscolaire, ou l’investissement dans les locaux, à créer, rénover ou agrandir !
    Nous avons privilégié cette option, car elle permet d’adapter tous nos groupes scolaires aux besoins d’aujourd’hui et redonne à l’école la plénitude de son rôle de creuset de citoyenneté républicaine et d’intégration. Une ville se construit également autour de ses écoles. Dans le même cadre nous ouvrirons également d'ici quelque jour, un lieu d’accueil et d’écoute pour les parents et les enfants de 0 à 6 ans, afin d’améliorer une relation parentale, malmenée quelquefois, notamment en période de crise.

    Limiter nos émissions de Gaz à Effets de Serre est également préserver l’avenir mais aussi et surtout le présent à l'heure de la COP 21. C'est pour agir en ce sens que  nous rénoverons l’éclairage public dans toute la ville, poursuivrons l’isolation thermique des équipements publics en privilégiant l’emploi de matériaux bio-sourcés locaux (chanvre et bois) et lancerons la mise en place d’un mini réseau de chaleur destiné à alimenter Salle des Fêtes, Groupe scolaire Prévert et futur réfectoire.

    Mais de toutes les annonces de la soirée, celle qui a retenu incontestablement l’attention du plus grand nombre est relative à l’éco quartier de l’Ancre de lune …

    Pourquoi ?

     

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  • Ligne P : fracture consommée ?

     

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    Dans un billet daté de février dernier, j’évoquais la rencontre organisé par Guillaume Pepy, Président de la SNCF avec les Maires des villes de la ligne P (dont Trilport), entretien qui m’avait laissé entrevoir quelques perspectives d’amélioration dont je m’étais fait l’écho, imprudemment cependant, tant la réalité aujourd'hui est malheureusement toute autre.

    Nous assistons depuis cet été à une dégradation inacceptable des conditions de transport, pourtant loin d’être idéales jusque là : retards, suppressions de trains, propreté, travaux …  Mais plus que tout, c’est la multiplication du recours aux trains courts lors des heures de pointe, avec tout son cortège de conséquences sur les conditions de voyage (dont beaucoup inadmissibles), qui exaspèrent au plus haut point les usagers dont certains passent prés de 2 heures par jour dans ces trains; et cela sans comptabiliser le métro ou le RER !
    Il faut concrètement partager de tels moments pour comprendre tout le ressenti et la colère légitime de voyageurs qui se sentent considérés comme du véritable « bétail » (sic). Aucun sas de décompression, les transports ferrés sont déjà en mode "Metro heure de pointe" dés leur gare de départ !

    J'ai adressé à Guillaume Pepy il y a quelques semaines un courrier pour protester comme élu et usager, de cette situation inacceptable qui n’a que trop duré. Petite note positive cependant depuis septembre, le Pass Navigo à prix unique qui atténue une inégalité territoriale devenue de plus en plus pesante et discriminante au fil du temps.

    Il est dommageable que tous les efforts consentis depuis 2008 par la Région et le STIF soient ainsi remis en cause par ces dysfonctionnements. Les mesures mises en place, telles le cadencement, l’arrivée de nouvelles rames, la rénovation des voies et des quais mais aussi la tarification, induisent de nouveaux usages de mobilités chez nos concitoyens notamment le week end ou en soirée mais elles font apparaître paradoxalement aujourd’hui en creux, toutes les faiblesses et lacunes d’un réseau sous dimensionné et obsolète qui n'arrive pas à suivre cette montée en puissance. L'obsolescence étant, ne l'oublions pas, la cause principale de la multiplication des incidents rencontrés ligne P.
    Cette ligne ferroviaire est représentative des contrastes de l'Île-de-France à l’heure du Grand Paris, elle devrait à ce titre inspirer les candidats aux régionales en les incitant à élargir leur focale jusqu’aux franges les plus lointaines de la région, afin de positionner la problématique des transports de la grande couronne comme une priorité absolue.
    Je n'ose suggérer à Monsieur Pepy de prendre quelques minutes pour gouter aux délices d'un aller simple Trilport / Paris aux heures de pointe dans de telles conditions. Si l'on veut prendre les choses du bon coté, il est vrai que lorsque les usagers après un tel périple arrivent enfin à leur travail  ils se sentent libérés ! Mais est il normal de promouvoir l'émancipation par le travail avec un tel procédé ?

    Rappelons que longue de 252 km, fréquentée chaque jour par 85 000 usagers, nombre en constante progression, la ligne P dessert 36 gares sur 3 départements et s’étire à plus de 90 km de Paris, allant jusqu'à Château-Thierry ou La Ferte-Milon. Imaginons les analyses que pourraient en tirer Emmanuel Vigneron, sociologue rendu célèbre par ses travaux sur les variations de l'espérance de vie au fil du RER B, ou encore Christophe Giulluy, le spécialiste des fractures entre France des métropoles et France périphérique tant elle illustre la discrimination territoriale du pays et bien des problèmes que rencontrent le péri urbain.
    Rajoutons encore une couche, la ligne P est la dernière en Ile de France à avoir des voies encore non électrifiées (Provins / Trilport à La Ferté Milon) ! Anachronisme qui impose des contraintes de gestion de parc, complexes et couteuses, des rames ayant une faible capacité et le recours à des navettes bus de substitution lorsque ces dernières tombent en panne ou en raison du rythme des saisons : été (chaleur, canicule), automne (les feuilles qui tombent à la pelle), hiver (froid, gel et neige), ce doit être également une des raisons pour laquelle les usagers apprécient tellement  le printemps, 

    Question simple mais importante pour le quotidien de milliers d'usagers de la Grande Couronne :  comment améliorer leur quotidien durablement dans une situation qui aujourd’hui est pour le moins compromise ?

    Voici quelques pistes de réflexion dans le cas ou nos décideurs seraient en manque d'inspiration ...

     

     

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  • Fleurissement, Zéro phyto et qualité de l'eau

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    Nous avons accueilli à Trilport il y a quelques jours le jury régional des villes et villages fleuris, visite traditionnelle depuis 1997, année d’obtention de notre Première fleur (suivie d’une seconde en 2000), dans ce concours qui concerne désormais une commune française sur trois, dont 305 pour la seule Ile de France.

    Autant l’avouer, j’avais de sérieuses réserves sur l'utilité d'un tel label. Privilégier un fleurissement ostentatoire, grand consommateur en logistique, eau et produits phytosanitaires, réservé à certains «spots» stratégiques de la ville, ne me semblait pas revêtir de caractère prioritaire.
    L’évolution sensible des critères de ce prix m’a depuis fait changer d’avis. Le respect de l’environnement et la défense de la bio diversité y sont devenus prépondérants, le jury évaluant fleurissement (répartition dans la ville, adaptation aux contraintes des sites, diversité et qualité des compositions, entretien tout au long de l’année), pratiques environnementales déployées, dimension sociale et citoyenne accompagnant la démarche de la collectivité. En fait, c'est bien de la place du végétal dans la ville dont il est question, et des actions en faveur de l'environnement engagées, jusqu'au projet de développement initié.

    Dans ce cadre, soulignons que Trilport bénéficie d’un patrimoine naturel exceptionnel : bords de Marne, forêt domaniale, écrin de cultures entourant le centre urbain et points de vue sur les coteaux environnants uniques dans la région. Dans le même temps la ville a une configuration urbaine affirmée (présence de zones industrielles, d’une gare et de plusieurs infrastructures routières) et se développe, du fait de la loi SRU. Dualité qui nous a mené à initier un projet de territoire dont l’objectif est de construire une ville durable, qui n’oublie pas cependant d’être aimable à ses habitants.

    Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, en limitant l’étalement urbain, piste privilégiée : « construire la ville sur la ville » (plus facile à dire qu’à faire !) mais nous travaillons dans dans le même temps à y renforcer la présence végétale. Ce dernier objectif est à la base de notre engagement dans le label des villes fleuries.
    Le but n’est pas de décrocher une 3eme fleur à tout prix, mais bien de défendre une conception de l’aménagement urbain représentative des spécificités de ce territoire, en nous appuyant sur la place qu’y occupe déjà le végétal.
    Un nouveau modèle de développement urbain est possible, trouvant ses racines dans les spécificités du terroir local et intégrant très en amont les exigences de l'urgence environnementale en apportant des réponses concrètes et utiles pour faciliter l’adaptation de nos villes aux conséquences de la dérégulation climatique.

    L’importance écologique des arbres et espaces verts n’est plus à démontrer (développement de la bio diversité, captation du CO2, régulation thermique lors des périodes de canicule notamment), mais « le végétal » constitue encore trop souvent la variable d’ajustement des opérations d’aménagement, alors qu'il demeure un élément architectural et urbain essentiel. Il apporte à une ville, un quartier, caractère, identité et supplément d’âme, cadence le rythme des saisons et du temps qui passe, sa présence est indispensable à l’épanouissement des habitants de toutes générations, y compris des plus jeunes … Une école sans végétal ou horizon naturel est une école sans ligne de fuite, sans perspectives pour les yeux d’enfants …

    Une question fait débat aujourd’hui : le « zéro phyto ». Certains de nos concitoyens s'agacent de voir « proliférer » au long des trottoirs ou des routes, les herbes folles, mousses, pousses de pissenlit et autres, qui sont pour eux autant d’illustrations d’une ville mal entretenue. Aussi, ils ne manquent pas d’exprimer leur mécontentement aux élus et agents des espaces verts par des remarques acidulées, sinon acides. Rappelons simplement qu'au 1er janvier 2017 l’utilisation des produits phytosanitaires sera interdit sur les voiries, espaces verts, forêts et promenades ouverts au public.
    Durant des décennies, tout paraissait pourtant si simple ! Un geste, l’application d’un produit miracle et plus de mauvaises herbes ! Rappelons simplement que l’efficacité de tels produits dépend surtout de leur toxicité. Si nos jardiniers ont toujours la main verte, ils ont troqué leurs anciens pulvérisateurs pour des binettes, beaucoup moins efficaces en apparence, et se retrouvent  dans l’obligation de s’adapter à une nouvelle donne qui représente une charge considérable de travail supplémentaire. Autant le dire les différentes techniques alternatives qu'elles soient mécaniques, thermiques ou chimiques nécessitent une appropriation difficile et des niveaux de rendus qui seront moins bons que les précédents.

    Nous vivons un changement d’époque, ce qui vaut également pour le fleurissement. Il est heureux que notre génération ait enfin pris conscience du danger de certaines de ses pratiques quotidiennes, en apparence inoffensives, pour la planète, que l’on ne soupçonnait pas aussi fragile et périssable.

    Comment définir dans un tel cadre, sinon une doctrine en matière de fleurissement, du moins des priorités claires intégrant les contraintes environnementales ?

    Avant d'aborder plus concrètement dans une prochaine note l'action engagée sur Trilport dans ce domaine et les pistes explorées pour adapter au mieux nos villes aux conséquences de la dérégulation climatique, il me semble urgent de revenir sur la délicate problématique du zéro phyto …

     

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  • Vie de Maire

    vie de Maire.jpgJ'ai participé à l'émission le "Docu-débat" (LCP-Public Sénat) de Claire Barsacq qui prolongeait la diffusion de l'excellent documentaire : 'Vie de Maire". Outre Pascal Carcanade, son réalisateur, étaient invités Fabienne Keller, sénatrice UMP et ancienne Maire de Strasbourg, Samir MAIZAT, candidat aux municipales d'Aubervilliers, animateur de la liste citoyenne "100% Aubervilliers" et Anne MUXEL, Politologue au centre de recherche de Sciences Po, fil rouge du débat : le quotidien des élus locaux.

    Quelques mots sur ce documentaire sensible, délicat et  plus que tout empreint d'humanité. Le réalisateur a su restituer autour de brefs moments de vie, saisis et croqués sur le vif, toute la diversité de nos 36 000 communes et le rôle de catalyseur sociétal qu'y joue l’élu(e) local. Six trajectoires personnelles, aux contextes radicalement différents, ayant pourtant comme points communs : l'amour du terrain, le gout de l’échange direct et un enracinement local authentique à leur territoire.
    La simplicité et la passion qui les animent sont rafraichissantes, à des années lumière des logiques d'appareils, quelquefois hors sols, des états majors parisiens des partis, dans lesquels ambitions personnelles, rivalités, petites phrases assassines fournissent une matière première facile et commode à des médias complaisants, contribuant à donner une image déplorable du politique.
    Ce film, véritable plaidoyer à l’engagement républicain, souligne le rôle des "petits élus locaux" qui s'activent au quotidien, quelque soit la taille de leur commune, pour "être utile à vivre et à rêver" et préserver coute que coute, le lien social, aujourd'hui si menacé,  indispensable pour faire société.
    Ils sont les symboles d'une valeur essentielle, l’engagement. Valeur qui fait de ce mandat de Maire, particulier à plus d'un titre, le plus attachant de toute la vie politique.
    L'importance qu'il prend dans leur vie, tout ce qu'ils y consacrent (en temps, énergie, passion, compétences, conviction), les sacrifices que ce mandat impose au niveau personnel ou professionnel ne sont pas la seule explication de l'ampleur de  leur détresse un soir de défaite électorale. C’est un véritable déchirement personnel qui est ressenti, ce que j'ai perçu l'an dernier auprès de quelques amis défaits,  curieux mélange ou se mêle injustice, sentiment d'abandon et surtout de profonde solitude.
    Durant ce débat j'ai d'ailleurs pu constaté combien Fabienne Keller, ancienne Maire de Strasbourg, portait encore en elle cette fêlure, une blessure intime et cachée au plus profond, qui ne guérit jamais tout à fait.

    Les élections départementales sont passées depuis, aussi aujourd'hui la réalité apparait quelque peu différente, même s'il ne faut jamais comparé un scrutin à un autre ... La fracture entre élu et citoyen s'est encore aggravée, tant ce scrutin a été marqué par une forte abstention et la poussée du Front National. 

    Comment combattre ces deux tendances mortifères ?
    A mes yeux, point de fatalité, mais de l'action concrète ... Voici quelques pistes de réflexion, qui si elles sont personnelles, sont partagées par quelques acteurs du terrain ...

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  • Avant toute chose : Faire obstacle au FN

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    Dimanche je voterais en mon âme et conscience et sans réserve contre le Front National.

    J'aime trop la république, les valeurs que mes grands parents et parents m'ont inculqué pour me tromper de combat ...

    A ceux qui à droite, pronent le "Ni Ni", je répondrais simplement que l'histoire ne leur a rien appris, que les valeurs de la république ne se négocient pas, qu'ils ne s'honorent pas en prenant ainsi une position à des années lumière de l'idéal gaulliste, entrenant un flou qui ne peut les mener in fine qu'à leur perte.

    Aux électeurs de gauche, qui interloqués et révoltés par le non positionnement honteux de l'UMP, se refusent à choisir entre "peste et choléra", je leur conseille de lire la tribune de Boris Cyrulnik, le père du concept de résilience nous y parle surtout de résistance, son histoire personnelle donne quelque peu de poids à ses propos ...

    Je comprends le désarroi de trop d'électeurs désabusées qui avec le sentiment d'être des oubliés de la république se tournent en désespoir de cause vers les promesses sans lendemain du parti frontiste. Je me refuse à les juger en m'arrêtant aux conséquences, je préfére m'attaquer directement aux causes du mal qui ne sont pas uniquement irrationnelles, mais malheureusement aussi très concrètes.
    Je veux simplement leur rappeler qu'un scrutin local n'est pas un sondage d'impopularité nationale. Dimanche prochain, les électeurs désigneront des élus chargés de gérer, dés le lendemain de l'élection, des départements, dont le mandat est destiné à améliorer le quotidien des habitants, ce que trop souvent aveuglés par une colère que je peux comprendre, certains ont tendance à oublier et en désespoir de cause se tournent vers une photo d'inconnus dont ils ne connaissent rien et un simple logo... perspectives pour le moins réductrices ...

    Le vote de la semaine dernière illustre la fracture croissante entre Politique et citoyen, fracture béante et angoissante, dont les états majors parisiens doivent saisir à la fois la gravité, l'urgence et le risque démocratique.
    La politique plus que jamais doit, non seulement se rapprocher de la vie réelle, mais en être l'incarnation, et ne plus rester la chasse gardée d'un sérail d'élèves de grandes écoles et de collaborateurs de cabinet isolés dans leur bulle médiatique et égotique,  laissant à une technostructure hors sol la maitrise des dossiers.

    Aussi, je n'ose imaginer la situation dans toutes ces villes et villages, notamment les plus pauvres, lorsque les baisses de dotations successives auront ébranlé durement ou détruit les digues de solidarité que les élus locaux s'efforcent de maintenir encore, envers et contre tous, malgré les aléas ou coups du sort que nous réservent certaines décisions en provenance de Paris !!!

    Pour finir sur une note plus poétique, quelques vers de la magnifique poésie de Louis Aragon : "La rose et le réséda", repris hier par Christiane Taubira :

    "Quand les blés sont sous la grêle
    Fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles
    Au coeur du commun combat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas"



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  • Etre utile à vivre et à rêver

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    Les élections locales qui donneront leurs verdicts dans quelques jours, risquent d'apporter de fausses réponses nationales, beaucoup d'observateurs craignant un vote défouloir, à de vrais problèmes locaux.
    Il est bon de rappeler que les élus des 22 et 29 mars devront avant tout gérer des départements, ce que trop d'électeurs que je rencontre ont tendance à oublier.
    Depuis le scrutin municipal de l'an dernier, tout semble se brouiller aux yeux de nos concitoyens, ils risquent d'apprendre à leur dépens qu'un vote local n'est pas un sondage d'impopularité mais bien la désignation d'élus qui devront assumer un mandat destiné à améliorer leur quotidien, il y a toujours des lendemains aux soirées électorales.

    Ce problème de représentation politique illustre la fracture croissante entre le Politique et le local dont chacun, surtout nos responsables, doit saisir à la fois la gravité et le risque démocratique. La politique plus que jamais doit, non seulement se rapprocher de la vie réelle, mais en être l'incarnation, et ne plus rester la chasse gardée d'un sérail d'élèves de grandes écoles et de collaborateurs de cabinet laissant à une technostructure hors sol la maitrise des dossiers.

    L'occasion de saluer la disparition d'un élu local, qui toute sa vie n'a jamais oublié le monde du réel et dont le travail au quotidien a permis de réconcilier nombre de nos concitoyens à l'action politique, surtout lorsqu'elle est authentique, légitime, et plus que tout utile,  je veux bien évidemment parler de Claude Dilain.
    Elu exemplaire s'il en est, humain et humaniste, homme simple mais déterminé, il nous manque cruellement tant il a fait honneur à son mandat local en agissant au quotidien et en portant la voix des oubliés de la république.
    Il a démontré que l'humilité, le doute, l'engagement sincère, et plus que tout l'écoute, permettent concrètement de changer la vie au quotidien, y compris et surtout celle des plus humbles, des exclus de la "France invisible" et sont autant de  clés pour ouvrir des perspectives de monde meilleur à partager.
    Il a agit à l'endroit même, ou certains n'avaient fait qu'attiser et semer par des déclarations irresponsables, haine, division, colère et désespérance. Montrant avec sérénité la force du faire et de la vague inlassable et à contrario la faiblesse du dire et de l'écume médiatique ou sémantique éphémère.

    Claude Dilain a représenté plus que quiconque la noblesse de l'action politique lorsqu'elle est au service de tous et non un outil de promotion à usage personnel. Sa meilleure école a été celle de la vie vécue, de celle qui jour après jour nous façonne et nous amène à nous construire concrètement, avant de vouloir prétendre construire pour les autres.
    Trop de nos politiques aujourd'hui sont à des années lumière de cette démarche authentique, prisonniers d'une bulle médiatique ou d'un microcosme clos, véritable chambre d'écho et de réverbération pour les égos de quelques uns et d'exaspération pour les citoyens. Arrivés aux responsabilités, ils se coupent de ces sentinelles de proximité que sont les élus locaux, qui placés en première ligne sont pourtant autant de lanceurs d'alerte vigilants.
    Les digues de solidarité entretenues au quotidien à grand peine par ces "petits élus", malgré tous les aléas et obstacles placés sur leurs routes, permettent de maintenir encore le minimum de lien et de cohésion sociale qui fait république, là où c’est le plus difficile mais certainement le plus utile, là ou les communes sont trop souvent le dernier acteur public présent et actif ("s'il n'en reste qu'un !"), des digues de solidarités qui risquent de lâcher et de laisser en plan des citoyens de plus en plus paumés qui se sentant abandonnés votent alors pour le parti du désespoir.
    La montée du FN n'est pas irrémédiable, ce n'est ni une fatalité, ni un argument de congrès ou une posture de tribune. Il doit exister certainement plusieurs réponses pour l'endiguer ou la combattre, sur lesquelles beaucoup de nos responsables planchent "activement" en y consacrant moult argumentaires théoriques, moi je n'en connais qu'une, simple, urgente, qui devrait interpeller toute la classe politique nationale : "Retour vers le réel" ...

    Ce réel qui habitait Claude Dilain et était au centre de son engagement politique, ce réel qui l'a amené a interpellé durement la classe politique dans une tribune politique célèbre en 2010.

    Je lui dédie ce texte d'Etienne Roda Gil, qui symbolise magnifiquement son action au service des autres, car il a été avant tout UTILE à VIVRE  ET surtout et plus que tout à REVER ...

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  • L'innovation,quête du Graal ou posture?

    decentralisation.jpgMarylise Lebranchu, Ministre de la Décentralisation a confié à Akim Oural, Maire-adjoint de Martine Aubry à Lille, un rapport sur les conditions du développement de l’innovation territoriale avec l’objectif de “sortir de la conceptualisation et concrétiser l’innovation territoriale”, rien de moins …
    Participant à cette étude coordonnée par le Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP) au titre de l’Association des Petites Villes de France,  dont je suis un des référents (au titre du numérique), il me semblait utile d'esquisser quelques pistes de réflexion concernant une thématique qui inspire l'action quotidienne de beaucoup d'élus locaux.

    Il est heureux pour nos concitoyens que les collectivités n’aient pas attendu cette initiative, utile au demeurant, pour innover. Si les communes ne sont pas des acteurs exclusifs des dynamiques territoriales, elles en constituent cependant des acteurs majeurs et reconnus; y compris lorsqu'elles doivent s’adapter à un contexte inédit, en "mode complexe", où se cumulent la perte drastique de ressources financières  pourtant indispensables à leur action quotidienne (moins 1/3 des dotations de l'Etat en 4 ans, excusez du peu)  pénalisant principalement celles qui disposent du moins de ressources, impactant economie et emploi local, l'augmentation des difficultés sociales des habitants, l'abandon des services de l’Etat, la mise en place des rythmes scolaires (prés de 200 euros par enfant) et l'aggravation croissante des fractures territoriales.

    Si l’action territoriale se déroulait jusqu’à ces dernières années dans un contexte régulé, hiérarchisé, structuré, aux repères pérennes et identifiés, cette époque est désormais révolue et a laissé place à un environnement composé d'écosystèmes locaux soumis à des tensions multiples, aux dynamiques parfois divergentes et des contraintes nouvelles à surmonter entrainant de nécessaires régulations permettant d'arriver à de nouveaux équilibres plus ou moins durables ...

    Nos territoires sont confrontés à l’accélération et à la multiplication des mutations en cours, ceci dans un contexte de crise budgétaire qui laisse les plus démunis, exsangues. Il faut malgré tout apporter des réponses concrètes, en temps réel, aux habitants comme à l’Etat.
    Problématique que l'on pourrait résumer on ne peut plus simplement : comment gagner en agilité, réactivité, solidarité et durabilité avec des ressources moindres et des contraintes supplémentaires ?

    Si une des réponses est l’innovation territoriale, chacun sait qu’elle ne pourra tout résoudre, loin s’en faut ! Comment la planifier ou la prévoir, alors que par nature elle est imprévisible rt que c’est le plus souvent en dehors des sentiers battus (« outside the box ») qu’elle apparaît ?
    Il n'est pas possible de la décréter du sommet vers la base (On / Off), tant elle émerge du terrain (logique ascendante, « bottom up ») apportant des réponses concrètes et adaptées à une problématique qui concerne d'abord un bassin de vie.

     

    Voici quelques propositions destinées à la favoriser …

     

     

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  • SNCF : La "P", ligne de fracture

    gare de Trilport.jpgJe me suis rendu à l'invitation de  Guillaume Pepy, Président de la SNCF,  à un repas qui se tenait au siège social de l'entreprise à Saint Denis, avec les élus Seine et marnais des villes abritant des gares de la ligne P conviés dans ce cadre, à un dialogue informel et direct. Il était pour l'occasion entouré de son état major et de Mme Bardy Directrice d'exploitation du STIF. 

    La ligne P est représentative des contrastes portaient par l'Ile de France. Partant de Paris Est, elle dessert 36 gares localisées dans 3 départements, transporte 85 000 voyageurs / jour sur 252 km de ligne et s'étire à plus de 90 km de Paris, allant jusqu'à Provins, Chateau Thierry ou La Ferté Milon; autant dire qu'elle traverse de bout en bout notre Région pour se rendre jusqu'à ses franges les plus lointaines, aux confluences des régions voisines.

    Je ne peux imaginer ce qu'en tirerait le chercheur  Emmanuel Vigneron célèbre pour ses travaux sur les variations de l'espérance de vie le long du RER B ("la ville, la vie, la mort dans Paris et ses banlieues au long du RER B"), une enquête sur cette ligne apporterait certainement des résultats également surprenants, sur les espaces de solidarité, les bassins de vie, les réalités quotidienne du transport en mode urbain, péri urbain ou rural.

    Réalité qui n'a manifestement ni les mêmes contours, ni la même saveur, entre ceux disposant d'un train tous les quart d'heure pour un voyage de 15 minutes pour se rendre au coeur de Paris et les autres. Pour faire simple, sans être caricatural pour autant, plus le voyage est long, plus les conditions de transport sont galères et plus le ticket coute. Grand merci à la région d'avoir enfin décidé un Pass Naviro à prix unique sur l'Ile de France dés septembre prochain. Au moins cette inégalité disparaitra !

    Les difficultés évoquées lors de ce repas sont à l'unisson de ces différences géographiques, plus que des nuances d'appréciation.

    Pour vous en convaincre, poursuivez la lecture de cette note, plongée dans l'Ile de France profonde ...

     

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  • En 2015, défendre notre liberté

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    Nous avons, comme partout en France, rendu hommage aux victimes de Charlie Hebdo et de la Porte de Vincennes.

    Les évènements dramatiques de ces derniers jours dans lesquels 17 de nos compatriotes ont été victimes d’actes terroristes, véritables scènes de guerre, ont provoqué un choc considérable, mélange d’incompréhension, de sidération, de colère, de révolte …

    Soyons vigilant cependant à ne pas faire d’amalgame, pour ne pas tomber dans le piège qui est tendu … Le terrorisme n’est pas la religion, n’est surtout pas l’Islam, c’est une perversion de l’esprit, une folie sans nom, le triomphe de l’obscurantisme. Ces mêmes barbares massacrent chaque jour de l’autre coté de la Méditerranée des milliers de Musulmans, qui sont aussi leurs victimes. Le policier froidement assassiné par un des frère Kouachi était musulman.

    L’objectif poursuivi est simple anéantir la démocratie,  museler la création, la liberté d’expression, le droit au sourire et à la dérision. Ces fanatiques veulent interdire par la terreur et la mort, tout ce qui élève, tout ce qui permet de penser différemment, librement. 

    Ces terroristes se sont attaqués à Charlie Hebdo. Journal irrévérent et insolent qui existe pour que le dessin, la caricature, l’humour, la satire, la dérision et l’opposition à toutes les dictatures et obscurantismes demeurent sacrés au pays de la laïcité et de la liberté.  

     

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  • Réconcilier France des villes et France des champs

    618849901_huge.jpgDans le cadre des Etats Généraux du Parti Socialiste, j'ai élaboré une contribution relative à la fracture territoriale.
    Rappel de la règle, toute contribution doit être inférieure à 2700 signes, ceci explique peut être cela ...


    La fracture sociale et spatiale entre métropole et périphérie s’accentue et transforme en profondeur le pays.
    Ce mouvement de fond amplifié par la crise et les contraintes budgétaires provoque un véritable «bloodshift territorial", les territoires riches aspirant la ressource financière devenue rare aux dépens de la périphérie.
    Conséquence pour les habitants : repli sur soi, déclassement, sentiment d’abandon avec une traduction politique directe : la montée de l’abstention et surtout du vote extrémiste, tant la désespérance s’installe dans ces espaces de déliaison sociale. 

    Accepter la discrimination entre citoyens selon son lieu d’habitation est inacceptable pour tout républicain ! Il nous faut redonner cohésion, espoir, perspectives.
    Reconnaître le fait métropolain, ne signifie pas pour autant abandonner territoires ruraux et péri urbains. Notre planète avec 10 milliards d’habitants aura besoin de se nourrir, se loger, se chauffer et de forêts entretenues pour renouveler son atmosphère.

    Nous devons revitaliser ces territoires autour :

    Des mobilités réelles ou virtuelles. La capacité de se déplacer est un marqueur social et spatial. Pour un métropolitain tout est possible, pour d’autres un vrai parcours du combattant. Il faut développer dans ces territoires des réseaux de transport multi modaux performants basés sur les différents éco systèmes locaux et créer les infrastructures nécessaires aux usages numériques les plus innovants.

    De la transition énergétique afin de lutter contre la précarité qui caractérise l’habitat de la grande périphérie et développer jeunes pousses et filières courtes (bois, matériaux bio sourcés, BTP) créatrices d’emplois locaux et de richesses, 

    De l’équité territoriale. Il ne peut y avoir une France à plusieurs vitesses et des citoyens de seconde zone, relégués, "invisibles". Il faut une péréquation juste, lisible, réactive au cœur d’un pacte républicain renouvelé liant collectivités et Etat pour remettre confiance et sérénité au cœur des relations entre acteurs clés des politiques publiques.

    Du lien social de proximité. En permettant à toutes les collectivités d’être en capacité de répondre aux besoins premiers des familles de plus en plus nombreuses qu’elles accueillent. 

     

    Imaginer aujourd’hui l’organisation territoriale de demain en baronnies ou duchés n’a plus de sens.
    Les dynamiques territoriales tel un réseau neuronal doivent trouver force et énergie dans l’épanouissement de tous les territoires, la qualité et vitalité des liens qui les animent et les relient afin d’initier un développement durable, solidaire et partagé du pays.

    Il est grand temps de réconcilier France des villes et France des champs autour d’un contrat territorial adapté à notre temps.

     

     

  • Le Développement Durable, matrice du socialisme du XXI eme siècle

    Etats generaux.jpgDans le cadre des Etats généraux du PS, nous avons organisé a Trilport une réunion dédiée à la "Sociale Ecologie", le jour même du vote de la loi "sur la transition écologique et la croissance verte" dont un des acteurs et non des moindres Jean Louis Bianco était présent avec nous.

    Ces états généraux sont l'occasion d'ouvrir les fenêtres, encore faut il le vouloir et le faire … Nous sommes nombreux à penser que c'est une nécessité; non pour des postures pré congrès mais plutôt pour laisser entrer la lumière, renouveler l'air ambiant, entendre les bruits et le tumulte du dehors, celui de la vie de tous les jours, contempler les paysages extérieurs, leurs perspectives, histoire de se confronter au monde réel comme  au nouveau qui se construit chaque jour, ici et ailleurs,

    Ouvrir les fenêtres, c’est surtout à un moment donné, arrêter l’entre soi, afin d'échanger avec les autres, tous les autres, au sens large, et de débattre de vrais sujets, de sujets de fond, surtout avec une telle thématique ...

    Placer la question sociale au coeur de la réflexion écologique constitue selon moi non seulement une avancée majeure, mais un passage obligé, une démarche totalement adaptée à notre territoire, tant ces deux questions sont liées inévitablement.

    De par son patrimoine naturel, la qualité de ses espaces et ressources (agriculture, filière bois, croissance démographique, sous sol, ressource en eau, émergence de filière en matériaux bio sourcés comme le chanvre ...), la Seine et Marne est une terre d'opportunités pour l'écologie, encore potentielles et en devenir pour beaucoup ...

    De par les contraintes subies au quotidien par trop de familles ayant le sentiment d'être des "laisser pour compte", abandonner, déclasser, du fait des conséquences d'une discrimination territoriale et sociale avérée : précarité énergétique, problèmes de transport, menaces liées à l'exploitation des gaz, huile et pétrole de schiste, 'état de la ressource eau …

    Chacun constate que la problématique est aussi éminemment sociale ... 

    C'est le sens de la contribution, en moins de 2700 signes (c'est la règle imposée) que j'ai commis pour ces Etats Généraux.

    Elle est intitulée "L'urgence environnementale, le Développement Durable, matrice du socialisme du XXI eme siècle"

     

     

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  • Dotations : pour éviter le tsunami

    J2M-Antenne-2.jpg

    Contester l’ampleur, le rythme et l’équité des baisses de dotations y compris dans les médias nationaux ou locaux ne signifie pas pour autant refuser de contribuer à réduire la dette publique, tant son niveau n’est plus soutenable.

    L’endettement du pays atteint désormais 2 000 milliards d’euros et représentera dans quelques semaines 100 % de la richesse nationale soit 30.000 euros par Français !
    Rappelons pour ceux qui auraient la mémoire courte que la dette a doublé entre 2002 et 2012, passant de 930 à 1860 milliards d'euros, dont 600 milliards pour le seul quinquennat de Nicolas Sarkozy ! Son remboursement constitue désormais la première dépense du pays.

    Les taux d’emprunt historiquement bas (2%) étant supérieurs à la croissance (1%), la dette publique augmente mécaniquement chaque jour, situation délicate qui amène le gouvernement à tout faire pour garder des taux compétitifs, d’autant que la croissance est toujours atone …
    Toute augmentation peut compromettre l'équilibre du budget, une hausse de +1% imposerait de trouver 30 milliards d'euros supplémentaires pour refinancer la dette !

    Il faut sortir de ce cercle vicieux, et au plus vite, les élus locaux en ont conscience, comme ils ont conscience de la nécessité de maitriser la dépense publique, beaucoup s’y emploient et n’ont pas attendu 2014 pour agir (cf ma dernière note) !
    Encore faut il que cela soit fait avec raison, mesure, circonspection, constance et surtout équité. J’ai la conviction que le scénario initial de baisse prévu par le gouvernement jusqu’en 2017, ne pourra être mené à terme sans conséquence douloureuse, tant il n'apparaît ni soutenable, ni raisonnable notamment pour les communes aux ressources les plus faibles.
    Il ne sera pas non plus sans conséquence sur l’investissement public et l’emploi local, et ce au plus mauvais moment, comme sur la cohésion sociale du pays, et ce dans des secteurs géographiques déjà très fragilisés où les habitants ont plus que besoin de services publics locaux de proximité.
    Ces baisses de dotations accentueront la discrimination entre citoyens selon leur lieu de résidence, une perspective inacceptable pour tout républicain !

    Le chemin de crête est étroit, mais des pistes de réponse concrètes selon moi existent :

    • Il est urgent de mettre en place des dispositifs de redistribution efficaces, pérennes et surtout équitables
    • Il me semble essentiel de favoriser au plus vite les investissements liés à la transition énergétique, tant ils sont porteurs d’économies structurelles sur le court, moyen et long terme …

    Enfin un moratoire suite au budget 2015 semble inévitable, tant je crains la casse territoriale, beaucoup de communes soient dans un état budgétaire très préoccupant dés 2015, notamment les communes aux recettes insuffisantes.

    Je vous propose d’aborder de manière concrète quelques pistes de réflexion personnelles

     

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  • Dotations aux communes : avis de Tsunami annoncé

    FR3.jpgC’est un véritable tsunami budgétaire qui va s’abattre sur nos territoires dans les prochains mois.
    Le plan d'économies de 50 milliards lancé par le gouvernement, justifié vu l’état de nos finances publiques et le poids de la dette, impactera directement les collectivités qui y contribueront à hauteur de 11 milliards d'euros d’ici 2017  ! 
    Mais l’ampleur de ces baisses, comme le rythme imposé par le gouvernement risque de mettre à mal les communes les plus fragilisées, une situation inacceptable !

    En 2014 la baisse des dotations s’est élevée à 1,5 milliard (sur 41,5 milliards), elle atteindra l’an prochain plus du double (3,7 milliards) provoquant des dommages collatéraux évidents aux collectivités que ce soit sur : 

    •  L’investissement, avec une baisse d’activités préjudiciable à l’emploi de proximité, vu le contexte économique local plus que dégradé,
    •  L’autofinancement, laminé à un niveau tel que leurs marges de manœuvre s’en trouveront plus que réduites, 
    • Les services dispensés aux habitants. Les communes les moins riches seront dans l’obligation d’en supprimer, c’est pourtant dans leurs territoires qu’ils sont le plus nécessaires !

    De nombreuses communes, jusque là sans problème, vont se retrouver inexorablement plongées dans le rouge, et bien malgré elles ! Certaines le sont déjà bien que cela ne se sache pas encore. Rappelons que contrairement à l'Etat ou aux collectivités allemandes (au passage) les budgets de nos collectivités sont eux équilibré et leur endettement maitrisé ne finance que les dépenses d’investissement.
    La mise sous tutelle par le Préfet, cas de figure exceptionnel, qui ne concernait jusque là que les villes mal gérées, risque de devenir bientôt quasi banale; ce sera alors au représentant de l’Etat de décider des dépenses à supprimer ou impôts à augmenter ! Selon l’Observatoire des Finances Locales, 600 communes sont aujourd’hui sur le fil du rasoir, risquant de basculer dans le rouge dés 2015, du fait d’un manque de ressources, l’effet domino guette …

    Quoiqu’en pensent les "sages" de la Cour des Comptes ou les experts de Bercy, la réalité des collectivités territoriales est multiple, du fait des écart de richesse entre les communes. A l’égalité théorique formelle, mieux vaut selon moi l’égalité réelle qui privilégie l’équité, avec de telles décisions, nous en sommes à des années lumière !
    La baisse de dotations concernera toutes les communes, mais impactera principalement celles aux recettes  insuffisantes, qui n’en sont plus, pour faire image, à tailler dans le gras de leurs dépenses (représentation, communication, cabinet …), ou au niveau du muscle (baisse des investissements) mais carrément « à l’os » !

    Si pour certains Maires l’interrogation est de choisir quelle dépense secondaire diminuer ou supprimer, pour d’autres le choix est plus existentiel : comment assurer la cantine, payer le personnel à la fin du mois, appliquer la réforme des rythmes scolaires, entretenir les écoles, trottoirs et routes, investir pour accueillir de nouvelles familles (écoles notamment)  ou mener la transition énergétique afin de pouvoir, enfin, réaliser des économies substancielles sur le court, moyen et long terme !

    C'est le refus de cette perspective qui est à l'origine de ma mobilisation, comme Maire, citoyen, membre de l’Association des Petites Villes de France. A ce titre j’ai répondu aux sollicitations de médias (France Télévision, Europe 1 …) venus m'interroger sur les conséquences concrètes de ces baisses. Prise de parole publique que j’assume vu les incidences pour la vie quotidienne de mes habitants de décisions dont je conteste à la fois l’ampleur, le rythme et plus que tout l’équité.

    Les digues de solidarité que nous entretenons au quotidien à grand peine, malgré tous les aléas et obstacles placés sur notre route afin de maintenir un minimum de cohésion sociale là où c’est le plus difficile et où les communes sont trop souvent le dernier acteur public présent et actif ( "S'il n'en reste qu'un !") risquent de lâcher d’un coup. Ce qui serait terrible pour des habitants se considérant déjà délaissés devenant du coup encore plus «invisibles» ! Les conséquences en seront dramatiques pour des territoires délaissés dans lesquels vivent de plus en plus de familles fragilisées. Contexte que les lecteurs de ce blog connaissent ayant fait l'objet à de maintes reprises de billets consacrés à la fracture territoriale ou à la « France périphérique » (rappel de ces notes à la fin).

     Pour planter le décor, rien ne vaut le réel. Aussi, avant d’explorer des perspectives d’ordre plus général et de faire des propositions concrètes (il y en a !), voici la situation d'une commune parmi d'autres, évoquée de manière synthétique mais dynamique, car un budget est avant tout une dynamique !

    Ville dont je connais assez bien les caractéristiques cependant puisque c’est celle dont je suis le Maire, Trilport. 

     

     

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  • Les territoires 3.0 : Mobilis in mobile

    carte SNCF.jpgNous sommes les héritiers d’une société en voie de disparition dont les repères sont pourtant toujours gravés dans nos gènes, tant ils étaient immuables jusque là. Mondialisation, crises successives,  multiplication des échanges avec les pays émergents, omniprésence d’internet, autant de révolutions qui ont tout bouleversé.
    La terre est redevenue « plate », pour reprendre le titre d’un célèbre livre (Friedman) d'il y a quelques années, un nouveau monde émerge et bouscule ce faisant les schémas traditionnels d'une société pyramidale, verticale, quelque peu immobile …

    Devant une telle mutation, quelle place, dans ce qui n’est jusque là qu’un débat technique sur l’organisationnel, doit on réserver à l’homme, afin de lutter contre les menaces que sont la ghettoïsation, le repli identitaire, le communautarisme, le délitement de la vie démocratique, l’absence de débat de fond,  la montée du consumérisme et de l’individualisme ? 
    Car il y a problème ! Nous appartenions jusque là à des « communautés » uniques, bien cloisonnées, délimitées par des repères identifiés, mais aujourd'hui nos appartenances sont multiples, de quoi avoir le tournis ou le vertige tant la société est fracturée, éclatée et de plus en plus déshumanisée.

    La question identitaire se pose, elle est centrale. Encore faut il rappeler que l’identité se construit autour d'une dynamique, véritable trajectoire entre un point de départ et une destination : le cap à atteindre. Ne la réduire qu’à nos seules racines mène à une impasse, vide de sens, et source de conflits sans fin, car l'identité se construit au fil du temps et des évènements.
    C’est toute la problématique actuelle : sans cap à atteindre comment bâtir un "vivre ensemble" commun que l’on soit en capacité de partager ? S’il est bon de savoir d’où l’on vient, il est essentiel de savoir où l’on va …

    En 2012, une équipe de géographes a étudié pour la Datar «les systèmes urbains français», explorant les différentes configurations susceptibles de faire évoluer  politiques d’aménagement et gouvernances. Hypothèse retenue : pour appréhender fonctionnement et dynamique territoriale intégrer l'étude des «liens» comptent autant que les périmètres des pôles. Suite à leurs travaux une nouvelle représentation des territoires est apparue, permettant de « visualiser » les dynamiques animant nos territoires, l’incidence des différents espaces temps qui cadencent nos vies, ou simplement le degré d'urbanisation du pays.
    Au delà de ses paysages ruraux la France est devenu un archipel d’aires urbaines, tant les usages et besoins des habitants, exprimés ou ressentis, sont exclusivement urbains.
    Mais comment représenter des bassins de vie évolutifs par essence, qui s’affranchissent allègrement des «frontières» administratives traditionnelles ? La réponse traditionnelle jusque là est celle de conteneurs successifs, véritables poupées russes s'emboitant les unes aux autres, dois je souligner que la réforme territoriale proposée aujourd'hui conforte ce vieux schéma, agrandissant seulement les périmètres (seuil des 200 000 ou des 20 000 habitants actuellement brandis par la technostructure), ce qui ne répond pas forcement à la problématique et menace à terme d'éloigner le citoyen du projet commun, mais j’y reviendrais.

    Certaines structures intègrent par obligation cette donne :  réseaux d’eau et d’assainissement, de plus en plus interconnectés, de transport devenant de véritables éco systèmes, tant la multimodalité exige des équilibres économiques et interrelations complexes qui doivent pourtant apparaitre ç chaque usager comme simple et limpide, dernier exemple, quasi systémique, les comités de bassin des agences de l’eau dont la logique repose sur les cycles de l’eau et les bassins versants. Autant de nouvelles pistes intéressantes à explorer et affiner. 

    Quels sont les nouveaux modes de gouvernance à mettre en place pour concilier ou plutôt réconcilier, l’efficacité, l’agilité, la dynamique, la réactivité et la "cognitivité" que doit porter tout territoire avec des citoyens qui doivent s'y retrouver (au propre comme au figuré) et être en capacité d'élaborer, animer et partager un projet de société commun.

    Pas d'échappatoire, il nous faut renouer avec le concept d’humanité, pourquoi ?

     

     

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  • Les territoires à l’heure du big bang

    photo 3-1.JPGLa Terre tourne, de plus en plus vite et subit une véritable «accélération dans l’accélération» ! Le sémaphore de Claude Chappe de la France révolutionnaire de 1789 a disparu depuis belle lurette, remplacé par internet ou la 4G et les chevaux qui délimitaient autrefois les périmètres des départements révolutionnaires regardent désormais passer des voitures électriques.
    Cette "nouvelle donne » n’est plus un scoop pour nos concitoyens depuis un bail, tant ils sont conscients de vivre une période charnière. Jamais le monde n'avait évolué aussi vite : mondialisation, développement des pays émergents, omniprésence d’internet, urgence écologique… Un véritable « changement de temps et d'espace" pour reprendre l'expression chère à Léonard de Vinci !

    Face à ce bouleversement, redéfinir l’organisation politique et administrative du pays a incontestablement du sens; et si depuis de nombreuses années beaucoup estiment prioritaire d’engager une mutation, reconnaissons que seul Deferre l'a initié, mais c'était en 1982, une autre époque déjà ...
    Pourtant la France se transforme en profondeur, implicitement sans le reconnaitre, du coup elle développe lourdeurs, paradoxes ou fractures, loin de représentations désormais désuètes. La modernisation initiée par François Hollande amorce un  mouvement de fond, dans lequel certains principes doivent cependant prévaloir : efficacité, démocratie, et surtout équité sociale, tant la fracture territoriale est aujourd’hui cruellement présente !
    L'organisation territoriale doit être l'outil (et non constituer l'objectif) qui permet l’épanouissement des habitants, qui sont, où qu’ils vivent, des citoyens à part entière de la république !

    Le but de la réforme initiée ne doit pas être de réaliser des économies à court terme mais bien d’apporter au pays plus d’agilité, de fluidité, et de solidarité afin de le placer en capacité de répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain et de donner la faculté à ses habitants de s'y épanouir.
    Aussi, il convient tout en maintenant un rythme soutenu, sans confondre vitesse et précipitation pour autant, de mener cette mutation en cohérence en veillant à renforcer la cohésion sociale du pays, de plus en plus abimée aujourd'hui. La clé de voute d'une telle réforme ne peut être le périmètre, j’y reviendrais, mais bien les moyens, compétences et capacité d’action affectés aux différents acteurs territoriaux.

    Une nouvelle carte politique se dessine peu à peu, insidieusement, accentuant la fracture croissante entre les métropoles et une France «périphérique» de plus en plus déclassée et mise à l’écart. Phénomène amplifié par la raréfaction de l’argent public et la dégradation des ressources des communes, notamment des moins riches, du fait de baisses de dotations qui les atteint plus que les autres; elles sont pourtant positionnées   en première ligne afin d'amortir les effets de la crise et de constituer les digues de solidarité indispensables à la cohésion du pays, digues qui menacent aujourd'hui de rompre à tout moment …

    La vision traditionnelle d’une organisation territoriale pyramidale, monolithique et identique partout dans le  pays, repose sur une vision étriquée et réductrice de la république, faussement égalitaire qui sanctuaires de fait des périmètres souvent dépassés; périmètres défendus bec et ongles par des barons locaux dotés d'une vision patrimoniale  "statique" qui montre cruellement ses limites aujourd'hui !
    Cette vision est mise en brèche par une nouvelle approche pro-active, basée sur les flux (personnes, intellectuels et culturels, économiques et financiers ... ), et une analyse systémique se nourrissant des complémentarités, liens et synergies qui tissent le pays. Un territoire est avant tout une dynamique.

    L’Etat n’est plus le  «maître des horloges» d'antan, vestige d'une conception mécaniste de la société désormais dépassée, mais doit trouver un second souffle afin d'apporter à l’éco système territorial les moyens et la capacité de maintenir son "homéostasie". La société de l’information et les mobilités dans laquelle nous vivons désormais est proche d’une organisation neuronale (voir cognitive).
    Si notre République est une et indivisible, la France est avant tout  terre de contrastes, ce qui nécessite une approche différenciée tenant compte de ses spécificités comme de l'espace temps : structures, moyens alloués, nécessité de maintenir des collectivités intermédiaires (conseils départementaux) afin de maintenir la cohésion indispensable des territoires les plus fragilisés.
    Si l'on y prend garde, le sentiment de déclassement risque fort de se développer dans les territoires qui souffrent le plus durement aujourd'hui, avec à la clé de multiples conséquences, pour certaines exprimées lors des derniers scrutins, car  «Eloignés du peuple, le peuple s’éloignera d’eux» (Edgar Morin) …

    Autant dire que la réussite "sociale" du big bang territorial est cruciale.

    Alors quelle est la structure territoriale à privilégier ? région, département, intercommunauté, commune ?

     

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  • Télécentre Nomade Office : Bienvenue à "Fab Land"

    telecentre-mini-1.jpgLe télécentre de Nomade Office inauguré lundi dernier à Trilport, est un équipement novateur à plus d’un titre, mais avant de présenter plus en détail cette réalisation, je veux saluer la remarquable aventure humaine qui a accompagné sa création.

    Le soutien des collectivités a été déterminant, rien n’aurait été possible sans l’engagement financier de la Région et du Département dont il faut saluer le sens de l’anticipation, ou  encore le rôle d’assembleur joué par  la ville de Trilport, mais il faut surtout rendre hommage à l’équipe qui anime et "habite" ces lieux, et depuis de nombreux mois poursuit une véritable chimère, Graal quasi inaccessible : ouvrir le premier télécentre péri urbain d’Ile de France, sous la forme d’une entreprise de l’Economie Sociale et Solidaire !

    Le collectif piloté par Cathy Veil a franchit tous les obstacles semés sur sa route, les uns après les autres,  véritable chemin de croix qui en aurait décourager plus d’un. Les embuches rencontrées étaient de tout ordre : financières, juridiques, administratives, techniques enfin, n’ont pourtant pas empêché cette ouverture, elle l'ont simplement retardé de quelque mois. Ils ont démontré que l’esprit d’équipe et celui d’entreprise peuvent renverser des montagnes, avec Nomade Office nous sommes déjà dans l’ère de l’économie agile, collaborative mais aussi déterminée.


    Le jour d‘une inauguration tout à l’air simple, même si depuis Léonard de Vinci nous savons que la simplicité est une « sophistication suprême » qui cache le plus souvent une grande complexité et la présence d’une chaine d’acteurs multiples, dans laquelle chaque maillon est essentiel, les propriétaires de cet immeuble de bureaux y compris. Il faut saluer la confiance qu’ils ont toujours manifesté pour ce beau projet, un équipement unique, qui constitue un véritable condensé de l’intelligence collective de ce territoire auquel nous sommes si attachés.

    La fibre optique est un lien de lumière, un trait d’union, un réel coefficient multiplicateur dont personne ne nie la puissance potentielle, mais elle ne constitue qu’un élément de ce télécentre, au même titre que le chanvre cultivé ici et transformé à quelques kilomètres, le bois local, le design, et surtout l’intelligence collective qui habite ces lieux, qu’elle soit portée sur les usages numériques, l'architecture, nous sommes devant un aménagement intérieur d’une efficacité énergétique exemplaire, en bio sourcé local s’il vous plait, ou communicante. Une communication authentique, fraiche, innovante, décalée et surtout porteuse de sens et de signifiant.

    Si ce télécentre est unique par bien des aspects, il le doit avant tout à son collectif, la créativité est présente dans chaque maillon d’une chaine aux talents multiples qui a su apporté une touche véritable d'humanité, tant cet espace cumule les avantages du domicile et du bureau :  lieu convivial, humain, chaleureux, « cocoon » associé à une atmosphère et des services très professionnels…

    Nous sommes en présence d’un véritable démonstrateur de ce que peut apporter aujourd’hui cette terre de Brie à l’Ile de France en innovation et valeur ajoutée …

    Quels enjeux pour notre territoire ?

     

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  • Retour sur les Assises des Petites Villes de France

    apvf-annonay.jpg

    Les XVII Assises des petites villes de France (APVF) qui se sont déroulées à Annonay  marquent un tournant dans la vie de cette association, Martin Malvy, son fondateur ayant décidé de passer la main après 24 ans de Présidence.

    Dans son intervention, il a rappelé avec émotion les mots de François Mitterrand lors des assises de 1991 à Chinon, dans un discours de très haute tenue : «c'est à travers ces villes, ces lieux, que s'est constitué l'humus qui veut qu'aujourd'hui la France ait su traverser les siècles, son premier millénaire. »le Président de la République soulignant que « les Petites Villes sont pour la France un facteur de civilisation déterminant … »

    Martin Malvy laisse une association en plein développement, fédérant 1 200 communes de 3 000 à 25.000 habitants péri urbaines, rurales, ou Centre Bourgs, dont beaucoup en pleine dynamique, avec une population en  augmentation, dont de nombreuses familles et de jeunes, ayant grand besoin de structures et de services adaptés.
    Il est remplacé par un duo de choc  : Olivier Dussopt, nouveau Président, Député-maire d’Annonay (PS), benjamin de l’Assemblée Nationale, rapporteur du texte de loi consacré à la modernisation de l’action publique et à la création des métropoles, et Pierre Jarlier, 1er Vice Président délégué, le Sénateur-maire (UDI) de Saint-Flour,  élu influent de  la Commission des finances et très impliqué dans la défense des collectivités territoriales.

    Ce tandem complémentaire, représentatif et respectueux des équilibres politiques et géographiques de nos petites villes, accède aux responsabilités dans un contexte difficile mais il est  assuré du soutien des élus qui l'ont désigné à l'unanimité comme le nouveau Conseil d’Administration de l’association dont je fais partie. Soulignons que Marylise Lebranchu, Ministre de la décentralisation et de la fonction publique, avait tenu à être présente, belle marque d'amitié pour Martin, Olivier et Pierre et d'intérêt pour l'action de l'APVF.

    La thématique de l'édition 2014  « Territoires : y a-t-il un avenir hors des métropoles ? » a constitué le vrai fil rouge de nos débats. Outre les ateliers proposés, deux tables rondes ont marqué ces deux journées de travail : 

    «Comment faire avec moins dans les collectivités ?», avec une intervention lumineuse de Eric Heyer de l'OFCDE soulignant les risques pour notre économie d’une austérité trop marquée, accentuée par la baisse des dotations des collectivités prévues par le gouvernement, qui impactera directement nos territoires, tant au niveau de l'emploi que de l'activité. Sentiment conforté par Thomas Rougier, Directeur des études de la banque postale,qui chiffres à l’appui a rappelé le poids significatif des collectivités dans l’économie nationale, des propos que le témoignage de Bruno Cavagne, Président de la Fédération Nationale des Travaux Publics, extrêmement inquiet des baisses d’investissement initiés qui pourraient avoir dés cette année de très graves conséquences pour les entreprises et l’emploi local a complété utilement.

    La table ronde finale « Réorganisation territoriale : Y a t’il un avenir hors métropole », a donné lieu à des échanges passionnants, sans langue de bois, ni tabou. Un débat lancé sur de bons rails grâce aux cartes iconoclastes de Christophe Giulli, comparant inégalités territoriales, sociales et vote extrémiste (que de similitudes !), durant lequel  Marylise Lebranchu a fait preuve, comme à son habitude, d'une très grande qualité d’écoute et, avec bien d’autres, indiqué des pistes de réflexion intéressantes : nécessité de revoir les critères de la Dotation Globale de Fonctionnement, d'une péréquation plus marquée, pour plus de solidarité entre les territoires .
    Telle a été le sens de l'intervention que j'ai faite lors de cette table ronde : quitte à diminuer les dotations des collectivités (il faut bien participer à l'effort général !), autant tailler dans les recettes des collectivités qui ont beaucoup de "gras", et il y en a, de nombreuses et de puissantes, que tailler dans l’os celles qui ont aujourd'hui le plus grand mal à boucler leur budget pour des dépenses essentielles. Entre les dépenses accessoires somptueuses de certains, le superflu n'est pas loin, et les services indispensables que trop de collectivités n'arrivent pas à mettre en place ou plus à assumer, faute de financement, il y a plus qu'un monde de différence !
    Il n’est pas admissible que les baisses de l'Etat  impactent mécaniquement de la même proportion toutes les communes, les riches comme les pauvres, et ce faisant, fragilisent les plus faibles, accentuant les inégalités territoriales, qui se rapprochent d'une vraie fracture. Gare à la catastrophe sociale majeure qui pointe dans certains territoires et à l'effet domino systémique.

    Manuel Valls a clôturé nos travaux avec un discours attendu, indiquant sa volonté de laisser une large part à la concertation et au débat parlementaire afin de finaliser la réforme territoriale (seuil de 20 000 habitants pour les intercommunalités, nécessité de maintenir un lien de proximité entre communautés de communes et régions au sein d'une entité « départementale », à la structure restant à définir), annonçant un renforcement de la péréquation et la prochaine réforme de la Dotation Globale de Fonctionnement pour obtenir une répartition plus juste des dotations d'Etat.
    Les Maires ont apprécié sa présence (un seul Premier Ministre était jusque là venu à ces Assises, Lionel Jospin en 1999) comme les mots prononcés « Vous êtes les premiers à retisser les liens, à entretenir le lien social, vous êtes au contact d'une France qui doute ... Vous êtes au contact d'une france qui n'a pas perdu confiance dans ses élus que vous êtes » ou l'injonction de Marylise Lebranchu  «Soyez fiers d'être des élus ».
    Mais bien plus que des mots, ce sont des preuves d'amour que les Maires des Petites Villes de France attendent désormais.

    Tel est le sens, de la résolution finale des assises qui clôture traditionnellement ce rendez vous annuel, regroupant nos propositions, attentes et demandes ...
    Elle porte principalement cette année 
    sur la réorganisation territoriale du pays et les conséquences des baisses  des dotations d’Etat, dont l'ampleur ne nous semblent pas "raisonnable". Elle réaffirme également l’importance mais aussi la fragilité, pour la vie quotidienne et le devenir de nos territoires et de nos concitoyens, du maillon essentiel que constitue nos  petites villes dans l'aménagement de l'espace du territoire et la cohésion sociale, justement en dehors des métropoles.

    Vous trouverez ci joint, les principales demandes de cette résolution.

     

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  • Le désarroi des "oubliés" des villes péri urbaines

    peri-urbain.jpg

    Un journaliste du Monde m'avait interviewé en novembre  2013 avec d'autre Maires, toutes tendances politiques confondues, dans le cadre d'un article élaboré en prévision des Municipales de Mars 2014 intitulé  "Ile de France : le désarroi des oubliés de la zone 5"  centré sur les difficultés des communes péri urbaines franciliennes.

    Cet article prend aujourd'hui une autre dimension après les résultats des derniers scrutins municipaux ou européens, qui ont largement confirmé les craintes que nous avions émises, mais également, après l'annonce par le gouvernement d'une nouvelle baisse des dotations aux collectivités qui s'ajoutera à celles prévues pour 2014 et 2015 !
    Une annonce qui plonge les élus dans une très forte inquiétude dont je me ferais l'écho dans deux jours  aux Assises des Petites Villes de France qui se tiendront à Annonay.

    Je vous propose de revenir sur des extraits de l'article d'Eric Nunes publié dans le Monde du 5 novembre.

    « Dans le contexte d'un Etat exsangue, l'effort budgétaire de 1,5 milliard d'euros réclamé par le gouvernement aux collectivités territoriales se traduira par une baisse des investissements des communes... 

    Parallèlement, la Cour des comptes, dans un rapport sur les finances des collectivités territoriales publié en octobre, engage les élus locaux à contrôler davantage leurs dépenses de fonctionnement. « Mais on ne peut pas presser un citron qui est vidé. C'est quoi nos marges de manoeuvre, quand 95 % de nos dépenses sont incompressibles ? », interroge Philippe Rio, maire communiste de Grigny (Essonne), 26 000 habitants. Dans cette ville pauvre, surendettée, « les jeunes n'ont ici plus de rêves, plus d'espoir. Mais nous sommes sans marge financière pour maintenir une politique locale. La fracture territoriale ne cesse de se creuser », déplore-t-il. en difficulté ? »

    Pour beaucoup d'élus, le rappel à l'orthodoxie budgétaire des magistrats de la Cour des comptes agace.
    « Je les invite dans ma municipalité et qu'ils m'indiquent où ils voient de la gabegie de deniers publics ! », lance Jean- Michel Morer, maire socialiste de Trilport (Seine-et-Marne), 5 000 habitants. « L'Etat me contraint à mettre en place la réforme des rythmes scolaires, je dois également financer une police municipale et batailler seul pour protéger des zones agricoles contre des constructions illégales. On ne cesse de charger notre barque tout en nous enlevant toujours plus de moyens. »

    Les territoires périurbains de l'Ile-de-France figurent parmi les plus fragiles, soulignent leurs édiles. A cinq mois des municipales, les conséquences pourraient se payer. « Les jeunes qui n'ont pas de boulot finissent par voter FN », avertit Jacques Profit, maire divers gauche de Fontenay-Trésigny, 5 000 habitants (Seine-et-Marne).

    « Mener sur ce territoire une politique locale, c'est mener la guerre au sentiment de déclassement, poursuit Jean-Michel Morer. La capacité d'écoute, d'action et la proximité du maire et de ses services sont la dernière digue de cohésion sociale.

    Le FN l'a très bien compris. En 2012, Marine Le Pen en campagne est venue à Trilport soutenir des facteurs dont les postes étaient menacés. Elle a parlé proximité et service public. C'est très habile. » La candidate du FN a recueilli plus de 22 % des voix à Trilport lors de la présidentielle. « La France de la périphérie ne doit pas être une terre de relégation », conclut le maire socialiste de Trilport."

     

    Autant dire que les derniers résultats n'ont fait que confirmer nos inquiétudes d'alors. Soulignons que les premières baisses de dotations impactent directement nos budgets dés cette année, et se révèlent critiques pour les communes sans trop de moyens comme Trilport. Nous ne taillons plus dans le gras, depuis de nombreuses années, ni dans le muscle d'ailleurs, mais nous en sommes réduits désormais  à tailler carrément dans l'os, alors que l’État annonce de nouvelles baisses qui devraient se prolonger jusqu'en 2017.
    Dans le même temps, il impose la mise en place des rythmes scolaires, sans nouveaux moyens financiers pérennes, l'application de la loi SRU qui se traduira par l'arrivée de nouveaux habitants (rien de plus normal vu les besoins en logements de tant de nos concitoyens) nécessitant obligatoirement la mise en place de nouveaux services et la création d'équipements et d'infrastructures qu'il faudra bien financer !

    Je n'ose penser au prochain budget 2015, à chaque jour sa peine, car je reste persuadé que le bon sens l'emportera sous peine d'une catastrophe sociale majeure et d'un effet domino systémique ...

    Les habitants et les élus peuvent compter sur mon entière détermination pour agir en faveur de nos territoires, il s'agit ici seulement de défendre l'égalité territoriale et la justice sociale pour des habitants qui n'ont pas la chance, ni les moyens, d'habiter et de vivre dans les grandes villes.

      

  • Carnets de campagne : dernière ligne droite

    savigny-campagne.jpgInexorablement ces élections approchent de la fin et peu le regretteront au regard de la fatigue des troupes comme des électeurs. Cette dernière semaine sera cruciale tant elle correspond à la cristallisation de la prise de décision chez nos concitoyens, pas tous encore réellement fixés sur leur choix, ou du moins de ceux qui viendront voter. 
    C’est dans les prochains jours que le choix de voter efficace doit s’imposer à ceux désirant réellement et concrètement une autre Europe que celle proposée par Monsieur Junker. Ne l'oublions pas : "voter UMP, c'est voter Junker, ne pas voter, ou éparpiller son bulletin de vote sur une petite liste, c'est laisser élire Junker et avec lui, la ligne Barroso !"
    Chacun a le droit de ne pas être content de l'Europe, j'en suis, alors autant la changer, non ? Le paradoxe est que la majorité de ceux qui la critiquent ne se déplaceront pas pour voter dimanche 25 mai !
    Tout l’enjeu de cette campagne, et in fine, de la victoire de Martin Schulz est là : voter efficace; d’autant que partout dans le pays, au regard de l’émiettement des listes (31 en Ile de France), de l’importance de l’abstention, le moindre pour-cent de gagné peut se transformer en un siège de plus. L'Ile de France n’échappe pas à la règle, selon le nombre de bulletins, le PS peut se retrouver avec 2,3 ou 4 députés européens d'après les estimations actuelles !

    Force est de constater et surtout de regretter que les médias nationaux n’ont pas défendu l'idée européenne, loin s’en faut, ils ont même été en dessous de tout, et au premier rang les chaines publiques !
    Il n’est pas admissible qu’une couverture maximale soit réservée à des émissions de télé réalité, de  télé crochets ou des évènements d’une importance mineure pour le pays, et si peu pour l'Europe ! Refus de retransmettre le débat entre les cinq postulants, aucun reportage consacré aux différents candidats au poste de Président du prochain Conseil Européen, dont l'un incarnera durant les cinq prochaines années notre continent, aucune enquête sur le double langage de  députés si inactifs et silencieux à Bruxelles et si bavards dans les médias nationaux à Paris, dans leurs critiques de l'Europe ...
    Pour le devoir d'investigation, vous pouvez repasser, autant chercher ailleurs, dans d'autres pays, "nos médias"  se contentant de faire le lit de l’abstention comme celui du FN.
    Faut il rappeler que les téléspectateurs français ne devront qu’à l’habileté politique du premier Secrétaire du PS Jean Christophe Cambadélis, piégeant une chaîne publique à son propre jeu, d'écouter Martin Schulz à une heure de grande écoute, palliant ainsi quelque peu la lâcheté d'un journaliste qui n’avait pas désiré aller à l’encontre de Madame Le Pen refusant de débattre avec le coriace contradicteur qu'est Martin Schulz ! Un journaliste beaucoup moins conciliant avec d'autres femmes politiques, de gauche il est vrai !

    Je veux saluer ce rayon de soleil qu'est l’implication enthousiaste des militants engagés dans cette campagne, pourtant KO debouts après les municipales, et qui malgré un vent mauvais se défoncent chaque jour, histoire de grappiller les quelques voix, qui dimanche prochain, peuvent se traduire par un siège supplémentaire, contribuant ainsi à faire gagner Martin Schulz et avec lui l’Europe !
    L'objectif est que la liste menée par Pervenche Beres ait le plus de députés, si possible même un Seine et Marnais,  « local de l’étape » comme les militants l’annoncent sur les marchés de ces terres de conquête et de reconquête que sont nos villes et villages de Brie ou lors des opérations de porte à porte, avec pour certains un brin de fierté dans la voix, tant cela est rare.

    Les séquences électorales successives de ces derniers mois, dont l’une  toujours en cours, démontrent qu'il nous faut au plus vite, retisser les liens distendus, quelquefois même rompus avec nos concitoyens, nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement et j’ai la conviction que la victoire de Martin Schulz peut nous y aider, encore faut il qu'il gagne

    Plus que six jours pour changer la donne en Europe …

     

  • Municipales : ma part de vérité (1/2)

    municipales.jpgJe me suis refusé à  analyser à chaud les résultats des dernières municipales, préférant prendre le temps de la réflexion, tant le choc a été rude, même si localement nous avons échappé au carnage …
    Trop de casse et d’injustice pour beaucoup d’élus dévoués corps et âmes à leurs communes, aux quelles ils ont consacré vie personnelle et professionnelle, énergie et compétences durant des années, avec souvent des résultats remarquables, situation qui n’a pas empêché beaucoup d’entre eux de payer cash une addition qui n’était manifestement pas la leur.

    C’est un sentiment fort de gâchis et d’injustice qui prédomine, même si comme l’a écrit Bernard Poignant, un des grands vaincus du scrutin, reprenant Léon Blum « l’ingratitude est un droit du suffrage universel. Un score ne s’apprécie pas avec des sentiments affectifs. Il se constate et se respecte, parce qu’il exprime un choix et une volonté de l’ensemble des citoyens. ».

    Chacun sait que pour tout gouvernement les élections intermédiaires sont délicates et dépendent du climat économique et social, ou de facteurs irrationnels. Pourtant le résultat des municipales de mars 2014 interpelle tant il apparaît comme exceptionnel, au regard de l’ampleur de l'hémorragie subie par la gauche qui a perdu en deux semaines 151 villes de plus de 10 000 habitants. D'autres enseignements sont également à en retenir car lourds de sens pour les années à venir  :

    o   L’importance de l’abstention, inédite pour des élections municipales (37%), incontestablement une partie de l’électorat de gauche a voulu sanctionner les candidats soutenant le gouvernement,

    o   l’échec cuisant des candidats PS à Grenoble, Montpellier et La Rochelle battu par des candidatures dissidentes

    o   La poussée évidente de l'extrême droite qui remporte dix villes et obtient plus de 1 200 conseillers municipaux contre 80 auparavant, franchissant ainsi une étape clé dans son implantation locale,

    o   L’échec du front républicain, victime du "ni-ni" de Copé et des années Sarko / Buisson comme de la réticence d’électeurs de gauche à voter UMP au second tour. Autre enseignement du second tour, lors des triangulaires beaucoup d’électeurs ayant voté FN au 1er tour ont voté UMP afin de battre le candidat PS,

    o   Les dissensions à gauche qui ont fait perdre beaucoup de villes, offrant même sur un plateau Mantes au FN, une attitude totalement irresponsable et inadmissible.

     

    Pour la droite, ce succès est inespéré, au regard de son bilan (elle n’est pas pour rien dans l’état actuel du pays), de l’absence de projet alternatif manifeste, de la faiblesse également de certaines candidatures locales et des scandales à répétition qui ont frappé l’UMP ces dernières semaines.

    Cette défaite marque également la fin de l’âge d’or du  « socialisme municipal ». L’aspect local de l’élection, la qualité de la gestion des maires sortants ont été balayé par des considérations politiques d'ordre national, ce qu’à titre personnel je regrette.
    Les électeurs  ne doivent pas oublier qu'ils ont porté aux responsabilités des équipes qui devront gérer au quotidien durant les six prochaines années leurs communes, mettre en oeuvre et animer les politiques publiques de proximité nécessaires à leur plein épanouissement, dans un contexte que chacun s’accorde à reconnaitre plus que périlleux. Beaucoup regretterons sans doute leur bulletin et les élus méritants qu'ils ont sanctionné.

    L’onde de choc initiée risque fort de faire passer à droite le Sénat dans quelques mois ainsi que de nombreux départements et régions l’an prochain, à moins que le nouveau gouvernement ne réussisse à sortir de cette spirale de l’échec et d'inverser une tendance déjà très compromise.
    La réaction de François Hollande a été pour une fois rapide et à la hauteur de la gravité du moment, il y a urgence, incontestablement. Il y aura bien, un avant et un après municipales dans ce quinquennat. 

    Mais comment expliquer une telle catastrophe électorale ? Et surtout quoi faire pour rebondir après un tel cataclysme ?
    Je vous propose quelques pistes de réflexion personnelles, ma part de vérité en quelque sorte, en deux temps : l’un relatif aux causes, puis dans un prochain billet, explorer quelques propositions d’actions permettant selon moi de rebondir, car c’est surtout cela qui importe. Nous devons préparer dés aujourd’hui les conditions d'inverser la tendance pour les prochaines élections locales, pas pour gagner un match mais pour proposer de nouvelles perspectives correspondant aux valeurs que nous portons.

     

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  • De nouveau Maire de Trilport

    elections-1.jpgMe voilà de nouveau Maire de Trilport, après le résultat acquis dans les urnes dimanche 23 mars. Un succès net, plus de 52% des voix, dans un contexte plus que délicat que le second tour des municipales n'a pas atténué au niveau national ce week end, loin s'en faut.
    Je remercie les Trilportais qui nous ont renouvelé leur confiance une fois de plus. Nous ferons tout pour être à la hauteur des espoirs placés en nous.

    Cette victoire électorale est d’autant plus précieuse qu’elle a été acquise dans un contexte politique particulièrement difficile dans lequel de nombreux élus qui avaient bien travaillé ont payé localement une addition nationale. A mes yeux ce succès électoral n’est certainement pas celui de la gauche contre la droite, nous sommes dans un scrutin local, mais bien celle de Trilport notre ville avant tout. Il récompense :

    - Une action, certes imparfaite, mais concrète et indiscutable, qui a du tenir compte de bien des aléas, 
    - Un bilan, dans lequel la parole donnée a été respectée. Je veux saluer tous les élus qui ont passé le relais, après avoir travaillé sans relâche, exigence, responsabilité, esprit d’écoute, énergie et enthousiasme ces six dernières années, afin de faire avancer Trilport, ce dont je les remercie. 
    - Une campagne républicaine, citoyenne, respectueuse des Trilportais qui a su rester digne, citoyenne, républicaine,  éviter toute attaque personnelle, amalgames, approximations, déformations ou altérations de la vérité ou mensonges. Nous sommes restés dans le champ des propositions, cherchant à rassembler plutôt qu'à diviser, quelquefois artificiellement, car c’est bien de rassemblement dont nous avons besoin pour faire avancer ce territoire.
    - la qualité d'une équipe, composée de femmes et d’hommes d’horizons divers, très impliqués dans la ville, représentatifs de ses différents quartiers et générations, une équipe renouvelée par l'arrivée de nouveaux élus désireux d’apporter un regard neuf à l’action municipale,

    Tout nouveau mandat pour une équipe sortante, est à la fois la poursuite de l’action engagée, mais également une nécessaire rupture. Une ville évolue, se renouvelle, connait de nouveaux besoins, a de nouvelles demandes à satisfaire, et l'action menée n'est jamais exempte de défauts, ce qui exige une remise en cause des méthodes, des procédures, et nécessite d’intégrer de nouvelles priorités.

     

    à suivre

     

     

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  • Municipales, dernière ligne droite avant ...

    programme.jpgLa campagne des municipales touche à sa fin ... Il est temps ... dernière réunion publique hier soir ... ultime distribution de tracts en cours ... Dimanche les électeurs choisiront, le mandat de tout élu est un CDD et c'est bien ainsi.

    Comme en 2008, j'anime une liste d’ouverture, sans attache politique revendiquée, pourquoi ?
    Tout simplement parce que j'essaie de réunir toutes les bonnes volontés et les meilleures compétences pour gérer une ville de 5 000 habitants, connaissant pas mal de contraintes. Aujourd'hui plus qu'hier il est essentiel de rassembler plus que de cliver, afin de défendre au mieux un territoire auquel nous sommes attachés et des valeurs qui nous sont chères. Autant le faire autour d'un projet de ville commun et partagé. 
    J'ai réuni des femmes et des hommes d’horizons divers, impliqués dans la vie de la cité, attachés et aimant cette ville et représentatifs de ses différents quartiers ou générations.
    Précision importante, j‘assume totalement mes opinions politiques, lorsque le vent est porteur, ce qui était le cas en 2008, ou lorsqu'il est l'est moins, comme aujourd'hui. Mais comme élu, je suis le Maire de tous les habitants, quelque soit la couleur de leur bulletin de vote et pense l'avoir démontré au fil de ce mandat.
    Notre équipe est renouvelée de moitié, une ville évolue, a de nouveaux besoins, doit répondre à de nouvelles demandes, ce qui exige une nécessaire remise en cause des méthodes, des procédures, comme la nécessité d’intégrer de nouvelles priorités.
    Il est à mes yeux indispensable d'intégrer des femmes et des hommes apportant un regard neuf à l’action municipale, vecteurs d'une nouvelle dynamique et de leur laisser une vraie place.
    Dans le même temps, une ville a besoin avec le développement de l’intercommunalité et la complexité croissante des dossiers à traiter, de compétences,  disponibilité, d’expérience et de connaissances.  Voilà pourquoi, je tenais à réunir ce mix. Précision, l’équipe que nous présentons aux Trilportais est plus jeune que celle de nos concurrents.

    Si l'on ne gagne jamais une élection sur un bilan, j'assume notre action sur ces six ans, avec ses réussites, réelles, concrètes, mais avec aussi ses échecs ou demi échecs ...  Ceci étant, incontestablement, ces dernières années nous avons doté Trilport de nombreux équipements et nouveaux services appréciés, et pu, c’est peut être le plus important aujourd'hui, regagné les nécessaires marges de manœuvres qui nous permettent d’engager une nouvelle phase de notre action, axée sur l’amélioration concrète et directe du quotidien des habitants. Nous sommes toujours en dynamique, et c'est cette énergie, cette appétence qui nous a permis de construire un programme qui soit adapté à notre commune.
    C'est à la fois une suite, mais également une rupture, afin de renouer avec le fil d'une action plus efficace et la prise en compte des priorités de nos habitants qui ont évolué en six ans ...

    Quelles sont elles ?

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  • 6 années en 44 pages, Bilan d'un mandat

    bilan1p.jpgNous avons distribué ce week end le Bilan du mandat. 6 ans de travail acharné résumé en 44 pages dont une double représentant la carte des réalisations.
    Curieuse impression, résumer tant d'énergie, de passion en quelques pages semble réducteur pour les acteurs et peut être, ce que je n'espère pas, longuet pour le lecteur.
    Ce document bienvenu arrive à point nommé pour rappeler la réalité des choses, à ceux qu'on a pas du tout vu ou guère rencontré sur le terrain toutes ces années et pour qui rien n'a été fait, ficelle un peu grosse tout de même !
    Quelques uns ressortent même comme le coucou de ma grand mère tous les six ans, c'est dire leur attachement  à cette ville et ses habitants, sans parler de quelques uns qui n'y habitent pas et déclarent toute leur flamme à cette ville, cherchez l'erreur !

    Pour moi, un bilan est un document de campagne et à ce titre, le Maire que je suis, n'en a jamais financé sur les deniers publics,  il est normal que la loi n'autorise aucune publication de ce type l'année de l'élection ... Autant dire que le publier avant, ne sert pas à grand chose. 
    Inutile de chercher la photo du Maire à chaque page du livret, ce n'est pas le genre de la maison, pas du tout ma conception de l'action publique  et certainement pas le but de ce document, qui est avant tout le fruit d'un travail collectif, on ne parle pas d'équipe municipale pour rien.

    Je le rappelle dans mon édito, promettre est facile (encore faut il être crédible) c'est la grande période des "Y'a qu'à faut qu'ont", pourtant force est de constater que faire concrètement l’est beaucoup moins.
    Ce bilan résume fidèlement lmd semble t'il ’action municipale engagée toutes ces années, sur tous les fronts, et l’implication des élus, qui ont rempli avec passion, implication leur tâche.

    Nous avons réussi dans une conjoncture plus que morose  à développer un service public de proximité efficient, envié par beaucoup de communes malgré des contraintes financières fortes et de nombreux aléas, de ce coté, nous avons été plus que gâté  ! 
    Malgré tout nous avons été du genre actifs : création de nouveaux équipements (complexe sportif, réfectoire scolaire ... ), réalisation de nombreux aménagements et mise en place des services utiles aux familles : relais d'Assistantes maternelles, service accueil, structure péri scolaire ouverte de  de 7 heures à 19 heures accueillant désormais les enfants de maternelle, favorisant ainsi l'activité professionnelle des parents ...  

    Le tout, en préservant une fiscalité modérée et un rapport qualité / prix record par rapport à la taille de notre commune et inégalé sur l'agglomération. Nous avons même fait plus et préparé l’avenir en désendettant la commune, grâce à la recherche active de subventions (" That's my job"), qui  financeront les investissements des prochaines années, c'est ce qui s'appelle assurer le Service Après Mandat.

    Une ambition commune nous a animé durant 6 ans : faire de Trilport une ville dynamique, innovante, « bien dans ses baskets », et qui garde  au centre de ses priorités la dimension humaine.  Un credo : Agir pour changer la vie au quotidien, ne serait ce qu'un petit peu chaque jour, avec pour seule ligne directrice, l’intérêt général.

    Tout n'a pas été réussi très certainement, nous avons commis des erreurs qui nous servirons de leçons, mais nous avons, dans un contexte particulièrement difficile effectué ou mis en oeuvre plus de 80% de nos engagements de 2008 ...

    Voici quelques repères financiers, histoire de décrire la ligne de crête étroite qu'il a fallu suivre ...

     

     

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