30/06/2008
SRU : La réponse du cancre
Je tiens à réagir à l'article d'un quotidien local relatif à la "non application" de l'article 55 de la loi SRU par ma commune. Il est vrai que dans un monde ou la communication et l'éphémère brouille tous les messages, le travail de fond effectué et non seulement ingrat mais peu "vendeur" car non visible instantanément. Alors sus au baudet, deux phrases suffisent pour qualifier Trilport comme une des villes qui "semblent n'en avoir cure malgré les sanctions financières ..." et "continuent de jouer les cancres"... Fermer le ban !
J'ai beau avoir l'habitude des raccourcis ravageurs et réducteurs comme du rôle de bouc émissaire assigné aux élus locaux (obligation de résultat sans moyens nécessaires, chercher le hiatus), ce style d'article fait toujours mal ! Bien évidemment aucun des auteurs n'a pris la peine de m'interroger au préalable ou même de consulter les quelques notes de ce blog consacrées à ce sujet, pas le temps certainement, de toute manière le bouc émissaire était tout trouvé …
Facile, trop facile ... Injuste, trop injuste ... Mais surtout faux, totalement faux ...
Alors : qu'en est il exactement ? Ou en sommes nous réellement sur la question délicate du logement social ? Quelles sont les difficultés rencontrées sur le terrain ?
Sans vous infliger la relecture de mes précédentes notes (notamment loi SRU où en est Trilport, de la Zone 2 à la Zone 1 ), il me semble opportun vu les réactions suscitées par l'article, de rappeler le sens du combat mené pour un logement social de qualité respectueux de son environnement, mais également les freins et obstacles rencontrés sur le terrain ... La part de vérité du cancre que je suis , en quelque sorte !
Campons le décor dans son contexte concret et réel : la problématique du logement social ne date pas d'hier, cependant la loi SRU est récente (décembre 2000) et ses décrets d'application encore plus ...Est-il utile de préciser que si nous étions une des rares villes de l’agglomération (hors Meaux) à disposer de locatifs sociaux (constat toujours d'actualité) nous n’avions aucune expertise en interne sur cette problématique complexe. Autre rappel utile, Trilport n'est pas Neuilly sur Seine (au hasard), et n'a pas les moyens financiers de cette ville, détail certainement mais influant directement sur notre capacité d'action et réactivité; désolé, il faut avoir les moyens pour agir vite !
Mon engagement sur ce dossier s'explique à la fois par la détresse des personnes reçues régulièreement lors de mes permanences recherchant un toit accessible, mais aussi pour une raison simple , j’ai vécu moi même dans un logement social de longues années; et j’ai la conviction d'agir juste en faisant de la qualité une exigence préalable. Nous ne parlons pas ici d’objets que l'on entassent mais d'hommes, de femmes et d'enfants qui devront vivre et surtout s'épanouir dans ces quartiers ...
Maire depuis 2004, il me semble ne pas avoir chomé en ce domaine; tout cancre que je suis !
Il m’a fallut dans un premier temps renforcer nos moyens d'action , rencontrer les différents partenaires, acquérir une réelle connaissance des enjeux, moyens et contraintes. Puis choisir nos partenaires, étendre le périmètre de préemption, solliciter les services domaniaux (ce qui n’est pas le plus rapide), entamer les procédures d'acquisition avec les notaires et agences immobilières, rétrocéder les terrains acquis au bailleur social pressenti, solliciter les emprunts nous permettant d'agir, lancer les travaux du nouveau Plan Local d’Urbanisme qui intégrera cette exigence comme priorité.
Bien sur, cela n'est rien ... Si ce n'est un minimum de temps, de réflexion, de moyens financiers, d’énergie ... Sans laisser de coté la gestion quotidienne de la commune, le lancement du programme d'équipements qui nous permettra de disposer des infrastructures nécessaires (notamment au niveau des écoles) et surtout de faire face au contexte budgétaire « délicat » que nous connaissons vu le désengagement croissant de l'État inversement proportionnel à ses demandes et à celles de nos concitoyens ...
Nos efforts portent enfin leurs fruits … Le premier programme a été livré la semaine dernière avec quelques semaines de retard, les appels d'offre du prochain sont en route et notre Plan Local d'Urbanisme devrait être voté avant la fin de l'année. Il intègrera notamment l'obligation pour chaque nouveau programme d'intégrer 30% de logements sociaux. Nous lançons en parallèle un éco quartier (j’y reviendrais) dont le logement aidé est un objectif central !
Une autre démarche était possible : préempter un terrain en périphérie de ville et y bâtir les locatifs sociaux manquants; c'était plus simple, rapide, moins couteux et surtout respectueux des objectifs quantitatifs de la loi SRU ! Une méthode choisie par nombre de collectivités et d'élus, évidemment exemplaires ... Nous avons choisi une autre voie, plus complexe à mettre en route mais nous semble t’il plus durable afin de ne pas reproduire demain les ghettos d'aujourd'hui ... Une leçon tirée de novembre 2005 !
Si vous avez le courage de lire jusqu'au bout du bout la suite de cette note (je vous rassure trés synthétique), vous disposerez d'un état de notre action des dernières années et des principaux obstacles rencontrés sur le terrain. Les auteurs de l'article pourront toujours s'en inspirer pour nuancer quelque peu leur analyse, car tout n'est pas aussi simple et manichéen qu'ils ont l'air de l'écrire et peut être de le croire !
Autant le dire tranquillement, j'ai quelquefois le sentiment d’être un peu isolé dans mon combat en faveur d'un logement social de qualité !
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15/06/2008
DD : aprés le bâtiment, les territoires ...
Le Développement Durable devient enfin une préoccupation majeure de la grande majorité des élus, félicitons en nous, c’est une bonne nouvelle, y compris la conversion subite et récente de certains d’entre eux intégrant avec quelques métros de retard l’importance de cette thématique pour nos concitoyens. Même si cet engagement n’est pas totalement désintéressé, ne faisons pas la fine bouche et ne boudons pas notre plaisir; les postures prises par ces nouveaux évangélisateurs sont sans doute affaire de « comm. », mais les mesures prises vont dans le bon sens et c’est bien là l’essentiel !
Cette onde de choc amène les professionnels du BTP et du Génie civil à revoir leur métier de A à Z. Une adaptation pour beaucoup douloureuse, mais les nouvelles priorités des élus sont sans appel, il faut s'adapter ou disparaitre !
Ce mouvement va s’accélérer et la concurrence est désormais internationale, vu le retard conséquent de notre pays dans ces filières, il va falloir accélerer la cadence, il s’agit ici, non seulement du futur de la planète, mais également de la survie de filières professionelles de premier plan dont le devenir dépendra de plus en plus de leur savoir faire dans le domaine environnemental.
Du coup, les labels, normes, démarches et certifications relatifs au Développement Durable se multiplient, que ce soit en France, en Europe, à un point tel que le décideur est placé face à un trop plein de sigles, dans lequel il a bien du mal à retrouver ses petits, notamment au niveau des résultats tangibles. Alors comment discerner le vrai du faux, l’essentiel de l’accessoire, un choix quelquefois délicat, voir cornélien.
Autre évolution et non des moindres, le Développement Durable s’adresse désormais à l’aménagement des territoires … Un niveau plus que pertinent puisque prospectif, dynamique, transversal , stratégique, une telle réflexion devant intégrer les mouvements de population (transports …), les usages et leurs impacts sur le territoire tant au niveau du réchauffement climatique, du respect de la bio diversité que de la consommation d’espace …
Trilport s’est lancé dans cette voie depuis 2002, voici un point d’étape. Attention, il porte plus sur le chemin qui nous reste à parcourir que celui parcouru car dans le domaine de l’environnement, surtout pas d’autosatisfaction, vu l’action qu'il reste à mener pour simplement agir avec efficacité contre le réchauffement climatique et sortir de cette spirale infernale …
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09/02/2008
De la Zone 2 à la Zone 1
Certains courriers quelquefois font plaisir, tel celui, une fois n'est pas coutume reçu ces derniers jours signé du Préfet de Seine et Marne, comme quoi tout arrive !
Vous ne l'ignorez peut être pas (cf notes précédentes) Trilport est une commune soumise à l'article 55 de la loi SRU. Ce qui veut dire en décodé et en plus simple, que nous n'avons pas 20% de logements sociaux !
A ce titre nous avons du acquitter de 2004 à 2006, une "amende" dont nous avons été exonérée en 2007 et 2008 compte tenu des efforts effectuées par la municipalité dans ce domaine.
Une des difficultés que j'avais du surmonter pour trouver des bailleurs sociaux motivés voulant investir sur la commune, sans sacrifier au qualitatif ( j'y reviendrais) est que Trilport est classé en Zone 2, contrairement à la majorité des villes et villages voisins de l'agglomération, classés en Zone 1 et pour la plupart non concernée par la loi SRU !
Si pour le citoyen ou l'élu de base, ce classement ne signifie pas grand chose, pour un bailleur il a un sens, ou plutôt une conséquence financière directe. Il signifie un surcout direct pour toute opération engagée de 20% à l'investissement et d'une perte assurée de 20% par mois sur le montant des loyers ...
Dur non ?
Pour faire écoluer la situation, j'ai rencontré les décideurs dans le domaine du logement social, afin de les convaincre du bien fondé de notre demande. J'ai pris également la plume, pour m'adresser aux élus nationaux, régionaux, départementaux ...Dans une commune de notre taille, si l'on veut que les dossiers avancent, guère le choix, il faut retrousser les manches !
Enfin, j'ai adressé un argumentaire et une requête au Préfet de Seine et Marne ... Ne voyant pas arriver de réponse, j'ai interpellé le tout nouveau Préfet le jour du Congrés des Maires de Seine et Marne avant de lui adresser de nouveau un courrier en novembre dernier avec cette fois plus de succés et je tiens à l'en remercier, lui et ses services !
Pourquoi mettre tant d'acharnement sur un dossier finalement trés "techno" et peu spectaculaire électoralement, à des années lumières, des"Y'a qu'à" et des "Faut qu'on" qui se multiplient allègrement ces dernières semaines ?
22:00 Publié dans Urba et logement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, politiques, eco-citoyennete, trilport, pays de meaux, environnement, développement durable
11/12/2007
SDRIF, la contribution de Trilport

L’enquête publique sur le SDRIF s’est achevée le 8 décembre (cf note précédente). Rappelons que les remarques remises au Commissaire Enquêteur seront examinées par une commission d´enquête indépendante qui rendra au printemps prochain ses conclusions au Président du Conseil Régional, des remarques qui peuvent donc influer le texte d’origine !
Vu l’importance du document, il m’a semblé indispensable d’aborder ce sujet au Conseil Municipal; tant pour des considérations locales, notre secteur était à plus d'un titre concerné (déviation, transport en commun), que pour débattre du fond et des grandes orientations du SDRIF :
- Combattre le déséquilibre territorial entre les zones d’habitat situées globalement à l’Est et les zones d’activités situés à Paris ou à l’Ouest, ce qui a d’importantes conséquences pour les franciliens de l'Est (temps et conditions de transport), pour leurs communes au niveau financier (taxe professionnelle) et plus globalement au niveau environnemental (pollution...).
- Donner la priorité à l'amélioration de l'offre de transport en commun en grande couronne et de banlieue à banlieue, du fait des carences actuelles dues au manque d’investissement des vingt dernières années tant dans l’infrastructure que dans le parc roulant,
- Agir contre la crise du logement due au manque d’offre, notamment en logement aidé à la flambée du prix de l’immobilier (ce qui est rare est cher !). Une situation qui incite beaucoup de franciliens à vivre dans des secteurs éloignés, moins bien desservis en transport en commun, en infrastructures, ce qui a pour autre conséquence une consommation d’espace naturel ou agricole excessive,
- Et plus globalement, lutter contre le réchauffement climatique, ce qui nous impose de remettre en cause un certain mode de développement et des choix antérieurs,
Considérant que le rôle d'une assemblée d'élus au moment de l'enquête publique, ne se limitait pas à être une simple chambre d’enregistrement, nous en avons profité pour émettre certaines demandes, mais qui ne s'adresse pas qu'à la Région, loin s'en faut ...
00:45 Publié dans Urba et logement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, politiques, eco-citoyennete, trilport, pays de meaux, environnement, développement durable
20/11/2007
SDRIF, attention au mélange des genres !
Jusqu'au 8 décembre, le Schéma Directeur Régional de l'Ile de France (ou SDRIF) est soumis à l'enquête publique. Celle ci se déroule dans un climat pour le moins passionné, depuis l’intervention de Nicolas Sarkozy le 26 juin dernier à Roissy …
Rarement texte d'urbanisme aura fait couler autant d'encre ... Rappelons que le SDRIF est un document d'urbanisme qui organise le territoire régional d'ici 2030 de façon harmonieuse, durable et solidaire ("s'il te plait dessine moi une belle région "...). Il donne les grandes orientations d'aménagement pour les prochaines années ...
Depuis 50 ans, les Schémas Directeurs qui se sont succédés ont incontestablement structuré l'Ile de France d'aujourd'hui : villes nouvelles, RER, autoroutes, La Défense ...
Jusqu'en 1994, si c'est l'Etat qui officiait, désormais les lois de décentralisation ont confié cette compétence et lourde responsabilité à la Région. Cette dernière a lancé la procédure, en privilégiant une concertation poussée avec les divers acteurs du territoire.
Mais l’intervention de Nicolas Sarkozy a donné le départ d’une offensive généralisée contre le projet régional … Précisons que l’actuel Président de la République, ancien Maire de Neuilly sur Seine et Président du Conseil Général des Hauts de Seine, possède un point de vue très particulier sur l’Ile de France. Une situation similaire à celle du temps ou Charles Pasqua, à l’époque Président du Conseil général des Hauts de Seine s'était opposé avec succés aux propositions de Michel Rocard sur l’aménagement de notre région ("Touche pas au grisbi !").
Une position suivie à l’époque sans l'ombre d'une hésitation par l’ancienne majorité départementale votant comme un seul homme dans la nuit pour l'ordre venue de l'Ouest. Moralité, les déséquilibres entre l’Ouest (emploi, recettes, richesse) et l’Est (habitants, dépenses, charges) se sont accentuées …
Il est instructif de revenir, sur les critiques des élus de Droite, surtout départementaux afin de les analyser à l’aune de la réalité du contexte régional actuel et des orientations prises lors du « Grenelle de l’Environnement », défendues désormais par Jean Louis Borloo (équilibre transport en commun / routes).
Bien évidemment si certains points du SDRIF sont à améliorer (et pourquoi pas ?), il est important de se positionner en fonction, non de sa couleur politique mais des enjeux et des faiblesses d'un territoire que nous connaissons bien et qui est avant tout une terre de contrastes. Eventuellement, rien n'empêche ces opposants de souligner également les points forts du texte (oui il en a !) et bien évidemment leurs propositions ...
Lorsque je lis certaines critiques émises, notamment par des élus départementaux UMP de Seine et Marne, je suis surpris, à croire que nous ne vivons pas dans le même endroit !
Décidemment certains ne sont plus à une contradiction prés !
02:20 Publié dans Urba et logement | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ps, politiques, eco-citoyennete, trilport, pays de meaux, environnement, développement durable
06/09/2007
Vous avez dit PADD ?
Tout citoyen lambda
désirant suivre les étapes d’une procédure d’urbanisme (et c’est bien son droit !), a tout intérêt à se munir d’un bréviaire, outil désormais quasi indispensable, pour se retrouver dans le maquis très fourni des terminologies diverses employées, plus ou moins obscures (vous en trouverez à la fin de cette note un rapide florilège ).
Arretons nous sur l’importance d’un nouveau venu, le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) instauré par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (ou SRU, déjà évoqué à de maintes reprises sur ce blog, sous l’angle du logement social, cf dernière note sur le sujet ).
Certains élus cantonne le PADD à un exercice de style imposé, passage obligé avant de passer au zonage du PLU, à mon sens ils ont bien tort car le rôle de ce document est de définir les orientations générales d'aménagement et d'urbanisme d’une commune pour les années à venir, ni plus ni moins !
A ce titre il fait l'objet d’une réflexion approfondie sur la globalité et les finalités du projet de développement.
Afin que chacun puisse apporter sa modeste pierre à une réflexion théoriquement avant tout collective et partagée, il faut qu'il soit simple à lire, accessible à tous, non réservé aux seuls spécialistes de la question et enfin exposer clairement la philosophie du Plan Local d’Urbanisme.
Il est essentiel que le débat public se déroule et que l’élu ne zappe pas la phase « concertation » avec les habitants. Le développement d’une ville est une chose bien trop précieuse pour le laisser entièrement et exclusivement aux mains d’un nombre limité de personnes élus et spécialistes de l’urbain ou d’ailleurs (géomètre, promoteurs immobiliers, aménageurs …).
Ce sujet concerne au premier chef la vie quotidienne des habitants, qui ont leur mot à dire, sur un futur qui les concerne : logement, transports, liens sociaux, accessibilité, activité économique, environnement, pollution, risques technologiques …
Encore faut il auparavant leur donner tous les éléments du débat, afin qu'ils puissent s'exprimer en toute connaissance de cause.
C’est dire que le PADD constitue une étape privilégiée, dans laquelle la concertation joue un rôle central. L'élu doit essayer de tout mettre en œuvre pour susciter cette réflexion collective ...
C’est ce que nous essayons de faire, avec les difficultés logistiques inérentes au débat démocratique dans une commune de moins de 5 000 âmes, à Trilport …
22:25 Publié dans Urba et logement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, politiques, eco-citoyennete, trilport, pays de meaux, environnement
09/07/2007
PLU : " S'il te plait dessine moi une ville !"
Quel est le point commun entre la dernière réunion publique de juin et la séance du Conseil Municipal de vendredi dernier ? Le Plan Local d’Urbanisme (ou PLU).
Une longue démarche s’il en est (It’s long way away … ) qui a commencé il y a plus de 18 mois et qui se prolongera encore de nombreuses semaines (voir calendrier) ...
Rappelons que le PLU est le document de référence qui fixe les règles générales du droit du sol (droits à construire notamment) applicables sur le territoire d’une commune. Il doit lui permettre également de gérer et maitriser son développement de manière cohérente, en fonction d’un contexte règlementaire et législatif mais également de l'évolution de l'environnement économique et humain (agglomération, région …).
Pourtant, beaucoup de nos concitoyens trouvent que cette démarche fait « usine à gaz » ! Une impression qui s'explique surtout par la longueur de la procédure ... Chaque étape de ce processus constitue en effet un maillon essentiel et complémentaire : nécessité de dresser un constat du territoire (atouts / faiblesses) avant d'effectuer le diagnostic qui permettra de définir les objectifs servant à établir le Plan d’Aménagement et de Développement Durable (c’est à ce stade que nous sommes …).C'est pourquoi la concertation est au centre de notre démarche, à chaque étape, nous avons organisé une réunion publique (nous en sommes actuellement à 3), doublée d'une exposition en Mairie ... Evènements relayés par des articles dans la presse locale et municipale. Enfin nous avons également créé un espace PLU sur le site internet de la commune sur lequel sont disponibles l'ensemble des documents.
16:40 Publié dans Urba et logement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ps, politiques, eco-citoyennete, trilport, pays de meaux, environnement
30/03/2007
Loi SRU, ou en est Trilport ?
Cette note vous permettra de livrer à un réel exercice d'analyse critique : faire le point, à froid, sur l’évolution d’une situation évoquée il y a un an dans une note antérieure et de la tonalité de l'auteur ...
Exemple, l'application de l’article 55 de la loi SRU par les services de l'Etat, qui avait suscisté deux notes indignées : SRU, trop c'est trop et Comment suis je devenu un Maire hors la loi, ... Ma part de vérité, en quelque sorte !
Je venais d'apprendre alors que ma commune était redevable d'une “amende” supérieure à 80 000 euros (ce qui correspond à plus de 6% d'impôts) du fait de notre manque de logements sociaux et de notre "carence" dans ce domaine. Si l'esprit et l'intérêt de cette loi ne sont pas discutables, son application pose problème.
Le montant du prélèvement qui ne tient pas compte de la richesse ou de la taille de la commune, comme son coté autoritaire et technocratique. Aucun exercice autocritique de l'Etat sur son absence totale d'aide aux élus, aucun examen de la situation locale, des difficultés du terrain, des efforts de fond réels et indiscutables que nous avions engagé ...
La méthode employée avait révolté le jeune Maire que je suis toujours (mai 2004). Si je précise que je suis absolument convaincu de la nécessité d'agir dans le domaine du logement social (ce que je m'évertue de faire), une urgence pour ma commune et notre pays, je rejette absolument le rôle de bouc émissaire avec quelques arguments à faire valoir en ce domaine !
En 2007 Trilport n'aura aucune pénalité, même si paradoxalement en apparence, la situation locale a peu changé ... Alors comment avons nous obtenu une telle exonération ?
J'espère que ce témoignage permettra de nuancer l'avis de certains et de faire tomber quelques idées préconcues ...
(Attention note un peu longue, la faute au sujet ...)
21:15 Publié dans Urba et logement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : environnement, développement durable, ps, politiques, eco-citoyennete, trilport, pays de meaux
14/03/2006
SRU : Trop c'est trop !
Aprés le constat de carence dressé par le Préfet de Seine et Marne, "l’amende” imposée à Trilport au titre de la loi SRU est doublée, atteignant un montant supérieur à 82 000 €, soit prés de 3% du Budget de Fonctionnement, ou encore 6% d'impôts locaux !
Le couperet est tombé ! Le constat de carence, dressé par le Préfet de Seine et Marne, au titre de la loi SRU, doit s'appliquer, sans préavis, dés le Budget 2006
Une décision grave de conséquences qui va à l’encontre des efforts effectués par la Municipalité depuis 2002 sur ce dossier complexe et qui pénalise durement des finances municipales déjà diminuées du fait du désengagement de l'Etat ... Cette décision, prise sans concertation pourrait remettre en cause les investissements lancés afin justement de pouvoir répondre aux objectifs fixés par la loi SRU, un comble !
23:00 Publié dans Urba et logement | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16/12/2005
Habitat Social & Développement Durable
Pour fêter son 80eme anniversaire, l'organisme HLM seine et marnais FSM (anciennement Foyers de Seine et Marne) a eu la bonne idée d'organiser un colloque, dans le cadre prestigieux de l’INSEAD à Fontainebleau sur une thématique d'actualité : "Habitat Social et Développement Durable". Trois intervenants principaux sont intervenus lors des débats : Elisabeth Laville (fondatrice du cabinet Utopies), Patrick Kamoun (historien du mouvement HLM) et Alain Maugard( Président du CSTB ou Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Réunion trés instructive, tant sur le thème du logement social (lire note précédente), que sur celui du Développement Durable vu de l'entreprise, aprés la décision de Trilport de lancer un Agenda 21 (lire note précédente).
Intervention d'Elisabeth Laville(*)
Elisabeth Laville a insité sur la nécessité pour l'entreprise d'intégrer désormais la dimension environnementale à son "process" en privilégiant une approche globale. La question centrale apparait être celle de la responsabilité (au sens premier du mot : répondre de ses actes) de l'entreprise , vis à vis de ses salariés, des consommateurs, mais également de la planète; un maître mot : "Anticiper les contraintes pour ne pas les subir et en faire des opportunités".
Elle estime que le Développement Durable désormais sorti de "l'ornière alternative" est devenu un passage obligé pour l'entreprise et a souligné l'évolution en cours chez les consommateurs sur l’achat éthique et solidaire : s'il ne représente en France en volume que 1% des achats effectués, il est de 5% en Grande Bretagne et de 13% aux USA.
Les données statistiques actuelles prouvent l'importance des enjeux liés à l'empreinte écologique :
- 30% des richesses naturelles de la planète ont disparu en 25 ans,
- l’écart entre les riches et les pauvre a doublé,
- 1 personne sur 5 vit avec moins de 1 dollar par jour.
- le quintile supérieur de la population mondiale (les 20% les plus riches) consomme aujourd'hui 86% des ressources tandis que le quintile inférieur (les 20% les plus pauvres) n'a à sa disposition que 1% de ces mêmes ressources,
Mme Laville a insisté sur l'importance croissante prise par les agences de notation (telle VIGEO), le "reporting" environnemental (la raison de vivre de son entreprise : Utopies) et sur l'évolution des différents acteurs de l'entreprise devant la problématique du Développement Durable.
Un exemple parmi d'autres : de la même manière que le traditionnel rapport annuel d'une entreprise rend des compte aux actionnaires ("stockholders' report" ou "shareholders' report") sur l'activité financière de l'entreprise, le rapport de développement durable ("Global reporting initiative") s'adresse à l'ensemble des autres publics concernés (salariés, consommateurs, voisins ...) qui sont partie prenante ("stakeholders") de son activité car concernés directement. C'est ainsi que le "stakeholders report" rend compte sur des différents aspects sociaux et environnementaux de cette activité.
Lire ci joint dans les documents, la synthese sur le Développement Durable réalisé par le cabinet Utopies
Intervention de Patrick Kamoun
Monsieur Kamoun a rappelé les conditions de l'apparition du logement collectif, lors de la révolution industrielle (fin 19eme). Il a permis à la société occidentale de répondre à des défis intérieurs autrement insurmontables : l'hygiène (taudis, épidémie), la famille (mortalité enfantile, prosmicuité), la politique (deux citations pour l'exemple : "il faut désarmer politiquement l’émeute " pour Napoléon 3 et "Celui qui possède ne veut pas abattre l’ordre existant" Siegfried) et l'ordre moral (alcoolisme …)
Dans l'histoire du mouvement HLM, une opposition est apparue entre les partisans de la maison collective (tendance des "modernes") et ceux de la maison individuelle (tendance des "anciens"). Avec pour les premiers la tentation de vouloir séparer la fonction de la ville, habitat de la circulation, et priilégier une approche reposant sur la verticalité ...
Il s'élève contre le procés intenté à l'architecture des cités comme cause première des dernières violences urbaines (les "raisons de la colère"). Pour lui c'est un faux procés, le mal vivre est ailleurs que dans les murs.
Intervention d'Alain Maugard(*)
Propos pour le moins décapant que ceux tenus par le Président du CSTB (*) lors de son intervention. Il est revenu sur l'évolution du statut de citoyen. Nous sommes passé au fil des siècles de citoyen d'une cité (ville) à celui d'une région, puis d'un pays, avant de devenir, aujourd'hui, citoyen de la planète.
Notre génération connait une vraie malédiction, puisqu'elle est la première à transmettre à ses enfants une planète moins riche, moins belle ... Une planète dégradée ... Au niveau de l'Empreinte écologique, la situation de la relation Nord Sud est sans équivoque; nous pouvons réellement parler de "peuple élu" et de peuples à l'abandon. Pour l'exemple, si la population mondiale consommait ce que consomme un français, il faudrait 2 planètes comme la terre pour satisfaire les besoins mondiaux et si elle consommait comme un américain 5 planètes ...
Selon Alain Maugard, le Développement Durable est un combat politique sur lequel l'homme d'aujourd'hui, quoiqu'il s'en dise, peut, et doit peser car il possède de réelles marges de manœuvre qui lui permettraient de trouver un compromis acceptable pour la planète. Il est aujourd'hui techniquement possible de réduire de 2/3 la production de gaz à effet de serre (GES) produit par la civilisation urbaine (habitat plus mobilité). La solution des accords de Kyoto avec le système des "bons à polluer", même si elle ne peut être présentée comme une panacée est selon lui une piste intéressante. Il regrette sur ce sujet la position des verts, leur proposant au passage un recyclage !
En conclusion, Alain Maugard ouvre "grand champ" la perspective vers de nouveaux débats, revenant non sur une question "technique" mais sociale, celle des identités dans la Cité. Nous devrions, selon lui, permettre l'émergence d'une société pluraliste épanouie afin d'aboutir à une "laïcité identitaire". Il a cloturé son propos par une citation latine clin d'oeil appropriée à la situation actuelle "MUTATIS MUTANTIS" (ou ‘Les choses qui devaient changer ayant été changées…").
Notes :
Elisabeth Laville : Elle a créé en 1993 Utopies, cabinet de conseil environnemental reconnu comme "l'agence pionnière dans le conseil en développement durable" (Enjeux-Les-Echos, octobre 2001). Professeur à HEC, où elle a créé un cours sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, elle a publié en Avril 2002 "L'entreprise verte " (Editions Village Mondial) elle est reconnue désormais comme l'une des expertes européennes de la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise.
Alain Maugard : Polytechnicien, Ingénieur général des Ponts et Chaussées, directeur adjoint de cabinet des ministres de l'Urbanisme et du Logement Roger Quilliot et Paul Quilès . Il devient ensuite directeur de la Construction au Ministère de l'Equipement, du Logement, des Transports et de la Mer, puis directeur général de l'EPAD (Etablissement Public d'Aménagement de la Défense) en 1990, Président du CSTB
Le CSTB : Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), placé sous la tutelle du ministère du Logement, Direction Générale de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Construction. Le CSTB réunit des experts des matériaux et techniques de construction, des équipements et de la sécurité, de la thermique, de l'acoustique, de l'aérodynamique, de l'éclairage, de l'environnement, de la santé, des nouvelles technologies de l'information et de la communication, de l'économie et de la sociologie.
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